Transplanage... Réponse aux reviews !
Ah, Don-jul, qu'est-ce que je ferais sans toi, tes corrections, et des commentaires de dix pieds de long ! xD Ouais, Alva ne peut pas renier ses origines... Et la danse de Draco était un délire personnel, parti d'un pétage de plombs avec une de mes amies x)
Voldy en soubrette, visiblement, ça t'a traumatisé ! Je suis sûre que tu n'es pas le seul... Harry a dû être super-choqué aussi !
Pour Alva et Draco... Raaah, mais tout le monde veut les caser ensemble, c'est pas possible x) Et oui Alva adore les loup, à cause de son propre côté lupin. Enfin, là elle va nettement moins les adore... XD
Niveau review, ça a été pauvre sur ce site... Ne me dites pas que vous avez tous déjà vos partiels ?!
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Ywëna-fan-club : kiwi, vodka, obscénités. Je suis un tel modèle de dépravation et de conneries que depuis lundi dernier j'ai mon propre fan-club !
Mais bref.
Je deviens accro à certaines séries TV. Game Of Thrones (bon ça je pense que vous le savez), ou Spartacus... Bon Spartacus ça vire limite porno des fois. Les romains ont visiblement un faible pour les plans à trois ou quatre. Et puis, comme ça été fait par des américains, il y a parfois des trucs très marrants : genre César qui tape la discut' à Spartacus, les mecs qui se prennent une épée dans le bide et qui survivent sans un gémissement, le sang qui gicle à trois mètres à chaque coupure... Et bien sûr les syriens qui sont soit des homo soit des ordures de violeurs (oui oui c'est le cliché américain ça).
Bon, vous voyez que je m'ennuie pas x) Bonne lecture !
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Piège caché
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C'est fou comme tout ralenti quand votre vie se joue.
Un loup-garou lui sautait dessus, tous crocs dehors, écumant de rage et de sauvagerie, et des centaines, des milliers de choses passèrent dans l'esprit d'Alva.
La porte avait été brisée, mais Rogue ne disait-il pas que c'était impossible ? Il avait dû se tromper, le loup-garou était une donnée qu'il ne maîtrisait pas, c'était même sans doute pour ça qu'il l'avait placé à la toute fin du parcours, parce qu'il ne savait pas ce dont la bête était capable.
Le loup avait des crocs énormes, énormes, et des yeux fous, injectés de sang : il allait la tuer, Alva le savait. Etait-ce long, était-ce douloureux ? Et si elle survivait, que serait sa vie si elle devait se transformer en monstre une fois par lune ?
Monstre, monstre, monstre. Un monstre dément aux yeux fous, qui n'avait plus rien d'humain. Et le monstre allait fondre sur elle pour la mordre, la déchiqueter, la tuer.
Elle avait été tellement bête de prétendre que les loups-garous étaient des humains normaux. Comment peut-on prétendre que les loups-garous sont des êtres humains après qu'un tel monstre vous ait sauté à la gorge ? C'était des animaux, des animaux malfaisants, un bloc brut de sauvagerie et de démence.
Peut-être que Rogue avait dû affronter un loup-garou par le passé, peut-être était-ce pour ça qu'il détestait tant ces créatures…
Et Cathy, et Astrid, Lévine, et tous les autres, qu'est-ce qu'ils allaient dire si elle mourrait ?!
Comme un seau d'eau froide, cette pensée la réveilla, remit le temps en marche et son cerveau en fonctionnement. Le loup-garou n'était pas encore tout à fait sur elle, le cri d'horreur de David n'avait pas encore franchit ses lèvres, et Alva agit.
Elle se transforma.
Son manque d'entraînement rendait souvent sa transformation difficile, mais là, sous le coup de la peur quasiment animale qui la possédait, ce fut étonnamment facile. Elle devint louve, une louve de Russie à la carrure massive et au poil gris, fauve, roux et blanc, aux surprenants yeux bleus et au pelage hérissé par la peur. Certes, le loup-garou lui tomba dessus, mais le changement de taille de la sorcière l'avait prit au dépourvu, et ses mâchoires claquèrent dans le vide.
Puis tout s'accéléra : quelqu'un cria, un sortilège frappa la masse confuse des deux loups, et Alva-la-louve fut écartée du loup-garou. Elle heurta un mur, et ferma les yeux sous le choc en grognant. Autour d'elle, elle entendait les cris, les appels, les grognements du loup-garou elle sentait la peur des humains, cette peur panique de la proie acculée, et la violence de la bête dépourvue de raison. Ils se battaient, réalisa-t-elle péniblement, ils se battaient en ce moment même.
Elle rouvrit les yeux et se campa sur ses quatre pattes, retroussant instinctivement les babines. Et à cet instant, l'odeur du sang lui parvint avec la netteté d'un coup de fouet, en même temps qu'un hurlement de douleur.
L'instinct du loup prit le dessus, la poussant à protéger ses amis, sa meute, quel que soit le danger : et elle sauta à la gorge du loup-garou.
Son adversaire était penché au-dessus de la silhouette recroquevillée de la personne qu'il venait de mordre, un adolescent couvert de sang et puant la peur. Alva-la-louve ne le reconnut pas, uniquement concentrée sur la sensation de sa propre fureur, de ses crocs se refermant sur le cou du loup-garou, et du cri de douleur de sa proie.
Alva-la-louve n'avait jamais tué, pas plus que Alva l'humaine. Mais c'était gravé dans son esprit lupin. Alva-la-louve n'eut pas besoin de réfléchir pour sentir la jugulaire palpiter sous ses crocs, pas besoin de réfléchir pour broyer entre ses mâchoires la gorge fragile. Le loup-garou poussa un rugissement étouffé, s'étranglant dans son sang, Alva-la-louve sentit la saveur métallique et écœurante sur sa langue, serra plus fort les mâchoires, jusqu'à ce que son ennemi cesse de se débattre…
– Alva !
… Et s'écarta d'un bon, soudain ramenée à la réalité, à son humanité, par la voix affolée qui l'appelait. Toujours sous sa forme animale, les oreilles plaquées contre son crâne et les crocs découverts, elle scruta son environnement avec méfiance.
