Après une longue période de partiels, puis de démarches et de soucis en tous genres, je tente de reprendre un rythme régulier dans mes diverses fics… Merci d'avoir eu la patience d'attendre :). Voici donc le 20ème chapitre.
Chapitre 20
La police, oui bien sûr… Seulement non. Sakura aurait évidemment dû les appeler après son rendez-vous avec cette femme, témoin sûrement capital s'il en était. Les prévenir de la découverte fondamentale qu'il venait de faire… Seulement, depuis le début il y avait des choses qui capotaient, des choses que les médias savaient, la police ayant d'abord cru que les membres du groupe avaient la langue trop bien pendue… Ce type était trop renseigné, et voilà maintenant que l'on savait pourquoi. Alors Sakura n'allait certainement pas appeler la police comme un idiot et risquer que l'autre soit au courant. S'il y avait bien une piste qui ne devait pas capoter, c'était celle-là. A la rigueur, mieux valait y aller directement et demander à voir l'inspecteur seul à seul, c'était bien plus sûr. Oui, voilà ce qu'il allait faire… C'était plus judicieux. Au moment où il sortait son téléphone pour aviser ses amis de tout ce qu'il venait d'apprendre, le numéro de Yukki s'afficha sur l'écran. Fébrile, il décrocha avant la seconde sonnerie :
Yukki ! Les gars, je dois vous parler et ça ne peut pas attendre !
Ca tombe bien, nous aussi ! s'écria Yukki, tout aussi excité. Je ne sais pas comment te dire ça… Alors je vais juste le dire : Tetsu a disparu, mon vieux !
Mais je sais, il est introuvable depuis… commença Sakura, trouvant que cela n'avait rien d'un scoop.
Non, vraiment. Il est certainement tombé sur le malade qui a enlevé Hyde, expliqua gravement Yukki.
Quoi ? Tu es sûr de ça ? demanda Sakura, qui se sentit pâlir.
Sûr et certain. Le gars a donné rendez-vous à Tetsu et il y est allé sans nous avertir.
Quoi ? Attends, tu délires, là ? murmura Sakura d'une voix blanche.
J'aimerais bien. Malheureusement c'est pas le cas. Avec Ken, on est sur la route. On se rend à leur point de rendez-vous. On va appeler la police, là !
Surtout pas ! s'écria Sakura, revenu de sa surprise.
Quoi ? Pourquoi ça ?
Parce que le gars pas net que le témoin, tu sais la fille, croyait avoir reconnu… comme par hasard, il est homme de ménage au commissariat. Tu vois où je veux en venir ?
Nom de…
Ouais, j'te le fais pas dire !
Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il dit ? fit Ken, voyant son passager devenir blanc comme un linge.
'tention Ken ! On aura l'air malin si on se prend un poteau en allant jouer les justiciers. Bon, si je comprends bien, plus de police ? fit Yukki à son interlocuteur.
Pas au téléphone, du moins. Je comptais m'y rendre en personne…
Excellente idée. Tu nous rejoins d'abord ?
Ok, dis-moi juste où vous allez.
Sakura ne se mit pas immédiatement en route. D'abord, il fallait que ses jambes veuillent bien le porter. La fatigue, une nourriture réduite à sa plus simple expression par manque d'appétit… Une anxiété qui devait lui déclencher au moins un ulcère… Même quand on est bien portant, il y a de quoi vouloir dire « pouce », à un moment donné. Et puis surtout, son cerveau ne suivait plus le mouvement. Il croyait avoir un scoop, et voilà que Yukki n'avait pas chômé. Dans sa précipitation, il avait oublié de lui demander comment il avait appris tout cela…
Il le sut dès qu'il les eut rejoints sur place. Yukki lui raconta tout, et Sakura fit de même. De précieuses informations, d'un côté comme de l'autre. La journée promettait d'être un tournant décisif de cette terrible histoire… Une histoire que les trois larrons commençaient à avoir du mal à porter. Dépourvus de leur leader, décontenancé par ce qu'ils avaient appris, certains se croyaient en plein délire, tandis que d'autres accusaient lourdement le coup… Tout cela était presque enivrant : après tant de temps passé sans rien à se mettre sous la dent, voilà qu'ils avançaient, et à pas de géants ! Enfin, à pas de géants… C'était vite dit. Parce qu'une fois dans le parc, près du banc mentionné dans la lettre… Ils n'étaient pas plus avancés. Ils avaient regardé partout autour d'eux, ils avaient même cherché une éventuelle inscription sur le banc… En désespoir de cause, ils avaient tout envisagé. Le coup d'adrénaline donné par ces révélations, et la déception de ne rien trouver ici fut tel, que l'abattement fut total. Sakura, énervé, shootait dans les cailloux passant à portée de chaussure, tandis que Yukki entamait un nouveau paquet de cigarettes… Ken se laissa tomber sur le banc, la tête entre les mains, en gémissant :
Y a rien… Y a rien…
Evidemment qu'il n'y a rien. Leur rendez-vous a dû durer 5 mn, pas plus, remarqua Sakura.
