Bonjour, non, vous ne rêvez pas. Comme promit voici le nouveau chapitre (plus court que les autres). Merci pour ceux qui ont laissé un message. Si je peux, j'y répondrai. Bonne lecture !

Flashback

Elle continua donc son chemin vers les marais qui longeaient l'école. Mais rouler sur un terrain marécageux n'est pas une chose facile en soi. Ce fut d'autant plus difficile de le faire à la seule lumière de la lune. Mais elle redoubla d'effort.

« De toute manière, si je rentre maintenant, je ne trouverais pas le sommeil. Il vaut donc mieux que je me fatigue avant ! » pensa-t-elle en tirant sur ses roues, tout en faisant attention de ne pas tomber dans l'eau.

Il faut dire, que la jeune fille se déplaçait depuis une bonne demi-heure et le sol devenait de plus en plus spongieux. Avancer devenait un vrai travail de titan, mais il était hors de question qu'elle fasse demi-tour. Elle voulait savoir s'il y avait des ratons laveurs dans le coin. Elle n'en avait jamais vu en vrai, mais Amelia lui avait raconté qu'une fois il y en avait eu un chez elle. Et puis, avec un peu de chance elle verrait aussi une panthère. Ça elle savait qu'il y en avait, la directrice les avait mis en garde au moment du repas.

« Je suis peut-être encore trop près de l'école. Il n'y a sûrement aucun animal sauvage à proximité d'autant d'humains. Je devrais me diriger vers la gauche, là où il y fait plus sombre. Amelia m'a dit que les ratons laveurs n'aimaient pas trop la lumière. » songea-t-elle en sortant du chemin.

Elle se dirigea donc vers des herbes plus hautes. Le sol était encore plus mou que sur le chemin, mais cela ne l'arrêta pas. Et au bout de dix minutes de dur labeur, elle aperçut une lueur bleue. Le sourire de la jeune fille rayonna sur son visage. Elle savait que maintenant elle allait les voir. Il fallait seulement qu'elle suive cette lumière bleue. A partir de cet instant, son fauteuil lui sembla beaucoup moins lourd à tirer, et la fatigue, qui avait commencée à la gagner, disparut pour laisser place à l'excitation.

Elle réussit à suivre la lumière sur un kilomètre bien que cette dernière ne soit pas constante. Elle lui apparaissait quelques secondes puis s'éteignait pour mieux revenir quelques minutes après. Elle semblait vouloir lui indiquer un chemin. Alors, depuis qu'elle suivait cette lumière, Melody ne faisait attention qu'à elle pour ne pas la perdre. Elle ne savait jamais où elle allait réapparaître. Elle devait donc être sur ses gardes. Et loin de penser que cette lumière la faisait tourner en bourrique dans les marais, elle la suivait à chaque changement de direction. Elle ne se rendit absolument pas compte qu'elle tournait en rond

Et puis, tout s'arrêta. La lumière bleue disparut une dernière fois. Après dix minutes, Melody pensa qu'elle n'avait pas vu la nouvelle direction qu'il fallait prendre, et donc qu'elle l'avait perdue.

- Petite lumière bleue ! appela-t-elle de toute la force de ses poumons, en regardant autour d'elle dans l'espoir de la revoir. Ohé ! Où es-tu ? Je ne te v…Aaaah !

Melody n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle tomba dans le marais en réalisant un magnifique salto avant. Son fauteuil coula à pique dans l'eau boueuse. La surprise passée, elle le lâcha et commença à nager. Elle remercia mentalement sa grand-mère de lui avoir apprit quelques années plus tôt.

- AU SECOURS ! A L'AIDE ! hurla-t-elle, se rappelant qu'il y avait des alligators dans les marais près de chez abuela.

Elle tenta de regagner la terre en refoulant sa panique. Elle agrippa les grandes herbes pour se hisser hors de l'eau. Une fois allongée sur la rive, elle s'accorda une seconde pour souffler avant de se retourner vers le marais et d'essayer de récupérer son fauteuil sans vraiment y croire. Il devait être au moins à un mètre du bord, mais elle ne savait pas comment elle pourrait se déplacer si elle n'avait plus de fauteuil. Et elle ne savait pas encore comment en invoquer un ou même invoquer quoi que ce soit.

