Bonjour tout le monde ! Et voici le nouveau chapitre !
Chapitre 21
Quatre savait pertinemment que cet homme qu'il avait vu dans son rêve arriverait par la porte cachée de sa chambre. Il savait qu'il lui enverrait un sourire, que ses dents jaunes et pourris sortiraient, qu'il lui tendrait la main et l'emmènerait vers sa liberté. Par contre, il ne s'attendait pas à ce que l'aura de ce vieil homme lui fasse aussi peur. Et lorsqu'il lui tendit la main, il fut tenté, pendant 5 secondes, de s'enfuir en courant. Son regard tomba alors sur Trowa qui s'était mis devant lui. Il pouvait déjà imaginer le regard froid et meurtrier que son ami et garde du corps devait promener sur le vieil homme.
-Voyons jeune homme… ne voulons-nous pas la même chose ? demanda avec amusement le vieil homme.
-Qu'est-ce que vous voulez ? Répliqua impassiblement Trowa.
Quatre pouvait imaginer ses yeux verts pommes… et cette lueur glaciale qui devait s'y promener. Et il frissonna de peur en remarquant que l'aura meurtrière du brun ne faisait nullement peur au vieil homme. Pourquoi n'avait-il pas peur !? Ne voyait-il pas que Trowa était dangereux ? Merlin ! Il y avait bien une raison pourquoi le ministère avait mis un gamin de 17 ans comme étant son garde du corps ! Et ce n'était certainement pas pour ses talents d'orateur convaincant.
-Je voudrais bien manger du sushi. Répondit le vieil homme. Et, si j'ai le temps, j'aimerais bien la paix dans le monde et toutes ses inepties.
Plus vite que l'éclair, Quatre vit Trowa sortir une longue épée aiguisée.
-Que voulez-vous ? Répéta calmement le jeune garde du corps.
-Ton ami sait très bien pourquoi je suis ici. Alors, évitons de perdre notre temps et partons.
Il tendit, de nouveau, sa vieille main ridée et parcheminée. Quatre avait déjà vu de vieux sorciers dans sa vie. Mais, aucun n'avait eu l'air aussi détruit par le temps. Il avait l'impression de regarder… il ignorait ce qu'il avait l'impression de regarder… mais ce n'était rien de plaisant. Il sursauta légèrement en voyant que le regard vert de Trowa s'était posé sur lui, lui demandant silencieusement de prendre sa décision. Et rapidement. Il savait que s'il le décidait, Trowa n'hésiterait pas à rentrer sa lame, très acérée, dans le cœur du vieil homme… Mais… Il s'avança alors vers le vieil homme, tout en se saisissant de la main de Trowa. Il avait peur… Il prit une profonde inspiration en posant sa main dans celle de son « sauveur ». Il avait tellement peur… mais, quel autre choix avait-il ? Il devait partir de cet endroit ! Il ignorait pourquoi, mais il sentait que sa place ne se trouvait pas au ministère ! Et pourtant… il venait de quitter un lieu sécurisant, après tout une prison était sécurisante, pour partir avec un homme dont il ignorait même le prénom. Soudain, il se sentit aspiré et aspiré et il eut envie d'hurler de peur. Malheureusement, son hurlement resta coincé dans sa gorge, menaçant de l'étouffer. Puis, il se trouva sur la terre ferme et se laissa tomber à genoux. Et la seule chose qui le retenait à la réalité était la grande main de Trowa qu'il serrait avec la force du désespoir.
-Bienvenue à Poudlard, Quatre Winner. Dit avec amusement le vieil homme. Je suis le docteur J… et j'ai bien l'intention d'utiliser ton pouvoir pour le plus grand bien.
Et le sourire qu'il envoya au blond le fit frissonner de peur. Il s'empêcha de trembler et se redressa dignement, ses yeux bleus ciels le fixant avec diplomatie.
-Ce n'est pas parce que vous m'avez sorti du ministère que je dois vous obéir au doigt et à l'œil. Je veux…
-Tu veux être libre… Je le sais.
Les yeux de Quatre s'écarquillèrent sous le choc alors que le sourire du Docteur J s'agrandissait de plus belle. Le blond était convaincu qu'il était capable de compter le nombre de dents qui restaient au vieil homme. Il faisait… tellement peur… et le fait que ses lunettes cachaient même jusqu'à la couleur de ses yeux n'arrangeait rien.
-Comment le savez-vous ? Demanda-t-il d'une petite voix.
-Mon petit œil me l'a dit. Répondit le Docteur J.
