Bonjour! Oui, bon, une petite journée de retard ^^

à Laia : j'avais expliqué pour mon retard, au début du précédent chapitre^^ Pas grave, je redis : études et partiels+orientation+ recherche de jobs d'été= retard. L'équation de la mort, fatale à tout auteur n'ayant pas d'avance dans ses chapitres !

Merci à Nikkouyoku, Lena D. Emma, Minimiste, boadicee, Tilou15, The story of a rabbit (genre, longue review!), FireBird539 et Celmon, pour les reviews!

Bonne lecture !

Chapitre 21

Ils étaient 19 dont deux commandants et une logia du verre, les autres étant des membres de l'équipage pirate le plus fort du monde. Ces 19 hommes étaient sains et saufs, soulagés de s'être retrouvé en territoire inconnu et ennemi. L'air était toujours lourd, vicié, mais cette rencontre fut accueillie par tous comme une bouffée d'air frais.

Ils mirent bien 10 minutes à se remettre de leurs émotions après leurs retrouvailles, laissant à Kira et Marco le temps de se remettre de leur combat, interrompu quand ils avaient enfin compris que l'autre n'était pas un ennemi.

Après s'être enquis de l'état des autres, avoir trinqué leurs gourdes comme pendant une soirée de victoire et s'être murmuré ce qui leur était arrivé, Haruta pris la parole, toujours à voix basse. Les voix que l'on entendait au haki n'étaient pas bien loin, autant ne pas se faire repérer.

-Hum Hum. Bon, il est midi passé, donc Oyaji a détruit les églises...

Cela aussi, ils l'avait expliqué au groupe de Marco, qui compris mieux la secousse ayant ébranlé les souterrains un peu plus tôt.

-...il nous faut décider d'un plan. On devait venir vous secourir mais maintenant, on rentre discrètement, ou on les massacre de l'intérieur ?

-On va pas vous mentir, on a bien envie de s'en charger, commença Endor. S'ils sortent, on les trouvera plus et ils feront des dégâts.

-Depuis le départ, Oyaji n'a pas vraiment été précis, vu qu'il fallait cerner l'ennemi...On faisait de la surveillance, de la défense. Mais à présent, après ce qu'ils nous on fait, il est légitime de penser qu'il ordonnerait leur mort. Dit Marco.

-Je pense aussi. Dit Haruta. Et vous ?

-Ouai ! Dirent les autres d'une même voix.

-Même les enfants ? Coupa Kira.

Tous se tournèrent vers elle. Il y eu deux réactions : ceux qui pensaient qu'ils laisseraient peut-être les autres s'en charger, ou le ferait en dernier recours, et ceux qui restaient, comment dire...indifférents.

-T'as pas les couilles ? Dit Walt.

-Pardon ?

Walt, de l'équipe de Marco, était un gars de Curiel. Il avait le sang chaud c' était le genre à agir sans trop se poser de question.

-Si t'es une vraie pirate, agis pas comme une gonzesse.

-Je suis bien pire que toi quand il s'agit de buter des gosse, répliqua froidement Kira. Je sais juste que parfois, les enfants ne méritent pas la mort, et qu'on pourrait les épargner. Il va de soi que si vous dites qu'on ne les tue pas, mais que l'un deux tente de nous faire du mal, je le tuerai sans hésiter. Je suis pas une sainte, tu sais ?

Les yeux froncés, Kira laissa ses paroles cheminer dans la tête de Walt, qui sembla à moitié convaincu de sa capacité, en tant que femme, à surmonter « l'instinct maternel » de protéger les enfants. Marco, lui, la crut sur parole. Il avait rarement entendu Kira parler d'un ton si sérieux. La dernière fois qu'il l'avait vue ainsi, c'était lors de leur discussion à la bibliothèque, pendant laquelle ils avaient parlé de responsabilité et de conscience. Elle avait alors dit qu'elle avait tué des enfants condamnés par la maladie. Elle savait tuer par nécessité.

-Mmm...bonne question. Disons que si nous pouvons les assommer, ou que s'ils sont inoffensifs, on les prendra avec nous et on verra. S'ils sont trop endoctrinés, et prêt à mourir pour nous atteindre, hésitez pas. Ce sont des gosses, mais qui sait ce dont ils sont capables. D'accord ? Décida Marco.

-Hay !

-On y va en groupe restez avec au moins une personne. On va rejoindre nos autres camarades laissés un peu avant l'entrée par laquelle on est passé. Précisa Haruta.

-On sonne la corne pour les appeler ? Demanda Endor.

-Seulement en cas d'urgence.

Ils se mirent donc en route, revenant sur les pas du groupe d'Haruta, Marco en tête, Kira en fin de file, afin que les autres soient protégés au maximum par les deux qui pouvaient sans trop de risque faire office de bouclier humain.

Devant elle, il y avait Jean, tireur. C'était son binôme.

Au bout de dix minutes de marche pendant lesquelles ils piquèrent deux torches sur les murs, et allumèrent deux des leurs, ils entendirent enfin, à l'oreille, des cris. Des cris de joie. Et une forte et exaltante voix masculine. Ils s'arrêtèrent un instant, attendant un signal.

Puis, Marco cria : « En avant ! »

Les 19 pirates firent un boucan du diable en courant dans le couloir, s'approchant de la foule en délire qui s'était arrêtée de crier, inquiète en les entendant arriver. Les pirates entrèrent alors dans une sorte de dôme bien éclairé, un genre de chapelle. L'endroit était décoré de peinture, et de sculpture. Sur l'autel improvisé, Kira vit encore une fois le cercle doré, symbole sacré de ce groupuscule qu'elle haïssait. Les pirates se mirent en ligne, face à la foule tétanisée.

-Ils sont là ! Battez-vous, ils sont l'ennemi de Dieu ! Hurla l'homme en tunique rouge debout près de l'autel.

