Sherlock cherchait dans ses mails une affaire, n'importe quelle affaire qui fut au moins un 7. Même un 6 ferait l'affaire en ce moment. John et lui venaient juste d'éviter l'attentat du Parlement et Sherlock n'avait pas manqué la montée d'adrénaline qu'il avait donné à John. Souriant avec ironie, le détective savait que l'excitation était le remède pour John et il adorait ça. Sherlock avait seulement à trouver une affaire rapide pour que la montée d'adrénaline continue.
- Tu sais, frérot, pour quelqu'un qui revient tout juste de la mort, tu es un peu laxiste sur ta sécurité.
Sherlock leva les yeux de son ordinateur pour voir Mycroft se tenir à sa porte. Il haussa les épaules et retourna fouiller dans sa boîte de réception.
- Alors quoi ? Si quelqu'un veut me tuer, ce n'est pas comme si la porte allait les arrêter. De plus, ton équipe de sécurité est toujours en standby.
- Tu n'as pas à leur faciliter la tâche.
Sherlock poussa un soupir.
- Qu'est-ce que tu veux Mycroft ? Je doute fortement que ce soit une visite de courtoisie.
- J'aurai peut- être voulu voir comment tu allais.
Mycroft se promena dans le salon et nota le désordre.
- Toujours aussi charmant, à ce que je vois.
Sherlock était intrigué maintenant. Il y avait à l'évidence quelque chose qui tracassait son frère ainé ce qui était extrêmement rare. Il pivota dans son fauteuil pour regarder l'autre homme, bras croisés sur sa poitrine.
- Je t'écoute.
- J'ai une affaire pour toi.
Sherlock secoua immédiatement la tête. Ce n'était sûrement pas ça. Mycroft avait cette capacité exaspérante d'induire les gens en erreur de cette façon.
- Je ne travaille plus pour ce pays. Donc quoi que ce soit, je ne suis pas intéressé.
Il tourna le dos à Mycroft une nouvelle fois.
- Ce n'est pas pour le pays Sherlock. C'est personnel.
Sherlock ne manqua pas la petite faiblesse dans la voix de Mycroft et il prit soin de cacher son sourire.
- Tu me demandes une faveur, frérot ? Il fit exprès de se retourner lentement sur sa chaise pour lui faire face. Quelqu'un a-t-il volé ton gâteau, patapouf ?
- J'ai besoin que tu trouves le Dr. Hooper.
Sherlock fronça les sourcils. C'était... inattendu.
- Pour quoi faire ? Si tu as besoin de Molly tu peux la trouver à son appartement ou à l'hôpital. Elle ne va nulle part. Cette femme n'a pas de vie.
Mycroft secoua la tête.
- Non elle ne l'est pas et, à cause d'un oubli, son niveau de sécurité était seulement au minimum.
- Penses-tu qu'elle a été enlevé ?
L'entendre dire rendit Sherlock un peu nerveux et l'inquiéta vraiment.
- Non, elle est simplement... Partie, répondit Mycroft maladroitement.
- Pourquoi venir me voir ? Tu as toute la puissance du gouvernement à ta disposition. Tu surveilles le pays tout entier, questionna Sherlock avec une pointe de sarcasme.
- Je ne peux pas, admit Mycroft à contre cœur.
- Je vois. On ne veut pas que le MI-6 sache au sujet de sa petite amie, n'est-ce pas ? ça donne l'impression d'être trop humain Mycroft ?
Les yeux de Mycroft s'élargirent légèrement et pendant un instant, sa mâchoire tomba de surprise avant qu'il ne parvienne à reprendre le contrôle de son visage, normalement impassible. Sherlock était en réalité déçu de ne pas avoir d'appareil photo. Avoir le gouvernement britannique par surprise ferait une photo de profil fantastique.
- Je ne sais pas ce que –
Sherlock leva la main.
- Ne m'insulte pas en le niant, Mycroft. Cela a été évident pour moi depuis le moment où je suis revenu. J'attendais simplement que l'un d'entre vous me le dise.
- Comment ?
Mycroft ne le nia même pas. Sherlock sourit. Mycroft essaya de ne pas lever les yeux au ciel face à son frère.
- Eh bien mon premier indice a été dans l'avion en réalité. Tu as posé ton manteau en cachemire sur le siège à côté de toi mais tu avais dû partir à toute vitesse parce qu'il y avait des poils de chat tigré sur ton col.
Fichu chat, toujours à se blottir dans mes vêtements, grogna-t-il intérieurement.
- Deuxièmement, quand j'étais chez Molly. Vous avez tout deux fait du bon travail pour cacher ta présence mais il y avait le Financial Times sur la table basse et le coin de la page mots croisés avait été plié comme à ton habitude. Tu le fais sans même t'en rendre compte quand que tu bois ton café du matin ce qui m'a laissé penser que tu as passé la nuit avec Molly.
