Hiiiiiii,
Chapitre vingt et le début de la fin ! ;)
Place à la lecture, avec une petite dédicace à Arya qui est... FABULEUSE,
* Chapitre vingt *
POV Dean
J-2 ;
La première chose que remarque Dean est que Crowley est sur le point de se réveiller alors il ouvre encore un peu plus la porte. Castiel n'était pas ressorti de cette foutue pièce et si le patron le trouve en pleine recherche dans son armoire, Dean sait qu'il ne pourra pas le sortir ni le sauver de la mort certaine que le boss prévoirait.
Il voit le regard de Crowley se poser sur le mur à la droite de lui et Dean se mord la lèvre inférieure. Il a fallu que Castiel se trouve derrière cette porte ? Comment expliquer au patron qu'il vient juste d'entrer dans la pièce, maintenant ? Qu'est-ce que Dean pouvait bien dire pour attester de l'innocence de son amant ?
Et pour couronner le tout, Dean peut parier que l'ange a le visage aussi cramoisi que les belles tomates du jardin, ce qui prouve sa culpabilité.
Dean ne perd pas de temps. Hors de question que le silence atteste du crime que Cas vient de commettre. "Hey, boss, t'as vu Castiel ? Il devait venir pour te demander si je pouvais prendre ma soirée, moi aussi !"
Le regard de Crowley change de direction pour se poser sur lui et il essaye de ne pas se laisser dérouter par ce regard. Il ne devait surtout rien laisser paraître.
"Il est justement derrière la porte, Dean…" crache-t-il comme s'il savait la raison de sa présence. La vraie raison de sa présence.
Le susnommé ne se laisse pas démonter et décide de jouer à l'innocent en jetant un regard derrière son épaule.
"Non, Dean, de l'autre côté de la porte." il redirige son regard vers Castiel et Dean entre encore plus dans l'espace, s'approchant du bureau pour observer son amant.
"Qu'est-ce que tu fous derrière la porte ?" rit Dean en apposant sa paume sur l'épaule de son amant. "T'as quand même pas fait ce que je t'ai dit, hein ?"
Dean se place devant le visage de Castiel qui le regarde à présent avec interrogation. "Je…"
Cette fois, Mowgli s'écarte pour montrer à Crowley le visage entièrement pivoine de son amant. Le rougissement de ses joues allait jouer en sa faveur pour une fois.
"C'était une façon de parler quand j't'ai dit que t'allais devoir ramoner sa canalisation, Cas, pour qu'il l'accepte… C'était une expression perverse, une métaphore quoi…" fit-il en balançant sa main dans les airs. "Et une blague ! Je n'étais absolument pas sérieux quand je t'ai dit de l'enculer pour qu'il m'accorde la nuit !" Dean ouvre grand les yeux pour qu'il comprenne ce qu'il essaye de faire sous-entendre.
"Oh ! Tu…" Castiel rougit jusqu'à la racine des cheveux alors qu'il lève le visage vers la ventilation au dessus de lui avant de reposer son regard sur Dean. "Tu… Je pensais que tu souhaitais que j'entretienne les bouches d'aération et que si je le faisais, Crowley accepterait de…"
"Vous vous foutez de ma gueule, c'est ça ?" Dean se pétrifie sur place en entendant la voix déraillée de son patron derrière lui.
Franchement ? Bien sûr que Dean se fiche de lui mais il était bien évidemment hors de question qu'il ne l'avoue. Il pose son regard sur son patron qui amène ses doigts autour de son pendentif, touchant pensivement la clé accrochée dessus. Mowgli sent Castiel se contracter méchamment à ses côtés.
Bien, il n'a donc pas eu le temps de la remettre à sa place. Dean se mord la lèvre, espérant de tout cœur que Crowley ne remarque rien.
"Je ne sais pas à quoi vous jouez, bande d'incapables, mais je vous interdis de venir me redemander ne serait-ce qu'une seule faveur !" Le boss se lève de sa chaise, étalant ses paumes contre la surface dure du bureau. "Je me trouve suffisamment clément avec vous et ce détail va prendre fin dès demain !" Le visage de Gabriel apparaît dans la pièce et il plisse les yeux en voyant l'attroupement et le ton employé de Crowley. "DEHORS !"
Il ne faut absolument pas longtemps aux deux amants pour disparaître de la salle pour s'engouffrer dans le couloir, le cœur sur le point de sortir de leur cage thoracique.
H-24;
Dean a eu le temps de déchiffrer ce journal et mon dieu, il en a appris des belles sur la naissance de ce milieu. Il en a cauchemardé la nuit dernière, s'imaginant sans cesse dans la peau d'un joyau ayant vécu au début de "Plaisirs Sauvages". Cet homme avait connu de telles monstruosités que c'en était inconcevable.
