Bonne année tout le monde =D
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes et que vous êtes bien réveillés à présent, car ce chapitre va être long à lire xD Je ne vous en avais pas parlé la semaine dernière, mais c'est un des plus longs de la fiction, même s'il est plus court que celui de la période de Noël ;)
Pas mal de choses dans ce chapitre, qui a vrai dire me fait très peur xD Autant pour la relation Drago/Hermione que pour Arya. Comme on dit souvent, ça passe ou ça casse xD Je prie donc pour que la première proposition soit la bonne x)
Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir ;)
Je tiens aussi à dire encore un immense merci à tous ceux qui laissent des reviews, ponctuelles comme régulières ;) J'ai passé la barre des 200 reviews pour cette fiction et j'en suis infiniment heureuse :) Merci beaucoup pour ce superbe cadeau, et chapeau à ceux qui ont eu le courage de tout lire d'un trait depuis le début quitte à y laisser une partie de leur nuit xD Honnêtement, même en la relisant, je n'ai jamais réussi à en lire autant d'une traite xD Merci beaucoup à vous =D
Bonne lecture à vous, on se retrouve en bas ;)
Petite note à Maeva : d'après l'encyclopédie HP, Rabastan Lestrange est le beau-frère de Bellatrix Lestrange, soit le frère de Rodolphus ;)
Alep80, tu auras un début de réponse à ta question sur le fameux "il" dans ce chapitre ;)
Lorsque Drago ouvrit les yeux le lendemain matin, le visage endormi de la jeune femme étendue à ses côtés lui apparut immédiatement.
Lovée contre lui, Hermione dormait encore, sa tête reposant sur son torse. Le Serpentard se surprit à sourire sans raison. Quoique. Il n'avait pas refait de cauchemar après s'être rendormi et avait même passé l'une des meilleurs nuits qu'il ait jamais connu, en plus d'un réveil des plus agréables grâce à la vision angélique qui s'offrait à ses yeux. Finalement, ce sourire avait peut-être ses raisons d'être.
Doucement, il repoussa une mèches de cheveux acajous qui retombait sur les paupières closes de la Gryffondor. Il la regarda dormir de longues minutes avant qu'elle ne se réveille doucement.
Hermione papillonna des yeux un instant, éblouie par la lumière qui inondait la pièce à cette heure avancée de la matinée. Un air de franche surprise passa sur son visage lorsqu'elle s'aperçut qu'elle n'était pas dans son lit mais dans celui de Drago, blottie dans les bras de ce dernier. Les joues en feu, elle lui adressa un timide sourire et se détacha de lui. Le jeune homme la laissa faire, sachant qu'elle prendrait mal le fait qu'il la retienne contre lui.
- Bonjour.
- Salut, répondit-il avec un léger sourire.
- Tu… n'as pas refais de cauchemars ? s'enquit-elle sans le regarder, gênée par leur proximité.
- Non, ça a été. Grâce à toi. Merci beaucoup, souffla-t-il d'une voix reconnaissante.
- Espérons que ça ne se reproduira pas toutes les nuits, sinon je vais devoir délaisser ma chambre pour de bon, plaisanta-t-elle pour essayer de se détendre un minimum.
La jeune femme réalisa qu'elle venait de rater une bonne occasion de sa taire lorsque les yeux du jeune homme se mirent à briller soudainement.
- Justement, tu vas devoir dormir avec moi tous les soirs afin d'être sûre que je ne risque pas de faire d'autres cauchemars, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
Même s'il en parlait avec légèreté, le souvenir de l'horrible songe qui l'avait hanté la nuit précédente ne le quittait pas, et il espérait sincèrement ne plus jamais le refaire.
- Une potion de sommeil sans rêve fera tout aussi bien l'affaire, rétorqua la Gryffondor en esquissant le même sourire.
Une expression outrée se peignit sur le visage de Drago.
- Tu n'oserais pas !
- Je vais me gêner ! Quelques gouttes dans ton jus de citrouille le soir avant que tu n'ailles te coucher et le tour est joué !
- Tu sais que tu aurais fait une parfaite Serpentard, Hermione, sourit-il. Qu'y-a-t-il ? ajouta-t-il en remarquant l'air étonné de la jeune femme.
- Je… pensais que tu serais revenu aux noms de famille, avoua-t-elle.
- Je ne vois pas pourquoi. Maintenant que tu vas dormir ici tous les soirs, il n'y a plus aucune raison pour que je continue à t'appeler par ton nom, Granger, expliqua-t-il avec un sourire en coin.
Prenant appui sur un coude, Drago se redressa légèrement et approcha son visage de celui de la jeune femme. Craignant cependant qu'elle ne le repousse, il ne combla pas les quelques centimètres qui séparaient leurs lèvres et se contenta de mêler son souffle au sien, le cœur battant la chamade.
Il lui laissait la liberté de se rétracter, et c'est justement pour cela qu'Hermione lui accorda ce qu'il désirait. Elle posa doucement sa bouche sur la sienne et sourit légèrement lorsqu'il se détendît.
Leur baiser dura longtemps, et lorsque le Serpentard se recula, il resta au dessus de la jeune femme, son visage penché au dessus du sien. Il la contempla de longues secondes durant, se perdant dans les éclats dorés de ses prunelles noisettes. Elle lui sourit timidement et Drago sut à cet instant qu'il fallait qu'il lui dise. Maintenant. Avant que ce sourire ne s'évanouisse, avant qu'elle ne lui échappe à nouveau.
- Hermione… murmura-t-il d'une voix rendue rauque par l'émotion.
La jeune femme garda le silence et ne bougea pas d'un pouce, soudaine inquiète du ton grave qu'il prenait.
- Je… je crois que… tu sais… ces dernières années, j'ai remis pas mal de choses en question, dit-il, la gorge nouée par l'émotion. J'en ai appris beaucoup d'autre comme… Noël par exemple, les enfants, l'importance d'une amitié, la jalousie et je… c'est la première fois que je ressens ça pour quelqu'un et… je crois que… je t'aime, finit-il dans un souffle.
L'inquiétude de la Gryffondor n'avait cessé de croître tout au long de sa tirade et pourtant, cela ne l'empêcha pas de rester muette de stupéfaction lorsqu'il prononça les derniers mots. Ebranlée, choquée, elle ne répondit pas.
- T'inquiète pas va, reprit Drago avec un pauvre sourire, je sais que ce n'est pas réciproque…
Néanmoins profondément blessé, il se recula et descendit du lit pour aller s'enfermer à dans la salle de bain.
Restée seule dans la chambre du jeune homme qui avait soudainement perdue de son ambiance sécurisante, Hermione reprit peu à peu ses esprits.
Prise de court par la déclaration du Serpentard, elle ne savait plus quoi penser.
Drago l'aimait. Ou croyait l'aimer, du moins.
Mais elle ? Qu'en était-il de ses sentiments pour le jeune homme qui habitait chez elle depuis plus de quatre mois à présent ? Elle n'en savait trop rien. La seule chose dont elle était sûre, c'est qu'elle ne voulait pas le perdre… et ne voulait pas non plus qu'il lui refasse une déclaration comme il venait de lui faire.
Elle se leva néanmoins pour aller frapper à la porte de la salle de bain, consciente d'avoir pur le blesser par son silence. Mais le jeune homme ne répondit pas après qu'elle ait toqué à la porte, et elle eut beau attendre plusieurs minutes, la porte resta fermée.
La mort dans l'âme, Hermione sortit de la pièce et redescendit dans sa chambre pour se changer.
Lorsque Drago s'assit à sa table, Arya s'étonna de son air démoralisé mais ne fit aucun commentaire. Elle-même n'était pas d'humeur à parler, de toute façon. Sa colère s'était apaisée, laissant place à une morosité sans équivoque qui l'incitait à broyer du noir toute la journée. Les seuls moments où elle se sentait bien, c'était auprès de Fëanor, avec qui elle passait des heures à parcourir les alentours à vitesse fulgurante.
Les deux Serpentard mangèrent en silence plusieurs minutes durant, même si au final, aucun des deux ne toucha à son petit déjeuner. La rouquine jouait avec sa pomme, jetant parfois un coup d'œil à son voisin qui faisait tourner sa cuillère dans son café d'un air morne.
- Arya ? demanda-t-il soudain. Est-ce que tu as dis à Logan que tu l'aimais ?
La jeune fille se raidit aussitôt à l'entente de la question. Ses doigts se crispèrent sur le fruit qu'elle tenait entre les mains et elle leva un visage sombre vers le jeune homme.
- Je n'aime pas Logan, grinça-t-elle alors que ses ongles s'enfonçaient dans sa pomme, y laissant dix petites rainures.
- Tu sais très bien que si, répliqua Drago sans même prendre la peine de la regarder. M'enfin, passons. Est-ce que tu as déjà dit à quelqu'un que tu l'aimais ? questionna-t-il alors.
- Oui, une fois… A un cheval.