Mais pourquoi cette lettre alors ?
Qu'on sache où il était… tenta Sakura en haussant les épaules.
Non non, y a forcément un autre sens… fit alors Yukki. Il t'aurait écris pour te dire que s'il n'était pas revenu, c'est qu'il avait eu un pépin… Un truc dans le genre… Il ne t'aurait pas remis la lettre…
Pour avoir l'écriture du type ? proposa Ken, ce qui selon lui, constituait une sorte de preuve.
Oui, c'est pas faux, acquiesça Yukki, qui n'y avait pas pensé sur le moment. C'est pour ça qu'il faut la garder précieusement d'ailleurs. Mais aussi pour qu'on vienne…
Avec deux jours de retard, je ne vois pas bien l'intérêt…
On s'en va alors ? demanda Sakura, ne tenant plus en place. Tout ce temps qu'on perd… On doit aller mettre au courant l'inspecteur…
Ok… Ah merde, foutu briquet qui… C'est quoi ce truc ?
Ken, vaincu, s'était levé pour déguerpir de cet endroit inutile… Il avait sorti son briquet de sa poche, histoire de calmer ses nerfs sur une cigarette, mais maladroitement, il avait échappé l'objet dans l'herbe… Tâtonnant pour le ramasser, il tomba sur quelque chose de nettement plus grand, mais qui ne ressemblait pas à une quelconque pierre, au toucher. Alors il le ramassa, sous le regard d'abord désinvolte de Yukki qui répondit les mains dans les poches :
Ça ? Un enregistreur vocal… Un vieux modèle… J'en ai déjà vu, tiens… voyons, c'était… chez…
Quoi ? demanda Ken en le voyant arracher brusquement l'enregistreur de ses mains.
Ken ! Tu es un génie ! Un génie !
Ravi que tu le reconnaisses enfin, s'impatienta le guitariste, mais…
Qui utilise ça ? Même qu'un jour, Hyde l'a pris pour se moquer ! Tu ne te rappelles pas comme ça t'avait fait rire ? Il avait fait une imitation très réussie d'ailleurs !
Non… Ce serait trop beau… souffla Ken en regardant l'enregistreur comme s'il s'agissait d'un trésor.
Je ne sais pas comment, mais il a pensé à le prendre en allant à ce rendez-vous ! Ou peut-être qu'il l'a toujours sur lui, j'en sais rien ! mais c'est à Tetsu, ça !
C'est le sien… souffla Ken, sérieusement sonné.
Tetsu l'a laissé tomber exprès. Cet endroit est peu fréquenté et il était caché dans l'herbe… Il y avait une chance pour qu'on ne le pique pas et que tu le trouves intact, mais c'était à tenter… poursuivit Yukki avec un sourire tel qu'on ne lui en avait jamais vu de pareil. Tetsu est génial !
C'est dingue… lâcha Sakura, qui n'aurait jamais pensé à ça, se disait-il.
Ne vous enflammez pas les gars. Il a plu, hier, fit sombrement Ken.
Et alors ?
Alors ce truc n'a pas dû aimer. On écoute ? Si jamais il y avait quelque chose dessus, ce serait… commença Ken, plein d'espoir.