Son petit œil lui avait dit ? Qu'est-ce que c'était sensé vouloir dire ça ?! Quatre laissa échapper un long soupir tout en frottant vigoureusement les yeux. Il avait passé la nuit à attendre ce vieil homme… et, de toute façon, avec son niveau de stress, le sommeil aurait continué à lui échapper… mais, maintenant, il avait, tout simplement, envie de s'écrouler sur la première surface plane ou non plane qui se trouvait à sa portée. Un bras ferme s'enroula autour de sa taille, lui faisant redresser la tête.
-Trowa ? Murmura-t-il.
-Une chambre. Ordonna alors calmement le jeune homme.
-Première porte à gauche.
Quatre s'apprêtait à protester avec rage. Il n'avait pas fini de poser ses questions ! Il ne comprenait rien de ce qui était entrain de se passer autour de lui ! Il n'avait jamais pris le moindre risque de sa vie, pas qu'on l'aurait laissé en prendre de toute façon, et maintenant il ignorait complètement ce qu'il était sensé faire ! Il était hors de question qu'il aille se coucher quand… il laissa échapper un petit couinement sonore lorsque Trowa mit un bras au-dessous de ses genoux et le souleva comme s'il ne pesait rien.
-Trowa ! Protesta-t-il vivement.
-Tes questions et ses réponses seront encore là plus tard. Dors.
Et, sans aucunement prendre en considération son regard indigné, son garde du corps le transporta dans sa nouvelle chambre, le faisant bouillonner intérieurement. Lorsqu'il le posa sur le grand lit, Quatre laissa échapper un long soupir face au regard intransigeant de son ami. D'accord… il abandonnait… de toute façon, ce n'était pas comme si Trowa prendrait en compte aucune de ses protestations. Il s'allongea alors sur le lit et se mit sous les couvertures, son regard ne quittant pas le jeune homme.
-Dors aussi, Trowa. Ordonna-t-il doucement.
-Je sais.
Puis, avant même que sa tête ne touche l'oreiller, il s'endormit profondément.
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Harry ignorait à quoi il s'attendait de la part de Malfoy après la manière dont il l'avait traité. Certes, il ne s'attendait pas à des sourires ou à des petits bouts de conversations… mais, un simple regard aurait suffit non ! Son crayon s'enfonça si fort dans son parchemin que cela fit un troue. Les yeux bleus métalliques d'Heero le dévisagèrent pendant quelques secondes avant que le Japonais se remette à l'ignorer complètement. Harry se donna une claque mentale. Au lieu de broyer du noir parce que Malfoy l'ignorait… il aurait du penser au Docteur J et à ce Vidi ! Au ministère qui avait réussit à mettre la main dessus ! À Voldemort qui était bien trop calme depuis des jours ! Mais, la seule pensée qui restait en premier plan dans son esprit était Malfoy. Toujours Malfoy ! Comme une drogue dont il n'arrivait pas à se passer ! Même à Azkaban… le blond ne cessait de revenir dans sa tête, le hantant sans aucune raison apparente. Merlin, il avait besoin d'aide. Et le plus rapidement serait le mieux.
-Monsieur Potter… y aurait-il quelque chose de plus intéressant que mon cours pour que vous vous permettiez d'avoir l'esprit ailleurs ? Susurra glacialement Rogue.
Harry s'efforça de ne pas faire une grimace et se contenta de lui envoyer un sourire éblouissant.
-Comment dire… professeur, à ce stade… regarder un pissenlit pousser risque d'être plus intéressant que votre cours.
Les yeux aciers de Rogue se durcirent un peu plus le faisant hausser un sourcil amusé. Rogue ne lui faisait plus peur. Et il était hors de question qu'il se laisse intimider. Après tout, la moitié de la classe avait la tête dans les nuages. La haine grotesque que Rogue lui portait l'énervait et l'amusait tout à la fois. Son amusement devait être évident puisque son professeur laissa échapper un sifflement furieux.
-Aller voir le directeur, Monsieur Potter. Siffla-t-il.
-Très bien.
Ce n'était pas comme si apprendre à brasser du liquide l'intéressait outre mesure. Les potions et lui… non, il n'aimait pas les potions. Que ce soit lorsque J lui enseignait ou lorsque Rogue lui apprenait… cela ne servait à rien… il n'arrivait, tout simplement, pas à comprendre l'utilité de cette matière.
-Monsieur Malfoy, veuillez accompagner Monsieur Potter.
