Chapitre 21 :

Il y a le peureux qui regarde sous son lit, et le peureux qui n'ose même pas regarder sous son lit. –Jules Renard

« Dès que le président a été mis au courant, il a ordonné aux Services Secrets de faire des recherches sur ce fameux Adam. Malheureusement, ils n'ont pu trouver que très peu d'éléments, mais assez pour être capables de tout remettre en ordre et de comprendre.

-Et donc ? s'impatienta Danny

-Une dizaine d'années avant que Weavers ne commence son entreprise, il a eu une femme, Nassia. Ensemble, ils ont eu un enfant, un garçon.

-Adam, devina Lydia

Emilie hocha la tête avant de continuer.

-Jonathan et Nassia étaient heureux avec leur fils, mais un jour, leur bonheur s'écroula. Nassia avait remarqué que son fils avait un comportement étrange, surtout pour quelqu'un qui n'avait que quatre ans. Elle en a donc parlé à Jonathan, et ils sont partis voir un spécialiste. Ils ont découvert qu'Adam avait un problème : une partie de son cerveau présentait un dysfonctionnement grave. Par conséquent, le cerveau de leur enfant ne fonctionnait qu'à 12% alors qu'un cerveau normal chez l'être humain utilise 89% de son potentiel. Bref, son cerveau était en sous-régime.

- Quelle partie de son cerveau souffrait le plus de ce dysfonctionnement ? demanda Ethan.

- La partie qui constitue le siège des émotions. Il n'arrivait pas à ressentir autant d'émotions que nous. Et le peu qu'il ressentait se résumait à de la haine et du mépris , et ce, envers tout le monde. »

OOO

Stiles était définitivement perdu. Pourquoi était-il prêt ? Il ne comprenait pas.

« Tu as réussi, Stiles. Tu as passé le test. »

La voix de l'Homme sembla résonner dans la pièce, le son frappant ses oreilles comme un écho.

« Réussi quoi ? Quel test ?

-Celui de passage. Tu as acquis toute les compétences que j'attendais de toi. Tu as su faire preuve de courage en te battant pour que mes hommes n'emmènent pas Noah. Tu as su écouter les instructions que Ben et Jared te donnaient pour combattre alors que tu savais déjà tout ce qu'ils tentaient de t'apprendre, tu as été patient envers eux et tu n'as pas montré ta force. Tu as su être curieux, tu as essayé de comprendre pourquoi tu étais là et qui j'étais. Et tu as su tuer un innocent pour en sauver un autre. Stiles, Jade serait tellement fière de toi.

-Ne prononcez pas son nom ! »

Les yeux de Stiles étincelèrent de rage.

« N'osez pas prononcer son nom en face de moi, ou de son frère. Vous en avez perdu le droit dès que vous avez ordonné à vos hommes de ne pas la protéger.

-Oh, non Stiles. J'ai ordonné à mes hommes de ne pas la tuer. Ce qui s'est passé dans l'entrepôt n'était qu'un accident. Adrian n'aurait pas dû tirer sur Jade, ce n'était qu'une erreur. Il a d'ailleurs été banni pour ça.

-Alors vous l'auriez relâchée ?

-Non, elle était supposée venir ici avec toi et l'un de vous était supposé me succéder. Malheureusement, Jade a été tuée, et tu étais la seule personne qu'il restait pour accomplir cette tâche.

-L'un de nous était supposé vous… » Une boule se forma dans la gorge de Stiles, l'empêchant de continuer.

« Me succéder. Si Jade et toi aviez été tous les deux ici, vous vous seriez entraînés ensemble, et à un moment donné, vous auriez dû vous battre pour vous départager et devenir celui qui aurait dirigé à mes côtés.

-Se battre ?

-Un combat à mort, Stiles. Seulement le plus fort de vous deux pouvait vivre pour régner à mes côtés.

-Espèce de monstre ! »

L'Homme lui sourit narquoisement.

« Je préfère répondre au nom de Weavers. »

OOO

« Nassia essayait du mieux qu'elle pouvait d'élever son fils, malgré ses accès de colère et son comportement étrange. Ils vécurent ou plutôt subirent cette situation pendant trois ans, avant que tout ne dérape. A cette époque- là, Jonathan travaillait beaucoup pour subvenir aux besoins du ménage, étant donné que Nassia devait s'occuper d'Adam. Mais un soir, au bout de trois années de cette vie difficile, quand Jonathan rentra, il entendit pour la première fois le rire de son fils. Au début, il pensait que sa femme avait peut-être finalement réussi à guérir son fils, mais quand il rentra dans la cuisine, il découvrit Nassia, gisant au sol, baignant dans son propre sang. Son fils était assis à côté d'elle, un couteau dans la main et du sang recouvrant ses paumes. Quand Adam vit son père, il arrêta de rire, se dirigea vers lui, et lui fit un câlin. Il ne prononça qu'une seule phrase :

« Bienvenue à la maison, papa. »

OOO

Stiles ignora complètement la phrase de l'Homme et reprit.

« Je ne travaillerai jamais pour vous.

-Mais tu n'as pas le choix, Stiles. Tout le monde a vu ton exploit et entendu mes mots. Maintenant, ils n'ont pas d'autre choix que de m'obéir.

