Auteur: Julie & Fianna
Disclaimer: les personnages et les lieux sont tous la propriété de J.R.R. Tolkien, sauf évidemment ceux crées par Julie et Fianna, je ne tire aucun profit monétaire de cette traduction. (et oui . . .je sais c'est dur)
Le blabla de la traductrice: je sais. C'est intolérable. Je mérite la mort ou pire, être privé de chablis à vie. Non sérieusement, en fait cela fait un petit moment que le chapitre est prêt mais mon pc m'a lachement abandonné et ben voilà.. j'ai du attendre d'en avoir un autre pour le poster. D'ailleurs heureusement que ma chère correctrice avait le chapitre car sinon . . . Bref, désolé pour cette attente intolérable, le prochain chapitre viendra vite je vous le promet!!! Bonne lecture et merci à tous pour vos merveilleuses reviews!!
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Chapitre 21
Le soleil s'était couché avant qu'Elanor et Haldir aient atteint les portes de Caras Galadhon. Le voyage de retour s'était déroulé plus rapidement que celui de l'aller vers la clairière des ninniach-loth. Haldir n'avait pas semblé vouloir lambiner et flirter comme il l'avait fait plus tôt. Cependant, il lui avait demandé plusieurs fois si leur pas était trop rapide, et une fois, parce qu'elle avait hésité, il lui avait proposé de la porter au cas où elle aurait ressentit le besoin de dormir. Naturellement, elle avait refusé; elle se serait sentie idiote et elle ne souhaitait pas paraître si faible devant lui. Il était important pour elle qu'il garde une haute opinion d'elle, même si elle était vraiment fatiguée.
A l'intérieur du talan, Elanor se laissa tomber sur une chaise, épuisée, et retira ses chaussures tandis qu'Haldir fermait la porte et mettait le verrou en place. Il lui jeta un rapide coup d'oeil puis se dirigea vers la chambre à coucher et alluma la lampe alors qu'elle lissait nerveusement les plis de sa jupe. Il était enfin arrivé, le moment qu'elle avait tant attendu. Qu'allait-il faire? Comment commencerait-il? Qu'attendait-il d'elle?
Un instant plus tard, il reparut dans la pièce, portant uniquement ses guêtres et de sa sous tunique noire. Il s'arrêta subitement, son regard pénétrant pour lequel il était connu glissant sur elle. "Tu es fatiguée, dit-il alors. Trop fatiguée pour ce que nous avons à l'esprit. Je le vois sur ton visage."
"Je ne suis pas trop fatiguée, protesta-t-elle. Si je l'étais, je te le dirais."
"Si, tu es fatiguée, Elanor." Son regard la balaya, empli d'un désir évident. "Je ne trouve pas honnête d'abuser de toi en ce moment. Nous allons remettre à plus tard nos ébats amoureux."
Incapable d'en croire ses oreilles, elle se leva et posa ses mains sur ses hanches. "Haldir, tu n'abuserais pas de moi!"
"Si c'est ce qui se passerait." Il traversa la pièce et se planta devant elle, le visage affichant l'une de ses impérieuses expressions. "J'attends ceci depuis de nombreuses semaines, par conséquent, je peux attendre quelques heures de plus. Et toi aussi." En dépit de ses paroles, Elanor sentit une trace de frustration derrière son ton autoritaire, bien qu'elle sache qu'il essayait de la cacher. Peut-être même pensait-il qu'il avait réussi.
"Je meurs d'envie de te jeter quelque chose à la figure! s'exclama-t-elle en colère. A part moi bien sûr."
"Elanor, fit-il d'un ton dangereux. Ne sois pas si susceptible."
"Je ne suis pas susceptible! Quand vas-tu cesser d'être si noble et honorable? Je veux que tu me portes jusqu'à ton lit et je ne suis pas trop fatiguée. Quoi qu'il arrive, ajouta-t-elle d'un ton persuasif. Nous allons nous coucher."
Il arqua un sourcil. "Oh vraiment?"
Elle ignora la question. "Tu accordes trop d'importance à tout ceci, continua-t-elle. Après ton comportement de cet après-midi, je pensais que tu aurais déjà mis en pièce mes vêtements."
"Cette idée m'a traversé l'esprit plus d'une fois ces dernières heures. Je ne suis pas aussi lent que tu le penses, Elanor." Comme pour illustrer ceci, il eut un mouvement rapide. En un clignement d'oeil, Il saisit ses poignets et les bloqua derrière elle, alors qu'il la regardait d'un air suffisant. "Les ébats amoureux peuvent demander un certain effort physique. Je ne pense pas que tu réalises ça."
"Je ne manque pas d'imagination, Haldir, fit-elle âprement. Tu n'arriveras pas à me faire changer d'avis alors tu peux arrêter dès maintenant. Il est trop tard pour changer d'avis."
"Tu crois que j'ai changé d'avis?" En soupirant, il la serra contre lui, la mâchoire posée sur sa tête.
"Je pense que tu lambines." Elanor leva la tête, remarquant que ses lèvres étaient légèrement pincées, seul signe extérieur de son conflit intérieur. "Je sais que j'ai un certain nombre de cartes entre les mains, ajouta-t-elle d'un ton enjôleur. Je suis peut-être novice à ce jeu, mais j'apprends comment jouer."
"J'ai remarqué, fit-il sèchement."
"Bien. Et alors?"
"Elanor, tu es vraiment certaine?" Quelque chose de nouveau couvait dans ces yeux gris. Elle sentait qu'il hésitait, près à céder.
"Complètement, le rassura-t-elle, le coeur battant."
"Très bien, Elanor, je me rends. Je ne peux plus te résister." Pourtant il semblait toujours hésiter, bien qu'elle ne sache pas pourquoi.
"Bien, alors, embrasse-moi, espèce d'idiot, dit-elle avec exaspération."
Avec un rire soudain, il libéra ses poignets et la serra dans ses bras. Puis il l'embrassa mais d'une manière qui lui indiquait qu'il n'allait pas se précipiter. Ses lèvres chaudes balayèrent les siennes, commençant par un coin de sa bouche, frôlant en une douce caresse sa lèvre supérieure tandis qu'il se déplaçait vers l'autre coin avant de transférer son attention sur sa lèvre inférieure.
Chaque baiser semblait légèrement différent, créant une élévation progressive du désir sur ses sens intensifiés, jusqu'à ce qu'il ait porté sa tendre chair à sa bouche et l'ait effleurée avec sa langue. Quand ses lèvres trouvèrent son cou, les baisers devinrent plus intenses et humides, sa langue errant ça et là tandis qu'elle tremblait, les yeux presque clos. Elle essayait de réaliser que tout ceci lui arrivait vraiment, qu'il allait réellement lui faire l'amour dans ce grand lit qui avait été si vide toutes ces nuits.
Faisant une pause enfin, il murmura, "Est-ce que ceci est plus proche de ce que tu avais à l'esprit?"
Elanor retint son souffle, sentant ses genoux faiblir. "C'est un bon début, mais s'il te plaît, continue."
Il fit glisser ses mains jusqu'à ses hanches. "Alors, quelle est la prochaine étape? Dois-je mettre ta robe en pièce?" Son enjouement était de retour, ajoutant un autre ingrédient au mélange, l'excitation.
"Je ne serais pas contre. Je trouve ça très romantique en ce moment."
"Romantique?" Il eut un léger rire. "Je ne suis pas sûr. Tu as trouvé ça romantique la dernière fois que je l'ai fait?"
"Non, admit-elle, mais c'était différent."
"C'est vrai." A la satisfaction d'Elanor, il la souleva du sol et se dirigea vers la chambre à coucher, ses bras forts soutenant son poids sans effort apparent. À l'intérieur, il la fit tournoyer avant de la reposer près du lit. "Dernière chance, mon Elanor. Nous continuons?"
"Oui, répondit-elle, le coeur battant. Oui, oui, oui."
"Très bien." Ses doigts agiles détachèrent alors les attaches de sa robe, puis il posa ses mains à la base de son cou et les fit glisser lentement, une longue caresse qui emporta avec elle le tissu de sa robe de sorte que ses épaules et ses avant-bras aient été découverts. Elle adressa silencieusement une prière de remerciement pour le fait qu'elle n'ait pas mis de chemise sous sa robe quand elle était sortie jardiner, en grande partie parce qu'elles avaient toutes besoin d'être lavées. Haldir l'avait-il remarqué? Très probablement.
Ses mains s'arrêtèrent juste au-dessus de ses coudes, son attention fixée sur ses seins. Sa robe était tombée si bas sur ses bras que les auréoles supérieures de ses seins étaient visibles. "Trouvez-vous ceci à votre goût, ma dame? Je sais que moi oui."
Elanor pris une bouffée d'air, sentant ses mamelons se raidir et frissonner sous son regard. "Je trouve que tout ce que tu as fait jusque là est particulièrement à mon goût, chuchota-t-elle. Exceptés les moments où tu faisais tout pour éviter ceci."