Le Serpentard releva la tête et lui lança un regard agacé.
- Merci quand même, ironisa-t-il en se levant.
Arya le regarda sortir de la pièce, un sourcil arqué en signe d'incompréhension. Elle jeta un bref regard à la tasse de café non entamée que le jeune homme avait laissée derrière lui, puis elle se leva à son tour et le rattrapa alors qu'il atteignait le deuxième étage.
- Tu as dis à Hermione que tu l'aimais ? demanda-t-elle, même si c'était plus une affirmation qu'une question.
Exaspéré qu'elle ait visé si juste en si peu de temps, Drago se rembrunit plus encore et il lui aurait bien claqué la porte de sa chambre au nez si elle ne s'était pas glissée dans la pièce avant qu'il n'ait pu refermer le panneau de bois.
Agacé, il pivota vers elle et lui jeta un regard noir, prenant visiblement sur lui pour ne pas la mettre à la porte par la manière forte.
- C'est ça, hein ? Tu lui as dit.
- Et alors ? rétorqua-t-il, énervé. Qu'est-ce que ça peut te faire ? Ce n'est pas comme si tu t'y connaissais en matière de sentiments ! A part tes chevaux, tu n'aimes rien ni personne !
- Peut-être, mais je suis une fille, je peux toujours t'aider, répondit-elle, blessée néanmoins.
- Parce que t'es une fille toi maintenant ? railla Drago.
Il la regarda de haut en bas, comme s'il doutait réellement de cette affirmation. Effectivement, il ne pouvait pas nier qu'Arya était une fille. Du moins physiquement. Grande et svelte, la Serpentard avait un corps délié que plus d'une devait envier. Son visage fin et harmonieux témoignait d'une haute lignée, tout comme ses mains aux doigts longs et délicats.
Drago réalisa alors que la Serpentard ne lui avait jamais parlé de ses parents, et qu'il ne savait d'elle que ce que lui avait dit Hermione.
Hermione…
Son cœur se serra à sa seule pensée et il s'efforça de repousser la Gryffondor dans un coin de son esprit pour revenir à Arya.
- Dis, comment ils étaient, tes parents ? demanda-t-il avec un tact phénoménal en tenant compte de sa condition d'orpheline.
Il fut surpris de voir la rouquine se refermer totalement à cette question.
- En quoi ça t'intéresse ? interrogea-t-elle lentement, méfiante.
- Je me demande, c'est tout. Tu n'en parles jamais, répondit-il prudemment.
- Parce que les autres t'en ont déjà parlé peut-être ? cingla-t-elle sèchement. Grégoire t'a-t-il déjà dit que sa mère avait été assassinée en mission par des mangemorts alors qu'il n'avait que trois ans et que son père était mort de la même façon deux ans plus tard ? Alec t'as-t-il déjà parlé de ses parents ? Sais-tu qu'ils étaient moldus et qu'ils sont morts lors d'un raid organisé par les mangemorts ? Marvin t'as-t-il déjà parlé des siens ? Non plus. Pas plus que Yumi ou Maxence. Alors je ne vois pas pourquoi je te parlerai des miens ! s'emporta la jeune fille.
Ces paroles crues et brusques lui firent l'effet d'une douche froide. Bien-sûr, il savait que les enfants qui vivaient au manoir étaient des orphelins de la guerre, mais il n'avait jamais vraiment fait le rapprochement. C'était simplement une explication à leur présence ici, point barre. Jamais il ne s'était imaginé concrètement la situation. Et savoir que les mangemorts, qui pour la plupart avaient résidé chez lui un jour ou l'autre, étaient les meurtriers des parents de Grégoire et d'Alec lui donnait envie de vomir.
S'apercevant du trouble qu'elle venait d'occasionner chez lui, Arya se calma un peu. Elle passa une main sur son visage et regarda par la fenêtre quelques instants, le temps de décolérer totalement.
- Désolée, lâcha-t-elle finalement.
- C'est rien, murmura machinalement Drago. Je n'aurais pas du te poser la question, c'est à moi d'être désolé, ajouta-t-il. Mais j'étais juste… curieux de savoir à quoi ressemblaient tes parents.
Arya ne répondit pas tout de suite et elle prit le temps de se rasseoir sur le bureau _ duquel elle était descendue sous l'effet de la colère _ de peser le pour et le contre pour finalement répondre. Dire ce que personne ne savait ici. Pas même Yumi, ni Logan, Hermione encore moins.
- Je ne sais pas à quoi ils ressemblent.
- Tu n'as aucun souvenir d'eux ? s'étonna Drago en reprenant ses esprit, s'efforçant d'oublier ce qu'elle lui avait dit tantôt.
- Ma mère a accouché sous X.
Le Serpentard, qui s'apprêtait à jeter un sort pour faire son lit, releva vivement la tête vers elle. Aucune émotion ne transparaissait sur le visage impassible de la rouquine. Rien en elle ne laissait à croire qu'elle était affectée par ce dont elle parlait.
- Désolé, s'excusa le jeune homme en se mordant la lèvre intérieur, gêné de l'avoir poussé à s'ouvrir à ce sujet.
- C'est rien, répliqua Arya avec un claquement de langue agacé.
Rhaa, ce qu'elle pouvait détester qu'on la prenne ainsi en pitié !
- Quand même, désolé.
- Mais puisque je te dis que ce n'est rien ! s'exaspéra-t-elle. Je ne les jamais connus Drago ! J'ignore même s'ils sont encore vivants, et tu veux que je te dise ? J'en ai rien à foutre ! s'exclama-t-elle avec dureté.
Choqué, Drago garda le silence et la dévisagea un instant. Comment pouvait-on en arriver à une telle insensibilité ? Il l'ignorait, et une partie de lui-même préférait ne pas le savoir.
- Tu… n'as jamais cherché à… risqua-t-il tout de même.
- Non, le coupa-t-elle avec brusquerie. Je ne les considère pas comme mes parents, seulement comme mes géniteurs. Je ne vois pas pourquoi j'aurais chercher à savoir qui ils étaient. Ils n'ont pas voulu de moi, et je ne veux pas d'eux, assena-t-elle avec une indifférence glaciale.
- Mais… Hermione m'a dit que tes parents étaient morts dans un accident de voiture.
Toujours assise sur son bureau, Arya s'esclaffa sombrement.
- Hermione, répéta-t-elle avec dédain. Elle ne sait rien Hermione. Elle ne sait que ce que je lui ai dit.
- Alors… ce n'est pas vrai ?
- Si. Mes parents adoptifs sont morts dans un accident de voiture.
- Et tu as des souvenirs d'eux ? demanda Drago, espérant rebondir sur un sujet plus léger.
- Un peu. J'avais sept ans quand ils sont morts.
Un frisson glacé parcourut l'échine du Serpentard, qui ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'admiration pour la jeune fille, mêlée d'un sentiment de pitié certain. Apprendre que sa mère biologique l'avait abandonnée dès sa naissance avait déjà du être un coup dur pour elle, alors devoir subir la morts de ses parents adoptifs à sept ans… La Serpentard avait du vivre une jeunesse traumatisante.
- Et… comment tu as fait après ? Tu as été placée ? demanda-t-il doucement.
Bizarrement, le visage de la rouquine s'adoucit et ses yeux se teintèrent d'une lueur de nostalgie alors qu'elle semblait s'évader vers un monde qui n'appartenait qu'à elle.
- Non, répondit-elle d'une voix étrangement lointaine. Mes parents n'avaient plus de famille, personne n'a pu me garder. Ils vivaient dans une maison un peu à l'écart de la ville. Quand les services sociaux ont appelé, j'ai paniqué et je me suis enfuie. Après, j'ai vécu dans la rue. J'ai galéré pendant un long mois et puis… et puis Camille m'a trouvée, finit-elle dans un souffle.
- Camille ? Qui était cette fille ?
La rouquine cligna des yeux, comme si elle reprenait pied avec la réalité. Elle jeta un coup d'œil au Serpentard qui attendait sa réponse et réalisa qu'elle en avait trop dit.
Elle descendit du bureau et se dirigea vers la porte de la chambre.
- Arya…
- Je n'aurais pas du dire tout ça, tu vas aller tout balancer à Hermione et…
- Non ! Bien-sûr que non ! Pour qui me prends-tu ? s'exclama Drago, vexé qu'elle puisse avoir une si basse opinion de lui.
Le jeune fille haussa les épaules et posa sa main sur la poignet. Elle ouvrit la porte, se ravisa, referma la porte, et se tourna vers le jeune homme.
- J'y connais peut-être rien aux sentiments, je suis peut-être pas une fille, déclara-t-elle alors en plantant ses yeux dans les siens, mais je crois pouvoir comprendre ce que peux ressentir Hermione. Laisse-lui du temps, il faut qu'elle assimile la nouvelle et… qu'elle fasse le point avec elle-même. Ouais, je pense que c'est ça.
