Chapitre 21: Paris

-Harry, je sais quel rôle va jouer Maud Gerdain dans la survie de tes parents.

Six yeux se tournèrent vers Hermione.

-Je sais pourquoi il faut la sauver, répéta inutilement Hermione.

-Dis-nous tout, lança Harry.

-Imaginons un seul instant que Sirius tombe réellement amoureux d'elle.

-Sirius n'est pas fait pour les situations stables, dit Harry d'une voix las.

-Laisse-moi continuer. Sirius est amoureux de Maud. Sauf que peu de temps avant de pratiquer le Fidelitas, Maud disparait. Sirius est anéanti et apprend quelques jours plus tard que Voldemort l'a bien tuée.

-Et?

-Il est donc complètement déstabilisé. Mais vous savez comment il est, il n'avouera jamais être malheureux à cause d'une fille! Il est conscient que son chagrin le rend moins fort d'esprit, il a peur de craquer si Voldemort le torture… Même à James il ne pourrait s'avouer affaibli par une fille… Il prétexte que le coup de bluff et c'est finalement Pettigrow le Gardien du secret.

-Sirius dit tout à James. Et il m'aurait parlé de cette fille s'il… commença Harry.

-Il a fallu que tu te retrouves dans la maison de ses parents pour qu'il accepte de te parler de sa famille, trancha Hermione. Je crois que le souvenir de Maud était trop douloureux pour qu'il en parle. T'a-t-il dans le futur parlé de ton père après Poudlard?

-Non, pas vraiment… D'ailleurs, il n'a jamais vraiment parlé de ce qu'ils faisaient tous après Poudlard, à part l'Ordre du Phénix… Hermione, je ne sais quoi penser de ton hypothèse.

-Vous vous souvenez de ce que Glenson avait dit sur le futur de Sirius? intervint Ginny.

-Le nom de sa femme…

-Par Merlin, Hermione, ça se tient! Oui, sa femme dans la boule s'appelait Maud! s'écria Harry.

Durant le reste du voyage (trois longues heures), ils discutèrent et émirent toutes sortes d'hypothèses quant aux histoires que pourrait leur raconter Gabrielle Mentes.

Une fois arrivés à Cherbourg, ils cherchèrent un endroit pour se cacher et transplaner à Paris. Ils se cachèrent derrière une cargaison de poissons qui sentaient horriblement mauvais. Quelques secondes plus tard, ils étaient devant la Potion Fumeuse, un bar plutôt miteux qui faisait vaguement penser à la Tête de Sanglier. Harry entra le premier dans le bar et s'approcha du comptoir.

-Bonjour, dit-il au barman. Nous voudrions voir Gabrielle Mentes.

-Harry Potter? chuchota son interlocuteur.

Harry hocha la tête en signe d'approbation.

-Gabrielle! appela-t-il. Ils sont arrivés!

Ils entendirent le plancher craquer à l'étage. Ils regardèrent Gabrielle Mentes descendre gracieusement les escaliers. Ses cheveux blonds platines étaient coupés jusqu'à la mi-nuque et ondulaient légèrement vers les pointes. Elle avait des yeux bleus froids et perçants. On aurait dit qu'elle volait lorsqu'elle marchait, tant elle était gracieuse. Harry lui soupçonna des origines Vélanes.

-Albert, tu seras gentil de nous monter quatre Bierraubeurres et un Whisky Pur-Feu, dit Gabrielle d'une voix suave.

-Chambre vingt six, c'est ça?

-Exactement.

Puis elle se tourna vers les quatre amis.

-Gabrielle Mentes. Harry, je suis ravie de faire ta connaissance.

Elle s'arrêta et observa les trois autres.

-Hermione, dit-elle en étreignant la jeune fille, élève brillante, n'est-ce pas?

-Heu… sûrement… bégaya Hermione.

-Et donc voici les enfants Weasley. Ginevra, tu ressembles beaucoup à ta tante Muriel.

-Pardon? dit Ginny d'une voix surprise.

Harry la comprenait. S'il avait été une fille, il n'aurait en aucun cas voulu ressembler à la tante Muriel.

-Suivez-moi, ordonna-t-elle. Nous serons plus à l'aise à l'étage.

