Voilà un nouveau chapitre de la fiction ! J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents ! J'ai pris compte de vos reviews (dont je vous remercie infiniment) et je croise les doigts pour que ce nouveau chapitre soit à la hauteur de vos espérances !

J'attends vos reviews et vos avis !

Bisous ! FanficMangaDreams.


Lorsqu'elle aperçut Gale, elle alla lui ouvrir la porte, la main posée sur son énorme ventre. Elle marchait de plus en plus étrangement, les jambes un peu écartées, mais elle trouvait cela plus confortable et surtout, instinctif. Quand le jeune homme passa la porte, la petite Leona accrochée à son tee-shirt, il scruta son amie de la tête aux pieds, le regard surpris, et Peeta vint le saluer. Le regard de la petite pétilla à la vue de Peeta et ses mains gesticulèrent dans tous les sens. Gale la posa délicatement dans les bras du jeune boulanger et le remercia avant de suivre son amie à l'arrière de la maison, à l'extérieur, sous le toit du perron.

Il s'assoit sur le banc en osier blanc que la jeune femme lui montrait et elle m'installa à côté de lui, les jambes écartées.

- Désolée, lui avoua-t-elle, mais c'est la seule manière que j'ai de me soulager un peu…

- Je comprends, ne t'en fais pas. J'ai vu Delly faire pareil quand… il soupira lourdement avant de reprendre, les larmes aux yeux. J'ai vraiment été con. Elle avait besoin de quelqu'un avec elle durant sa grossesse et à l'accouchement… Et c'était pas moi… Je culpabilise, Kat'… De beaucoup de choses vis-à-vis de Dell'…

- Explique-toi, Gale.

Il inspira un grand coup et se ressaisit un peu. Ses avant-bras se posèrent sur ses cuisses, ses mains se joignirent et il baissa la tête. Quelques-uns de ses cheveux bruns tombèrent devant ses yeux gris.

- Je ne pensais qu'au travail ! s'exclama-t-il. Je ne pensais qu'au travail alors que je devais penser à elle et à notre enfant ! Je n'étais même pas là à l'accouchement ! C'est ça que je regrette le plus… Et puis… il y a toutes ces fois où elle allait mal et que je ne pouvais rien faire parce que j'étais trop accaparé par le boulot… Je crains tellement un retour à l'ancien régime que je me laisse complètement aveugler, au point d'en oublier la seule femme qui ait su me rendre heureux !

Katniss le fixa quelques instants, tentant de comprendre le véritable sens de ses paroles. Elle se rendit alors compte que Gale était toujours amoureux de Delly, qu'il se l'est toujours refusé et qu'il a trouvé refuge dans son travail pour ne pas y penser. Elle tapota son épaule et se releva.

- Tu devrais te rendre compte de tes sentiments pour Delly, Gale ! Ca te rendrait les choses plus faciles !

- Mais ce n'est pas aussi simple que ça !

- Si, ça l'est ! s'écria-t-elle, les mains sur les hanches. C'est juste que, comme tu le dis, ton travail a tellement pris d'importance dans ta vie que tu ne vois plus que ça !

- Tu crois ? Putain… Je suis le premier des idiots, alors.

- Delly a beaucoup souffert de ton absence, c'est certain, affirma Katniss en se massant la nuque. Elle nous a confiés qu'elle souffrait beaucoup de tes aventures d'un soir, et qu'elle se faisait du souci pour l'avenir de Leona ! Elle veut un père pour son enfant, tu peux comprendre ?! Alors, arrête de te conduire comme un lâche et deviens un homme, bon sang ! Tu as une petite fille et elle est de la seule femme qui, comme tu l'as dit, a su te rendre heureux ! Alors, si ça, c'est compliqué, qu'adviendra-t-il du reste ?!

Gale se mit également debout et s'adossa à la colonne de bois blanc du perron, pensif. Il gratta sa barbe de quelques jours et posa ses yeux gris sur son amie. Il était agréablement surpris de ses réflexions, elle qui, auparavant, ne se mêlait jamais des affaires des autres pour se concentrer uniquement sur la survie de sa famille.