Kira reconnut sa voix : c'était celle de l'orateur qu'acclamait la foule. C'était lui, le Patriarche. Mais pas seulement. Cette voix, elle la connaissait.

La foule d'abord paniquée fut soudainement saisie d'une envie de meurtre en entendant les mot de leur leader. Tous se saisirent des armes de fortune qu'ils avaient sur eux, tenant fermement leurs couteaux, épées et faucilles dans leurs mains gantées, tandis que quelques vieilles sortaient les enfants par un autre couloir au fond de la pièce. Il y avait bien une centaine de personnes, sans compter la vingtaine de gosses que Kira compta vite au haki avant qu'ils ne soient trop loin.

-C'est vous le Patriarche ? Demanda Kira à l'adresse de l'homme en rouge, tandis que les pirates et les croyants se toisaient armes au clair.

Un silence lourd s'installa.

-Oui.

-Dans ce cas, vous allez déguster. Dit-elle d'une voix glaciale en dégainant une épée, tout en faisant de son autre bras une épée de verre.

Le Patriarche sembla la reconnaître.

-Hérétique ! Chienne ! Nous t'avions donné ta chance !

Elle était par terre, sur le sol de terre couvert de mauvaises herbes. Deux hommes, portant de longs gants, l'immobilisait assise en lui tenant les bras fermement.

-Regrette ! Demande pardon, car tu as pêché ! Cria le prêtre devant elle en la surplombant de toute sa hauteur.

-J'ai rien fait de mal, bordel ! Je fais mon boulot ! Cassez-vous bande de tarés. Dit-elle en espérant mettre fin à cette histoire.

-Injecte-lui.

-Mm.

Un homme s'approcha d'elle par derrière, la faisant paniquer. Quoi, qu'est-ce qu'il faisait ? Elle sentit une piqûre dans le cou. Merde, c'était quoi ?

-Tu salis tes mains et celles de ceux que tu touches ! Femme et faible !

-Donne ta loyauté au seul dieu...

-Je m'en fout, moi, je suis déiste ! Le vôtre ou un autre, je m'en fous !

Le produit se rependait en elle, elle sentait un picotement parcourir ses veines...mais qu'est-ce que c'était ? Et les hommes étaient-ils en train de serrer ses bras de plus en plus fort ? Ça faisait mal...de plus en plus mal...

-Il n'y a qu'un seul dieu, et ta seule existence est preuve de sa bonté !

-Mais non, pas forcément ! Mais vous-Ahhh !

-Hérétique ! Tu dois te prosterner !

Kira regarda l'homme en face d'elle. Il portait une écharpe rouge, et surtout, ses yeux luisaient d'une folie menée par l'agape, l'amour pour Dieu. Un amour sans borne pour ce qui était une chimère de son imagination, selon Kira.

Pendant des heures, l'homme à l'écharpe rouge récita d'une voix quasi-mystique l'enseignement du Dieu des Astres, tandis que Kira, sourde à cause des ses propres cris, tentait de rester consciente et d'échapper aux mains gantées la maintenant, malgré la douleur qui envahissait son corps tel un venin.

C'était lui qui l'avait torturée, et humiliée. Elle s'en était remise et elle l'aurait sans doute pardonné à force de temps...Si seulement...

...Si seulement ils ne s'en étaient pas prit à sa nouvelle famille ! Il avait donné les ordres ! Elle n'avait pu protéger ses amis, mais au moins pouvait-elle les venger.

Vengeance. Pensa-t-elle.

Elle enclencha les hostilités sans même attendre d'ordre. Elle prit son élan, sous les cris de la foule, qui s'éloigna d'elle, effrayée, avant de finalement tenter de barrer son chemin pour protéger leur leader. A quelques mètres de l'homme, elle sauta en faisant grandir son épée de verre, avant de faucher le Patriarche au ventre.

-Ghraa !

Il tomba genoux à terre en tenant son ventre. Ses mains se teintèrent de sang. Les quelques secondes qui suivirent décidèrent les croyants à réagir.

-Patriaaaarche !

Les fidèles se levèrent et se jetèrent vers les pirates, y compris Kira. Des coups de feux, venant des Shirohige, résonnèrent. Ils étaient surpris par la virulence de l'ennemi ils n'avaient pas pensé que les fidèles allaient réagir de façon si rapide et violente à l'attaque de leur chef . Le combat s'engagea, les deux groupes ne formant plus qu'une mêlée générale.

Kira n'eut qu'a faire quelques gestes pour transpercer ses ennemis à coup de longues pointes de verre prolongeant ses doigts.

Elle pris une douzaine de seconde pour bloquer le Patriarche, mettant ses pieds et ses mains dans un bloc de verre. Il était recroquevillé, incapable de fuir. Sa blessure au ventre était superficielle. Marco vit ce qu'elle faisait de loin, et la remercia intérieurement pour sa clémence, car ils auraient des questions à poser au Patriarche. La colère ne semblait pas faire perdre la raison à la jeune femme, ce qui était un bon point cependant, elle n'avait pas attendu l'ordre. Il devrait lui faire un rappel plus tard à ce sujet.

Ayant achevé les quelques ennemis s'étant attaqué à elle, et ayant bien bloqué le Patriarche, Kira constata le chaos sans nom qui régnait dans ce lieu saint. Les coups de feux et d'épée détonnaient et résonnaient dans un écho sinistre au sein de ce lieu sacré, et les cris d'agonie formaient une funeste litanie annonçant la fin de l'Église.

Voyant que personne de son équipe n'avait besoin d'elle, elle dégaina ses deux épées et se précipita vers le couloir par où les enfants et quelques vieilles étaient parties, coupant et tranchant tout ennemi passant à côté d'elle dans sa danse macabre, tout en évitant habilement les balles perdues. Marco l'observa du coin de l'œil alors qu'il assommait un pauvre type. Tout dans les gestes de Kira était précis, strict, souple, empreint d'une certaine élégance le mouvement fatal de ses épées était aussi efficace qu'esthétique. Un curieux frisson le parcourut il se concentra alors sur son nouvel adversaire pour faire passer cette étrange sensation.

