Bonjour
Je suis ravie de vous présenter ce nouveau chapitre!
Désolée pour l'attente!
Merci à Elij, vivi-bady, France, Guests et liloucant pour vos reviews!
C'est vraiment très agréable de se savoir lue et appréciée!
Bonne lecture!
Phile
Chapitre 21 - Rétablissement
Darcy avait repris connaissance, savait désormais où il se trouvait et reconnaissait ceux qui l'entouraient. La soudaine arrivée de Bingley lui avait fait croire qu'il redevenait fou mais il avait fini par comprendre que son ami était réellement venu et qu'il allait véritablement mieux.
Les décoctions du docteur Preston étaient absolument abominables mais il s'était efforcé de les boire le plus sagement du monde, motivé par l'espoir de retrouver au plus vite sa femme. Dès qu'il avait repris conscience de ce qui l'entourait, Darcy avait en effet demandé à voir Elizabeth mais Georgiana lui avait expliqué que le docteur lui avait interdit l'accès à sa chambre par peur pour l'enfant que sa belle-soeur portait.
Il avait donc hâte d'avoir l'autorisation du médecin pour sortir de son lit et voir Elizabeth. Autorisation que celui-ci répugnait à lui donner malgré tous les efforts que Darcy faisait en sa présence pour le convaincre qu'il était en pleine forme. Darcy souffrait encore beaucoup de maux de têtes et de crampes dans ses muscles, il était de plus extrêmement fatigué et encore très faible. Le docteur Preston savait bien tout cela et ne se laissait pas duper par les paroles de Darcy. Il craignait une rechute si le maître de Pemberley forçait trop sur ses réserves et une contamination de Mrs. Darcy. Aussi les visites du médecin étaient-elles parfois accompagnées de disputes que Darcy, trop faible, ne pouvait gagner.
Les visites fréquentes de sa sœur et de Bingley permettait à Darcy d'avoir des nouvelles d'Elizabeth ainsi que des lettres qu'il lisait avec plaisir et une certaine pointe d'agacement d'être aussi près d'elle et de ne pouvoir la voir et lui parler.
La nuit, une fois seul, il contemplait la petite porte qui séparait leur deux chambres et se demandait s'il oserait désobéir aux ordres du médecin. Ses gardes-malades avaient en effet étaient chassés dès que sa vie n'était plus en danger, par Elizabeth d'après ce qu'elle lui avait écrit dans l'une de ses lettres.
Les réponses de Darcy étaient écrite sous la dictée pour Georgiana ou Bingley, elles étaient donc moins personnelles et plus courtes car dès que Darcy essayait de concentrer son esprit sur un sujet, les maux de têtes revenaient plus forts et plus intenses.
Lire les lettres d'Elizabeth était également une épreuve mais elles lui apportaient tant de plaisir qu'il en oubliait sa souffrance.
Mon cher Fitzwilliam,
Ne m'en voulait pas de chasser vos gardes-malades de votre chambre! Leur dévotion est telle que je craignais pour leur santé, surtout celle de Georgiana que j'ai eu beaucoup de mal à arracher de votre chambre quelques heures pour qu'elle vienne tenir compagnie à la pauvre femme délaissée que je suis.
Votre sœur vous aime infiniment et j'espère que vous ne penserez pas qu'elle vous aime plus que moi du fait de mon absence alors qu'elle seule était autorisée à être auprès de vous. Son dévouement était exemplaire, je n'ai que le regret de n'avoir pu être à vos côtés pendant ces moments difficiles. Vous n'imaginez pas à quel point cela m'a rendue folle d'être dans l'ignorance de votre état.
Je me suis néanmoins bien occupée à gérer le domaine à votre place, trois granges sont tombées à cause des pluies, deux fermes ont été incendiées, j'ai donné trois jours de congés aux paysans et aucun champ n'a été semé depuis que vous êtes malade! Je vous taquine, le domaine se porte à merveille, j'ai seulement supervisé Stilton, qui m'a l'air d'être un excellent intendant en qui nous pouvons avoir confiance. Il vous dira lui-même ce qu'il a fait avec ma permission lorsque vous serez assez fort pour l'entendre.
