CHAP XXI
Je sortis immédiatement de la salle de cours. J'entendis vaguement mon prof m'appeler. J'essayai de capter l'odeur d'Annabel dans les couloirs, mais je fis chou blanc. J'étais contente qu'il n'y ait pas d'élèves ou de profs, je pouvais aller aussi vite que je voulais. Je me rendis sur le parking, où je captai encore faiblement son odeur. Elle avait des problèmes. Je le sentais. Je retournai dans le bâtiment, me dirigeant aussi vite que possible vers la salle où Jacob avait cours.
« Jacob et moi devons rentrer chez nous. Urgence familiale, » annonçai-je au prof. Mes yeux étaient intenses et la prof fut prise de cours par l'urgence de ma voix.
Jacob se leva et sortit de la salle avec moi sans attendre la réponse de la prof. Nous retournâmes au parking et rentrâmes en silence. Il n'eut pas besoin de me demander ce qui clochait … il savait déjà. On entendait déjà les cris provenant de la maison des kilomètres avant d'y arriver. Je courus vers les escaliers du porche, Jacob sur mes talons. Lorsque j'ouvris la porte, je fus surprise par la dispute que je surpris.
« Comment t'as pu laisser ça arriver ? Je pensais que tu la surveillais ! » hurlait Seth à Alice. Jasper se tenant protecteur devant elle tandis que Seth continuait à beugler. Alice semblait complètement dévastée par la situation.
Seth était planté là, tremblant, ses mains ramenées en poings serrés. Mon père, Leah et Emmett étaient devant lui pour le retenir. Tous les autres étaient à l'autre bout de la pièce, à regarder Seth faire des soubresauts. Ma mère vint se placer devant moi, protectrice, lorsque je pénétrai dans la maison. Jacob prit la place de mon père, qui vint se placer lui aussi à côté de moi.
« Seth, tu dois de calmer, » dit Jacob, véhément.
Son regard était furieux, brûlant de colère et de désespoir. Je fus désagréablement surprise par le regard meurtrier qu'il portait à ma famille … surtout Alice.
« J'peux pas ! » cria-t-il. Il convulsa une fois de plus et les vêtements qu'il portait commencèrent à se déchirer contre son corps tremblant. Dans son pic de colère, il attrapa une des chaises de la salle-à-manger et la balança par la fenêtre. Le bruit de verre brisé me fit sursauter.
« Sortez le ! » cria mon père à Jacob et Leah.
« Faut que je la ramène. Je … faut qu'je l'fasse, » gémit Seth. Leah et Jacob profitèrent du moment où la tristesse l'emporta sur la rage aveugle pour le trainer dehors par la porte de derrière. A la seconde où ils étaient dehors, Seth jaillit sous sa forme loup et s'enfuit, talonner de près par Leah et Jacob.
Je gardai le silence un instant. Les reste des personnes présentes dans la pièce étaient probablement un peu secouées d'avoir vu un loup-garou phaser pour la première fois.
« Alice, regarde moi, » dit Jasper en se tournant vers elle pour prendre son visage entre ses mains. « Ce n'est pas ta faute. On ne peut pas attendre de toi que tu saisisses tout. »
« J'aurais du le voir. J'aurais du surveiller de plus près, » murmura Alice.
« Qu'a-t-elle vu ? Qu'est-il arrivé à Annabel ? » demandai-je en regardant mon père. Mes yeux me piquaient à cause des larmes qui menaçaient de couler.
« Annabel est dans un avion pour l'Italie … pour Volterra, » dit-il.
« Quoi ? Comment ? Comment est-ce qu'il savent pour elle?"
« Ils ne le savent pas, du moins pas encore. Apparemment Christian l'emmène là-bas, » dit ma mère.
« Christian ?! » J'étais sous le choc. Ca n'avait aucun sens. Je pouvais même pas l'imaginer.
« On ne sait pas comment Christian est au courant pour les Volturi ou comment il est au courant pour les vampires, » dit Rosalie.
« Ben alors pourquoi on est planté là ? Allons la chercher, » dis-je à ma famille.
