Hey...
Euh, j'ai pas d'excuses pour celui-là, alors, tant pis...
P.S. : Encore et toujours merci pour vos reviews et tout ce qui va avec.
La mélodie du silence.
Elle marchait comme on marche sur des braises chaudes. En grimaçant et geignant, le plus vite possible de la pointe de ses pieds. Elle marchait les bras tendus de chaque côtés de son corps, yeux fermés et courant vivement, les larmes menaçant de s'écouler. Et elle avait finit par courir, ses jambes se balançant dans le vide, son corps tendu et son âme à l'agonie. Elle avait finit par courir, parce que les braises lui arrachaient la plante des pieds, parce que sa peau roussissait et saignait.
Et elle courrait, les mains tendues dans les airs, comme une enfant sur un muret. Et elle courrait, courrait. Elle courrait avec hargne, avec détermination, avec peur, avec courage. Elle courrait sans y faire attention.
Elle courrait alors que les branches meurtrissaient ses joues. Alors que les entailles sur ses bras la faisait grimacer. Alors que le sol irrégulier et meurtrier martyrisait ses pieds. Alors que son cœur s'effondrait dans sa cage thoracique comme un ballon explose.
Elle se jeta presque à plat ventre, son arme contre son corps, ses yeux grands ouverts en attente d'un bruit, d'un signe. L'écorce contre son dos la torturait, son tee-shirt rendait lentement l'âme alors qu'elle calmait sa respiration erratique. Les pas s'approchaient d'elle. Quelque part derrière elle, quelque part trop loin.
Elle ne l'atteindrait jamais à temps pour lui trancher la gorge. Jamais à temps pour lui planter sa lame dans le cœur. Jamais à temps pour lui arracher sa pauvre âme errante de son corps décharné pour qu'elle disparaisse elle ne savait où.
Les dents serrées, étirant ses doigts, sur ses chevilles souples, elle attendit l'instant précis où le son léger des pas sur les feuilles et les brindilles s'arrêta, se trouvant le plus près d'elle, pour sortir brutalement de sa cachette. Elle sauta au cou du monstre qui la poursuivait. Sa main s'abattit alors qu'il lui attrapait le poignet, tentant désespérément de l'arrêter. Mais elle ne se laisserait pas faire.
Une jambe entre celles de cet enfoiré, le poids de son corps et un hurlement, et il tombait au sol, lâchant machinalement son poignet pour se réceptionner. Elle leva brusquement sa lame, l'abattant avec violence lorsque la morsure froide l'attrapa. Lorsque le sang se figea dans ses veines. Que son cœur pompa une ultime fois. Sursaut impromptu.
Et pour la première fois depuis longtemps, au milieu des âmes du Purgatoire, elle ferma les yeux de soulagement. Qu'importe où elle allait désormais, elle serait loin de lui. Loin de lui, toujours plus loin. Qu'importe qu'il l'a rattrape. Qu'importe que son regard ne soit terrifié. Qu'importe qu'il ne hurle sur son camarade.
Qu'importe.
Il l'avait pourchassé au milieu des arbres éternels de cet prison grise. Il l'avait pourchassé comme on pourchasse un gibier. Comme un monstre. Uniquement pour se faire pardonner, uniquement pour son propre bien, sans jamais penser à ce qu'elle voulait.
Mais sous ses yeux, elle put simplement sourire, observer cet énergumène la regarder mourir. Parce qu'il semblait si terrifier par ce qu'il voyait. Parce qu'il l'a perdait une seconde fois. Parce qu'il l'a perdait encore, à nouveau.
Et qu'elle se réjouissait de ça.
Alors devant les deux prunelles vertes qui l'observaient, Emma se pencha, se sentant pour la seconde fois de son existence partir. Et d'une voix qui tremblait d'une joie malvenue, d'un rire aigus et d'un incontrôlable déchaînement de haine, elle souffla une ultime fois :
- Bonne nuit Papa...