Je me porte à merveille, rassurez-vous! J'ai hâte de vous voir.
Votre Elizabeth Darcy
Il sourit, trop confiant envers Elizabeth et Stilton pour craindre que le domaine fût mal géré. Il reposa la lettre et en prit une autre.
Mon tendre Fitzwilliam
Aujourd'hui l'enfant a beaucoup bougé, je crois qu'il sera énergique! J'ai reçu des nouvelles de Longbourn, Papa vous souhaite un très bon rétablissement. Il vous remercie d'avoir forcé Bingley à venir chez nous. Jane passe en effet plus de temps à Longbourn et il en est ravi.
Il entendit qu'on frappait à la porte. Qui cela pouvait-il être à une telle heure ?
« Entrez »
« Je ne peux pas »
« Elizabeth ! »
« C'est moi ! »
« Vous ne devriez pas être ici »
« Je ne suis pas vraiment dans votre chambre. »
« C'est trop dangereux. »
« Darcy, ne vous inquiétez pas, je ne rentrerai pas dans votre chambre, je reste derrière la porte. »
« Mais l'enfant... »
« Il se porte à merveille et moi aussi ! Je suis trop loin de vous, et le docteur ne nous fait pas confiance à ce que je vois, il a fermé le verrou de votre côté. »
« Je vois qu'il a bien fait »
« Darcy, je suis tellement heureuse d'entendre votre voix. Comment vous sentez-vous ? »
« Mieux depuis que j'ai entendu votre voix. »
« Je savais bien que le son de ma voix vous guérirait, j'ai essayé de l'expliquer au docteur mais il n'a rien voulu entendre ! »
« Ma douce Elizabeth ! »
« Oui Mr. Darcy ? »
« Je suis simplement heureux de vous entendre ! »
« Moi aussi. Oh si seulement je pouvais trouver un double de la clé »
« Non Elizabeth, le risque est trop grand. Je suis très fatigué, allez vous coucher s'il vous plaît ! Prenez soin de vous et de notre enfant ! »
« Si c'est ce que vous souhaitez ! »
« Faites-le pour moi Elizabeth. »
« Bonne nuit Darcy »
« Elizabeth ! »
« Oui ? »
« Je vous aime »
« Moi aussi je vous aime Fitzwilliam ».
Ereinté, il trouva le sommeil facilement.
« Comment vous portez-vous aujourd'hui Mr. Darcy ? » demanda le docteur Preston.
« Toujours aussi bien, docteur. »
« Mr. Darcy, ne me mentez pas. »
« Eh bien mieux qu'hier et moins bien que demain, je présume. » il lança un regard noir à Preston. Un tel regard du maître de Pemberley aurait réduit plus d'un homme au silence et à la soumission, mais Preston en sa qualité de médecin fit comme s'il n'avait rien vu.
« Comment va votre tête ? » dit-il en lui touchant le front.
« Les maux de têtes se font plus rares. »
« C'est une excellente nouvelle ! Vous sentiriez-vous la force de vous asseoir au bord du lit ? »
« Essayons ! » A chaque fois qu'il avait essayé de se lever, Darcy avait eu de violents vertiges qui l'auraient fait tomber s'il n'avait pas eu quelqu'un pour le retenir. Il se releva précautionneusement de son oreiller et attendit que le vertige vienne. Le docteur était à côté de lui et lui tenait fermement le bras.