- Saleté ! dit-elle de rage, après deux minutes de recherche infructueuse. Allez quoi, viens là fauteuil à la noix !

Et alors qu'elle n'y croyait plus, le fauteuil émergea de l'eau et viens se posait tranquillement à ses côtés. Un peu surprise, elle le regarda les yeux ronds. Il en était ressorti mouillé et sale, mais peu lui importait. L'essentiel était qu'il était là, devant elle.

- Et bien, s'il faut dire des gros mots pour que ça marche, je crois que je vais adorer faire de la magie ! dit-elle médusée, en inspectant son moyen de locomotion. Bah ! T'es tout dégueulasse !

Melody attendit quelques secondes mais rien ne se passa.

- Ouais, ça aurait était trop beau que tu te nettoies, rit-elle.

Elle enleva la vase et l'eau de l'assise et des roues avant de se hisser dessus. Elle massa ses bras endoloris avant de reprendre son chemin, trempée jusqu'aux os. Heureusement pour elle, il faisait vingt cinq degrés cette nuit-là. Ce n'était pas exceptionnel, mais au moins Melody ne serait pas transie de froid trop longtemps.

Elle continua son chemin cette fois-ci en regardant où elle mettait les roues. Elle ne fit que cent mètres avant d'être une nouvelle fois stoppée, sans raison apparente cette fois-ci : ni marais, ni pierres n'étaient à proximité. Et malgré tous les efforts qu'elle fournissait, elle n'arrivait plus à avancer. Elle releva donc la tête pour voir où elle se trouver et ce qu'il se passait.

Et là, devant elle, se tenait un…un quelque chose. Elle le dévisagea tout comme lui le faisait pour elle. Melody aurait bien pu croire qu'il s'agissait d'un adolescent, mais ses oreilles n'étaient définitivement pas humaines. Et puis, cette peau si pâle pour des yeux et des cheveux si foncés rendaient la 'créature' irréelle. Ses vêtements ne cachaient pas grand-chose, elle put donc clairement voir ses muscles très développés. Ces derniers, son expression faciale et toutes les armes qu'elle portait laisser deviner qu'elle était dangereuse. Mais Melody avait l'habitude de côtoyer des gens dangereux. Son père en ferait un très bon exemple. En pensant à son si cruel papou, elle sourit : 'l'habit ne fait pas le moine'.

La 'créature' pencha la tête sur le côté et son visage changea du tout au tout. Elle parut surprise puis perplexe.

- Bonjour ! Ou plutôt bonsoir, se corrigea gaiment Melody en avançant sa main afin de lui serrer.

La créature changea une fois de plus d'attitude et montra les crocs face à cette menace. Ce à quoi Melody y répondit en levant sa main pour lui montrer qu'il n'y avait rien à craindre, mais sans perdre son sourire.

- Ok, je ne te toucherai pas. Mais dit moi, tu ne saurais pas s'il y a des ratons laveurs dans le coin ? lui demanda-t-elle alors que la créature reprenait une posture moins tendue. J'étais à leurs recherches avant de tomber dans l'eau. Ouais, c'est pour ça que je ne ressemble pas à grand-chose pour l'instant mais attends un peu que je sèche et je te promets que je suis la plus belle fille de tout le mètre carré.

Ne pouvant garder son sérieux plus longtemps, Melody explosa de rire. La créature redevint étonnée et s'avança vers elle. Elle posa sa main gauche sur la gorge de la jeune fille, telle une caresse. Sauf que Melody est extrêmement chatouilleuse, elle se mit donc à rire de plus belle.

- Arrêtes, cria-t-elle en se tenant les côtes. Tu me chatouilles. Arrête !