« C'est trop tard pour la rattraper avant qu'elle n'arrive à Volterra et nous ne pouvons pas débarquer là-bas juste comme ça. Ce serait du suicide. » dit Jasper.
« On fait quoi du coup. On les laisse l'avoir?" dis-je, exaspérée.
« Elle fait partie de notre famille Nessie. Tu sais très bien que nous n'allons pas les 'laisser l'avoir'. Mais nous ne pouvons pas aller là-bas sans plan préalable, » dit Carlisle.
« Qu'est-ce qu'ils vont lui faire ?" murmurai-je.
Le silence s'abattit sur l'assemblée. Tout les regards étaient dirigés vers le sol, personne, même pas mes propres parents n'osaient rencontrer le mien.
« Ils vont essayer, » dit doucement Alice.
« Essayer ? »
« Ils vont essayer de la transformer en vampire. »
« Ils vont réussir ? » hoquetai-je.
« Non. »
Mon estomac se noua lorsque je réalisai complètement ce que signifiait essayer de changer Annabel. Je regardai à droite et à gauche, toujours incapable de croiser le regard de quelqu'un.
« Est-ce qu'elle aura mal ? » hoquetai-je.
« Oui, extrêmement mal. »
J'attrapai immédiatement le bras de mon père, le tirant pour qu'il me regarde.
« Faut qu'on y aille de suite. J'comprend pas pourquoi on est juste planté là, » le suppliai-je.
« S'il-te-plait Nessie, je sais à quel point elle compte pour toi. Mais nous devons agir intelligemment. Ils ne seront pas en mesure de la transformer mais Aro voudra quand même la garder. Il se battra pour la garder et nous devons nous préparer à devoir nous défendre. Il pourrait même utiliser cette histoire comme la parfaite occasion de nous annihiler. »
Je regardais le visage de chaque personne présente dans la pièce. Les seuls regards à croiser le mien étaient ceux de ma famille. Je réalisai alors qu'en dehors de ma famille, aucun autre n'irait se battre en Italie avec nous. Ca m'énervait, parce que je comprenais pas pourquoi, pourquoi s'ils avaient tous fait le voyage pour discuter d'une guerre hypothétique c'était si dur de se remuer pour aller combattre.
« Nessie, ce n'est pas leur combat, » dit mon père.
« Nous serions sur leur terrain. Les chances de survie sont vraiment minces, » dit Jasper.
Les regards graves de ma famille se cherchaient entre eux, emplis de tristesse. La peur était si facilement lisible dans leurs yeux. Je vis mon père regarder longuement ma mère. Je me rappelais de ces visages … ça remontait à si loin, lorsque nous pensions que tout espoir était perdu. Mais un miracle s'était produit à ce moment ! Comment pourrait-on nous accorder un autre de ces miracles ? Si tout le monde y allait ensemble, se battait ensemble, alors nos chances seraient plus grandes.
Je regardai durement le visage de tous ceux qui refusaient de regarder le mien.
« Sans votre aide, vous poussez ma famille à la mort, » leur dis-je. « Vous battrez-vous avec nous ? »
Le silence était assourdissant à mes oreilles. Lorsque la colère m'envahit, je réalisai que je ne pouvais pas rester ici plus longtemps. Je sortis en trombe et claquai la porte.
« Laisse la Bella. Elle a juste besoin de se calmer, » entendis-je dire mon père.
Je courais dans les bois sans savoir où j'allais. Je sentais des larmes de colère être emportées par le vent. Tandis que la colère grandissait, elle se portait sur Christian. Je commençai à le haïr. La pitié était maintenant remplacée par une rage aveugle et un chapelet de jurons. Si je posais les mains sur lui, j'allais le réduire en pièces, façon puzzle. Comment avait-il pu faire ça à quelqu'un qu'il était supposé aimer ? Comment pouvait-il être au courant pour Volterra ? Etait-il au courant pour les vampires ? Savait-il vraiment vers quoi il conduisait Annabel ?
Je me surprise à me diriger vers chez Christian. Je regardai ma montre. Les cours étaient pas encore finis. Ses parents n'étaient sûrement pas chez eux et n'avaient pas encore remarqué que leur fils avait disparu, encore moins qu'il s'était barré en Italie.