Ils obéirent sans protester. Ils montèrent les escaliers grinçants en silence. Gabrielle ouvrit une porte, celle de la chambre vingt-six. Harry entra, suivi de ses amis, dans une jolie petite pièce. Les murs étaient peints en vert pâle et étaient couverts de plusieurs tableaux d'hommes qui devaient d'être d'importants sorciers français. Il y avait dans une cheminée allumée qui dégageait une agréable chaleur bienvenue si on en considérait le froid glacial des rues parisiennes. Ils s'assirent sur un canapé moelleux, en face de Gabrielle, qui elle était assise sur un fauteuil en velours.

-Je suppose que Chloé vous a raconté une partie de l'histoire.

-Oui, répondit Hermione. Elle nous a expliqué le duel entre Voldemort et Antoine Martin, elle nous a dit que Tristan et Gustave Gerdain étaient actuellement prisonniers…

-Parmi les fidèles de Jedusor, il y a un espion qui est à notre service. Il nous a récemment appris que Jedusor avait découvert où était Maud Gerdain. Madame de Laurizon était jusqu'alors sa protectrice mais avec le professeur Dumbledore, nous ne craignons que cette protection ne soit pas suffisante. C'est pourquoi Maud, bien qu'elle ne joue pas au Quidditch, est venue à Poudlard. Ainsi elle est sous la protection de quatre éminents sorciers. Malheureusement, Tom Jedusor a retrouvé sa trace… Et il est prêt à attaquer Poudlard n'importe quand…

-Quoiqu'il en soit, je ne comprends toujours pas pourquoi il était aussi important que nous quittions Poudlard.

-Il ne faut surtout pas que Jedusor attaque Poudlard, Hermione.

-Jamais Voldemort n'attaquera Poudlard tant que Dumbledore en sera le directeur, lança Harry.

-Il a pourtant attaqué Pré-au-Lard alors que ça ne devait pas arriver. Nous devons prendre toutes les précautions possibles. Rosa Del Combe sera capturée dès la semaine prochaine. Jedusor verra que vous n'êtes plus à Poudlard et orientera ses recherches ailleurs. Pour l'instant, le professeur Dumbledore souhaiterait que vous partiez à la recherche du médaillon. Jedusor a les pensées tournées ailleurs, il ne se doutera jamais que vous errez à la recherche de son Horcruxe…

-Excusez-moi, coupa Harry, mais à mon époque, le professeur Dumbledore m'a dit que seul lui, Ron, Hermione et moi connaissions l'existence des Horcruxes…

Gabrielle eut un sourire.

-Tom Jedusor me tuera la semaine prochaine. Ainsi que Chloé, Albert et Augustin.

-Et vous comptez vous laisser tuer par lui? s'étonna Ron.

-Je ne suis d'aucune utilité pour le futur. Il n'y a donc aucune raison de fuir ma mort prochaine. Je regrette juste de ne pas pouvoir voir ma fille grandir…

-Vous allez laisser une petite fille orpheline? s'indigna Harry.

-Oui, dit tristement Gabrielle. Elle s'appelle Cécile et elle a sept ans.

-Je vous interdis de vous laissez tuer par Voldemort! cria Harry.

-Qui es-tu pour m'interdire quoique ce soit? Cécile sera élevée par sa grand-mère, tout se passera bien pour elle.

-Je n'en suis pas sûr. Je sais ce qu'on ressent quand on n'a plus de parents. Vous avez la chance de pouvoir voir votre fille grandir, Madame Mentes.

-J'ai fait mon choix, Harry Potter. Ah, Albert, tu es là!

Albert était entré en silence, apportant les boissons.

-Cécile s'est réveillée, dit-il. Elle veut te voir.

-Demand- lui de venir, s'il te plait, répondit Gabrielle.

Albert sortit de la pièce en fermant la porte derrière lui.

-Est-ce qu'il est…

-Non, le père de Cécile était une amourette que je ne regrette absolument pas. Mais il ne faut rien lui dire, elle pense qu'Albert est son père.

-Maman! s'écria une petite fille qui entrait dans la pièce.

Cécile avait les mêmes cheveux blonds et les mêmes yeux bleus perçants que sa mère. Elle se jeta sur les genoux de Gabrielle.

-J'ai fait un mauvais rêve, Maman.

-Raconte-moi tout, ma chérie.

-Il y avait un méchant monsieur qui pointait sa baguette sur toi et tu es tombée pour ne plus jamais te relever! Je pleurais et le monsieur a lancé un sort à Papa, à Tante Chloé et à Oncle Augustin! Et moi, je continuais à pleurer et le monsieur m'a lancé un sort! Puis je me suis réveillée! Dis Maman, tu ne me laisserais jamais toute seule, n'est-ce pas?