Les humains s'étaient attroupés autour de celui qui était blessé. L'un d'eux était resté près du loup-garou, vérifiant qu'il était bien mort. Un autre humain était accroupi à quelques pas d'elle, la regardant avec inquiétude.
– Alva, reviens. Tu me fiches les jetons comme ça.
Sa voix était familière. Alva-la-louve redressa les oreilles et ses babines retombèrent sur ses crocs. Revenir ? Pourquoi revenir ? Les choses lui apparaissaient infiniment plus simples quand elle était Alva-la-louve.
Mais c'était l'humain qui le demandait, et Alva-la-louve se souvenait confusément qu'elle aimait bien cet humain-là. Alors elle revint.
Quand elle eut retrouvé sa forme humaine, après plusieurs secondes d'intense concentration, elle secoua la tête, désorientée. Les sens étaient devenus un brouhaha incompréhensible, bien différents des signaux nets qu'elle percevait sous forme de loup. Sa vue aussi était différente : les couleurs étaient mieux définies, mais elle avait l'impression qu'elle était devenue myope et qu'ils faisaient beaucoup plus sombre qu'avant.
C'était frustrant.
Puis elle sentit le goût du sang dans sa bouche. Le sang d'un loup-garou. Avec un haut-le-cœur, elle se pencha en avant, et sentit à peine une main écarter les cheveux de son visage avant qu'elle ne vomisse. Elle resta à genoux, secouée de hoquets, durant ce qui lui sembla une éternité.
Puis la main qui avait tenu ses cheveux, un peu tremblante, lui tendit un verre d'eau surgit de nulle part. Alva le saisit et se rinça la bouche avec reconnaissance, se débarrassant du goût du sang. Elle avait égorgé le loup-garou. Avec ses dents, ses crocs. Rien que d'y penser, son estomac se soulevait à nouveau.
Elle s'efforça de respirer lentement, profondément. La main amie s'était posée entre ses omoplates dans un geste réconfortant, et Alva ferma les yeux une seconde. Elle se sentait étourdie, comme quand on se réveille d'un évanouissement, mais elle n'était pas seule. Quelque part, elle s'en sentait rassurée.
– Ça va mieux ? murmura la voix de Draco près d'elle.
Oh, c'était lui. Et Alva qui avait juré de ne plus s'humilier devant le Serpentard… Elle venait de dégobiller trippes et boyaux devant Malefoy, super.
Puis elle se souvint de ce qu'elle avait vu, une fois transformée, et sursauta violement, ce qui fit aussi sursauter Draco. Elle se tourna vers lui d'un coup :
– Qui a été blessé ?
Le visage de Draco s'assombrit. Malgré sa tête qui tournait et l'envie persistante de vomir à nouveau, Alva pivota vers le reste de leur petit groupe. David et Jack étaient à genoux, dos à elle, s'occupant du blessé : leurs dos l'empêchaient de savoir de qui il s'agissait, mais elle savait, aux mouvements de ses épaules, que David pleurait.
– Le loup-garou a essayé de sauter sur Potter et cet imbécile a fait barrière de son corps, lâcha Draco d'une voix trop vacillante pour sembler aussi hautaine que d'habitude. C'était une pulsion héroïque et incontrôlable, je suppose…
Sa voix se brisa, et Alva l'entendit inspirer profondément pour garder son calme. Elle voulut le secouer comme un prunier pour qu'il lui dise qui avait été mordu, par le cul poilu de Morgane, mais elle n'en eu pas besoin.
Jack venait de se lever. Son pantalon était maculé du sang qui s'était répandu sur le sol.
Au milieu d'une mare écarlate était allongé Theodore Nott.
– Theo !
– Je vais bien, dit le Serpentard d'une voix blanche. Je vais parfaitement bien.
Alva voyait son profit droit, et visiblement c'était son épaule gauche qui avait été mordue. Ryan, accroupi à côté de la blessure, avait pointé sa baguette dessus et murmurait lentement une litanie aux sonorités apaisantes.
– Tiens, dit Anaïs en lui tendant une fiole de potion. La rouge, c'est bien la Régénération Sanguine, non ? Ryan, tu as fini avec le Sortilège de Cicatrisation ?
Ryan lâcha entre ses dents quelques insultes bien senties à propos des loups-garous et de leurs dents pourries –Theo pâlit à vitesse grand V– puis acquiesça :
– Encore quelques secondes… Voilà, c'est fini. Tergeo. Recurvite.
Le sang qui maculait le blessé et le sol disparu, et en se tordant le cou, Alva put voir la blessure. La trace de crocs était bien visible, recouverte d'une croûte sèche et épaisse. Ryan connaissait déjà quelques bases de son futur métier.
– Quelqu'un connait un sort pour faire un bandage ? lança Anaïs à la cantonade tout en donnant la potion de Régénération Sanguine à Theo.
– Je peux faire apparaitre une bande de tissu, dit Harry d'une voix mal assurée en s'approchant.
Alva jeta un regard au Survivant. Il était très pâle, et le devant de sa robe de sorcier avait été éclaboussé de quelques gouttes de sang. Le sang de Theo.
Elle détourna le regard, dévorée par la culpabilité.
– Et moi je sais faire un pansement façon Moldu, lâcha Jack en s'approchant. C'est toujours utile quand on est Batteur.
Harry murmura quelque chose, et un rouleau de tissu blanc apparu dans sa main. Sa main tremblait, remarqua absurdement Alva, tout comme les mains de Jack. Puis elle remarqua que ses propres doigts aussi étaient agités de tremblements. Son regard se posa sur la blessure de Theo, et elle serra les dents, refoulant sa nausée.
C'est ma faute.
– Place ton bras contre ta poitrine, commença Jack. Le bras en écharpe, voilà, comme ça… C'est la meilleure position pour qu'il ne bouge pas.
– Je suis désolé, dit Harry en se laissant tomber à genoux à côté de Theo. C'est de ma faute si tu as été mordu… Je suis désolé.
– Ça ne suffit pas d'être désolé ! s'exclama brutalement Alva.
– Alva… commença Ryan en fronçant les sourcils.
Mais Alva ne s'arrêta pas. Le dragon, les épouvantards, son père, le Seigneur des Ténèbres, les Détraqueurs, son Patronus tremblant, les Inferi, le loup-garou, le goût de son sang, la peur, toujours la peur, cette fois ça en était trop pour elle.