« Pas de vertige cette fois-ci ? »
« Je ne crois pas. »
« La tête ne tourne pas ? Les murs ne bougent pas autour de vous ? »
« Non »
"Nous allons essayer de vous lever alors, avez-vous mal à la tête ? »
« Non plus »
« Très bien, rallongez vous »
« Je croyais que nous allions essayer de me lever. »
« Je ne veux pas prendre le risque que vous tombiez et vous fassiez une entorse alors que vous allez mieux. Reposez-vous pendant que je vais chercher de l'aide pour vous soutenir. »
Darcy se rallongea sur les oreillers, même si ça tête ne tournait pas sa respiration était un peu courte, il sentait que son corps était faible. Que se passerait-il si ses jambes n'étaient pas assez fortes pour le soutenir. Devrait-il encore garder le lit ? Il voulait sortir, voir les jardins de Pemberley parés des couleurs automnales et surtout il voulait retrouver Elizabeth. Bien que terrifié qu'il arrive quelque chose à l'enfant, il avait été transporté d'entendre sa voix et de savoir qu'elle se portait bien ! Il aurait dû se douter qu'elle irait jusqu'à la limite de l'interdiction du médecin. Il sourit en repensant aux vertus curatrices de la voix de sa femme.
« Bonjour Darcy, êtes-vous prêt à partir en promenade ? » le salua gaiement Bingley. La bonne humeur et l'enthousiasme de Bingley avaient contribué à améliorer le moral de la maisonnée, c'est souriant que Darcy salua son ami et lui tendit la main. Retenu par Bingley et le docteur, il prit appui pour se lever.
« Allez-y doucement Mr. Darcy. Prenez votre temps. »
Darcy prit une grande inspiration et se leva. Il sentit ses jambes faiblir sous son poids mais il était bien retenu.
« Est-ce que votre tête tourne ? »
« Non, je crois que mes jambes sont un peu faibles cependant. »
« C'est bien normal. Auriez-vous la force de faire quelques pas ? »
« Essayons »
S'appuyant fortement sur Bingley, il fit un pas en avant. Puis un autre. Le docteur l'amena jusqu'à un fauteuil auprès du feu où Darcy s'assit avec soulagement. Ces quelques pas lui ayant demandé beaucoup d'effort.
« C'est très encourageant Mr. Darcy ! »
« Pensez-vous que Mrs. Darcy pourra bientôt me rendre visite ? »
« Mais certainement Mr. Darcy ! Mr. Bingley, pouvez-vous sonner pour la faire venir. »
« J'y vais moi-même, ce sera plus rapide ! »
« Merci mon ami » Et Bingley de sortir.
« Vous allez pouvoir reprendre une alimentation plus riche pour recouvrer vos forces. Essayez de marcher un petit peu chaque jour, de vous forcer à prendre vos repas dans votre fauteuil et non dans votre lit par exemple. Même si l'effort physique demandé est très important, il vous permettra de réhabituer petit à petit vos muscles à l'exercice. »
« Je n'y manquerai pas. »
« Je ne pense pas que ce soit nécessaire que je revienne aussi fréquemment. Je viendrai dans deux jours vérifier que tout va bien. »
« Merci pour tout docteur. Je m'excuse aussi pour mon mauvais caractère et celui de ma femme, qui ont dû vous rendre la vie impossible ! »
« Voyons Mr. Darcy, l'affection évidente qui vous lie à Mrs. Darcy explique les craintes qu'elle avait pour vous et votre envie mutuelle de vous soutenir. Les gens malades agissent toujours de façon exagérée, je ne vous en tiens absolument pas rigueur ! Si je puis me permettre un conseil, il serait bon que Mrs. Darcy et vous, euh, ne partagiez pas tout de suite le même lit, attendez d'être en meilleure forme. » Le docteur Preston était extrêmement gêné mais il soutint le regard surpris de Darcy.
«Bien sûr docteur, merci pour tout. »
On frappa légèrement à la porte. Le docteur Preston fit un sourire à Darcy avant d'aller ouvrir.
Elizabeth rentra dans la pièce le sourire aux lèvres, suivie de près par Mr. Bingley.
« Darcy » fit-elle en prenant la main qu'il lui tendait. Ils se serrèrent la main, aucun mot ne pouvant exprimer la joie mutuelle qui se lisait dans leurs yeux. Trop tôt à son goût Elizabeth détacha son regard du sien pour s'adresser au médecin.
« Docteur Preston, merci de... » Elle ne finit pas sa phrase, remarquant alors que les docteur et Mr. Bingley s'étaient éclipsés discrètement. Elizabeth prit alors une chaise et s'assit au côté de Darcy.