Finalement, après quelques autres minutes de discussion, les deux amis rentrèrent dans la maison pour aller dans le salon, où Leona rayonnait de joie avec un pinceau dans la main. Elle dévisagea son père avec ses grands yeux bleu-gris quand il revint dans la pièce et laissa le pinceau tomber sur la petite toile pour ramper à quatre pattes vers lui. Il la prit dans ses bras et la lança dans les airs, la petite fille riant à pleine voix.

- Qu'est-ce que vous faites ce soir ? demanda Gale en s'asseyant dans un fauteuil.

- Eh bien… on a prévu de rester tous les deux pour fêter notre anniversaire de mariage, annonça Peeta, sa main sur la hanche de sa femme.

- Oh, fit le jeune homme, une lueur de tristesse dans le regard. Je vois.

- Ça fait huit ans aujourd'hui, déclara Katniss.

Elle sourit faiblement et elle sentit ses jambes trembler. Elle s'assit précipitamment dans le canapé en soufflant profondément, une main sur le ventre. Elle fit quelques mouvements avec ses mains pour avoir de l'air frais.

- Ça va, chérie ? questionna Peeta en tâtant ses joues.

- Ouh… oui, oui… Il fait tellement chaud ! avoua-t-elle. Et le ventilateur est en panne, je ne peux rien faire d'utile.

- Tu devrais aller t'allonger dans la bibliothèque, suggéra son mari. J'ai laissé les volets fermés ce matin, il doit sûrement y faire frais.

- Mmmm… merci, mon amour, lâcha-t-elle en acquiesçant. Gale, tu veux r…

- Non, désolé, je dois amener Leona chez la sœur de Dell'…

- Oh, Maggie ? Pourquoi tu ne l'amènes pas chez ta mère ?

- Avec le fils de Rory, c'est compliqué, dit-il en se levant.

Les deux amoureux raccompagnèrent le jeune home à l'entrée et avant de partir, Katniss le retint quelques secondes par la bras.

- N'oublie pas ce que tu m'as promis, s'il te plaît, murmura-t-elle.

- Ne t'inquiète pas. Et puis… je vais passer à l'hôpital pour savoir comment se déroulera l'opération de demain, ok ?

- D'accord…

Et puis, chose qu'elle n'avait pas faite depuis longtemps, Katniss embrassa la joue de son meilleur ami avant de la pousser gentiment devant elle et de lui faire faire doucement descendre les escaliers de la demeure, la fillette somnolant dans ses bras avec la chaleur estivale. La jeune femme alla ensuite dans la petite pièce que son mari lui avait indiquée et se reposa le temps de quelques heures.

En soirée, Peeta annonça à sa femme qu'ils allaient sortir. Il lui demanda alors d'enfiler une belle tenue de soirée. Katniss l'avait regardé étrangement, ainsi qu'une horloge indiquant presque neuf heures du soir. Elle était montée à l'étage, non sans jeter des coups d'œil suspects à son mari, et avait été dénicher une des rares robes de soirée qui lui allaient encore avec sa grossesse. D'un brun pâle, avec un col en cœur relié par deux manches courtes à ses épaules, le reste de la robe en voilage fin. Elle enfila les seuls talons hauts qui étaient adaptées à son « état », à savoir des compensées noirs. Elle rassembla ses cheveux ondulés en une queue de cheval qu'elle posa sur une de ses épaules et descendit les escaliers en posant ses paumes à plat sur le mur.

Peeta avait probablement caché sa tenue au rez-de-chaussée pendant sa sieste car il arborait désormais une chemise blanche à manches courtes, aux deux boutons supérieurs détachés, avec un pantalon noir en toile et des chaussures de la même couleur, tout ce qu'il y avait de plus simple dans le district. Il lui tendit la main lorsqu'elle arriva à sa hauteur et l'embrassa avant de lui donner un châle en laine ivoire et de l'emmener à l'extérieur, sa paume posée sur les hanches plus larges de sa compagne. Elle se fit la remarque que la maison d'Haymitch était complètement éteinte, ce qui la surprit.

Elle remarqua ensuite qu'ils se dirigeaient vers la Ville. La nuit commençait à tomber seulement et les faibles lueurs des lampadaires éclairaient leurs pas. Quelques boutiques étaient encore ouvertes, quelques passants marchaient sur le chemin dallé menant à la Ville, saluant le jeune couple poliment. Peeta continua son chemin et, le bras toujours enroulé autour de la taille de sa femme, la guida vers la boulangerie, faiblement allumée.