Il vivait dans une maison coloniale typique dans une banlieue résidentielle. Même s'il faisait encore jour, je voulais pas être prise en train de rentrer par effraction. J'écoutais les sons ambiants, apparemment la plupart des gens était au boulot ou dans leur maison. Tout en surveillant les parages, je me dirigeai discrétos derrière la maison pour y trouver une entrée. Visiblement il n'y avait pas de quoi rentrer. Je poussais doucement sur la porte de la terrasse. J'avais de la chance, ils avaient oublié de la fermer à clef.
Je refermai doucement la porte juste après être entrée. Je scannai rapidement la pièce et repérai les escaliers. En gravissant les escaliers je fis une courte pause pour regarder les photos de famille exposées sur le mur. Il y avait une photo de Christian jeune avec une fille plus âgée. J'avais jamais vu une photo de sa sœur avant. Elle était belle avec ses yeux verts perçants, que sa peau légèrement plus mat que Christian faisait ressortir.
Je trouvai facilement la chambre de Christian grâce à son odeur. Sa chambre était au bout du couloir, la porte entrouverte. C'était la chambre type d'un ado. Des murs peints en bleu avec des draps de flanelle en bataille sur son lit. Des CD et des fringues jonchaient le sol, accompagnés de diverses autres choses. Je me dirigeai vers sa commode, j'y avais remarqué des photos encadrées d'Annabel.
Je me mis à farfouiller dans ses affaires sans trop savoir ce que je cherchai. Je trouvai une petite boite dans son tiroir à chaussette, mais quand je l'ouvris elle était vide. Je m'agenouillai pour regarder sous le lit. Je poussais plus loin des livres et des magazines qui avaient atterris là. A nouveau, rien. Je secouai la tête, frustrée. Qu'est-ce que je m'attendais à trouver là exactement? J'espérai une sorte d'indice, quelque chose qui me dirait pourquoi il l'avait enlevé et pourquoi l'Italie et pas ailleurs.
J'avais passé la chambre au peigne fin, et j'étais sur le point d'abandonner lorsque quelque chose attira mon attention. La bouche d'aération de sa chambre n'était pas posée correctement. Elle était un peu de travers sur un côté. J'enlevai le cache et y passai ma main. Mes doigts effleurèrent une petite boîte. Je retirai délicatement la boîte. En l'ouvrant j'y trouvais plusieurs lettres adressées à Christian avec pour l'expéditeur une adresse en Italie, mais pas de nom. Toutes les lettres étaient maintenues ensemble avec une vieille paire de lacet. Je défis le nœud et parcourais rapidement chaque lettre. J'en trouvai une particulièrement intéressante.
Cher Christian,
J'espère que tout va bien.
L'Italie c'est trop beau … fabuleux ! Un jour quand tu seras plus vieux faudra que tu viennes me rendre visite. Je te ferai faire le tour de ce pays magnifique. En ce moment je suis dans la ville de Volterra. La nourriture et les gens sont supers. J'ai même rencontré quelqu'un de spécial. J'aimerais que tu puisses me voir maintenant. Je joue les amoureuse transis et j'ai un sourire de débile sur le visage toute la journée. J'ai hâte que tu le rencontres. C'est un ange et il est à tomber. Il s'appelle Felix. Je sais que c'est bizarre que ta sœur te raconte sa vie amoureuse, mais faut que je te le dise, que je le dise à tout le monde ! Je crois que c'est le bon. Oui, j'ai bien dit … LE BON ! Felix m'aide à m'installer et il m'aide même à trouver du boulot comme réceptionniste dans l'entreprise où il bosse. Je songe à m'installer là pour de bon. Je sais que tu es surpris d'entendre ça, parce que d'habitude je tiens pas en place. J'ai vraiment l'impression que j'ai trouvé ce que je cherchai dans cette ville.
