Bonjour à tous, mes très chers lecteurs !
Je ne vois pas le temps passé mais nous arrivons déjà au chapitre 21 ! Boudiou, diantre et bigre ! Et dire que je n'ai écrit que trois affaires et que j'en ai pleeeeeeeins d'autres à venir. J'espère que vous ne vous en lasserez pas ;)
J'en profite pour faire un peu de pub : si vous êtes intéressé par Prusse, je viens de publier un OS à son sujet ;) Solitude que ça s'appelle.
Ce chapitre ne marque pas la fin de cette affaire. Non, pas encore. Mais c'est l'avant-dernier par contre ! *roulement de tambour*
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Italie (du Nord/Veneziano) : Feliciano Vargas
Italie du Sud (Romano) : Lovino Vargas
Espagne : Antonio Hernandez Carriedo
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 3 : L'intrusion
Lukas se tenait face à Lovino sans la moindre trace de surprise sur son visage.
- Et qu'est-ce qui vous pousse à la croire ? demanda-t-il
- Je le sais, c'est tout, maugréa Lovino
Mathias tira une dernière bouffée de sa cigarette avant de l'écraser à terre. Il attrapa ensuite le fuyard par le bras et les cheveux. Il n'était pas violent mais son geste brusque.
- Lâchez-moi ! J'dis la vérité, j'vous jure !
- Doucement Mathias.
Ce dernier accepta de relâcher son emprise sur le crâne de Lovino. Lukas le dévisagea de la tête aux pieds. Puis, il conclut :
- Nous allons retourner à l'appartement de Monsieur Hernandez.
- Vous… vous me croyez ?
Lukas, qui avait fait quelques pas pour remonter la rue, s'arrêta. Un demi-sourire se dessina sur son visage et, sans se retourner, il déclara :
- Non. Je ne crois en personne. Je ne crois qu'en la vérité.
Par la suite, Lukas se mit en marche. Mathias relâcha totalement Lovino et, avec Feliciano, tous les trois étaient un peu perplexes.
- C'était…
- Pour se donner un genre, ouais.
Lovino croisa les bras.
- Je peux pas me le piffrer, ce type. Mais s'il a vraiment prévu d'innocenter Antonio alors… je le suivrai.
Il partit rejoindre le détective et son cadet lui suivit, cherchant à agripper sa manche. Il le rejeta et Feliciano sourit. Pour lui, tout redevenait peu à peu normal.
Mathias mit cependant plus de temps qu'eux à remonter la rue. Les paroles de Lukas résonnaient étrangement à ses oreilles et il les considéra longuement. Il observa la silhouette sombre du grand détective dans son par-dessus gris s'éloigner. Ce dernier arriva dans la rue, plongé dans un bain de lumière. Lukas se retourna et même à cinq cent mètres l'un de l'autre, Mathias capta son regard. Ce regard éteint si étrange. Puis, Mathias lui sourit franchement. Alors Lukas détourna la tête et partit en quête de la voiture.
oOo
Après une petite visite de courtoisie chez le concierge qui haussa à peine un sourcil lorsque Lukas lui demanda de nouveau la clé de l'appartement d'Antonio, ils étaient tous les quatre dans le salon.
- Et nous y revoilà ! ne put s'empêcher de déclarer Mathias en mettant les mains sur les hanches.
- Quel preuve a-t-on déclaré contre lui ? demanda Lukas
Lovino farfouilla dans sa mémoire. Tout s'était déroulé si brusquement et il était tellement opposé à la culpabilité de son compagnon qu'il avait à peine écouté ce qu'on lui disait lorsqu'on lui rappelait les preuves accusant Antonio, sa propre inculpation s'il ne disait rien, etc.
- Euh… y avait une histoire d'ordinateur de travail. Il y avait des trucs dessus apparemment. Et ils ont retrouvé des œuvres pédopornographiques dans sa mallette. Mais ce ne sont pas les siennes ! s'écria-t-il aussitôt après
- Peu importe. C'est avec ces œuvres qu'on l'a accusé.
Lukas passa la pièce au peigne fin de son regard aigu. Rien n'avait bougé : personne n'était donc repassé par là. Parfait. Au moins pourrait-il aller à l'essentiel. Il se tourna de nouveau vers Lovino et lui demanda s'il n'y avait pas un endroit qu'Antonio gardait secret. Un endroit où personne n'aurait pensé fouiller. Lovino rassembla ses souvenirs puis se dirigea vers la cuisine.