- Pourquoi… débuta-t-elle.

- Ssshhh… j'ai une surprise pour toi, avoua-t-il avant de pousser la porte d'entrée.

Il la poussa gentiment à l'intérieur et elle ouvrit grand les yeux en voyant ce qui se tenait à l'intérieur de la boutique. Ses amis, sa mère, tout le monde était venu fêter leur anniversaire de mariage avec eux. La main plaquée sur la bouche, elle se tourna vers Peeta et l'enlaça avant de l'embrasser amoureusement. Elle murmura un bas « merci mon cœur », l'embrassa, avant de se tourner vers leurs convives.

Johanna et Haymitch vinrent prendre la jeune femme dans leurs bras. Puis, ce fut au tour de madame Everdeen de serrer sa fille dans les siens. Annie et Finn étaient également présents, Rory, Vick et Posy, portant Leona, étaient autour de Gale et elle le prit dans ses bras, sa tête posée sur son torse. Il la dépassait toujours de trois têtes et cela lui faisait du bien de savoir qu'ils n'était réellement qu'amis. Elle lui sourit et se tourna vers Paige et Hazelle, également là, avec le petit Aaron âgé de six mois et demi endormi dans une modeste poussette.

Elle vit ensuite une grande table couverte d'une nappe vichy rouge et blanche derrière eux et des couverts simples déposés dessus. Quelques chandeliers en fer soutenant de longues bougies en cire blanche et des corbeilles en osier contenant des fleurs fraîchement cueillies étaient disposées dessus également. Une agréable odeur de pains au fromage mélangée à d'autres parvenaient à ses narines, provenant sans doute de la cuisine.

Après quelques bavardages autour d'une coupe de champagne, ils allèrent s'asseoir autour de la grande table, Katniss occupant une extrémité, Peeta assis sur un côté. Il lui murmura que Effie et l'équipe de préparation s'excusaient de leur absence ; ils n'avaient pas pu être présents. Marcus et Swetto débarquèrent avec des plats remplis de mets quelques minutes plus tard et Katniss ne put s'empêcher de sourire en voyant les deux jeunes hommes tapoter l'épaule de leur patron. Ils retournèrent ensuite à la cuisine, d'où aucun bruit ne provenait plus.

- Ils ne restent pas ? demanda Katniss à Peeta.

- Ils étaient venus pour préparer les plats et surveiller les cuissons, avoua le jeune homme, une cuisse de lapin en sauce posée dans son assiette. Et puis, leurs compagnes semblaient légèrement contrariées de leur absence pour le début de la soirée, plaisanta-t-il ensuite en se servant en petits pois.

- Peet' ! C'est succulent ! s'écria Johanna, un morceau de tourte au potiron piquée sur sa fourchette, en l'air. Je vais t'en prendre deux plats en entier si ça continue ainsi !

- Laisse-en à tout le monde, Jo', rétorqua Peeta avant d'étouffer un rire.

Madame Everdeen discutait avec Haymitch, Annie et Paige échangeaient des conseils de maman, Hazelle vérifiait que Posy ait correctement mis sa serviette alors que Rory amusait la galerie avec quelques blagues qu'il venait d'inventer. Gale donnait le biberon de lait à sa fille avant d'aller la reposer dans son landau, quelques minutes plus tard. Une belle soirée en perspective s'annonçait.

Ils avaient trinqué leurs verres durant le dessert quand une petite pièce montée de trois étages est arrivée sur la table. Peeta et sa femme se sont levés pour la couper, comme le ferait de jeunes mariés. La jeune femme avait l'impression de revivre mon mariage, alors qu'elle en fêtait les huit ans aujourd'hui. Elle déposa les parts dans des assiettes en porcelaine quand Gale et Annie lui apportèrent un énorme paquet cadeau. Sa mère lui adressa un clin d'œil complice, ce qui la surprit sur le coup.

- On a pensé qu'un petit présent ne vous déplairait pas, annonça Johanna.

- Il ne fall… commença-t-elle.

- Si, et tu sais très bien à quel point je suis tête de mule, alors, tais-toi, fille du feu, et ouvre ton cadeau !