"Elanor, tu m'amuses. Tu m'a amusé presque dès le début, quand je me suis réveillé nu sur ton lit. Tu essayais de me persuader que tu étais sophistiquée et expérimentée. Je pense que tu as même essayé de m'exciter bien que je ne sois pas sûr que tu en étais consciente."
"Je n'essayais pas de t'exciter! J'essayais de te fâcher." Corrigea-t-elle.
"Ah, oui, tu as essayé ça aussi, avec succès d'ailleurs." Elle sentait son regard sur ses seins, ses mamelons se tendirent contre le tissu jaune comme si ils cherchaient à s'échapper. "Mais il y avait autres choses que je voulais faire."
"Comme m'étrangler?"
"Comme ceci." Sans avertissement sa robe tomba à sa taille, les manches dorénavant au niveau de ses coudes. "Tu as les seins les plus beaux que je n'ai jamais vu." Il caressa légèrement leur partie supérieure avec le dos de ses doigts, suivant le tracé de leur courbure avant de plonger dans la vallée profonde qui les séparaient.
Elanor rougit de plaisir, bien qu'elle ne soit pas convaincue. "Haldir, tu n'as pas besoin d'en rajouter. Je suis sûre que je suis tout à fait ordinaire à cet égard."
"Tu n'es pas ordinaire. Oui, j'ai vu beaucoup de seins, mais les tiens . . . " Il laissa sa phrase en suspend, ce qui l'incita presque à le croire. "Je rêve de tes seins la nuit, fit-il très doucement. De les toucher. De les embrasser."
Il fit glisser sa robe le long de ses bras et de ses hanches jusqu'à ce qu'elle tombe finalement à ses pieds. Dessous, elle portait une paire de pantalettes en dentelle à la place de ses longues chemises, un sous-vêtement que Doria lui avait suggéré d'essayer. Haldir la regarda avec un étrange petit sourire, puis il détacha sans hésitation les attaches et passa ses pouces le long de sa taille. Un instant plus tard, elles rejoignirent sa robe sur le plancher.
En dépit de l'intimité qu'ils avaient déjà partagée, Elanor sentit une vague de timidité l'envahir sous la lecture insouciante d'Haldir. "Haldir, tu me regardes fixement," fit-elle en rougissant.
"Ne sois pas timide, dit-il, sa voix d'or plus enrouée que d'ordinaire. Je t'ai déjà vu avant, mais chaque fois . . ." Il toucha la cavité à la base de sa gorge, le bout de ses doigts suivant un chemin dans la vallée entre ses seins, au-dessus de la plaine plate de son estomac jusqu'à ce qu'ils atteignent la bosse de son monticule féminin, où il s'arrêta. Il fit un pas en avant, sa voix caressant son oreille. "Chaque fois que je te vois comme ceci je l'apprécie encore davantage. Tu es comme une fleur d'élanor, douce, pâle et si belle à voir."
Ses mains se refermèrent sur ses bras, exerçant une douce pression vers l'arrière jusqu'à ce que les draps frais rencontrent son dos et que sa tête touche l'oreiller. Il se pencha au-dessus d'elle, étudiant son visage, mais quand elle tendit le bras vers lui, il se recula avec un hochement de tête. "Attends. Laisse moi me déshabiller d'abord." D'un geste fluide, il jeta la sous tunique de côté, puis se figea et lui jeta un regard spéculatif.
Elanor appuya sa tête contre sa main et lança un regard significatif en direction de ses guêtres, le dernier vêtement qu'il portait. "Je pense que tu dois les retirer aussi." fit-elle timidement.
"Je sais bien." Son regard était plutôt polisson. "En fait, je me demandais si tu voulais le faire."
Étonnée, Elanor considéra cette idée. Il devait aimer l'idée qu'elle le déshabille où il ne l'aurait pas suggéré. La seule pensée qu'il voulait qu'elle fasse une telle chose était étrangement excitante. Avoir enfin le droit, l'invitation . . . un frisson la parcouru. "Oui, répondit-elle d'un air timide mais déterminé. J'aimerais beaucoup. Viens plus près."
Elle s'assit sur le bord du lit tandis qu'il se plaçait directement devant elle. Délicatement, elle détacha la lanière de cuir et s'assura d'avoir une quantité de mou raisonnable dans le laçage avant de libérer son membre droit. Il semblait peu disposé à aider, se contentant de l'observer, la respiration profonde et égale, alors faisait descendre ses guêtres le long de ses hanches nues jusqu'à mi-chemin de ses cuisses. Ici, elle s'arrêta, le regard tourné vers cette partie de lui dressée avec arrogance dans un nid de boucle blonde tout près de son visage. Cette vision remua ses sens d'une nouvelle manière, et pour la première fois, l'idée de l'embrasser là sembla attrayante. Mais devait-elle?
Elle leva les yeux vers lui d'un air incertain. "Est-ce que tu voudrais que je . . . "
"Pas maintenant." Il caressa doucement ses cheveux. "Ne mettons pas la charrue avant les boeufs. En ce moment l'emphase est sur toi."
"Je pensais qu'elle était sur nous," répondit-elle. Elle se recula, laissant un espace vide près d'elle sur le lit, une invitation qui accéléra d'ailleurs la chute des guêtres d'Haldir.
"C'est vrai, "dit-il. "Elle est en effet sur nous." Il s'allongea près d'elle et la rapprocha de lui, ses sombres cils baissés tandis que son regard parcourait son corps.
Maintenant qu'il était nu lui aussi, la timidité d'Elanor commençait à diminuer, remplacé par le désir de remplir son esprit d'image de lui, d'admirer sa si parfaite beauté masculine sans avoir le sentiment de se tourmenter avec quelque chose qu'elle ne pouvait pas avoir. Elle se sentit soudainement audacieuse et voluptueuse, voulant faire des choses qu'elle n'avait encore jamais faites. Pourtant ce qu'elle choisit de faire était probablement la chose à laquelle il s'attendait le moins et peut-être aussi la plus présomptueuse. Elle commença à défaire ses tresses de guerrier, lissant ses mèches d'un blond argenté tandis qu'il l'observait en silence, un léger sourire aux lèvres.
Enfin elle le voyait les cheveux détachés, et cette vision lui coupa le souffle. "C'est mieux ainsi, dit-elle doucement. Tu as l'air . . . très gentil."
"Merci, Elanor." Il semblait amusé. "Tu as l'air gentille aussi. Je crois que c'est comme ça que je te préfère. Nue et dans mon lit."
Il se pencha et brossa ses lèvres le long de la courbe de son épaule, il prit alors appui sur un coude, la parcourant du regard comme si elle était une oeuvre d'art qu'il souhaitait savourer. Au moment même où elle se demandait s'il allait enfin faire autre chose que de l'observer, il plaça sa main sur son estomac et commença à l'explorer. Le bout de ses doigts caressait sa peau le long de son ventre jusqu'en dessous de ses seins. Là, son pouce et ses doigts commencèrent à la masser sensuellement, caressant ses larges courbes mais sans jamais toucher ses mamelons, même lorsqu'elle se décala en gémissant.
Frustrée, elle enroula un bras autour de son cou et essaya de tirer sa tête vers son sein, une action qui déclencha un léger rire masculin. "Oui, Elanor ? Tu veux quelque chose?"
Elle le regarda, la ligne forte de sa mâchoire, ses lèvres pleines, son nez droit et la lueur d'espièglerie au fond de ses yeux. "Je te veux, Haldir." C'était la seule chose à laquelle elle pouvait encore penser.
"Je sais, dit-il doucement. Je te veux aussi. Mais je veux également prendre mon temps et apprécier l'expérience. Je ne suis peut être pas très bon pour flirter mais je suis bon à ceci."
"C'est ce que j'ai entendu dire. Ta réputation te précède, modeste créature."
Il arqua un sourcil. "Vraiment? Fais moi confiance alors."
"Je te fais confiance." En cet instant il n'y avait aucune taquinerie dans sa voix. "Je t'ai toujours fait confiance." Elle caressa ses cheveux, passant ses doigts dans leur douceur argentée. "D'ailleurs je pense que tu flirtes très bien . . . d'une façon coquine et impertinente."
"C'est pourquoi je flirte rarement. Je crains d'offenser. Je n'ai pas le talent de Rúmil avec les mots." Il se pencha et déposa un baiser léger sur son sein, puis il entrouvrit les lèvres et lui en donna un autre, plus humide plus près du mamelon. Enfin vint le troisième baiser, celui avec lequel il la taquina et l'effleura . . . jusqu'à ce qu'enfin sa bouche se referme sur le bourgeon douloureux.
Elanor haleta de plaisir. Une douce chaleur se répandit en elle, embrasant chaque recoin de son corps, et plus particulièrement cet endroit entre ses cuisses où le feu couvait depuis des heures. Là, elle sentit cette bouffée de chaleur désormais familière, le précurseur de ce besoin désespéré que seulement lui pouvait combler. Elle mourrait d'envie de le toucher, d'explorer chaque centimètre de sa peau, mais en même temps elle aurait voulu rester allongée comme ceci éternellement et ressentir cette exquise sensation aussi longtemps que possible. Peut-être avait-il finalement raison ; il était préférable d'aller doucement, au moins pour l'instant . . . car elle était vraiment un peu fatiguée, en dépit de ce qu'elle lui avait dit.