- Tu ne crois pas que la police est passée partout ? demanda Mathias
- Ils avaient déjà deux preuves en main. Ils ont vite fait le tour de l'appartement, emportant quelques objets peut-être compromettant, mais ça m'étonnerait dans ce cas qu'ils aient réellement ratissé de fond en comble.
Ils rejoignirent les deux frères italiens dans la cuisine. Lovino tentait d'attraper quelque chose au fond d'un placard en hauteur. Mathias, le plus grand de tous, le décala gentiment et prit le relai, ne faisant pas cas de la moue qu'accompagnait le visage de Lovino.
- Dans le fond, tout à gauche, vous devriez sentir un petit creux. Mettez-y vos doigts et tirez comme pour ouvrir une porte.
Mathias s'exécuta et le fond du placard s'ouvrit. Un double-fond !
- Antonio y cache ses plus précieux trésors, expliqua Lovino, mais c't enfoiré n'a jamais voulu me les montrer. « Quand ça sera mûr » qu'il disait. J'ai cru qu'il parlait de ces tomates mais ça l'a fait rire quand je lui ai dit ça. Alors, je me suis dit qu'il devait parler de moi et je me suis mis en pétard. Parce que j'suis mature, bordel !
- Il parlait de votre relation, explicita placidement Lukas
Le détective tendit la main vers Mathias afin qu'il lui remette les objets qu'il extirpait de la cachette. Il y avait un trophée d'une tomate dorée portant une bannière à la manière des Miss, un album regroupant des coupures de presses sur les différentes victoires à plus ou moins grandes échelles de la culture amatrice des tomates, deux livres sur l'agriculture potagère et une feuille volante en espagnol…
- La recette des churros ?! s'exclama Lovino lorsqu'il lut par-dessus l'épaule de Lukas, c'est ça qu'il appelle « ses précieux trésors » ? Sérieusement !
Il arracha la feuille des mains de Lukas qui ne dit rien, se contentant de feuilleter le livre afin de repérer une éventuelle feuille cachée.
- C'est quoi c'tte crapola ?!
Feliciano attrapa la recette que Lovino venait de jeter rageusement et y jeta également un œil. Il hausa un sourcil perplexe et la passa à Mathias qui était aussi curieux. Mais le bienheureux ne pouvait rien lire, ne parlant pas la langue des churros et du flamenco.
- Fratello, tu as bien gardé pendant sept ans une part de ta première pizza.
- Eh ! J'étais un bambino ! ça compte pas…
Lukas ôta la feuille des mains des Italiens pour la ranger sur le tas de trouvailles.
- Peu importe, Mr Hernandez n'a pas du tout le profil psychologique d'un pédophile amateur de meurtre. Cet appartement ne nous apprendra rien de plus. Partons.
Et sur ce, il tourna les talons. Personne ne s'y opposa même si chacun se demandait à quoi aller ressembler la suite du programme. Si, en effet, le détective pensait qu'Antonio était innocent alors tout le mystère était entier. Qui avait commis ce viol et ce meurtre ? Mais la clé de l'affaire devait se trouver dans l'entourage d'Antonio. Qui avait intérêt à accuser Antonio sinon le coupable ? Pourquoi Antonio cependant ?
Arrivé devant la voiture de Lukas, ce dernier salua les deux Italiens tout en leur indiquant vaguement la route à suivre pour rentrer chez eux. Lovino s'énerva :
- Quoi ? C'est tout ? Alors qu'on allait pouvoir libérer ce salaud ?
- On ne peut encore libérer personne. Il nous faut trouver le véritable coupable si nous voulons être sûr que votre compagnon soit relâché.
- Et vous nous laisser en arrière ?
- Lovi', il serait peut-être plus prudent de rentrer et de les laisser fa…
- Non ! Je… je ne resterai pas sans rien faire. Je viens avec vous !
Lukas haussa un sourcil, appréciant peu que son autorité soit contestée. Mathias posa une main sur son épaule tout en s'esclaffant.
- Et ben ! En voilà un qui a de la trempe !