– Tu ne comprends pas ? Theo a été mordu. Mordu ! Une fois par mois, il va se transformer en monstre dément ! Et tous ces sorciers intolérants d'Angleterre vont faire de sa vie un enfer, et personne ne voudra de lui comme Maître des Potions ! Il n'aurait jamais dû venir, et tu n'aurais jamais dû venir !
Draco serra les mâchoires et attrapa la Russe par les épaules. Elle lui jeta un regard furieux, et ouvrit la bouche pour l'incendier à son tour, mais le Serpentard fut plus rapide.
– Ça suffit, dit-il avec dureté. On était tous volontaire pour venir, et on connaissait les risques. On a déjà eu beaucoup de chance que personne ne meure au cours de cette stupide traversé. Theo n'est que blessé, Rogue pourra nous donner la recette de la Tue-Loup, et personne n'est mort. Ça y est, t'imprimes ? Tu n'es pas morte, alors que cette chose t'a quand même sauté à la gorge.
Il fit une pause, et ajouta presque à contrecœur :
– Et Potter n'a pas utilisé Theo comme bouclier humain, que je sache.
Les épaules d'Alva s'affaissèrent, et elle baissa les yeux. C'était étrangement troublant de la voir sans son air hautain, sans son assurance à toute épreuve.
– Je n'aurais pas dû vous laisser venir avec moi.
– Oh, pitié, grommela David, les yeux encore rouges d'avoir pleuré. Tu crois qu'on t'aurait laissé partir seule ?
– Mais c'est moi qui vous ait désignés pour venir avec moi.
– Et si tu ne l'avais pas fait, on serait tous venus avec toi, sourit Theo. Y compris Luna, je suis sûr, histoire qu'elle vérifie si la malédiction a un rapport avec les elfes de maison.
Il réussit à faire sourire tout le monde, même Alva. La Russe l'aida ensuite à se relever, et resta près de lui, un bras autour de la taille du Serpentard pour le soutenir.
– Ah, et, désolée de t'avoir crié dessus, Potter.
– Harry, rectifia le Gryffondor. On est censés devenir les meilleurs amis du monde, tu te souviens ?
– Je préfère me teindre en roux plutôt que de t'appeler autrement que Potter, grommela Draco.
Alva, Jack et Harry fixèrent le blond avec un même air pensif, et Draco recula d'un pas, brandissant sa baguette d'un air menaçant :
– N'y pensez même pas !
Jack émit un rire nerveux, avant de balancer quelques Récurvite sur leurs habits tâchés de sang. Alva, elle, tourna la tête vers le corps loup-garou.
C'était vraiment un spectacle pitoyable. L'animal était famélique, comme sous-alimenté depuis des mois. Son pelage gris était clairsemé et couvert de blessures qu'il devait s'infliger lui-même. C'était à se demander comme il avait pu briser la porte…
Anaïs murmura quelques sorts, et le cadavre du loup-garou se transforma en un os unique, qu'elle repoussa du bout du pied afin de le dégager du passage.
– Avançons, murmura David. J'en peux plus de cet endroit.
Harry acquiesça, et prit la tête du groupe, suivit par Jack, puis par Ryan. Alva resta en retrait, soutenant Theo avec douceur. David se plaça naturellement aux côtés du blessé, puis vint Draco, puis Anaïs.
Alors qu'ils se remettaient à avancer, Alva tourna la tête vers le Serpentard blond.
– Merci.
Merci de m'avoir ramenée. Merci de m'avoir arrêtée. Merci de m'avoir soutenue. Merci d'être de là, de m'aider, merci pour le verre d'eau et les cheveux, merci pour tout.
Draco lui retourna un regard indéchiffrable, puis un mince sourire étira ses lèvres.
– De rien.
oOoOoOo
Ils traversèrent sans un mot la salle du loup-garou, à présent vide. Il y avait une rigole creusée le long des murs, qui récupéré l'humidité coulant le long des pieds. Un plat de terre cuite, gravé de Runes compliquées, était scellé au sol près de l'entrée.
Alva examina les Runes un instant :
– Ah, je vois. Toutes les quarante-huit heures, une certaine dose de viande est détournée des cuisines de Poudlard et transportée ici. Il doit y avoir des Runes cachées dans les cuisines afin de faciliter la connexion entre les deux pièces… C'est ingénieux.
– Je ne savais pas Rogue doué en Runes, remarqua Draco.
– L'un des hommes qu'on a croisé chez les Détraqueurs l'était sûrement, répliqua Ryan avec un frisson d'angoisse mal réprimé.
Ça fit taire tout le monde durant le reste du trajet.
La salle du loup-garou était vraiment longue. Il y avait des traces de griffures sur les murs, et du sang sur certaines pierres saillantes. C'était un animal fou qui avait été enfermé ici. Il y avait plusieurs autres objets, comme des os, reliefs de repas du loup-garou, ou des pierres arrachées aux murs par la violence de l'animal. Theo avait les yeux fixés sur ses pieds, ne semblant pas vraiment d'humeur à regarder la déchéance du loup-garou, et Alva sentit à nouveau une vague de culpabilité la traverser. Elle n'aurait jamais dû emmener ses amis…
Puis vient le labyrinthe. Ce fut court : il n'y avait pas de pièges, et avec son plan, Alva les guida sans hésiter jusqu'à la sortie. Ça n'empêcha pas les autres de regarder nerveusement autour d'eux durant tout le trajet, jusqu'à ce qu'ils arrivent face à la grande porte d'argent qui gardait la salle de l'Orbe Pourpre.
La porte était déjà ouverte, ce qui fit froncer les sourcils de Potter. Jack le rassura d'un haussement d'épaule :
– Si ça se trouve, elle s'est déverrouillée dès qu'on a tué l'autre.
– Les autres portes s'ouvraient quand on appuyait dessus, objecta Harry.
– Celle-là est peut-être différente, avança Jack.
– Ouvrez-là, qu'on en finisse ! soupira Ryan en levant les yeux au ciel.
Harry et Jack se regardèrent, penauds, avant de pousser sur la porte à deux battants. Comme toutes les autres, elle s'ouvrit sans difficultés, et ils pénétrèrent dans la salle de l'Orbe Pourpre.