Je t'aime,
Gianna
Je fouillais dans les autres lettres, les parcourant rapidement jusqu'à trouver quelque chose d'intéressant. La plupart d'entre elle parlait d'Italie et de son nouveau copain Felix. Bientôt, les lettres prirent une tournure bizarre. Le nom de l'entreprise pour laquelle elle travaillait était les Volturi. Elle commença également à exprimer le désir de devenir comme ceux pour qui elle travaillait … beau à en faire perdre la raison. C'était clair pour moi que dans ces lettres pour Christian, elle savait exactement qui étaient ces « gens », tout en sachant qu'elle ne pouvait pas en parler à son petit frère. Mes yeux lisait n diagonale une nouvelle lettre lorsque quelque chose me sauta aux yeux.
Cher Christian,
Ce sera peut-être ma dernière lettre, je ne sais pas. Je n'ai pas été honnête au sujet de mes employeurs. C'est une entreprise secrète. Ce sont des gens merveilleux … des anges, des artisans du miracle ou des dieux incarnés. Je sais que c'est dur à croire. Tu dois penser que je déraille mais je te jure, tout ce que je dis est vrai. Ils ont le pouvoir de donner l'immortalité alliée à la beauté. Felix est l'un d'entre eux.
Seuls quelques uns sont choisis pour recevoir ce don merveilleux. Seuls ceux qui sont reconnus comme spéciaux, des personnes avec des dons particuliers. J'ai vu des gens qui ont été choisis. Ce sont des gens clamant qu'ils peuvent voir le futur, communiquer avec les esprits, et sont télépathes, parmi d'autres dons. Je crois que je serais la prochaine. J'ai prié jour et nuit qu'ils me choisissent, et bien qu'il semble que je n'ai rien à offrir, Felix et moi nous nous sommes rapprochés. J'espère que son désir de ma garder pour toujours fera pencher la balance. On pourra vivre l'éternité ensemble. Je serai tout comme lui … tout comme eux … parfaite. Je te promets que, dans un an je reviendrais te voir et te ferai ce don moi aussi. Si tu n'a pas de nouvelle de moi après cette année, sache juste que je t'aime.
J'attrapai les lettres et rentrai rapidement à la maison. J'étais rentrée avant le coucher du soleil. Ma famille et le Clan Denali était encore dans le salon, discutant et argumentant sur des moyens d'actions. Apparemment tous les autres étaient partis. Je ne demandai même pas pourquoi. Je remarquai on père à la table de conférence. Il étalait quelque chose qui ressemblait à des feuilles bleues imprimées. Je me dirigeai rapidement vers la table et plaçai les lettres devant lui.
« Je sais pourquoi Christian la emmenée en Italie, » dis-je.
Il leva les yeux vers moi tandis que les autres se rapprochèrent des lettres que j'avais apportées. Ils m'écoutaient tous attentivement.
« Sa sœur travaillait pour les Volturi quand elle était humaine. Peut-être qu'il ne sait pas exactement qui ou ce qu'ils sont, mais il sait de quoi ils sont capables. Je ne sais pas ce qui lui ai arrivé … je pense qu'ils l'ont tuée. »
Ma famille ouvrait les lettres, les lisait rapidement et les faisait tourner.
« Gianna ? Pourquoi ce nom me semble familier ? » demanda ma mère.
« Tu l'as déjà rencontré, mon amour. Lorsque tu es venue me sauver de moi-même, » dit doucement mon père. Son regard était triste, comme s'il se rappelait un souvenir douloureux.
« Hmm … mon souvenir est trop tenu, » dit ma mère en secouant la tête, comme si elle espérait que ça rendrait le souvenir plus clair.
J'entendis la porte de derrière s'ouvrir et Jacob entrer dans la maison. Il semblait s'être battu et était fourbu. Il y avait des coupures qui cicatrisaient partout sur ses bras, et une balafre sur sa joue qui commençait à peine à guérir. Je le rejoins rapidement, pour examiner chaque coupure.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui demandai-je, le regard toujours rivé son bras.
« C'était pas du gâteau de calmer Seth, » dit-il en haussant les épaules.
« Pas du gâteau ? »
« Comment se porte Seth ? » demanda Carlisle.
