Chapitre 21 : Le Clan à terre
- « Tu sais, papa, avec Kisuke, on fait un masque avec du papier et de la colle. Kisuke, il a coupé... »
Yachiru continue à expliquer en détails à son père tout ce qu'elle a fait depuis son départ. Le fait que le géant ait le regard qui se pose alternativement sur les autres occupants de la pièce ne la gêne pas le moins du monde. De temps en temps, il lâche un 'hum' la laissant babiller tout en continuant à épier les autres.
- « C'est intéressant Yachiru, mais faut que je discute avec les grands, alors tu files jouer. »
Une explication doublée d'un ordre direct, la petite choisit de ne pas répliquer. Elle descend des bras de son père et au moment où elle s'apprête à s'en aller, elle se retourne et dévisage le blond d'un drôle d'air.
- « Bah, tu viens Kisuke ? »
- « Yachiru, Kisuke fait partie des grand, t'as oublié ? »
Oui, la petite a oublié et elle n'a pas envie de se séparer de lui. Enfin, sauf si on l'autorise à prendre le plat de mignardises. C'est que l'arrivée de son papa l'a interrompue dans sa dégustation.
- « Je peux avoir les gâteaux ? »
- « Yachiru, je pense que tu en as mangé assez. »
Trahie par son Kisuke adoré, la petite lâche un soupir et sort de la pièce, la tête basse comme si elle portait toute la misère du monde sur ses menues épaules. Une image qui pourrait faire hurler de rire les adultes s'ils n'étaient pas tous autant sur la défensive.
- « Bon, maintenant que l'on est entre nous, tu pourrais m'expliquer Sosûke d'une, ce que tu fous chez moi sans que je t'y aie invité et en mon absence par-dessus le marché, et de deux, ce que tu veux faire avouer à Kisuke ? »
A cet instant, les trois Shiba s'accordent pour penser qu'ils aimeraient ne pas être présents. Malgré qu'ils soient chacun à leur manière dotés d'un caractère bien trempé, ils sont mal à l'aise dans ces duels silencieux, ce qui n'est pas le cas des autres. Y compris les deux gus qui se tiennent à l'entrée, dans une position de gardes. Les lieutenants de Zaraki sont physiquement aussi bizarres que leur supérieur. Le chauve a un regard méchant qui lui donne l'air d'une petite brute limite frappadingue et le dandy un regard hautain qui le rend inapproprié pour le lieu.
- « Si tu fais sortir tes lieutenants, j'accepte de te répondre », finit par lâcher Aizen.
- « Dis-donc, Sosûke, faudrait pas oublier que t'es chez moi, ici ! Si Ikkaku et Yumichika doivent sortir, Grimmjow aussi. »
- « Non. »
- « Ah ouais ? », le géant s'est avancé de quelques pas l'air menaçant, faisant se tendre Grimmjow puis par répercussion, les deux autres près de la porte.
- « Il s'agit d'un sujet qui concerne notre famille dont je te rappelle, Grimmjow fait partie. »
- « Tu pouvais pas le dire tout de suite, au lieu de minauder comme ça. »
Zaraki se tourne et renvoie d'un signe de tête les deux hommes, sans réaliser que d'un mot, il vient de détendre l'atmosphère. Des sourires fleurissent sur les lèvres de tous sauf celles de Sosûke qui affiche un air neutre, alors qu'intérieurement, il bouillonne. Le molosse s'avance près des fauteuils, et indique à Shûhei, Ichigo et Orihime de se rassoir.
- « Et je ne minaude pas ! », crache Sosûke.
La remarque à retardement passe dans l'oreille d'un sourd, qui vient de donner le contrôle à son ventre plutôt qu'à son cerveau. La grande main droite se saisit d'un éclair au café qui disparaît à l'intérieur de sa bouche. Inutile de chercher d'où provient le goût prononcé de Yachiru pour les gâteaux.
- « C'est rudement bon ! Tu sais faire ces trucs toi ? », demande-t-il en regardant Orihime.
- « Eh bien… oui, c'est assez simple en fait. Du moins lorsque l'on sait comment faire une pâte à choux, une crème pâtissière et un glaçage. »
A la fin de sa réponse, la rouquine se rend compte qu'elle vient d'énumérer pas moins de trois préparations qui ne sont pas à la portée du premier venu. Consciente de sa bévue, elle rougit.
- « Te rabaisse pas comme ça. Je suis pas très intelligent et je suis pas un manuel, enfin j'me comprends, mais même moi, je sais qu'il faut du talent pour réaliser ces trucs. »
- « Euh… merci. »
- « Et toi, t'es cuisinier, c'est ça ? »
Cette fois, c'est Ichigo qui est visé par la question.
- « J'essaie de l'être. »
- « Faudra un jour que tu nous prépares un repas. Kisuke dit que t'es très doué. »
Alors que Sosûke lève les yeux au plafond, Ichigo regarde Shûhei, puis Grimmjow sans comprendre à quoi rime tout ce cirque. Est-ce que c'est un subterfuge pour endormir leur méfiance ?
