Chapitre 20 : Échec…

J'avais été réticent à accepter cette mission. Dès le départ, j'avais senti que ça finirait mal. Koonan avait été un des meilleurs, pourtant cette femme lieutenant l'avait descendu comme s'il avait été un débutant. Et voilà que maintenant, un employeur mystérieux nous engageait pour nous assurer qu'elle ne venait pas rouvrir de vieux dossiers. Mais j'avais besoin d'argent, et cette mission paraissait simple. Trop me soufflait mon instinct, mais j'avais choisi de l'ignorer. Je ne faisais qu'observer pour le moment. Enfin, je faisais plus que ça pour tout dire. Je jouais avec ses nerfs. Elle avait tuer l'un des nôtres, et c'était quelque chose qu'on ne pardonnait pas. Alors j'avais décider de m'amuser avec elle avant de l'achever.

Le premier mot que je lui avais laisser n'avait pas eu l'effet escompter. Bien sûr, elle avait eu l'air secouée, mais finalement la détermination avait pris le pas sur le chagrin, et elle avait rouvert le dossier de sa mère. Si mon boss apprenait que c'était moi qui était à l'origine de cette décision, je ne donnais pas cher de ma peau. Surtout que j'avais faillit me faire pincer, mais heureusement, un bruit de l'autre côté du couloir avait détourner son attention, et j'avais pu m'enfuir. Et comme j'aimais vivre dangereusement, j'étais retourner chez elle pour lui laisser un second message. J'avais pris grand plaisir à farfouiller dans son tiroir à sous-vêtement, gardant même un petit souvenir, et je m'étais caresser sur son lit. Il faut dire qu'elle était ultra sexy la poulette, me donnant envie de m'amuser avec elle un long moment avant de l'abattre. Rien que de penser à ce que je pourrais lui faire subir, un frisson d'excitation me traversa.

Et à présent, j'attendais en bas de chez elle, me demandant comment elle réagirait face à ce second message. Pour tuer le temps, ignorant quand elle arriverait, j'allumais la radio, et me branchais sur la radio de la police. C'était encore mieux qu'une émission humoristique. Leurs conversations étaient à mourir de rire, surtout quand vous étiez la proie, et qu'ils vous cherchaient à l'opposé de l'endroit où vous vous trouviez. Mais lorsque j'entendis le sujet du jour, je me raidis. Alors que ce matin, les appel paniqués m'avaient fait hurler de rire, je riais jaune à présent. Dusty et Mark étaient morts. Bon sang, mais qu'est-ce qui se passait? Mon mauvais pressentiment revint en force, et décidant de ne pas assister au spectacle divertissant que ma petite poulette pourrait m'offrir, je décidais de me rendre sur les lieux, afin de trouver des réponses à mes questions.

Durant le trajet qui me conduisait au parking du centre-ville où les corps avaient été retrouvés, je réfléchissais. Il fallait être du métier pour réussir à abattre des pointures comme ces deux-là sans qu'ils n'opposent de résistance. Donc, c'était l'un des nôtres qui avait fait le coup. Mais qui? Plusieurs noms me vinrent à l'esprit. Eva Gun et le Virus. Mais autant que je sache, Eva n'était même pas aux Etats-Unis. Donc ne restait plus que le Virus. Arrivé sur place, j'exhibais une fausse plaque de presse, et m'approchais aussi près que possible de la scène de crime, juste à temps pour assister à l'arrivée du coroner, et profitant de la bousculade qui s'ensuivit, je me glissais sous le ruban jaune, et pénétrais dans le parking. Je m'approchais de l'endroit qui pullulait de flics, et jetais un regard sur les corps. C'était bien eux. Exécutés d'une balle dans la tête. C'était pas la technique habituelle du Virus, mais en même temps, il aimait bien varier les plaisirs, et puis peut-être qu'il avait voulu être sympa et en finir rapidement avec eux.