Cole Trenton. Humain humilié, battu, détruit et prit pour exemple avant que Dean ne rejoigne ce chaos. Crowley avait pourtant parié très gros sur lui mais, à ce qu'il a pu lire, ce Cole avait abusé de son statut.
Ses yeux restent fixés sur le journal devant lui alors qu'une tasse tiède est positionnée juste à ses côtés. Mowgli n'a pas arrêté de laisser son esprit vagabonder autour de ces révélations depuis son réveil.
Comment allait-il faire à présent pour parvenir à déposer ce journal dans les mains de la petite sœur de Castiel ? Bobby allait forcément se poser des questions sur la grosseur et le poids de l'enveloppe.
"Il n'y avait que ce journal dans l'armoire…" la voix de son amant se répercute dans l'air. "Il va falloir trouver autre chose pour le lui faire parvenir."
Dean hoche la tête, ne déviant pas son regard de la couverture quelque peu abîmée. Il enlève son doigt de son menton pour montrer l'évier face à lui et il entend l'eau couler du robinet au bout de quelques secondes.
"Bobby n'acceptera jamais de le poster sans en connaître l'origine… Bordel ! Nous avons encore de la chance que Crowley n'est pas utilisé la clé pour ouvrir cette putain d'armoire mais…"
"Le temps presse." finit Castiel en s'installant à son tour sur le tabouret à côté de celui de Dean.
"Il faut vite trouver quelque chose, Cas… Sinon, on va finir par crever dans ce trou minable !" il joint ses mains entre elles à la naissance de sa nuque.
Comme Cole. Comme tous les prostitués de ce bunker. Dean et Castiel allaient finir par mourir de déshonneur parce qu'ils ont essayé de se sauver de cet endroit.
"Crois-tu réellement que Bobby soit aussi fidèle à Crowley ? Peut-être serait-il ravi de détruire ces locaux." questionne l'ange en attrapant la tasse de Dean pour y tremper ses lèvres.
"Tu veux prendre le risque ?" le regard de Dean se pose sur le visage de son interlocuteur. "C'est trop dangereux, Cas !"
La tasse reprend place sur le comptoir et Dean voit l'interpellé se mordre la lèvre innocemment. "Nous n'avons plus le temps, Dean. C'est soit maintenant, soit jamais."
"D'accord, Cas, d'accord." Il se lève et attrape machinalement le journal avant de le mettre dans l'enveloppe marron préparée la veille par son amant.
Après tout, l'heure tourne et si Crowley ne s'était pas rendu compte de leur supercherie la veille, ce ne sera peut-être pas le cas aujourd'hui. C'était quitte ou double.
"Je gère avec Bobby. Va voir Sam et tiens-le au courant de la suite. Je vous rejoins quand… Ce sera fait." murmure-t-il, rivant ses yeux dans ceux de Castiel.
"Et prions pour que tout se déroule comme prévu."
H-23;
Dean attend, le cœur battant au niveau de ses tempes. Tout allait se jouer ici et maintenant. Bobby ne devait pas poser de questions. Bobby ne devait pas s'intéresser à ce qui se trouvait dans ce paquet. Bobby ne devait pas transmettre cette lettre à Crowley.
"Hé, gamin, que me vaut ta visite ?" la voix bourru de l'homme de main se propage dans l'air et Dean se tend involontairement quelques secondes avant de reprendre du poil de la bête. Il ne devait pas paraître suspicieux, surtout pas devant cet homme.
"Hey, Bobby, j'aurais un service à te demander." articule Dean le plus détendu possible en se retournant pour faire face à ce bon vieux Bobby. "Castiel aimerait envoyer une lettre... Un journal qu'il tient depuis quelques mois à sa petite sœur Anna pour qu'elle arrête de s'inquiéter pour lui. D'après Balthazar, elle ne cesse de poser des questions à droite, à gauche, à mener une enquête pour le retrouver et... Tu sais, j'suis pas sûr que Crowley soit ravi de l'apprendre alors…"
Dean lève les yeux sur Bobby et ce qu'il voit le fait légèrement frissonner. Il ne semble pas le croire ou, du moins, il semble suspicieux et Dean n'a vraiment pas besoin de lire ce genre de choses à l'heure actuelle.
"Ah ouais ? J'ai rien entendu pourtant.. Tu crois pas que le premier à être tenu informé serait Crowley justement ?" la main de Bobby frotte son menton envahi par une barbe bien touffue.