- « Bon, maintenant qu'on a brisé la glace et qu'on est entre nous, j'attends mes réponses. »
- « Vous aussi », marmonne Shûhei sans pouvoir s'en empêcher.
- « Tu dis quoi Shûhei Shiba ? C'est vrai que j't'ai pas fait la causette à toi. Tu sais faire quoi déjà ? »
Les trois frères et sœur se regardent effarés. Ces questions, cet intérêt soudain étaient finalement destinés à briser la glace. Qui a dit que Zaraki n'était qu'une grosse brute sans cervelle ? Peut-être eux en premier lieu.
- « J'ai commencé une école de gestion, mais je ne suis pas allé jusqu'au bout à cause de la naissance de Gabriel. L'arrivée de Théodore, ne m'a pas permis de reprendre mes études. Si tout marche bien avec le Quincy, je vais co-diriger le restaurant… »
- « Ah ouais, le projet de restaurant. Moi, j'suis pas contre. De toute façon, vous êtes irrécupérables pour le clan. Vous avez pris des mauvaises habitudes et ça serait trop long de vous dresser. »
- « Eh bien… merci, je suppose », admet l'aîné des Shiba, sans grande conviction cependant.
- « Donc pourquoi tu m'as interrompu déjà Shûhei Shiba ? »
Baladé, voilà comment se sent Shûhei. Ce type le balade d'une émotion à l'autre et il réalise enfin pourquoi de tous les chefs des familles du clan, Zaraki est celui en charge de la sécurité.
- « Parce que… »
- « Parce que tout comme toi, Kenpachi, je veux des réponses », le coupe Sosûke. « J'ai essayé d'en obtenir de Muguruma, ensuite de ces trois jeunes gens et en désespoir de cause, je suis venu voir si Urahara serait plus coopératif. »
Le grand escogriffe éclate de rire et Kisuke se demande s'il doit ou non se sentir vexé.
- « Kisuke plus coopératif ? T'as fumé ou quoi ? Il est malin comme un singe et t'emberlificoterait autour de son petit doigt. »
Non, le blond ne peut pas se sentir vexé vu comment Zaraki vient de louer ses qualités. Enfin, si comme lui, on considère la manipulation comme un art.
- « Oh mais je te crois sur parole. En fait, je comptais sur toi pour m'aider à lui délier la langue. »
- « J'ai pas l'intention de le torturer. Je l'ai assez fait souffrir comme ça. Et à part l'embrasser, je vois pas bien ce que j'pourrais faire avec sa langue. »
Le coup de poing dans le haut du bras asséné par le propriétaire de la langue en question n'ébranle pas le moins du monde la masse de muscles.
- « Et ben, si c'est pas pathétique ! Tonton Kenny est amoureux ! », explose de rire Grimmjow, s'attirant les foudres de Sosûke qui ne veut surtout pas d'un duel de bons mots entre son lieutenant et l'amoureux transi. Et quand il dit bons mots, il n'en pense pas moins.
- « N'est-ce pas vous monsieur Jaggerjack qui avez fait une déclaration à Ichigo pas plus tard que tout à l'heure ? »
Personne n'a vu venir ce coup bas d'Urahara. Ni un Grimmjow boudeur, ni, pire encore, un Ichigo rougissant.
- « J'ai loupé un truc, mince alors ! »
- « Pourrait-on revenir à ce qui nous amène ? Kenpachi, je ne demande pas de torturer ton Kisuke et encore moins de l'embrasser, je ne suis pas un voyeur pervers. Je te demande de lui faire entendre raison. Tout porte à croire que ces quatre personnes qui sont chères à nos cœurs, se sentent menacées… de mort. Que ferais-tu à ma place ? »
Le géant ne répond pas tout de suite. Il repose sa tasse et prend une serviette en papier pour s'essuyer la bouche. Déjà les grands discours, ce n'est pas son truc, mais si en plus, il a une cochonnerie autour de la bouche, bonjour la honte !
- « Kisuke, c'est quoi cette histoire ? »
- « Il n'y a pas d'histoire. Je ne suis aucunement en danger et puis, le cas échéant, tu me protégeras », fait joyeusement le blond.
- « Je t'ai confié mes enfants, Kisuke, j'ai l'droit de savoir. »
La pirouette Kisuke s'est fracassée contre le roc Zaraki. Le blond lâche un long soupir, après quoi il plonge son regard dans les yeux du roc.
- « Je ne suis pas menacé de mort, sauf si toi-même, tu décides que ma vie doit finir. »
- « Et tes gamins ? »
Incapable de répondre, le blond vient tout bonnement de préciser aux yeux de tous qui est véritablement en danger.
- « Donc ce sont les Shiba qui sont visés. Je suis d'accord avec Sosûke, va falloir répondre, les gamins. Jamais on ne laisse les membres du clan sous une menace quelconque. »
- « Kenpachi, je crois avoir omis de préciser que la menace viendrait précisément du clan. »
Zaraki s'est levé d'un bond, fixant les trois jeunes gens avant de revenir sur le blond duquel il s'approche. Il le prend par les épaules, sans violence aucune.