La créature la dévisagea et bougea ses doigts faisant hurler Melody de rire. Cette dernière n'allait pas se laisser faire. Si cette créature voulait la guerre, elle allait l'avoir. Et grâce à toute son expérience, elle posa rapidement ses mains sur chacun de ses flans et commença à attaquer son assaillant de la même manière. La réaction ne se fit pas attendre : la créature se mit elle aussi à rire.

- Et bien, je crois que je ne suis pas la seule à être chatouilleuse ! dit-elle victorieuse lorsque son attaquant bâtit en retraite.

Elle reposa donc ses mains sur ses genoux pour lui montrer qu'elle n'avait pas l'intention de recommencer.

- Je m'appelle Melody. Et toi ?

Mais pour toute réponse, la créature fit volteface et commença à partir. Melody décida alors de la suivre. Mais plus Melody avançait et plus la créature se déplaçait vite.

- Et attends-moi ! Tu vas trop vite ! dit-elle en allant le plus rapidement possible.

Malgré tout, la créature ne ralentit pas. Melody continua de la suivre jusqu'à ce que cette première fasse à un magnifique plongeon dans le marais. Melody ne réfléchit qu'une seconde avant de décider de la suite. Après tout elle n'avait pas fait tout ce chemin pour faire demi-tour. Surtout qu'à force de tourner en rond, elle ne savait plus où se trouver l'école. Elle se rendit donc jusqu'à la rive, descendit de son fauteuil puis rampa jusqu'à l'eau.

- Attends ! Attends ! Je n'arriverai pas à suivre si tu vas trop vite ! dit-elle en regardant la créature nager dans les eaux noires.

Pour la deuxième fois de la nuit, Melody se retrouva dans cette eau froide boueuse. Mais elle n'avançait vraiment pas rapidement avec ses deux jambes qui étaient un poids mort pour elle et qui la tiraient plus vers le fond qu'au côté de la créature. Elle savait nager certes, mais c'était différent de nager dans une piscine ou dans la mer que de le faire la nuit dans une étendue d'eau à la végétation luxuriante. Elle put faire deux cents mètres avant de commencer à se noyer.

- Aides moi ! Je peux plus avancer ! Aides moi ! l'appela-t-elle prise de panique tout d'un coup. Je…je vais couler ! Aides moi !

Melody se débâtit pour rester à la surface, mais quelque chose n'allait pas. C'était comme si plus elle lutait et plus elle s'enfonçait.

- Au revoir, lui souffla-t-elle avant d'être tirée vers le fond.

Elle avait comprit qu'il ne viendrait pas l'aider. Elle allait mourir ici, sans son papou, sans abuela, sans Amelia, seule. Et personne ne la retrouverai puisqu'ils ne savaient pas où elle se trouvait. A vrai dire, elle ne le savait pas elle-même.

Mais alors qu'elle devait être à deux mètres sous l'eau, elle aperçut la créature nager vers elle. Elle tira sur ses jambes puis attrapa la taille de la jeune fille et la conduisit sur la terre ferme. Elle l'allongea et la mit sur le côté. Melody recracha de l'eau puis se rallongea sur le dos cette fois-ci totalement éreintée.

- Merci, murmura-t-elle avec un doux sourire.

La créature ne dit rien mais elle la dévisageait toujours avec son air perplexe. Puis sans crier gare, elle releva le visage vers l'horizon et se mit à grogner. Ses trais étaient tirés, tous ses muscles bandés, sa position avait légèrement changé comme si elle s'apprêtait à bondir sur quelqu'un ou quelque chose. Et puis comme elle s'était tendue, elle se décontracta et s'assit à côté de la jeune fille.

- Dois-je encore te remercier ? demanda Melody en la regardant.

- Ça dépends, t'voulais mourir ? lui répondit-elle ou plutôt lui au son de la voix grave.

- Dans ce cas là, merci encore, sourit-elle, légèrement surprise d'entendre enfin le son de sa voix. Je sais que je me répète, mais moi je m'appelle Melody. Mais tu peux m'appeler Mel'. Et toi comment t'appelles-tu ?

- Akchu.

- Heu...et tu es quoi ? Moi, je suis un humain.

