Merci pour tes reviews Antig0ne ! C'est vrai que ma vision des Poufsouffles peut sembler assez « hard » comme tu dis. Mais je me place dans le contexte de la montée en puissance de Voldemort : les Poufsouffles ont pour 80% d'entre eux un parent moldu et les futurs Mangemorts qui sont encore élèves à Poudlard n'arrangent pas les choses. Mais je compte bien faire prendre leur revanche aux Poufsouffles, ne t'inquiète pas :) Ça n'en restera pas là.

Dans les romans, J K Rowling prend le temps d'expliquer des notions de magie et tout ça. Je trouvais bien d'en mettre dans ma fic aussi. Je cherche ce qu'elle a pu écrire sur le sujet qui m'intéresse et je brode autours ou je crée complètement le concept. Je trouve ça amusant. Je suis contente que tu trouves ça bien !

Pour ce qui est du fantôme, elle va apparaître beaucoup plus souvent dans le tome 2, et on en apprend un peu plus long sur elle, alors je ne vais rien dévoiler ici. Après, si tu n'es toujours pas satisfaite, je suis en train d'écrire sa vie de son vivant. Et je peux te garantir qu'il y a des choses à raconter XD

Salut Cracky64 !:) Le but de ce tome 1 c'était essentiellement d'amorcer ce changement en Crystall. Voldemort va regretter de s'être fait cette ennemie là, crois moi. Poufsouffle ou pas, elle compte bien lui faire payer. Mais oui, le prochain tome va être assez dur pour elle.


Voilà, ceci est le dernier chapitre du Réveil d'une Poufsouffle. C'est la première fic que j'aurais terminé sur ce site, et sans doute la plus travaillée que j'ai terminé jusque là peu importe le site.

J'espère que vous l'apprécierez.


Le premier acte

Dimanche 2 juillet 1978 : dans le Poudlard Express

Pfff, je suis tellement crevée que j'ai l'impression que mes quelques heures de sommeil m'ont encore plus fatiguée. Je suis actuellement dans le même compartiment que les Maraudeurs. C'est la première fois depuis mon premier trajet vers Poudlard en première année que je me retrouve aussi à l'avant du train et sans mes camarades de Poufsouffle. J'aimerais dire que je reste là parce qu'il y a Sirius où parce que c'est plus près des compartiments occupés par les Serpentards en cas d'attaque de mangemort. Mais en fait, je ne veux pas me retrouver parmi les élèves de ma maison pour la simple et bonne raison que Greg n'est plus là. Il ne repartira jamais vraiment de Poudlard pour moi.

On va tous les 5 somnoler à tour de rôle en guettant toute trace des mangemorts. Je n'ai vu aucun Auror dans ce train. Ils doivent se dissimuler quelque part. Je préfère penser ça plutôt que de me dire qu'ils ne sont pas là du tout.

*Poudlard express plus tard enfermée dans les toilettes*

Mon dieu, ni Oliver ni Regulus n'avaient menti. L'attaque a été silencieuse. Aucun de nous 5 n'avait deviné ce qui se tramait avant que le train ne soit brusquement pris d'une secousse qui l'a fait s'arrêter. On a immédiatement bondi sur nos pieds. Soudainement, je ne me sentais plus fatiguée. Mon cœur s'est mis à battre plus fort un peu parce que j'avais peur, un peu parce que je découvrais l'excitation qu'on pouvait ressentir en partant se battre. L'adrénaline est une chose merveilleuse. Sans elle, et sans les Maraudeurs qui ont bondi sans aucune hésitation, m'entraînant malgré moi dans le mouvement, je serais sans doute restée paralysée. Mais une fois lancée, j'ai été la première à arriver. Je suis plus petite et plus mince qu'eux, donc je pouvais me faufiler plus facilement entre les élèves qui s'agglutinaient dans le couloir et avec mes heures d'entraînement, j'avais la vitesse pour moi.

La porte menant au wagon le plus proche de la locomotive était verrouillée. C'était là que se trouvaient presque tous les 7ème années de Serpentard dont Regulus et les futurs Mangemorts comme Avery, Mulciber, Macnair où Rogue. Alohomora n'a pas marché alors je l'ai fait exploser juste au moment où les Maraudeurs me rejoignaient. On nous attendait derrière. Mais la détonation suivit de la porte enfoncée qui avait volé sur plusieurs mètres à l'intérieur du wagon avaient suffi à les déconcentrer. J'ai entendu Sirius ricaner quand il a remarqué que celui qui s'est fait assommer par la porte n'était autre que Rogue.