En passant, Kira tapa l'épaule de Jean, son partenaire, et lui fit signe de la suivre. Ne pouvant se résigner à la laisser seule, il cria « Je vais avec Kira ! » à ceux près de lui Marco fit un signe d'approbation, et Jean s'élança sur les trace de la logia. Les deux étaient sortirent de la pièce.


Marco donnait des coups de serre à tout va, sans arrêt. Ses sens, décuplé par sa forme mi-phénix, étaient altérés par la très forte odeur et puanteur régnant en ces lieux. Au bout d'à peine 10 minutes de combat, la centaine d'ennemis sous-entraînée et sous-équipée fut annihilée. Quelques survivants furent ligotés et mit à côté du Patriarche. Les murs décorés étaient maintenant couverts de sang et d'impacts de balle, témoignant de la violence de l'affrontement. Il n'y avait que deux blessés du côté des pirates: l'un avait reçu une balle perdue ayant ricoché contre la paroi, et l'autre, manquant d'espace, n'avait pas pu se défendre d'un gros couteau. Celui ayant pris une balle boitait, et avait besoin d'aide pour marcher l'autre ne pouvait utiliser son bras droit. Leurs blessures étaient sérieuses, mais ils n'étaient pas pour autant en danger.

-Je vais chercher Kira et Jean. Décida Marco.

-Ils sont plus là ?

-Non Kira a voulut suivre les gosses partit avant le combat, expliqua Endor qui avait remarqué d'éclipse des enfants.

Sans un mot, Marco partit en courant avec une torche. L'odeur de Kira était faible, très faible parmi la puanteur mais elle était bien identifiable. Il la connaissait bien, elle sortait du lot. Il put donc suivre dans les couloirs la trace olfactive de sa subordonnée. En cela, ses hormones l'aidèrent : vers la période des amours, à laquelle son corps de phénix prenait facilement le pas sur son corps d'homme, ses sens étaient plus aiguisés pour faciliter la recherche d'une femme.

-Qui aurait crut que ça m'aiderait? Se demanda Marco.

Il n'était cependant pas du tout d'humeur à « ça ». La situation était grave, et encore heureux, ils savait contrôler ses émotions et ses passions.

Il était inquiet. Après tout, les enfants avaient peut-être une mission ?


Kira marchait vite. Derrière elle, Jean la suivait avec une torche.

-Je les entends. Chuchota-t-elle.

-...Astres...

-les flammes de...

-Ils disent quoi ?

Elle haussa les épaules. Elle décida de s'approcher un peu plus. Les enfants n'étaient plus bien loin. Kira et Jean décidèrent d'y aller franchement : sans se cacher, ils avançèrent d'un pas rapide, et au détour d'un virage, tombèrent nez-à-nez sur une quinzaine d'enfants et deux vieilles, dans une pièce assez large, remplie de tonneaux. Dans leurs mains, les gosses tenaient...

Des bombes ?

-Posez ça tout de suite. Ordonna Kira d'un ton sévère.

Les enfants regardèrent les deux vieilles avec un regard perdu, attendant des instructions. L'une d'elle sortit alors un pistolet de sa poche, le seul que Kira ait vu depuis son entrée dans les catacombes. Par précaution, Kira fit signe à Jean de se mettre en retrait.

-Ne faites rien, rendez-vous, et nous vous laisseront la vie sauve, et aucun mal ne vous sera fait.

-Salope. Persifla la vieille au pistolet.

Elle tira la détonation fit sursauter les enfants dans un petit cri de peur. Kira ne prit même pas la peine d'esquiver la balle. La cartouche lui traversa le poitrail dans une volée de verre résonnant d'un éclat cristallin. Le trou fut vite comblé par une matière transparente qui reprit la forme du corps de Kira. L'effet de surprise était réussit : tous la regardait avec aberration.

-Je ne craint pas ce genre d'arme. Vous ne pouvez plus rien, vous avez perdu. Je vous demande d'arrêter.

La vieille, loin de se calmer, sembla prise de panique et se mit à trembler. Cette fois, Kira craint que Jean ne soit touché et lui fit signe de rester derrière le virage. Et ce fut une bonne idée, car à peine Jean fut-il à l'abri quelques mètres derrière elle que la vieille dame déchargea l'arme dans une succession de tirs parfois imprécis, en raison des spasmes qui la secouais.

-Espèce de démone ! De succube ! De MONSTRE ! De sans-cœur!

Elle était choquée par ce qu'elle venait de voir et voir Kira se régénérer à nouveau malgré les balles reçues ne fit qu'amplifier son état d'hystérie. Sentant que la menace était passée, Jean revint derrière elle, son pistolet au poing.

-MONSTRE ! Cria la deuxième dame.

Les gosses s'étaient reculés au maximum. Environ 5 mètres les séparaient de Kira. Et ils étaient dans une impasse, pris au piège comme des rats. Comprenant que la situation était très tendue, Kira choisit précautionneusement ses mots pour apaiser ces gens qui, elle l'espérait, sortirait vivants d'ici. Elle ne voyait pas l'intérêt de tuer inutilement.

-Je ne vous veux aucun mal. Je n'ai rien contre votre religion, mais je veux que votre croyance n'empiète pas sur celle des autres. Alors, laissez ces bombes ici. Vous avez déjà perdu. Et pour info, j'ai juste mangé un fruit du démon.

-Justement ! Un fuit du démon ! Un démon a prit possession de vous, et vous allez nous salir par vos paroles et vos actes ! Ne l'écoutez pas les enfants, elle nous veut du mal, ne vous rendez pas ! Dit-elle avec hystérie.

Woaw, niveau folie, on atteint le maximum... pensa Kira.

La vieille au pistolet jeta son arme, sortit un briquet et dirigea sa main vers une bombe.

