Chapitre 20
Mariage ? Vous avez dit mariage ? (Part. I)
- Sérieusement ? soupira Peter en voyant Sirius cacheter la lettre.
Le brun ne lui adressa pas un seul regard, donnant simplement la lettre à l'homme derrière le comptoir, qui se retourna et la glissa à la patte d'un hibou, lequel s'envola immédiatement, l'air digne.
- Tu as un problème ? questionna Sirius.
Peter fit mine de réfléchir.
- Voyons… nous sommes arrivés il y a dix minutes, et tu ne m'as même pas laissé voir la chambre qui est la mienne pour cette semaine parce que tu voulais que je t'accompagne pour que tu écrives ta lettre. Tu as vingt-sept ans, t'es au courant ? Tu peux écrire une lettre tout seul. Surtout lorsque c'est une lettre pour ta copine, grommela Peter.
Sirius haussa les épaules, s'accoudant au comptoir.
- Tu sais très bien que si j'ai eu l'initiative de la carte du Maraudeur, c'est parce que je suis nul pour tout ce qui est orientation, et que je vais me perdre si je remonte à ma chambre tout seul, rétorqua le brun. Et j'ai promis à Alicia de lui envoyer un hibou dès mon arrivée. Ce que je fais.
Peter émit un grognement peu convaincu, se demandant de toute évidence ce qui avait bien pu se passer dans la tête de Sirius pour que, tout à coup, il tienne tant à faire des efforts. Puis, abandonnant l'idée de comprendre, il tourna la tête, et regarda par la baie vitrée de cet… hôtel ?
Ce n'était pas vraiment un hôtel, mais on pouvait difficilement le comparer à autre chose. Au milieu d'une île au large de la Nouvelle-Zélande, l'usage de la magie était autorisé puisque les Moldus n'avaient pas la moindre idée de l'existence de cette zone habitée. Par contre, Peter était bien en peine de dire sur quelle île ils se trouvaient exactement.
- Est-ce que tu as la moindre idée de l'endroit où l'on se trouve ? s'enquit-il auprès de Sirius.
Il aurait volontiers demandé à la personne qui avait pris la lettre de Sirius, mais l'homme avait disparu on ne savait trop où.
- Great Barrier Island ! l'informa une voix féminine.
Les faisant sursauter, Lily apparut au tournant d'une des portes, un grand sourire sur les lèvres, une valise flottant à ses côtés.
- Vos amis sont des goujats, dit-elle en désignant Remus et James derrière elle. Aucun d'eux n'a eu la politesse de me demander s'il pouvait s'occuper de ma valise. Les valeurs se perdent, c'est terrible…
- Hum, c'est normal, glissa Peter en souriant. La valise de James était certainement trop lourde pour qu'il puisse avoir l'idée de proposer ses services à une jolie fille…
Sirius et lui échangèrent un clin d'œil moqueur avant d'éclater de rire. James haussa un sourcil, soudainement inquiet du poids certes inhabituel de sa valise.
- Comment ça se fait que vous soyez déjà arrivés ? réalisa soudainement Lily, sentant qu'il valait mieux changer de sujet.
- Portoloin du Ministère, expliqua Peter en les serrant tour à tour dans ses bras, suivi de Sirius. On est partis avant l'ouverture de la majorité des Bureaux.
- Première fois que j'arrive aussi tôt au Bureau, grommela Sirius avec un sourire qui démentait sa mauvaise humeur.
- Première fois que tu arrives en avance, surtout ! se moqua Remus.
Il reçut une légère tape sur l'épaule, que lui rendit aussitôt Remus.
- C'est pour ça que je préfère le climat anglais, grommela James. Ils sont tellement déprimés par la pluie qu'ils sont calmes.
- Et c'est toi qui dis ça ? se moqua Lily. Monsieur je refuse de rester inactif une toute petite semaine pour soigner correctement ma main ?
Il ignora superbement la réflexion moqueuse, un léger sourire aux lèvres toutefois, et se tourna vers Peter.
- Pourquoi est-ce que vous êtes dans le hall ? Vous connaissant, je m'attendais à vous retrouver dans vos chambres, en train de profiter des soins offerts, ce genre de choses…
Il se passa automatiquement la main dans les cheveux lorsque l'homme qui tenait le comptoir réapparut.
- J'aurais jamais dû soigner cette main, grommela Lily. Il aurait fini par perdre cette manie à cause de la douleur…
Remus et Sirius éclatèrent de rire, James parut confus, et Peter, dans un moment de générosité envers son ami, ignora la pique et répondit à sa question.
- Bah, en fait, on est arrivés avec d'autres types du Ministère qu'on n'apprécie pas trop avec Sirius, expliqua-t-il en grimaçant. Il y avait aussi deux amis de Pearl, ou d'Ambre, ou des deux.
Il réfléchit un instant, puis, réalisant que cela n'avait aucune importance, secoua la tête avant de reprendre.
- J'ai donc voulu intégrer nos chambres au plus tôt, mais c'était sans compter sur Sirius qui voulait absolument écrire une lettre à Alicia à peine arrivé… Donc, nous sommes ici. J'étais en train de me demander où on était exactement quand vous êtes arrivés.
Remus et James échangèrent un regard entendu.
- Une lettre à Alicia, vraiment ? commença James.
- Pour lui dire quoi ? Qu'elle te manque déjà ?
- Que le soleil n'a pas la même saveur sans elle ?
- Que l'air marin t'inspire pour lui écrire des poèmes ?
- Que…
James ne réussit pas à terminer sa phrase, Remus riant légèrement et l'entraînant dans son rire.
- Ne les écoute pas, dit Lily en posant une main rassurante sur le bras de Sirius. Moi, je trouve ça très mignon !
Ce disant, elle accentua le rire des deux garçons, tandis que Sirius la fixait avec un air horrifié.
- Mignon ? Mais je ne veux pas être mignon ! Non, pas du tout ! s'exclama-t-il. C'est juste, euh…
Il fut incapable de terminer sa phrase, accentuant ainsi l'hilarité de James et de Remus.
- Mais non, tu n'es pas mignon, le rassura Peter en levant les yeux au ciel, se demandant s'il n'aurait pas dû refuser cette invitation, finalement. Tenez, enchaîna-t-il en jetant les clés aux nouveaux arrivants. Vos chambres. Les garçons, on est au même étage. Lily, tu es à côté de la chambre de Pearl.
- Je m'en doutais, dit la rousse. Elle veut toujours que je sois près d'elle quand on part en vacances, afin d'être sure que l'une peut ramener l'autre dans sa chambre après les longues soirées ! Bon, et si on allait voir nos chambres, maintenant ?