Drago l'observa un instant en silence. La Serpentard lui apparaissait sous un jour nouveau maintenant qu'il savait tout ce qu'elle avait traversé durant ses premières années de jeunesse. Plus mâture, plus amère… plus intimidante aussi. Sa froide insensibilité le déstabilisait, et de fait, l'effrayait.
- Arya, l'appela-t-il alors qu'elle s'apprêtait à sortir. Tu es une fille. Physiquement parlant, évidemment. Parce qu'intérieurement t'es un vrai bonhomme, plaisanta-t-il avec un sourire en coin.
Elle le lui retourna et sortit de la pièce de sa démarche souple et assurée.
- Hey ! la rappela-t-il encore. Tu devrais parler à Logan tu sais.
- J'ai ma fierté Drago, je ne m'abaisserai pas à ça, lança-t-elle depuis le milieu du couloir.
- J'avais la mienne aussi. Et ce n'est pas ainsi que je l'ai perdue, mais bien autrement.
Les deux Serpentard échangèrent un regard grave jusqu'à ce qu'Arya rompe le contact visuel pour s'engager dans les escaliers.
Elle descendit au rez-de-chaussée, bien décidée à passer sa dernière journée de vacances avec Fëanor. Ces devoirs n'étaient pas terminés, mais elle les avait commencés, ce qui constituait déjà un exploit.
- Arya ! l'appela quelqu'un alors qu'elle prenait son manteau.
La main de la jeune fille se crispa sur son écharpe et elle serra les dents, se préparant mentalement pour l'échange qui allait suivre.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle sèchement sans se retourner.
Logan l'attrapa par le bras et la fit pivoter vers lui. Il avait espéré qu'elle le regarde, mais elle s'obstina à fixer le carrelage
- Qu'est-ce que tu as en ce moment ? questionna-t-il.
- Je ne vois en quoi ça t'intéresse.
- Arya s'il te plait. Ce n'est pas parce que je ne veux pas sortir avec toi que je ne m'inquiète pas pour toi ! s'exaspéra-t-il, excédé qu'elle pousse toujours tout à l'extrême.
- Bha voyons ! J'ai rien à te dire Logan, aucun compte à te rendre, rien, répliqua-t-elle en levant ses yeux aciers vers les siens.
Le jeune homme fut surpris par leur dureté, qui ne fit qu'accroître son inquiétude. Malgré tous ses efforts pour l'ignorer, il n'avait pu s'empêcher de remarquer qu'Arya dépérissait depuis quelques jours déjà. Elle ne mangeait presque plus, ne parlait plus à personne et passait la quasi totalité de ses journées à l'extérieur, ne prenant même pas la peine d'informer Hermione de sa destination. Lui-même ne savait pas où elle allait. Lorsqu'il était passé à l'écurie en croyant la trouver occupée à nourrir les chevaux, il avait du se rendre à l'évidence : le bâtiment était désert, même si tous les chevaux avaient été nourris par ses soins.
Ce comportement, c'était un peu… comme si l'ancienne Arya était revenue. La jeune fille sauvage et méfiante qu'il avait connue deux ans plus tôt, et qu'il avait réussi à « apprivoiser », comme le lui rappelaient parfois certains.
- Alors là ça m'étonnerait ! rétorqua-t-il sans se laisser démonter par son ton agressif. Je te rappelle que, théoriquement parlant, je dois m'occuper de toi ! Et il faut mieux pour toi que tu me dises sans tarder ce qu'y t'arrive, car je n'ai pas l'intention de te laisser partir je ne sais où tant que tu ne saurais pas ce que tu as !
- T'as vraiment rien d'autre à faire ! Pourquoi est-ce que tu t'obstines à me pourrir la vie comme ça Logan ? Faudrait savoir ce que tu veux à la fin ! Moi je n'ai plus le droit de t'approcher et au final c'est toi qui es toujours dans mes pattes ! s'écria Arya, furieuse.
- Je…
- Mais merde quoi ! Casse-toi ! Va donc retrouver ta Vanessa chérie et fou-moi là paix ! explosa la jeune fille.
Douché, Logan la lâcha et Arya en profita pour s'éclipser, non sans lui avoir jeté un regard profondément déçu et dégoûté au préalable. Le jeune homme reprit néanmoins ses esprits lorsque la jeune fille le bouscula pour pouvoir passer.
Il la rattrapa avant qu'elle ne sorte et la tourna de nouveau vers lui.
- Comment tu sais que je l'ai revue ?
La Serpentard ne répondit pas et se contenta de soutenir son regard.
- Arya ! Je t'ai posé une question ! Tu n'étais même pas levée quand elle est passée ce jour là !
- Si j'étais levée ! le détrompa-t-elle, acide. Et je n'ai rien raté de votre petite conversation ! Ni de l'échange qui a suivi ! ajouta-t-elle avec un rictus dégoûté. Maintenant lâche-moi, j'ai autre chose à faire que de perdre mon temps avec quelqu'un comme toi ! cingla-t-elle vertement.
Logan s'exécuta et la rouquine n'attendit pas une seconde de plus pour sortir.
- Je ne ressors pas avec Vanessa, lui lança le jeune homme alors qu'elle descendait les escaliers de la terrasse.
- Arrête Logan, tu te fais du mal à mentir comme ça ! répliqua-t-elle avant de disparaître derrière une haie de buisson.
Drago inspira profondément puis s'avança dans la pièce. Assise sur l'un des fauteuils de la bibliothèque, Hermione lisait tranquillement. Un feu crépitait dans la cheminée de la pièce et diffusait une chaleur agréable sur le petit espace aménagé pour la lecture entre deux rangées de livres.
La jeune femme releva la tête en remarquant un mouvement dans la périphérie de son champ de vision. Elle se figea en apercevant Drago qui s'assit dans un fauteuil face à elle.
- Euh… salut, marmonna-t-elle, gênée.
Elle fut surprise de le voir sourire, lui qui seulement deux heures plus tôt refusait de lui répondre.
- Qu'est-ce que tu lis ? demanda-t-il gentiment.
- Oh euh... un livre que Blaise m'a conseillé, de Pierre Bottero. C'est moldu, tu ne connais sûrement pas.
- Dommage, ça avait l'air intéressant.
- Ca l'est, acquiesça-t-elle, avant de reprendre, embarrassée. Euh… Drago, pour tout à l'heure… je…
- Pas la peine de t'excuser va, la coupa-t-il avec un pâle sourire en essayant de prendre un ton détaché, je n'attends pas de réponse ni d'explications. Evidemment, j'aurais apprécié une réaction un peu plus… dynamique, mais bon… Enfin, prend le temps qu'il te faudra pour y réfléchir, je ne suis pas pressé.
La Gryffondor lui adressa un sourire reconnaissant, heureuse qu'il ne lui en veuille pas et qu'il lui laisse ainsi le temps d'assimiler la nouvelle. Elle n'aurait pas accepté de le voir s'éloigner et se renfermer pour redevenir celui qu'il était à son arrivée chez elle.
- De toute façon, je suis coincé ici pour plusieurs mois encore alors, j'ai le temps, ajouta-t-il avec un sourire en coin.
- Tu es mal traité peut-être ? feint de s'offusquer la jeune femme, entrant dans son jeu.
- Hmm… non, concéda-t-il après une seconde de réflexion. Surtout maintenant que tu vas dormir avec moi toutes les nuits, je ne vais pas me plaindre, ajouta-t-il, mine de rien.
Cette dernière réplique arracha un maigre sourire à Hermione. Elle allait riposter quand Grégoire déboula dans la pièce. Il se précipita vers Drago et pila net à quelques centimètres à peine du jeune homme.
- Dray faut que tu m'aides ! s'écria-t-il, paniqué. Je viens d'apprendre qu'il y avait un devoir de potion à faire pour demain et je l'ai pas fait ! Rogue va me tuer si je ne rends rien ! Et je ne veux pas avoir un T !
Le Serpentard échangea un regard avec la jeune femme assise en face de lui. Hermione souriait, à la fois amusée et attendrie par le comportement du garçon qui ne pouvait décidément plus se passer de Drago.
Néanmoins, elle ne put retenir une remarque réprobatrice à l'intention du Gryffondor.
- Ca t'apprendra à faire tes devoirs la veille de la rentrée ! lança-t-elle, sarcastique.
- Mais je savais pas ! gémit Grégoire d'une voix plaintive. C'est Estelle et Marion qui viennent de me l'apprendre !
- Et bien demande leur qu'elles te passent le leur ! répliqua Drago.
- Bha j'ai déjà demandé, mais elles n'ont pas voulu. Estelle a dit : « Tu n'avais qu'à moins jouer à la X-box pendant les vacances, ça t'aurait laissé le temps de le faire ! ».
Le Serpentard soupira et se leva, résigné à devoir l'aider s'il voulait qu'il lui lâche un peu les baskets.
- Tu iras loin, si tu commences déjà à te faire rembarrer ainsi par des filles à ton âge, ironisa-t-il en suivant le gamin jusqu'à sa chambre.