"Elanor, chuchota-t-il contre son sein. J'adore tes mamelons. Les admirer, les goûter . . . tu n'as aucune idée de ce que ça me fait. Je veux te dévorer de chaque manière possible." Il frotta sa joue contre sa peau, et transféra alors son attention à son autre sein, le mordillant et le suçant tandis qu'elle s'arqua en gémissant, au bord de la folie. De leur propre initiative, ses mains errèrent sur chaque partie de lui qu'elle pouvait atteindre, lissant ses cheveux, parcourant ses larges épaules et son dos fort, exaltée par la découverte de ces formes masculines, si différentes des siennes.
Un moment plus tard, il revint à ses lèvres, sa langue pillant agressivement sa bouche en une conquête exaltée et vorace. Quelque chose dans sa façon de la toucher, dans le placement de ses mains et dans le mouvement pressant de son corps sur le sien rendait ce baiser particulier, comme un acte de possession, revendiquant des droits non réclamés jusque là. Ivre de bonheur, Elanor enroula une jambe autour de la sienne, et en retour il pressa sa cuisse musclée contre les replis féminins qui dissimulaient son centre douloureux. Serrée contre lui, elle frotta la plante de son pied le long de son mollet dur tandis que dans le même temps elle tendait la main pour le toucher plus intimement.
"Oh, Elanor . . ." fit-il dans un souffle, alors que les doigts d'Elanor s'enroulaient doucement autour de lui. Il gémit doucement à la fois de plaisir et de bien-être, les yeux à moitié fermés. Pourtant dès les premières caresses, il saisit la main d'Elanor. "Pas trop. Ce que tu as fais ce matin m'a apaisé en surface, mais . . . cette partie de moi est toujours la plus désireuse de continuer. J'essaye de ne pas l'écouter, mais ce n'est pas facile. Elle a parfois une volonté propre."
"Comme son maître," fit-elle avec espièglerie.
"Pas du tout, corrigea-t-il en souriant. "Son maître n'est pas régi par la convoitise."
"Bien sûr que non. Son maître est trop sage, noble, têtu, obstiné et . . ."
"Elanor, arrête."
"C'est d'ailleurs la raison pour laquelle son maître m'a permis de m'asseoir sur ses genoux ce matin, ajouta-t-elle d'un air mutin. Et de faire ce que j'ai fais."
"Ah, je vois que tu réclames une punition." Sans avertissement, les poignets d'Elanor furent saisit et ses jambes écartées par une paire de genoux puissants. Haldir se plaça entre ses cuisses comme si c'était son droit légitime, exactement comme il l'avait fait il y a de nombreuses semaines, cette nuit à Fondcombe. "Je pense qu'il est l'heure de la vengeance d'Haldir," fit-il d'un ton faussement sévère.
Elanor vit une lueur dangereuse briller dans son regard. " Que vas-tu faire? Haldir, ne pense pas une seule seconde à me chatouiller!" Elle lutta pour libérer ses mains, mais ses efforts échouèrent ; elle ne pouvait lutter contre sa force.
"Oh, Elanor, Elanor," dit-il en secouant la tête, "Tu m'as encore mal jugé. Cesse de t'agiter. Tu viens juste de dire que tu me faisais confiance."
"C'est vrai , mais . . ." Elle leva les yeux vers lui, mal à l'aise.
"Fais le alors. Fais moi confiance. Je ne vais pas te chatouiller. Ne me donne pas de mauvaise idées. J'ai autre chose en tête. Quelque chose de mieux."
Elle l'observa avec suspicion. "Ceci n'implique aucun hithlain, n'est-ce pas?"
"Aucun hithlain." Le rire trembla dans sa voix. "Je ne vais pas t'attacher. Fais moi confiance."
"Je te fais confiance, répondit-elle. Mais qu'entends-tu par vengeance?"
"C'était une plaisanterie, rien de plus. D'ailleurs je pense que tu vas aimer la vengeance que j'ai en tête." Il semblait très sûr de lui. Presque suffisant.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit d'autre, il captura de nouveau sa bouche en une demande pressante qui paraissait totalement normale et légitime, comme si la caresse de leur langues mélangeaient plus que leurs bouches. Alors il libéra ses poignets et se redressa, réarrangeant sa position et celle d'Elanor de sorte qu'il se soit retrouvé assit entre ses jambes avec les cuisses d'Elanor posées sur les siennes, de chaque côté de ses hanches. Elanor se crispa alors, se sentant plus exhibée que voluptueuse. Ce n'était pas ce qu'elle avait prévue. En effet, être allongée de la sorte, exposée à son regard, était une expérience inconnue et légèrement embarrassante.
Pourtant c'était sur son visage que son regard était tourné, ses yeux reliés aux siens d'un air rassurant. "Confiance," fit-il doucement. Ses mains glissèrent lentement vers le haut de ses cuisses, mais à sa stupéfaction elles évitèrent entièrement cette partie d'elle qui brûlait pour lui. Au lieu de ça elles planèrent au-dessus de ses hanches et de son estomac, ses doigts suivant le tracé de ses courbes, coulant de long de ses épaules, de ses bras et de ses mains avant de changer de direction, suivant minutieusement un chemin le long de son corps jusqu'à ses chevilles et ses pieds.
En soupirant légèrement, Elanor ferma les yeux et se détendit; l'apaisement séducteur produit par sa caresse était incroyablement agréable. En effet c'était si apaisant que sa gêne première dériva au loin sur cet océan de sensualité qui semblait sans fin . . . jusqu'à ce qu'enfin elle sentit la peau de ses doigts à cet endroit où elle désirait tant être touchée.
Les yeux d'Elanor s'ouvrirent brusquement tandis que des sensations nouvelles déferlaient en elle. Elle n'avait pas oublié qu'il avait fait ceci avant, comme s'il n'avait aucun doute sur ce qu'il faisait. Cette fois-ci était identique, sauf que ses doigts semblaient pénétrer plus profondément, si profond qu'elle en ressentit même un léger malaise, pourtant cela ne dura pas plus de quelques secondes. Et alors, tandis que son pouce entourait son centre féminin, le taquinant sans discontinuer, le frottant même de temps en temps, elle trembla et s'agrippa aux plis des draps, haletant de façon inégale. Ses paupières se fermèrent. Elle ne savait pas très bien quoi faire avec ses mains, mais, par les Valar, lui savait exactement quoi faire avec les siennes. C'était exquis, un lent et consumant plaisir qui se transforma bientôt en un supplice brûlant. Á tout moment . . . n'importe lequel maintenant, serait sûrement celui qu'elle avait tant attendu, celui ou il associerait son corps avec le sien . . .
Enfin elle sentit qu'il se déplaçait, mais pas dans la position qu'elle avait prévu. Au lieu de ça, elle sursauta violemment quand elle sentit le contact de ses lèvres à un endroit des plus inattendu et intime. "Que . . . qu'est-ce que tu fais ?" bégaya-t-elle, baissant les yeux vers lui d'un air incrédule. Rúmil ne lui avait rien dit à ce sujet!
Ses yeux rencontrèrent les siens. "Je prends soin de toi, Elanor. Détends toi. Fais moi confiance."
Elanor haleta de nouveau alors qu'il commençait à l'embrasser, la stimulant doucement d'une manière qu'elle n'avait jamais cru possible. De plus, il semblait apprécier ce qu'il faisait . . . ce fut sa dernière pensée logique avant un certain temps car le feu à l'intérieur d'elle redoubla d'intensité, s'approchant encore d'avantage de cette conclusion explosive à laquelle elle aspirait tant. "Haldir, haleta-t-elle d'une voix irrégulière. Je ne peux pas . . . c'est . . . oh seigneur . . ."
Et puis, faiblement, un bruit pénétra sa conscience. Un coups.
Un coups sur la porte d'entrée du talan. "Haldir!" s'exclama une voix lointaine. Elle sentit Haldir se figer. La porte extérieure cliqueta, comme si quelqu'un essayait d'entrer.
Haldir leva la tête et elle vit sa propre incrédulité reflétée dans ses yeux.
"Haldir!" Un nouveau coup à la porte. "Haldir, je sais que tu es là. Ouvre la porte, veux-tu? C'est important!" La voix d'Orophin.
Haldir sauta du lit et attrapa ses guêtres. "Excuse-moi, Elanor. Je reviens tout de suite . . . dès que j'aurais tué mon frère."
Tremblante de désir, Elanor le regarda sortir furieusement de la chambre et refermer la porte derrière lui tandis qu'elle serrait les cuisses en se mordant la lèvre, espérant qu'il se dépêcherait. Elle entendait sa voix, basse et brusque, exigeant de savoir ce qu'au nom des couilles de Morgoth voulait Orophin, mais elle ne réussit pas à discerner la réponse d'Orophin. Les deux frères échangèrent alors quelques mots à voix basse, puis la porte d'entrée s'ouvrit et se referma.