Sans attendre que quiconque la suive, elle partit d'un pas énergique, apparemment déjà rassérénée par la longue distance qui la séparait de Londres et des journaux à scandale.
- Eh ! Attends-nous ! l'appela James, en se dépêchant de la rejoindre.
- Sois plus réactif, rétorqua-t-elle, tu n'auras pas à courir pour me rattraper !
- C'est ça, c'est moi qui ne suis pas réactif, et pas toi qui…
- Vous savez quoi ? dit Sirius en les voyant s'éloigner sans eux. Ils me fatiguent déjà. Je sens que James et elle vont nous en faire voir de toutes les couleurs durant ce mariage.
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Sincèrement, elle pourrait presque s'y faire. Une semaine dans cette immense chambre, avec une baignoire jacuzzi – de toute évidence, Dan et Ambre avaient demandé à ce que le lieu soit aménagé pour le cas où des Nés-Moldus souhaitent profiter d'activités typiquement Moldues – un balcon donnant sur l'île. La plage n'était pas loin, mais un panneau à l'entrée de la chambre prévenait son occupant qu'il ne devait pas aller se baigner sans prendre connaissance, dans le hall d'entrée, des habitudes Moldues, pour ne pas être démasqué en tant que sorcier.
De toute façon, la rousse était prête à parier qu'aucun sorcier n'irait à la plage. Une piscine immense était mise à la disposition des occupants de l'hôtel – si c'en était un.
Oui, elle pourrait presque s'y faire. Presque, si elle n'avait pas déjà connu tous ces fichus hôtels à cause de son père, et qu'elle n'avait pas fini par les haïr au lieu de s'ébahir devant tout ce luxe.
Enfin, la dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans un tel bâtiment, elle avait vingt ans. Cela faisait déjà sept ans… il y avait prescription. Certains aspects de ces bâtiments avaient changé. Et, plus important, c'était la première fois qu'elle pénétrait dans un hôtel luxueux sorcier. Il y avait de quoi apprécier d'être dans cet établissement, tout de même.
Quelques coups, discrets, furent frappés à sa porte. Elle abandonna sa valise grande ouverte au milieu de son lit avant d'aller ouvrir.
Elle se retrouva nez à nez avec James, les mains dans les poches arrières de sa tenue.
- Oui ?
Il semblait légèrement gêné.
- Je venais simplement voir si tu étais bien installée, tout ça…
Un léger sourire naquit sur les lèvres de la rousse.
- Peut-on vraiment être mal installé dans ces immenses pièces ?
Il hocha la tête d'un air entendu. C'est vrai qu'il n'y avait pas de quoi se plaindre. Enfin, quoi que…
- Sauf au niveau de la lumière. On ne peut pas régler les différentes luminosités, et…
Elle croisa les bras, et le fixa avec un regard empli de reproches.
- Sérieusement ? Même là, tu réussis à trouver des reproches à faire ?
Il hocha les épaules.
- Ouais, enfin, c'est pas grand-chose, mais quand même, c'est…
Elle leva une main pour le faire taire.
- Non, James, sincèrement, ne rajoute rien.
Il sourit doucement.
- Alors, qu'est-ce qu'avaient mis Sirius et Peter dans ta valise pour qu'elle soit aussi lourde ?
James soupira, et secoua doucement la tête.
- D'énormes pierres, avec des calendriers sur chacune pour que je puisse noter les dates de nos futurs rendez-vous.
- Je ne suis pas sûre que ce soit un agenda très portatif, mais pourquoi pas, se moqua Lily avec une petite moue.
- Et ils ont eu le bon goût de refaire ma garde-robe, se plaignit James. J'ai réussi à faire partir presque tous les dessins, mais ils sont doués, quand même, en dessin perpétuel… Rappelle-moi de ne plus jamais manquer un seul de mes rendez-vous.
Lily le regarda avec des yeux étonnés. James soupira, et se retourna, montrant le dos du tee-shirt qu'il avait mis pour mieux supporter le climat néo-zélandais, très différent du climat anglais qu'ils avaient quitté le matin même. Dessus s'étalaient, dans un cœur rose, les mots « Je suis fan de Célestina Moldubec, et je l'assume ! », avec un portrait de la chanteuse, exécutant ses grimaces habituelles – qui, aux yeux de certains, passaient pour des sourires.
Lily se mordit les lèvres, se retenant à grand-peine de rire.
- Chacun ses goûts, après tout, réussit-elle à dire presque sérieusement.
- Je ne…, commença James en lui lançant un regard noir.
Il fut interrompu par un grand cri.
- Bouge de là, Potter ! Même apprendre que tu es fan de Célestina ne m'arrêtera pas !
Il sursauta et, sans s'en rendre compte, obéit à la requête. Pearl Moore sauta alors dans les bras de la rousse.
- Dis-moi que ton discours est prêt ! Dis-le-moi, parce que Dan m'a fait une crise ce matin quand je lui ai fait croire que je n'avais pas tout préparé ! Et puis, Ambre est stressée, tu n'as jamais vu ça ! La dernière fois que je l'ai vue stressée comme ça, c'était le jour où elle a annoncé à ses parents qu'elle sortait avec Dan, un type plus vieux qu'elle ! Tu sais comment sont ses parents ! Oh, et tu sais quoi ? Il y a des jacuzzis ! Mais attends, ce n'est pas le mieux ! Le mieux, c'est qu'il y a des séances de massage ! On peut prendre rendez-vous ! Et, oh, non, tu ne connais pas la meilleure ! Ambre m'a fait la surprise, mais il y aura Liam ! Et, non, attends, la meilleure, c'est celle-ci ! Ma grand-mère aura une chambre spéciale, elle est géniale, parce que tu connais ma grand-mère, elle se plaint tout le temps, alors ils lui ont préparé une chambre tellement parfaite que la seule chose dont elle pourra se plaindre, c'est du fait qu'une aussi grande chambre ne soit réservée qu'à une seule personne ! Oh, non, et, tu sais quoi ? Eh bien figure-toi que…
Réalisant tout à coup que Lily la regardait avec un sourire moqueur, qu'elle était toujours au milieu du couloir et, surtout, que James Potter était toujours présent, Pearl arrêta immédiatement de parler.
- Potter, qu'est-ce que tu fais encore ici ? grommela-t-elle. Tu n'as pas d'autres personnes à aller embêter ? Ou tu ne peux pas aller t'admirer dans un miroir ?
Il renifla, se passa la main dans les cheveux puis, regardant dans le vague, répondit d'un air détaché.
- Il paraît que les filles ont un miroir de plein pied, alors je suis venu voir si je ne pouvais pas m'admirer dans le miroir de Lily.