Cette pièce-là était ronde, très grande et très haute, avec un plafond en forme de coupole. Les murs étaient clairs, éclairés par de nombreuses torches. Le sol était recouvert d'une mince plaque de verre, peut-être enchanté.
Des dorures recouvraient presque entièrement la pierre beige des murs. Et cette fois, les lettres dorées n'étaient pas des Runes, mais des notes qui relataient comment Rogue avait déplacé la malédiction ici, et ce qu'il avait comprit de l'Orbe en l'étudiant. Ryan, Anaïs, Alva et Theo se jetèrent quasiment tout de suite sur les notes, arrachant un soupir exaspéré à David.
– Ah, ces intellos…
– Alva, tu liras ça plus tard, râla Draco. C'est l'Orbe qui nous intéresse.
– Ah oui. David, tu prends le relais pour Theo ?
– Je peux marcher tout seul, protesta le Serpentard.
– Mais non.
– Mais si.
– Mais non.
– Mais si !
– Mais ta gueule !
Et David prit la place d'Alva pour le soutenir, malgré les grommellements furieux de Theo. La Russe, très fière de son petit effet, se dirigea vers l'énorme globe qui trônait au centre de la pièce.
Plusieurs anneaux, de différentes tailles et de différentes épaisseurs, lévitaient autour de l'Orbe. Un peu comme si c'était une reconstitution du système solaire, avec l'Orbe figurant l'étoile et les anneaux dessinant les orbites des planètes. Des orbites qui n'étaient pas toutes alignées : certains des anneaux flottaient à l'horizontale, d'autres étaient inclinés à divers angles, mais pas un seul n'était aligné sur un autre. Ils étaient tous faits dans un métal inconnu, assez clair mais doté de reflets rougeâtres.
L'Orbe en lui-même était un peu plus petit qu'un Souaffle, et des volutes noires et rouges y flottaient paisiblement. Harry fronça les sourcils :
– Ça me fait penser à la prophétie au Département des Mystères…
– Sauf que là, ce sont des âmes, répliqua Alva en ouvrant son livre.
Tout en tournant rapidement les pages du grimoire, elle continua son explication :
– Le rouge symbolise l'énergie, le noir la volonté de détruire. Plus la couleur est intense, plus ces deux données sont fortes. Apparemment l'Orbe Pourpre a été créé pour agir à très grand échelle… Son Examus doit être particulièrement compliqué…
– Regarde ça, dit soudain Ryan qui s'était penché sur les anneaux. Je crois qu'il est là, l'Examus !
Alva écarquilla les yeux, et abandonna son livre pour le rejoindre. Ryan lui désigna une ligne de Runes qui courrait sur l'un des plus grands anneaux.
– Je ne suis pas aussi doué que toi en Runique, Alva, mais c'est clairement une formule de direction.
– Une quoi ? répéta Harry.
– Une formule de direction est une composante de l'Examus, expliqua doctement Anaïs. Ça dirige la malédiction sur un terrain choisi. Il y a d'autres composantes, bien sûr : formule de sélection pour désigner les êtres qui subiront la malédiction, formule de restriction pour protéger certaines personnes susceptibles d'être affectées, formule de durée pour définir le temps durant lequel la malédiction s'exercera…
Jack hocha la tête : c'était dans l'un des bouquins envoyés par la famille de Ryan.
– Netaniev aurait mis son Examus sur ces anneaux ? fit David d'un air dubitatif.
– Si l'Examus est complexe, c'est une pratique courante, fit Ryan en continuant à lire les Runes.
– Ça se tient, acquiesça Theo. Les sorts sont plus solides s'ils ont un support. Et ils sont encore plus solide si ce support est en Runique, et s'il est lié à l'Alchimie. Quelque chose me dit que ce métal l'est.
– Ce n'est ni de l'argent ni du cuivre, remarqua Harry d'un air songeur. Il aurait créé un métal ?
Ryan releva la tête, soucieux :
– La formule de direction est alambiquée, mais ça désigne clairement les îles britanniques. L'Irlande est comprise aussi.
– Seulement ça ? répéta Alva incrédule. Avec une malédiction de cette puissance, on pourrait atomiser la moitié du globe !
– Ça doit être une malédiction qui dure très, très longtemps…
– Anaïs, viens nous donner un coup de main ! ordonna Alva d'un ton urgent. Il faut trouver la formule de durée !
Les trois seuls sorciers du groupe qui s'y connaissaient en Runes s'attelèrent à la tâche. Au bout d'un moment, Ryan releva la tête, l'air perplexe.
– J'ai trouvé la formule de sélection.
Les autres se penchèrent en avant, intéressés, et Jack demanda avec intérêt :
– Et ? Qui sera maudit ?
– C'est ça le problème. Il n'y a que trois Runes qui se répètent à l'infini.
Harry plissa le front :
– Trois Runes, c'est un mot de deux syllabes, non ?
– Tu passes trop de temps avec Hermione, se moqua Jack.
Ryan secoua la tête :
– Il a raison. C'est « humain ».
– Humain ? répéta Draco. Attends, tu veux dire que…
– Oui. La malédiction vise tous les êtres humains des îles britanniques.
Il y eut un grand silence. Même Alva avait l'air interloquée. Maudire l'humanité ? C'était complètement dément. Draco résuma l'opinion générale :
– En quoi ça aurait servi les intérêts du Seigneur des Ténèbres ?
– Arrête de l'appeler le Seigneur des Ténèbres, grogna Harry. Il s'appelle Voldemort.
– Arrête de l'appeler par son nom ! riposta Draco.
– Et si je l'appelle l'autre con, ça te va ?
– Ouais, ça me va !
Ils se défièrent du regard, puis Anaïs se mit à rire. Ils lui lancèrent tous les deux un regard noir qui ne fit que redoubler l'hilarité de la Gryffondor, et cette dernière agita la main entre deux gloussements :
– D-Désolée, c'est nerveux… L'autre con…
Alva ne put s'empêcher de ricaner elle aussi, avant de se replonger dans l'étude des anneaux. Ryan, qui ne pouvait s'empêcher de sourire d'un air hilare, lui indiqua la formule de restriction : c'était l'un des anneaux les plus larges, et il était couvert de Runes.