« Comment vous sentez-vous ? »
« Parfaitement bien. Et vous ? Comment se porte notre enfant ? »
Elizabeth sourit en mettant sa main sur son ventre. « Il ou elle est ravi(e) de vous retrouver. » Elle garda sa main sur son ventre et lui donna son autre main. Darcy et Elizabeth restèrent ainsi un long moment à se regarder, ne nécessitant pas de mots pour savoir à quel point ils avaient besoin de l'autre.
Un léger coup frappé à la porte les fit sursauter, depuis combien de temps étaient-ils tous les deux ?
« Entrez » Darcy avait la voix un peu enrouée.
Sa sœur et Bingley entrèrent. Bingley lança un regard à Darcy pour lui faire savoir qu'il s'excusait de les déranger.
« Georgiana, quel plaisir de vous voir, comment vous portez-vous ? » lui demanda son frère, désireux qu'elle ne se sentît pas intruse.
« Je me porte très bien Fitzwilliam, et vous ? Comment vous sentez-vous ? »
« Je vais très bien également. »
« Nous nous proposions de déjeuner ensemble ici, Darcy. Qu'en dites-vous ? »
« Cela ne sera-t-il pas un trop grand dérangement pour le personnel ? »
« Non, c'est même Winslor qui nous l'a suggéré » dit Georgiana.
« Alors avec grand plaisir. »
Bientôt les valets de pieds apportèrent tables et chaises, Darcy dut se lever avec l'aide de Winslor et Bingley pour qu'on tourne son fauteuil, une nappe fut mise puis la table fut dressée avec toute l'application habituelle même si Elizabeth et Darcy avaient précisé que ce n'était pas nécessaire. Le repas se déroula dans une convivialité franche. Chacun sentait qu'un poids avait été enlevé et l'atmosphère qui régnait était joyeuse et pleine d'entrain. Darcy regardait avec envie les assiettes de ses voisins, lui n'ayant le droit qu'aux décoctions du médecin et à un peu de pain.
Bingley, Georgiana et Elizabeth restèrent après le repas pour causer un peu mais Darcy sentit bientôt une torpeur le gagner. On le raccompagna donc dans son lit où il dormit jusqu'à l'heure du thé. Le thé fut de nouveau servi dans la chambre du maître de Pemberley. Puis Bingley et Georgiana prétextèrent de la correspondance pour laisser Elizabeth et Fitzwilliam seuls.
« Eh bien, que s'était-il passé pendant ma maladie ? »
« Comme vous le savez, j'ai pris les rênes de Pemberley. Stilton et moi avons supervisé les dernières semences puis les récoltes de fruits et légumes. »
« Vous êtes parfaite ! »
« Merci, j'ai essayé de vous remplacer au mieux. Je me suis permise aussi de répondre à votre correspondance quand cela me semblait important, et d'expliquer votre situation à vos nombreux correspondants. »
« Sera-t-il possible que vous m'apportiez ma correspondance demain afin que je commence à m'en occuper ? »
« Bien sûr, je vous indiquerai quelles sont les lettres auxquelles j'ai répondu et ce que j'ai répondu. Ce sera plus agréable pour vous de faire cela avec moi ! »
« C'est bien généreux de votre part. »
« Oui très généreux, vous avez la chance d'avoir une femme aussi dévouée et altruiste. »
« Je suis d'accord avec vous. »
« Mr. Darcy, qu'est-il advenu de votre sens de l'humour, si je ne peux plus vous taquiner, nous allons devoir continuer à faire chambre à part ! »
« Vous pouvez me taquiner autant que vous le souhaitez Elizabeth, cependant le médecin a demandé à ce que nous fassions chambre à part pendant quelques temps encore. »
« Oh »
« Où est donc passé votre sens de la répartie Mrs. Darcy ? »
Elizabeth lui sourit et lui donna sa main qu'il baisa affectueusement.
Il reposa ensuite sa tête sur l'oreiller, gardant dans sa main la main de sa femme, il ferma les yeux. Il était très heureux mais sentait que la fatigue gagnait chaque recoin de son corps.