Et, avant qu'elles ne puissent réagir, il fit demi-tour, les mains dans les poches, sans leur adresser un regard de plus.
- Ce type est vraiment bizarre. Et insupportable, soupira Pearl. Et pourquoi est-ce qu'il est venu voir ça dans ta chambre ? Il n'aurait pas pu aller voir n'importe quelle autre fille ? Une fille qui se pâme d'admiration devant les joueurs de Quidditch, par exemple ?
Lily ouvrit la bouche pour répondre, désignant le couloir où se trouvait James quelques instants auparavant.
- En fait…
- Tttt, l'interrompit Pearl. Ta bonté naturelle et immense fait que tu vas encore tenter de défendre l'indéfendable, mais je ne te laisserai pas faire. On parle de James Potter. Je peux t'assurer que ce type ne sait rien faire d'autre que s'admirer le nombril. Je me demande souvent comment font ses amis pour le supporter. Peut-être qu'il les paie ? Entre nous, c'est tout à fait probable. On pourrait mener notre enquête, durant cette semaine. Tu sais, comme on faisait avant ! s'extasia Pearl en pénétrant – enfin – dans la chambre de Lily. Regarder les personnes qui nous entourent, essayer de comprendre avec qui elles sont amies, pourquoi, s'il y a de lourds secrets qui scellent leur amitié… Ce genre de choses ! Ce ne serait pas super ?
Lasse par avance, Lily hocha la tête.
Elle se rappelait maintenant pourquoi elle choisissait toujours les jeudis soirs comme tour de garde. Pour ne pas être obligée de supporter Pearl et ses envies irrépressibles de potins une soirée entière.
Et là, elle venait de s'engager pour toute une semaine.
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Finalement, elle avait craqué. Deux paquets de friandises plus tard, une vingtaine de vêtements sortis de sa valise pour prouver à Pearl que, non, elle n'avait pas changé de style vestimentaire – il faut dire qu'elle n'avait pas eu le temps pour faire les magasins, ces dernières années – et deux douches plus tard – la température était moite, heureusement que la cérémonie avait lieu tard dans l'après-midi – les deux filles, une serviette pour unique vêtement et allongées à même le sol pour profiter de la fraîcheur du carrelage, discutaient.
- Mais je ne suis plus rien ! s'énerva pour la troisième fois Lily en secouant les jambes pour montrer son énervement.
Pearl éclata de rire.
- Bon. De quoi es-tu sûre, dans cette histoire ? Non, ne t'énerve pas tout de suite, prends le temps de réfléchir avant de répondre « Je ne suis sûre de rien ! », la singea Pearl.
La rousse soupira, et prit le temps de réfléchir.
- Bon. La dernière chose dont je me souvienne, c'est que Liam t'avait dit qu'il ne voulait pas s'engager avec toi parce qu'il avait peur que tu penses qu'il ne sortait avec toi que parce que tu avais un frère célèbre. C'est bien ça ?
- Tu n'étais pas au courant du fait que Dan soit allé le voir pour lui dire que, de toute façon, qu'il sorte avec moi ou pas, il devrait quand même payer sa place pour les matchs ? s'étonna Pearl.
Lily réfléchit un instant. Puis soupira.
- Si… Merlin, je n'ai aucune mémoire, gémit-elle. Mais aussi, si tu avais des histoires plus simples que des garçons qui veulent sortir avec toi mais toi tu ne veux pas, et vice-versa, je me perdrais beaucoup moins ! reprocha-t-elle à Pearl qui riait.
Son amie prit son temps pour se calmer.
- Désolée, reprit-elle une fois un rythme norme de respiration retrouvé. C'est juste que c'est tellement amusant de te voir réfléchir à tout ce que tu as pu rater ou non…
- Oui, bah si tu avais des histoires moins compliquées, aussi…, bougonna Lily.
- Tu peux parler, se moqua Pearl.
Lily se renfrogna.
- Oui, bon, c'est vrai qu'entre Garry et Craig…
- Et Timmy. Tu te rappelles de Timmy ?
- Il ne s'appelait pas Timmy ! s'exclama Lily. Il s'appelait Timothy.
- Et il se comportait comme un gamin, d'où le fait qu'on l'ait surnommé Timmy avec Ambre, souligna Pearl. Je te rappelle que ce type était quand même un peu bizarre. Il est sorti avec toi dans l'idée de rendre son ex petite amie jalouse, alors que celle-ci allait bientôt se fiancer et qu'ils étaient séparés depuis… deux ans ?
Lily mit ses mains derrière sa nuque, réfléchissant sérieusement.
- Est-ce que tu crois que j'attire tous les mecs à problèmes et qui ne me conviennent pas présents sur Terre, ou bien j'ai simplement eu une malchance incroyable jusqu'à présent ?
Pearl éclata de rire, bientôt rejointe par Lily.
- Pour le moment, je t'accorde le bénéfice du doute, répondit Pearl une fois calmée. On va dire que tu as simplement de la malchance. Mais si le prochain type avec qui tu sors est un mec à problèmes, je t'assure que je te surnommerai Lily la maudite !
- Trop aimable, grommela Lily en souriant tout de même.
Elle releva la tête, regarda l'heure.
- Je crois qu'il faut qu'on se prépare. La cérémonie commence bientôt.
- Toi, Lily Evans, veut te préparer en avance ? railla Pearl.
- Si tu regardes l'heure, nous ne sommes pas vraiment en avance, avoua Lily. Mais c'est surtout que j'aimerais éviter de mourir, tuée par Dan ou par Ambre, au choix, parce que nous sommes arrivées en retard. Je te rappelle que nous sommes les premières à prononcer nos discours, et qu'on ne passera pas inaperçues si on arrive au dernier moment et qu'on remonte l'allée en courant et toutes essoufflées…
Regardant à son tour l'horloge, Pearl sauta tout à coup sur ses pieds.
- On se retrouve tout à l'heure ! s'exclama-t-elle en claquant la porte derrière elle.
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Il l'avait vue entrer, s'installer au premier rang, en tant qu'amie très proche de la famille, et témoin. Elle s'était retournée. Elle lui avait adressé un petit sourire. Et il s'était senti vraiment heureux. Comme ça, sans raison. Uniquement grâce à un sourire.
- Maintenant, je me rappelle pourquoi je déteste ce costume, grommela Peter en se grattant le cou.
- Il te démange toujours, c'est ça ? devina Remus.
- C'est exactement ça… Si ma mère ne l'appréciait pas autant, je vous jure que je l'aurais déjà balancé à la poubelle.
- Mais comme tu aimes faire plaisir à ta mère, tu continues à t'infliger ce supplice, comprit James en souriant.