Le combat s'est cependant rapidement engagé même si beaucoup d'élèves présents n'ont pas daigné sortir leur baguettes. Du coup, nous étions 5 contre Avery, Mulciber et Macnair. Je voyais Regulus au fond du wagon, bien à l'abri de la bagarre, penché par la fenêtre ouverte. En jetant un coup d'œil par celle qui se trouvait la plus proche de moi, j'ai pu voir que nous n'étions pas les seuls à nous battre. Mais ce bref moment d'égarement m'a valu de me faire effleurer par un Maléfice Cuisant particulièrement vicieux. Ma manche s'est déchirée et c'est le réflexe de retirer mon bras face à la douleur qui m'a préservée d'encaisser le sort entièrement. Heureusement, le bras qui était touché était le gauche soit celui qui ne tenait pas ma baguette.

Nous n'avons pas vraiment eu de mal à nous débarrasser de nos opposants. Et nous avons pu immobiliser Regulus. Ma sœur n'était curieusement pas dans le wagon. Prise d'un mauvais sentiment, je suis repartie, laissant le soin aux Maraudeurs de veiller à ce qu'aucun Serpentard ne fasse de bêtise.

Je n'ai pas retrouvé Queenie à l'endroit que je pensais. Elle était presque tout au bout de train. Dans les wagons les plus éloignés de l'avant qu'occupaient la plupart des Poufsouffles. Elle était aussi en train de se battre. J'ai reconnu Andreas et sa coupe militaire. Et il n'avait pas l'air d'avoir besoin d'aide. Il était aussi tranquille que s'il avait été debout au milieu d'une île déserte et il repoussait les attaques de ma sœur comme on éloigne un moucheron gênant d'un revers de la main.

Tout ce que j'ai pensé, c'est "waouh". Il a bien plus d'entraînement et d'expérience en duel que les Maraudeurs et bien sûr que moi-même. Je sais très bien d'où il tient ça : il a passé ses 5 premières années d'étude de sorcellerie à Durmstrang. Je ne sais pas grand-chose de ce qu'il se passe là bas et de leurs méthodes d'enseignements. Mais ce que j'ai entendu suffi à ce que je sache sans aucun doute où il a été entraîné pour savoir se battre.

Maintenant que je suis plus au calme et que j'écris ça, je me rends compte que le meurtrier de Gregory, qui est vraisemblablement d'origine slave, doit aussi avoir étudié à Durmstrang. Et que si je compte sortir vivante et vainqueur d'un combat contre lui, je vais devoir travailler dur. Je n'ai pas du tout le niveau.

Les mangemorts ont fini par battre en retraite après un temps qui m'a paru horriblement long. La victoire revenait aux Aurors et à l'Ordre. Un homme, pas très loin de la trentaine à mon avis, avec des cheveux et des yeux bruns ainsi que deux incisives nettement séparées par un espace qui m'a semblé énorme est venu me voir dans le train.

- Vous êtes Crystall Entwhistle ? m'a t –il demandé aimablement avec un sourire.

- Oui.

- Je m'appelle Franck Londubat, je suis l'Auror qui est chargé de la protection de ce train.

- Enchantée, ai –je répondu.

- Alastor m'a dit que je devais m'adresser à vous pour informer nos alliés à l'intérieur du train de la situation. Apparemment, Dumbledore lui a assuré qu'il avait totalement confiance en vous.

- Je ne sais pas ce que Dumbledore a dit. Juste que j'ai été choisie parce que mon esprit est un endroit sûr. J'écoute votre message.

- La situation semble maîtrisée, je ne détecte plus de menace aux alentours. Mon escadron et moi-même allons quand même rester jusqu'à l'arrivée à quai.

- C'est le plus sage, je pense. N'avez-vous pas aussi trouvé qu'ils n'avaient pas l'air si déterminés que ça à entrer dans le train ?

- Si, je me suis aussi fait la réflexion, s'est – il étonné certainement parce qu'il ne pensais pas que je l'aurais remarqué. Mais nous avions prévu le fait qu'il puisse s'agir d'une simple diversion. Maintenant si vous le permettez, je vais retourner à mon poste.

- Juste une dernière question Monsieur Londubat.

- Oui ?

- Avez-vous fait cessé les agissements des Mangemorts et des Inferi à Coventry ?