M'éloignant avant d'être repérer, je ressortais du parking et retournais à ma voiture. Je bouillonnais de rage. Ce crime ne resterait pas impuni. Qui que soit le responsable, je le retrouverais et lui ferais payer. Je me moquais de la poulette à présent. Il y avait plus important. En regagnant mon motel, je passais en revue les différents endroits où je pourrais mettre la main sur le Virus. Autant commencer par lui. Pourtant, je devais être prudent. L'homme était un sadique. Je devais donc mettre toutes les chances de mon côté et veiller à ce qu'il ignore que j'étais après lui. Il était donc grand temps que je prenne contact avec mon cher cousin, Mr Perfection. Déjà tout petit, j'avais eu une folle envie de l'étrangler.

Chaque fois que mes parents me traînait chez lui, j'avais droit à un « si seulement tu étais plus comme ton cousin » ou encore « regarde ton cousin, il est tellement poli et bien élevé ». Je le détestais. Et ce qui m'avait fait accepter cette mission, c'était le fait que cette jolie poulette était à lui. Et encore, aux dernières nouvelles, elle l'avait jeter. Pour un peu, j'aurais renoncer à ce contrat juste pour la remercier d'avoir humilié cet idiot. Et rien qu'à l'idée de retourner le couteau dans la plaie, un sourire ravi illumina mon visage, et inconsciemment, j'appuyais sur l'accélérateur. Après être passer au motel récupérer mes affaires, je prenais la direction de son appartement huppé. J'hésitais à le prévenir de mon arrivée, mais renonçais, sachant qu'il trouverait une excuse pour ne pas m'héberger, comme il le faisait toujours. Si je le mettais au pied du mur, il serait obliger de m'accueillir, même si ça ne lui plaisait pas. Il était trop bien élever pour me dire en face que j'étais indésirable.

Ça et le fait qu'il avait bien trop peur que je ternisse sa précieuse réputation de fils parfait. Monsieur le grand cardiologue de renommée internationale ne voulait pas que j'ailles crier sur tout les toits qu'il refusait d'accueillir chez lui son cousin de passage. J'allais adorer lui pourrir l'existence, comme ça avait toujours été le cas. Déjà tout petits, il avait été la première victime de mes penchants pour la violence. Combien de fois l'avais-je cogner ou menacer des pires sévices. Et puis, il pourrait me fournir de précieuses informations sur son ex. Il devait bien connaître quelques-unes de ses habitudes. J'aurais adorer être là pour voir la façon dont elle l'avait jeter. Ça avait du valoir le détour.

Je connaissais son planning de la semaine, et savait qu'il devait être chez lui, ce que me confirma la présence de sa chère moto. Monsieur se prenait pour un rebelle parce qu'il conduisait une moto. Non mais je vous jure, ça payait ses factures à temps, n'avait jamais eu de contraventions de sa vie et sortait avec une poulette, et ça jouait les gros durs. Qu'est-ce qu'il me faisait rigoler! J'adorerais voir sa tête s'il apprenait que j'étais devenu un des tueurs à gage les plus rechercher par le FBI. Dix contre un qu'il ferait dans son pantalon avant d'aller s'empresser de me dénoncer, exactement comme il le faisait lorsque enfant il courait prévenir nos parents chaque fois que je chapardais dans le champ des voisins. Sale petite fouine.

Bon sang, je ne l'avais même pas encore vu, et j'avais déjà envie de l'étriper. Ça allait être gai! Heureusement pour moi, je n'aurais pas à le supporter longtemps. En affichant un sourire que j'espérais avenant, je sonnais à la porte de l'appartement qu'il avait acheter dans les beaux quartiers de la ville, et attendais qu'il vienne m'ouvrir la porte.

« Salut Josh » le saluais-je en me retenant de rire devant l'expression de son visage.

« Bonsoir Tom » répondit-il finalement en retrouvant sa langue.

« Tu me laisses entrer ou on reste là à se regarder comme deux ronds de flan? » m'enquis-je alors qu'il tardait à m'inviter chez lui.

