Vos avis et conseils sont toujours les bienvenues.
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Comme prévu, il arriva chez lui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Il grimpa rapidement l'escalier qui menait à l'étage et se précipita dans la salle de bain où il ôta avec regret ses vêtements tachés de sang, qu'il déposa avec précaution dans le coin de la pièce. Une fois sous la douche, il regarda l'eau qui avait pris une couleur rosée disparaître à jamais sous ses yeux. Comme une pluie ruisselante sur son corps fatigué, il laissa l'eau le laver de sa colère et de ses remords. Comment avait-il pu permettre qu'une telle situation se produise ? Il avait lamentablement échoué, il ne l'avait pas protégée, sans l'arrivée opportune de Ray et Chris elle serait probablement déjà morte. A ce moment il se sentit plus vieux que jamais et son poing s'écrasa sur les petits carreaux en carrelage blanc de sa salle de bain. L'eau qui coulait sur son corps nu ne parvenait pas à le purifier, rien ne pourrait y parvenir d'ailleurs. Il sauta dans un pantalon, enfila une chemise et reprit la route de l'hôpital où son équipe l'attendait. Ou plutôt où Luigi l'attendait car les autres avaient disparu.
Gene (inquiet) : Où sont-ils ?
Luigi : Signor Hunt, un médecin est venu les prévenir que Donald Patkinson s'était enfui et ils sont tous partis en courant.
Gene : Nom de dieu ! Y'a combien de temps ?
Luigi : Environ cinq minutes. Mais que se passe...
Gene n'entendit pas la fin de sa phrase, il courait dans le couloir à la recherche des soins intensifs. Un panneau lui indiqua qu'ils se trouvaient au rez-de-chaussée et il détala l'escalier qu'il avait emprunté quelques minutes plus tôt. Ce salopard n'allait tout de même pas tenter de finir sa sale besogne, surtout dans son état ? Et pourquoi l'officier qui gardait sa chambre l'avait laissé s'enfuir ? En bas des marches, il aperçut Ray qui courait dans le couloir.
Gene : Raymondo, où est cet enfoiré ?
Ray : On l'a pas encore trouvé patron. Mais Chris surveille les soins intensifs.
Gene se dirigea, où plutôt se précipita, vers le service en question, qui semblait désert. Chris gisait sur le sol. Gene passa à ses côtés sans s'arrêter, sortit son arme et tenta d'ouvrir la porte, qui ne bougea pas d'un millimètre. Ne possédant pas de serrure, elle ne pouvait qu'être bloquée par une chaise. Elle céda au premier coup d'épaule du Guv, qui découvrit avec horreur Patkinson penché sur Alex, en train de l'étouffer avec un oreiller. Pointant son arme en direction de sa tête, il lui ordonna d'arrêter, mais Patkinson n'avait plus rien à perdre.
Donald Patkinson : Tu ne m'empêcheras pas d'accomplir ma dernière mission. Et tu ne peux pas tirer dans une chambre remplie d'oxygène.
Effectivement, il n'avait pas tort. A raison de pouvoir lui réduire la cervelle en bouillie, il fonça sur lui tel un rugbyman dans une mêlée et la force de l'impact le projeta par la fenêtre de la petite pièce. Une infirmière alertée par le bruit assista à la scène avec effroi avant de partir chercher un médecin en courant. Quelques mètres plus bas, Donald Patkinson gisait sur un petit carré d'herbe, son bras affichant un angle curieux. Mais Gene s'en contrefichait, il se pencha sur Alex, dont le moniteur semblait indiquer qu'elle respirait toujours. Le docteur Maure arriva, haletant.
Gene : Un homme vient d'essayer de l'étouffer avec un oreiller, assurez vous qu'elle va bien.
Le médecin s'exécuta tout en protestant.
Docteur Maure : Mais où vous croyez vous bon sang, c'est un hôpital ici, pas le far-west.
Gene : Un hôpital dans lequel on rentre comme dans un moulin je vous signalerais. Vous avez entendu les mots "homme", "oreiller", "étouffer" ? Le capitaine Drake a failli mourir à vos yeux et à votre barbe alors arrêtez de pleurnicher et dites moi comment elle va !
Docteur Maure : Ses constantes semblent bonnes. Mais il faut que nous la changions de chambre, on ne peut pas la laisser en courant d'air parmi ces morceaux de verre.
Gene : Oui c'est ça, faites donc. Et demandez à une infirmière de s'occuper de mon inspecteur qui git là, il a probablement été assommé.
Ray arriva à ce moment là.
Ray : Tout va bien Guv ?
Gene : Ouais. T'as un paquet qui t'attend dehors, occupe-toi de lui.
Ray : Bien chef.
Le danger écarté, son attention se reporta sur Alex. Pâle comme un linceul, reliée à tout un tas de machines plus barbares les unes que les autres, elle lui brisa le coeur, celui là même dont il avait toujours tenté de cacher l'existence.