Katniss lança un regard noir à son amie avant de défaire le nœud en ruban qui serrait les surfaces en papier coloré. Peeta, sa main posée sur la taille de sa compagne et sa paume frôlant le renflement de son ventre, regarda ses doigts se débattre avec le papier qu'elle déchirait. Elle enleva le couvercle du carton contenant le cadeau et en sortit une poussette pliable dans lequel un petit matelas, une couverture et un oreiller, immaculés de blanc, étaient prêts à accueillir un bébé.

La future mère fut soudain prise de panique en voyant cette poussette et Peeta sentit qu'elle se crispa car il caressa son bras nu pour l'apaiser. Elle se tourna vers son mari et cacha sa tête dans le creux de son cou. Il passa entièrement son bras autour de sa taille et sourit aux invités en affirmant que sa femme était particulièrement touchée par le geste. Elle savait qu'ils n'étaient pas dupes, car, néanmoins, ils répondirent des « c'est rien » ou des « avec plaisir » plus ou moins convaincants.

Après qu'elle se soit plus ou moins calmée, elle s'assit fébrilement sur sa chaise et mangea sa part de gâteau, la main de Peeta posée sur sa cuisse, sous la table. Johanna expliquait quelques bricoles sur son district, rien de bien particulier ou de flagrant. Sa mère passa une serviette à Finnick Junior, qui semblait avoir perdu la sienne, et Posy racontait à quel point elle était enthousiaste d'être en dernière année de collège à la rentrée à ses trois frères. Mais elle voyait qu'Haymitch s'inquiétait réellement car il lui jetait des coups d'œil réguliers, tout comme Johanna. Hazelle aussi, mais elle faisait en sorte de s'intéresser à la discussion de sa fille.

Ce furent Rory, Paige et leur fils qui s'en allèrent en premiers. Le petit garçon avait des nuits dures à cause de ses dents qui commençaient à le faire souffrir. Ils s'éclipsèrent en prenant soin d'avoir adressé des signes à tout le monde et partirent. Hazelle, Vick et Posy les suivirent de près, la fatigue accumulée des derniers jours n'ayant en rien arrangé leurs sommeils. Madame Everdeen s'en alla aussi, assurant que son travail ne lui avait laissé aucun répit récemment.

Haymitch et Johanna se retrouvèrent, s'enlacèrent et regardèrent fixement la jeune femme, soucieux. La main de la jeune femme était posée sur la boucle de ceinture de l'ancien mentor le plus innocemment du monde et elle jeta un regard à Gale, qui s'assurait que Leona dormait à poings fermés.

- Qu'est-ce que tu as eu, Katniss ? demanda Johanna. On a bien vu ta tête… Ça ne te plaît pas, comme cadeau ? Si tu…

- Non, je l'adore, sincèrement, s'expliqua l'intéressée. C'est juste… que ça me fait toujours peur d'exposer mon bonheur…

- Chérie, tu n'as pas retenu notre conversation de la dernière fois, soupira Haymitch. Réfléchis-y encore, d'accord ?

Elle acquiesça et ne put rien ajouter d'autre, car les deux amants s'échappèrent de la boulangerie. Gale les suivit, Leona dans sa poussette, en s'assurant que son amie n'hésite pas à venir le voir en cas de problème.

Katniss s'écroula sur une chaise, les mains sur la table. Elle fixait le carton contenant la fameuse poussette. De nouveaux frissons de frayeur la parcoururent le long de son échine et elle ferma fort les yeux. Une de ses paumes se referma fermement sur le tissu de sa robe, là où son ventre énorme se trouvait. Elle entendit qu'une autre chaise raclait le sol pour s'approcher d'elle. Peeta s'assit dessus et caressa son ventre bombé pendant que sa seconde main effleurait son cou.

- J'ai peur, Peeta. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, avoua la jeune femme en soupirant.

- Mais si, chérie, tu seras parfaite, assura-t-il.

- Comment tu peux le savoir, hein ? Personne ne connaît l'avenir…

- Je le sais parce que personne, en dehors de moi, n'aimera aussi fort notre bébé. Je sais que tu feras tout pour que notre enfant ait tout ce qu'il lui faut, qu'il ne manque de rien. Moi aussi je ferai ça, crois-moi ! rassura le jeune homme en prenant les mains de sa femme et en les serrant fort. Et dans quelques mois, tu verras que j'avais raison !