- Ouais, c'est exactement ça…, soupira Peter.
- En parlant de ta mère, comment va-t-elle ? s'enquit Sirius.
Peter soupira.
- Elle n'a plus toute sa tête, malheureusement. Et comme il n'existe aucun centre pour prendre soin d'elle, eh bien, je demande toujours à la voisine d'aller la voir tous les jours. J'essaie de passer le plus souvent possible, mais ce n'est vraiment pas facile, en ce moment. Entre le boulot et James à l'hôpital, je dois bien reconnaître que je n'ai pas pu y aller souvent. Et là, avec le mariage de Dan, ça fait une autre semaine où je n'irai pas la voir régulièrement. Ceci dit, comme elle ne se souvient pas tout le temps de qui je suis, je crois que ce n'est pas bien grave si je ne vais pas la voir régulièrement, dit-il avec amertume.
James et Remus, qui l'entouraient, posèrent chacun une main rassurante sur son épaule.
- Allez, ne parlons pas de ma mère, dit Peter d'une petite voix. Ça va commencer, poursuivit-il en désignant du menton l'estrade.
Tous se turent.
C'était une belle cérémonie, simple comme le voulait Dan, avec un peu d'extravagances parfois, comme l'avait certainement exigé sa mère. Et celle d'Ambre, pour ce qu'en avaient compris les Maraudeurs – et surtout James – à chaque fois que le sujet avait été abordé dans les journaux, ou dans la maison des joueurs. Tous se levèrent pour applaudir les mariés une fois l'alliance conclue.
- Et maintenant, annonça le maître de cérémonie, emprunté à nos amis Moldus, le temps des discours est arrivé !
Il y eut un mouvement de surprise général, surtout chez les personnes les plus âgées, mais personne ne protesta vraiment.
Ce fut une tête rousse qui se leva en première, se dirigeant vers l'estrade.
- Cette gamine porte toujours des robes trop courtes, grommela une vieille femme au premier rang.
La rousse se retourna une fois sur l'estrade, et adressa un clin d'œil à la vielle femme.
- Je suis désolée pour les personnes choquées par la longueur de ma robe, commença immédiatement Lily en souriant. Je sais, mamie Moore, à quel point la longueur des vêtements est quelque chose qui vous importe.
Les joues de la grand-mère de Dan rosirent légèrement, honteuse d'avoir été entendue.
- Et je suis désolée de vous imposer cette coutume Moldue. Que voulez-vous, Dan et Ambre m'adorent, ils ont voulu me permettre de retrouver un peu de mes traditions dans cette cérémonie… À croire que ce mariage est plus le mien que le leur, finalement !
Quelques rires polis s'élevèrent.
- Plus sérieusement, reprit-elle, je ne pensais pas que préparer un discours était si difficile. Il y a encore deux jours, je me demandais si c'était une bonne chose de vous parler de comment se sont rencontrés et mis ensemble Dan et Ambre… et comment, moi, j'ai pris part à cette histoire. Pourtant, je crois que c'est la chose la plus importante que je puisse vous raconter. Et celle qui me rappelle le plus pourquoi nous sommes tous là aujourd'hui, et pourquoi je suis si amie avec eux deux.
Elle reprit son souffle, sourit légèrement.
- Toute cette histoire a commencé l'été de mes huit ans, et des onze de Dan…
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La petite fille rousse shoota dans un caillou qui traînait au bord de la route. Son père l'embêtait. Elle n'aimait pas du tout cette vie qu'il les forçait à vivre. Et puis, sa sœur aussi l'embêtait, réalisa-t-elle en fronçant les sourcils. Pourquoi est-ce qu'elle disait qu'elle était bizarre ? Ce n'était pas vrai du tout !
Heureusement qu'il y avait ce garçon, là-bas, dans l'Impasse des Tisseurs. Il lui avait expliqué ce qu'il était, et ce qu'elle était aussi. Et malgré ce que disait Pétunia, elle avait envie de le croire.
Elle s'était éloignée de la route principale, marchant à présent sur une route plus campagnarde, toute seule. Elle sursauta en entendant un premier bruit. Le second bruit, beaucoup plus proche, la fit tomber en arrière, lui faisant effectuer un grand geste du bras.
Il y eut un bruit assourdissant. Prenant peur, elle ferma les yeux.
- T'es perdue, petite ?
Elle rouvrit les yeux. Les referma, les rouvrit, battit des paupières un long moment.
- Je…, balbutia-t-elle.
Un immense bus se tenait devant elle. Violet, et sur trois étages. Pas du tout le genre de bus qu'elle avait l'habitude de prendre. Mais c'était bien un bus tout de même. De toute façon, elle n'avait pas la moindre idée de comment elle pourrait le qualifier autrement.
- Qu'est-ce que…
- Bon, Ernst, tu la fais monter oui ou non ?
Ernst, la personne chauve avec une barbe qui parlait de toute évidence avec Lily, ôta sa casquette et gratta son crâne luisant.
- Bah, le truc, Ernie, c'est que je suis pas sure que ce soit une bonne idée de la faire monter toute seule.
Lily, toujours incapable de parler normalement, entendit le bruit d'une personne se levant. Un petit homme se posta à côté du dénommé Ernst.
- Suis Ernie, grommela-t-il.
Il la regarda sous toutes les coutures.
- Doit bien être sorcière, sinon, on n'aurait pas pu recevoir l'appel, grommela-t-il. Et avec les directives du Ministère, si une enfant fait un grand mouvement du bras, on doit aller voir.
- Ouais, mais elle ne sait surement pas où elle habite.
En réalité, elle le savait très bien. À un quart d'heure à pied d'ici. Sauf qu'elle était incapable de le dire.
- Tu sais quoi, Ernie ? Je me demande si elle n'est pas de la famille des Brown. À Tinworth.
Ernie se gratta le dos.
- Sais pas. Z'ont pas déménagé ? grommela-t-il.
- Peut-être que des voisins savent où ils vivent maintenant ? suggéra Ernst.
- Barf. Peut-être. Petite, tu connais Tinworth ?
Pas du tout, songea Lily. Sauf que, de toute évidence, ces deux hommes étaient prêts à l'emmener faire un tour dans cette ville et que, si elle comprenait bien tout ce qui se disait, ces deux hommes étaient des sorciers. Et que, dans cette fameuse ville, il y avait d'autres sorciers. Parce que c'est ce qu'elle était, selon son nouvel ami. Une sorcière.
Alors elle hocha la tête.
- Très bien ! On t'emmène là-bas, alors. Monte. Et, ce sera gratuit, le rassura Ernie de sa voix bougonne.
- On repart bientôt ? gémit une voix dans le bus.