- « C'est quoi ces conneries ? »
A bout de nerfs, Shûhei imite le maître des lieux et vient contourner le canapé pour arriver à leur hauteur
- « Parce que bien sûr, personne dans le clan ne pourrait tuer un autre membre du clan ? Vous nous prenez pour des cons ? Vous êtes des yakuzas tous autant que vous êtes, ne vous faites pas passer pour des angelots ! »
- « Shûhei… », tente de raisonner Kisuke.
- « Vous voudriez nous faire croire que vous n'avez pas de sang sur les mains ? »
- « Pas plus que ton père, gamin », regimbe Zaraki.
- « MON PERE EST MORT ! Alors je t'emmerde, Zaraki ! Mon père, et ma mère, ils sont morts… »
Ichigo se précipite vers Shûhei qui vient d'éclater en sanglots. Il pose une main tremblante sur son épaule en l'appelant doucement. Le brun le regarde éberlué, puis il s'effondre au sol en s'excusant. Orihime rejoint ses deux frères. Elle s'agenouille et tient la main de Shûhei, des larmes coulant paisiblement sur ses joues, tandis qu'Ichigo berce ce frère aîné, vaincu par le stress, la tension ou la peur, voire par les trois.
Sosûke aimerait en ce moment être le torse contre lequel s'appuie Shûhei, mais il serait rejeté. Il le sait, alors il fait la seule chose qu'il puisse faire : enfoncer le clou. Il s'approche de Kisuke et lui glisse pour que lui et Zaraki puissent entendre : « Il va falloir parler. »
- « Je sais », soupire le blond. « Mais avant, il ne peut pas rester comme ça… »
Il se dirige vers ces trois gamins.
- « Shûhei, lève-toi, mon bonhomme. Il est temps de parler. Tout ça, c'est trop lourd à porter pour vous. »
- « Mais Kisuke… »
- « Non, Ichigo. Je pense qu'on peut leur faire confiance et puis, je ne suis pas sûr qu'on ait le choix. Ils seront plus à même de vous protéger et peut-être de nous aider à trouver la vérité. Tu n'as pas envie de savoir ? Moi si, ça fait trop longtemps que je vis avec ça », finit Kisuke résigné.
Les trois yakuzas n'ont pas perdu une miette de l'échange et autant dire que leur niveau d'inquiétude vient de monter d'un cran.
Malheureusement, il n'est pas dit qu'ils obtiendront des réponses aujourd'hui, puisque la porte vient brusquement de s'ouvrir pour laisser passer Ikkaku et Yumichika.
- « QUOI ? Vous savez plus frapper ? »
- « Patron, c'est important, il faut qu'on vous parle en privé. »
Le coup d'œil envoyé par le chauve vers les occupants de la pièce et notamment en direction de Kisuke augmente d'un coup la colère du géant, qui voit dans cette méfiance un désaveu sans équivoque de son choix de compagnon.
- « Si t'as quelque chose à dire, tu peux le dire devant Kisuke, prends-en l'habitude, Ikkaku ! »
Le susnommé reste coi, abasourdi par le reproche de son supérieur et comme il sait qu'il ne peut pas lâcher la bombe devant les autres, il reste la bouche ouverte, incapable de réagir. Son comparse n'a pas les mêmes scrupules. Il n'aime pas beaucoup se faire prendre de haut, surtout à cause du blond.
- « Restu s'est fait agressée en ville. »
- « QUOI ? », rugit le brun. « Elle est blessée ? Dans quel hosto, ils l'ont emmenée ? »
Le sursaut de fierté de Yumichika vient de se dégonfler comme un ballon de baudruche. Cette fois, il ne sera pas celui qui va annoncer la nouvelle et l'attente que créé son hésitation ne fait qu'augmenter l'angoisse. Sosûke et Grimmjow se sont approchés, Shûhei a oublié sa peine et Ichigo et Orihime regardent la scène avec une appréhension non feinte.
- « Comment va-t-elle ? », demande Kisuke avant de crier : « MAIS PARLEZ A LA FIN ! »
- « Elle a été abattue », répond Ikkaku en regardant ses pieds. La mort d'un membre du clan est toujours vécue comme un échec pour quelqu'un dans sa position, surtout qu'il a vu les poings de Zaraki se serrer, comme ses mâchoires. Le colosse accuse le coup dans le silence.
- « Les enfants ? Jinta et Ururu étaient avec elles, comment vont-ils ? »
- « Ils ne sont pas blessé mais choqués. Ils nous attendent au poste de police. »
- « On y va », fait Zaraki qui se met en mouvement. Il est rattrapé in extremis par Kisuke.
- « Je viens aussi, les enfants auront besoin de moi. Ururu doit être anéantie… »
- « Non, tu restes ici pour Yachiru. Je les ramène, d'accord ? »
Le blond est bien obligé d'acquiescer.