- Je sais c'qu'est un zumain.

- Ah ! fit-elle très intelligemment.

- Ch'uis un Halkach.

- Et c'est quoi un Halkach ?

- Un elfe noir, fit-il un peu ennuyé par toutes ses questions. I't'apprenne rien tes sages ?

- Bah, si tu parles de mes professeurs, ils ne m'ont encore rien appris parce que c'est mon premier jour ici. Pour tout te dire, je ne les ai pas encore vus. Je ne sais même pas à quoi ils ressemblent. Mais bon, dès demain, je saurai plein de choses et je pourrai t'en mettre plein la vu !

- J'comprends pas ! Mais pourquoi i'marchent pas tes jambes ? dit-il en les touchant.

Melody suivit son regard et Akchu pu voir son regard joyeux devenir triste.

- J'ai eu un accident quand j'étais petite. Avant je pouvais marcher et courir comme toi. Mais plus maintenant. Mais c'est pas grave parce que je peux toujours me déplacer avec mon fauteuil ou un balai…enfin, pour le balai quand j'en aurai un et que papou n'aura plus peur.

- C'est qui papou ?

- C'est mon père, sourit-elle. Il est génial. Grand, fort, en faite c'est le meilleur du monde. Et quand je t'ai vu la première fois, tu m'as fait penser à lui.

- Parc'qu'j'suis grand, fort et le meilleur ? demanda-t-il sérieusement.

Melody se mit à rire et Akchu redevint perplexe.

- Qu'est-c'j'ai dit ?

- Rien. Mais non, ce n'est pas pour ça que tu m'as fait penser à lui. C'est parce que tu avais une tête de méchant. J'avais l'impression que tu voulais que je crois que tu allais me dévorer parce que tu étais en rogne.

Les deux nouveaux 'amis' discutèrent encore une heure avant qu'Akchu décide de l'emmener chez lui, pour que cette petite chose fragile se repose. Après tout, lui ne connaissait pas le chemin pour la ramener à ses sages, mais mamà le connaissait. Il lui faudrait donc lui demander. Seulement il n'était pas suicidaire donc il attendrait que le jour se lève pour aller la voir.

- J'pense qu'tu dois dormir ! commença-t-il en se redressant.

- C'est pas faut. Parce que si non, demain je ne suis pas sûre de pouvoir suivre tout ce que mes professeurs nous diront, accorda-t-elle en baillant.

- Mais j'crois pas qu'tu puisses l'faire ici, dit-il pensivement avant de reprendre. T'sais t'défendre contre les panthères ?

- Heu…non, répondit-elle inquiète. Pourquoi ?

- Parc 'qu'elle pourrait revenir. Donc tu vas v'nir avec moi. J'vais t'emm'ner chez moi, t's'ras en sécurité.

- Ok mais j'ai laissé mon fauteuil de l'autre côté, avant d'aller dans l'eau. Tu pourrais me porter ?

Akchu la regarda comme si une deuxième tête lui poussait.

- Quoi ? J'ai dit une bêtise ? s'interrogea-t-elle en réfléchissant à ce qu'elle venait de lui dire.

- Tu veux que moi, un grand guerrier Halkach, te porte toi, un zumain.

- Et ben oui, à moins que tu ne veuilles que je rampe. Dans ce cas, j'espère que ce n'est pas trop loin et que tu n'es pas trop pressé…parce que je ne me déplace pas vite sans mon fauteuil.

L'elfe eut l'air de poser le pour et le contre, tiraillé par ce fâcheux dilemme. Les deux possibilités ne lui convenaient pas.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda doucement Melody pour ne pas le renfrogner plus qu'il n'était.

Elle ne tenait pas spécialement qu'il la laisser toute seule ici. Elle savait qu'elle était un fardeau. Mais bien qu'elle veuille voir des panthères, elle ne voulait pas vraiment être leur repas pour ce soir.

- Les Halkach n'sont pas patients. Et ils n'portent pas les zumains, affirma-t-il avec une grimace comme si cette éventualité le révulsait.