- Tout de suite, madame Jin ! s'écria Ernst. Installe-toi là, petite. Et accroche-toi !
Elle comprit moins d'une minute plus tard pourquoi elle devait s'accrocher. Le trajet, d'environ un quart d'heure, fut chaotique, avec pas moins de trois arrêts dans des lieux tout aussi différents les uns que les autres. Elle n'avait aucun doute concernant l'existence de la magie, à présent.
- On arrive bientôt, Lily !
Après le premier arrêt, il lui avait demandé comment elle s'appelait. Et d'une voix tremblante, causée par les mouvements brusques et surprenants du bus, elle avait répondu.
- Comme la fleur des rois français ! C'est Moldu, expliqua Ernst. Ma mère est une Moldue, c'est pour ça que je connais certains faits en rapport avec leur monde. Tu le savais, pour la fleur de Lys ?
Elle hocha vaguement la tête. Elle avait envie de vomir. Et elle s'était fait au moins trois bleus. Elle avait compté les coups pris, mais au bout du dix-huitième, elle avait arrêté. C'était trop effrayant.
- Et voilà ! s'exclama Ernst après un autre arrêt brutal.
Il ouvrit la porte, Lily derrière lui, chancelante.
- Oh, non ! grogna-t-il. Qu'est-ce que vous faites encore là, toutes les deux ?
- On attend le marchand de glaces ! s'exclamèrent deux petites filles en même temps.
Lily se pencha légèrement pour voir qui parlait. C'était deux petites filles, de son âge environ, assise en tailleur dans l'herbe, faisant un peu de magie.
- Vous ne devriez pas faire ça ici, leur fit d'ailleurs remarquer Ernst.
- T'es pas mon frère, répliqua celle qui avait des cheveux châtains.
- Et de toute façon, elle n'écoute pas son frère ! rit la seconde, blonde.
Abandonnant son idée première, consistant à vouloir raisonner les deux enfants, Ernst se décala, dévoilant ainsi Lily.
- Vous ne connaîtriez pas Lily, par hasard ? s'enquit-il le plus poliment possible.
Il avait toujours détesté ces deux gamines. Trop malignes pour leur propre bien…
- Je ne…, commença la fille aux cheveux châtains.
La blonde lui écrasa le pied.
- Bien sûr qu'on la connait ! Pour qui tu nous prends ? s'exclama la blonde. Viens, Lily, on va attendre ensemble le marchand de glaces !
Doucement, de peur de faire un faux mouvement, pas encore bien assurée sur ses jambes, Lily descendit lentement du Magicobus. Elle se retourna.
- Merci, dit-elle poliment à Ernst. À bientôt. Et j'aurai de l'argent pour payer, cette fois.
L'homme fit un vague signe de la main, comme si cela n'avait pas d'importance. Peu de temps après, le Magicobus s'évanouit dans la nature, dans un bruit assourdissant.
Lily se retourna alors, regardant les deux fillettes qui lui faisaient face, l'analysant sous tous les angles.
- T'es pas une sorcière, dit la fille aux cheveux châtains.
- Bah si, rétorqua la blonde. Elle n'aurait pas pu prendre le Magicobus, sinon.
La première grimaça une moue peu convaincue.
- Ernst ne verrait pas la différence entre un troll et un géant.
- Elle n'aurait pas pu appeler le Magicobus, répéta la blonde. T'es une sorcière ?
Lily rougit en entendant cette question directe.
- Bah…
- La question est pourtant simple, grommela la fillette aux cheveux châtains. Soit tu es une sorcière, soit tu n'es pas sorcière.
- Je le suis ! dit précipitamment Lily.
La blonde croisa les bras sur sa poitrine en regardant son amie avec un air disant « Je te l'avais bien dit ! ». L'autre fillette leva simplement les yeux au ciel.
- Tu as une preuve ?
- Je peux faire ça, dit simplement Lily.
Les fleurs qui étaient au sol s'ouvrirent et se fermèrent à rythme régulier, et les herbes qui les entouraient s'agitèrent lentement.
- Tu vois, je te l'avais bien dit, rit la blonde. C'est une sorcière ! Moi, je m'appelle Ambre.
Lily se tourna vers la seconde fillette, qui poussa un soupir contrarié. Elle n'aimait pas être contredite, de toute évidence.
- Moi, c'est Pearl, bougonna-t-elle finalement en enfonçant ses mains au fond de ses poches.
- Ravie de faire votre connaissance, dit la rousse. Et lui, c'est qui ? s'enquit-elle en désignant un garçon qui se dépêchait vers son but – elles, de toute évidence.
- Mon frère, soupira Pearl en roulant des yeux.
Le garçon se posta à côté d'elles.
- Qu'est-ce que vous faites encore là ? Les parents vous ont interdit de traîner par ici ! Et c'est qui, elle ?
- Notre amie, répondit joyeusement Pearl.
- Depuis quand ?
- Approximativement depuis huit minutes !
- Pff. N'importe quoi. Au lieu de dire n'importe quoi, on rentre !
- La vérité sort de la bouche des enfants, intervint alors Lily. C'est ce que disent les Moldus, murmura-t-elle alors que les trois autres enfants se tournaient vers elle.
Le garçon émit un sourire narquois.
- Les Moldus ne font pas de magie, alors je ne vois pas pourquoi je m'intéresserais à ce qu'ils peuvent bien dire. Et si t'es une Née-Moldue, je suis presque sûr que tu fais moins bien de la magie que nous, dit-il fièrement. Et puis, qu'est-ce que tu fais là, d'abord ?
- C'est Ernst et Ernie qui l'ont emmenée, expliqua Ambre.
- Ces deux-là alors… Ils devraient prendre leur retraite, grommela Dan. Allez, on y va.
Il commença à s'éloigner, les deux fillettes derrière lui. Lily, elle, restait sur place, indécise.
- Viens avec nous ! l'encouragea Ambre. Les parents de Dan et Pearl sauront comment te renvoyer chez toi !
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- Dan ne m'aimait pas. Vraiment pas, se rappela la rousse avec un petit sourire nostalgique. Je crois que je lui ai bien rendu la pareille…
Le marié hocha la tête avec conviction, déclenchant quelques rires dans l'assemblée.
- Mais après, il est devenu notre frère à toutes les trois. Il allait casser la figure aux garçons qui nous embêtaient… C'était amusant. Ça nous amusait beaucoup, en tout cas.
Elle reprit son souffle.