« Pas bien. Leah est encore avec lui, pour s'assurer qu'il fasse pas de bêtise. Je suis venu voir ce que ça donnait le plan. »
« Nous partons demain dans l'après-midi, » annonça mon père.
« Demain ? » demandai-je.
« Oui, pendant que tu es en classe. »
« Attends … quoi ?! Vous y allez sans moi ? »
« Oui Nessie. »
« Mais ça n'a pas de sens. Faut que j'y aille. Vous devez m'emmener. Je pourrais utiliser mon pouv - »
« Non Nessie. Nous allons faire ça sans toi, » me coupa mon père d'une voix sévère.
« Mais - »
« Non ! » me cria mon père. Ses yeux furieux s'amincirent en captant mon regard. Mes yeux se mirent à s'emplir de larme. Je ne m'étais jamais fait crier dessus par mon père. Je sentais mon cœur s'accélérer.
Ne souhaitant pas être témoins de cette querelle de famille, le reste des personnes présentes quittèrent silencieusement la pièce. Ne restait plus que mes parents, Jacob et moi.
« Nessie, nous ne supportons pas de te mettre en danger. Tu ne comprends pas ce que ça nous ferait si quelque chose t'arrivait, » dit ma mère en essayant de me prendre dans ses bras, pour me calmer. Je repoussai son bras.
« Ouais et moi je supporterai pas que tout le monde y aille sans moi, » pressai-je, en colère.
« Jacob, Seth et Leah resterons ici. Nous savons que les loups ne peuvent pas venir. Les Volturi n'honoreront aucun engagement, quand bien même nous arriverions à en conclure un, avec la meute. »
« Ca n'a toujours pas de sens que vous y alliez sans moi. Je peux aider. »
Je ressentais vraiment le besoin d'y aller. Annabel était ma meilleure amie … ma sœur même. Je pouvais pas rester assise là à attendre ce qui pouvait bien arriver. Je devais y prendre part. Je devais aider.
« Je dois y aller, » déclarai-je une nouvelle fois, essayant d'avoir une voix plus calme. « Vous pouvez pas me laisser là en espérant que je reste assise à attendre de voir comment ça va se terminer. »
« Absolument pas, » dit Jacob. Je tournai la tête pour le fusiller du regard. Il me fixait avec des yeux tristes. « Je te laisserai pas partir sans moi. »
« Ouais ben c'est dommage parce que j'y vais sans toi, » lui dis-je. « Tu sais que je suis un atout si j'y vais. Ils ont besoin de moi. »
« J'ai besoin de toi. » Sa voix se teintait de colère.
« Tu survivras, » lui renvoyai-je.
« Non, pas du tout. »
« Faut que j'y aille ! C'est pas juste si j'y vais pas ! Elle représente plus pour moi que pour tous ceux qui y vont! » criai-je à son encontre.
« Tu N'y Vas PAS. » Son regard était intense, furieux lorsqu'il me le dit. Ses mains tremblaient contre lui. Je le regardais respirer à fond pour se calmer.
Ca me rendait folle qu'il se range du côté de mes parents.
« Dis moi que je serais d'aucune utilité pour ce voyage. Dis moi que les chances que tout le monde revienne ne seront pas plus élevées si j'y vais pas, » continuai-je.
« Pour l'amour de Dieu Nessie ! T'es qu'une enfant ! »
Ses mots me clouèrent sur place. Je sentis de suite des grosses larmes ruisseler sur mes joues. J'essayai de mon mieux de les cacher, mais je pouvais pas. Enfant ? Il me voyait toujours comme une enfant … juste une petite fille ? Il essaya de se rapprocher de moi, tendant sa main.
« Je voulais pas … Nessie, c'est pas ce que - » tenta-t-il.
« Ne me touche pas, » le coupai-je.
Je quittai la pièce et me dirigeai vers les escaliers de ma chambre, claquant la porte derrière moi. J'étais en colère … complètement furieuse. J'attrapai le premier objet qui passait et le jetai aussi fort que possible. Je levai les yeux et vu mon I Pod dépasser du mur, écouteurs toujours connectés. Je me jetai sur mon lit et enfouis ma tête dans un coussin.