Kira vit son intention de se faire sauter, les enfants et elle avec, et Jean le comprit aussi. Il tira aussitôt dans la tête de la vielle femme qui s'effondra au sol. Les enfants poussèrent un cri, alors que l'autre femme s'agenouilla près de sa camarade, avant de se tourner vers Kira.

-Vous êtes un monstre ! Bande d'impurs !

-Mais j'ai toute ma tête. Répliqua Jean.

-Les enfants ! Faites-le ! Ne la laissez pas vous corrompre.

Kira ignorait comment ces gosses avaient été formatés, et éduqués. Mais en voyant ce qui suivit cette simple phrase, elle devina qu'ils avaient clairement été programmés comme des bombes à retardement dont un simple ordre pouvait être le détonateur, dans le but de littéralement se faire exploser. Plusieurs gosses sortirent des briquets.

Ils vont tout faire sauter ! s'alarma-t-elle.

Jean pensa exactement la même chose.

La réserve contenait plusieurs barils de poudre, à en juger l'odeur. Une explosion pouvait bien faire s'effondrer la galerie le groupe entier était en péril, qui sait si la chapelle où se battaient les autres résisterait à un effondrement général ?

Sans réfléchir, ils attaquèrent. Jean tira, Kira visa avec des dards en verre sortant de ses paumes. Les gosses tombèrent comme des mouches, dans des cris aigus de douleur. En quelques secondes, tous furent à terre, morts, sans qu'une mèche de bombe n'est eut le temps d'être allumée.

Kira et Jean avaient tout deux des sueurs froides dans leurs nuques, et le souffle coupé : à quelques secondes près, tout aurait pu sauter. Et pour éviter cela, ils avaient tués des enfants, de sang froid.

Toute discussion avait été vaine.

Tout était allé bien trop vite.

Tout avait été trop violent.

Il restèrent là, impassibles, pendant peut-être une minute, avant d'entendre des pas derrière eux.


Marco s'était précipité sur les pas de ses deux nakamas après avoir entendu de nombreux échanges de tirs, suivit d'un silence. Moins d'une minute après le bruit des coups de feu, il arriva à un virage, tourna à droite, et vit enfin ses deux amis, de dos, immobiles.

Ces deux derniers se retournèrent vers lui, et lui laissèrent voir leur œuvre, en silence. Marco s'approcha il vit les nombreux enfants, et les deux vieilles, à terre, sans vie. Les corps commençaient à s'auréoler de sang.

-On a essayé de leur dire de se rendre, mais ils n'ont pas voulut. En fait, quand ils ont vu le pouvoir de Kira, ils ont flippé, et ils allaient se faire sauter. Expliqua Jean encore sous le choc.

-Je comprends.

Il mit une main sur l'épaule de Jean, fit de même avec Kira, puis les intima à le suivre.

Ils revinrent à la salle du dôme, où une dizaine de survivants pantelants recevaient les soins rudimentaires pour survivre jusqu'à un interrogatoire, et sans doute aussi un jugement et une condamnation dans les règles de l'art.

Les 19 pirates s'assirent un instant. Les deux blessés étant soignés, il fallait maintenant aller chercher les membres qu'avait laissé Haruta vers l'entrée de ce guêpier.

-On avait dit que si la corne sonnait, ils devaient se ramener.

-Ils vont stresser à mort en pensant qu'on est en danger, contesta Haruta.

-On a trouvé une carte de lieux, dit Endor qui venait d'observer les murs.

En effet, sur le mur incurvé face à l'autel se trouvait une carte apparemment précise des lieux. La salle où ils se trouvaient était le cœur de cette cité souterraine.

-Vous deux, allez cherchez les autres. Ordonna Haruta.

Les deux désignés repérèrent l'endroit où ils avaient laissé leurs amis, puis mémorisèrent le chemin. Ils partirent d'un pas rapide, avec la corne, au cas où.

Quelque minutes plus tard, Marco revint avec Kira et Jean, qui expliqua ce qui s'était passé.

-Donc vous avez buté les gosses. Résuma Haruta. Ça fait un danger de moins, même si c'est triste...

Haruta expliqua ensuite que 2 hommes étaient partis chercher ceux restés à l'arrière, en renforts.

-Bien...Je pense qu'on est fatigués, alors on va se reposer.

Ils trouvèrent dans le couloir encerclant la salle-chapelle de nombreuses alcôves, certes sales et puantes, mais moins que la chapelle désormais pleine de sang.

Un roulement fut instauré pour que plusieurs personnes restent en alerte. Kira fut heureuse de ne pas avoir de tour de garde. Les hommes se dispensèrent donc autour de la chapelle pour pouvoir dormir.

Kira préféra s'allonger à même le sol, au milieu du couloir, plutôt qu'utiliser une paillasse crasseuse dans une alcôve du mur. Au-dessus d'elle, une torche brillait, faisant office de veilleuse. Elle était si fatiguée par les conditions de vie, et si éprouvée par les événements, qu'elle mit son gilet sous sa tête et s'endormit aussitôt, malgré les cailloux inconfortables sous son dos.

Elle dormit cinq heures avant d'être réveillée. Au moins, c'était par Marco, ce qui, selon elle, rendait les choses légèrement plus agréables.

-Les gars sont revenus avec les autres, sans problème. On est tous réunis, et tout le monde a pu se reposer un peu. On va y aller. Murmura-t-il en lui secouant l'épaule.

Contrairement à son habitude, il ne partit pas tout de suite. Il regarda Kira se frotter les yeux, s'étirer les bras en baillant, puis se redresser. A la lumière de la torche, il voyait son visage fatigué, ses yeux éteints, et ses gestes lents, presque nonchalants.

-Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il d'une voix calme.

-Oui oui. Un coup de barre, vous en faite pas. On est sous terre depuis presque 2 jours maintenant. Il est quelle heure ?