« Voulez-vous que je vous laisse vous reposer ? » lui demanda-t-elle doucement.
« Excusez-moi, j'ai dû m'assoupir. »
« Reposez-vous Darcy, je reviendrai vous voir tout à l'heure. »
Il sentit ses lèvres sur son front et huma son parfum. Puis la porte se referma doucement et il s'endormit le sourire aux lèvres.
« Bonjour Mr. Darcy » annonça John en rentrant dans la chambre avec un plateau.
« Bonjour John. »
« Comment allez-vous Monsieur ? »
« Je me porte bien, merci. » Il avait dû dormir plus de douze ou treize heures. « Et vous ? »
« Je vais bien, merci Monsieur. » John posa le plateau sur la table de nuit de son maître et aida celui-ci à se redresser dans son lit avant de lui mettre le plateau sur les genoux.
« Encore des potions ? »
« Oui Monsieur, mais vous avez aussi des œufs, du thé et du pain. »
« Merci John »
« Mrs. Darcy se propose de venir s'occuper du courrier si vous êtes en forme. »
« Qu'elle vienne quand elle a fini son breakfast."
« Entendu Monsieur. »
« Merci John. » Celui-ci sortit.
Darcy regarda les décoctions du médecin, étaient-elles vraiment nécessaires ? Il poussa un soupir avant d'avaler les deux bols contenant une mixture qui avaient le goût de leur mauvaise odeur. Puis il s'attaqua au reste du petit déjeuner. Le pain était frais, le thé délicieux, les œufs cuits parfaitement. Il avait l'impression de n'avoir jamais mangé de petit-déjeuner aussi délicieux.
John revint le débarrasser puis l'aider à s'habiller et à le mettre dans son fauteuil devant la cheminée.
"J'insiste pour que vous complimentiez Mrs. Coolers, je n'ai jamais mangé un breakfast aussi délicieux!"
"Ce sera fait Monsieur."
Un léger coup fut frappé à la porte. Elizabeth entra, portant une liasse de lettres, derrière elle un valet de pied portait d'autres lettres. Elle posa les lettres sur la table de nuit de Darcy suivie du valet de pied. Deux autres valets de pied entrèrent avec une petite table qu'ils posèrent devant le second fauteuil qui était devant la cheminée.
Une fois les valets de pied sortis, Elizabeth salua Darcy puis s'assit. Elle lui lut les lettres qu'il avait reçues. Pour chaque lettre elle lui indiquait si elle avait répondu ou non et ce qu'elle avait répondu. Il était impressionné par son organisation et la finesse avec laquelle elle avait su à qui il fallait répondre et quoi. Ils n'avaient pas fini lorsque le déjeuner fut annoncé. Darcy était long à la tâche et Elizabeth avait la délicatesse d'aller à son rythme.
Bingley et John vinrent aider Darcy à se rendre à la salle à manger. Il avait proposé de déjeuner seul tandis que les autres pouvaient manger dans la salle à manger pour ne pas qu'ils apportent à nouveau tous les meubles dans sa chambre. Elizabeth avait alors proposé d'essayer qu'il descende. Même s'il se sentait faible, il avait réussi à descendre et était heureux de quitter sa chambre. Le repas lui sembla aussi exquis que le petit-déjeuner, mises à part les potions qu'il devait encore boire.
« Bingley, je suis bien désolé de ne pouvoir vous proposer de vous accompagner à la chasse. Souhaitez-vous y aller tout de même ? Mes hommes peuvent vous montrer les bons coins. »
« Vous savez Darcy, la chasse est un passe temps comme un autre. Votre bibliothèque est je crois très fournie, je devrais trouver à m'occuper si l'ennui me trouve. »
« Me voilà rassuré. »
« Je vous conseille les derniers poèmes de Lord Byron, ils sont très émouvants. » proposa Elizabeth.
« Je vous remercie, je les lirai. » lui répondit aimablement Bingley.