"J'en sais rien, Balthazar a peut-être pas fait remonter l'info, qu'est-ce que j'en sais ?! C'est pas moi qui baise avec." dit-il avec désinvolture alors qu'il tend l'enveloppe vers l'homme bourru.
"Puis, j'suis pas facteur moi, Idjit !" grogne Bobby en prenant tout de même le paquet dans sa main.
"S'te plaît, Bobby ! Fais pas l'ours mal léché, c'est juste une enveloppe de rien du tout, ça va te prendre une heure grand max pour la lui transmettre !"
"Mfff." est le seul son qui sort de la bouche de l'interpellé alors qu'il tourne l'enveloppe entre ses doigts. "Bon, d'accord, j'm'en occupe dans la journée mais j't'assure que c'est la dernière fois que tu m'utilises pour ce genre de conneries ! J'en ai marre d'être considéré comme le larbin, ici !"
Dean sourit, reprenant une posture beaucoup plus détendue que quelques minutes plus tôt. "Promis, Bobby." Oh ça oui, ce sera la dernière fois qu'il demandera ce genre de services.
"Putain, j'suis nourrice, homme de mains et facteurs maintenant ? Bordel que j'ai hâte de prendre ma retraite !" L'homme s'éclipse en maugréant dans sa barbe, aussi grognon que tous les autres jours de la semaine et Dean sent un poids quitter ses épaules.
A présent, il fallait tenir.
H-2;
Dieu n'existe pas. Dean aurait dû le savoir. Cela faisait des lustres que sa vie était un bordel sans nom et rien n'était allé en s'arrangeant. Castiel peut-être mais c'était tout. Il n'avait pas connu la rédemption et la paix de son être alors, franchement, pourquoi croyait-il s'en sortir maintenant ?
Parce qu'il avait rencontré Cas et que cet homme lui avait donné envie de se sauver ? De recommencer quelque chose ? De reprendre sa vie à zéro ?
Depuis quand croyait-il avoir une bonne étoile ? Depuis qu'il avait envisagé une "rupture de contrat" ? En y pensant à présent, c'était absolument débile et grotesque.
Surtout à l'heure actuelle, alors qu'il est au trou attaché à la verticale sur une croix en fer par des menottes en acier qui lui découpent les poignets et les chevilles, alors que Castiel est devant lui dans la même situation.
Il pensait avoir une chance ? Un rire cynique se transmet dans l'espace et Dean se rend compte que cela provient de sa gorge. Ouais, la situation était plutôt comique.
Il est attaché sur une croix alors qu'il avait fait appel au Seigneur peu de temps avant. Bien, ce dernier avait eu l'air de l'avoir écouté, hein ?!
"Ce n'est qu'une question de temps, Dean…"
Le susnommé bascule la tête vers l'arrière pour pouvoir poser ses pupilles dans ceux de son amant qui le regarde avec détermination.
Au moins, il y avait toujours Castiel pour être optimiste, même dans ce genre de situation. Dean se contente de rire à nouveau avant de grimacer en sentant le froid des menottes lui entailler la peau, laissant quelques gouttes de sang couler le long de son bras.
Il vit en direct ce que Cole Trenton avait subi, comme dans son rêve d'hier soir.
Le grincement d'une porte s'ouvrant emplit l'air du sous-sol nauséabond et Dean fronce les sourcils, espérant de tout cœur que le nouvel arrivant n'est pas celui qu'il pense. Parce que si Crowley vient, ça ne va pas être pour taper la discute.
La faible bougie qui éclaire l'espace est sur le point de s'éteindre alors qu'un léger courant d'air imprègne les lieux, faisant frissonner le torse de Dean dénudé.
Combien de temps lui reste-t-il pour ne pas mourir de froid ? Pour que Castiel survive ? Ce dernier commence à avoir les lèvres bleues et il devait être dans le même état.
Une grille s'ouvre à sa gauche et il dirige ses yeux vers le bruit, apercevant Crowley chaudement habillé en train de mettre des gants. Puis, toujours dans un silence oppressant, le boss amène une table roulante jusqu'au centre de la pièce où un nombre incalculable d'ustensiles se présente.
Si Dieu existe, c'est maintenant qu'il doit se montrer.
"Bien… Nous allons pouvoir commencer." le timbre sans voix de Crowley laisse Dean abasourdi.
Il n'allait avoir aucune pitié, même envers lui. Et, même s'il s'en fiche d'une guigne que Crowley le persécute lui, il ne voulait pas voir Castiel mourir devant ses yeux, surtout pas. Alors ce qu'il devait faire ? L'énerver pour que ce soit lui qui prenne, l'énerver jusqu'à ce que quelqu'un les délivre d'ici, quitte à ce qu'il meurt.