Alva l'étudia quelques secondes, puis renifla avec mépris :
– Regardez-moi ça… Le mot « Sang-Pur » revient quasiment toutes les phrases. Il y a des tas de noms, aussi, des noms de famille. Je cite : tous les affiliés de la famille Nott jusqu'au dixième degré…
– Il ne reste plus grand-monde dans la famille Nott, fit remarquer Theo.
– Mais au dixième degré, il y a qui ?
– Euh, les Lestranges je crois. Au septième c'était les Hawking, ou les Duncan, je ne sais plus. Et les Parkinson au quatrième degré. En tous cas il ne reste que ces quatre-là…
Alva fronça les sourcils, et continua à déchiffrer les Runes :
– La famille Black dans son ensemble, jusqu'au cinquième degré, ainsi que les êtres liés par sort d'enchaînement…
– Une minute, intervint David. Le sort d'enchaînement, ce n'est pas le sort lancé durant le mariage pour lier les familles ?
– Si, lâcha Draco. C'est un très vieux sort… Ce n'est utilisé que pour les familles de Sang-Purs traditionnalistes. Comme la mienne.
– Il y a le nom des Malefoy, continua Alva en déchiffrant les Runes. Celui des Netaniev aussi, évidemment. Avery, Berlingen, Crabbe, Goyle, Carrow, McCalist, Ombrage, Perkins, Jarvis, et il y en a plein d'autres…
– Donc la formule de restriction protège tous les sorciers de sang pur, lâcha Draco.
Alva continua à lire, hésita un instant, puis releva les yeux :
– Je crois que oui.
– Tous les Moldus et Nés-Moldus seraient affectés, continua Draco.
– Euh, oui, c'est idée.
– Tu penses que c'est une malédiction pour les exterminer ?
Alva eut l'air de considérer la question très sérieusement pendant quelques secondes. Puis elle secoua la tête, songeuse.
– Non. Je n'ai pas encore vu la formule de durée, mais je ne pense pas que ce soit ça. Père est… Il aime la chasse, je te l'ai déjà dit, non ?
Draco hocha imperceptiblement la tête. Pas mal de regards curieux s'étaient tournés vers lui. Alva n'avait jamais parlé de sa famille à personne…
– Il aime profiter, continua lentement Alva. Savourer sa victoire. Il aime tuer et torturer, ça oui, mais certainement pas par le biais d'une malédiction. Il veut faire ça de ses propres mains, sinon ça perd tout son… Panache.
Elle avait presque craché le dernier mot. Harry haussa les sourcils, impressionné.
– Quel homme sympathique.
– Tu n'imagines même pas à quel point, murmura Alva en se replongeant dans les Runes. Ah ! J'ai trouvé la formule de durée !
Ryan et Anaïs se penchèrent aussitôt à côté d'elle. Les trois jeunes sorciers scrutèrent avec attention l'anneau concerné, la tête légèrement penchée car le cercle de métal lévitait de manière légèrement incliné. Au bout d'un moment, Alva se redressa en grimaçant.
– C'est lié à l'existence des lignées de Sang-Purs. Tant qu'il y aura au moins un Sang-Pur en Grande-Bretagne, la malédiction perdurera.
Theo se servit de son bras indemne pour s'appuyer au mur, songeur.
– Ça me fait de plus en plus penser à la malédiction des elfes de maison dont parlait Luna. Une race maudite, une malédiction liée à la survie d'un peuple…
– Peut-être que cette fois il y avait du vrai dans ses divagations, acquiesça Draco.
Un léger rire, du côté de la porte, les fit se retourner et Alva sursauta comme si elle s'était pris une décharge électrique.
A l'entrée de la salle se trouvait un homme. Il portait une robe de sorcier noire, et à ses pieds se trouvait un tissu brillant que Potter identifia immédiatement comme une cape d'invisibilité. Depuis combien de temps était-il là, caché ?
Ses cheveux étaient châtains, coupés presque raz, et une barbe de trois jours lui mangeait le visage. Il avait des yeux gris-vert, attentifs et amusés. Son visage était pâle et il avait des cernes, comme s'il relevait d'une longue maladie, mais quelque chose dans ses traits était familier. Il avait sans doute était beau, ça se devinait à la courbe délicate de sa mâchoire, à la forme de son nez, à la douceur de son sourire…
Cathy, pensa soudain Draco dans un éclair. Il ressemble à Cathy.
– Oncle Etienne, murmura Alva dans un souffle.
Etienne Duncan, le père de Cathy, leva la main d'un air narquois. Il tenait toutes leurs baguettes. Plusieurs d'entre eux cherchèrent machinalement leur arme, dans leur poche ou sur le sol près d'eux : en vain.
Le Mangemort s'avança d'un pas, et verrouilla la porte derrière lui d'un sort informulé. A présent, ils étaient tous enfermés avec la malédiction.
– Ça fait bien un quart d'heure que je suis là, lâcha tranquillement Etienne. J'ai eu largement le temps de vous subtiliser toutes vos baguettes.
– Comment es-tu arrivé ici ? souffla Alva sans bouger d'un pouce.
– J'avais un Portoloin qui ne devait se déclencher qu'une fois que vous auriez franchit cette porte, dit aimablement le Mangemort. Il m'a amené juste devant ce que je suppose être le corps de ce pauvre Albert.
– Albert ?
– Le loup-garou. Un enfant très colérique, même de son vivant…
Son regard se posa sur Theo, et plus spécialement sur le bandage qui entourait son épaule, puis revint sur Alva. Son expression se fit grave.
– Tu es intelligente, Salvakya.
– Alva, rectifia la jeune fille par automatisme.
– Ta mère t'a donné un joli nom, tu pourrais lui faire honneur.
– Rien à battre, grommela la rousse.
Duncan fit semblant de ne pas avoir entendu :
– Tes amis aussi sont futés. J'ignore qui est cette « Luna » mais elle a vu juste à propos des elfes de maison… C'est bien cette malédiction qui a inspiré Andreï.
Harry ouvrit la bouche pour parler mais Draco, juste à côté de lui, lui marcha sur le pied pour le faire taire. Ils avaient un Mangemort en face d'eux et ils étaient tous désarmés. Et si Duncan voyait l'occasion de s'en prendre à l'Elu, il y avait tout à parier qu'il ne la manquerait pas.