Attends attends, on ne sait jamais : rentrons chez Tetsu d'abord, c'est plus sûr ! fit Sakura, que l'histoire de la jeune fille avait rendu complètement parano.
Bon mais et la police ?
On va d'abord écouter ça tranquillement. Parce que si on leur donne, c'est pas dit qu'ils nous laissent écouter après ! fit Yukki. Et moi je veux savoir.
Pour la seconde fois dans ce lieu, l'homme qui avait privé deux des membres de L'Arc~en~ciel de leur liberté, avait déballé son histoire. Celle qui expliquait pourquoi selon lui, Hyde avait mérité son sort. Pourquoi il ne méritait que cela. Pourquoi il était responsable de tout, pourquoi il le haïssait plus que tout. Et tandis qu'il parlait, qu'il racontait cette histoire que Hyde avait déjà entendu, le chanteur se bouchait les oreilles aussi fort qu'il le pouvait en pleurant, n'en supportant plus la moindre miette. Il n'en pouvait plus. Cela faisait déjà un moment, mais maintenant il y avait une chose supplémentaire… la présence de Tetsu à ses côtés était juste une torture, parce que le bassiste le voyait dans cet état, parce qu'il subissait des violences par sa faute… A un moment, il s'était senti bien de le voir là, mais cela n'avait pas duré. Pourtant, il avait tellement souhaité le revoir une dernière fois… Mais c'était trop dur. Hyde voulait juste le silence. Que la peine s'arrête, que cet homme se taise, que Tetsu ne soit pas là… Que lui ne soit plus là.
Probablement que le dire deux fois avait coûté au ravisseur cette fois, puisqu'il s'en alla presque aussitôt, visiblement partagé entre la colère et le désespoir… Bien que Hyde soit là à cause de cette histoire, il s'interdisait le plus possible d'y penser, par crainte de perdre toute raison… Tout ce qu'il pouvait faire maintenant, c'était lui donner un aperçu de sa souffrance… D'une certaine façon, Hyde lui avait pris l'home qu'il aimait, selon lui. Et bien il lui ferait la même chose… C'était ce qu'il avait décidé.
Le moins que l'on puisse dire, c'était que ce récit n'avait absolument pas eu les mêmes impacts sur Tetsu que sur Hyde. Le chanteur, la première fois qu'il l'avait entendu, en avait été sincèrement horrifié… Il s'était senti désolé et comme… coupable. Et là, il ne supportait pas d'entendre cette histoire une nouvelle fois. Mais le bassiste lui, ne comprenait pas plus le pourquoi du comment. Pas plus maintenant que 10 minutes auparavant. Pour lui, tout cela ne voulait rien dire. A peine étaient-ils seuls qu'il se tourna vers un Hyde un peu plus calme et il demanda d'un air éberlué :
Mort ? Comment ça « mort » ?
Renversé…
Ren… Par une voiture, donc, hein ?
Oui…
Je ne vois pas en quoi ça te concerne, dit-il froidement.
A cause de moi…
Mais ce type est dingue ! explosa Tetsu, le faisant sursauter. Et son amant l'était au moins autant que lui ! Enfin, on ne peut pas tomber amoureux d'un artiste qu'on ne connait pas personnellement ! L'admirer, apprécier son travail, oui, tout ce que tu veux, mais pas l'aimer ! Pas quitter la personne avec qui on vit, celle qui nous aime, pour un… un fantasme !
Pas crier… supplia Hyde, à bout de nerfs.
Pardon. Ecoutes, se radoucit Tetsu, j'ai bien compris ce qu'il a raconté. J'ai bien entendu. Mais je ne me sens pas désolé pour lui. Si leur couple s'est brisé, c'est eux que ça regarde, et pas toi. Tu n'es certainement pas la cause. Enfin, il suffit de deux minutes pour comprendre que ce type est fou à lier ! s'énerva-t-il de nouveau. Et son mec aussi, probablement qu'il l'était ! Si tout ce qui arrivait à tes fans était de ta faute, alors tu auras une fameuse croix à porter !