-Il est...19h10, dit Marco en sortant sa montre de sa poche. Vous êtes entré dans les catacombes hier après-midi. Ca fait 28h.

-Je suis complètement perdue … Dormir en pleine journée va dérégler mon horloge interne encore plus...

-Il y en avait besoin. On ignore la situation à la surface. Là on y va, on a regardé le plan pour trouver un chemin rapide.

Elle acquiesça, renifla l'air en faisant une grimace, et chercha quelque chose dans sa pochette.

-Tu cherches quoi ?

Elle en sortit une petite fiole.

-Mon parfum...pour les odeurs...dit-elle en mettant une goutte de parfum dans chaque narine.

Elle lui tendit la fiole.

-Ca évite de sentir trop d'odeurs fortes, expliqua-t-elle.

Les sens de phénix de Marco étant sensibles, il accepta. Il pencha sa tête en arrière et fit tomber une goutte dans chaque narine, comme elle.

-Waow, c'est vachement fort quand même ! Dit-il en lui rendant la fiole.

Il ne sentait qu'une très, très forte odeur d'oranger avec du café.

-Ca débouche bien les sinus, c'est sûr ! Dit-elle en rigolant. Ça gêne que les deux premières minutes. Après, votre nez sera presque anesthésié pour quelques heures.

-Pratique. Pourquoi tu as ça sur toi ?

-Mon ancien métier. Les cadavres étaient parfois puants.

Il s'étonnait toujours du passé de Kira, et surtout des acquis et connaissances qu'elle possédait maintenant grâce à ses anciens métiers d'équarrisseuse et de thanatopractrice. Il l'aida à se relever d'une main, elle prit son sac, et ensemble, ils se rendirent à la salle-chapelle. Kira, toujours en t-shirt et gilet, s'étonna de commencer à avoir froid. Ça ne lui arrivait jamais.

Ca commence à me peser cet endroit. Vivement l'air frais !

Le groupe s'organisa pour porter le matériel et surveiller la dizaine de fidèles, ligotés et blessés. Les pirates durent briser le bloc de verre tenant le Patriarche prisonnier pour lui mettre des menottes. Kira ayant un pouvoir utile, elle fut mise en queue de file, avec la mission de tuer tout fidèle tentant de se faire la malle. Cela dit, les fidèles étaient au milieux de la file des 19 pirates ils auraient du mal à s'échapper, ligotés comme ils étaient, avec une corde au cou les reliant tous. Marco, en tête de file, tenait en laisse le Patriarche.

Il fallut près d'une heure trente au groupe pour enfin trouver la sortie, qui n'était qu'un tout petit tunnel creusé par l'église, où on ne pouvait avancer qu'un par un sur le ventre, et dont l'entrée, si les souvenirs de Marco étaient bons, avait été repérée, et donc, était surveillée.

-J'y vais d'abord; s'il voit le Patriarche en premier, ils risquent de lui tirer dessus. Surveillez le, forcez-le à ma suivre.

Marco rampa dans l'étroit tunnel en dérivation : le sol était en montée douce. Il lui fallut presque 5 minutes pour arriver au bout, centimètre par centimètre: il n'y avait plus la fausse dalle couvrant l'entrée. Il se dépêcha de sortir.

Comme prévu, il y avait des hommes en faction. Ils baissèrent le armes en reconnaissant le commandant.

-Commandant ?

-On a trouvé l'ennemi, on en a délogé quelques uns. Celui qui est derrière moi est leur chef, vous le mettez en joue.

Un instant plus tard, le Patriarche sortit enfin, les poings toujours liés. Marco se dépêcha de le saisir pour l'asseoir contre un mur, sans douceur. Le vieil homme au visage émacié grogna en heurtant la mur, en raison de sa blessure au ventre toujours sensible.

Vinrent ensuite un pirate, suivit des 10 fidèles capturés. Ceux-ci avaient été détachés il fallait donc se méfier d'une tentative de rébellion. Mis en joue et rattaché l'un après l'autre, ils n'avaient aucune chance. Dans le souterrain, les pirates attendaient que les croyants soient passés et mis entre les bonnes mains de leurs amis à la surface. Il fallut presque une heure pour faire sortir les croyants avec attention et méfiance. Ils étaient blessés, et réticents, cherchant encore un moyen de s'échapper. Quand enfin le dernier fut monté, les derniers pirates encore sous terre purent se précipiter vers la sortie.

Kira fut la dernière à passer. Elle attendit seule, pendant une minute, que Jean, partit avant elle, prenne des mètres d'avance. Elle savoura la quiétude des lieux. Encore une fois, un spasme de froid la traversa, suivi d'une quinte de toux. Le stress qui retombait, sans doute. Elle se dépêcha de ramper à son tour dans les cailloux et la poussière du tunnel, pour, enfin, sentir un air un peu plus frais et voir la lumière de torches. Il était dans le grand tunnel d'égouts après ce qu'ils venait de traverser, c'était plutôt agréable. D'autant plus qu'elle ne sentait toujours presque rien.

-Et la dernière ! Dit Haruta. On peut y aller.

Elle vit que les fidèles de l'église étaient en train de monter une échelle menant à la surface, pris en charge par d'autres nakamas. Quelques minutes plus tard, elle fut enfin à l'air libre. Une brise ébouriffa ses cheveux. Kira, qui avait visité cette ville de Serv, reconnu, malgré l'obscurité de la nuit tombée, qu'ils étaient à la place près du port et de son hotel.

-Oh bordel, ça fait du bien Dit Endor.

-Ca oui ! Confirma Saul en respirant bruyamment.

-Ceux qui sortent des catacombes, on va vous laisser vous reposer. Annonça Marco. Vous pouvez aller manger au navire.

Kira regarda son commandant partir avec Haruta vers Curiel et Atmos, sans doute pour un rapport. Sa journée à lui n'était pas finie...elle était assez admirative de l'endurance de son supérieur. Continuer à bosser après des heures sous terre, très peu pour elle, elle en avait sa claque.