- Tu as déjà réfléchi à beaucoup de choses pour le bébé, Peeta ! Moi… je prends tout au jour le jour ! Je ne veux pas penser à l'avenir ! Je ne sais même pas comment nous appellerons notre petite fille ! Je suis une mauvaise personne ! affirma-t-elle avant de clore ses yeux et de laisser quelques larmes s'échapper.

Peeta la prit contre lui et caressa son dos pendant qu'elle s'accrochait à sa chemise immaculée qu'elle inondait de larmes.

- Je ne veux plus jamais t'entendre que tu es une mauvaise personne, Katniss, susurra-t-il à son oreille pendant leur étreinte. Tu es tout le contraire. Tu ne sais pas les effets positifs que tu as sur les gens.

- Mais…

- Sshhh… Je ferais mieux de débarrasser la table et on rentrera chez nous, dit-il en prenant quelques assiettes sur son bras et en se dirigeant vers la cuisine.

Katniss se releva et se saisit du carton qu'elle reposa sur la table. Elle l'ouvrit de nouveau et observa la poussette grise. Elle n'avait pas remarqué qu'une enveloppe était glissée entre la couverture et le siège. Elle s'en saisit en fronçant les sourcils et prit la lettre qui était à l'intérieur. Elle la déplia en quelques mouvements de paumes. Cette écriture… Depuis longtemps elle ne l'avait pas lue. Elle la reconnaîtrait entre mille.

Katniss, ma fille,

Si tu lis cette lettre, c'est que je ne suis plus de ce monde. Je voulais que tu lises ceci lorsque tu auras trouver un mari et que tu auras des enfants. D'abord, je voulais te dire à quel point je suis fier de toi. Qu'importe ce que tu accompliras dans ton futur, de bien ou de moins bien, je voulais que tu saches que je t'aimerai toujours telle que tu es. Tu es mon premier enfant. Tu vaux tout l'or du monde, mon cœur. Je ne sais pas si un monde sans toi vaut la peine d'être vécu. Pour moi, il est clair que non. Tu es tellement éblouissante de bonheur quand tu es dans les bois ou que tu chantonnes en lavant tes chaussures de chasse, près de notre lac. J'espère que tu garderas longtemps ce sourire sur tes lèvres, et que l'homme que tu as choisi t'en donne des milliers d'autres. J'espère aussi que tes enfants te donneront le même bonheur et la même chance que j'ai eu avec toi. Sois heureuse, ma chérie. Je ne cesserai jamais de t'aimer par-delà la mort. Dis à mes petits-enfants que leur grand-père veillera sur eux.

Je t'aime, Katniss.

Papa.

Peeta revint au moment où elle termina la lettre et elle le regarda, les yeux débordant de larmes. Elle reposa le papier sur la table et prit son mari dans ses bras, le serrant contre lui.

- Je savais qu'il m'avait laissé quelque chose, murmura-t-elle doucement en ravalant ses pleurs. Je savais qu'il se préparait à… Bon sang…

- Ta mère a voulu la glisser dans ton cadeau de mariage, avoua Peeta. Je l'ai laissée faire. Après tout, c'est le bon moment, ajouta-t-il, sa main sur le ventre de sa femme.

- Oui… Oui, c'est le bon moment, confirma-t-elle, un sourire sur les lèvres.

Après quoi, Peeta lui annonça qu'il avait terminé la vaisselle. Galamment, il lui prit la main, l'énorme carton sous son autre bras et ils retournèrent tranquillement chez eux. Katniss serra son châle en laine autour de ses épaules et ils rentrèrent quelques minutes plus tard dans leur maison du Village des Vainqueurs. Quelques bruits du côté de chez Haymitch se firent entendre. Johanna devait encore être là pour un bon bout de temps.

Ils se déchaussèrent, posèrent le carton dans le salon et montèrent à l'étage pour prendre un bain ensemble. Il était vrai que cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pu profiter d'une baignoire tous les deux. Le jeune homme fit couler l'eau et y glissa du gel douche. Ils se déshabillèrent, sans aucune pudeur, et Katniss jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir.