- « Nous, on vient et pas la peine de nous l'interdire. » Sosûke se tourne vers Shûhei. « J'appelle Ulquiorra pour qu'il vienne vous chercher. On se voit plus tard. »
Restés seuls dans le salon, Kisuke et les Shiba se sentent étrangement mal. Les circonstances ne prêtent pas à fêter ce tête-à-tête dont ils rêvent depuis qu'ils sont revenus au Japon. Silencieusement installés chacun dans leur coin, ils ne cherchent même pas à en profiter pour accorder leur violon.
- « Vous pensez que c'est un meurtre ? », demande Ichigo.
- « Ils ont parlé d'une agression. Peut-être un vol à la tire qui aura mal tournée ? »
- « Hime, il a dit qu'elle avait été abattue, ça sous-entend une arme à feu et les vols à la tire sont faits par des jeunes non armés », explique Shûhei.
- « Le résultat est le même : Restu est morte. »
Des pleurs se font entendre depuis la porte d'entrée où une petite fille, alertée par le départ bruyant des autres, est venue jouer les espionnes.
- « Yachiru ! »
Kisuke bondit sur ses pieds et court vers elle. Elle a ses deux petits poings serrés sur ses yeux. Il la prend dans ses bras pour la réconforter, mais que peut-il faire lorsqu'il entend entre deux sanglots.
- « Je veux pas... la maman de Ururu peut pas être morte comme ma maman à moi… »
La séance de travail est studieuse et Jûshiro peut se féliciter d'avoir réussi à garder son chef concentré sur sa tâche. Des décisions devaient être prises concernant l'entrepôt vide depuis trois mois, après que le dernier locataire, une entreprise d'import-export de T-shirts confectionnés en chine, ait déménagé par manque de place.
- « Donc, nous choisissons celui-là ? »
Après un temps de réflexion, le brun fait oui de la tête, avant de redemander : « Ils font quoi exactement avec ses pièces ? »
- « Ils les montent sur des tondeuses pour différentes marques distributeurs. Ils n'ont plus de place dans leur usine et aucune possibilité de s'agrandir. Ils ont besoin de stockage pour les produits finis. Du moins pour le moment, parce qu'à terme, ils envisagent la possibilité d'expédier depuis notre site. »
- « Jusqu'à ce qu'ils déménagent eux aussi. »
- « Je ne crois pas. A la base, c'est une entreprise familiale qui a été créée dans les années cinquante et ils ont toujours été là. C'est leur siège historique et ils emploient une main d'œuvre qualifiée qui vient du coin. »
La sonnerie du téléphone vient interrompre leur entretien. Jûshiro continue de poser les feuillets du contrat devant Shunsui qui les paraphe tout en écoutant la conversation. Lorsque Jûshiro retire le précédent feuillet pour mettre le suivant, il constate qu'il est vierge des initiales de Shunsui. Il se relève pour le réprimander gentiment, et découvre son ami le visage blanc et les yeux perdus.
- « Merci d'avoir appelée. Nous arrivons. »
Comme un automate, il repose le combiné.
- « Shunsui ? »
- « C'était Aaroniero, Restu est morte. Elle a été tuée lors d'une agression en ville où elle était avec Ururu et Jinta. »
Jûshiro a reçu un coup au cœur d'apprendre le décès de sa, non de leur meilleure amie. Il se ressaisit bien vite, songeant aux enfants et s'attendant au pire.
- « Les enfants n'ont rien ? »
- « Non, ils sont… choqués. Zaraki vient d'arriver pour les prendre. »
Shunsui vient de se lever et Jûshiro l'imite. Il se dirige vers la porte du bureau et appelle Lisa et Nanao qui arrivent presque aussitôt.
- « Tu voulais nous voir, Shunsui ? » lui demande sa lieutenante.
- « Prépare la voiture. Jûshiro et moi… »
- « Minute, minute, minute. Où comptes-tu aller mon lapin si tard dans la journée ? », surgit de nulle part Matsumoto. A croire qu'elle surveille les ouvertures de la porte de son bureau.
Le visage fermé de son époux la fige sur place.
- « Restu vient d'être tuée, je vais au commissariat voir Aaroniero. »
Shunsui donne un baiser sur la tempe de la rousse dont les yeux sont déjà embués de larmes. Elle ne dit rien. De toute façon, que pourrait-elle dire, elle qui n'a jamais gardé une amitié aussi longtemps que celle qui lie cette femme à Shunsui et à Jûshiro.
Nanao est déjà partie avancer la voiture et Lisa se tient droite à côté de son patron, même si quelque chose en elle montre qu'elle est remuée. Jûshiro passe à côté de Matsumoto et bien que sa peine soit immense, il lui presse gentiment l'épaule, lui donnant du courage parce qu'elle va rester seule à les attendre.
