Encore une fois, nous atteignons le dernier chapitre de la journée. J'espère que cette histoire vous plait ^^

À demain!

P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom qu'a mon personnage féminin ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre personne, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.

CHAPITRE 19 : Lentement mais sûrement... Partie 1

Elle avait fait une soupe à l'orge, délicieuse, ceci-dit. J'avais pu l'observer faire, et je crois qu'elle m'avait observé l'observer. Je restais aussi silencieuse que la situation nous le permettait. Nous mangions maintenant tranquillement l'une en face de l'autre, me permettant d'étudier ses traits. Elle avait un visage rond, de grands yeux mielleux et sombres. J'étais assaillie par deux envies, l'une d'elle était de l'apprécier et de faire cette maison la mienne, l'autre était de la haïr et de m'enfuir le plus loin possible d'ici, où personne ne me décevrait. Après avoir ramasser mon bol et l'avoir lavé, je m'excusai et j'approchai une chaise de la cuisine à l'une des fenêtres. Si j'étais pour recevoir un colis de Tom, j'espérais le voir venir… Elle me laissa tranquille un petite heure ou deux, puis tira une chaise à mes côtés pour s'installer confortablement à mes côtés, une tasse fumante de chocolat chaud pour chacune d'entre nous. Je la remerciai d'un hochement de tête et retournai à ma fenêtre. Elle me dérangeait, cette tasse fumante de cet excellant chocolat me dérangeait, sa gentillesse me dérangeait, cette petite maison confortable me dérangeait, la chaleur des lieux me dérangeait, ses talents culinaires me dérangeaient, ses yeux bienveillants me dérangeaient et sa patience m'horripilait!

Je pris une gorgée du breuvage sucré. Elle ne me demandait même pas ce que j'attendais, elle regardait son jardin givré avec un zen légendaire, un sourire absent aux lèvres.

Je bondis lorsque je semblai voir un point volant battre des ailes vers nous. Dès lors, Madame Desbois me laissait bien indifférente, seul cet oiseau comptait, et le savoir que même si moi, je n'avais aucune idée d'où je me trouvais, Tom était encore capable de me retrouver.

Elle me laissa ouvrir la fenêtre au monstre qu'était réellement le rapace de Tom. L'oiseau posa un colis sur la table et attendit que je le détache de sa patte. Je souris en comprenant que Tom me laissait encore cette chance de lui dire que je n'allais pas. Je détachai la corde du colis, mais rattachai la patte de l'oiseau. Je lui flattai la tête, puis il repartit. Sur le colis se trouvait une lettre avec deux mots d'écrit, qui n'était pas mon nom, que je savais reconnaître de la main de Tom, quand même.

– Est-ce pour vous?, lui demandai-je en prenant la lettre et en lui montrant le destinataire.

– Oui, merci, répondit-elle surprise.

Je lui laissai la lettre et ouvrit le colis. Un shortcake aux fraises dont il manquait une part, soit il n'avait pas eu le temps de la sauver des autres serpentards, soit il s'était déjà servi. Je ne savais pas et ça m'indifférait, les deux options étaient amusantes, de toute manière.

– C'est un charmant jeune homme, ton ami. Il y a un passage pour toi : « J'espère que tu te sens bien où tu es. Je vais t'envoyer mon hibou à chaque fois qu'il reviendra de voyage, comme je le faisais avant, mais je ne t'enverrai plus de nourriture, du moins, plus de celle que mange ton ventre. Je vais t'envoyer des lettres, et j'espère que tu sauras bientôt les lire. J'ai demandé à ton nouveau tuteur de t'apprendre à lire, que tu savais déjà tes lettres, et plusieurs syllabes, qu'il ne te fallait juste plus de pratique que je n'ai jamais su d'octroyer. Tu apprendras vite, tu vas voir. J'ai hâte que Poudlard redevienne comme d'habitude, pour l'instant, on me bombarde de question à ton sujet, maintenant que tu n'es plus là. Il y a même du monde pour penser que Dumbledore ait pu te faire du mal, quelle idée. Prends soin de toi. » Il n'est pas du genre à signer ses lettres, ton ami.

– C'est si important? Je reconnaîtrais son écriture entre mille.

– C'est seulement atypique. Alors, c'est son hibou que tu attendais ainsi?

– … Oui… Où est-ce que je mets le gâteau? C'est une sorte qui doit rester au frais, non?

– Si, en effet.

Elle passa à mes côtés puis s'arrêta face à la sucrerie.

– Tu n'en veux pas une part maintenant?

– Non, votre chocolat chaud est assez sucré pour moi, aujourd'hui. Je n'ai pas l'habitude de manger sucré, ça me rend vite malade.

Elle acquiesça et rangea mon cadeau. Je la vis se redresser, interpelée par quelque chose, puis se retourna vers moi.

– Mon mari est arrivé.

– Oh…

– Il sera ravi!

L'expérience que j'avais des hommes adultes me disaient le contraire, ils étaient ravis que leur femme soit heureuse, et si ça voulait dire une bouche à nourrir de plus, soit, ils me nourriraient, mais ils n'étaient pas ravis. La porte d'entrée s'ouvrit sur un grand bonhomme qui était du même brun chocolat que sa femme, mais ses cheveux étaient beaucoup plus grisonnants. Il avait aussi pour lui l'énergie tranquille que sa femme avait. Étaient-ils drogués par quelque chose dans l'air? Risquais-je d'être infectée? Il embrassa sa femme, puis m'aperçu et se pencha (j'avais plusieurs têtes plus petite que lui, donc oui, ce colosse se pencha) et me tandis sa menotte. Incertaine, je lui tandis la mienne et nous nous serrâmes la main.

– Je m'appelle Henri, et toi?

– Nagini, monsieur.

– Pas besoin de monsieur, ça me vieilli, et je suis bien assez vieux comme ça, rigola-t-il sobrement.

Je restai de marbre, ne comprenant pas où était l'humour dans sa déclaration.

– Il y a du gâteau, lui dis-je dans l'espoir de me débarrasser de lui.

– Pour vrai? Merci, jeune fille.

Il me laissa, mission accomplie. Sa femme le guida jusqu'à la salle à manger (qui était vraiment qu'à quelques pas) et alla lui chercher une pointe du gâteau. Je profitai du moment pour disparaître dans ma chambre. Plus tard, je les entendis discuter à voix basse dans la cuisine/salle à manger.

– Elle est un peu sauvage, s'inquiétait-il.

– Elle ne se sent pas encore en confiance, donne-lui le temps, elle vient d'arriver. Elle ne nous connaît pas, ne connaît pas où nous sommes, et il n'y a que quelques nuits, le milieu où elle a grandi c'est retrouvé à être une véritable souricière. Il faut lui laisser le temps.

– Elle est si jeune pour tout ça…

– C'est ce qui a de si effrayant chez les enfants, ils s'habituent aux situations les plus horribles. Elle a besoin d'espace, de calme, et je compte bien lui en donner. Lorsqu'elle le voudra, je commencerai à lui apprendre la lecture et l'écriture, je suis sûre que ça lui plaira.

– Elle n'a même pas voulu me connaître.

– C'est sa première journée, je ne pense pas qu'elle ne veuille pas te connaître, chéri, juste que sa journée fut suffisamment remplie comme ça.

Je me retournai dans mon lit, déterminée à ne plus les écouter. Je m'étirai un peu et ramassai ma brosse à dent. Je m'endormis ainsi, l'objet fermement serrer dans mes poings.