- Vous vous demandez surement pourquoi je vous raconte ça. C'est vrai, j'aurais pu vous dire tout un discours sur l'amour, ce genre de choses mais... je n'aurais jamais su décrire précisément ce que ressentent les deux héros du jour. Alors j'ai voulu vous raconter ce qui s'est passé, au début de notre amitié, pour qu'on arrive finalement à ce jour. D'après ce que m'ont dit Ambre et Dan, leur histoire n'a jamais été publiée dans aucun journal. La vraie version, je veux dire. C'est normal. Personne, ou presque, n'a pris la peine de creuser un peu, et de voir qu'ils se connaissent depuis aussi longtemps. Il n'y a que peu de leurs amis proches qui sont au courant de leur passé commun. Et nous sommes encore moins à savoir comment ils se sont mis ensemble.
Elle sourit, surement en repensant à ses souvenirs.
- Quand Dan a eu vingt-huit ans, allez savoir pourquoi, il a réalisé l'existence d'Ambre. En tant que femme, je veux dire, pas en tant que petite sœur de substitution quand la vraie l'embêtait trop. Un soir, on sonne chez moi, et je vois Dan, ce type toujours sûr de lui, qui tremble à moitié sur le pas de ma porte, l'air à moitié fou. « Deux semaines que je ne fais que penser à ça, Lily. Mais si je pense tout le temps à Ambre, on est d'accord que ce n'est pas que parce que je suis ami avec elle depuis des années, pas vrai ? On est d'accord que, si je déteste tous les types qui s'approchent d'elle, ce n'est pas parce que je suis trop protecteur, pas vrai ? ».
Elle sourit légèrement.
- Il était aux alentours de deux heures du matin, je crois. J'étais épuisée, je ne comprenais pas la moitié des mots qu'il me disait et, en plus, j'avais encore du mal à me remettre de ma propre rupture. Mais voir Dan dans cet état… Il est entré dans l'appartement, et il m'a tout dit. Tout ce qu'il pensait d'Ambre. Et je peux vous assurer qu'il ne pensait pas à elle comme on penserait à sa petite sœur ! Oh, ça, non… Il était amoureux. Complètement.
Elle essaya de ne pas dévier son regard vers le couple du jour, au risque de se mettre à pleurer. Elle avait encore pas mal de choses à dire… Ne pas craquer immédiatement était essentiel.
- Et moi, j'étais fière de lui. Et, égoïstement, je le reconnais, j'étais contente qu'il soit venu me voir. Il avait peur de le dire à sa sœur, il avait peur de le dire à Ambre. Il avait peur que ça soit vrai… Alors, en bonne copine que je suis, je suis allée tâter le terrain. Et Ambre ne se livre pas facilement. Elle semblait juste… indifférente. Jusqu'au moment où j'ai lâché « Et si Dan t'invitait à un dîner, comme ça, tu dirais quoi ? ». Elle a balbutié quelque chose d'inintelligible, s'est reprise. « Il l'a déjà fait », m'a-t-elle dit. « Oui, mais rien que vous deux. Comme si c'était un dîner en amoureux ». Pour la première fois de ma vie, j'ai vu Ambre rougir. Et le lendemain soir, elle était dans un restaurant, avec Dan. Il parait que leur première soirée s'est vraiment mal passée. Je n'étais pas présente, mais l'un après l'autre, ils sont venus m'avouer à quel point ils s'étaient sentis gênés. Et ça a continué durant plusieurs soirées. Jusqu'à ce que, Dan, pourtant pas du tout convaincu de ce qu'il était en train de faire, se décide à l'embrasser… Pour ce que j'en sais, elle a plutôt apprécié. En tout cas, elle en redemande souvent, des baisers !
Quelques rires, une fois encore, dans l'assistance.
- Et puis après, tout s'est plus ou moins accéléré… Je me rappelle du jour où ils l'ont annoncé à Pearl « Ah, depuis le temps que j'attendais ça… », des jours où Ambre, ou Dan, arrivait chez moi ou chez Pearl, selon chez laquelle on se trouvait, pour se plaindre d'une dispute, du jour où Dan nous a dit qu'il voulait demander en mariage Ambre, la joie qu'elle a montrée en acceptant, la crise de nerfs qu'elle a faite quand elle a su qu'on le savait et qu'on ne lui avait rien dit… Tous ces moments qu'ils nous ont racontés, tout cet amour qu'ils se partagent, tout ce bonheur qu'ils vivent…
Elle ferma les yeux un instant. Tout le monde vit la larme roulant sur sa joue. Comme quoi, on avait beau résister aux larmes alors que des journaux vous traînaient dans la boue, la célébration d'un mariage finit par avoir raison de vos barrages.
- Et mince. Je dois un Gallion à Pearl, soupira-t-elle. Moi qui avais parié que je ne pleurerais pas, renifla-t-elle en essuyant sa larme. Je n'y peux rien, c'est trop d'émotions pour moi, tout ça. Où est-ce que j'en étais, déjà… Ah, oui. Tout ce qu'ils ont vécu, tout ça… Y a des tas de jours où je me dis que je vais aussi vivre ce bonheur, la même chose qu'ils vivent, tous les deux. Malheureusement, je crois qu'ils ont épuisé les réserves de bonheur, tellement ils s'aiment, tellement ils vivent leur relation. Je…
Elle porta à nouveau la main à sa joue, n'essayant même pas de plaisanter sur les quelques larmes qui coulaient, une fois encore.
- Je… je crois qu'après cette petite histoire pour vous raconter leur passé, il ne me reste plus rien à dire… En fait, si. Il me reste une chose.
Elle reprit son souffle.
- Je crois que la dernière chose que j'ai à dire, c'est… Félicitations. Je pourrais vous souhaiter tout le bonheur du monde, mais vous l'avez déjà. Alors je vous souhaite la vie dont vous souhaitez. Je vous souhaite le plus beau des mariages, la plus belle des vies, le meilleur qui puisse exister sur cette terre. Et maintenant, je vais arrêter ce discours avant de pleurer toutes les larmes de mon corps, et je vais laisser la parole aux autres témoins.
En retournant s'asseoir, plusieurs invités la virent distinctement essuyer une petite larme. Encore.
- C'est donc à moi, il paraît, commença la voix – légèrement – enrouée de Pearl. Hum. Qu'est-ce que je pourrais dire qui n'a pas encore été dit… Je… Sincèrement, que mon frère et Ambre se mettent un jour ensemble, je m'en doutais, comme ce n'est pas permis. Je vous jure. Je l'ai su à mes vingt ans, à peu près. Sauf que quand j'en parlais à Lily, elle éclatait de rire, et ne me croyait pas. Il faut dire qu'à l'époque, c'est vrai que rien ne le laissait présager… J'aurais dû parier, j'aurais pu gagner beaucoup d'argent. Enfin. Toujours est-il que lorsqu'ils me l'ont annoncé, c'était… étrange.