En attendant le bruit des roues sur le gravier de la cour, Kisuke bondit de son fauteuil. Il est vingt heures passées et ça fait déjà plus d'une heure qu'Ichigo, Orihime et Shûhei sont rentrés et une bonne demi-heure qu'il a réussi à endormir Yachiru, et ça n'était pas une sinécure. Inconsolable malgré la présence de sa nouvelle idole, la petite est tombée de sommeil.
Depuis, Kisuke se ronge les ongles en pensant à l'expérience traumatisante qu'ont vécue Jinta et surtout Ururu. Bon sang, il n'aurait jamais voulu revivre ça et le voilà à nouveau plongé dans une tragédie impliquant de jeunes enfants. Bien sûr, il songe aussi à Restu. Cette femme est… non était ce soutien sans lequel il n'aurait probablement pas survécu.
La porte s'ouvre. Plusieurs personnes entrent et Kisuke porte son regard sur la plus grande. Kenpachi a le visage fermé et Ururu dans ses bras, comme une poupée de chiffon. La gamine est endormie et d'un signe de tête, le géant invite le blond à lui ouvrir la voie jusqu'à sa chambre. Inquiet pour Jinta qui semble sonné, Kisuke hésite un instant, puis s'exécute lorsqu'Aizen lui dit que lui et Grimmjow vont s'occuper du gosse.
Ururu est maintenant couchée. Elle ne s'est pas réveillée lorsque les deux hommes l'ont précautionneusement mise dans son lit. Zaraki écarte une mèche de cheveux noirs, les mêmes que les siens et le geste est suffisamment tendre pour prouver qu'il est chamboulé. Il sort de la pièce et Kisuke dépose un baiser sur le front de la petite fille, avant de rejoindre son compagnon qui n'est pas allé bien loin.
Accoté au mur du couloir, il a la tête baissée.
- « Viens, il reste Jinta. »
A l'évocation de son fils, le chef de clan se redresse et commence à marcher vers l'escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée où l'attend effectivement son fils. Lui aussi aura besoin de sa présence, lui aussi a été témoin de cette horreur. Pour se donner du courage, il tend la main derrière lui sans se retourner. Kisuke la prend et de concert, ils descendent les marches.
Lorsqu'ils entrent dans le salon, Jinta est enfoncé dans le fauteuil, en train de se triturer nerveusement les mains au-dessus de ses genoux, la tête baissée. Grimmjow et Sosûke sont debout près du manteau de la cheminée. Ils discutent à voix basse, sans se préoccuper un instant du gosse.
Kisuke lâche la main de Kenpachi pour aller s'assoir près du petit roux. Il lui caresse les cheveux doucement, s'attendant à ce que son geste soit rejeté et ce n'est pas le cas. Preuve que l'adolescent n'est pas dans des dispositions normales. Les larmes ne coulent pas encore à flot, mais ses reniflements incessants en montrent le chemin. Il appuie sa tête contre Kisuke, cachant sa tête dans le creux de l'épaule du blond et permettant à ce dernier de l'enlacer plus librement.
- « Des gars bardés de cuir noir sur une moto, ça ressemble pas vraiment à un vol à la tire ! », s'exclame Grimmjow.
- « J'suis d'accord avec toi, Grimmjow. D'après les flics, ça s'est passé tellement vite que les témoignages des passants sont assez vagues, mais les deux gars en moto reviennent dans la plupart. »
- « Les vols à la tire, c'est un truc pour les loubards sur des scooters et en général, ils sont pas armés. C'est ce qui se dit chez les flics. »
- « Peut-être que Restu s'est débattue ? », propose Sosûke.
- « NON ! », se met à hurler Jinta en se levant.
Les trois hommes se retournent vers lui, le dévisageant d'un air dur, les sourcils froncés, ce que le gamin interprète aussitôt comme un reproche. Kisuke fait alors un geste à Zaraki pour ne pas qu'il l'ouvre. Il pose sa main sur son épaule pour calmer le jeune garçon qui tremble de la tête au pied, puis il vient se placer entre lui et les trois regards acérés.
- « Qu'as-tu vu Jinta ? », demande-t-il doucement. Le roux baisse la tête, hésitant à se confier. « Tu peux parler, prends ton temps. »
- « C'était pas un vol… enfin si, ils… je veux dire, les deux motards tout en noir… ils lui ont bien volé son sac à Retsu, mais elle s'est pas débattue, c'est vrai Kisuke, j'le jure », se met à paniquer Jinta.
Kisuke prend son visage en coupe. « Calme-toi. Je te crois, Jinta. »
- « Elle s'est tournée vers nous et c'était… c'était… elle nous a crié de ne pas bouger... Ururu a voulu courir vers elle, mais elle a dit de pas bouger, alors j'ai retenu Ururu… et elle... elle leur tournait le dos et ses yeux… elle a regardé Ururu avec… comme si elle lui disait au revoir… »
Maintenant, le garçon sanglote vraiment et Kisuke aimerait lui dire de se taire et d'oublier, mais il sait que les autres veulent entendre son témoignage jusqu'au bout.
- « C'est comme si elle savait… »
Zaraki se décide à entrer dans le champ de vision de son fils en le contournant pour venir se placer à côté du blond.