…
Et même sans ça, hurla-t-il si fort que Hyde se mit à trembler de tous ses membres, on n'enlève pas les gens, on ne fait pas justice soi-même, on ne les… Enfin, je te vois culpabiliser ! hallucina-t-il. Culpabiliser, nom de Dieu ! Alors que c'est quand même bien lui, le monstre qui t'a violé !
Ahhhhhhh !
Les cris en plus de ce mot insupportable eurent raison de l'esprit d'un Hyde qui n'en voyait plus la fin. Il hurlait, hurlait comme quelqu'un qu'on égorge, empêchant Tetsu de le prendre dans ses bras en se balançant d'avant en arrière, la tête entre les mains, appuyant de toutes ses forces. Ces cris lui étaient insupportables, c'était comme si Tetsu n'était plus lui-même, comme s'il avait le frapper peu importe ce que c'était, Hyde n'endurerait pas ça plus longtemps. Il hurla ainsi jusqu'à ce que le souffle lui manque, jusqu'à ce que Tetsu, plus fort que lui, n'arrive à le maintenir, complètement effrayé par cette scène :
Désolé ! Arrête ! Calme-toi ! Je me suis emporté, pardon ! Pardon ! Je me tais, regardes je me tais !
« Il va bien ?
Un peu déprimé, je vous l'ai dit. Il est exigeant aussi, c'est difficile de le contenter.
Pourquoi vous…
On aura tout le temps d'en parler plus tard. Voulez-vous le voir ?
Oui !
Belle spontanéité !Alors venez avec moi.
Comme ça ? Je…
Vous pouvez venir avec moi sagement, ou je peux vous emmener de force. Car maintenant, il est hors de question de vous laisser partir, voyez-vous ?
Je… Je viens… »
Dans l'appartement, le conseil de guerre s'était réuni autour de l'enregistreur posé sur la table basse, que tous fixaient comme s'il risquait d'exploser à tout moment. Cela sentait l'alcool et la fumée dans la pièce, parce qu'il y en avait besoin. Cela faisait au moins dix fois que cet extrait repassait… A la première écoute, ils avaient frémi d'effroi. A la seconde, ils avaient traité Tetsu d'imprudent, d'inconscient, de fichue tête brûlée irrécupérable... A la troisième enfin, et aux suivantes aussi, ils avaient écouté attentivement chaque mot, chaque syllabe prononcée, espérant repérer quelque chose, n'importe quoi. Mais au final, rien. Rien qui puisse les aider. Lorsqu'ils eurent compris cela, l'abattement les cloua tous dans leurs fauteuils. Ils avaient tellement cru pouvoir avoir quelque chose de concret… Mais c'était l'impasse totale. Ils connaissaient le texte par cœur maintenant, mais dès que l'enregistrement se finissait, l'un deux le remettait en route, inlassablement… Et le premier à finalement parler lorsqu'il se termina une fois de plus, fut Ken, la voix étranglée :
Il s'est jeté dans la gueule du loup… Bon sang, Tetsu…
Les mecs… avoua Sakura, les mains crispées sur ses genoux. J'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Avant, ce gars, c'était rien de concret… Maintenant c'est une voix…
Vous avez entendu ce « hors de question de vous laisser partir » ?… ajouta Yukki sans pouvoir réprimer un frisson. Cette voix démentielle… On dirait presque qu'il se retient de rire tout le long.
J'aurais pas pensé que Tetsu était si courageux, confia Sakura.
Ça pour l'être… Mais pourquoi tu souris, toi ? somma Yukki à l'attention du guitariste. Y a pourtant pas de quoi !
Sakura… Et toi aussi Yukki… fit Ken, un énigmatique sourire sur le visage. On a été tellement impressionnés par cette conversation qu'on a oublié l'essentiel de ce qui y est dit ! La seule chose capitale !
Tu m'expliques, là ?
Hyde est vivant. Tu l'as entendu. Il est « déprimé », ça veut dire qu'il est quelque part, c'est donc qu'il est vivant.
Tu as raison… Bon sang, c'est vrai ! réalisa Yukki, qui n'avait même pas réagi jusque là. Il est en vie ! On en est sûrs et certains !