- Je suis énorme, constata-t-elle. Et ce n'est pas fini.

- Ça te va très bien, en tout cas, affirma Peeta en s'installant dans la baignoire fumante.

La jeune femme arriva et se cala entre les jambes de son compagnon, en évitant d'écraser sa partie intime et de s'appuyer sur sa prothèse. Son mari posa ses mains sur son ventre rond et l'effleura sous l'eau. La vapeur montait doucement dans la pièce, l'air embaumait le lilas. Le menton de Peeta se posa dans le creux du cou de sa femme et sa joue se colla à sa gorge. Des images de leurs bras entrelacés et de leurs jambes emmêlées dans le train de la Tournée de la Victoire leur revinrent en mémoire et Katniss ferma ses yeux pour mieux revivre ces souvenirs. Quand Peeta était le seul à pouvoir la faire redescendre sur Terre après un cauchemar ou à pouvoir la toucher quand elle était dans une crise de nerfs. Quand elle était encore aveugle sur ses sentiments, mais qu'elle sentait que le garçon des pains ne la laissait pas indifférence.

Les doigts de son mari remontèrent vers ses cheveux et il entreprit de les peigner, de les démêler. Katniss se souvint alors de leur soirée, la veille de l'entrée de l'escouade star dans le Capitole. Elle lui avait doucement balayé le visage pour repositionner une mèche de cheveux blonde. Il s'était certes crispé, mais ce fut le premier geste familier qu'elle avait eu envers lui. Elle lui caressait toujours les cheveux après qu'ils aient fait l'amour, comme si ce geste était important. Ou tout simplement, une évidence.

Elle se tourna vers lui et l'embrassa en tenant son menton. Elle se retourna, lui fit face et continua leur baiser. Ses cheveux tombaient sur sa poitrine et sur son ventre tant ils étaient longs. Les paumes de Peeta se posèrent sur ses hanches larges et la rapprochèrent de lui, tandis qu'elle passait ses bras autour de sa nuque. Katniss mordit gentiment la lèvre inférieure de son homme et approfondit leur baiser, leurs langues se mêlant avec l'eau qui coulait désormais de la pomme de douche, mise en fonction par inadvertance.

Elle sentait son désir monter, tout comme celui de son mari dont le membre durcissait lentement. Elle sourit contre ses lèvres et se saisit de son sexe en faisant des va-et-vient lascifs en l'embrassant avec tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Elle voyait que sa mâchoire était crispée. Il se retenait de crier ou de gémir. Elle alla mordiller le lobe de son oreille gauche.

- Je vais pas tenir comme ça, Katniss, susurra-t-il difficilement, ses doigts s'accrochant aux fesses de sa femme.

- Je ne te demande pas de te retenir, mon cœur, répondit-il en accélérant son mouvement. J'aime…

Elle appuya un peu plus sa pression autour de son membre et accéléra plus rapidement son geste.

- … t'entendre lâcher prise, termina-t-elle alors qu'elle allait crescendo encore. Et je te veux, ce soir. Je veux que tu me fasses l'amour, encore et encore, sans jamais t'arrêter.

Elle prit la main de Peeta et l'amena sur son sein, qu'il se mit à presser fortement et impatiemment. La soirée s'annonçait très longue pour les deux amants maudits…

Quelques jours plus tard, Katniss et Peeta recevaient un appel de Plutarch Heavensbee, qui, bien que leurs déclarations eurent été respectées par le reste de la population, insistait encore et encore. Ce dernier leur demandait si il pouvait passer au Douze avec une équipe de réalisation pour une interview. Katniss se mit à hurler dans le combiné de ne jamais revenir au Douze, et surtout avec des caméras et des journalistes avides de scoops. Puis, elle raccrocha sèchement, se passant une main sur le front. Les premiers jours d'août l'épuisaient littéralement, et la fille de la météo annonçait que des pics de chaleur se feraient ressentir dans la semaine et dans le Douze, le Onze, le Neuf et le Quatre, en particulier. Et depuis cette annonce, Katniss faisait la moue.

Elle avait demandé à Peeta d'aller lui acheter des poires au sirop en soirée, quand il ferait moins chaud dehors. Durant son absence, elle reçut un coup de téléphone. Elle alla décrocher, méfiante.