Ils se dirigèrent tous vers le Moby Dick, où ils burent et mangèrent beaucoup, tout en apprenant de la bouche de Thatch que tout les lieux de cultes avaient bien été détruits.

-Du coup, il va se passer quoi ? Demanda Kira.

-La division de Curiel commence à déblayer les ruines pour rebâtir. Oyaji m'a prévenu que demain, on fera un jugement pour l'Eglise. D'ici demain, on va relâcher la pression, ne mettre que le minimum de surveillance. Et vous qui sortez d'explo, vous pouvez vous reposer jusqu'à demain 10h. A 10h30 demain, rassemblement sur le Moby Dick pour Kira. Les autres, vous retrouverez Haruta au port et vous repartirez à Mist, rejoindre vos divisions.

Kira était effectivement 'l'intruse' du groupe, la seule d'une division autre que la 12, 15 ou 16, toutes stationnées à Mist. A part Kira, qui avait sa chambre à Serv, tous se restaient à bord du Moby Dick. Elle regarda la pendule, qui annonçait 21h30.

-Eh bah je vais pas perdre de temps, une douche et au lit ! Dit Kira en se levant, après avoir fini son dessert. Bonne nuiiiit !

-Salut ! Lui répondirent-ils en choeur.

Kira marcha quelques minutes dans les rues pavées de Serv avant de retrouver son hôtel, le Virvolent. Elle passa dans sa chambre, vide, pour y prendre de quoi se laver. Elle prit une bonne douche, s'habilla dans un pantacourt et un t-shirt propre, et revint à la chambre. Cette fois, Saul, Kaith et Erik étaient là.

-Hey Kira ! Alors ?

-Raconte nous !

-Chui crevée les mecs.

-Oh allez, juste 10 minutes !

-...z'êtes chiants, les gars...

Assise par terre, elle leur raconta en gros leur exploration, omettant quelques détails. -comme le massacre d'enfants-. Elle se coucha malgré leurs questions, rabattant les draps sur elle.

-Foutez moi la paix, on verra demain ! J'ai mal pioncé depuis plus de 24h, j'en ai plein le dos !

-Bwaaah...t'es pas drôle !

-M'en tape !

Ca sens booooon ! Pensa-t-elle, enivrée par l'odeur d'orchidée des draps. Elle eut encore une quinte de toux, et s'emmitoufla sous la couverture. Fatiguée, elle sombra.

Les autres firent attention de ne pas la réveiller, et soufflèrent les bougies pour dormir à leur tour.


En pleine nuit.

Kira ne savait pas trop ce qui se passait. Elle venait de se réveiller en éternuant violemment. Elle avait la sensation que sa gorge était pleine de liquide. Prise d'une nouvelle quinte de toux, elle s'assit cette fois, éternuant dans son coude pour limiter la contagion, et surtout, étouffer le bruit pour ne pas réveiller les autres. Elle éternua encore une fois, et cette foi elle eut aussi mal sous la poitrine. A chaque respiration. Elle sortit de la chambre à tâtons, silencieusement, en entendant toujours ses trois camarades de chambrée ronfler allègrement. Dans le couloir au mur de bois clair, une horloge au cadran rouge annonçait 3h30. Par la fenêtre au fond du couloir, elle vit qu'il faisait nuit noire dehors.

Ma nuit réparatrice est foutue. Se plaignit-elle mentalement.

Une sensation de brûlure la reprit en respirant. Elle marcha rapidement vers la salle de bain, heureusement déserte. Elle alluma une bougie mise à disposition et se regarda dans la glace.

-Oh merde...

Elle remarqua immédiatement que le tissu à l'intérieur du coude, où elle avait éternué, était plein de sang, tout comme le contour de sa bouche. Encore une fois, elle du tousser. Elle se pencha dans le lavabo, décidée à libérer sa gorge de cette gêne. En éternuant, elle cracha pas mal de sang dans le lavabo. Elle ouvrit l'eau, se lava le mains au savon avec insistance, ainsi que le visage, et sortit immédiatement de l'hôtel pour rejoindre l'infirmerie du Moby Dick, ignorant le regard surprit du veilleur au comptoir.

En chemin, elle ressassait de nombreuses images. En voyant son visage dans le miroir, le souvenir des cadavres à la bouche couverte de sang qu'ils avaient croisés sous Mist dans une caverne lui était revenu à l'esprit. Cette maladie, elle l'avait sans doute attrapée dans les catacombes, et à en juger par les corps morts présentant ce même symptôme de cracher ses poumons, c' était le genre de maladie à soigner tout de suite. Elle espérait bien sûr avoir tort, mais la coïncidence était trop forte. Elle n'était que très rarement malade.

Qui plus est, elle devait éviter de contaminer d'autres personnes, et dire aux médecins de mettre tous ses camarades d'exploration en quarantaine s'ils n'avaient pas encore été voir un docteur. Ayant elle même vu les ravages que pouvaient faire les maladies contagieuses, elle refusait de mettre les autres en danger. Les poumons brûlants, elle arriva à l'infirmerie.

Elle eut la surprise de voir tous les autres de l'exploration dans la pièce.

-Ah Kira ! On allait envoyer quelqu'un te chercher. Tu ne te sens pas bien ?

Pour tout réponse, elle toussa encore sur le dos de sa main, révélant du sang qu'elle s'empressa de laver dans le lavabo le plus proche

-Je prends ça pour un oui. Quelques-uns des tes camarades sont venus pour ce symptôme il y a moins d'une heure. Alors par précaution, on a réunis tous ceux qui sont allés dans les catacombes. Sauf Marco, qui lui est immunisé.

-Tout le monde est malade ? Demanda-t-elle alors que le docteur l'asseyait pour prendre son poul.

-Non, seulement ceux qui ont commencé l'exploration à Mist. Comme toi, Haruta, Salomon, Endor, Jean...

-On vous a dit pour les cadavres ?