En retenant un nouvel éclat de rire, je constatais combien l'idée de m'accueillir chez lui semblait lui coûter. Il s'effaça à contrecœur, dissimulant à peine sa grimace ennuyée. Pénétrant chez lui comme en terrain conquis, je jetais un regard circulaire sur l'endroit, et grimaçais de dégoût. On aurait dit la double page d'un magasine de décoration d'intérieur. Les meubles étaient luxueux, mais tout était froid, impersonnel. Je m'attendais presque à voir débarquer une superbe blonde décérébrée prenant la pause en annonçant le prix de cet appartement témoin d'une voix de crécelle . Mais bon, venant de ce m'as-tu vu, cela ne devrait pas m'étonner.

« Joli intérieur » remarquais-je en feignant un intérêt tout juste poli.

« Merci. » répondit-il avec fierté avant de s'enquérir « Tu es là pour combien de temps? »

« Pressez de te débarrasser de moi p'tit cousin? » m'enquis-je en lui flanquant une grande claque dans le dos qui faillit lui faire embrasser le mur.

Il grogna sous la force de l'impact, et rétablit son équilibre avec autant de dignité que possible, ce qui dans son cas était assez difficile, et me lança un regard agacé. Je lui répondis par un regard féroce qui le fit déglutir, et il s'éloigna prudemment, comme le ferait un animal sentant venir le danger.

« Je suis là pour signer un important contrat avec une boîte d'import/export. Ça ne devrait pas me prendre plus d'une semaine » déclarais-je, amusé devant sa mine déconfite.

Et oui, parce que je n'étais peut-être pas devenu médecin comme môssieur, mais aux yeux de ma famille, j'étais devenu un brillant homme d'affaire qui malgré l'absence de diplôme avait réussi à percer dans le métier et à faire fortune, et ça mon cher cousin avait du mal à le digérer. Et à nouveau, j'eus envie de lui apprendre que ce que lui gagnait en un an à sauver des vies, moi je le gagnais en une journée à tuer des gens. C'était ce qu'on appelait l'ironie de la vie je supposais.

« Tu a une chambre d'amis au moins dans ton palace? » lui demandais-je avec un sourire carnassier.

« Évidemment! » s'exclama-t-il outré.

« Tu me la montre ou bien c'est juste pour la déco? » répliquais-je en sentant mon calme s'envolé.

Il dut sentir que je commençais à perdre patience, parce qu'il se précipita dans le couloir, me guidant vers une pièce qui me donna envie de vomir. Elle était décorée dans des teintes marrons ternes, qui donneraient des envies de suicide à un saint, ou dans mon cas, qui me donna des envies de meurtre. Je n'osais même pas imaginer à quoi devait ressembler sa chambre. Pas étonnant que lorsqu'il voyait la poulette, ils allaient chez elle, enfin, s'ils avaient atteints cette étape d'une relation avant qu'elle ne le jette. Ce qui me faisait penser qu'il était temps que je le torture un peu.

« Alors dis-moi p'tit cousin, comment ça va la vie? » lui demandais-je en m'asseyant sur le matelas trop dur du lit.

« Ça va… » marmonna-t-il en se dirigeant prestement vers la porte.

Oh non, pas question! Songeais-je en me frottant intérieurement les mains.

« Et les amours? Tu sors toujours avec ce canon? » demandais-je innocemment et exultais en le voyant se figer la main sur la poignée.

« Non, nous avons décider d'arrêter de nous voir pendant quelques temps » déclara-t-il sans me regarder.

« Donc c'était une décision commune? » demandais-je en roulant des yeux.

« Absolument » approuva-t-il rapidement avant de s'enfuir de la chambre sans me laisser le temps de l'interroger de nouveau.

« Bonne nuit à toi aussi! » criais-je avec un grand sourire satisfait.