Il m'a jeté un regard surprit avant de me dévisager. Je sais que ça ne me regardait pas et qu'il pouvait très bien m'envoyer chier, mais il fallait bien que je me renseigne.

- Pourquoi cette question ?

- J'habite là bas. Et des personnes qui me sont chères aussi. Ce sont des moldus et je veux savoir s'ils peuvent se déplacer relativement en sécurité où pas.

- Nous avons réglé le problème, m'a t –il assuré. Votre bras saigne, vous feriez bien de le soigner. Bonne après midi.

Avec un signe de la tête, il s'est détourné et a rapidement quitté le train qui redémarrait. Je me demande bien où lui et les aurors se sont postés pour arriver à suivre le train. Je n'en ai vu aucun à bord.

Andreas attendait patiemment que j'ai fini de parler.

- Qu'as-tu fait de ma sœur ? lui ai –je demandé en me tournant vers lui.

- Elle est rrrrrretourrrnée parrrrmi ses amis couarrrrrrds. Fais voirrrrr ton brrrras.

- Ça vient d'un maléfice Cuisant, tu ne pourras pas le soigner comme tu l'as fait l'autre jour. Il faut une pommade pour ça.

- Ton brrrras, a t –il insisté.

Je le lui ai tendu sans trop comprendre ce qu'il voulait. Il a saisi mon poignet et a retourné mon bras pour exposer mon tatouage. Comme j'étais blessée sur la partie extérieure de mon avant bras, je pensais que c'était ça qu'il voulait voir, mais pas du tout. Il a examiné son tatouage avec attention et a passé sa paume dessus. Je jurerais avoir vu une petite lueur de soulagement s'allumer dans ses yeux bleus.

- Non, je ne porte pas la Marque des Ténèbres. Dois –je me vexer que tu l'ai cru ?

- Je te crrroyais faible Crrrystall, a t –il dit sans que ça ait le moindre rapport avec ce que je venais de dire. Je suis content de m'êtrrrrre trrrompé. Si jamais tu as besoin d'aide, viens me trrrrouver.

- Quoi ? Qu'est ce que ça a à voir avec le sujet ? Et pourquoi dire ça aussi soudainement ? Hé ! Te barre pas ! Réponds à mes questions ! ANDREAS !

Il ne s'est pas retourné et n'a marqué aucune hésitation tandis qu'il disparaissait dans le wagon suivant. J'ai agité mon poing dans sa direction en le traitant d'enfoiré avant de me détourner. Tobias est arrivé et m'a lancé un pot de crème. En l'ouvrant, j'ai reconnu l'onguent pour soigner mon bras. Ce truc est vraiment extraordinaire. Il lui faut moins d'une demi- journée pour effacer toute trace de beaucoup de sortilège, dont le maléfice cuisant. Et en plus il anesthésie la douleur. Comme le calme revenait, je commençais vraiment à sentir la douleur pulser dans mon bras.

- Je crois que tu pourrais venir voir Kathie en échange de cette crème, m'a fait remarquer notre Préfet.

- Pourquoi ?

- L'attaque des mangemorts l'a un peu bouleversée. Elle est cachée sous une banquette et personne n'arrive à l'en déloger.

- Qu'est ce que moi je peux y faire ? Je ne suis pas une de ses amies proches.

- Ses amies proches se sont fait attaquer par ta sœur.

Il y avait une trace de reproche dans la voix de Tobias qui ne m'a pas du tout plu. Suis –je responsable de ce que fait ma sœur ?

- Je n'ai pas choisi d'être sa sœur ni de naître dans cette famille, ai –je aboyé en réponse.

- Je n'ai jamais dit ça. Queenie voulait se venger de toi en s'attaquant à nous. Elle a eu Billy qui a engagé le combat pour je ne sais qu'elle raison et si ce Gryffondor n'était pas arrivé, le bilan aurait été pire. Maintenant va voir Kathie !

Je lui ai jeté un regard noir, mais je me suis exécutée. Au fond, je me doutais bien que j'avais quelque chose à voir dans sa soudaine attaque des Poufsouffles alors que d'ordinaire si les mauvais traitements qu'on nous inflige l'amusent, ma sœur n'y participe pas.

Billy était allongé dans le couloir, conscient mais sonné. Il m'a suivie des yeux sans rien dire quand je l'ai enjambé et que j'ai poursuivi ma route vers le compartiment que Tobias m'avait indiqué. Kathie était bien recroquevillée sous la banquette. Des Poufsouffles discutaient dans le couloir et se sont tus quand je me suis agenouillée.