Alva continuait à gagner du temps :
– Donc il a maudit les Nés-Moldus et les Moldus eux-mêmes, et ce pour la durée d'existence des Sang-Purs.
–Il ne s'est pas inspiré que de cette facette de la malédiction, rectifia Etienne. Sais-tu quel est le but de la malédiction ?
– Non, admit Alva.
– Oh ?
– Mais je ne vais pas tarder à le savoir ! se défendit la jeune fille avec une mauvaise foi évidente.
Etienne leva les yeux au ciel, et Draco fut tentée de l'imiter. Est-ce qu'Alva avait conscience que certains jours, mieux valait la fermer plutôt que de pinailler pour toujours avoir le dernier mot ?
Visiblement, non.
– Et ton ami qui s'y connait en Examus aurait-il une idée ? demanda poliment Duncan en se tournant vers Ryan.
Le Serdaigle marqua une imperceptible hésitation. Avec sa politesse tranquille et la douceur de ses paroles, ce Mangemort était encore plus effrayant que s'il s'était montré agressif…
– Non.
– Ah, lâcha Etienne avec dépit. Andreï vous a surestimés. Quand je vous disais qu'il ne s'était pas inspiré que du côté racial de cette malédiction, vous auriez dû m'écouter. Il s'est aussi inspiré des effets de cette malédiction. Autrement dit, la servitude…
Theo inspira brutalement, et Etienne se tourna vers elle en haussant un sourcil :
– Vous semblez avoir compris, futur loup-garou. Voulez-vous éclairer vos amis ?
Theodore se mordit la lèvre sans quitter Duncan du regard, mais le Mangemort semblait sérieux. Alors il avança, hésitant :
– La malédiction est censée rendre aux sorciers leur véritable place, n'est-ce pas ? La magie est puissance, tout ça… Les Moldus seront obligés de servir les Sang-Purs. Ils ne pourront pas se rebeller, ça sera lié à leur race. Tout comme c'est le cas pour les elfes de maison…
– Exactement ! sourit Etienne. Vous êtes brillant. Nott Junior, je suppose ? Vous ressemblez beaucoup à votre père. Toutes mes condoléances, il ne méritait pas Azkaban, surtout à son âge…
Theo hocha la tête une fois, sans un mot, comme pour remercier l'homme de sa sympathie. Etienne se tourna à nouveau vers sa nièce, et continua tranquillement :
– Andreï s'est inspiré d'une idée originale du Seigneur des Ténèbres pour te ramener auprès de lui : ton trophée est un Portoloin.
Harry se tendit et Alva pâlit. Duncan ne le remarqua pas, et poursuivit son explication d'un ton rassurant :
– Ce Portoloin s'activera dans… Quatorze minutes exactement. Ainsi, Andreï récupérera sa fille, son Orbe et la clef. C'est un homme très ingénieux, n'est-ce pas ?
Alva esquissa un petit sourire :
– Non.
– Non ? répéta Etienne avec surprise.
– Non, je n'ai pas la clef. En fait, je l'ai cachée.
Duncan serra les mâchoires et scruta Alva comme s'il voulait lire dans ses pensées. C'était sans doute le cas, car la jeune fille sourit de plus belle :
– Puis j'ai placé le souvenir de sa cachette dans une fiole que j'ai elle aussi cachée. Aussi bon Legilimens que vous soyez, Oncle Etienne, vous ne pourrez jamais trouver la croix de l'Abysse.
Etienne poussa une exclamation de rage, perdant toute façade de jovialité, et s'avança d'un pas vers Alva. C'était ce qu'elle attendait, et elle enfonça le clou :
– A la base, ce n'était même pas mon idée, on m'a proposé ça pour plaisanter. Mais j'ai pensé : ah, ça serait tellement plaisant de voire la tête de Père quand il se rendra compte que je l'ai roulé dans la farine… A moins que ça soit mis dans le pétrin, la bonne expression ?
– Petite idiote ! siffla Duncan en avançant encore d'un pas.
Derrière lui, Jack avait glissé la main dans son sac. Si Etienne se tournait maintenant vers Draco et Harry, alors il tournerait le dos au Batteur… Potter ricana, attirant l'attention du Mangemort, et asséna :
– A propos d'idiotie, et si je vous disais que l'autre con –Voldemort– était un Sang-Mêlé ?
Duncan vit rouge. S'avançant à grands pas vers l'Elu, il pointa sa baguette vers lui et gronda :
– Endol…
… Mais il n'acheva jamais sa phrase. Jack avait largement eut le temps de saisir sa batte de Quidditch et d'asséner dans le crâne du Mangemort un coup qui lui aurait valu directement une place pour le poste de Batteur de l'équipe nationale. Malheureusement, Etienne n'était pas en état de le lui proposer. Au lieu de ça, il s'effondra sagement sur le sol, face contre terre, et s'évanouit avec un gémissement très convainquant.
Harry se précipita aussitôt pour récupérer les baguettes. Alors qu'il redistribuait les baguettes de tout le monde, Jack demanda avec inquiétude :
– Il est mort ?
– Juste assommé, le rassura Draco en prenant le pouls du blessé.
– Super. Incarcerem !
Etienne Duncan se retrouva ligoté comme un saucisson. Alva récupéra sa baguette avec soulagement, puis se redressa d'un coup en criant, ce qui fit sursauter tout le monde :
– On se bouge ! Dans douze minutes l'Orbe se transformera en Portoloin, il faut qu'on l'ait désactivé avant ! David, Jack, Draco, sortez les ingrédients pour le rituel d'Alchimie ! Theo, des potions fortifiantes pour tout le monde, Pott… Euh, Harry, soutiens-le ! Ryan, Anaïs, venez m'aider, quel est l'anneau qu'il faut détruire en premier ?
Ce fut aussitôt le branle-bas de combat. Jack, David et Draco avaient tous les trois emmenés des ingrédients nécessaires au rituel, qu'ils avaient miniaturisés. Il ne leur fallu que quelques minutes pour rendre leur taille normale aux objets, et très vite l'Orbe Pourpre se retrouva en train de lévité au-dessus d'une grande planche carrée de trois mètres de côté, entourées de chandelles, tandis qu'Alva traçait un cercle alchimique avec son doigt trempé dans un petit bol d'encre.