Restée dans la bibliothèque, Hermione secoua désespérément la tête avec un sourire amusé puis reprit sa lecture là où elle l'avait laissée.
Les adolescents repartirent à Poudlard le lendemain, la tête encore pleine des souvenirs des vacances qu'ils venaient de passer.
Les enfants plus jeunes retournèrent à l'école moldue d'Ellesmere, pressés de retrouvés leurs camarades de classe.
Logan reprit le chemin du ministère pour continuer sa formation, bien qu'il n'ait pas la motivation pour, encore troublé par sa dispute récente avec Arya qui l'affectait plus que de raison.
Hermione aussi regagna son bureau au ministère, et Drago se retrouva seul à nouveau.
L'unique compagnie qu'il avait consistait en Cookie, le petit cocker caramel de la maison qui se couchait à ses pieds lorsqu'il regardait la télévision ou lisait, et les deux chats qui passaient leur temps à dormir.
La solitude lui pesait plus encore qu'auparavant, puisque s'y ajoutait à présent la peur de voir sa tante en furie débarquer au manoir pour régler ses comptes avec lui. Rongé par l'angoisse, il restait cloîtré dans le salon toute la journée, tous les sens en alerte, sursautant au moindre bruit suspect. Sa tension ne se relâchait que le soir venu, quand Hermione rentrait du travail. La maison retrouvait alors son ambiance apaisante et sécurisante et il pouvait enfin se décontracter.
Les deux sorciers n'avaient plus reparlé de ce fameux matin où il s'était déclaré à elle. La jeune femme en était soulagée, même si elle voyait bien que ce n'était pas le cas du Serpentard qui prenait vraisemblablement sur lui pour ne pas ré aborder le sujet.
Et en effet, Drago faisait des efforts démesurés pour rester patient. Pourtant, il n'en pouvait plus d'attendre. Combien de fois s'était-il efforcé de la laisser partir plutôt que de se jeter sur elle pour la plaquer contre un mur pour l'embrasser fougueusement ? Il n'en savait rien, il avait arrêté de compter au bout de deux jours tellement cette envie le tiraillait.
Les premières lettres de Poudlard arrivèrent trois semaines après le départ des adolescents. Drago fut étonné d'en recevoir quatre à la place des trois habituelles.
La première était d'Arya. Toujours aussi ennuyée par les cours qu'elle suivait, la jeune fille se contentait de prendre de ses nouvelles et de lui annoncer qu'une sortie à Pré-Au-Lard était prévue pour les jours à venir. Le temps que les lettres arrivent, le jeune homme réalisa que cette sortie avait eu lieu la veille. Il se demanda un instant à quoi Arya avait bien pu occuper son après-midi dans le petit village sorcier, elle qui n'était pas fan de magie.
La seconde missive venait d'Alec. Le jeune Serdaigle, en tant que joueur de Quidditch accompli, lui fit part avec enthousiasme de leur victoire sur l'équipe de Gryffondor. Drago s'en réjouit.
C'est avec un ressenti plus sombre que Grégoire lui apprit cette même défaite dans sa lettre. Abattu par ce triste événement, le garçon se réjouissait de l'Optimal qu'il avait eu à son devoir maison de potion que Rogue leur avait rendu le jour même de l'écriture de la lettre.
La quatrième et dernière épître provenait justement de Severus et tenait en à peine quelques lignes.
Drago,
C'est par pures formalités que je te demande comment tu vas. Ainsi donc, comment vas-tu ? Malgré les derniers événements, je ne m'inquiète pas plus que cela. Après tout, Miss-Je-Sais-Tout prend bien soin de toi. J'ai même entendu dire que vous étiez devenus plus proches encore que la dernière fois où nous nous sommes vus. N'en veux pas à ton cher Grégoire pour m'avoir appris cette information, il ignorait que je me trouvais à proximité.
Ce n'est cependant pas pour cela que je t'écris. As-tu eu des nouvelles de ta mère récemment ? Je ne l'ai pas revue depuis le nouvel an et m'en étonne fortement. Même si elle a été plus que rassurée de voir que tu étais bien traité chez Granger, je trouve étrange le fait qu'elle ne soit pas encore venue me demander si j'avais de tes nouvelles, surtout après les derniers événements qui ont agité Askaban.
Severus.
Drago fronça les sourcils, perturbé par ces quelques phrases. Même s'il n'en laissait rien paraître, son parrain devait s'inquiéter pour sa mère s'il venait à lui écrire afin de s'enquérir de ses nouvelles. Et quand Severus s'inquiétait, ce n'était jamais bon signe.
De plus, son filleul n'était pas à même de lui répondre puisqu'il n'entretenait aucune correspondance avec sa mère. Comme il le lui avait dit à Noël, écrire, ce n'était pas son truc.
Il rangea les lettres des adolescents dans son bureau afin d'y répondre plus tard, mais n'attendit pas une minute pour retourner une réponse à son parrain.
Severus,
Merci de te soucier de ma santé, tu m'en vois touché. Comme tu me l'as rudement conseillé, je n'en veux pas à Grégoire. Après tout, ce n'est pas de sa faute si tu as tendance à épier tes propres élèves à la recherches de potins à te mettre sous la dent. Tu deviens aussi gâteux que Dumbledore.
Ce n'est cependant par pour cela que je te réponds. Je n'ai pas de nouvelles de ma mère, et ce depuis Noël. Même si je suppose que c'est déjà fait de ton côté, je vais lui envoyer un hibou. Ce n'est effectivement pas normal qu'elle n'ait pas donné signe de vie depuis le nouvel an si elle avait pour habitude de venir te voir régulièrement.
Drago.
Sitôt le dernier point apposé au bas de la lettre, le Serpentard se saisit d'un second d'un parchemin vierge et entreprit d'écrire une lettre à Narcissa.
Mère,
Comment allez-vous ? J'espère que vous vous portez bien et que rien ne vient rompre votre quiétude.
Je viens de recevoir un message de Severus. Ce dernier s'étonne de ne point vous avoir aperçue ces dernières semaines. Aussi je vous conjure de répondre rapidement à cette lettre et de m'informer si une quelconque maladie vous oblige à rester chez vous.
Votre fils,
Drago.
La porte de sa chambre s'ouvrit au moment où il cachetait les deux lettres. Il se retourna après avoir glissé les deux parchemins sous son sous-main. Son souffle s'accéléra lorsqu'il aperçut Hermione sur le pas de la porte.
- Je ne te dérange pas ? demanda-t-elle gentiment.
- Non, entre.
Elle lui sourit et referma doucement la porte derrière elle avant de s'asseoir sur le coin du lit. Contrairement à ce que Drago avait espéré, elle ne dormait pas avec lui tous les soirs. Elle s'était contenté de rester avec lui les trois premiers soirs pour s'assurer qu'il ne faisait pas de cauchemar puis était retournée dans sa chambre. Ce qui n'était pas plus mal, d'un autre côté, songeait parfois le Serpentard, conscient qu'il n'aurait pas pu se retenir s'il avait du rester des heures à proximité de la Gryffondor sans pouvoir la toucher.
- Qu'est-ce que tu voulais ? demanda-t-il en tournant sa chaise vers elle.
- Oh et bien euh… Tu te rappelles de l'article de journal sur le trafic de polynectar ? demanda-t-elle.
Il hocha la tête silencieusement, le regard méfiant. Il ne comprenait pas pourquoi elle faisait allusion à cet article.
- Tu te souviens aussi qu'il y était indiqué que… tous les détenus en réinsertion devaient être soumis à un contrôle afin de s'assurer de leur identité ?
Drago ne répondit pas. Il attendit que la jeune femme finisse, bien qu'il sache déjà ce qu'elle allait dire. Et il savait également que ça ne lui plairait pas.
Pourtant, ce n'est pas les mots auxquels il s'attendait qui sortirent de sa bouche.
- Harry et Ron passent ici cette après-midi.
Le Serpentard fronça les sourcils. Que venaient faire ces deux idiots dans l'histoire ? Malgré cela, il ne put que constater que ce que la Gryffondor venait de lui dire ne lui plaisait effectivement pas, même s'il s'était attendu à autre chose.
Il prit néanmoins sur lui pour faire bonne figure.
- Okay, et bien… je resterai en haut le temps qu'ils seront là.
Hermione se mordit la lèvre en réalisant qu'il n'avait compris.
- Il faudra que tu sois là également.
Drago tressaillit et fit le rapprochement en une seconde à peine.
- Ils sont là pour moi ? demanda-t-il, même si sa question sonnait plus comme une affirmation.
- Oui, répondit Hermione à contre coeur. Pour vérifier que tu ne fais pas partie de ceux qui ont profité du trafic de polynectar à Azkaban.
- Quoi ? Mais… c'est absurde ! s'exclama-t-il, incrédule. Tu sais très bien que je suis moi, enfin que… je ne prends pas de polynectar.