Notre Préfète était comme absente. Elle se balançait d'avant en arrière compulsivement, se rongeant les ongles qui étaient déjà en sang sans sembler se rendre compte qu'elle se faisait mal et son regard paraissait ailleurs. Je ne sais vraiment pas ce que ces salopards de mangemorts lui ont fait à Prés – au – Lard en mars, mais j'ai une grande envie d'aller tous les tuer quand je me rappelle l'état de Kathie. Je l'ai appelé doucement et j'ai posé une main sur la sienne pour l'écarter de sa bouche et épargner un peu ses doigts. Elle a levé le regard vers moi. Et elle a hurlé.

Je… j'ai vraiment vu la terreur au fond de ses yeux. Elle s'est dégagée avec des gestes désordonnés et mécaniques et elle est allée se planquer encore plus profondément sous la banquette, se pressant contre le mur du compartiment comme si elle pouvait y entrer. Elle n'a pas arrêté de hurler. Je me suis sentie pâlir et une soudaine envie de vomir m'a pris.

Elle devait me confondre avec ma sœur. Je n'aurais jamais pensé inspirer une telle épouvante à quelqu'un. Même si elle me prenait pour quelqu'un que je n'étais pas, c'était bien moi qui l'avait fait réagir. On ne se sent vraiment pas bien quand ça nous arrive. J'espère ne plus jamais revivre une telle épreuve. Que se soit venant d'un de mes amis où d'un de mes ennemis. Je me suis sentie … sale. Je ne sais pas si c'est vraiment le mot mais je n'en ai pas de mieux. C'est comme si quelque chose venait de mourir en moi. Encore. Je voulais juste me barrer, fuir. Mais d'un côté je ne pouvais pas. Bizarre, hein ?

J'ai sorti ma baguette et avec un "accio" j'ai fait venir à moi sa potion de sommeil. Au point où elle en était, je reste persuadée qu'on aurait pas pu la ramener à la raison autrement. Avec l'aide de Tobias et d'une autres Poufsouffle, qui étaient tous les deux venus voir ce qu'il se passait en entendant les cris, nous avons tiré notre préfète de sa cachette. Elle s'est débattue comme un beau diable, ne reconnaissant plus personne visiblement.

Elle a essayé de s'accrocher à tout ce qui lui passait sous la main.

5 longues traces sanglantes ornent le sol du compartiment à présent, là où ses doigts déjà abîmés l'ont raclé pour essayer de nous échapper. Quelqu'un a immobilisé ses pieds, quelqu'un d'autre son bras droit, un autre le gauche. Il a fallu du renfort pour garder son bassin au sol et l'empêcher de ruer malgré tout.

J'ai appuyé mon genou sur son sternum et j'ai pesé de tout mon poids sur elle. Comme elle ne cessait pas hurler, j'ai pu lui verser la potion directement dans le gosier. J'ai jeté le flacon vide sur le côté et j'ai pincé son nez tout en la forçant à garder la bouche fermée. Finalement, elle a dû avaler pour pouvoir recommencer à respirer. Parce qu'il ne faut pas croire qu'elle a bien gentiment voulu déglutir.

Soudainement, elle s'est immobilisée. Je crois qu'elle est tombée dans les pommes plus qu'elle ne s'est endormie. Je lui ai donné une sacré dose de potion, ce qui explique sans doute que l'effet ait été aussi immédiat. Mais vu son état d'agitation, elle se réveillera quand même avant notre arrivée à Londres. Cette potion agit plus où moins longtemps suivant l'état émotionnel de la personne qui la prend.

Je me suis redressée immédiatement après, sentant les regards posés sur moi comme s'ils me brûlaient. Ils savaient tous que ce qui venait d'arriver était de ma faute. Il étaient accusateurs. Je me suis barrée et je me suis enfermée dans les premières toilettes assez éloignée d'eux que j'ai trouvé. J'ai besoin de solitude.

Non. En fait, j'ai besoin de Greg. Sa seule présence aurait suffi à me consoler. Ses mots auraient réussi à me remettre d'aplomb. Je le sais. Il y arrivait toujours. Et s'il avait encore été là, lui, il aurait réussi à ramener Kathie parmi nous sans la forcer à boire une potion. Je ne suis pas faite pour ce genre de boulot.

Andreas a tord. Je suis faible.