– Vous allez détruire la malédiction ? demanda Harry avec méfiance. Ça ne me semble pas si facile…
– Ça ne l'est pas, dit Ryan qui continuait à observer les anneaux. Draco, explique-lui.
Le Serpentard blond se résigna, et pivota vers le Gryffondor.
– L'Alchimie consiste, en gros, à démonter quelque chose, et à utiliser les éléments qui le composent pour construire autre chose. Ici, on va transformer ces anneaux qui portent une certaine puissance magique en tas de métal inerte. La magie qui est en eux va se retrouver privée de support et va donc se dissiper.
– Elle va saturer l'atmosphère, contra Anaïs en feuilletant le livre d'Alchimie emmené par Alva. Surtout maintenant que la porte est fermée. Donc plus on utilisera l'Alchimie dans cette pièce, plus les sorts qu'on lancera dans cette même pièce seront puissants.
– Super ! s'exclama Jack.
– Non, pas super du tout ! pesta David en relevant la tête. Est-ce que les Gryffondors ont la moindre notion du mot danger ?
Draco leva les yeux au ciel d'un air exaspéré, puis continua son explication :
– L'Alchimie diffère de la Métamorphose, car on n'utilise pas de sort pour changer les objets. On fait appel aux forces naturelles pour influencer les liaisons de la matière, pour les renforcer ou au contraire les dénouer. Le symbolisme est donc très utilisé, puisque c'est la représentation même des forces de la nature…
– Symbolisme ? répéta Potter d'un air dubitatif.
– La planche, lâcha Draco. Bois de sapin, qui absorbe la magie noire et symbolise la résistance. L'encre : c'est le sang d'Alva, qui symbolise le lien avec le créateur originel des anneaux.
Alva avait terminé de tracer le cercle, et saupoudrait à présent au-dessus de l'encre des paillettes bleutées.
– Poudre de saphir, expliqua Draco. Afin de renforcer l'idée de lien. Le saphir est lié à la pureté, au sentiment de fraternité, et à la famille. Traditionnellement, on place des chandelles autour du cercle alchimique afin de symboliser le mouvement, l'énergie qui se consume : tant que la flamme brûle, le rituel alchimique fonctionne.
David était justement en train de placer des chandelles autour du cercle, à intervalles réguliers. Sept chandelles au total, puisque le chiffre sept symbolisait la magie, et que c'était pour épurer les anneaux de leur magie qu'ils faisaient le rituel.
– Plus que neuf minutes et trente secondes, les informa Jack d'un ton inquiet.
– Ok, écartez-vous ! ordonna Alva. Je vais me charger du premier anneau, la durée. Ryan, tu feras le second, la sélection. Draco, la restriction. Vous vous souvenez de l'incantation ?
Dans un synchronisme parfait, les deux blonds hochèrent la tête. Alva fit un pâle sourire, puis se planta résolument face à l'Orbe Pourpre, et posa la main droite sur l'anneau qu'elle visait. Elle ferma les yeux, posa sa main gauche sur son cœur, et commença une longue litanie en latin.
Elle ne le récitait pas : on aurait presque dit qu'elle la chantait. Doucement, sur un rythme lent et grave. Comme si elle la scandait. Harry reconnu quelques mots. Nouer et dénouer et quelques synonymes, ou les mots comme forme, et structure.
Quand elle cessa de scander son incantation, lentement, l'anneau sur laquelle elle avait posé la main se mit à briller, les Runes s'effaçant de la surface du métal. Puis l'anneau, comme privé de son sort de lévitation, tomba de son orbite comme une pierre : Jack le rattrapa d'un sort juste avant qu'il ne s'écrase sur les chandelles.
– Evanesco, lâcha Alva en essuyant son front en sueur.
L'anneau, devenu un simple cercle de métal inoffensif, disparu. Ryan s'avança, prit la place de la Russe, et commença à son tour à réciter l'invocation. Alors qu'un autre anneau devenait lumineux, puis lisse et dépourvu de magie, Ryan recula, le souffle court.
– C'est crevant ce truc !
– Evanesco, lâcha Draco en s'avançant à son tour.
L'anneau désactivé par Ryan se volatilisa, et le Serpentard blond entama à son tour l'incantation alchimique. Puis ce fut au tour d'Alva, puis de Ryan…
Harry s'attendait à ce que ça prenne beaucoup plus de temps. Mais finalement, ils se retrouvèrent face à l'Orbe lui-même, dépourvu de son Examus gravé sur métal, bien avant la fin des neuf minutes annoncées.
– Ecartez-vous de ce truc, lâcha Alva en faisant disparaitre la planche sur laquelle elle avait tracé son cercle alchimique. Je ne veux même pas imaginer ce qui arriverait si on se retrouvait face à mon père…
Elle attrapa la potion fortifiante que lui tendait Theo, et en but une gorgée avant de grimacer devant l'amertume de la mixture. Sa pâleur s'atténua, et la jeune fille se redressa, revigorée.
– Plus que trois minutes, annonça Jack en regardant sa montre. Et vingt-cinq secondes…Vingt-quatre…
– C'est inutile.
Leurs regards se tournèrent vers Etienne Duncan. Le Mangemort, toujours sur le flanc et ligoté, avait les yeux ouverts et les scrutait avec un sourire narquois.
– Ce n'est pas l'Orbe le Portoloin.
– Mais vous avez dit… commença David.
– … Que votre trophée serait votre Portoloin. Et votre trophée, c'est cette pièce. Plus spécifiquement, c'est ceci.
Du bout du pied, il tapota la plaque de verre qui recouvrait le sol. Tout le sol. Et avec laquelle ils étaient tous en contact…
– J'ai verrouillée la porte, poursuivit tranquillement Etienne. Vous êtes piégés.
Les jeunes sorciers se regardèrent avec épouvante. Alva, surtout, regardait le sol comme si elle s'attendait à le voir s'ouvrir sous ses pieds. Draco, après une seconde de panique absolue, pivota vers la Russe d'un bloc :
– Alva !
– Dis-moi que tu as un plan, marmonna Theo toujours soutenu par David.