-Oui. Vous avez croisés des corps aux bouches ensanglantées. Les membres de l'église, qu'on a interrogé à propos d'ça, on dit qu'ils savaient pas d'où ça v'nait. Mais je crois qu'on tient une piste. En attendant, on va te mettre en quarantaine.

-Je comprends très bien.

On la conduisit à un lit, entre Jean et Hans.

-Salut ! Dit-elle l'air blasé et moqueur.

-Yo ! Tu nous a rejoins aussi ? Demanda Jean.

-Oui. Allez, je vais reprendre ma nuit où j'en étais, si j'y arrive.

-Bonne nuit, miss. Dit Hans.

Quelques instants après, la pièce fut plongée dans une semi-obscurité, et des rideaux furent mis en place pour séparer les personnes. Kira, seule femme auscultée, en était plutôt contente. Mais la nuit fut loin d'être reposante. On vint lui prélever du sang, et on lui donna un médicament au cours de la nuit. Elle ne dormait que par courtes séquences de dix minutes, avant de cracher du sang à nouveau. Et autour d'elle, elle entendait les autres tousser aussi.

Ayant des bases en maladies infectieuses, en ne pouvant dormir malgré la fatigue, Kira se redressa, et demanda ce que les médecins avaient trouvé.

-De la neustreogene. Ça arrive généralement par voie respiratoire. C'est une bactérie assez courante qui s'associe à tout un tas d'autres maladies pulmonaires, et même cardiaques. Haruta nous a dit qu'à un moment, vous aviez traversé un boyaux plein de lichen, produisant un genre de pollen blanc.

-...ouai...

-Et bien, on croit que c'est ça. Un genre de plante parasite qui vous pourrit les alvéoles pulmonaires. On est en train de préparer un remède.

-Et vous avez interrogé les gars de la secte là-dessus ?

Le visage du Doc s'assombrit.

-Ils ont dit qu'ils ignoraient ce que c'était, que ça ne semblait pas contagieux, dans la mesure où certains sont restés avec des personnes saines longtemps, sans les infecter. Mais ils n'ont pas trouvé à quoi c'était du, et ont préféré fuir les lieux et aller sous Serv. Quelques personnes sont restées à Mist pour assurer de faire un minimum de dégâts là-bas. C'est pour ça qu'ils y étaient moins nombreux qu'à Serv. Après vous avoir attaqué, ils sont probablement remonté à la surface, car vous ne les avez par recroisé, et ils ne se sont pas rendu à Serv par les catacombes, selon leurs dires.

-Donc, il en reste quelques-uns en liberté ?

-Je le craint.

-Et...les infectés n'ont jamais survécus ?

-Non...mais ils n'avaient rien pour se soigner. Argumenta-t-il.

-C'est vrai.

Appelé par une infirmière, le doc la salua et sortit de sa chambre de tissus. Intérieurement, il était content de partir, car c'était toujours un malaise de parler de la mort avec un patient. Mais il savait que Kira avait un passé spécial, et qu'elle avait besoin de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n'était pas du genre à se laisser abattre, même en sachant qu'elle était gravement menacée de mort.

Épuisée, mais satisfaite d'avoir des réponses,-bien que peu joyeuses-, elle finit par se laisser aller à un sommeil agité. Elle se réveilla une heure plus tard, les yeux fatigués, les poumons brûlants.

Elle changea de stratégie, faisant de son mieux pour rester dans un état de repos physique maximal, en minimisant son rythme cardiaque et sa respiration. Allongée, sa tête sur le côté pour cracher le sang si besoin, elle ne bougeait pas, concentrée sur son seul apaisement. Elle ne dormait pas, mais ce seul calme lui permit d'être moins souffrante. Elle resta dans cette transe plusieurs heures, ignorant tout les bruits extérieurs qui se résumaient à d'incompréhensibles babillages.

Ce fut peut-être mieux ainsi.

Car la nuit fut horrible pour le personnel médical. Ils perdirent 3 hommes de cette maladie inconnue, Salomon, Sylve et Sand, endeuillant ainsi les 12e, 15e et 16e divisions

Les autres, plus agités, respiraient plus fort, et avaient de plus en plus mal. Seule Kira, qui dormait à moitié, ne faisait aucun bruit, si ce n'est un toussotement par occasion.


8h30, Marco

Marco sortit de sa chambre d'hôtel. Il avait été prévenu en pleine nuit que Kira avait rejoint l'infirmerie, et que tous ceux ayant visité les catacombes de Mist, dont Haruta, étaient malades. N'étant d'aucune aide en médecine, et s'attendant à une montagne de travail au réveil, il avait dormi quelques heures de plus avant de se réveiller et de se rendre au Moby Dick.

Il toqua à la porte de la cabine du Capitaine.

-Entrez.

Marco poussa la haute et lourde porte. Le doc et une infirmière étaient présents, ainsi que Thatch.

-Marco, tu tombes bien...on a de mauvaises nouvelles... On a trois morts à cause de l'infection pulmonaire. Et tue rapidement, on cherche un remède, mais pour l'instant ça donne rien. Annonça le Doc.

Marco mit quelques secondes à encaisser le choc ses yeux bleus, par pudeur et pour ne montrer aucune faiblesse, se fermèrent.

-Kira ?...

Il était normal qu'il s'interroge au sujet des membres de sa division. Mais intérieurement, au-delà du devoir et de la hiérarchie, une part de lui, plus personnelle, s'inquiétait terriblement pour elle.

-C'est celle qui s'en tire le mieux. Elle a compris qu'elle risque d'y passer, mais elle semble se gérer. Ca lui fera plaisir que t'ailles la voir.

Il se sentit soudainement un peu plus léger.

-J'y comptais. Et au sujet des membres ? Et du Patriarche ?