- « Elle savait quoi, Jinta ? »
- « Elle savait qu'elle allait mourir… je te jure papa, elle savait qu'elle allait mourir… ça s'est passé très vite, mais j'ai bien vu… elle a pas cherché à s'enfuir ou à se rapprocher de nous... elle a dit de pas bouger... et moi j'ai rien pu faire… »
- « Jinta, tu as sauvé ta petite sœur et Restu voulait que vous soyez tous les deux sains et saufs. »
L'explication du blond résonne dans l'esprit de Jinta, sans parvenir à le convaincre et l'absoudre de sa culpabilité.
- « Kisuke a raison. T'as fait ce qu'il fallait », insiste alors Kenpachi.
Il embrasse son fils et le serre brièvement dans ses bras. Brièvement parce que Kisuke se rappelle à eux.
- « Tu veux manger quelque chose, Jinta ? »
- « Je pourrais rien avaler et puis, ce midi on a bien mangé… », il s'arrête parce que les larmes reviennent avec le souvenir d'une Retsu vivante et enjouée. « Je voudrais aller me coucher. »
- « Bien sûr, je t'accompagne. »
- « Bonsoir oncle Sosûke, bonsoir Grimmjow. »
- « Salut gamin. »
Les deux partis, la conversation entre les trois membres peut reprendre, cette fois avec la preuve que le vol à la tire n'est pas la raison à l'origine du décès de l'une des leurs. Les doutes qu'ils avaient tous plus ou moins sont maintenant confirmés. Compte tenu de son expérience, Restu ne serait jamais restée les bras ballants au milieu de la rue, surtout pour tourner le dos à ses agresseurs. La physionomie de ces derniers ainsi que la manière de procéder écartent bien l'hypothèse d'un vol qui a mal tourné.
- « Quelqu'un l'a visé elle directement, c'est certain », fait remarquer Sosûke. « Avait-elle des ennemis ? »
- « Restu, des ennemis ? C'est une blague ? »
- « Pas la peine de monter sur tes grands chevaux, Kenpachi. »
- « Sosûke, il y avait pas plus gentil et prévenant qu'elle. Et c'est toi qu'on dit le plus subtil de nous deux ? », se moque Grimmjow.
- « Bon, d'accord, pas d'ennemi. Vous comprenez ce que cela implique ?
- « Ouais. C'est le clan qui est visé. Il va falloir enquêter. Qui on a chez les flics ? »
- « J'ai discuté avec un ami à moi, inspecteur. Il n'est pas sur l'affaire, mais il nous a briefés. Shunsui a un ami commissaire. D'ailleurs, il était très ami avec Restu, n'est-ce pas ? »
- « Ouais, c'est vrai qu'il était là-bas. Il m'a présenté ses condoléances. Il était avec Jûshiro Ukitake. »
Début du flashback
L'inspecteur est en train d'expliquer les faits à un Zaraki qui serre sa fille très fort entre ses bras. Jinta est assis à ses côtés, presque collé à lui. C'est à peine si le père écoute les arguments tellement l'homme lui semble manquer de tact pour le faire devant deux de ses témoins. Des témoins aussi jeunes.
- « Monsieur l'inspecteur de police, croyez-vous qu'il soit intelligent de ressasser ce genre de choses devant des personnes aussi jeunes et innocentes ? »
Interloqué par la remarque déplacée, l'inspecteur se met debout, prêt à en découdre avec l'homme qui ose l'interrompre. Lorsqu'il est face à lui, il hésite une demi-seconde face à l'aura imposante et menaçante. La certitude d'être dans son bon droit le néanmoins pousse à remettre l'importun à sa place.
- « Et vous êtes ? »
- « L'un des deux meilleurs amis de Restu Unohana. Voici le deuxième, Jûshiro Ukitake », un autre homme un peu plus petit et très élégant le fixe avec du reproche dans les yeux. « Kenpachi, je te présente toutes mes condoléances. On peut faire quelque chose ? »
- « Dites-donc, vous vous croyez où, là ? Et vous vous connaissez ? », demande le policier en les montrant eux et Zaraki.
- « Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans ce que mon ami vient de vous dire ? »
- « Ici, c'est moi qui pose les question ! »
Le policier croise ses bras sur sa poitrine, mais les décroise dès qu'il voit la silhouette haute et maigre d'Aaroniero, le commissaire aux affaires criminelles, faire son arrivée.
- « Mon ami Shunsui Kyôraku, du clan Kyôraku et son bras droit Jûshiro Ukitake, ne font que témoigner son soutien à monsieur Kenpachi Zaraki, du clan Yamamoto, l'ancien mari de madame Unohana. Je suppose que je n'ai pas à vous présenter les enfants ? »
- « Euh… non, bien sûr… je… », bredouille le policier. L'énumération des noms le fait suer à grosses gouttes. « Je vais vous libérer, monsieur Zaraki. Je… je vous recontacterai plus tard. »
- « Une bonne initiative », rajoute Aaroniero pour enfoncer le clou.