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Une heure plus tard, Gene apprit que Patkison était décédé. Même si c'était plutôt une bonne nouvelle, il n'en éprouva pas pour autant un immense soulagement car Alex, elle, était toujours entre la vie et la mort. Les médecins avaient découvert que le truand souffrait d'un cancer et qu'il ne lui restait que très peu de temps à vivre, raison pour laquelle il n'avait plus rien à perdre et qu'il avait tenté avec acharnement de détruire Gene avant de mourir, comme pour lui laisser un funeste testament. Chris, qui avait une belle bosse sur le crâne, était rentré chez lui avec Shaz, non sans s'être excusé une bonne vingtaine de fois de s'être laissé surprendre par Patkinson. Hier encore, le patron l'aurait probablement houspillé pour cette erreur, mais aujourd'hui tout était différent. Lui-même avait été dans l'incapacité d'empêcher Alex de se faire tirer dessus et même s'il était parvenu à éviter qu'elle se fasse étouffer, il n'en gardait pas moins ce dévorant sentiment de culpabilité. Tout le monde était rentré se reposer et il se trouvait désormais seul avec elle, assit en face de son lit, son regard ne pouvant la quitter des yeux, guettant le moindre petit mouvement qui ne venait jamais. Comment en était-il arrivé à un tel gâchis ? Il se le demandait encore. Et dire qu'hier, à la même heure, elle était dans ses bras, sa tête posée contre son torse après leurs ébats piquants. Ils n'avaient pas parlé à ce moment là, peut-être auraient-ils dû. Si seulement il avait réussi à lui dire qu'il l'aimait, si pour une fois il n'avait pas joué au macho et surtout s'il était resté avec elle ce matin plutôt que de jouer la grande scène du mâle orgueilleux. Il n'était pas fin psychologue mais il savait qu'il y avait un lien entre eux, une connexion, il en était sûr, tout comme il était persuadé qu'elle l'aimait. Elle n'avait pas triché cette nuit, elle s'était offerte à lui entièrement, il avait vu cette petite flamme dans ses yeux, mais alors que s'était-il passé pour qu'ils en arrivent là ? Leurs fiertés débordantes leur avaient joué un bien vilain tour, tout simplement. Et maintenant il n'avait jamais été aussi prêt de la perdre. Il avait envie de fumer mais il ne pouvait se résoudre à quitter sa chambre alors il se laissa bercer par le bruit régulier des machines médicales et plongea dans un sommeil peuplé de gangsters, de sang et de meurtres.
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Le lendemain matin, il fût réveillé par une infirmière qui venait vérifier les constantes de la patiente. Alex était toujours stable mais aucune amélioration de son état n'avait été constatée. Pire même, il semblait à Gene qu'elle était encore plus pâle que la veille.
Gene : Comment va-t-elle ?
Infirmière : Elle est toujours dans le coma.
Gene : Ca je le vois bien mais y'a-t-il du nouveau ?
Infirmière : Non, désolée.
Gene : Bon Dieu mais on est dans un hôpital ici, personne ne peut rien faire pour elle ?
Infirmière : Les médecins ont fait tout ce qui est médicalement possible, c'est maintenant à elle de se battre.
Gene se tourna vers elle.
Gene : Vous êtes forte Bolly, vous êtes une battante, vous devez vous réveiller !
Infirmière : Vous avez raison de faire ça.
Gene : Quoi ?
Infirmière : De lui parler. Quand ils se réveillent de leur coma, certains patients nous disent qu'ils ont entendu ce qui se passait autour d'eux et que ça les a aidé.
Gene la regarda avec scepticisme.
Infirmière : Je vous assure. Et même si vous n'êtes pas convaincu, dites-vous que ça ne peut pas lui faire de mal.
Non effectivement il n'était pas convaincu. Cependant, dès que l'infirmière eut les talons tournés, il se rendit compte que cette idée lui trottait dans la tête. Pouvait-elle vraiment l'entendre ? N'était ce pas le moment idéal pour lui parler, pour vider son sac ? Il vint s'asseoir maladroitement à ses côtés et prit sa petite main frêle dans la sienne. Un regard aux alentours le rassura sur le fait que personne ne pouvait le voir mais il n'en trouva pas moins ses mots.
Gene : Bolly, je... Bolly... Bon sang j'ai l'air ridicule !
Il se tût cinq minutes, se contentant de la regarder, puis, plus inspiré, refit un essai.
Gene : Bolly, je ne sais pas si vous m'entendez, j'en viens presque à espérer que non parce que je dois vous dire que... Je dois vous dire que vous et moi on forme une bonne équipe. Vous êtes une chieuse mais vous êtes ma chieuse et... vous devez vous réveiller parce que sans vous... personne ne nous débitera de conneries psychologiques. Et puis vous m'avez promis un repas dans une tenue aguichante.
Mon Dieu se dit-il, qui aurait envie de se réveiller après un speech pareil ?
Gene : En fait Bolly... vous devez vous réveiller parce que... j'ai besoin de vous.
Voilà, au prix d'un effort surhumain il l'avait dit. Il ne savait pas si c'était qu'il avait assez bête pour penser que cela allait changer quelque chose mais il ne put s'empêcher d'éprouver un petit pincement au coeur quand il vit que ce n'était pas le cas. Alex n'avait pas bougé, elle était toujours là, immobile, les yeux clos. Son regard s'embuait légèrement et il s'empressa de se détourner quand quelqu'un frappa à la porte. Ray fit son apparition, visiblement embêté.
Ray : Patron, je suis désolé de vous déranger mais il y a quelqu'un qui voudrait voir Drake.
Gene : Qui veut la voir ?
Ray hésita quelques secondes.
Ray : Sa fille, Molly.
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