Sherlock simula un frisson de dégout auquel Mycroft répondit par un soupir.
- Troisièmement, je cherchais quelque chose à boire et j'ai trouvé une boite de ton satané thé dans son placard. Il s'arrêta. C'était élémentaire Mycroft, dit-il solennellement.
- Et c'est tout ?
- C'est plus qu'assez je crois et aussi le fait qu'elle n'a plus aucune attirance pour moi, ce que je dois admettre est assez surprenant. Comment une femme peut-elle te préférer à moi ? Ce n'est pas logique.
Il y avait une légère pointe d'incrédulité sur le visage de Mycroft.
- Jaloux, Sherlock ?
Son frère ainé avait toujours surpassé Sherlock quand il s'agissait d'intelligence. Mais pour une fois, Sherlock était devant lui et il était clair qu'il appréciait cet avantage. Qui pouvait savoir que le talon d'Achille du gouvernement britannique serait une Molly Hooper ?
- Je pense toujours que tu extrêmement égoïste, répliqua-t-il.
- Quoi ?
- Molly était à moi, elle est ma pathologiste. Tu vas mettre en danger toutes mes affaires à venir. Sérieusement, Mycroft, avec toutes les femmes que tu pouvais avoir, pourquoi dois-tu compromettre ce qui m'appartient ?
- Elle n'est pas à toi ! Rugit Mycroft.
Sherlock avait raison – Molly était devenue sa faiblesse, la fissure qui s'était maintenant ouverte pour lâcher un torrent d'émotions inconnues et terrifiantes. Et le sourire digne du chat de Cheshire sur le visage de Sherlock fut assez pour prouver à Mycroft que son frère allait l'exploiter de toutes les façons qu'il le pourrait.
- Oh... Alors elle est à toi ? Demanda-t-il nonchalamment tandis qu'il jouait avec son téléphone.
Mycroft poussa un soupir.
- Non Sherlock, elle n'est pas mienne non plus.
Intérieurement il essaya de se ressaisir.
- C'est juste... Il y a de récents événements qui se sont produits et je m'inquiète vraiment pour sa sécurité et son bien-être. Crois- moi, j'ai essayé de penser à n'importe quelle autre façon de la retrouver mais tu es après tout le meilleur que j'ai et je crois que tu me le dois bien.
Mycroft semblait vraiment inquiet et ce le fit froncer les sourcils à Sherlock. Son frère cachait quelque chose et bien qu'il ait voulu lui faire cracher le morceau, la disparition de Molly était plus importante.
Sherlock hocha la tête.
- Je vais la trouver mais si elle est saine et sauve, je la laisserai tranquille. Est-ce que cela te semble juste ?
Mycroft hocha la tête.
- Si c'est nécessaire. Merci, dit Mycroft en prenant la direction de la porte.
Sherlock savait que cela coutait à son cher frère de venir lui demander de l'aide et de le remercier mais il y avait encore une chose à dire.
- Juste une dernière chose, Mycroft.
Mycroft s'arrêta en haut des escaliers.
- Ce n'est pas un bras de fer. Ce que je dis maintenant n'est pas pour t'ennuyer ou te mettre en colère mais Molly Hooper est beaucoup trop bien pour toi. J'espère que tu le sais.
Mycroft pinça ses lèvres et hocha la tête brusquement. Il se tourna pour faire face à Sherlock.
- Crois- moi quand je dis que je le sais, cher frère. Je le sais depuis le Premier Jour. Je suis simplement reconnaissant que Molly Hooper semble être la seule personne qui ait choisie de l'ignorer.
Sur ces mots, il sortit rapidement du 221B.
C'était certainement... inattendu, pensa le détective. Mycroft n'avait jamais fait grand cas des sentiments et lui non plus. En ce qui concernait Sherlock, son frère avait toujours été pour le bien de tous, même si cela signifiait le sacrifice d'un ou deux individus.
Il n'est plus question de la Reine et du pays, pensa Sherlock.
Sherlock secoua la tête pour effacer ces observations inutiles. Il avait désormais une mission.
Il attrapa son téléphone et texta rapidement John.
Viens à Baker Street tout de suite. Nous un avons une affaire – SH.
Certains d'entre nous avons du travail. Cela ne peut pas attendre 17h ? – JW
Molly Hooper a disparu. – SH
John jeta un regard à son téléphone pendant quelques minutes, abasourdi.
Je suis là dans 10 min. – JW
Sherlock sourit en regardant la carte de l'Angleterre sur le mur près de son bureau.
- Alors Molly Hooper, où te caches-tu ? Et pourquoi ?
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Mycroft a-t-il vraiment cru pouvoir duper Sherlock? Il faut croire que oui...