Jetant un regard désespéré sur la pièce, je me dirigeais vers la salle de bain, me douchais rapidement, et uniquement vêtu d'une serviette, m'asseyais sur mon lit muni d'un petit calepin. J'y notais tout ce que je savais du Virus. Et une chose me frappa. Il aimait fréquenter les bars de flics. Pas étonnant pour un tueur de flics. C'est dans ces bars qu'il choisissait ses proies. C'était peut-être un tueur à gage, mais ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était tuer des flics. Il en avait fait sa spécialité. Voilà pourquoi je savais qu'il devait également être sur cette affaire. C'était trop tentant pour lui. Je devais donc chercher le bar de flics de la ville où une femme comme Kate Beckett pouvait apprécier aller après une dure journée de travail.

Me levant, je me dirigeais vers mon sac et en sortais mon netbook. Retournant sur le lit, j'ouvrais l'ordinateur et attendais patiemment que la connexion internet s'établisse. Une fois que ce fut fait, je lançais ma recherche sur google, et trouvais en quelques clics ce que je cherchais. Me rhabillant, je quittais ma chambre et allais frapper à la porte de la chambre de Josh. Il vint m'ouvrir vêtu d'un pyjama en flanelle, et je me retins juste à temps de lui demander s'il ne voulait pas une verveine avant d'aller faire dodo. Pas étonnant qu'il se soit fait larguer, il devait être aussi passionnant que le bottin.

« Je vais rejoindre des amis dans un bar… Je t'aurais bien proposer de m'accompagner, mais tu es déjà prêt à aller faire dodo, alors… » déclarais-je en lui adressant un sourire moqueur.

« Je me lève tôt demain » répondit-il sèchement avant d'ajouter « Il y a un double des clés à côté de la porte, bonne soirée »

Et sur ces mots, il referma la porte de sa chambre, me la claquant presque au nez. En grognant, j'essayais de me rappeler pourquoi je ne l'avais pas encore tuer. Ah oui! Parce que c'était mon cousin, et que s'il mourrait, ma famille en ferait un martyre, et que j'entendrais parler de lui comme de Saint Joshua, saint patron des bonnes actions jusqu'à la fin de ma vie. Merci, mais non merci. Je tournais donc les talons en proférant des menaces dans ma barbe, et attrapant les clés, quittais cet appartement en prenant plaisir à claquer la porte. Dans la rue, je grimpais dans un taxi, et donnait l'adresse du McGinty's.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Dès que mon regard avait croiser celui de Matt, j'avais compris que je ne contrôlais rien. Sans bouger, je l'avais regarder traverser la foule pour me rejoindre, et c'est avec délice que j'avais accueillie ses lèvres sur les miennes. Et à l'instant où il m'enlaçait, je réalisais qu'il m'avait manquer. C'était complètement dingue, mais c'était comme ça. Passant mes bras autour de son cou, je répondais passionnément à son baiser, me pressant contre lui.

« Tu m'a manqué » souffla-t-il en posant son front contre le mien.

Il avait l'air tout aussi surpris que moi par son aveu, même s'il ne semblait pas regretter ses paroles. Avec un sourire, il se recula légèrement, et son bras enroulé possessivement autour de ma taille, il me guida vers la table qu'il occupait, et je remarquais qu'il était seul, ce qui m'arrangeais.

« Tu n'es pas partie finalement? » me demanda-t-il en m'aidant à m'installer sur le haut tabouret avant d'en faire de même en face de moi.

« Non, mon client est revenu sur une close du contrat, donc je reste jusqu'à nouvel ordre » expliquais-je en feignant l'exaspération.

« Et qu'est-ce que tu fais dans la vie? » me demanda-t-il en m'observant avec intérêt.

Que devais-je lui répondre? La vérité? Du suicide, mais en même temps, je ne voulais pas lui mentir, alors je lui disais une semi-vérité.

« Je suis avocate d'affaires. Mais ce n'est pas très passionnant. J'envisage de me reconvertir. Plaider me manque »

Ce n'était pas un mensonge, pas vraiment. J'étais vraiment avocate. Du moins Lisa Walker l'était. Et puisque je lui avais donner mon vrai prénom, autant continuer à lui parler de celle que j'étais vraiment, et que je voulais de plus en plus souvent redevenir complètement.