- Je sais Drago, mais là n'est pas la question. Le ministère a exigé que le sort de révélation soit lancé sur tous les détenus en réinsertion et tu ne fais pas exception à la règle, soupira la Gryffondor
- Et pourquoi c'est Potter qui vient ? Pourquoi pas toi ? Tu es auror non ? Ou bien Quentin ou Benjamin ! Et pourquoi Weasley vient aussi ? Il travaille dans le sport tu m'as dit et…
- Je n'ai pas le droit de le faire, le coupa-t-elle avant qu'il ne pose d'autres questions. Le contrat, toujours la même chose, ajouta-t-elle devant son regard interrogateur. C'est donc Harry qui s'en chargera. Quant à Ron… il est là comme témoin. Le ministère ne veut prendre aucun risque alors…
- Mais Weasmoche n'est même pas auror !
- Je sais bien, mais les aurors et les tireurs de baguette magique sont débordés avec toutes ces vérifications à faire alors… ils ont fait appel à des gens extérieurs au service.
A bout d'arguments et de questions, Drago soupira profondément et se prit la tête entre les mains. Sa journée qui n'annonçait pourtant rien de mauvaise augure tournait au cauchemar.
- Et s'ils vont raconter que j'ai pris du polynectar au ministère ? paniqua-t-il soudain. Weasley me déteste et…
- Arrête, l'interrompit la jeune femme. Ils ne sont pas comme ça.
- Potter peut-être, bien que j'en doute, mais Weasmoche sûrement pas !
- Drago s'il te plait, je les connais. Ils n'en feront rien. Fais moi confiance, ajouta-t-elle avec un regard implorant en remarquant qu'il ne semblait pas convaincu.
Le jeune homme soupira à nouveau et rendit les armes. C'est alors seulement qu'il s'aperçut de l'air embêté de la Gryffondor.
- Quoi ? demanda-t-il, méfiant. Il y a autre chose, c'est ça ?
Elle hocha silencieusement la tête et se mordit les lèvres.
- Et bien vas-y, dis, pour maintenant ! s'exaspéra Drago, agacé.
- Ils vont également devoir fouiller ta chambre et tes affaires. Afin d'être sûr que tu ne caches rien d'illégal ou de suspect.
Le Serpentard en resta pantois. Le soumettre à un sort de révélation n'était donc déjà pas suffisant pour qu'on fouille en plus le peu de choses qu'il possédait ?
- Mais… reprit-il avec un petit rire nerveux. C'est complètement idiot ! Je suis arrivé ici les mains vides ! Je n'avais rien d'autre que les restes de mes vêtements avec moi ! Comment aurais-je pu me procurer ces choses là ? Toutes les fois où je suis sorti d'ici, j'étais avec toi ou avec Blaise !
- Je sais tout ça, inutile de m'accuser, je n'y suis pour rien, se défendit Hermione. Mais le ministère est tellement remonté de n'avoir rien perçu de ce trafic qu'il ne veut prendre aucun risque.
Totalement abattu, le jeune homme se reprit la tête entre les mains, découragé. Il entendit Hermione se lever et venir s'accroupir près de lui. Elle posa une main sur son genou et le força à découvrir son visage.
- Je reste avec toi Drago, lui promit-elle en serrant sa main dans la sienne. Tu n'es pas tout seul, et Harry et Ron sont là pour une simple vérification, par pour régler leurs comptes avec toi.
Bien que sceptique, le Serpentard acquiesça d'un signe de tête. Il regarda un instant leurs mains liées puis ramena ses yeux sur le visage la Gryffondor qui l'observait d'un air réconfortant.
- Tu ne peux savoir à quel point j'ai envie de t'embrasser, souffla-t-il alors.
La jeune femme se raidit et se releva lentement. Malgré cela, un sourire timide se peignit sur ses lèvres, et c'est d'un ton léger qu'elle lui répondit.
- Mais tu m'as promis de me laisser le temps qu'il faudra, lui rappela-t-elle en retirant sa main de la sienne.
- Ouais, je n'aurais peut-être pas du, soupira à nouveau Drago en la regardant se détacher de lui.
Hermione se força de repousser le mal-être qui menaçait de l'envahir pour esquisser un sourire devant sa mine tristounette et déçue.
- Fais pas cette tête là, Ce n'est pas comme si c'était la fin du monde.
- Bha quand même, marmonna-t-il en guise de réponse, pas convaincu le moins du monde. Ca s'en approche pas mal aujourd'hui.
Voyant qu'elle ne cédait pas, il leva des yeux implorants vers elle.
- S'il te plait, murmura-t-il. Je n'en peux plus d'attendre…
La jeune femme se raidit à nouveau et ne put empêcher la culpabilité de l'envahir. Elle savait bien qu'il rongeait son frein depuis trois semaine, mais elle était toujours incapable de lui donner la moindre réponse.
Cependant, il lui manquait. Plus qu'elle ne voulait l'avouer. Les sourires complices lui manquaient, ses gestes doux lui manquaient, son contact lui manquait.
- Tu vas finir par me tuer ! souffla-t-elle en secouant désespérément la tête.
Elle se pencha vers lui et posa doucement ses lèvres sur les siennes. Drago frissonna de plaisir et soupira d'aise. Il répondit lentement à son baiser, profitant de ces quelques secondes de plaisir _ les dernières qu'il vivait avant de devoir affronter Potter et Weasley.
Il émit un grognement de protestation lorsqu'elle se recula et lui lança un regard malheureux qui la fit sourire à nouveau.
- Ca suffira, lui dit-elle avec une expression amusée.
Drago ne manqua cependant pas de remarquer la lueur qui brillait au fond de ses yeux noisettes. Une joie intense le submergea, qu'il s'efforça de contenir et de ne pas laisser paraître.
- Pfff, je m'en fiche, ce soir tu dors avec moi, répliqua-t-il avec un air renfrogné.
- C'est ça, on verra.
Et elle sortit de la pièce, laissant là le jeune homme qui soupira à nouveau, accablé par son triste sort.
Hermione retint un soupir exaspéré lorsqu'elle releva la tête vers les trois hommes qui se trouvaient dans son bureau.
- Mais c'est pas bientôt fini oui ! s'exclama-t-elle, excédée. Vous n'allez pas vous regardez comme ça dans le blanc des yeux toute l'après-midi, si ?
Personne ne lui répondit. Les trois sorciers étaient bien trop occupés à se défier du regard pour lui accorder ne serait-ce qu'un mot. Et dire que cela faisait maintenant plus de cinq minutes qu'ils s'observaient ainsi en chien de faïences ! Agacée par leur manque de coopération, Hermione avait entrepris de compléter des papiers qu'elle avait à remplir depuis une semaine déjà, décidant de les laisser à leur petit règlement de compte silencieux.
Sauf qu'après plusieurs minutes à les attendre, elle n'en pouvait plus de l'ambiance tendue qui planait sur la pièce et l'empêchait de se concentrer.
- Ca suffit ! s'emporta-t-elle en se levant vivement de sa chaise. J'en attendais plus de vous les garçons ! Vous êtes là pour raisons professionnelles oui ou non ? Non mais regardez-vous un peu ! On dirait une bande de gamins !
Après un dernier regard assassin, et au prix d'un effort surhumain, Drago rompit le contact visuel et se tourna vers la jeune femme qui fulminait à trois mètres de lui.
- Ah quand même ! Merci Drago ! Enfin un qui réalise qu'il est adulte ! Ce n'est pas le cas de tout le monde ici ! cingla Hermione en lançant un regard noir à ses deux meilleurs amis.
- Drago ? releva Ron avec une mine éberluée. Parce que ce n'est même plus Malfoy maintenant ! C'est Drago ! s'exclama-t-il avec un air dégoûté sur le dernier mot.
Le Serpentard lui jeta un regard narquois et dut se faire violence pour ne pas lui balancer d'autres petits détails concernant sa relations avec Hermione en pleine face, dans le seul but de le faire rager.
- Et bien oui, c'est Drago, nul ne t'en déplaise ! répliqua la jeune femme, trop énervée pour s'en trouver gênée. Maintenant Harry, si tu pouvais avoir l'aimable gentillesse de sortir ta baguette et de jeter ce fichu sort de restauration, je t'en serais infiniment reconnaissante !
Intimidé par la colère flagrante de sa meilleure amie, le Survivant s'exécuta sans piper mot et sortit sa baguette.
- Et ouvre bien tes yeux Ron, je ne tiens pas à y passer la journée parce que tu douteras de ce que tu auras vu ! cingla encore Hermione, franchement remontée.
Ron et Harry échangèrent un regard intimidé et le jeune Potter s'empressa de lancer le sortilège pour lequel il était venu.
Il le lança sans le formuler. Histoire de montrer au Serpentard qu'il savait s'y faire en magie.
Une éclair bleu illumina la pièce.
Drago grimaça.
Une lueur inquiète traversa les yeux noisettes d'Hermione.