Lukas se dégagea de l'emprise de Mathias et siffla légèrement agacé. Il monta dans la voiture sans dire un mot. Tous considérèrent que le détective n'avait plus rien à objecter. C'est pourquoi les deux Italiens montèrent à l'arrière de la voiture et Mathias prit le volant.
- Où allons-nous mon capitaine ?
- A l'école.
- Encore ? Mais on en vient ! s'écria Lovino sur la banquette à rien.
- Les deux preuves contre lui ont été retrouvées dans sa mallette et son ordinateur de travail. C'est dans son entourage professionnel que nous trouverons la réponse.
Sur ces paroles, Mathias ôta le frein à main et passa la seconde.
oOo
- Non, tu ne te commandes pas dans un fast-food. A la limite, je veux bien que tu fasses livrer une pizza mais il faut que tu te nourrisses sainement. Et ne bois pas de café. Ne mange pas de bonbons. N'oublie pas de mettre tes chaussettes et ton caleçon au sale…
Lukas allait ajouter quelque chose mais il garda la bouche ouverte quelques secondes avant de la refermer et de raccrocher. Il observa l'écran de son portable, l'air fermé, et le rangea par la suite dans la poche de son par-dessus gris.
Feliciano s'avança et s'agrippa au dossier du siège du détective avant de lui glisser.
- Vous prenez vraiment soin de votre petit frère.
Lukas haussa vaguement les épaules.
- Il faut que je sois encore derrière lui.
- Tss…
Lovino croisa les bras et s'enfonça un peu plus dans la banquette arrière. Pour lui, c'était un non-sens de couver quelqu'un de la sorte, c'était même humiliant et irritant. Il n'avait pas rencontré Emil mais il éprouvait déjà une certaine pitié pour lui. Ou peut-être était-ce de la jalousie. La jalousie de ne pas avoir été traité de la même façon que son jeune frère.
On frappa sur le carreau de la vitre et la portière avant s'ouvrit. Mathias s'installa dans la voiture et présenta les quatre repas à emporter qu'il venait d'acheter. Il les distribua et se mit ensuite à table. Au menu : ailes de poulet sauce forte, potatoes à l'ail et aux herbes, ketchup et coca 75cl. Lukas ne se priva pas de les juger, lui et sa nourriture grasse, épicée, lourde. Bref, tout ce qu'il aimait. La bouche déjà pleine, Mathias se tourna vers lui.
- Quoi ?
- Rien. Je me rassure en me disant qu'au moins ça va dans les muscles.
Lukas se tourna vers sa salade de saumon, ses croûtons, son petit assortiment de pâtés et son café. Mathias l'observa un instant sans comprendre, la bouche débordante de sauce.
- Alors ? C'est quoi le plan ?
- Nous allons pénétrer dans l'école aux alentours de 20h. Notre destination : la salle des professeurs. A tous les coups, elle se trouve au rez-de-chaussée. Tu passes en avant.
- Génial ! s'exclama Mathias avant d'enfourner une cuisse de poulet dans sa bouche
Lovino se redressa sur son siège.
- Et nous ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Feliciano sembla paniquer un peu.
- Enfin… si vous êtes d'accord. On ne veut pas vous déranger non plus.
- Si vous ne voulez pas nous dérangez alors rentrez chez vous.
- Hors de question ! proteste Lovino, on vient et on entre avec vous.
Il n'était pas difficile de percevoir les ondes noires de Lukas qui perdait difficilement son sang-froid mais qui, cette fois-ci, devait bien avouer que l'aîné commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Mathias, lui, était utile : il savait se battre, n'avait peur de rien et surtout, avait dépassé l'angoisse de la mort. Et ça, c'était fichtrement pratique pour Lukas. En revanche, traîner avec lui deux frères un peu empotés et illogiques, ça allait le faire ralentir. Et Lukas n'aimait pas la lenteur.
Il finit rapidement sa petite salade, avala la dernière gorgée de café et déclara :
- Faites comme bon vous sembles, mais ne me gênez pas et ne me causez pas d'ennui.
Le détective se tut et regarda l'heure sur son portable.