Draco ne lui prêta pas attention :
– Il faut empêcher ton père de mettre la main sur l'Orbe. Détruits-le !
– Je ne peux pas ! gémit Alva d'un air catastrophé. On n'a pas le temps, ni les moyens !
– Alors cache-le, désactive-le ! Il faut faire quelque chose pour qu'il ne mette pas la main dessus, c'est pour ça qu'on est venu, non ?
Le regard bleu d'Alva étincela, et elle sembla reprendre ses moyens. Elle se tourna vers Jack, tout en pointant sa baguette sur l'Orbe :
– Combien de temps ? Reducto !
La taille de la sphère de verre diminua jusqu'à devenir aussi petite qu'une balle de tennis. Alva attrapa un fin couteau, jusque là caché dans sa botte, et se mit à s'entailler la paume, y gravant précipitamment des Runes et des symboles.
– D-Deux minutes, bafouilla Jack.
– Ça va le faire. Draco, crée une fiole. Tout le monde, piquez-vous ou entaillez-vous le doigt, j'ai besoin d'une goutte de votre sang. Pas toi, Theo, tu es blessé.
Draco obéit, et glissa la fiole tout juste crée dans sa poche, avant de laisser tomber une goutte de son sang sur la paume martyrisée de la russe.
– Qu'est-ce que tu fabriques ? interrogea Etienne avec inquiétude.
Alva l'ignora, et parcourut leur groupe du regard :
– Le sang va lier nos magies et empêcher Père de retrouver mon sort grâce à mon sang, en gros. Je vais envoyer l'Orbe ailleurs en utilisant de la magie rouge… Et de la magie noire. Fermez les yeux, d'accord ? Il va y avoir un flash.
– Ne fais pas ça ! ordonna le Mangemort ligoté.
Alva attrapa l'Orbe dans sa main gravée de Runes, puis elle ferma les yeux et tous l'imitèrent. Dans quelques instants, ils allaient se retrouver face à Andreï Netaniev. Face à l'homme qui avait brûlé vif Volodia, qui avait séquestré Alva dans un manoir cerné par les Détraqueur… A côté de lui, Draco sentait Potter, tous muscles bandés, et l'imaginait aisément prêt à bondir.
Plongé dans le noir, le Serpentard blond entendit Alva murmurer une litanie rauque, et l'atmosphère sembla devenir de plus en plus froide. Son souffle s'accéléra, tant à cause de l'adrénaline qu'à cause de la panique.
– Fugere ! finit par cracher Alva.
Il y eut un éclair de lumière, et Draco rouvrit les yeux. Alva s'appuya lourdement sur lui, très pâle et secouée de tremblement. Sa main gauche, la paume déchiquetée et sanglante, pendait à ses côtés, inutile.
– Le souvenir de l'endroit où je l'ai envoyé, haleta-t-elle. Prend le souvenir…
Harry fut plus vif que Malefoy, qui était pétrifié en voyant l'inébranlable Russe à deux doigts de tomber dans les pommes. Il posa sa baguette sur la tempe d'Alva, faisant mine d'ignorer le raidissement instinctif de la jeune fille –leur trêve était trop récente pour qu'elle soit vraiment confiante– et quand il l'en retira, un long filament argenté était collé contre sa baguette. Draco tendit la fiole, où Potter déposa le souvenir.
– Quand je pense que j'avais dit ça pour me moquer de ta paranoïa, lâcha Draco incrédule.
– Ne jamais sous-estimer les paranos, dit Alva avec un faible sourire.
– Vigilance constante ! rit nerveusement Anaïs, toujours debout près du centre de la pièce. Fais gaffe Draco, les parano jettent des sorts aux furets…
– Tu sais que je pourrais mal le prendre ? grommela Malefoy.
Alva sourit à peine, s'appuyant encore plus sur Draco. Par réflexe, ce dernier passa un bras autour de la taille de la jeune fille pour l'aider à rester debout. Alva se tourna vers Harry, qui tenait toujours à la main la fiole et la regardait d'un air dubitatif :
– Potter, colle la fiole contre un mur, le plafond, n'importe où loin du sol.
– Trente secondes ! leur rappela Jack d'une voix où pointait la panique.
Potter parcourut la salle du regard, puis se décida soudain et se précipita vers la porte. D'un sort il fit voler un fragment du métal, creusant ainsi une anfractuosité dans laquelle il fixa la fiole d'un sort de Glu.
Quelques secondes, ce fut le silence.
– Vingt-deux secondes, murmura Jack.
Ryan s'ébroua, comme s'il sortait d'une transe, et s'avança vers Alva avant de prendre sa main blessée. Il lui tendit aussi sa propre potion revigorante : il ne restait qu'un fond, mais ça suffirait à l'empêcher de s'écrouler. La Russe avala l'horrible potion sans sourciller.
– J'ai vingt secondes pour soigner ta main, dit tranquillement Ryan. Episkey. Tergeo.
Les plaines se refermèrent et le sang qui maculait sa main disparu, mais les Runes restèrent, sous la forme de cicatrices en relief. Duncan émit un faible rire :
– Les traces de la magie noire ne s'effacent pas facilement.
Ryan sourit sans répondre, les yeux toujours fixés sur le visage livide d'Alva, et serra le poignet de la Russe. Un à un, le reste de leurs amis les rejoignirent. Anaïs glissa sa main dans celle de Ryan, Jack et David se placèrent comme deux gardes vigilants de part et d'autre de Theo.
– Vous allez mourir, lâcha Etienne avec hargne.
Potter le regarda, impassible :
– Ça, vous n'en savez rien.
Venant de lui, avec sa voix calme et ses yeux verts qui ne cillaient pas, ça avait l'air d'un serment. Alva sourit. Elle passa un bras autour des épaules de Draco pour se stabiliser, et tendit sa main libre au Gryffondor.
– On ne va pas mourir, promit Alva.
Harry serra la main tendue. Contre sa paume, il devait pouvoir sentir les cicatrices en forme de Runes, songea distraitement Draco en resserrant son étreinte autour de la taille d'Alva.
Ils se tenaient toujours la main quand la plaque de verre sous leur pieds devint bleue et lumineuse, et que le Portoloin s'activa.
Ils disparurent.
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A suivre...
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Suspense, suspense !