« Pourquoi ne pas le faire? » s'étonna-t-il avec incompréhension.

« Je suis encore sous contrat. Sans raisons valables, je ne peut pas y mettre un terme » soupirais-je avec découragement.

Et oui, on ne quittait pas aussi facilement le monde des tueurs à gage. Même si dans mon cas, ça pourrait être plus facile que je ne l'imaginais. Après tout, si la police entrait mes empreintes, elle trouverait le dossier d'une brillante avocate en droit international. Après avoir traquer sans succès le meurtrier de ma mère et m'être fait un nom dans le métier, j'avais repris le chemin de la fac et avait brillamment réussi mes études. Ça m'avait permis de ne pas devenir folle. Et j'exerçais ce métier, mes nombreux voyages d'affaires me servant de couverture pour effectuer les missions que l'on me confiait.

« Et jusqu'à quand es-tu sous contrat? » me demanda-t-il en s'emparant de ma main.

« Encore six mois » déclarais-je sans vraiment y faire attention.

« Dans ce cas, j'espère que tu songera à New York pour ta reconversion » me sourit-il avec espoir.

Je me contentais de rire doucement en l'observant attentivement, et je remarquais qu'il avait les traits tirés.

« Tu as l'air d'avoir passer une salle journée » remarquais-je avec un froncement de sourcils.

« Ce n'est rien, c'est juste que ce matin, deux prisonniers se sont évadés pendant leur transfert, et on a l'IGS sur le dos parce qu'ils pensent qu'il y a eu une fuite » soupira-t-il en se passant une main lasse sur la nuque.

« Ils te suspectent? » m'enquis-je en sentant la culpabilité m'envahir.

C'était ma faute s'il avait des ennuis. Je m'étais servi de ce qu'il avait confier à son collègue pour accomplir mon contrat, sans me soucier des ennuis qu'il pourrait avoir.

« Disons que je fais parti des suspects… » admit-il, un éclat de colère dans les yeux.

« Et tu a parler de ce transfert avec quelqu'un? » lui demandais-je en connaissant d'avance la réponse.

« A une seule personne. L'ami avec qui je buvais un verre le soir où nous nous sommes rencontrer » déclara-t-il avec un sourire sensuel en m'observant.

Au moins ne me soupçonnait-il pas d'être liée à cette fuite, et je comptais bien faire en sorte qu'il ne l'apprenne jamais.

« Et cet ami, il est fiable? » demandais-je en feignant la nonchalance.

« Oui, je le connais depuis l'école de police. Je suis sûr qu'il n'a rien à voir avec cette histoire » assura-t-il en poussant un soupir à fendre l'âme.

Il avait l'air tellement abattu que je ressentis le besoin de le réconforter.

« Danse avec moi » déclarais-je en sautant à bas de mon tabouret et en lui adressant un grand sourire enjoué.

Sans se faire prier, il se saisit de ma main et se laissa guider sur la petite piste de danse. Au moment où nous l'atteignîmes, un slow langoureux commença, et Matt se colla à moi. Fermant les yeux, je me laissais aller dans ses bras, savourant ce moment de détente lorsqu'un frisson me parcourut l'échine. Rouvrant les yeux, je regardais discrètement dans le miroir au-dessus du bar, et me raidis en découvrant l'homme qui me déshabillait du regard. Si lui ne semblait pas savoir qui j'étais, grâce à Dieu, je l'avais pour ma part parfaitement reconnu. C'était le Virus. Je ne devais pas paniquer. Il ne semblait pas être là pour moi, mais avec lui, on ne pouvait jamais savoir. En tout cas je n'aimais pas la façon dont il me regardait. Je frissonnais de dégoût, et me serrait contre Matt qui baissa la tête pour me regarder avec un froncement de sourcils.