Tout le monde conserva le silence jusqu'à l'heure dite. Les passants se firent peu à peu plus rare. La nuit était tombée. Les lampadaires diffusaient une lumière ascétique. Après le passage d'une dame promenant son petit caniche, Lukas donna le signal de départ. Ils sortirent tous les quatre. L'été approchait mais l'air dans la soirée était encore on-ne-peut-plus frais. Lukas redressa son col. Mathias jeta les restes de repas dans la poubelle la plus proche. Son côté maniaque. Puis, ils se dirigèrent vers l'école.
L'établissement avec sa façade seulement éclairée par quelques faisceaux à terre était sinistre. Le grand portail de métal noir fit frissonner les deux Italiens. Feliciano s'accrocha à la manche de son frère. Celui-ci avait les jambes qui tremblaient mais il posa fermement une main sur celle de son frère.
- Io, non ho paura*, souffla-t-il pour se donner du courage
Lukas et Mathias, pas le moins du monde impressionné par l'aspect effrayant du grand bâtiment commençait déjà à contourner le mur d'enceinte pour trouver une entrer. Lukas plaça ses paumes de main devant lui pour faire la courte-échelle à Mathias. Sans aucun soucis, celui-ci se hissa entre deux sapins gigantesques et étalant leur ombre sur le trottoir. Puis, il tendit la main à Lukas qui l'empoigna. Il fallait bien reconnaître à Mathias qu'il disposait d'une force fabuleuse et soulever son compagnon ne lui posa pas le moindre problème. Tandis qu'il s'occupait des deux Italiens, Lukas sauta élégamment et retomba à l'abri des conifères, loin des regards et de toute lumière.
Alors même que son groupe n'était pas au complet, Lukas s'avança prudemment pour passer en revue les différentes possibilités qui s'offraient à eux. Mathias se glissa derrière lui et pointa du doigt une porte latérale.
- Surement la porte de service pour les livraisons. Il y aura surement un code et une alarme.
Un large sourire se dessina sur le visage de Mathias.
- Aucun soucis.
- Bien, dans ce cas…
Ils longèrent les hauts pins leur permettant de passer en toute discrétion. Arrivés face à la porte, Lukas retint les deux frères par le bras tandis que Mathias s'élançait.
Agile, il arriva en quelques enjambées et sauts devant la porte. Il repéra aussitôt la caméra de surveillance et se plaqua sous elle. Là, il prit le temps de détailler le système. Ouvrir le coffre d'une banque était dix fois plus compliqué. Or, il avait déjà ouvert le coffre d'une banque…
Affichant un sourire carnassier, il se pencha pour réaliser son œuvre : il ouvrit un boîtier, appuya sur quelques boutons et le tour était joué. Il entendit le déclic de la porte qu'il ouvrit aussitôt afin de se glisser à l'intérieur. Il fit signe à Lukas de se rendre dans l'arrière cour.
Le détective et les deux frères suivirent ces indications et patientèrent à l'ombre des arbres qu'une porte de la cour de récréation daigne s'ouvrir. Enfin, ils aperçurent une ombre agitant son bras. Tout en suivant les ténèbres, ils accoururent pour rejoindre Mathias.
Une fois à l'intérieur, Feliciano eut une bouffée de panique.
- Ce n'est pas vraiment légal, ce qu'on est en train de faire, n'est-ce pas ? Et si jamais quelqu'un venait ? Et si une caméra nous filmait ? Qu'est-ce qu'on fait si la police débarque ?
- Calmez-vous, tenta de le rassurer Mathias
Force était de constater que tout d'un coup, tout élan de courage avait déserté l'âme de Lovino qui tremblait de nouveau. Les interrogations de son frère faisaient peu à peu leur chemin dans son esprit et il déglutit.
- Il n'y a que des caméras sur l'extérieur, affirma Mathias, je n'en ai croisé aucune dans les couloirs. En revanche, il faudra peut-être faire attention à la salle des professeurs.
- Surtout, prévint Lukas, je ne veux voir aucune lumière s'allumer. Pas même celle de vos téléphones portables. Vous ne touchez rien à moins d'avoir recouvert votre main d'un tissu. Vous ne voulez pas vous faire prendre ? Ne laissez aucune trace.
Les rayons lunaires se réverbéraient avec l'éclat du cristal dans les yeux de Lukas et transperçaient les deux Italiens qui hochèrent vigoureusement la tête.
*Io, non ho paura : Moi, je n'ai pas peur… et c'est aussi le titre d'un film pour l'anecdote x)
Affaire à suivre…
