Merci à Camhyoga pour sa correction, ainsi que mes reviewers pour leurs messages qui me font toujours énormément plaisir. ^^
Petite précision pour les prochains posts : étant donné que le reste de mes vacances est très occupé et que c'est bientôt la rentrée (bouhouhou...) je ne sais pas quand je vais pouvoir publier la suite de Mafia Blue... J'espère ne pas avoir à trop vous faire attendre, mais je ne garantis rien. Si vous avez des réclamations, envoyez-les à mon fournisseur internet ou à mes parents (au choix ! XD) Sur ce, bonne lecture ! ;)
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Mafia Blue – Chapitre 21
Un bol de café fumant devant lui, Milo sommeillait encore à moitié sous le regard mi-attendri mi-moqueur de Camus.
« Tu vas réellement être en retard si tu traines encore longtemps à table, commenta le français en mettant du pain à griller.
-Je le suis déjà, rétorqua mollement le grec.
-Ce n'est pas une raison. Tu pourras remercier ton collègue d'être plus matinal que toi. Tu veux quoi comme confiture ?
-A l'orange.
-Dis-moi, j'ai pensé à une chose ce matin, reprit Camus en tendant la tranche de pain à son amant. Vous ne savez pas pourquoi Mu et Shion sont venus en Grèce, je me trompe ?
-Pour les mêmes raisons que tous les autres clandestins, je suppose, répondit Milo. Pourquoi ? »
Le français resta un moment silencieux, pensif.
« Justement, je ne le crois pas » déclara-t-il enfin.
Le policier le regarda avec un sourire, soudain intéressé. Camus, ayant une vision extérieure des choses, avait souvent des raisonnements qui n'auraient pas effleuré Milo. C'était déjà arrivé plusieurs fois, lors d'affaires que ses collègues et lui ne parvenaient pas à éclaircir. Le grec écoutait donc toujours son amant avec attention, songeant avec un brin d'admiration que Camus aurait fait un parfait auteur de thrillers ou de polars.
« Je t'ai raconté la légende des douze armures d'or, l'autre jour, fit le français tout en tournant le pain dans le four. Comme je te l'ai dit, seuls les grands prêtres atlantes sont habilités à les réparer. D'après les points qu'ils ont sur le front, Mu et Shion font partie de cette caste et eux seuls ont le pouvoir de s'occuper des armures.
-Donc si je te suis, les armures d'or existeraient vraiment ? demanda Milo.
-Je n'en ai aucune idée et ça n'a pas vraiment d'importance pour le moment, rétorqua Camus.
-J'avoue que je ne vois pas du tout où tu veux en venir, marmonna le grec.
-Laisse-moi finir. D'après la légende et les quelques détails de mon livre, tout ce qui est spirituel revêt une grande importance pour les atlantes. Et tu as vu comme moi hier soir que Shion est très attaché aux valeurs ancestrales de son peuple ainsi qu'à ses lois. »
Le policier hocha vivement la tête, attendant la suite avec impatience.
« J'en déduis donc que quelqu'un comme lui doit avoir une raison de la plus haute importance, en tout cas à ses yeux, pour abandonner sa fonction et venir en Grèce, tu ne penses pas ? conclut enfin le français. Tiens, voilà d'autres tartines. »
Milo se leva d'un bond et donna un baiser sonore à son amant.
« Mon Camus, tu es un génie ! Je file au commissariat, à plus tard ! »
Le français se contenta de secouer la tête avec un sourire amusé.
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Tous les dimanches matin, à moins qu'il ne soit de permanence au commissariat, Shura partait randonner dans les collines proches d'Athènes. Levé aux aurores, il était ainsi seul à pouvoir contempler le soleil se lever avec paresse au-dessus des habitations, faisant sortir de leurs cachettes toute une faune attendrissante. Il appréciait énormément ces moments de calme, avant que la vie citadine ne reprenne ses droits sur les alentours. Il rentrait donc prendre un café et un croissant à un petit bistrot de quartier, écoutant d'une oreille distraite le journal télévisé. Il restait bavarder avec le gérant jusqu'au moment où l'heure de servir le déjeuner sonnait, puis repartait tranquillement chez lui.
Lorsqu'il parvint sur le seuil de sa maison, une silhouette l'intrigua. L'espagnol plissa les yeux, avant de les écarquiller et de s'avancer à grands pas vers elle.
« Aphro ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
Shura observa attentivement le visage fatigué du jeune suédois : ses traits étaient tirés et il semblait tenir à peine debout.
« Peu importe, coupa le policier avant qu'Aphrodite n'ait pu dire un mot. Viens, je vais te préparer un café, tu as l'air d'en avoir bien besoin.
-Trop risqué, murmura le jeune homme.