-Bien sûr que non, ma chérie, murmura Gabrielle en la serrant dans ses bras. Mais maintenant il faut que tu ailles te coucher, j'ai des invités très importants. Je reviendrai te voir plus tard.

-D'accord.

Harry regarda la petite fille sortir de la pièce en sautillant. Une rage intérieure bouillonnait en lui.

-Cécile a depuis son plus jeune âge des rêves prémonitoires, expliqua Gabrielle.

-Et vous osez lui promettre ça alors que vous savez que vous allez mourir? dit Harry. Vous avez la chance de pouvoir tout changer et vous n'en profitez pas… Moi je l'ai saisie, cette chance.

-Tu voudrais peut-être que je lui dise que dans une semaine, son rêve se réalisera? La vie est bien plus compliquée que tu ne le penses.

-Je pense être assez bien placé pour savoir que la vie n'est pas une mince affaire! s'énerva Harry. Maintenant, si vous n'avez plus rien à nous apprendre, je serai ravi de quitter cet hôtel!

-Il me reste encore quelque chose à vous donner. Juzy!

Il y eut un «ploc» et un elfe de maison apparut aux côtés de Gabrielle Mentes.

-Voici Juzy. Vous aurez besoin de lui pour aller chercher le médaillon. Juzy, une fois que ta mission avec ces jeunes gens sera finie, tu iras travailler aux cuisines de Poudlard, d'accord?

-Oui, Maîtresse, couina Juzy.

-Bien. Maintenant, si vous voulez partir, je ne vous retiens pas.

-Merci, dit Harry d'un ton énervé.

Ils sortirent de la chambre suivis le l'elfe de maison. Ils descendirent les escaliers et sortirent du bar. Il pleuvait. Harry songea qu'il avait été stupide de faire comprendre que pour rien au monde il ne dormirait à cet hôtel.

-Où allons-nous? demanda timidement Ginny.

-Je ne sais, répondit Harry. Allons par-là.

Aucun d'entre eux n'était jamais allé à Paris. Ils ne connaissaient pas cette ville, ni personne. Ils continuèrent à marcher, marcher, marcher… La pluie était de plus en plus forte.

-Harry… supplia timidement Hermione.

-Ferme-la, Hermione. Juzy, tu connais Paris?

-Oui, Monsieur Harry Potter! couina fièrement l'elfe.

-D'accord. Où sommes-nousexactement?

-Rue Mouffetard, Monsieur Harry Potter.

-Ca m'aide… fulmina Harry. Bon, dis-moi où on pourrait se réfugier.

L'elfe réfléchit quelques instants.

-J'ai entendu ma maîtresse dire que Bathilda Tourdesac était en vacances à Paris.

-Bathilda Tourdesac? s'étonna Harry.

Etait-il possible que Dumbledore lui ait raconté l'aventure de Harry et ses amis? Il en doutait, mais Bathilda était pour l'instant le seul secours dont ils disposaient.

-Où habite-t-elle? demanda-t-il.

-Rue Mirbel, Monsieur Harry Potter. C'est à dix minutes d'ici.

-Très bien, conduis-nous-y.

Ils s'engagèrent dans une rue plus petite pour finalement en revenir sur une plus ou moins grande. La rue Mirbel était petite mais assez accueillante.

-C'est ici, dit Juzy en désignant le numéro 4.

-Alohomora, murmura Hermione pour ouvrir la porte d'entrée.

D'après la boite aux lettes, Bathilda habitait au cinquième étage. Ils prirent l'ascenseur et sonnèrent à la porte. Personne ne répondit. Harry regarda sa montre.

-Il est cinq heures du matin, dit-il. Pas étonnant qu'elle n'ouvre pas.

-Quand j'étais allée à Dijon avec mes parents, les boulangeries ouvraient très tôt! dit Hermione. On pourrait peut-être essayer d'aller manger quelque chose, non?

-Bonne idée, approuva Ron. Je meurs de faim.

Ils ressortirent de l'immeuble et trouvèrent une boulangerie ouverte. Une bonne odeur se dégageait du magasin.

-Juzy, si ça ne t'ennuie pas de passer sous la cape… dit Harry.

-Pas du tout, Monsieur Harry Potter.

Harry sortit sa cape et recouvra l'elfe avec.

-Bonjour, dit-il dans un français maladroit en entrant dans la boulangerie.