*Poudlard Express*

On se rapproche de Londres. J'ai fini pas quitter les toilettes pour rejoindre les Maraudeurs qui ont décidé de retourner dans leur compartiment lorsque le train a redémarré. Aucun d'eux n'a été blessé. Quelques ecchymoses et quelques sorts sans gravité les ont touchés. Mais rien dont ils ont été incapables de se défaire avec un contre sort.

Lily aussi était là quand je suis revenue. Elle les observait tous avec un air réprobateur et ils avaient tous l'air d'enfants prit en flagrant délit la main dans un paquet de gâteau. Elle m'a assassiné du regard quand je suis arrivée. Elle devait savoir que j'avais accompagné les 4 garçons tout à l'heure. Je ne vois pas d'autre raison pour expliquer sa mauvaise humeur.

- Quelque chose ne va pas ? m'a t –elle demandé.

En moins d'une seconde elle est passée de la colère à l'inquiétude. Elle me dévisageait comme si c'était écris sur mon front que je me sentais vraiment mal. J'ai secoué la tête et je me suis laissée tomber à côté de Sirius.

- Je ne savais pas que tu avais un tatouage, m'a dit Remus le regard fixé sur mon bras.

- Ça n'est pas la marque des ténèbres nom de dieu ! ai –je répliqué comme si je voulais le bouffer.

J'ai exposé mon avant bras à leur vue pour qu'ils puissent bien s'en rendre compte. En me faisant tatouer à cet endroit là, je n'avais pas pensé un seul instant qu'on puisse croire que je portais la sombre marque des adeptes de Voldemort. Note à moi-même : le cacher autant que possible. Pour l'heure, j'ai encore le bras gonflé et douloureux et même si j'ai réparé et nettoyé ma manche, je ne vois pas l'intérêt de la rabattre. Je ne vais pas faire exprès d'augmenter la douleur.

Un long silence a suivi ma déclaration, sans doute à cause de mon ton mordant, mais aussi parce qu'ils ont cru que je portais la marque de Voldemort. Ça ne m'a pas embêté au contraire j'ai béni ce silence. Je me suis tournée vers la fenêtre et je me suis plongée dans la contemplation du paysage. Dragon, que j'ai libéré de sa cage au début du voyage de retour, a sauté sur mes genoux et s'est mis à ronronner pendant que je le caressais. C'est la première fois que je le vois spontanément venir sur mes genoux. D'ordinaire, c'est moi qui vais le chercher et s'il n'est pas de trop mauvaise humeur, il se laisse faire. Sirius a tendu la main vers lui, et n'a échappé à un coup de griffe que grâce à ses réflexes.

Les 4 autres ne sont pas restés silencieux bien longtemps. Ils se sont mis à parler de leur projets de vacances. Ils parlaient tous de s'engager plus en avant dans l'Ordre et j'ai compris que Lily ne leur en voulait pas d'avoir affronté des futur mangemorts mais au contraire de ne pas l'avoir invitée elle aussi à la fête. Je n'aurais jamais envisagé Lily prendre une part actif à ce combat. Je n'avais pas l'impression que ça lui correspondait. Je ne dois pas la connaître aussi bien que je le pensais.

- Que vas –tu faire maintenant ? m'a demandé Remus. Tu ne peux pas rentrer chez toi après ce qu'il vient de se passer, si ?

- Rentrer chez moi ? me suis – je étonnée. J'ai été mise à la porte en septembre dernier. Il n'a jamais été question que je retourne dans leur manoir.

D'ailleurs, je m'étonne toujours que mes parents m'aient permis de continuer à rester sous leur toit plusieurs mois après mon 17ème anniversaire qui faisait de moi une sorcière majeure. Mais je ne vais pas m'en plaindre.

- Tu ne nous l'avais jamais dit, m'a reproché Sirius.

- Vous ne m'avez jamais posé la question non plus, ai –je contré. Ça n'a pas d'importance de toute façon. Je dirais même que s'ils ne m'avaient pas mise dehors, je serais partie moi.

- Comme Sirius l'année passée, a fait remarquer James. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux.

Je lui ai tiré la langue d'une façon totalement mature et adulte ce qui les a tous fait sourire.

- Tu sais où tu vas habiter ? m'a demandé Peter.

- C'est vrai ça, est intervenue Lily avant que j'ai eu le temps de m'exprimer. Si tu veux, tu peux venir habiter chez moi. Mes parents seront ravis de t'accueillir.

- Non, merci. Je vais aller loger chez les parents de Gregory. Ils me l'ont proposé et je n'ai pas pu refuser.