Haldir revint, le visage emplit de contrariété et d'un extrême mécontentement. "Elanor, Je suis au regret de t'informer que je dois sortir. Ce n'est pas Orophin mais Rúmil que je vais tuer. Il semble que mon plus jeune frère soit tellement ivre qu'il s'est affalé sur le toit du talan d'une demoiselle, beuglant certaines de ces chansons très incorrectes dont je t'ai parlé."
Elanor se redressa, portant un drap sur sa poitrine. "Es-tu vraiment obligé d'y aller? Pourquoi Orophin ne pourrait-il pas s'en occuper?"
"Parce que Galadriel l'a envoyé me chercher. Apparemment elle pense que c'est mon devoir de traîner mon fou de frère loin du toit et de mettre un terme à ses activités. Je ne devrais pas être long . . . Ca ne devrait pas prendre longtemps pour le ficeler et le ramener jusqu'à chez lui." Il fit glisser sa sous tunique au-dessus de sa tête. "Repose toi durant mon absence. Essaye de dormir."
"Je ne vais pas dormir, Haldir, fit-elle, frustrée. Comment peux-tu suggérer une telle chose? As-tu oublié ce que nous faisions?"
Il s'approcha du lit et souleva son menton. "Je sais, mon amour, et je suis désolé. Attends moi," ajouta-t-il fermement avant de se pencher et de déposer un baiser rapide sur sa bouche.
"Evidement que je vais t'attendre," commença-t-elle avant de réaliser ce qu'il avait dit et de rougir. "Evidement," répéta-t-elle. Elle le vit sourire légèrement. "Mais je ne vais pas dormir."
Son sourire se fana. "Oh si, tu vas dormir." Et avant qu'elle puisse l'arrêter, il lui jeta un charme de sommeil. Elle se sentit sombrer dans l'obscurité avant qu'elle même qu'elle ait eu le temps de lever une main pour le gifler. Alors elle réalisa soudain qu'il l'avait appelée son amour . . .
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"Mais que lui as-tu dit exactement? Fit Tarwë l'air perplexe. Il n'avait jamais fait quelque chose comme ça auparavant."
Hochant la tête, Nerwen s'enfonça encore plus profondément dans l'ombre du mallorn, le regard fixé sur le toit de son propre talan, situé le long du chemin. "Je te l'ai déjà dit. Je lui ai dit que je ne pouvais pas accepter son cadeau, et la raison de mon refus. J'ai rendu très clair le fait que je savais ce qu'il comptait faire de moi et que je n'étais absolument pas dupe." Le simple fait de penser à ceci lui causait une douleur intense, une douleur qui l'avait hantée durant des années. Sa douleur secrète, comme elle l'appelait. Elle ne l'avait cependant jamais dit à personne excepté Tarwë, qui comprenait parce qu'elle souffrait également, bien que pour une raison différente. Le partage de leur chagrin avait fait d'elles des amies très proches.
Le regard de Tarwë était également dirigé vers l'endroit où Rúmil se tenait, de même que les regards de plusieurs douzaines d'autres habitants de la cité. "Cette chanson est choquante. Heureusement qu'il à une voix plaisante, mais je pense qu'il a tellement bu qu'il ne réalise pas que tout le monde l'entend."
"Y compris le Seigneur et la Dame," ajouta Nerwen d'une voix dure. "Il s'en moque totalement. Il veut seulement m'humilier." Elle ne pensait pas vraiment ce qu'elle disait, mais à l'heure actuelle sa colère était si forte que si elle avait pu atteindre Rúmil, elle l'aurait correctement et durement et giflé. "C'est pour ça qu'il a choisi mon toit, ajouta-t-elle. Comme ça les autres penseront que je suis responsable de sa situation dégradante. Après cette nuit, je ne pourrai plus jamais regarder la Dame de lumière dans les yeux."
"Je doute fort que le Seigneur et la Dame te blâment pour tout ceci, fit Tarwë d'un ton apaisant. En fait, il m'a semblé que Seigneur Celeborn était clairement amusé. Il avait un grand sourire quand je l'ai vu. Et j'aurais voulu que tu vois le regard qu'il a échangé avec Galadriel. Elle ne souriait pas, mais pourtant je te jure que ses yeux scintillaient. De toute façon, elle a fait appeler Haldir, ce qui va régler le problème."
"Je n'aimerais pas être à la place de Rúmil quand il va arriver," murmura Nerwen, avant de grimacer tandis que Rúmil entamait une nouvelle chanson, une qui parlait de lui même et de toutes sortes de cabrioles avec des demoiselles très vigoureuses. "Incroyable, chuchota-t-elle. Il ne grandira jamais, jamais." Elle était heureuse que Celeborn et Galadriel soient retournés à leur talan.
Tarwë glissa un bras réconfortant autour des épaules de Nerwen. "Allez, tu l'imagines autrement? Je sais ce que tu ressens. N'est-ce pas précisément son humour et son don d'amuser les autres et de les mettre de bonne humeur qui t'attire?"
"En partie, oui. Mais je veux un elfe qui sache aussi être sérieux. Je veux quelqu'un qui . . . " Nerwen laissa sa voix s'évanouir dans un souffle. Elle n'avait nul besoin de dire ceci à nouveau. Elle et Tarwë avaient eu cette conversation beaucoup de fois, et elle n'avait jamais résolue ou changée quoi que ce soit. Rúmil était ce qu'il était, et elle devait l'accepter.
"C'est un guerrier habile, lui rappela Tarwë pour au moins la centième fois. Il doit être sérieux parfois. Je suis sûr qu'il ne raconte pas de plaisanteries sur le champ de bataille."
Nerwen trembla à la pensée de Rúmil, son Rúmil, au milieu d'une bataille effrayante. Elle ne pouvait pas l'imaginer, et ne voulait surtout pas le faire. Elle savait aussi que Tarwë parlait avec sagesse et que Rúmil devait avoir un côté sérieux, si seulement il lui laissait l'occasion de le voir. " Crois-tu que je devrais essayer de faire quelque chose?" demanda-t-elle finalement.
"Que pourrais-tu faire ? Monter sur le toit avec lui ?" Tarwë serra son épaule. "Haldir et Orophin vont prendre soin de lui. Regarde, ils arrivent."
Nerwen tourna la tête et vit Haldir s'avancer d'un air furieux le long d'un caillebotis voisin. Ses cheveux ne portaient pas leur habituelles tresses, il n'était pas entièrement habillé, et son expression dangereuse ne présageait rien de bon pour son plus jeune frère. "Oh seigneur," fit-elle sans réfléchir. Elle ignora le regard moqueur que Tarwë lui lança.
En tant que frère de Rúmil, le Surveillant de Mars l'avait toujours intéressée ; elle le trouvait attirant et elle avait toujours admiré son physique quand il ne la regardait pas. Cependant, elle n'avait jamais partagé son lit, en partie parce qu'il ne lui avait jamais proposé, et en partie parce qu'il était le frère de Rúmil et ceci était important pour elle. Il était également connu comme ayant une discipline sévère et, se rappelant ceci, elle craignit presque pour Rúmil avant de se souvenir comme il méritait la colère d'Haldir. Alors une nouvelle crainte l'envahit. Haldir allait-il bannir Rúmil à la frontière pendant une éternité ? Elle entremêla ses doigts et se dit à elle même qu'elle était idiote de s'inquiéter.
"Ce sera bientôt finit maintenant," fit Tarwë tranquillement.
La voix forte de Rúmil leur parvenait depuis la cime de l'arbre tandis que ses deux frères le rejoignaient. Un instant plus tard Rúmil se tut, mais Nerwen ne savait pas si c'était parce qu'il s'était évanoui ou bien parce qu'Haldir lui avait jeté un charme. C'était très probablement la deuxième solution. Nerwen retint son souffle tandis que les deux frères faisait descendre un Rúmil inconscient du toit jusqu'à la plate forme. Alors Haldir mit Rúmil sur son épaule tandis qu'Orophin se retournait et s'inclinait vers le groupe d'elfes présents. "Il a bu un peu trop de vin, fit-il avec tact. Nos excuses à vous tous." Sur ces mots, les deux frères prirent congé.
Nerwen combattit l'envie de se précipiter à leur suite et de supplier Haldir de ne pas punir Rúmil trop durement.
"Est-ce que tu va les suivre?" demanda Tarwë.
"Non, fit Nerwen en se mordant les lèvres. Non, je ne dois pas." Elle fit un pas en avant. "Je ne devrais pas," ajouta-t-elle d'une vois vacillante.
"Dépêche-toi," fit Tarwë d'une voix douce.
Nerwen inclina la tête, reconnaissante de l'appui inébranlable et de la compréhension de Tarwë. Soucieuse de rester dans l'ombre, elle rattrapa les trois frères, sans bien savoir ce qu'elle allait dire ou faire, mais avec la seule certitude qu'elle devait agir avant de le regretter. Après tout, tout ceci la concernait bien plus que n'importe qui d'autre. En quelque sorte, Rúmil était à elle. . . bien que personne d'autre ne le sache. Pas même Rúmil.