Ron et Harry se contentèrent d'observer.
Moins d'une minute plus tard, le visage du Serpentard se détendit et il lança un regard hautain aux deux hommes qui lui faisaient face.
- Bon ben, c'est okay pour lui, déclara Harry en cochant une petite case sur un parchemin qu'il avait amené avec lui.
- Ouais, marmonna Ron à côté de lui.
Les deux amis se regardèrent puis se tournèrent vers leur meilleure amie. Drago garda le silence. Un soupçon d'espoir se glissa sournoisement en lui, et durant quelques secondes, il se plut à imaginer que les deux Gryffondors allaient partir sans fouiller sa chambre.
Mais seulement durant quelques secondes.
- Tu nous montres sa chambre ? demanda Ron à l'intention de la jeune femme.
L'espoir du Serpentard s'envola. Hermione lui lança un bref regard et il pinça les lèvres, résigné.
La mort dans l'âme, il suivit les trois lions jusqu'à sa chambre.
- Il faut que tu restes dans le couloir, lui dit Harry alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la pièce. Mesure de sécurité, désolé, s'excusa-t-il.
Contrairement à ce que Drago pouvait croire, cela ne l'amusait pas de devoir retourner les affaires du jeune homme à la recherches d'objet illégaux et suspects qu'il était certain de ne pas trouver. Ca ne lui aurait pas plu que quelqu'un s'immisce ainsi dans sa vie privée qui ne regardait que lui, aussi ne prenait-il aucun plaisir à le faire aux autres.
Ce qui ne semblait pas être le cas de Ron qui était déjà parti inspecter la salle de bain. Lorsqu'il en ressortit quelques minutes plus tard, les mains vides et l'air contrarié, Hermione ne put s'empêcher de lui lancer un regard réprobateur et limite dégoûté.
Appuyé contre le montant de la porte, Drago serrait les poings, si fort que ses jointures en devenaient blanches. L'idée qu'on fouille ses affaires lui était déjà assez détestable, et le fait que ce soit Weasmoche n'arrangeait rien à la chose.
Son sang se glaça dans ses veines quand il remarqua que le rouquin avait entrepris de regarder sous les piles de vêtements rangés dans sa commode. Avec une angoisse grandissante, il l'observa refermer le premier tiroir pour passer au deuxième, soulever une pile de pull, une autre de T-shirt… Son cœur rata un battement quand il vit le jeune homme froncer les sourcils après avoir inspecté sa pile de chemise. Weasley retira quelque chose de sous le dernier vêtement et contempla un instant sa trouvaille.
Le Gryffondor blêmit puis rougit, ses yeux se plissèrent en deux fentes et ses mains se crispèrent sur l'innocent bout de papier glacé qu'il tenait entre ses doigts tandis qu'il se tournait lentement vers sa meilleure amie.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il à la jeune femme en lui tendant sèchement la coupure.
Hermione se mordit les lèvres en reconnaissant la photo que l'employé de la patinoire lui avait remise à leur sortie. Complètement prise au dépourvu par l'apparition de ce cliché qu'elle avait pourtant pris soin de ranger dans sa chambre, elle leva les yeux vers Drago qui baissa les siens, craignant d'affronter son regard noisette.
- Hermione ! insista Ron, furieux de son manque de réaction. Tu peux m'expliquer !
- Ron, intervint Harry après avoir regardé la photo par dessus l'épaule de la jeune femme, ça ne te regarde pas. Hermione est assez grande pour savoir ce qu'elle fait.
Le rouquin l'ignora royalement et fixa la Gryffondor d'un regard insistant, attendant une réponse qui tardait à venir.
- Je n'ai aucun compte à te rendre, Ron ! répliqua cette dernière un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Ma vie privée ne te regarde pas !
Elle comprit aussitôt qu'elle aurait du se taire. Douché, le jeune homme recula d'un pas avec l'impression d'avoir été giflé. Violemment.
- Aucun… , répéta-t-il d'une voix tremblante. Mais merde Hermione ! Ca fait quatorze ans qu'on se connaît ! Quatorze ans et tu oses me balancer ça à la figure ! s'insurgea-t-il alors. Tu oses me dire que ta vie privée ne me concerne pas !
- Ron, s'il te plait, calme-toi, murmura la jeune femme en essayant de retenir la culpabilité qui menaçait déjà de l'envahir.
- Me calmer ! s'écria-t-il. Parce que tu crois que je vais rester calme alors que tu batifoles avec Malfoy et que tu renies presque notre amitié ! Non mais je rêves là !
- Ron, tenta de l'apaiser Harry, inquiet de la tournure que prenait la conversation.
Resté immobile à l'entrée de la pièce, Drago contemplait la scène, le front barré d'un pli soucieux, le ventre noué par la culpabilité. Merlin, qu'avait-il fait ? Il aurait du comprendre que la Gryffondor parlait de ses amis lorsqu'elle lui avait dit qu'elle craignait que quelqu'un ne tombe sur la photo !
- Je ne renie pas notre amitié ! siffla Hermione, piquée à vif par l'accusation. Je te rappelle juste que ma vie privée ne te concerne pas au delà d'une certaine limite ! Limite que tu es entrain de dépasser !
- Ah ! Parce toi tu ne dépasses pas les limites peut-être ! rétorqua Ron, acide. Bien-sûr que non, après tout, tu as juste sympathisé avec Zabini, et tu es seulement sortie avec un tireur de baguette magique d'élite qui est censé être ton rival au ministère ! ironisa-t-il.
- Mon rival ! s'exclama Hermione, incrédule. Mais enfin Ron, les aurors travaillent en collaboration avec les tireur de baguette magique !
- Je me fiche pas mal de ce soi disant projet de coopération entre vos deux services ! A vrai dire, je me fiche pas mal de ton Quentin, tout comme je n'ai rien à faire de Zabini ! Mais alors là ! C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Est-ce que tu te rends compte que…
- Ferme-là Weasley ! intervint Drago en s'interposant entre les deux Gryffondor.
Ces derniers se turent et leurs regards convergèrent vers lui. Hermione allait lui dire de ne pas se mêler de cette conversation mais il la fit taire d'un regard.
- Dégage Malfoy ! L'envie de te foutre mon poing dans la figure est déjà bien assez tentante sans que tu en rajoutes ! cracha Ron avec un rictus haineux.
- Ferme là je t'ai dit ! répéta Drago en le toisant d'un regard méprisant. Laisse Hermione tranquille, ce n'est pas de sa faute, elle n'y est pour rien... C'est moi qui l'ai embrassée ce jour-là. Sans lui demander son avis.
La tête du Serpentard pivota de côté sous l'impact du poing qui lui arriva droit dans la figure. Harry ouvrit de grands yeux et se précipita sur son meilleur ami pour le retenir. Hermione étouffa un cri.
Pas Drago. Il n'essaya même pas de rendre son coup à Weasley, ne chercha pas non plus à le blesser verbalement. Il se contenta d'ouvrir et de refermer la bouche pour détendre sa mâchoire douloureuse avant d'essuyer d'un revers de main le filet de sang qui s'écoulait de son nez.
Harry, qui essayait tant bien que mal de contenir un Ron écumant de rage, préféra ne pas prendre de risques et le fit sortir de la chambre.
- On t'attend en bas, lança-t-il à l'adresse d'Hermione avant de fermer la porte.
Cette dernière ne l'écouta qu'à moitié. Les traits soucieux, elle observait Drago qui massait sa joue endolorie sans cesser de faire jouer ses mâchoires.
- Ca va ? lui demanda-t-elle doucement.
Il acquiesça d'un signe de tête qui ne la convainquit qu'à moitié mais elle sortit tout de même de la pièce pour rejoindre ses amis dans son bureau. Elle avait honte de l'avouer, mais elle était pressée qu'ils s'en aillent. Que Ron s'en aille, surtout.
D'ailleurs, elle n'avait pas fait un pas dans la pièce que ce dernier attaquait déjà, furieux. Visiblement, le fait de frapper son pire ennemi n'avait pas suffit à extérioriser sa colère.
- Qu'est-ce que tu faisais ? demanda-t-il sèchement.
- Rien qui te regarde ! soupira-t-elle, exaspérée, avant de reprendre plus doucement. Ecoute Ron…
- Tu t'inquiétais hein ? railla ce dernier, méprisant. Ton pauvre petit chéri s'est fait taper ! Ce lâche n'a même pas eu le courage de contre-attaquer !
- C'est plus une preuve d'intelligence que de lâcheté ! répliqua vertement Hermione qui changea de ton en l'entendant s'en prendre ainsi au Serpentard.
Ron blêmit mais ne se démordit pas pour autant.
- Ne lui cherche pas d'excuse ! Tu sais aussi bien que moi qu'il est le pire des lâches que la Terre ait jamais porté ! M'enfin, je suppose que ça t'importe peu maintenant. Après tout, tu as réussi à passer outre, n'est-ce pas ? demanda-t-il, sarcastique.