Pas voulu non plus, si je veux être tout a fait honnête. Je devais à Gregory de m'occuper de sa famille et de veiller à ce que son petit frère où sa petite sœur, futur élève de Poudlard, y passe une scolarité normale.

- J'ai aussi trouvé un travail pour ces vacances. Si j'arrive à réunir assez d'argent, je m'achèterais un studio, ai –je poursuivi.

Je compte vraiment ne pas rester trop longtemps sous le toit des parents de Gregory. Je ne veux pas les embêter ni vivre à leur crochet. Mais je compte leur rendre de fréquentes visites quand même.

Il y a quelques minutes, un hibou vient de m'apporter une lettre. C'était le hibou le plus énorme que j'ai jamais vu. Il n'y avait pas grand-chose dans la lettre. Juste "demain, 7h30 Chaudron Baveur". Je sais très bien de qui ça vient. Zylphia Gryphem n'a pas oublié notre marché. Moi non plus d'ailleurs. En échange de deux semaines de ma vie, elle va me permettre de sauver la personne de mon choix. Sauf que je n'ai pas encore décidé qui... Comment je peux décider de sauver une personne et de laisser les autres mourir? C'est impossible. Inacceptable.

Je me demande qui a écrit cette missive pour elle. Les mots sont tracés en majuscules maladroites et enfantines.

*King's Cross côté moldu*

Je suis assise seule sur l'un des bancs de la gare. J'attends juste que toutes les traces du maléfice cuisant aient disparues pour transplaner. Il ne faudra encore que quelques minutes. On s'est tous séparés sur la quai. Ça fait bizarre.

J'ai prévenu mes amis que je serais sans doute injoignable pendant deux semaines. Je ne sais pas trop ce qu'il se passera ensuite. Je vais aller travailler à la ménagerie magique, aider l'Ordre, sortir avec Sirius qui va entrer en formation pour devenir aurors avec James, veiller sur la famille de Gregory… C'est déjà pas mal comme programme. Bon, il est temps.

*Chambre de Gregory*

Je me sens vraiment mal à l'aise ici. Pas que Richard et Elisabeth aient fait quoi que se soit pour. Ils sont adorables, sincèrement. J'ai juste l'impression que je ne devrais pas être là. C'est la place de Gregory, non la mienne. Je n'ai d'ailleurs pas défait ma valise.

J'ai raconté l'attaque des Mangemorts aux parents de Greg. Ils ont été scandalisés et m'ont demandé combien de temps ces monstres allaient encore s'en prendre à des innocents. Ils sont visiblement capables de rancœur, alors que Greg en semblait incapable, lui. Mais je les comprends.

J'ai l'impression que je viens de tourner une page de ma vie. J'ai quitté Poudlard, j'ai quitté ma maison d'enfance, j'ai un travaille, je me suis engagée dans le combat contre Voldemort…

Je ne me retrouve pas dans la situation dont j'avais rêvée plus jeune. Ça certainement pas. A l'époque, avant que je n'entre à Poudlard, je m'imaginais plutôt avoir réussi brillamment tous mes examens et entrer au ministère pour accéder à un poste qui serait utile à la cause de Voldemort à laquelle toute la famille Entwhistle est dévouée depuis ses débuts. Même si nous n'avons aucun mangemorts parmi les nôtres. Je me voyais aussi en voie de me marier et de fonder une famille dans un monde où la vraie valeur de mon sang serait reconnue.

On ne peut pas dire aujourd'hui que je sois mécontente d'être devenue le vilain petit canard de la famille. Rien que de me dire que j'ai un jour pensé ça me fait honte. Je préfère nettement l'option pauvre, traître à son sang et membre de l'Ordre du Phénix.

Bon, je vais aller me coucher. Après tout, il faut être en forme pour le premier jour de sa nouvelle vie.

A SUIVRE


Voilà, ici se clôt le premier tome des aventures de Crystall ! J'espère que vous l'avez apprécié !

Le tome suivant s'appelle « La Contre – Attaque d'une Poufsouffle » et sera plus sérieux que celui – ci.

La semaine prochaine, je vais publier un bonus. Il ne sera pas très long, mais j'y tiens.

N'hésitez pas à me faire part de votre avis sur ce premier tome, et ce que j'aurais pu faire pour l'améliorer, s'il y a de gros défauts etc...

Si vous avez des questions, vous pouvez aussi mes les faire parvenir et si ça ne spoil pas le second tome, j'y répondrais dans le bonus !

J'attends vos reviews ;)