Le boulanger était un homme massif avec une grosse moustache marron.

-Jour, dit-il.

-Vous parlez anglais?

-Assez pour savoir c'que vous voulez.

-Très bien… Alors on va prendre cinq croissants, s'il vous plait. Et une baguette aussi.

-Ca fait quatre francs cinquante, grogna le boulanger en prenant cinq croissants dans la vitrine.

Ils sortirent de la boulangerie, dégustant leurs croissants chauds. Quand Harry en tendit un à Juzy, l'elfe fondit en larmes.

-Il ne fallait pas, Monsieur…

-Si, si, tu vas nous être d'une grande aide, Juzy.

Ils s'assirent dans un parc. Hermione sécha un banc à l'aide d'un sort et ils attendirent. Vers neuf heures, ils décidèrent de retourner chez Bathilda Tourdesac.

Quand Bathilda ouvrit la porte, elle fut surprise de découvrir quatre adolescents et un elfe de maison sur le seuil de son appartement.

-Oui? demanda-t-elle.

-Nous venons de la part de Dumbledore, improvisa Harry.

-Comment s'appelle le Phénix qu'il a acquit la semaine dernière?

Evidemment qu'elle leur posait une question! Règles de sécurité du Ministère…

-Fumseck, répondit Harry avec un sourire.

-Entrez-vite, dit-elle, il n'y a que des Moldus dans cet immeuble.

Ils obéirent et elle ferma rapidement la porte derrière eux.

-Il y a un problème? demanda-t-elle, quelque peu inquiète.

-Pas vraiment… Je m'appelle Thomas Logan, dit Harry. Nous…

-Ah oui, Thomas Logan, murmura Bathilda. Dumbledore m'a parlé de votre aventure singulière. Vous permettez que je vous appelle Harry?

-Vous savez?

-Bien sûr que je sais. Dumbledore était sûr que vous ne feriez pas confiance à Gabrielle Mentes. Et je vous comprends. Je n'ai jamais pu comprendre pourquoi Dumbledore lui accordait tant d'attentions. Il lui a tout raconté… Gabrielle Menteset Chloé Merrault! J'ai beaucoup de respect pour lui, mais à sa place je ferai plus attention à ses fréquentations!

-Pourquoi donc? demanda Hermione.

-Vincius Mentes était un proche de Grindelwald.

-Vincius Mentes est le père de Gabrielle et de Chloé?

-Exactement. Pendant toute leur enfance, Vincius Mentes leur a conté les «exploits» de Grindelwald. Elles se disent du côté du bien, moi je n'y crois pas.

-Pourtant, Dumbledore leur fait confiance, ça devrait vous suffire.

-Je ne suis pas dépendante de l'avis d'un sorcier, aussi puissant et admirable puisse-t-il être.

Personne ne répondit.

-Je suppose que vous ne pouvez pas retourner tout de suite en Angleterre à cause de cette famille due à Vous-Savez-Qui.

-Exactement.

-Tristan et Gustave ont été capturés à la fin de l'été, peu de temps après que vous fûtes attaqués par Vous-Savez-Qui… Depuis votre arrivée, les affaires ne vont pas forts pour lui. Mais il a réussi à attraper Tristan et Gustave… Dumbledore fait courir la rumeur comme quoi vous avez disparus de la circulation. Il va capturer Rosa Del Combe, croyant avoir la petite Gerdain… Vous pourrez bientôt rentrer chez vous.

-Est-ce que vous savez ce qu'il a dit à?... commença Harry.

-La vérité. Votre père est quelqu'un d'intelligent, même s'il a tendance à vouloir le dissimuler en faisant le pitre.

Harry eut un sourire. James connaissait la vérité et c'était le plus important.

Ils passèrent trois semaines chez Bathilda. Elle était très accueillante et attentive avec eux. Elle faisait un peu mamie gâteau. Elle leur enseigna plusieurs histoires passionnantes du monde magique.

Un matin, Harry reçut un hibou de Dumbledore.

«Voldemort pense avoir capturé Melle Gerdain. Vous pouvez revenir à Poudlard.

A.P.W.B Dumbledore»

-A bientôt, Harry Potter, souffla Bathilda Tourdesac en voyant Harry disparaître dans le feu vert de la cheminée de son appartement.

Chapitre court mais c'est en fait plus une transition.

La suite pas avant le week end prochain.

Merci pour les reviews

Candice.