Si demain, l'inspecteur n'est pas muté dans une petite ville au fin fond de la cambrousse, cela tiendra du miracle. Les deux membres de la police s'éloignent d'eux, laissant Zaraki se demander comment il a fait pour ne pas tabasser ce flic. Probablement le choc ou alors la petite fille qui se cache dans son giron.
- « Kenpachi, on va prendre le relais ici. Toi, ramène tes enfants. Il m'a semblé voir Sosûke et Grimmjow ? »
- « Ouais, ils étaient à la maison quand on a appris. Ils sont en train de fureter. »
- « Bien, on va essayer d'en savoir plus. Je te rappelle demain. »
- « D'accord », répond Zaraki en se levant et en raffermissant la prise sur le corps de la gamine. « Viens, Jinta, on rentre. »
Fin du flashback
- « C'est donc notre meilleure option. Je peux faire demander une réunion extraordinaire du clan, si tu veux ? », propose Sosûke. « Je pense que tu seras suffisamment occupé les prochains jours. »
- « Avant l'enterrement de préférence. Hors de question de les laisser filer. »
Une fois rentrés au manoir, les deux hommes se séparent dans le hall. L'heure n'est pas à palabrer, et puis le cœur n'y est plus. Après une bonne nuit de sommeil, leurs esprits seront plus clairs pour analyser cette attaque. Il est certain qu'une réunion au sommet des chefs de clan devra être organisée.
Sosûke se dirige lentement vers son bureau où il a l'intention de réfléchir. De toute façon, il serait incapable de trouver le sommeil et il a besoin d'un bon verre.
Grimmjow a déjà gravi l'escalier et il entre présentement dans sa chambre où il se dévêt comme un automate, refusant de penser aux évènements tragiques. Voir Jinta dans l'état où il l'a vu… non, ne pas y penser. Surtout ne pas y penser. Il se glisse sous les draps et éteint la lumière.
Cinq minutes plus tard, il entend sa porte s'ouvrir et se tend sous sa couette. Des pas feutrés courent sur le parquet et il s'attend à voir sa fille monter sur le lit. Ça fait longtemps que ça n'est pas arrivé et ce soir, il sait qu'il n'aura pas le cœur de la renvoyer. Pourtant, le poids qui pèse sur son matelas n'a rien de commun avec le poids plume de Nel. D'un bond, il se retourne et allume la lampe de chevet, pour découvrir un Ichigo à l'air penaud.
- « Ichi ? Tu fous quoi là ? », l'air embêté du rouquin lui fait rapidement rattraper ses mots, « pas que je m'en plaigne. »
- « J'étais inquiet », avoue Ichigo en rougissant. « Je peux rester dormir avec toi ? »
- « Pourquoi t'as peur dans le noir ? », raille le bleuté, avant de se rallonger en soupirant : « Bien sûr que tu peux rester »
Le silence s'instaure entre eux, après qu'Ichigo se soit allongé. Ce silence mêlé à l'inquiétude qui lui vrille le ventre depuis l'annonce de la mort de Restu, pousse le rouquin à le briser.
- « Est-ce que… est-ce que les enfants vont bien ? »
- « A ton avis ? »
Le ton est méchant et Grimmjow regrette immédiatement ses paroles. Décidément, il n'est pas doué ce soir. Il a son roux dans son lit et il passe son temps à l'envoyer valser. Il passe sa main sur son visage, puis se tourne vers Ichigo.
- « Ecoute, Ichi, je suis crevé et j'ai pas trop envie de parler de ça. Les gosses n'ont pas été blessés et je comprends ton inquiétude, mais maintenant on dort, d'accord ? »
- « D'accord », répond le plus jeune avec un sourire et en amorçant un mouvement pour s'extraire du lit. « Je vais retourner dans mon lit. C'est con, mais j'avais pas pensé que tu pourrais être fatigué… »
D'un geste rapide, Grimmjow l'attire à lui. « Non, reste. »
Ichigo s'allonge contre lui et pose sa tête au creux des épaules musclées. La lumière s'éteint et les battements proches du cœur de Grimmjow ne tardent pas à agir comme une berceuse, le plongeant dans le sommeil.
Dans le bureau en bas, un Sosûke à l'air dépenaillé offre un spectacle pour le moins surprenant. La cravate desserrée, il a le corps avachi dans son fauteuil et un verre à la main, vraisemblablement pas le premier. L'image qu'il renvoie est à l'exact opposé de sa tenue habituelle.
C'est ainsi que le trouve Shûhei. Comme son frère, il s'est avéré incapable de s'endormir. Sa crise chez Zaraki puis la mort de cette femme dont la gentillesse a calmé le tumulte de leur esprit ce fameux jour où leur destin a été scellé, auraient dû le pousser facilement vers un sommeil réparateur. Il n'en est rien. Au contraire, ça a réveillé en lui son angoisse, et cette menace de mort de nouveau présente dans leur vie.