Darcy se rétablit petit à petit. Après avoir géré le courrier qui était arrivé pendant sa maladie, Elizabeth continua à lui lire les lettres qu'il recevait et à écrire les réponses car il se fatiguait assez vite.
Il put bientôt ne marcher qu'au bras de Bingley. Il essayait de marcher un peu plus chaque jour, accompagné d'Elizabeth qui donnait le bras à Georgiana, faisant d'eux un groupe assez comique dans les couloirs de Pemberley.
Après la mise à jour du courrier, Darcy retrouva Stilton dans son bureau. Elizabeth et Stilton lui expliquèrent les différentes décisions qu'ils avaient prises en fonction des événements qui avaient eu lieu pendant ces derniers jours. Darcy fut à nouveau fortement impressionné par l'excellente gérance d'Elizabeth. Il lui parlait toujours un peu de sa journée et du domaine et il constata qu'elle avait retenu sa façon de gérer le domaine.
Une fois Stilton parti, il lui exprima son émerveillement et son admiration.
« Vous me flattez Mr. Darcy ! »
« Elizabeth vous savez que je ne suis pas ce genre d'homme. »
« Et dites-moi comment votre femme a-t-elle su que vous vous intéressiez à elle ? »
« Eh bien figurez-vous qu'elle l'ignorait jusqu'au jour de ma demande. »
« Quelle surprise cela a dû être pour elle ! »
« Vous n'imaginez même pas... » une vague de tristesse passa dans les yeux de Darcy. Les reproches qu'Elizabeth lui avaient faits semblèrent reprendre vie et s'agripper à lui.
« Oh Fitzwilliam, pardonnez-moi mes mauvaises paroles, pardonnez-moi ces mots qui ne vous ressemblent pas ! » Elle lui prit la main et la serra très fort. Il repensait à ces mots qui étaient plus tranchants que le fil de l'épée. Il sentit la main d'Elizabeth se poser sur sa joue et le forcer à lever les yeux vers elle. Elle s'était levée et se penchait sur lui.
« Fitzwilliam, je vous aime de tout mon cœur, vous savais que je vous aurais à nouveau dit non si je n'avais pas été convaincue que vous étiez l'homme que je voulais épouser. » il sourit un peu.
« J'ai en fait beaucoup de chance que vous soyez plutôt renfermé, sinon une autre femme aurait pu voler votre cœur et je n'aurais jamais eu le plaisir d'être votre femme. » il sentit son sourire s'élargir.
« Fitzwilliam, mon ami, je porte votre enfant, et cela fait de moi la plus heureuse des femmes » avec la main qu'elle n'avait pas sur sa joue elle prit la main de Darcy et la mit sur son ventre. Darcy plongea ses yeux dans le regard déterminé et aimant de sa femme. Il lui caressa doucement la joue avec sa main libre, peut-être ne feraient-ils plus chambre à part ce soir pensa-t-il. Il se rendit compte qu'Elizabeth était penchée en avant et qu'il était toujours assis, il se leva afin qu'elle ne se fasse pas mal au dos plus longtemps. Surprise, elle lui envoya un regard interrogateur soucieuse de la raison de son mouvement. Il lui sourit et la serra tendrement des ses bras, il lui souleva le menton et l'embrassa.
Un coup frappé à la porte les surpris tous les deux, Darcy s'écarta du visage de sa femme en souriant. Elle se rassit sur la fauteuil à côté de celui de son mari qui fit de même, tandis que sa femme réarrangeait légèrement sa coiffure.
« Darcy, tout va bien ? » la voix inquiète de Bingley lui parvint, souriant à Elizabeth, il invita son beau-frère à entrer.
Lorsque Bingley vit les joues rosies du mari et de la femme et leurs yeux brillants, il lança un regard d'excuse à Darcy.
« Georgiana et moi voulions vous proposer une promenade dans les jardins. Il ne pleut pas et le vent s'est tu. »
« Quelle excellente idée » s'exclama Mrs. Darcy. « Un phaéton pourra nous suivre et nous ramener si la fatigue se fait sentir. » Elle regarda Darcy pour avoir son accord. Celui-ci acquiesça.