Lui ou Castiel ? La réponse est évidente.
"Et bah, j'me demandais quand est-ce que tu allais bouger ton cul pour venir nous voir, j'ai la dalle, t'imagines même pas." grelotte Dean en souriant de toutes ses dents.
"Je ne suis pas là pour te nourrir, Mowgli." ricane Crowley en soufflant sur un couteau dont la lame fait la longueur de sa paume.
"Ah ? J'm'en doutais bien mais j'me suis dit on sait jamais." il se haïssait pour avoir la voix aussi instable à cause du froid qui imprégnait son corps.
"Tu vois, j'ai été dans cette situation tellement de fois que ton sarcasme ne me touche pas." le regard de Dean se fait perçant mais non moins joueur quand il aperçoit le roi de l'enfer venir vers lui. "Je veux des réponses et même si tu te décides de ne rien me dire, je vais me faire une joie de te tuer." la lame pointe son bout sur son pectoral et Dean sourit.
"Tu peux toujours essayer de me torturer, boss, mais c'est toi qui m'a appris à survivre au coup. Ta lame ne me fait pas peur, j'ai pas peur de souffrir, le mal, ça me connaît." arrive-t-il à dire alors que sa mâchoire tressaute, gelée.
"Tu crois que je ne le sais pas ? Tu crois vraiment que j'ai oublié le nombre de fois qu'Azazel a tailladé ce corps ? Le nombre de coups que tu as pu supporter sans rechigner ?" Crowley sourit en biais et Dean plisse ses sourcils, confus. "C'est quand même moi qui a su que tu serais assez fort pour supporter toutes les machinations perverses de ce gros connard. C'est grâce à moi." un soupir dévale les lèvres de Crowley. "Tu avais tellement de qualités. Je voyais un bel avenir devant toi et puis, soyons réalistes, tu étais vraiment mon meilleur joyau ici."
"Et tu comptes me tuer alors que c'est moi qui te fournis autant de blés ?" Dean sent la lame s'enfoncer dans son ventre, là où quelques semaines auparavant, Azazel avait laissé une cicatrice.
"J'avais un poulain avant que tu arrives, qui pensait exactement comme toi. Ce n'est pas parce que tu es bon, que tu es également indispensable et irremplaçable." la lame ressort mais Dean ne grimace pas. "Quelqu'un d'autre viendra, bien meilleur que toi et qui me sera éternellement fidèle !" un grincement insupportable parvient jusqu'aux oreilles de Dean et il crispe sa mâchoire pour ne rien laisser paraître.
"Alors quoi ? Tu vas me tuer sans remords ?"
"Te tuer ? Je ne sais pas. J'attends d'abord de connaître ce que vous m'avez pris dans mon armoire." Crowley ne le lâche pas des yeux et Dean ricane, se rendant compte qu'il ne ressent absolument plus rien dans ses membres, comme si le froid anesthésiait la douleur.
"Tu peux toujours courir, trouduc, pour avoir ta réponse."
Le roi de l'enfer fait deux pas en arrière, tournoyant la lame entre ses doigts, avant qu'un rictus ne se dessine sur son visage. "Je me doutais de ta réplique." il fait de nouveau quelques pas pour rejoindre la table au centre et il dépose la lame ensanglantée dessus avant de porter son attention sur une petite scie. "Je te connais, Dean, et je sais que tu ne craqueras pas si c'est toi qui subis." Dean voit des yeux noirs se poser sur lui. "Pour quelle raison, à ton avis, ton emplumé d'ange serait également présent dans cette pièce autrement ?"
Le cerveau de Dean voit rouge et il grogne. "Tu le touches, je te tue." un rire glacial surgit des lèvres de Crowley et, cette fois, Dean sent son cœur battre beaucoup trop frénétiquement.
Il dirige son regard sur Castiel qui semble toujours autant déterminé et silencieux comme s'il attendait le bon moment pour parler. Quel bon moment ? Dean n'en a aucune idée mais il semblerait que Castiel avait tout calculé.
Comment pouvait-il être autant de marbre alors que Crowley vient de lui apprendre qu'il allait être torturé jusqu'à ce que l'un des deux craque ?
"Je crois que cette séance va me ravir." ricane le geôlier en faisant quelques pas dans la direction de Castiel.
"Il me semble qu'à moi aussi." sourit Castiel en dirigeant ses iris vers Dean.
D'accord, le froid lui est monté à la tête et, alors que la confusion se lit sur les traits de Crowley, une porte s'ouvre avec fracas. La bougie s'éteint, la pénombre s'installe. Était-ce le début de la fin ? Dieu avait-il entendu ses prières ? Peu importe, Dean est serein.