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Haldir savait qu'ils étaient suivis, bien qu'il n'ait pas pris la peine de se retourner pour voir quelle elleth était derrière eux. D'ailleurs, en cet instant précis il s'en moquait. Il était impatient de retourner auprès d'Elanor et il n'était absolument pas d'humeur à accorder beaucoup d'attention à cette mystérieuse elleth. Rúmil avait toujours eu des demoiselles qui lui tournaient autour, nul doute que c'était l'une d'entre elles, une très désireuse de veiller sur son frère chéri à l'aide de ses tendres mains et de ses lèvres affamées. Quoique qu'elle ne risquait pas de tirer grand chose de lui ce soir, pensa-t-il d'un air sardonique.
Orophin le précéda et ouvrit la porte du talan de Rúmil afin qu'Haldir puisse entrer directement à l'intérieur. Toujours très en colère, Haldir le jeta sans cérémonie sur son lit et commença à faire demi-tour.
"Ne devrions-nous pas le déshabiller? S'enquit Orophin. Ou au moins lui retirer ses bottes?"
"Fais-le si ça te chante, fit Haldir d'un brusque. Je pars." Il se dirigea alors vers la porte.
"Haldir, qu'est-ce qui ne va pas?"
Haldir fit volte-face. "Tout va bien, hormis mon mécontentement extrême face à la conduite de notre frère. N'est-ce pas une raison suffisante?"
Orophin leva une main en signe de dénégation. "Il souffre à cause de quelque chose, et je pense savoir ce que c'est, mais toi . . . tu sembles à cran." Son pénétrant regard bleu brillait de curiosité. "Quelque chose ne vas pas avec Elanor?"
"Non. Pourquoi penses tu ça?" demanda Haldir, méfiant.
"Et bien . . ." Orophin arqua un sourcil. "Tu es revenu de la frontière pour elle, n'est-ce pas? Vous avez passé tout l'après-midi ensemble, n'est-ce pas ? Et maintenant, ce soir, tu sembles exceptionnellement hors de toi. Alors je me demande pourquoi."
"Je ne suis pas hors de moi," répliqua Haldir. "Et même si je j'étais, cela ne te regarderais pas." Voyant le regard sur le visage d'Orophin, il se radoucit. "Pardonne-moi, Orophin. Je ne suis pas à cran. Quant à Elanor, elle dort en ce moment. Elle est fatiguée et moi aussi."
Orophin sembla alors prêt à accepter cette explication. "Où étiez-vous toute l'après-midi?" demanda-t-il en souriant.
Haldir hésita, mais ne vit aucune raison de dissimuler cette information. "Je l'ai emmené voir les ninniach-loth."
"Ah. J'imagine qu'elle a dû aimer ça." Au soulagement d'Haldir, Orophin semblait prêt à changer le sujet, parce qu'il jeta un rapide coup d'oeil sur le corps inerte de Rúmil, avant de hocher la tête en direction de la porte du talan. "L'un de nous deux devrait aller lui parler," fit-il à voix basse.
"Qui est-ce? "Demanda Haldir, sans grand intérêt.
Orophin se rapprocha de lui et chuchota, "Je pense que c'est Nerwen. Je crois qu'elle est la cause indirecte du comportement de notre frère ce soir, mais c'est seulement une théorie. Il était sur son toi et j'ai remarqué des choses . . . " Il fit un geste vague.
"Es-tu en train de me dire que tout ceci est une sorte de querelle d'amoureux?" Haldir grimaça à l'idée d'être mêlé à l'une des affaires de coeur de Rúmil. D'autre part, il se rappela soudainement que Rúmil avait exprimé le désir de courtiser quelqu'un. Etait-ce la demoiselle en question? Et est-ce que c'est ça qu'il appelait courtiser?
"Vas lui parler, Haldir. Essaye de découvrir tout ce que tu peux."
"Pourquoi moi?"
Orophin parlait toujours à voix basse. "Puisque, cher frère, Elanor dort . . . et Doria non. Tout ceci est arrivé à un moment très incommode pour nous, si tu vois ce que je veux dire."
Haldir ne voyait que trop bien et n'éprouvait que peu de compassion, mais il se retint de laisser échapper la réplique cinglante qu'il aurait tant aimé faire. "Très bien, je vais lui parler," dit-il avec résignation.
Il trouva Nerwen debout dans l'ombre qui entourait la porte de Rúmil. Elle était égale à elle-même, grande, jolie et majestueuse, pourtant quand leurs regards se croisèrent, il remarqua qu'elle semblait nerveuse. "Nerwen,"dit-il, "Au nom de mon frère, je m'excuse pour ce qui c'est passé ce soir. Je suis sûr que Rúmil fera ses propres excuses demain."
"Merci." Elle fit un pas en avant, le regard plongé dans le sien. "Je suis sûr que tu te demandes pourquoi il a choisi mon toit."
"Au contraire, quand Rúmil est concerné, je ne cherche pas la logique."
"C'est vrai," concéda-t-elle, semblant un peu amère.
Il l'étudia plus soigneusement, et vit une profonde tristesse miroité dans ses yeux. "Rúmil t'a-t-il blessée d'une manière ou d'une autre, Nerwen?"
"Non, fit-elle, en secouant vigoureusement la tête. Non, nous sommes amis, lui et moi. C'est pour ça que je suis ici. Je pensais que peut-être tu allais le discipliner d'une quelconque manière." En voyant qu'Haldir ne répondait pas, elle ajouta, "J'ai pensé que tu pourrais décider de l'envoyer à la frontière."
"La pensée m'a traversé l'esprit, reconnu Haldir. C'est à son tour d'y aller. En tant que surveillant de Lórien, il a un devoir à exécuter. Ce n'est pas une punition mais un engagement, qu'il a choisit volontairement."
Les yeux de Nerwen étaient grand ouvert. "Oui, naturellement, je comprend . . . Mais tu ne vas pas l'envoyer là-bas trop longtemps n'est-ce pas? Pas à cause de ses chansons, je veux dire?"
Haldir lutta pour ne pas sourire. " Pendant dix ans, tu veux dire? Ou peut-être même cinquante?"
"Il n'a pas abîmé mon toit. Et personne n'était vraiment choqué." Elle entremêla ses doigts ensemble. "Je veux dire, tout le monde sais comment est Rúmil. Ce qu'il a fait n'est pas si terrible. Je suis sûre que nous avons tous entendu de telles chansons avant."
"Rúmil va accomplir son devoir à la frontière exactement comme tous les surveillants. Mais non, Nerwen, je ne vais pas envoyer mon frère là-bas plus longtemps que d'habitude. Il devra te remercier pour ça. Dois-je le lui dire?"
Elle sembla tout un coup paniquée. "Non! Oh, non, s'il te plaît de ne lui dit pas que je suis venue! Il va y accorder une signification à laquelle je ne pensais pas. Nous sommes seulement des amis, et . . ." Elle redressa ses épaules. "Et c'est tout."
Haldir inclina la tête, souhaitant savoir quoi lui répondre. "Je dois dire qu'Orophin et moi n'avons pas fait grand chose pour le mettre à l'aise. Nous sommes tous les deux assez en colère contre lui. Peut-être, qu'en tant qu'amie, tu pourrais voir comment il va avant de partir. Il ne saura jamais que tu étais là."
"Peut-être." Elle se mordit la lèvre. "Tu n'y vois pas d'objection?"
"Ce n'est pas à moi d'objecter," fit Haldir. Il se retourna pour partir, et, du coin de l'oeil, il la vit s'avancer vers le seuil du talan de Rúmil. Nerwen était une adorable et charmante elleth, une qu'il avait toujours bien aimé, bien qu'il n'ait jamais eu envie de la séduire. Ceci s'expliquait sans doute à cause de son intérêt pour Rúmil; parfois il sentait ces choses là. Il espérait seulement que Rúmil ne lui avait pas brisé le coeur, parce que c'était évident qu'elle l'aimait beaucoup. Peut-être devrait-il casser le crâne de son frère et y mettre un peu de bon sens.
D'un pas rapide, Haldir se dirigea de nouveau vers son talan, Nerwen et Rúmil disparaissant rapidement de son esprit tandis que ses pensées se tournaient de nouveau vers Elanor.
Il s'arrêta en la voyant, profondément endormie avec seulement la moitié du drap qui la recouvrait, belle à en mourir à la douce lueur de la lanterne. Etait-elle vraiment devenue plus belle de jour en jour? Il se noya dans sa contemplation, emplit d'impatience et du désir de la prendre dans ses bras et de recommencer.
Rapidement mais doucement, il retira ses vêtements et se rapprocha du lit, mais là, en baissant les yeux vers elle, il hésita. Elle était fatiguée, même si elle était peu disposée à l'admettre, et il voulait qu'elle soit entièrement éveillée et alerte quand il lui ferait l'amour pour la première fois. Il avait pensé à cela tellement de fois, tant de nuits, imaginant comment cela serait. Il savait ce qu'il voulait.