Il frappe à peine à la porte. De toute façon, son compagnon semble tellement perdu dans ses pensées qu'il ne l'a pas entendu arriver. Shûhei est certes pied nus, mais quand même !
Lorsque le jeune homme n'est plus qu'à quelques centimètres du brun, il se racle la gorge pour faire connaître sa présence. Sosûke relève lentement la tête, probablement ralenti par la quantité d'alcool qu'il a d'ores et déjà ingurgitée. Les yeux d'ordinaire si chaleureux sont emplis d'une tristesse qui touche Shûhei au cœur et le rend incapable de jouer au curieux comme il le voulait initialement.
- « Tu ne viens pas te coucher, Sosûke ? », demande-t-il à la place.
Le brun lui sourit, d'un sourire doux et pas charmeur. Ses yeux semblent s'illuminer d'un coup, comme si la vision de Shûhei pouvait éradiquer toute la tristesse qu'ils contenaient deux secondes plus tôt.
- « Je suis content de t'avoir dans ma vie, Shûhei », lui répond-il d'une voix que l'autre ne lui a jamais entendue.
Désormais inquiet, le ténébreux s'agenouille à côté du fauteuil.
- « Tu as peut-être assez bu, tu ne crois pas ? », tente Shûhei en tendant sa main vers le verre qu'il parvient à enlever des mains de Sosûke. « Viens te coucher, il est tard. »
- « Elle n'aurait pas dû… », lâche l'autre en focalisant à nouveau son regard vers un point perdu devant lui.
Shûhei se tend, ne comprenant pas bien où cet homme veut en venir. Il a conscience qu'il est peut-être sur le point d'obtenir des informations qu'il n'est pas sûr de vouloir entendre. Sosûke n'est pas dans son état normal. Il est saoul et semble mélancolique. La curiosité prend pourtant le pas sur le reste.
- « Qui n'aurait pas dû ? Restu ? »
- « Non, la petite. »
- « Ururu ? Qu'est-ce qu'elle n'aurait pas dû ? »
Sosûke se tourne vers Shûhei.
- « Elle n'aurait pas dû voir sa mère mourir sous ses yeux. Aucun enfant ne devrait voir l'un de ses parents mourir devant ses yeux. Parce que tu sais, Shûhei, ça fait trop mal… »
Le maître des lieux ne se rend pas compte que son aveu ravive un souvenir extrêmement douloureux pour Shûhei et ce dernier comprend que lui et les jumeaux, ainsi que la petite Ururu, ne sont pas les seuls à avoir vécu cette souffrance. Le souvenir de sa mère s'éteignant presque dans ses bras, lui ramène une boule au fond de la gorge.
- « Tu en parles comme si tu l'avais vécu toi-même… »
- « C'est le cas. Je n'étais pas aussi jeune qu'elle, mais la souffrance reste la même. Une seconde tu regardes ton père avec admiration et la seconde d'après, il te regarde les yeux vides, la main serrée sur sa gorge où le sang s'écoule sans s'arrêter. Tout ce sang… »
Shûhei déglutit péniblement. 'Non, c'est impossible. Il n'a pas pu voir son père se faire égorger devant lui !'
Il se relève et passe son bras sous celui de Sosûke pour faire levier. Il en a suffisamment appris ce soir et n'en peut plus. Sans compter qu'il se sent coupable d'extorquer ces informations personnelles de cette façon.
- « Allons-nous coucher. »
Le brun se met en mouvement comme un automate un peu chancelant. De temps en temps, il s'appuie sur Shûhei et peu à peu les deux hommes parviennent dans la chambre.
Un homme aux cheveux grisonnants entre à pas feutrés dans une pièce. Il est tard et l'espace est simplement éclairé d'une lampe posée sur un bureau.
- « C'est fait ? », demande une voix rocailleuse.
L'homme s'incline et prononce des paroles pleines de respect.
- « Oui, maître Yamamoto. Voici le carnet. »
Il tend un objet au-dessus du bureau et une main ridée s'en saisit, avant de le presser sur sa poitrine.
- « La femme ? », s'enquière le vieux.
- « Restu Unohana se sera plus un problème, maître Yamamoto. »
- « Mon petit-fils ? »
- « Sain et sauf, maître Yamamoto. »
- « Bien. Tu peux disposer, Chojirô. C'est du bon travail. »
Anemone33 : effectivement, j'ai par doigts interposés sur mon clavier tué un être humain et qui plus est, une femme admirable. Un point positif, c'est que cela va déclencher une réaction en chaîne très intéressante.
JadeK136 : j'imagine aisément que tu aies pu être choquée, vu que moi j'en ai pleuré d'écrire ça, faut le faire quand même ! Mais le crime ne restera pas impuni, le pépé comme tu l'appelles, va se foutre à dos une quantité de gens, il n'a même pas idée. Quant à Sosûke, j'espère que tu auras apprécié la dernière scène du chapitre ci-dessus. Une légère faille dans l'armure te le rendra moins dans le contrôle.