- Il a changé, répliqua la jeune femme. Contrairement à toi, il n'est pas aussi buté. Il a su apprendre des épreuves qu'il a traversé et a reconnu ses tords d'autrefois.
- Bha voyons ! Et tu veux vraiment me faire croire que Malfoy est maintenant plein de bon sens et de valeurs ? Hein ? Je sais ce qu'il est Hermione ! Il n'a pas changé ! Pas changé d'un pouce ! Il est toujours le même petit con orgueilleux qui…
- Tu ne le connais pas ! le coupa-t-elle d'une voix glaciale. Je t'interdis de dire du mal de lui Ron, tu m'entends ? Tu ne sais rien Ron !
- Tu l'aimes hein ? demanda le jeune homme en retour, un sourire goguenard aux lèvres. Tu y tiens, à ton petit protégé, n'est-ce pas ?
La jeune femme tressaillit. Ce que ne manqua pas de remarquer le Gryffondor qui esquissa un sourire mauvais.
- Tu croyais vraiment que je n'avais pas remarqué la… passion avait laquelle tu répondais à son baiser ? questionna-t-il avec un rictus dégoûté. Et bien… tu t'es trompée, souffla-t-il à quelques centimètres à peine de son visage, les traits empreints d'un mépris certain.
- Tu es écœurant Ron, murmura la jeune femme en lui jetant un regard profondément déçu.
- Ce qui n'est pas le cas de Malfoy je présume ? cingla-t-il. Alors, dis-moi, comment il est ? J'espère que les années qu'il a passé en cellule n'ont pas entravées ses performances physiques…
VLAM
Hermione avait réagi au quart de tour et sa main était partie s'abattre sur la jour de Ron sans qu'elle ne cherche à l'arrêter. Les yeux emplis de mépris et de dégoût, elle observa le jeune homme porter une main sur sa joue rougie et lever son visage vers elle.
Les deux Gryffondor s'affrontèrent du regard puis Hermione finit par baisser les yeux.
Jamais elle n'aurait cru son meilleur ami capable d'une telle bassesse. Pouvait-on être aveuglé par la haine à ce point pour en venir à blesser ainsi les personnes à qui l'on tenait ? Il fallait croire que oui.
- Sors d'ici Ron. Et ne remet… plus jamais les pieds ici, murmura-t-elle en relevant la tête vers lui.
Le jeune homme tressaillit, perdit un peu de son assurance mais se reprit bien vite.
- Si tel est ton souhait, répliqua-t-il avec un sourire hypocrite en ouvrant la porte. Hermione ? l'appela-t-il alors qu'il s'apprêtait à sortir. A tu seulement pensé qu'il ne faisait que jouer avec toi ? Qu'il simulait tout ce qu'il te disait, tout ce qu'il te montrait ? Après tout, sa liberté ne tient qu'à un fil. Et ce fil, c'est toi. As-tu envisagé qu'il puisse jouer la comédie dans le seul but… que tu le déclares apte à reprendre une vie en société ? questionna-t-il sournoisement. A en voir ta tête, je suppose que non. Réfléchis-y, Hermione, réfléchis-y. C'est un Serpentard, un lâche et un ancien mangemort. Tu peux te voiler la face autant que tu voudras, tu le sais, au fond de toi-même. Adieu Hermione, et prend le temps de cogiter sur tout cela, ça t'évitera peut-être de commettre une grave erreur.
Hermione ne répondit pas, traumatisée par ce que son meilleur ami _ Ex meilleur ami _ venait de lui dire. Malgré tout ses efforts pour le contrer, le doute s'insinua lentement en elle tel du poison. Se pouvait-il que Ron ait raison ? Que tout cela ne soit qu'un jeu, qu'une comédie, pour Drago ? Elle se refusait à y croire, et pourtant… pourtant le doute était bien là.
- Hermione ? murmura une voix inquiète, la tirant de ses réflexions.
La jeune femme releva la tête vers Harry qui l'observait silencieusement, une lueur inquiète au fond des yeux. Harry… Le seul qui avait supporté tous ses écarts sans jamais broncher, sans jamais la juger, qui essayait parfois même de la comprendre car il la trouvait trop censée pour commettre un acte inconscient.
Mais qu'en serait-il cette fois ? Drago avait été le pire ennemi du Survivant pendant des années, et à tout bien réfléchir, il était toujours son pire ennemi. Hermione le connaissait bien, Harry n'était pas de nature rancunière, mais accepterait-il l'attachement qu'elle portait au jeune homme ? Il avait accepté son amitié avec Blaise presque sans problème, montrant malgré lui une certaine réticence à ce que sa meilleure amie fréquente régulièrement le métis. Mais il avait vite oublié son inquiétude et n'avait pas bronché lorsqu'elle avait invité Blaise à l'accompagner chez les Potter lors d'un dîner. Il n'y avait donc pas de raison qu'il refuse Drago… Sauf qu'elle partageait plus qu'une amitié avec ce dernier, et que c'était là tout le problème…
La peur que Harry la laisse tomber à son tour l'envahit, intense, ravageant tout sur son passage. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle se jeta dans les bras du Gryffondor qui la réceptionna avec souplesse, bien qu'étonné par ce soudain changement d'attitude.
- Tu ne vas pas m'abandonner toi aussi Harry, hein ? lui demanda-t-elle en levant vers lui un visage anxieux.
- Bien-sûr que non ! s'exclama-t-il, vexé qu'elle puisse ainsi douter de lui.
Elle lui adressa un sourire tremblant et ravala les larmes qui menaçaient de couler. Puis les derniers mots de Ron lui revinrent en mémoire et une vague de détresse la submergea toute entière.
- Et s'il avait raison ? murmura-t-elle à l'adresse de son meilleur ami. Et si… et si Drago ne faisait que jouer la comédie ?
- Oh Hermione non ! s'exclama Harry en la détachant de lui afin de planter ses yeux dans les siens. Ne laisse pas Ron détruire votre… ce qu'il y a entre vous, d'accord ?
- Mais Harry…
- N'écoute plus Ron, d'accord ? Il est jaloux, c'est tout. Et tu sais plus que moi combien il peut se montrer idiot lorsqu'il est jaloux ! lui dit-il avec un pâle sourire.
- Jaloux ? Mais jaloux de quoi ? Drago ne le remplacera jamais !
Le Survivant soupira. Il avait beau savoir que sa meilleure amie était très intelligente, il s'étonnait parfois de sa naïveté et de son incapacité à comprendre certaines choses pourtant évidentes.
- Hermione, ce n'est pas pour cette raison qu'il est jaloux de Malfoy. Je crois que… qu'il aimerait être à sa place, justement.
La Gryffondor blêmit, et Harry se retint de soupirer de soulagement lorsqu'il réalisa qu'elle avait compris. Il n'aurait pas eu le courage de se lancer dans une série de sous-entendus tous plus clairs les uns que les autres afin qu'elle parvienne à la conclusion que…
- Il n'a pas renoncé ? demanda Hermione en soupirant.
- Apparemment pas. Je ne sais même pas si c'est dans ses intentions. Ca fait tellement longtemps qu'il espère un jour que tu accepteras une relation sérieuse avec lui.
- Je lui ai déjà dit que c'était impossible Harry ! Ron c'est… comme mon frère et…
- Je sais tout cela Hermione, la coupa-t-il avec un sourire. Mais Ron est plus buté que le plus têtu des hippogriffes alors forcément…
Elle lui retourna faiblement son sourire et l'enlaça à nouveau, rassuré et plus détendue que quelques minutes auparavant. Harry ne l'abandonnerait pas, lui, il serait là pour elle. Et Ginny aussi, à n'en pas douter.
- Tu devrais remonter, lui conseilla le Survivant. Même s'il n'en a rien laissé paraître, le coup de Ron a du l'affecter et il doit se demander comment tu vas réagir pour la photo.
- Comment sais-tu que…
- Tu n'aurais pas laissé traîner un objet si compromettant, tu es bien trop intelligente pour cela, sourit le jeune homme.
- Dis, à ce propos…
- Je ne dirais rien à Josh, la coupa-t-il en comprenant où elle voulait en venir. Et je tâcherai de convaincre Ron d'en faire autant. Il n'est pas méchant à ce point là, et ça m'étonnerait qu'il reste fâché très longtemps.
Hermione lui adressa un sourire et le serra dans ses bras pour lui témoigner sa reconnaissance.
Harry déposa un baiser sur son front puis il se dirigea vers la cheminée afin de regagner son bureau au ministère. La poudre de cheminette était toujours préférable au transplanage, même si elle avait ses inconvénients.
Lorsque Hermione frappa à la porte du Serpentard, personne ne lui répondit. Elle entra malgré tout. Le jeune homme se trouvait dans la salle de bain, occupé à nettoyer le sang qui avait coulé de son nez. Il se retourna en sentant une présence derrière lui et déglutit en apercevant la Gryffondor.
