Bonne lecture


Chapitre 21

Pov Sherlock :

J'aurais juré m'être endormi dans la baignoire, mais ce qui est pour le moins déconcertant, c'est que je ne suis pas frigorifié, ce qui m'arrive assez régulièrement quand l'eau a refroidit, et en plus de ça, il ne me semble pas que je sois humide, je suis même plutôt au chaud et au sec.

Vu la texture des draps, qui n'ont que peu servis et la température et l'hygrométrie approximative de la pièce, je dirais que je suis dans la Chambre Bleue, j'ouvre les yeux avec quelques difficultés, je cligne des yeux de plus en plus rapidement, jusqu'à ce que ma vision rendue floue par le sommeil soit de nouveau nette.

Je me tourne sur le côté et je vois que je suis effectivement dans la Chambre Bleue, j'entends comme le murmure d'une respiration rendue lente par le sommeil, et je vois que dans le lit d'en-face, il y'a John.

Je prends mon peignoir au bout du lit et je file dans ma chambre pour aller prendre quelques affaires propres. Je m'habille précipitamment et je retourne dans la chambre, je veux être là à son réveil, qu'il ne croit pas que je l'ai fuis ou que j'ai regretté, ne serait-ce que l'ombre d'une seule seconde ,ce que nous avons fait cette nuit.

Mais pour la première fois cette nuit, mes rêves n'ont pas inclus un quelconque fantasme ou rêve érotique, c'était quelque chose de beaucoup plus doux, ce qui était loin d'être ennuyeux quoique j'ai pu croire à ce sujet.

C'était juste John qui me caressait les cheveux et qui me disait qu'il m'aimait. Etre aimer, c'est quand même bizarre ça, je ne sais même pas vraiment ce que ça veut dire pour être honnête. Je ne sais pas trop comment réagir à ça, parce que l'amour à l'air d'être une notion terriblement abstraite et moi, j'ai besoin de concret.

Après notre premier baiser, je lui ai dis ce qu'il en était quant à mes sentiments à son égard. Mais il faudra que je réitère car je crois savoir qu'il aura besoin d'être rassuré quand à cela car ce que nous avons fait cette nuit nécessite que je lui dise que ce que je ressens pour lui n'a pas disparu, bien au contraire.

Pov John :

Nous sommes restés un peu plus dans le bain, et puis quand l'eau est devenue trop froide, j'ai pris Sherlock dans mes bras, il s'est laissé faire comme un bébé, en marmonnant. Il était trop mignon... Je l'ai séché et mis dans le lit de la chambre bleue avant qu'il ne prenne froid.

J'en reviens toujours pas qu'un corps aussi frêle ait pu... Avec autant d'énergie... Rien que d'y penser, je suis tout rouge.

Quand je me suis réveillé, Sherlock était assis en tailleur sur son lit et me regardais, les sourcils froncés... Et puis il s'est penché sur moi et m'a embrassé. Mon cœur à fait un bon, mais j'ai fermé les yeux et je le lui ai rendu.

Nous sommes en ce moment dans la cuisine, avec une gentille vieille dame, la gouvernante des Holmes, Mrs Hudson. Elle m'a glissé à l'oreille, après que Sherlock lui ait plus ou moins ordonné de faire le petit-déjeuner, que sans elle, la famille Holmes aurait disparue depuis longtemps. Et étrangement, je n'ai aucun mal à la croire...

Sherlock fronce toujours les sourcils depuis le début du déjeuner. Une part de moi se demande si c'est du à ma "déclaration" d'hier ou à un problème particulièrement corsé... Peut-être les deux. Pour moi rien n'a changé, je l'aime toujours, et je n'attends pas vraiment de réponse.

-«Dis, tu veux rester pour le Week-end ? »

Je relève la tête de mes œufs au bacon (Bon Dieu, je n'avais pas mangé de petit-déjeuner aussi élaboré depuis des lustres !) et la hoche lentement. Je devrais prévenir oncle Mike, mais ça lui fera surement plaisir que je passe la journée chez un "ami"...

-«Bon, » dit-il, et il se replonge dans je ne sais quel journal.

-« Ta famille va rentrer, je tente, au bout d'un moment, ça ne les dérangera pas ? »