Tout au long de la soirée, j'eu plusieurs visiteurs. Jacob fut le plus fréquent, me caressant dans le sens du poil pour que j'ouvre la porte. Je les envoyais tous promener. Et même lorsque je fus assez affamée pour envisager la nourriture humaine, je n'ouvris pas la porte.
La seule chose dont je fus consciente c'est que c'était le matin. Mon réveil sonna violemment pour l'annoncer. Je me regardai, j'étais encore dans mes vêtements d'hier. Je fis l'inventaire et remarquai que j'étais toujours furieuse, ce qui sortait de l'ordinaire, parce que d'habitude dormir me calmait. Je fouillai mon armoire, à la recherche d'un T-shirt tout simple et de ma paire de jean élimée que j'adorai. Il était caché au fin fond de mon armoire, sûrement grâce à Alice. Lorsque je les trouvai, je tombai également sur un petit sac à dos qui remontait à loin, à mon enfance. Je l'ouvris et y trouvai des tonnes d'argent et mon passeport. Une idée traversa mon esprit mais je la camouflai rapidement en me souvenant combien j'étais énervée. J'espérai que mon père ne l'avait pas remarqué. Je m'habillai rapidement et descendis comme un rhinocéros. Je voulais que ce soit clair que j'étais toujours en pétard.
En me rapprochant de la cuisine, j'y trouvai ma famille et le Clan Denali attablés au comptoir de la cuisine. Jacob était là, déjà prêt à partir en cours.
« Tu n'es pas obligée d'aller en cours aujourd'hui si tu ne veux pas. Esme peut appeler et dire que tu es malade, » dit ma mère.
« J'vais pas juste rester là à m'inquiéter, » dis-je, acide.
Ma mère me prit dans ses bras et m'y serra fort. Elle écarta les mèches qui étaient sur mon visage et m'embrassa.
« Nous serons bientôt de retour. Tous, je te le promets, » dit-elle. « Je t'aime. »
« Je t'aime aussi, maman. »
Ma colère se calma un peu tandis qu'une nouvelle émotion, de la pure tristesse, se mit à m'envahir. Je passais dans les bras de toute ma famille, embrassades et longs au revoir. Mon père en dernier.
« Je ne souhaite pas te quitter alors que tu es toujours fâchée à mon encontre. Il faut que tu saches que je t'aime si fort que je ne supporte pas de te mettre en danger, » dit mon père.
« Je sais. »
Il me prit dans ses bras et me serra tout contre lui. Il pressa ses lèvres sur mon front.
« Je t'aime énormément Nessie, » murmura-t-il.
« Moi aussi, papa, » hoquetai-je.
Une larme s'échappa de mes yeux. Il me relâcha et je me dirigeai vers l porte. J'hésitai une seconde et me retournai pour regarder chacun d'entre eux.
« Y'a que vous qui allez y aller ? » demandai-je.
Personne ne me répondit. Seul Carlisle hocha la tête. Tout à coup la colère fit son retour. J'arrivai pas à croire que personne ne se battrait avec eux. Les chances pour qu'ils reviennent tous étaient minces. Je pris une profonde inspiration et passai la porte.
« Je conduis ? » entendis-je Jacob demander dans mon dos.
Je continuai à me diriger vers ma voiture, sans me retourner.
« Je préfère conduire seule, » dis-je durement.
Je l'entendis stopper. Une douleur envahit mon estomac et je commençai à me sentir coupable de faire autant de mal à Jacob. Je rentrai dans ma voiture et descendis l'allée pour rejoindre la route le plus vite possible. Je jetai un coup d'œil dans le rétroviseur. Je le vis, il n'avait pas bougé, à me regarder m'en aller avec un regard à vous fendre le cœur. Je reportai mon attention sur la route lorsque je ne le supportai plus.
Je fis en sorte qu'on eut cru que je me dirigeai vers l'école. Mais au moment où je dépassai le rayon d'action de mon père, ou celui de ma famille, de peur qu'ils ne réalisent que j'avais pas du tout l'intention d'aller en cours, j'accélérai et changeai de route, direction l'aéroport.