Son visage de porcelaine resta cependant impassible et ses yeux insondables.
La jeune femme tressaillit en remarquant ce changement d'attitude.
- Je suis désolé, lâcha-t-il, et aucune émotion ne transparut dans sa voix.
Hermione ne répondit pas, trop troublée de le retrouver ainsi, froid et distant comme il n'était plus depuis presque trois mois.
- Je comprendrais que tu veuilles que je parte et je ne chercherais pas à… continua-t-il de la même voix sans timbre.
- Ne dit pas n'importe quoi, le coupa-t-elle, incapable de se taire plus longtemps. J'ai déjà perdu Ron, je ne tiens pas à te perdre à ton tour.
Elle le vit tressaillir, mais ce fut là sa seule réaction. Rien d'autre ne lui laissa croire que ces mots avaient eu un quelconque impact sur lui. Ses doutes se renforcèrent.
- Et toi… ça va aller ? demanda-t-elle, la gorge nouée par l'appréhension.
Il réagit comme elle l'avait craint. Elle aperçut ses poings se replier, sa mâchoire se contracter et ses yeux se durcirent.
- J'ai l'habitude, répondit-il froidement en se détournant.
Hermione se mordit les lèvres. Le jour où elle avait failli le gifler lui revint en mémoire. La colère qui l'habitait alors, sa main qui se levait avec l'intention de laisser une trace sur la joue pâle, la réaction du jeune homme et la lueur de panique qui s'était allumée dans ses yeux à cet instant. Elle se souvenait parfaitement de cet après-midi là et de la mine traumatisée du Serpentard qui l'avait fuie lorsqu'elle était rentrée au manoir le soir. Pourtant, elle ne l'avait pas touché, réalisant à temps ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Cette fois, il en était tout autre. Ron avait été jusqu'au bout et l'avait frappé. Fort. La jeune femme réalisa alors à quel point ce geste avait du blesser le Serpentard qui avait certainement eu l'impression d'être de nouveau à Azkaban, sous le courroux de ses geôliers.
Ce fut cette dernière pensée qui lui donna le courage de s'approcher du jeune homme qui lui tournait le dos pour poser une main compatissante sur son épaule.
Il se dégagea brusquement.
Hermione recula comme s'il l'avait brûlée et l'observa avec un air mortifié. La douleur qui l'envahit face à un tel rejet lui coupa le souffle un instant.
Il était bel et bien redevenu l'homme qu'elle avait accueilli quelques mois plus tôt. Froid, distant et refusant toute aide de sa part.
A moins qu'il n'ait jamais changé, lui souffla sa conscience avec une voix proche de celle de Ron.
Cette perspective effrayante prit place dans son esprit pour ne plus s'en défaire et un frisson glacé parcourut le corps de la Gryffondor.
Elle fut tirée de ses sombres réflexions par la voix de Drago.
- Je suis désolé pour la photo, dit-il simplement.
Hermione se raidit derrière lui et s'efforça de garder son calme et une voix blanche lorsqu'elle posa la question qui lui brûlait les lèvres à ce sujet.
- Est-ce que tu pourrais au moins m'expliquer pourquoi tu as dupliqué ce fichu cliché ? Je ne t'ai pas offert cette baguette pour ça.
Le jeune homme frémit et sa lèvre supérieur fut agitée d'un soubresaut. Il sortit de la salle de bain, la Gryffondor sur les talons. Silencieuse, elle le regarda s'emparer du cliché resté sur le lit.
- Je ne voulais pas que tu la détruises, expliqua-t-il sans qu'aucune émotion ne traverse son visage.
- Te rends-tu compte à quel point tu as été égoïste en agissant ainsi ! ne put-elle s'empêcher de lui faire remarquer.
Elle lui en voulait. Terriblement. Malgré l'affection qu'elle lui portait, elle ne parvenait pas à se dire qu'il n'était pour rien dans sa dispute avec Ron. Car ce n'était pas le cas. S'il ne l'avait pas embrassée ce jour là… S'il n'avait pas dupliqué cette fichue photo… S'il avait mis plus de soin à la cacher… Cela faisait beaucoup de si pour un même et seul homme.
- Je ne souhaitais pas que tu te fâches avec Weasley. Je suis désolé, sincèrement désolé, répéta-t-il, impassible.
Il observa une dernière fois la photo, s'arrêta un instant sur la jeune femme qu'il y tenait dans ses bras, puis jeta le cliché dans sa corbeille à papier. Sans hésiter. D'un geste sec et assuré.
Un geste qui finit de concrétiser les doutes d'Hermione.
Et qui acheva de lui briser le cœur.
Remarquant son trouble, Drago se tourna vers elle et planta ses yeux orageux et impassibles dans les siens.
- C'est ce que tu voulais depuis le début non ? Et bien voilà, c'est fait. Cette photo ne t'importunera plus, déclara-t-il froidement avec de sortir.
Tétanisée, la jeune femme regarda la porte se refermer sur lui. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer. N'avait même pas envie de comprendre.
Et pourtant, elle savait.
Tout était fini.
Drago était redevenu l'être qu'il avait été pendant si longtemps.
Ron avait raison.
Et pourtant... Pourtant une partie d'elle ne pouvait se résigner à l'avoir perdu. C'était impossible. Elle avait besoin de lui. A présent, il faisait partie intégrante de son quotidien, de sa vie. Elle avait besoin qu'il soit présent, qu'il lui parle, qu'il la touche, qu'il l'embrasse.
Qu'il l'aime.
Cette réalité la frappa soudainement, lui apparut aussi limpide que l'eau qui s'écoule d'une source.
Elle se rua à sa suite. Il n'était plus à l'étage.
Le bruit caractéristique de la cheminée qui s'allume grâce à la poudre de cheminette lui parvint et c'est quatre à quatre qu'elle descendit les escaliers. La boule qui lui nouait l'estomac ne cessait de croître. Et s'il était parti ? Définitivement ? Elle ferma les yeux et força encore l'allure. Jamais l'escalier ne lui avait paru si long à descendre !
Elle se figea sur la dernière marche.
Drago était toujours là. La main sur la poignée de la porte qui donnait sur le parc, il regardait sans comprendre l'homme qui venait de faire irruption dans le hall de la maison.
- Professeur Rogue ? demanda Hermione, incrédule.
Malgré le soulagement qui l'avait envahie à la vue de Drago, l'inquiétude repris vite le dessus. Jamais, O grand jamais Severus Rogue ne s'était déplacé jusque chez elle, hormis la fois où il avait apporté l'antidote au sortilège qui l'avait touchée.
Aussi s'attendit-elle au pire lorsque le directeur de Poudlard se tourna vers elle, le regard grave, les traits tirés.
- Deux de nos élèves ont disparu, déclara-t-il d'emblée. Westinger et Dawlish
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Petite note du 02/01/12 : je viens de me rendre compte que je m'étais trompé dans le nom à la fin et que j'ai inversé Jefferson et Dawlish ! =X Je rectifie donc, c'est bien Dawlish qui a été enlevé et non Jefferson ! Mille excuses pour cette erreur que je n'ai pas vu en relisant !
Ca y est, Drago a fait le grand pas ! xD Il a enfin cessé de se voiler la face. Bon alors, je dois avouer que la scène ne me plait pas trop, j'ai toujours du mal avec ce genre de passage d'ailleurs. J'espère ne pas avoir fait ni trop niais ni trop sec ! A vous de juger xD Quant à la réaction d'Hermione... je n'avais juste pas envie qu'elle pousse un cri de joie et lui saute dans les bras immédiatement. J'aime bien que ça traîne xD Et puis elle non plus ne s'est pas avouée qu'elle l'aimait ;) J'espère que ça vous a plu malgré tout !
Concernant Arya à présent xD J'avoue qu'au départ je n'avais franchement pas envisagé que sa mère ait accouché sous X ! Ca m'est venu en écrivant donc voilà xD Après, je suis consciente que son devenir après la mort de ses parents adoptifs n'est pas très crédible. Quoique que des enfants qui disparaissent, c'est malheureusement assez courant.
Sinon, on peut dire que cette photo aura causé bien des problèmes xD Quant à Ron... je reste dans le Ron détestable hein x) Je l'aime franchement pas lui ! Bon, après je ne le déteste pas au point d'en faire une balance donc ne vous inquiétez pas, il n'ira pas dénoncer notre petit Serpentard aux aurors xD Ce qui ne veut pas dire que Drago est tiré d'affaire ! niark niark ! D'ailleurs, il risque d'avoir pas mal de problèmes par la suite !
En tout cas je ne sais pas pourquoi, je sens que certains vont retourner voir dans les chapitres précédents afin de savoir qui sont Westinger et Dawlish xD Et oui, jamais Rogue n'appellera ses élèves par leurs prénoms ! Pour ça, on ne le changera pas !
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres ;)
On oublie pas les bonnes résolutions du début d'année et on laisse une petite review à l'auteur xD