Déchiré, il s'allongea à côté d'elle et respira son parfum, admirant la manière dont le nuage sombre de ses cheveux se répandait à travers l'oreiller. Il aimait ses cheveux, comme il aimait tout ce qui la concernait. Elle était si belle à ses yeux, si stupéfiante en fait. Elle riait même à ses plaisanteries. C'était la chose la plus étonnante de toute.
Il tendit la main et toucha sa joue, doucement, pour ne pas qu'elle se réveille. Comme sa peau était douce, si parfaite et pâle qu'elle semblait briller. Il laissa son regard tomber sur ses seins nus. Ils étaient parfaits eux aussi, bien faits et pleins, avec des charmants et attrayants mamelons qui semblaient fait pour être sucés. Et cette délicieuse partie féminine entre ses cuisses, l'enivrante douceur qu'il avait trouvée là . . . il déglutit, se rappelant les gémissements de plaisir qu'elle avait eu tandis qu'il la goûtait et la caressait avec toute sa longue expérience. Le souvenir de ses gémissements et de ses soupirs furent presque trop pour lui. Il lui fallut chaque parcelle de sa maîtrise de lui-même pour qu'il se retienne de tendre le bras et de la réveiller.
A la place il décala soigneusement le drap afin de voir le reste de son corps, ce qui, il le réalisa immédiatement était une erreur. Son membre palpita presque douloureusement, un mal qui lui était trop familier, et il poussa un gémissement de frustration. Il était tenté de soulager son tourment avec sa main pour espérer obtenir un court répit . . . mais il ne le fit pas. A la place, il décida de rester là et de la regarder dormir. Son désir pour elle importait peu, ni même le fait qu'il brûlait pour elle d'une manière dont il n'avait jamais brûlé pour personne. Il aurait bien assez de temps pour lui faire l'amour au matin. Elle était fatiguée et il pouvait attendre. C'était la meilleure et la plus sage décision.
Evidemment, il savait qu'elle pourrait ne pas être d'accord avec ça. Il releva le drap au dessus d'eux, corrigeant sa pensée. Elle ne serait absolument pas d'accord, mais il avait l'habitude de prendre des décisions difficiles et elle non.
Il espérait seulement qu'elle ne serait pas trop en colère contre lui.
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Elanor se réveilla à la première lueur de l'aube, durant cette période tranquille juste avant que les oiseaux ne commencent à chanter. Elle roula sur le côté et sursauta, confuse, en voyant Haldir à côté d'elle, nu et profondément endormi. Alors la mémoire lui revint d'un coup. Toute sa mémoire.
"Haldir!" fit-elle furieusement. Elle lui enfonça les doigts dans les côtes. "Réveille-toi!"
Il attrapa son poignet avant qu'elle puisse le frapper de nouveau. "Je suis réveillé, Elanor." Il ne semblait pas heureux de son réveil.
Insouciante de sa nudité, Elanor se redressa et lui jeta un regard noir. "Comment as-tu osé me laisser dormir!" Elle essaya de dégager son bras mais il le tenait fermement.
"Tu avais besoin de repos," fit-il d'une voix égale.
"Tu avais dit que tu reviendrais tout de suite!"
"Et c'est ce que j'ai fais, dit-il, ses yeux gris balayant son visage. Calme toi, Elanor. Je suis pas d'humeur à être réprimandé."
"Tu m'as jeté un sort de sommeil," l'accusa-t-elle.
"En effet. Tu en avais besoin." Il la serra contre lui.
"Je ne voulais pas dormir! Je voulais . . . "
La bouche d'Haldir coupa net ses reproches. Le baiser était long, profond, et assez ardent pour réduire son indignation en miette. Quand enfin il fut finit, Haldir dit "Je sais ce que tu voulais." Ses yeux brillaient de malice tandis qu'il se redressait sur un coude. "Et je vais te le donner ce matin. Plusieurs fois, j'espère."
Son coeur fit un bond dans sa poitrine. "Tu aurais dû me réveiller," répéta-t-elle d'un ton boudeur. Néanmoins, la promesse dans ses yeux l'a calma et l'excita à la fois. "Tu ne peux pas imaginer les rêves que j'ai fais."
"Oh, vraiment? Fit-il d'une vois suave. J'étais moi aussi en train de faire un rêve très intéressant . . . jusqu'à ce que tes doigts fins aient mit un terme prématuré à tout ceci." Il approcha sa bouche de son oreille. "Veux-tu que je raconte? Ou préférerais-tu que je te fasse une démonstration?"
Elanor sourit et enroula son bras autour de son cou. "Qu'est-ce que tu préférerais?"
"Je préférerais te montrer." Il fit glisser sa main le long de la courbe de sa hanche, à travers son ventre et, en bas, ses doigts glissèrent hardiment entre ses cuisses pour fouiller dans les plis délicat et intime de sa chair. Elle haleta quand il glissa un doigt à l'intérieur d'elle; déjà, elle tremblait de désir pour lui. Comment ceci avait-il pu se produire si rapidement, avec un simple contact de la main?
"Mais, Elanor, tu es déjà humide, fit-il d'un air provocateur. Je pense que j'aimerais entendre ton rêve."
"Toi d'abord," répliqua, essayant de se tortiller contre sa main, mais il avait d'autre projet et il décala ses doigts juste assez pour la contrecarrer.
Sa langue glissa avec passion le long de la courbe de sa gorge. "Dans mon rêve, c'est ce que je faisais. Je t'embrassais. Ta bouche. Tes seins. Et plus bas, ici." Son pouce frotta son bouton douloureux. "Enfin, je ne devrais pas parler de baiser. Sucer, peut-être. Lécher. Goûter. Et tu aimais ça."
Elle eut un souffle frissonnant. "Et dans mon rêve, Haldir, je t'embrassais également. Cette partie là de toi." Tendant la main, elle découvrit qu'il était dur comme du roc, comme la nuit dernière. "Tu . . ." Elle fit une pause, se sentant timide et maladroite. " Tu aimerais que je fasse ça? Que je t'embrasse là, je veux dire?"
La main entre ses jambes se baladait toujours. " Est-ce que toi tu aimerais?" fit-il en l'observant étroitement.
Son coeur commença à battre la chamade. "Oui, mais je ne l'ai jamais fait avant alors . . . Je ne sais pas si . . . " Elle sentit le rouge lui monter aux joues. "J'ai peur de ne pas réussir à te plaire vraiment, mais je peux essayer."
"Oh, Elanor." Il s'allongea tranquillement et la regarda, une lueur captivante dans le regard. "Même le plus petit effort que tu voudrais faire dans ce sens me satisferait beaucoup."
Un délicieux frisson l'a parcouru. Elle voulait le toucher. Elle voulait vraiment le faire et ceci l'étonna elle même. "Tu as fermé la porte?" demanda-t-elle d'un ton impatient.
Un sourire paresseux naquit sur ses lèvres. "La porte est verrouillée et barricadée. Et si quiconque frappe, nous allons l'ignorer."
"Oh, bien." Elanor se décala jusqu'à ce qu'elle soit retrouvée à genoux entre ses longues jambes, avant de relever la tête pour le découvrir en train de l'observer. "Ne t'inquiètes pas. Je vais faire attention avec mes dents."
"Merci, Elanor." Sa voix était faussement douce.
"Au moins je vais essayer," ajouta-t-elle. "Mais si je te fais mal, dis le moi s'il te plaît."
"Tu seras la première au courant, je te le promet."
"Peut-être que tu ferais mieux de fermer les yeux," compléta-t-elle. "Tu me rends nerveuse."
"Prend ton temps, fit-il d'un ton apaisant. Et, Elanor, si tu ne préfères pas . . . "
"Non, je veux le faire. Reste simplement allongé."
"Ca risque d'être plus dur que tu le penses. Evidement, je peux être plus dur que tu le penses."
Elanor gloussa. Soudainement, sa timidité s'envola. C'était tout à fait naturel et normal, et elle n'était pas avec un étranger. Elle était avec Haldir, un elfe qu'elle aimait pour tellement de raisons, un elfe pourvu de tant de noblesse, d'intégrité et de dévouement qu'il avait mit de côté ses propres besoins pour qu'elle puisse se reposer. Et peu importait depuis combien de temps ils se connaissaient, ou même depuis combien de temps il était son amant, elle savait qu'elle ne regretterait jamais ce moment. Elle voulait seulement lui donner du plaisir et le rendre heureux.
"Oh, Haldir, pardonne moi," fit-elle humblement.
"Mais de quoi, Elanor?" demanda-t-il d'un air perplexe.
"D'être une idiote. De t'avoir réveiller si cruellement. De ne pas avoir admit que tu avais raison et que j'avais tort." Ses yeux étaient humides. "D'avoir placé mon bien-être au dessus du tien."
"Il n'y a rien à pardonner," fit-il d'une voix douce. Il prit sa main et l'a serra pendant un moment, son pouce traçant des petites figures apaisantes. "Touche-moi, chuchota-t-il. "S'il te plaît."
"Je vais le faire. Et tu n'es pas obligé de fermer les yeux à moins que tu le veuilles, "ajouta-t-elle tandis qu'il souriait légèrement.