James ne l'écoutait à présent plus. Lui, les discours des témoins… Il avait écouté Lily parce qu'il voulait connaître l'histoire de leur rencontre, à ces quatre-là. Il l'avait écoutée aussi parce qu'il était incapable de faire autrement. Mais à présent, il pouvait arrêter de prêter une oreille attentive à ce qui se disait.
Alors, sans vraiment l'entendre, il écouta Pearl dire qu'elle était heureuse de voir son frère se marier à sa meilleure amie, et inversement. Il l'écouta parler de toutes ces belles choses qu'elle leur souhaitait. Il entendit ensuite les deux témoins de Dan. Le premier était son ami d'enfance, avec qui il avait fait toute sa scolarité. Le second était un garçon rencontré lors de la formation pour devenir joueur professionnel, un type qui avait eu une blessure grave lors d'un entraînement de première année et qui avait dû abandonner ses rêves de gloire sur les terrains. Il écouta tous ces discours pendant longtemps, puis, enfin, ils purent tous se lever.
- Et pour terminer cette cérémonie…, commença Ambre.
- On s'excuse par avance pour toutes les personnes non Moldues qui ne connaissent pas la tradition, enchaîna Dan.
- Mais comme on souhaite à tout le monde de pouvoir vivre notre bonheur, ou du moins, d'espérer le vivre…
- On s'est dit qu'on pouvait insérer la tradition du lancer de bouquet final ! Sachez, mesdames, que celle qui l'attrape est, selon les croyances, la prochaine à se marier !
Les Maraudeurs se lancèrent un regard proche de l'affolement.
- On se tire vite, grommela James.
- Pas envie que la fille ayant attrapé le bouquet vienne voir par ici si son futur mari ne s'y trouve pas, renchérit Peter.
- Et le buffet est par là-bas, renchérit Sirius en désignant un mouvement de foule.
Ils se joignirent à la foule mouvante et, rapidement, chacun eut un verre et un toast en main.
- C'est ce que je préfère dans les mariages, ça, dit Sirius en souriant largement.
- Il y a encore des jours où je me demande comment les elfes de maison ont réussi à vous nourrir durant ces sept années à Poudlard, s'affligea Remus en les voyant engloutir toast après toast.
- Alors là, je suis bien de l'avis de Remus ! s'exclama Lily qui se laissa tomber sur une chaise à leur côté. Ça ne vous dérange pas si je vous impose ma compagnie ?
- Chtoi, grommela Peter.
Elle haussa les sourcils, sans comprendre.
- « Fais comme chez toi », traduisit Remus. Quand je dis que je suis désespéré de mes amis…
Le soupir qu'il poussa était tellement dramatique qu'elle ne put retenir un éclat de rire.
- T'es pas là-bas, en train d'essayer d'attraper le bouquet ? s'étonna Sirius.
- Avec ma chance habituelle, je suis sûre de l'attraper ce bouquet, et je n'en ai pas du tout envie ! rit-elle. C'est bien trop compliqué d'organiser un mariage.
- Ouais, puis c'est pas comme si t'en avais déjà évité un. Ça peut se comprendre que tu n'aies pas envie que la demande en mariage qui a failli t'être faite et à laquelle tu as échappé avec joie se reproduise.
Lily fusilla James du regard.
- Quoi ? Ce n'est pas non plus un secret d'État ! s'exclama-t-il en roulant des yeux.
- Tu pourrais être mariée à l'heure qu'il est ?! s'exclama Peter.
- Ouais, grommela-t-elle. Mais je ne le sais que depuis quelques jours, et j'espérais que votre meilleur ami comprendrait que je n'ai pas du tout envie d'en parler. Mais, de toute évidence, c'est peine perdue ! Et il est hors de questions qu'on continue sur ce sujet, enchaîna-t-elle rapidement. Je me portais très bien sans rien savoir de ce potentiel mariage !
Si l'un d'entre eux s'apprêtait à rajouter quelque chose, il n'en eut pas le temps. Une blonde se posta face à Lily, une mèche de cheveux bleue derrière son oreille. Et qui tenait un bouquet en main. Qui lui servait d'ailleurs à menacer la rousse.
- Toi ! S'il y a bien une raison pour laquelle je ne m'intéresse pas au monde Moldu, c'est parce que je savais que leurs coutumes étaient stupides. La fille qui attrape le bouquet est la prochaine mariée, hein ? s'énerva-t-elle.
Lily écarta les mains, comme pour lui dire qu'elle n'y était pour rien.
- Le bleu te va bien, au fait.
- Merci, reprit la blonde tout à coup adoucie. Je trouve que ça s'assortissait mieux avec ma tenue que la mèche rose. Mais ne change pas de sujet !
Se retenant de toute évidence de rire, Lily laissa un mince sourire étirer ses lèvres avant de reprendre la parole.
- Écoute, je ne vois pas pourquoi tu t'énerves. Ce n'est qu'une tradition qui n'a plus vraiment de sens, et puis, de toute façon, ton copain n'est même pas là, je ne l'ai pas vu dans l'assistance, alors je ne comprends pas pourquoi tu t'énerves ! Il n'en saura rien, il ne te demandera pas en mariage, et puis voilà. Ceci dit, si vous vous mariez, je veux bien être invitée. Ce sera un peu de ma faute, se moqua Lily en désignant le bouquet.
La blonde souffla, de toute évidence encore plus énervée.
- Tu n'es pas au courant que je ne suis plus avec Jim, n'est-ce pas ?
L'air ébahi de Lily lui confirma que, non, de toute évidence, elle n'était pas au courant.
- Mais… qu'est-ce qui s'est passé ? Vous étiez ensemble depuis déjà trois ans, et vous alliez bien ensemble ! À chaque fois que tu m'en parlais, tu avais l'air de filer le parfait bonheur ! Prends une chaise !
Sans plus se soucier des quatre garçons qui, eux, ne comprenaient pas grand-chose à cette discussion typiquement féminine, les deux filles se tournèrent l'une vers l'autre.
- Bon, commença Julia. Tu sais que j'ai une sœur jumelle ?
- Oui.
- Tu sais qu'on se déteste ?
- Oui, j'ai cru comprendre ça…
- Tu sais qu'elle fait tout pour me pourrir la vie ?
- Ouais, mais je ne…
- Ma sœur s'est débrouillée pour coucher avec mon copain. Mon ex-copain devrais-je dire, grimaça Julia.
Lily ouvrit la bouche, plaqua sa main sur celle-ci, et eut un léger rire nerveux.
- Désolée. Je ne devrais pas rire, c'est juste que là, ça atteint des sommets tellement incroyables que… Si tu veux en parler, n'hésite pas. Je te promets de ne pas rire, dit la rousse avec un sourire d'excuse.