-Etant donné les circonstances, commença le Paternel d'une voix grave, on commencera les entretiens ce midi. On leur demandera ce qu'ils on fait, et pourquoi...et on fixera un jugement. C'est moi, les deux maires et Thatch qui écouterons leurs confessions, et on verra si on les tue, ou si on les laisse vivre.

-Vous avez bien eu mon rapport ?

-Oui, dit Thatch en montrant les feuilles dans sa main. Vous avez bien bossé à ce que je vois. Haruta a eu le temps de finir son rapport avant d'être transféré à l'infirmerie. Ça donnera des éléments de réflexion.

-D'accord.

-On demandera ton avis pour le jugement. Dit Shirohige.

-Je suis à votre disposition.

-Pour l'instant, repose toi surtout.

-Merci, Oyaji.

Marco quitta la salle et marcha en direction de l'infirmerie. Il s'était rarement sentit si étrange après une mission. L'environnement malsain, la folie humaine, l'ésotérisme mensonger, et le résultat sanglant, en plus de la maladie grave ramassée par ses amis...cette mission avait laissé sur lui une trace désagréable.

Il arriva devant la porte de la salle de soin. Quand il ouvrit la porte, l'odeur d'antiseptique le prit au nez. L'ambiance était stressante les infirmières en mini robe rose allaient d'un lit à un autre, s'affairaient sur certains malades que les rideaux ouverts laissaient voir. Il y avait surtout un bruit incessant de respiration forte, presque étouffée, et de toux grasse. Au milieu de ces sons, on pouvait distinguer le 'bip' stressant des appareils de médecine.

-Où est Kira ?

-La deuxième à droite. Dit une infirmière sans lever les yeux de sa fiche de soin.

-Merci.

Il trouva le rideau, et y avança une main hésitante. Il entrouvrit le rideau, et fut surpris de voir qu'effectivement, comparé aux autres, elle s'en sortait bien. Elle était immobile et silencieuse. Mais à gauche de sa tête, un chiffon devenu rouge montrait qu'elle crachait parfois du sang. Il se rapprocha d'elle, et s'assit sur la chaise.

Kira sentait la présence de quelqu'un à un mètre d'elle, grâce au haki. Elle ouvrit donc les yeux.

Voir Marco le Phénix près d'elle fut une sacrée surprise. Elle fit un petit sourire.

-Comment tu te sens ? Murmura-t-il.

Elle préféra ne pas répondre. Elle ne le sentait pas. Elle ignorait si elle s'en sortirait. Et si elle survivait, ce serait long et laborieux. Elle conserva néanmoins son sourire, voir s'accentua, pour lui dire qu'elle ferai de son mieux pour survivre.

Ce silence fut pour Marco la plus terrifiante des réponses. Il comprit que même elle, qui ne craignait pas la mort, sentait la faucheuse près d'elle. Il interpréta cependant très bien son sourire, qu'il aurait traduit par « je vais mal, et ça risque de tourner mal, mais je me battrai. »

Elle commença à bouger il comprit qu'elle essayait de se relever. Il se leva, plaça un bras derrière elle, releva le coussin et l'installa pour qu'elle soit assise. Elle s'éclaircit la gorge, prit le chiffon d'un main tremblante et éternua violemment dedans. Elle le retira, et Marco vit le rouge luisant du sang avant qu'elle ne plie le chiffon en deux, comme pour cacher sa maladie.

-Je m'en sors. Comment vont les autres ? Demanda-t-elle.

-La première ? Ils vont très bien, ils commencent à reconstruire les lieux de cultes sous la direction de Curiel.

-Bien. L'église ?

-On va bientôt les juger.

Elle bougea la tête pour acquiescer.

-J'ai lu ton livre, il est bien jusqu'à là. Dit-il pour changer de sujet.

-Merci.

Elle eut une nouvelle quinte de toux, cette fois très violente. Elle prit un autre chiffon pour éternuer, qui se couvrit rapidement de sang. Compatissant, et voyant bien dans ses yeux qu'elle souffrait malgré l'absence de crispation sur son visage, ou de plaintes, il prit son bras. Ce simple contact rendit un léger sourire à Kira.

-Vous êtes sûr de pas vouloir me donner votre fruit ?

-Promis, si tu t'en tire, je t'offre un vol.

-A vous entendre, j'ai déjà un pied dans la tombe.

-Je voulais par te blesser...c'est juste que la maladie est tout de même assez grave...

-J'ai même pas rédigé mon testament, mais si je crève, je vous lègue mon dico. C'est ma seule possession, à moins que vous n'aimiez les fringues pour femmes. Ah, et je veux être incinérée.

-Pff...Kira...

Marco eut un franc sourire même là, elle le charriait.

-Je l'aurai ce vol. Vous le savez.

-Oui.

Il enchaîna sur quelques questions de ce qu'elle avait fait dans les catacombes avec Haruta, bien qu'il ait déjà lu le rapport. Juste pour prolonger un peu le dialogue. Ils divaguèrent sur l'art du combat rapproché et le haki de l'armement. Au final, Marco resta une bonne heure au chevet de la malade, la main toujours sur son bras.

-Je vais devoir prendre congé, dit-il en se levant.

-Merci d'avoir sacrifié de votre temps pour m'aider à passer le mien, répondit-elle d'un ton taquin.

-De rien. Allez, repose-toi bien.

-A vos ordres, commandant.

Elle replaça le coussin et se coucha. Ce dialogue lui avait plut, mais lui avait demandé beaucoup d'énergie.

Marco sortit de la pièce soulagé de la voir dans cet état. Elle était, certes, fatiguée, épuisée et malade, mais elle s'en sortait assez pour tenir une longue discussion. A ce stade, tout pouvait le rassurer. Il partit faire son inspection des prisonniers. La journée s'annonçait longue.

voilà pour le chapitre 21. Comme vous pouvez le deviner, nous clôtureront l'arc de l'église.

J'espère que le chapitre vous aura plu; il est assez différent en style des autres, donc hésitez pas à donner votre avis!

Bye! 7*