Elle débuta lentement, laissant ses mains vagabonder le long de ses jambes et sur ses genoux, savourant sa fine musculature et cette puissance inhérente qui faisait tellement partie de lui. Comme c'était merveilleux d'avoir le droit de faire ceci, de pouvoir tracer les contours de ses muscles et de ses tendons, de caresser sa poitrine et son aine tendue sans risquer de réprimande. La chaleur et la fermeté de sa chair la fascinait, tous ces fermes contours masculins si différents des siens. Et ses cuisses . . . sans bien savoir pourquoi, elle voulait les embrasser, et c'est ce qu'elle fit finalement, frottant d'un air provocateur sa joue contre sa peau, la parsemant de baiser çà et là, se rapprochant graduellement de son but tandis qu'il attendait, la respiration inégale.
Finalement il commença à se déplacer légèrement, de minuscules mouvements qui lui indiquèrent clairement qu'il avait atteint les limites de sa résistance. Trop de fois elle l'avait approché et frôlé, mais enfin elle s'empara de lui, ses mains se noyant dans sa chaleur tandis que du bout des doigts elle explorait la chair douce comme de la soie qui entourait son membre droit. Il était parfaitement proportionné avec son physique puissant, une parfaite illustration de sa force et de sa vigueur. Appréciant cette sensation, elle le serra plus fermement et fit quelques longs va et vient avant qu'elle n'ait trouvé le courage de se pencher et de l'embrasser franchement. Il se contracta mais ne dit rien, ce qu'elle prit pour un encouragement, alors elle décida d'être plus entreprenante . . .
Alors que les minutes passaient, elle commença à comprendre ce qui lui donnait le plus de plaisir. Certaines actions rendaient sa respiration inégale, d'autres le faisait respirer profondément ou gémir doucement, et c'était bien sur ces actions là qu'elle répétait, gagnant lentement en confiance et, elle l'espérait, en compétence.
"Assez," fit-il tout d'un coup, si abruptement qu'elle en fut surprise.
Elle leva la tête, mais avant qu'elle ait pu lui demander ce qui n'allait pas, il l'a prit par les avant-bras et l'approcha de lui, plaçant les genoux d'Elanor de chaque côté de ses hanches et ses mains sur ses épaules. Ses cheveux retombant autour d'eux comme un voile foncé. Il les mit doucement de côté de sorte qu'ils retombent en cascade dans son dos.
"Viens plus près, fit-il, la guidant de telle sorte que sa poitrine soit à la hauteur de la bouche d'Haldir. Comprenant ce qu'il voulait, Elanor mit de côté sa timidité et se pencha en arrière pour lui offrir un meilleur accès. Des sensations exquises la parcoururent alors qu'il caressait et suçait ses seins, sa bouche allant d'un sein à l'autre tandis que ses doigts caressaient le mamelon libre. Alors il glissa une main entre ses cuisses et dès cet instant le monde commença à tournoyer . . .
Distraitement, elle l'entendit dire quelque chose. "Pardon?" haleta-t-elle. Elle ouvrit les yeux et le regarda avec confusion.
"C'est sans importance." Il eut un rire léger. "J'ai ma réponse."
Sans ajouter quoi que ce soit d'autre, il la coucha sur le dos presque rudement, et se planta entre ses jambes. Le poids de son corps l'a pressa sur le matelas, mais à sa grande surprise il ne fit aucun mouvement.
Ses lèvres balayèrent le siennes. "Elanor, je veux compléter ton plaisir avant de te faire mal. Je ne sais pas quel sera l'intensité de la douleur. Ca pourrait faire complètement disparaître le plaisir."
"Oh." Elle plongea les yeux dans son regard gris, le coeur battant. Elle posa une main sur sa joue. " J'ai confiance en toi, cher Haldir. Je te laisse le choix."
"Bien." Il fit glisser sa main, et pendant un moment il l'a caressa habilement, faisant n'être de nouvelles et ardentes sensations en elle, comme des étincelles rougeoyantes. Elle se sentait sur le point d'éclater mais pourtant il ne l'a prit pas. A la place, il se décala, plaçant ses genoux à proximité de ses mollets, le corps placé de telle sorte qu'il reste un espace entre eux. Elle n'en comprenait pas vraiment la raison, mais elle ne dit rien, et écarta les jambes pour qu'il se place au milieu. Alors, enfin, elle baissa les yeux vers leur deux corps, vers la pleine épaisseur de son sexe en équilibre devant le sien, et sentit une soudaine vague d'inquiétude l'envahir. Elle leva alors la tête et le vit l'observer.
"Ne t'inquiète pas," fit-il d'une voix rauque. Il se pencha et embrassa la base de sa gorge, puis ses lèvres. " Détends toi et laisse moi m'occuper du reste."
Elle inclina la tête, déglutissant tandis qu'il entrait en elle. Immédiatement elle fut étonnée par l'opposition entre la légère douleur qu'elle ressentait et son désir brûlant qui l'a consumai. Avant qu'elle puisse s'y habituer, il se retira, puis la pénétra à nouveau, mais très légèrement, bien moins que ce qu'elle avait prévu. Son inquiétude augmenta.
"Ca ne marche pas?" demanda-t-elle, saisissant ses coudes.
Il baissa la tête, le regard brillant d'un mélange d'amusement et de tendresse. "Cela fonctionne très bien. Lève tes genoux plus hauts."
Elanor obéit, et alors quand il reprit ses mouvements elle sentit éclore la chaude et merveilleuse fleur qui se consumait en elle depuis la nuit passée. Il l'attisait encore plus avec ses vas et viens, qui étaient peu profonds mais pourtant étonnamment efficaces. Il fit ceci encore et encore, le visage emplit de détermination, des perles de transpiration sur son front comme seul témoignage de la retenue dont il faisait preuve. Vaguement, elle réalisa qu'il avait ralenti, mais elle pouvait seulement haleter et s'accrocher à lui, cherchant son propre plaisir, tendant vers cet achèvement avec un désir croissant tandis qu'il continuait ses légers et enivrants vas et viens.
"S'il te plaît, s'entendit-elle gémir. S'il te plaît, oh s'il te plaît, oh s'il te plaît, oh s'il te plaît . . . "
Et alors elle l'a sentit, une vague hurlante de plaisir pure qui s'emparait d'elle, presque insupportable par son intensité et sa durée. Elle poussa un cri, un son de pure extase sans aucun sens, mais qui contenait le nom d'Haldir quelque part en son coeur. Cela dura plus longtemps qu'elle l'avait imaginé, une douce vague de plaisir plus puissante que tout ce qu'elle avait déjà ressentit. Quand elle eut enfin reprit assez ses esprits pour ouvrir les yeux, elle leva les yeux et le vit l'observer, le visage portant une expression de triomphe.
"Oui? Fit-il le regard scintillant. Tu as aimé ça?"
"Oh, c'était merveilleux." Elle sourit d'un air rêveur. "J'ai fait beaucoup de bruit."
"Un bruit délicieux et beau. Et maintenant c'est mon tour."
"Oui." Elle le saisit par les bras. "Je suis prête pour toi."
Il se pencha et lui donna un nouveau baiser avant de reprendre ses mouvements, pénétrant chaque fois un peu plus profondément jusqu'à ce qu'il ait heurté sa barrière. C'était plus inconfortable que ce qu'elle avait prévu, mais elle essaya de le lui cacher, et préféra se concentrer sur sa magnificence, et sur le fait que cela c'était stupéfiant qu'elle soit ici avec lui. Elle se rappela qu'elle avait, il y longtemps de cela, pensé une fois à lui, l'associant alors à une étoile, bien trop brillante pour qu'elle la touche. Et maintenant, ils étaient là, faisant ceci. Comme c'était incroyable que tout ceci se soit produit. . .
Ses poussées étaient plus dures maintenant, augmentant en vigueur et en rapidité. Elle sentit qu'il essayait d'être doux, mais rien ne pouvait changer le fait que cela faisait mal. Alors vint la douleur de perforation. Elanor gémit, chaque muscle de son corps se contracta.
Haldir s'arrêta. "Courage, cher amour. Le plus dur est passé maintenant."
"Je vais très bien," haleta-t-elle, toujours tremblante du choc. "Ce n'était pas si terrible." Elle sourit faiblement. " Mais cela ressemblait d'avantage à une épée."
Sa bouche s'inclina en un sourire d'excuse. "Je le regrette. Mais j'ai une bonne nouvelle pour toi. Mon épée s'ajuste parfaitement dans sa nouvelle gaine. Tu étais inquiète à ce sujet, il me semble."
"Pas du tout," mentit-elle.
"Si, tu l'étais. Je dois dire que mon épée est extrêmement heureuse. Elle à bravé l'obscurité et la barrière de la nature. Et maintenant, mon Elanor, elle se sent comme chez elle."
"J'espère qu'elle ne pense pas que c'est une raison pour se détendre."
"Oh, Elanor, je crois que tu as acquis le talent de faire des plaisanteries coquines."
"Peut-être bien." Elle fit glisser ses mains à travers la large étendue de sa poitrine et prit un souffle profond.