« Quelque chose ne va pas Lisa? » s'étonna-t-il en voyant mon expression inquiète.

« C'est juste qu'il y a un homme au bar qui me regarde avec un peu trop d'insistance, et je n'aime pas ça » expliquais-je en jouant la femme fragile et apeurée.

« Tu veux que j'ailles lui demander de cesser? » s'enquit-il sans même jeter un regard dans la direction du Virus.

Ce type était tellement tordu qu'il prendrait ça pour une provocation et nous tuerait avant qu'on ait le temps de comprendre ce qui nous arrivait.

« Non, mais ça te dérangerais si on s'en allait? » lui demandais-je en l'implorant du regard.

Il acquiesça, et passant un bras protecteur autour de mes épaules, nous regagnâmes notre table pour récupérer nos affaires avant de nous diriger vers la porte. Au moment où nous l'atteignîmes, elle s'ouvrit pour livrer le passage à un homme à la carrure imposante, et je me tendis un peu plus contre Matt. Cet homme c'était Le Boucher. Il était presque aussi sadique que le Virus. Et de savoir les deux hommes dans ce bar ne me rassurais pas. Ce n'était pas une coïncidence. Il fallait que je parte, maintenant. Parce que mon instinct me criait qu'ils n'étaient pas là par hasard, et qu'il valait mieux que je ne fasse pas de vieux os dans le coin. En passant près de lui, je sentis son regard s'attarder sur moi, et je baissais les yeux en rougissant, ce qui le fit ricaner. Matt me rapprocha un peu plus de lui, et sentant qu'il s'apprêtait à faire part de sa façon de penser au Boucher, je l'entraînais prestement vers la sortie.

Juste avant de sortir, je tournais la tête, et constatais que ce dernier était aller s'asseoir directement à côté du Virus. Ils ne se parlaient pas, ne se regardaient pas, mais l'air était charger de menaces entre eux. D'ailleurs les flics présents leur jetait des regards en coin, se demandant s'ils allaient avoir besoin d'intervenir, mais les deux hommes burent tranquillement leur bière. Lorsque la porte se referma sur nous, j'eus le temps d'apercevoir le regard qu'ils échangèrent dans le miroir. Quelque chose me disais que l'un deux seraient mort demain matin.

« Tu va bien Lisa? » me demanda Matt avec inquiétude.

« Oui, maintenant qu'on est dehors ça va mieux » le rassurais-je avec un petit sourire dépité.

« C'est vrai que ces hommes avaient quelque chose de malsain. Je devrais peut-être appeler la centrale pour donner leur signalement, juste au cas où… » remarqua-t-il en repoussant une longue mèche de mes cheveux bruns dans mon dos.

« Si tu penses que c'est nécessaire…. » déclarais-je en passant mes bras autour de sa taille et en me collant à lui pour lutter contre la fraîcheur de la nuit.

Sans répondre, il s'empara de son téléphone, et après s'être identifier, il donna le signalement des deux tueurs à gage et mit un terme à la communication.

« On veux-tu aller maintenant? » me demanda-t-il tendrement.

« On pourrait aller chez toi… » commençais-je avec un sourire sensuel, « où bien aller à mon hôtel et profiter du jacuzzi… » terminais-je en l'embrassant fougueusement.

« Va pour ton hôtel… » approuva-t-il le regard assombri par le désir.

Heureusement que je ne gardais aucun objet compromettant dans ma chambre, parce que j'aurais eu l'air maligne s'il tombait sur une preuve de mon implication dans l'évasion de Mark et Dusty. Décidément, je ne tournais plus rond quand il était dans les parages….

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

J'espère que vous tenez les comptes au niveau des tueurs à gage pour ne pas vous y perdre... Je vous rappel qu'en tout, il y en a 10... Je récapitule pour vous : Paris, Mark et Dusty, Eva Gun alias Lisa, Le Virus et le Boucher pour le moment, ce qui en fait déjà 6...

Et maintenant, place à la suite...