- Dans ce cas, pourrais-tu me rapporter mon fauteuil ? proposa-t-elle.

- Ch'uis pas ton oiseau ! aboya-t-il.

- Hein ? fit-elle intelligemment.

- Vous, les zumains, vous utilisez des oiseaux pour vous apporter des choses.

- Ben, je n'ai plus de solution…

Après cinq minutes de tourment, Akchu décida de porter la jeune fille. Après tout, de deux maux il faut choisir le moindre, enfin de trois maux. Ce fut ainsi que Melody découvrit le village d'Akchu. Enfin pour la fin de la nuit, il l'emmena directement dans sa 'maison'. Il ne tenait pas à ce que quelqu'un le voit en train de porter un zumain. Il la posa sur sa couche et s'allongea près d'elle.

- Tu vas dormir avec moi ?! s'étonna la jeune fille.

- Oui, où veux-tu qu'je dorme d'aut' ?

- Heu…je ne sais pas. Mais tu es un garçon !

- Non, je suis un mâle.

- C'est la même chose. Moi, je suis une fille ou une femelle, comme tu veux, et toi un garçon ou un mâle. Ça ne vous dérange pas vous ?

- I' faut bien qu'un mâle et une femelle dorment ensemble pour avoir des p'tits elfes, dit-il avec un grand sourire pour se moquer d'elle.

- Bah moi je ne veux pas de petits elfes tout de suite !

Akchu leva un sourcil, incrédule.

- Tu m'as très bien comprise ! Je ne veux pas d'enfants tout de suite, se reprit-elle.

- Il en va de même pour moi. Et d'toute façon, tu n'serais pas compatible j'pense.

- Ouais…bon, dans ce cas là, c'est ok.

- Bien. Maint'nant faut qu't'enlèves tes vêt'ments, continua très sérieusement l'elfe.

- QUOI ! cria Melody en se mettant le plus loin possible d'Akchu.

- T'es encore toute mouillée, et j'aime pas dormir cont' quelqu'chose de mouiller !

Melody revint à sa place sur la couche en rougissant de honte. Bien sûr que c'était à cause de ses vêtements.

- Heu oui...

L'adolescente ne se le fit pas dire une fois de plus et commença à se déshabiller. Mais les Halkach ne sont vraiment pas patients. Au bout d'une minute de la voir se trémousser pour essayer en vain de retirer ses affaires, Akchu prit les choses en mains. Il lui enleva ses chaussettes, son pantalon et le reste de ses sous-vêtements. Au moment où il lui retira sa culotte, Melody voulu protester mais il la devança.

- C'est mouillé ! grogna-t-il.

- Ok, mais je vais avoir froid.

- Ch'rai (je serai) là, assura-t-il en se commençant à se déshabiller à son tour.

Melody détourna la tête très gênée. L'elfe, lui continua comme si de rien n'était. Une fois qu'il eut fini, il la tira vers lui et la prit dans ses bras. D'abord tendue, Melody se relaxa dans la chaleur de son nouvel ami. Et après quelques minutes elle se blottit même contre lui. Les deux jeunes gens passèrent une très bonne nuit malgré le fait qu'ils l'aient passé dans les bras l'un de l'autre. A leur réveille, Akchu la laissa une heure seule pour aller prévenir mamà. Melody pensa que c'était soit sa mère, soit le chef du village. Elle n'était pas loin de la vérité.

Quand Akchu revint, il fut accompagné de la fameuse mamà. Elle ressemblait beaucoup à Akchu. Elle aussi, elle lui faisait penser à papou.

- Bonjour, dit-elle avec un sourire. Vous devez être mamà. Je suis Melody. Je suis dans l'école juste à côté...enfin, je crois. Je me suis perdue hier soir. Et puis après je suis comme qui dirait tombée sur Akchu. On a discuté une bonne partie de la nuit. Mais après, quand j'étais fatiguée, je ne pouvais plus rentrer à l'école et il ne savait pas non plus où elle était. Alors il m'a…

- Tu vois, la coupa Akchu en parlant à la femelle. J'te l'avais dit qu'elle parlait beaucoup.