Les plaisanteries faciles avaient aidé. Elle sentait la tension quitter son corps, lui permettant ainsi de se détendre et d'accepter la sensation peu familière de sa profonde présence en elle. Il avait à nouveau démontré sa sagesse en choisissant cet endroit et ce moment pour leur expérience. D'une façon ou d'une autre il savait toujours ce qui était le meilleur pour elle.
Il souriait toujours, mais son regard devenait de plus en plus voilé. "Mon épée surveille toujours le secteur, obtenant des renseignement sur la disposition . . . très enthousiaste et désireuse de continuer . . ." Sa voix se fana comme si il oubliait ce qu'il disait. Pourtant il sembla suffisamment reprendre ses esprits pour dire d'une voix inquiète, "Peux-tu le supporter si je bouge maintenant?"
"Oui, chuchota-t-elle. "Je vais très bien. Cherche ton plaisir, cher coeur." Les deux derniers mots s'étaient échappés par accident, mais il ne sembla pas le remarquer.
Ses poussées reprirent, de longs vas et viens de puissance sexuelle débridée, et avec chaque poussée, le corps d'Elanor s'adaptait petit à petit à l'invasion. Elle avait toujours mal, mais sensiblement moins, tandis qu'un plaisir bourgeonnant naissait en elle. Elle se souleva pour se coller contre lui, changeant légèrement l'inclinaison de son corps afin d'augmenter son propre plaisir. Ses jambes étreignirent ses hanches, les talons calés contre ses fesses, l'encourageant sans mots à aller aussi profond qu'il le souhaitait.
Suspendu au-dessus d'elle, les muscles de sa poitrine et des ses bras tendus, il ressemblait à un glorieux guerrier tout droit sorti de ses rêves, ou à un pâle et argenté amoureux d'un temps révolu. Mais il n'était pas un rêve. Il était aussi réel et palpable qu'elle, et sa respiration était rapide et forte.
Il se consumait de plaisir exactement comme elle s'était elle même consumée.
Avec une satisfaction profonde, elle réalisa qu'il avait finalement laissé tomber son masque. Son visage était crispé, ses yeux à moitié fermés, et des bruits vibrants, presque sauvages s'échappait de sa gorge, comme régit par ses instincts et ses désirs primaires. Il tremblait également tandis qu'il entrait en elle, encore et encore, avec une force et un désir qui aurait pu l'effrayer si elle ne lui avait pas si entièrement confiance.
"Elanor," haleta-t-il soudainement. Il arqua la tête, son corps entier se convulsa en frissonnant, lui donnant un air perdu. Un moment plus tard il s'effondra sur elle, toujours frissonnant alors qu'il tentait de reprendre son souffle. "Oh, Elanor," murmura-t-il à nouveau. Ses mains s'enfoncèrent dans ses cheveux, ses doigts les parcourant tandis qu'elle caressait ses épaules saillantes parsemées de frisson.
Elle laissa ses mains s'égarer sur son dos alors qu'il était toujours allongé sur elle, semblant récupérer. "Etait-ce bien?" demanda-t-elle doucement.
Il souleva la tête et embrassa son front. "C'était plus que bien. Je n'ai aucun mot pour te dire à quel point c'était bien."
Elle réfléchit à ceci et se décala légèrement ceci. "Assez bien pour le refaire?"
"Tout de suite?" Il arqua un sourcil. "Ah, je vois. Tu as besoin de plus d'attention que ce que ma noble épée peut offrir."
Elanor rougit et eut un sourire timide.
"Donne-moi un instant. En ce moment mon épée boite et est couverte de sang."
"Quoi?" Les yeux d'Elanor s'élargirent. "Tu es blessé?"
"C'est ton sang, pas le mien," expliqua-t-il d'une voix douce.
Elanor se détendit, se sentant idiote. "Oh. Mais, tu as dit que tu boitais."
"Mou est sûrement un mot plus approprié, bien que je préfère ne pas l'employer. La petite épée d'Haldir a besoin d'un petit somme avant qu'elle ne puisse s'embarquer vers de nouvelles aventures."
"Pas si petite même maintenant," corrigea-t-elle.
"Elle se rétrécit vite," fit-il en riant. Il se dégagea de son étreinte et se redressa, avant d'en faire de même avec elle. C'est à cet instant qu'Elanor vit le sang, bien plus que ce qu'elle avait prévu. Il couvrait ses cuisses aussi bien que certaines parties de lui, se mélangeant avec cette autre substance laiteuse qui venait du corps d'Haldir. Puis, pour la première fois, elle remarqua le tissu rectangulaire qui se trouvait sous eux.
"Tu ne verras pas de sang sur les draps," Fit Haldir d'un air suffisant. "Parce qu'Haldir y a pensé pendant que sa dame dormait. Il ne voulait pas que la gentille elleth qui nettoie son linge soit en colère contre lui."
Elanor gloussa, mais avant qu'elle ne puisse répondre, il l'a souleva et se dirigea vers la salle de bain. " Et maintenant?" demanda-t-elle en se lovant contre sa poitrine.
"Maintenant nous allons prendre un bain ensemble. Je vais te laver avec une attention et un soin tout particulier. Tu pourras me laver aussi, si tu le désires."
"Oh vraiment ? Et qu'est-ce qui te rends si sûr du fait que nous allons tout les deux y tenir en même temps?"
Il baissa les yeux vers elle, un étrange petit sourire aux lèvres. "Je connais un moyen, Elanor. Fais moi confiance."
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Alors que la première lueur de l'aube commençait à peine à éclairer la chambre, Galadriel se dégagea de l'étreinte protectrice de Celeborn et sortit tranquillement du lit. La nuit passée ils avaient fait l'amour passionnément, et après ceci elle était restée allonger près de lui pendant des heures, à écouter sa respiration régulière, un son rassurant et toujours présent. Comme elle l'adorait, même après toutes ces longues années de mariage. Souriant affectueusement, elle enfila une longue robe, couvrant la fine chemise de nuit qu'elle portait. Après un dernier regard vers son amant, elle quitta le talan, ses pieds nus glissant sans bruit sur le chemin de bois.
Cela lui prit seulement quelques minutes pour rejoindre la terre ferme. La cité scintillait sous les rayons du soleil matinal, ses faisceaux se faufilant à travers l'épais feuillages, tel des rayons dorés qui éloignaient les ombres de la nuit. Les oiseaux piaillaient de joie autour d'elle, la saluant par de doux gazouillis. Elle eut un sourire, pourtant celui ci se fana tandis qu'elle avançait le long du chemin. Quelque chose l'appelait, alertant son esprit, la guidant en hâte le long d'un chemin verdoyant. Son miroir l'appelait, un événement rare, et Galadriel su qu'elle devait répondre.
Elle emprunta les escaliers de pierres usées qui menait à sa tonnelle, l'esprit emplit d'inquiétude. Combien de fois était-elle entré dans ce sanctuaire sans savoir si elle y trouverait du réconfort ou de l'inquiétude? Combien de fois avait-elle regardé dans son miroir en quête d'une réponse mais en n'obtenant que des énigmes? Ou même aucune réponse?
Trop souvent.
Elle porta sa carafe d'argent jusque sous la source avant de retourner près du bassin et de la vider, attendant patiemment que l'eau claire comme du cristal s'apaise avant d'y insuffler sa magie. Au départ la surface resta sombre et immobile, puis quelque chose apparut.
Comme dans cette autre vision, elle vit son mari, mais cette fois ci elle discerna quelqu'un derrière lui, sur le côté. Non, Ils étaient deux. Trois en tout, pourtant seul Celeborn était reconnaissable, les autres n'étant rien de plus que des ombres brumeuses. Il se tenait droit, les mains serrées derrière son dos, ses cheveux d'argent brillant d'un doux éclat tandis que son regard était fixé sur quelque chose qu'elle ne voyait pas. Il hocha la tête comme si quelqu'un lui parlait, puis se retourna brusquement sur lui même, les profondeurs bleues de ses yeux voilés d'inquiétude. Enfin il tendit les bras en un mouvement rapide sans qu'elle puisse voir à qu'elle fin.
L'image se fana.
Frustrée, Galadriel se pencha d'avantage, priant silencieusement pour que la vision se répète pour avoir au moins un indice sur tout ceci. L'eau ondula légèrement, révélant à son regard anxieux la cité des Galadhrim, paisible et sereine. Un autre flash, et encore une fois Celeborn apparut. Elle vit sa peur, mais aussi sa féroce détermination. Encore une fois il tendit les mains d'un mouvement rapide. Et enfin elle vit une autre image, une remplit de mains . . . et alors le miroir replongea dans le silence.
Galadriel retint son souffle et attendit, mais seul son propre reflet lui apparut. Lentement, elle se retourna, l'image de Celeborn s'attardant dans son esprit. Le Miroir avait essayé de lui faire passer un message. Des mains tendues. Beaucoup de mains. Qu'est-ce que cela signifiait? Etait-ce symbolique ou littéral?
Et qu'était-elle supposée faire?
A suivre . . .