- Je te rassure, j'ai eu la même réaction que toi, grimaça Julia. Et c'est gentil de me proposer ton oreille attentive. Entre nous, ça fait un sacré choc.
- Tu m'étonnes ! s'exclama Lily.
Toujours ébahie de la nouvelle, Lily ne savait plus quoi dire, tandis que Julia regardait le bouquet avec des éclairs dans les yeux. De toute évidence, elle essayait de représenter la tête de son ex-copain pour ensuite lui faire subir les pires tortures… quitte à ce que ce soit par le biais d'un bouquet de mariage.
- Et moi qui pensais que ma relation fraternelle était la pire, soupira alors Sirius.
Les deux femmes sursautèrent, ayant oublié la présence des garçons.
- Euh… Vous êtes qui, exactement ? s'enquit Julia. Ah, non, toi, je te connais, reprit-elle en désignant James. Dans tous les journaux. Le bourreau des cœurs. Ou l'imbuvable, selon les dires de Pearl. James Potter l'attrapeur… Et vous, vous êtes ? demanda-t-elle en se tournant vers les autres garçons.
- Julia, ce sont les amis de James, justement. Tu as Peter Pettigrow, Remus Lupin, et celui qui semble avoir une relation conflictuelle avec son frère, Sirius Black.
- C'est une blague ? siffla Julia. Un Black ?
- Et voilà. C'est pour ça que je ne donne jamais mon nom de famille, grommela Sirius. Allez, vas-y, déverse ta rage sur l'un des membres de ma famille… j'ai l'habitude maintenant.
Julia lui lança un regard noir, se retint de justesse de lancer une remarque acerbe en remarquant le mouvement presque imperceptible des trois autres garçons, qui se penchèrent d'un même mouvement vers Sirius, comme pour le protéger, et croisa les bras pour se retenir de commettre un geste stupide.
- Regulus, grommela-t-elle.
- Certains disent que c'est mon frère. J'ose espérer que non, qu'il y a eu une erreur. Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Il m'a refusé un poste sous prétexte que je n'étais pas assez Sang-Pure. Et a ensuite envoyé Bellatrix Lestrange…
- Il paraît qu'elle est notre cousine…
- Me rendre visite pour m'expliquer que, lorsqu'on n'est pas une véritable Sang-Pure, on évite de critiquer les méthodes des Black, et qu'on n'a pas de jugement à émettre sur les façons de remercier un employé dont on ne veut pas, gronda Julia.
- Et Bellatrix t'a laissée repartir comme ça ? s'étonna Sirius.
- Avec un sortilège Cuisant en prime. Je crois qu'elle n'a pas voulu trop attirer les foules, vu qu'on était dans un lieu public.
- Ma cousine devient presque raisonnable, grommela Sirius. Et mon frère, dans l'histoire ?
- Pour ce que j'en sais, il est toujours à son poste, dit simplement Julia en haussant les épaules.
Ils se lancèrent alors dans une discussion sur le sale caractère de Regulus Black, Julia se montrant presque plus virulente que Sirius.
- Sirius n'aime vraiment pas son frère, n'est-ce pas ? demanda Lily à James.
- Tu n'as même pas idée.
- Pas de chance, murmura-t-elle. Je…
Elle releva la tête, vit Pearl qui lui faisait de grands signes. La rousse soupira.
- Je vous abandonne, dit-elle à l'intention des trois garçons qui n'étaient pas en pleine discussion. Je crois que Pearl a besoin de moi.
- Tu nous rejoins ensuite ? demanda James le plus détaché possible.
Elle haussa les épaules.
- On verra combien de temps ça me prend de discuter avec Pearl… et il y a de grandes chances que ça me prenne toute la nuit !
Il la regarda s'éloigner. Un léger pincement au cœur. Comme s'il était blessé de la voir partir sans lui. Comme s'il réalisait, peu à peu, à quel point il appréciait l'avoir pas loin de lui.
Ne me lancez pas de pierre, par pitiéééé ! Je sais, je sais, vous ne vous attendiez certainement pas à ça. Je suis désolée... (Enfin, non, c'est comme ça que j'ai pensé cette histoire, je ne vais pas m'excuser pour penser, non plus, il ne manquerait plus que ça, ah ah...) Bon, revenons-en à un sujet plus sérieux (oui, ça m'arrive). Ce chapitre vous paraît peut-être étrange, je ne sais pas trop. Moi, je le trouve étrange ! Bon, il faut dire que je ne suis pas une grande fan des mariages, pas plus que Lily, pour le moment, donc bon. Julia apparaît à nouveau, et se fait une bonne petite place. Quand j'ai écrit ce chapitre, elle était dans un coin de ma tête, et je la voyais me fixant avec de grands yeux de chiens battus... Je n'ai pas pu résister (oui, je suis faible) et la voilà qui s'impose.
J'ai du mal à écrire, en ce moment, je ne sais pas trop pourquoi. Je n'arrive pas à déterminer si je n'aime pas la façon d'écrire que j'ai choisie pour les derniers chapitres, ou si c'est parce que je n'ai pas envie de terminer A&M. Bref, je me retrouve coincée au chapitre 33, sur un truc tout bête, mais je bloque. Enfin. Ce n'est pas trop votre problème, pour le moment !
Merci à tous pour vos gentils reviews, j'ai bien remarqué que le dernier chapitre vous a plutôt plu, j'en suis ravie ! (Remerciez DelfineNotPadfoot qui trouve les fautes que j'arrive toujours à oublier, raaaaah). Concernant les anonymes...
Myriam, ah ah, les licornes au pouvoir ! Eh bien, est-ce que le mariage va être bien ? Je n'en ai pas la moindre idée. Si tu as le temps, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses ! Merci pour ta review.
rubandepluie, hum, Lily ne devrait plus tarder à le voir "comme ça", elle aussi. Mais dans le monde, rien n'est simple, et encore moins dans le monde des sorciers ! Merci pour ta review, et à bientôt.
lola, merci pour ta gentille review ! Eh bien, quant à ce qui arrivent à nos protagonistes, je te laisse le découvrir au fur et à mesure des chapitres !
Marinette, aaaah, effectivement, ça ne va pas être facile, sinon, ça ne serait pas drôle ! Merci pour ta review, je suis contente que tu sois... contente de moi, justement ! A très vite, j'espère.
Que puis-je vous dire d'autre ? Rien. Passez une bonne semaine, ne vous assourdissez pas trop avec les nouvelles musiques de Kyo (vous la sentez la pub cachée, et l'auteure qui est elle-même en train de le faire ?), et à très vite !