- Catnip ? entendit-elle.

- Gale ! s'exclama-t-elle. Comment tu vas ?

- J'ai eu des nouvelles de Delly et elles sont très bonnes ! L'opération s'est déroulée à merveille ! Ils l'ont sortie du coma artificiel, mais elle est très fatiguée. La semaine prochaine, elle pourra sortir mais elle sera surveillée par une infirmière… Et j'ai appelé sa mère, elle était vraiment soulagée, sa sœur aussi.

- Tu l'as dit à Leona ? demanda-t-elle.

- Non, c'est une surprise, disons, expliqua-t-il.

Après quelques autres minutes de discussion, elle raccrocha le combiné. Peeta allait être heureux à son retour de la Ville. Elle alla se changer, mettant une très longue robe blanche en coton avant de redescendre les escaliers jusqu'à la cuisine. Elle se prépara une infusion à la camomille et se rendit sur le perron, à l'arrière de la maison, pour boire sa boisson dans son fauteuil en osier blanc.

Le soleil se couchait lentement, les grillons chantonnaient, tout comme les geais moqueurs non loin de la maison. Les primevères autour de la maison se fermaient lentement et le cœur de Katniss se serra en observant ces fleurs qui signifiaient tant pour elle. La jeune femme se releva ensuite pour aller cueillir une tomate bien mûre dans le potager et elle la mangea à pleines dents. Son regard se tourna vers le Pré, où de hautes herbes poussaient, ainsi que des pissenlits et des coquelicots à profusion. Et où des gens étaient entassés sous terre, sans pierre tombale.

Elle retourna à l'intérieur de la maison, et se dirigea vers la bibliothèque après un bref passage à la salle de bains. Elle ouvrit le carton contenant la poussette et la sortit, la dépliant difficilement avant de la poser sur le sol tapissé. Ses doigts glissèrent sur la couverture de l'engin. Une matière comme ça aurait coûté une fortune quelques années plus tôt.

Un bruit provenant de l'entrée l'interrompit dans ses pensées. Katniss sortit de sa contemplation et partit vers le vestibule, où Peeta enlevait déjà sa veste avant d'aller dans la cuisine et de poser une boîte de poires au sirop sur la table. Dès qu'il l'aperçut, il l'enlaça délicatement et l'embrassa avec douceur.

- Delly est sortie d'affaire, soupira-t-elle après leur baiser. Elle va très bien, elle n'est plus sous coma artificiel… Elle rentrera certainement la semaine prochaine… Gale m'a appelée pour me prévenir.

- Je suis rassuré, avoua-t-il en prenant la main de sa femme et en l'emmenant dans le salon.

Durant la soirée, ils décidèrent de faire du rangement dans les différents meubles contenant des livres, de trier également afin d'avoir plus d'espace. Dans la bibliothèque du salon, Katniss trouva un épais livre qu'elle n'avait pas regardé depuis des années. Elle l'ouvrit, assise en tailleur sur le sol, et en tourna les pages une par une. Elle remarqua que la plupart des portraits qu'elle avait écrit ne comportait aucun croquis. Elle se tourna vers Peeta.

- Chéri, tu voudras bien faire des dessins pour compléter le livre de souvenirs ? demanda-t-elle.

- Bien sûr, sans souci, dit-il en s'accroupissant à côté d'elle.

C'est à ce moment que le téléphone résonna dans la maison. A contre cœur, le jeune homme se releva, épousseta son large short et alla décrocher, en jetant quelques regards à sa compagne. Il prit le combiné et le porta à son oreille, attendant que son interlocuteur daigne prendre la parole.

- Peet' ? Kat' ? Y a quelqu'un ?

- Johanna ? Comm…

- Passe moi ta femme, s'il te plaît !

Étonné, Peeta donna le téléphone à Katniss, à côté de lui, et elle le regarda suspicieusement. Il lui annonça qui était la personne à l'autre bout du fil et elle s'apaisa instantanément. Elle colla le combiné contre son pavillon et lissa distraitement la pointe de ses cheveux rassemblés en tresse.

- Jo', c'est moi, annonça-t-elle. Qu'est-ce qui se passe ?

- Tu me prendrais pour une folle si je te disais que je voudrais adopter ?