Mamà tourna son regard vers le jeune de son village avant de refaire face à Melody et de la fixer intensément. Tellement que cette dernière en fut mal à l'aise et ne trouva donc plus rien à dire.

- Bien. Je vais vous ram'ner à vot' école, dit mamà, rompant le silence. Habilles-toi !

Cette dernière phrase mortifia l'adolescente. Elle avait totalement oublié qu'elle était toute nue. Rapidement, elle passa une main pour cacher ses parties génitales et son autre bras lui permis de le faire pour sa poitrine. Les deux elfes la regardèrent amusés avant de se détourner.

- Dois-je le faire ? demanda Akchu à Melody, se souvenant de la veille.

Mamà dévisagea le jeune mâle en fronçant les sourcils.

- Elle n'sait pas tout faire. Ses jambes n'marchent pas, lui expliqua-t-il.

- Je pense que je pourrai m'en sortir toute seule si tu me donnes tous mes vêtements, lui répondit l'humaine.

En effet, la veille au soir, Akchu avait jeté ses vêtements le plus loin possible de sa couche. Il ne voulait pas qu'ils la mouillent. Il lui apporta donc sans rien dire sous les regards critiques de mamà.

Une fois habillée, Akchu les conduisit toutes les deux au fauteuil de l'humaine sans passer par la case marais. Ils ne furent donc pas trempés quand mamà les accompagna jusqu'aux portes de Tortuga School où la directrice les attendait, comme si elle savait qu'ils arrivaient. C'était peut-être le cas après tout.

- Bonjour, dirent poliment les elfes noirs et Melody à une sorcière blanche comme un linge.

- Bonjour, dit-elle difficilement. Pouvons-nous récupérer notre élève ?

- J'comptais pas la garder. Qu'est-ce qu'j'en aurais fait ? répondit mamà sarcastique.

Sur ces paroles mamà et Akchu lui tournèrent le dos et parti. Melody ne sut pas s'ils avaient entendu son 'au revoir', mais elle aimait le penser.

Fin du Flashback

- Et que s'est-il passé après ? demanda Draco, n'en revenant pas.

- La directrice m'a amenée dans son bureau. Il y avait papou totalement inquiet. Je me suis fait punir avant même d'avoir commencé l'école. Papou a voulu me ramener avec lui en Europe, mais j'ai réussit à rester.

- Et pourquoi Akchu ne t'a pas attaqué ? Ce n'est pas logique.

- Une fois, il m'a dit qu'il m'avait vu courir après cette lumière bleue et nager. Il était intrigué. C'était la première fois qu'il voyait un humain qui ne pouvait pas marcher. Et après c'était la première fois qu'il voyait un humain qui souriait, qui lui souriait. Puis la première fois qu'il voyait quelqu'un d'autre qu'un Halkach rire devant lui. Ensuite la première fois qu'il entendait un humain parlait autant. Et enfin la première fois que quelqu'un lui demander de l'aide.

- Et vous avez vraiment dormi nu tout les deux cette nuit-là ?

- Bien sûr. Pourquoi je te raconterai des âneries.

- Et si je te disais que je ne supporte pas les vêtements quand je dors, tu te mettrais toute nu ? demanda malicieusement Draco.

- Je te répondrais que je n'ai plus onze ans, et donc que l'on ne pourra plus me faire croire ça. De plus nous avons déjà dormi ensemble habillé. Il fallait y penser avant, fit-elle avec un sourire.

Ils discutèrent encore dix minutes avant de s'endormir tous deux habillés, au désespoir de Draco, mais blottit l'un contre l'autre.

A bientôt, mais cette fois-ci je ne vous promets pas d'aller vite -il faut dire que j'ai écrit ce chapitre en une seule journée c'est le temps de relecture qui est plus long-. Par contre, je peux vous dire que nous arriverons rapidement à la fin de cette fanfiction : deux ou trois chapitres tout au plus et un épilogue.