-Je m'en moque comme de ma première couche, rétorqua l'espagnol, arrachant un sourire à son vis-à-vis. Allons-y. »
Aphrodite finit par acquiescer et suivit Shura en grinçant des dents et d'une démarche raide, détails qui n'échappèrent pas au policier. Ils entrèrent dans la petite maison, dont l'intérieur était frais et agréable.
« C'est joli, commenta Aphrodite.
-La maison appartenait à ma tante, elle me l'a donnée avant de partir au Portugal avec son second mari. Assieds-toi dans le canapé pendant que je prépare du café, si tu veux. »
Le suédois s'installa avec reconnaissance et se laissa aller contre le dossier en fermant les yeux. De vagues sons lui parvenaient : cuillère qu'on vide dans un récipient, démarrage de la cafetière, succion de l'eau qui commence à être aspirée pour mouiller le café… Que des petites choses auxquelles il aspirait, plutôt que d'écouter sa vieille bouilloire siffler comme une asthmatique.
« Avec ou sans sucre ? demanda soudain Shura.
-Sans, mais avec du lait, si tu en as, répondit Aphrodite.
-Je t'apporte ça tout de suite. »
En effet, le suédois le vit revenir avec deux tasses fumantes qu'il déposa sur la table basse qui faisait face au canapé. L'espagnol s'assit à son tour, à une distance qu'il jugeait respectable de son invité. Aphrodite s'empara de son café et avala une gorgée avec contentement.
« J'en avais bien besoin, finit-il par dire, rompant ainsi le silence qu'ils avaient instauré.
-J'en ai l'impression… Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
-J'ai une info pour toi, éluda le jeune homme. Tes deux clandestins n'étaient pas destinés aux prostitués, ce n'est pas écrit dans le registre.
-Le registre ? s'étonna Shura.
-Tous les noms des collègues sont inscrits dedans, expliqua Aphrodite en fermant les yeux à moitié.
-Qu'est-ce qui t'es arrivé ? répéta le policier en fronçant les sourcils.
-Rien d'inhabituel, je t'assure que ça va… »
L'espagnol ne dit rien pendant quelques instants, avant de déclarer :
« J'ai une proposition à te faire.
-Dis toujours.
-Tu vas me donner ton vrai nom, ta date de naissance et tout le reste, commença Shura. Ensuite, tu restes déjeuner avec moi, comme si on n'avait jamais eu cette discussion. Et ce soir, tu restes dormir ici, j'ai une chambre d'amis. Ça te va ? »
Le suédois fit la moue et riposta :
« C'est dangereux…
-Aphro, si tu es venu jusque chez moi, c'est que tu avais une bonne raison, répliqua doucement le policier. Je ne te mettrai jamais à la porte alors que tu as besoin d'aide. »
Le jeune homme ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.
« Merci, Shu. »
L'espagnol rit doucement :
« Ça faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé comme ça.
-J'ai toujours cru que tu ne supportais pas ce surnom, rétorqua Aphrodite.
-Uniquement quand d'autres personnes me le disent.
-Parce que quand c'est moi tu l'aimes bien ? se moqua gentiment le suédois. Tu es bizarre.
-C'est pourtant la vérité. Un plateau-télé, ça te tente pour ce midi ?
-Tu détournes la conversation, là ! » se récria Aphrodite.
Shura se contenta de se lever souplement du canapé. Le suédois le retint soudain par le bras et dit avec un air penaud :
« Merci de m'inviter chez toi… Je pense que j'aurais eu des ennuis si j'étais resté avec les autres. J'ai été vu dans le bureau où est rangé le classeur avec nos noms. Nolas, celui qui s'occupe de nous, est stupide, mais pas assez pour ne pas se douter de quelque chose…
-Tu pourras rester autant que tu veux, considère que cette maison est aussi la tienne, répondit l'espagnol avec un sourire discret.
-Au fait…, ajouta Aphrodite. Je m'appelle Johan. »
Trop surpris pour réagir, Shura resta figé un bref instant, avant de déclarer :
« Enchanté Johan. »
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Egidio raccrocha, sourcils froncés, et se répéta mentalement tout ce que lui avait dit Dokho. Shion avait-il vraiment eu un accident ou bien est-ce qu'on avait cherché à lui faire du mal ? Assis non loin de lui, Mu devina immédiatement qu'il était arrivé quelque chose et demanda :
« Qu'est-ce qui se passe ?
-Ton frère vient d'avoir un accident, soupira l'italien. Dokho l'emmène à l'hôpital.
-Est-ce qu'il va bien ? C'est grave ? s'inquiéta le jeune homme.