Son sourire arrogant disparut aussitôt pour laisser place à une étrange expression. Il vit Rogue lui envoyer un sourire goguenard… dont il n'eut même pas la force de répliquer. Les yeux argentés de Malfoy tombèrent alors dans les siens, et il s'obligea à déglutir. Il n'était pas nerveux. Personne ne le rendait nerveux. Il avait subi des choses bien plus terribles que de passer cinq minutes avec Malfoy ! Et lorsque le blond sortit calmement de la classe, il se força à le suivre tout en affichant un air nonchalant. Il n'était pas nerveux. Ses mains ne suaient. Sa salive ne l'empêchait pas de déglutir normalement. Et, bordel, il ne fixait pas le fessier, plus que magnifique d'ailleurs, de Malfoy ! Bordel ! Le blond continuait de l'ignorer avec superbe et ses sourcils se froncèrent.
-Malfoy… Commença-t-il doucement.
Le Serpentard fit comme s'il ne l'avait pas entendu et se contenta de marcher un peu plus vite, la tête droite. Les poings d'Harry se crispèrent alors que ses yeux jetaient des éclairs furieux.
-Malfoy ! Dit-il, cette fois-ci, un peu plus fort.
Le blond continua à l'ignorer avec superbe, lui donnant envie d'étrangler quelqu'un. Sans un mot de plus, il se saisit alors du bras du Serpentard et l'obligea à se tourner vers lui. Le blond lui lança alors un regard colérique tout en essayant de se dégager avec rage. Un sourire arrogant apparut alors sur le visage d'Harry. Comme si Malfoy réussirait à se dégager de sa poigne… Il sursauta brusquement en sentant la main de Malfoy s'abattre sans ménagement sur sa joue.
-Je t'ordonne de me lâcher. Siffla froidement le blond.
-Et, pour la millième fois, je te dis de ne pas me donner d'ordre.
Les deux s'affrontèrent alors du regard avant que Malfoy semble, soudainement, se dégonfler comme un ballon alors qu'il détournait ses yeux argentés vers la droite.
-Pourquoi est-ce que tu es parti de cette manière ? Demanda-t-il doucement
-Je…
Le tabou de J lui brûla alors la poitrine, lui rappelant clairement avec qui il faisait affaire. Ses dents se crispèrent légèrement sous la douleur.
-Je ne peux pas te le dire. Murmura-t-il.
Les yeux argentés se voilèrent alors de glace alors qu'il se mettait, avec encore plus de rage, à essayer de se dégager de son étreinte. Harry aurait du le laisser partir. Vraiment. Il n'avait aucune raison de rester là, accrocher aux basques de Malfoy. Il devait juste le laisser partir… sans aller de sa vie… une bonne fois pour toute.
-Je suis désolé. Dit Harry.
-Tu as déjà dit ça ! Ce que tu ne dis pas par contre c'est pourquoi est-ce que tu t'excuses !
Les yeux argentés le défiaient, ne lui laissant aucun répit. Le tatouage le brûlait, l'empêchant d'oublier qui il était et ce que J avait fait de lui. Il ne pouvait rien dire à Malfoy. Mais, s'il ne lui disait rien… le blond s'en irait alors… Et, la seule chose dont il était sur c'était que… malgré le danger que représentait Malfoy… Il ne voulait pas que tout se termine de cette façon.
-J'ignore à quoi tu penses, Potter ! J'ignore ce que tu veux de moi ! J'ignore pourquoi tu agis comme ça ! Si tu ne me donnes aucune réponse, je -vais…
Sa bouche se plaqua alors contre les lèvres fines qui restèrent, pendant quelques secondes, complètement immobile, refusant de lui répondre. Harry laissa échapper un profond grognement avant de se plaquer contre le corps gracile de Malfoy. Ses dents se mirent à mordiller sa lèvre inférieure, l'obligeant à ouvrir la bouche. Et sa langue plongea directement dans celle-ci. Une de ses mains alla se perdre dans les cheveux soyeux, obligea la tête de Malfoy à s'approcher encore plus de la sienne. Lorsqu'il se dégagea, le blond lui jeta un regard perdu.
-Qu'est-ce que tu veux de moi, Potter ? Demanda-t-il. Je… je ne peux plus continuer comme ça…
Harry se força à prendre une profonde inspiration. Il… il ignorait complètement ce qu'il voulait. Mais, il était convaincu que s'il ne donnait pas une réponse satisfaisante à Malfoy… celui-ci ne lui parlerait plus jamais… Et, le pire, c'est qu'il ignorait complètement si c'était une mauvaise chose. La part logique de lui-même hurlait qu'il valait mieux laisser Malfoy tranquille. Il n'avait pas le temps pour ses idioties d'adolescents ! Mais, une autre part de lui voulait… oh oui… voulait tellement et avec tant de force que, parfois, il avait l'impression qu'il allait mourir sous le poids de son propre désir… Il voulait Malfoy… un peu trop… beaucoup trop. Et… il ignorait complètement ce qu'il était sensé répondre….
-Malfoy… je…
A suivre…