Je peux bien vous l'avouer maintenant : je commençais à avoir du mal à y croire… Je l'espérais, mais…
Je crois qu'on en était tous là, dit Sakura.
Il est vivant… répéta Yukki, les yeux soudainement embués, ce qui intrigua Ken.
Ca va aller, Yukki ? demanda-t-il en passant sa main dans le dos du batteur.
Oui… Oui… Je crois que je manque de sommeil… Je suis plus…
Je sais.
Y a aucune indication de lieu, reprit Sakura en réécoutant l'enregistrement, le soulagement lui ayant redonné l'envie de chercher. Y a plus rien après, à part un miaulement d'un chat quelconque… Ou un cri de gosse, j'en sais rien. Et avant… On voit que Tetsu n'a pas pensé à l'enclencher tout de suite. Ou qu'il n'a pas pu. J'ai beau me repasser la bande, rien ne nous dit où il a emmené Tetsu après ça.
Tu oublies que grâce à toi et ton rendez-vous de cet après-midi, on sait peut-être qui est ce gars, songea Ken.
C'est vrai ça ! Mais… Si on se plante ?
Peu importe, ça mérite d'être vérifié. Tu as l'adresse ?
Woh tous les deux, stop ! Où vous allez comme ça ? s'écria Yukki, les voyant se lever brusquement.
Ben…
Rien du tout. Jouer aux gendarmes et aux voleurs jusqu'à un point, oui. Mais là on est à un stade où ce gars peut être dangereux. Dangereux pour nous, mais surtout pour Tetsu et Hyde. Si on débarque en sonnant à la porte l'air de rien, on va tout bousiller ! Chacun son métier, maintenant. On va à la police.
Mais si jamais…
On parlera à l'inspecteur et à la fille avec lui à la rigueur, point.
Oui mais et si le ravisseur est là et qu'il nous aperçoit… fit Sakura, vraiment pas convaincu. Il va se méfier, s'il nous voit débarquer tous les trois et faire tant de mystères.
T'as pas tort… reconnut Yukki, ne sachant plus quoi faire, du coup.
Bon alors on appelle l'inspecteur ?
Ça revient au même que tout à l'heure… S'il l'entend…
Je sens que le génie va encore frapper ! fit alors Ken, l'air très content de lui.
Une idée ? demandèrent les deux batteurs en même temps.
Quand on a confié l'enquête à ce gugusse… Moi j'aime savoir à qui j'ai affaire. Surtout quand il y a eu des fuites, j'ai voulu en savoir plus. Ça vous intéressera peut-être qu'il a eu d'excellentes notes à l'école de police, qu'il vit seul et ne fait jamais d'histoires, et qu'il n'a même jamais pris un PV de sa vie ? Remarquez, il peut les faire sauter, mais bon…
Abrèges ! s'irrita Yukki.
J'ai son adresse personnelle.
Tu… tu es… souffla le batteur, qui pour un peu l'aurait embrassé.
Je suis. Mais comme il ne doit pas faire des horaires de bureau et qu'on ne va pas attendre la nuit qu'il daigne rentrer, il faut accélérer le mouvement.
Avec quoi ?
Si un type louche enjambe la barrière de ta maison et que ta voisine le voit, elle va te prévenir, c'est de bon ton. Et toi tu vas t'assurer que tout va bien et tu vas donc faire un tour chez toi.
Un type louche ?
Sakura fera le type louche, lança Ken, parfaitement détendu.
Pourquoi moi ? s'offusqua l'intéressé.
Parce que comment veux-tu que Yukki et moi on effraie les petites vieilles ? Toi, en revanche, t'as pas l'air sympa, de loin comme ça...
C'est agréable… bouda Sakura.
Ça peut marcher ? demanda Yukki, qui voyait mal où Ken allait chercher de telles idées…
C'est ça, et j'ai que ça sous la main, ou se pointer là-bas et avec notre bol, éveiller les soupçons. On ne peut pas se permettre de tomber sur lui et qu'il entende. Et comme je me vois mal appeler pour dire que je veux voir l'inspecteur seulement si l'homme de ménage n'est pas là…
Bon, ça se tente, décida alors Yukki.