« Nous nous retrouvons dans le hall quand vous êtes prête Mrs. Darcy. »
« Mr. Bingley je crois que vous pouvez m'appeler Elizabeth. »
Ils marchèrent sur le sentier qu'Elizabeth avait emprunté plus d'un an auparavant avec son oncle et sa tante. Darcy marchait au bras de Bingley et Elizabeth au bras de Georgiana. Il marchaient lentement, suivis d'un phaéton.
Trop tôt à son goût Darcy sentit ses jambes faiblir et monta dans le phaéton.
« Souhaitez-vous retourner au château Monsieur ? » lui demanda le cocher.
« Non je vais attendre Mrs. Darcy si c'est possible. »
« Bien Monsieur. »
Ils suivirent Mrs. Darcy qui prit le bras de Bingley. Lorsqu'il fallut gravir dans les bois, Elizabeth monta avec lui dans le phaéton.
« Souhaitez-vous rentrer, Mrs. Darcy ? »
« Si vous n'avez pas trop froid j'aimerais voir la vue d'en haut. »
En présence du cocher Darcy n'osa pas taquiner sa femme sur son changement de compagnon de marche. Elle lui sourit, prit sa main sous la couverture qu'ils avaient mis sur les jambes et posa sa tête sur son épaule.
Une fois en haut de la colline, ils descendirent. Les feuilles n'étaient pas encore toutes tombées et la vue était splendide. Les arbres de la forêt étaient un patchwork allant du rouge au brun. Les pelouses d'un vert foncé encadraient la rivière qui s'écoulait doucement. Pemberley House se devinait au travers des différents bosquets.
« Darcy, êtes-vous bien certain que je ne peux pas vous acheter Pemberley ? »
« Mr. Bingley, même si mon mari acceptait, je refuserais. » Bingley sourit à Elizabeth, vaincu.
« Cependant, dès que j'irai mieux nous pourrons visiter quelques domaines qui sont à vendre dans le Derbyshire si vous le souhaitez. »
« Comment Mr. Bingley, le voisinage constant avec la famille Bennet ne vous convient pas ? » demanda Mrs. Darcy.
Bingley rougit et se montra gêné, inconscient de la taquinerie dont il était victime.
« Bien sûr que non Mrs. Darcy ! Votre famille est absolument charmante. »
« En particulier Maman, vous en conviendrez ! »
« Mrs. Darcy, ne tourmentez pas plus ce pauvre homme ! » s'exclama Darcy afin de venir au secours de son ami.
Georgiana qui avait suivi cet échange sans comprendre les sous-entendus fit un compliment à Elizabeth sur son père et ses sœurs. Celle-ci remercia la jeune fille et lui promit de lui présenter Mrs. Bennet quand l'occasion se présenterait. Après quoi elle félicita Binlgey pour la merveilleuse idée qu'il avait eu et lui exprima sa hâte d'avoir sa sœur pour voisine.
Elle remonta ensuite dans le phaéton, accompagnée par Darcy, et laissant derrière elle un Bingley désorienté par les plaisanteries de sa belle-soeur.
« Elizabeth, vous avez fait fort. »
« M'en voulez-vous ? »
« Le pauvre homme ne s'en remettra pas avant longtemps. » Darcy secouait la tête de désapprobation mais le sourire qui se peignit sur ses lèvres parlait de lui-même.
« Si nous devons être voisins, il est bon ton qu'il apprenne à connaître sa belle-soeur. »
« Elizabeth, » le ton sérieux qu'il avait employé figea le sourire qu'elle avait sur ses lèvres « vous devrez faire attention à Londres. Nos amis peuvent apprécier la vivacité de votre esprit mais des gens mal intentionnés pourront y voir une offense. »
« Vous avez sans doute raison Mr. Darcy. Vous allez regretter de ne pas avoir épousé une femme de bonne famille. » Le phaéton s'était arrêté et Mrs. Darcy en sortit aidée du cocher. Elle monta dans ses appartements et Darcy se dit qu'il devrait peut-être dormir dans sa chambre ce soir encore.