-J'en sais rien, mais je fais confiance à Dokho pour s'occuper de lui comme il faut. »
Mu fronça les sourcils. Egidio se rapprocha de lui et déclara :
« Je le connais assez pour savoir qu'il va s'en vouloir toute sa vie, alors ne lui jette pas trop la pierre. »
L'atlante hocha la tête, angoissé. L'italien lui tapota maladroitement l'épaule, ne sachant pas comment le rassurer.
« Je commence à regretter d'être venu en Grèce » murmura le jeune homme en baissant les yeux.
Egidio sentit sa poitrine se serrer mais s'efforça de ne rien laisser paraître. Avec un ton qu'il voulait enjoué, il renchérit :
« Je suis tout à fait d'accord avec toi. Franchement, je sais pas comment tu as réussi à survivre à ma concierge… Il faudra vraiment que je la signale au FBI ou à la CIA, parce qu'avoir une tête aussi louche que la sienne, c'est pas normal. »
Mu releva la tête et éclata de rire.
« Merci de me remonter le moral, sourit-il. C'est gentil.
-Bah, faut bien que je serve à quelque chose » rétorqua l'italien avec un air gêné.
Avant que l'atlante n'ait pu dire quoi que ce soit, la porte du commissariat s'ouvrit sur Milo.
« Salut vous deux » dit-il avec un immense sourire.
Egidio s'éloigna légèrement de son protégé et s'écria :
« Dis donc, t'as vu l'heure ? Je crève de faim et c'est seulement maintenant que t'arrives ?
-J'ai de quoi me faire pardonner, rit le grec en montrant le sachet qu'il portait. Frites, bières pour nous et jus de fruit pour Mu pour le déjeuner, ça vous va ?
-Mouais, marmonna l'italien en attrapant le sac. Mais t'imagines pas que ça va marcher tous les jours. »
Milo éclata de rire et s'installa sur une table, se demandant comment amener dans la conversation l'hypothèse de Camus.
« Vous êtes juste tous les deux, là ?
-Non, Shaka est dans la salle des ordinateurs, répondit Egidio en saisissant une frite.
-Shaka ? s'étonna le grec, oubliant la mission qu'il s'était octroyée. Qu'est-ce qu'il fait ici un dimanche matin ? »
L'italien haussa les épaules.
« Comment veux-tu que je le sache ?
-Attends, tu lui as pas demandé ? Et ta curiosité naturelle, tu en fais quoi ? Il était temps que j'arrive ! Tu savais qu'il y connaissait quelque chose en informatique ?
-Moins je sais de choses sur lui et mieux je me porte, maugréa son collègue.
-Me dis pas que tu veux pas savoir ce qu'il fabrique, je ne te croirais pas. »
Milo et Egidio se jaugèrent du regard quelques instants, avant que l'italien ne capitule.
« Ok, on va voir.
-Je savais que je pouvais compter sur moi ! Mu, tu vas avoir droit à une démonstration d'adresse encore inégalable à ce jour ! »
L'atlante pouffa doucement tandis qu'Egidio levait les yeux au plafond.
« Des fois je me dis qu'il te manque une case, mon vieux. Allez, on y va. »
Silencieusement, les trois hommes se rendirent près de la salle informatique. Mais soudain, l'hindou surgit devant eux, un dossier sous le bras. Il haussa vaguement un sourcil en voyant le petit groupe en face de lui, mais ne fit aucun commentaire.
« Salut Shaka ! salua Milo avec un immense sourire. C'est rare de te voir ici un dimanche.
-Bonjour, fit sobrement le jeune psychologue. Mon ordinateur est en panne, je suis venu travailler un peu ici.
-Tu veux rester déjeuner avec nous ? proposa le grec sans se soucier du regard noir que lui lança Egidio.
-Non merci, j'ai déjà prévu quelque chose, refusa Shaka. Bonne fin de journée à vous trois. »
L'italien s'écarta pour lui laisser le passage, avant de persifler, une fois l'hindou parti :
« C'est pas l'amabilité qui l'étouffe, dis donc !
-Tu devrais avoir l'habitude, depuis le temps qu'on le côtoie ! rétorqua Milo en entrant dans la salle informatique.
-Qu'est-ce que tu veux faire ?
-Savoir sur quoi il pouvait travailler, avoua le grec en s'installant à un ordinateur. C'est vrai, les psys c'est pas sensé travailler sur un calepin ? »
Egidio pouffa silencieusement tandis que son collègue faisait une recherche des derniers fichiers travaillés. Une page internet s'ouvrit, sur un site de vente d'objets anciens. Milo et Egidio se lancèrent un regard circonspect, puis le grec marmonna :
« Du travail, hein ?
-J'ai toujours dit que ce type était louche » conclut l'italien en secouant la tête.
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à suivre