-Quoi ? Mais de quoi vous par… ? » La voix de Stiles s'étrangla dans sa gorge.

Une personne derrière la vitre avait dû appuyer sur un bouton qui avait dissipé les effets de la vitre teintée. Ce fut ainsi que Stiles vit la pièce à laquelle la seconde porte extérieure menait. Devant lui, s'étendait un immense amphithéâtre plongé dans le noir, cependant , malgré l'obscurité, Stiles parvint quand même à distinguer ce qui se trouvait derrière cette vitre. Sur chaque siège de chaque rangée, une personne était assise. Stiles suffoqua. L'amphithéâtre était rempli de toutes les personnes qui étaient une demi-heure auparavant au self avec lui. Chacun de leur regard était posé sur lui. Certains étaient neutres, d'autre choqués, ou encore remplis de larmes. Les yeux de Stiles passèrent de visage en visage, essayant d'identifier chaque personne dans la pièce, et surtout de…

« Jared… » Un murmure s'échappa de ses lèvres.

Le jeune homme le regardait, ses yeux noirs écarquillés d'horreur. Quand il vit que Stiles le regardait, son regard redevint impassible, et au grand étonnement de Stilinski, il lui sourit.

Stiles, écœuré par ce qu'il venait de faire, détourna rapidement son regard pour le diriger une nouvelle fois vers l'Homme.

« Durant quelques nuits, tu dormiras avec les autres, mais bientôt, tu iras dans l'Aile A, ton nouveau quartier. »

C'était donc pour ça que l'Aile A était en travaux, pensa t-il.

« Avant de partir dormir, Stiles, fais- moi plaisir, et regarde ce que tu as fait à cet homme.

-Non.

-Fais-le, ou j'explose moi-même la cervelle de ton nouvel ami.

-Vous n'allez pas tuer Noah. Vous avez besoin de lui. Si vous le tuez, vous n'aurez plus aucun moyen de pression contre moi. Et la seule raison pour laquelle vous l'avez emmené ici, ce n'est pas pour me faire marcher, mais seulement parce qu'il est le frère de Jade, et que vous espérez qu'il deviendra aussi performant quelle. »

L'Homme perdit automatiquement son sourire et une lueur de défi brilla dans son regard. Lentement, il s'approcha du garçon, et se pencha vers son oreille.

« Oh ! Mais je ne parlais pas de Noah, Stiles. Maintenant, regarde. »

Un silence lui répondit.

« Regarde ! »

L'Homme hurla, la colère clairement perceptible dans ses yeux. Pris d'un accès de rage, il saisit brutalement la tête de Stiles entre ses mains et la tourna sans ménagement vers le milieu de la pièce. L'adolescent n'eut pas le temps de fermer les yeux, que son regard été déjà posé sur l'homme au milieu de la pièce, ou du moins, ce qui en restait.

Stiles eut à peine le temps de prendre une respiration, qu'il sentit quelque chose de chaud remonter dans sa gorge. Sous le regard victorieux de l'Homme, de la bile jaillit de sa bouche, son estomac n'ayant aucune nourriture à rejeter.

La bile lui brûlait la gorge et son haut le cœur lui tirait l'estomac. Quelques larmes perlèrent au coin de ses yeux, certaines coulèrent misérablement le long de ses joues. Sa crise passée, il releva lentement sa tête vers Adam, s'approcha de lui à grands pas, et lui cracha dessus.

« Je suis plus fort que vous ne le pensez, Randy. Vous allez perdre. »

Deux personnes lui prirent chacun un bras et le traînèrent hors de la pièce. Il n'opposa aucune résistance. De toute façon, maintenant, à quoi bon ?

Quelques minutes après, les deux hommes s'arrêtèrent devant une pièce sans porte. Sur chaque côté de la pièce se trouvaient quatre lits superposés. A côté des lits se dressaient des placards directement insérés dans le mur.

La pièce était assez grande, de façon à ce que ses occupants ne puissent se marcher les uns sur les autres. Les murs et le plafond étaient faits de métal, de même que le sol. Les lits étaient en fer, et les couvertures des matelas étaient grises, ce qui renforçait l'aspect terriblement austère de la pièce. De nombreuses lumières étaient implantées un peu partout, sans doute pour rendre le tout moins sombre. Des néons blancs étaient accrochés au plafond et des spots ronds avaient été fixés dans le sol, à chaque extrémité des lits.

Les deux hommes poussèrent Stiles à l'intérieur de la chambre, et l'un d'eux prit la parole.

« Tu dormiras à droite, troisième lit, matelas du bas. La salle de bain se trouve au fond du couloir à droite. Dans ton placard, tu trouveras tout ce qui te sera utile. Vêtements, brosse à dent, et ta carte d'accès. Surtout, ne la perds pas, ça serait trop bête que tu sois considéré comme un intrus et qu'on soit obligé de t'éliminer. »

Et sur ces mots, ils tournèrent les talons et partirent de la chambre, le laissant seul dans le grand dortoir. Il se dirigea lentement vers le matelas que l'homme lui avait attribué, et le fixa du regard. Le lit était fait au carré, aucun drap n'était froissé, d'ailleurs, tout les autres lits étaient identiques. Il s'avança ensuite vers son placard. La porte, en métal elle aussi, n'émit pas un son quand il l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait une dizaine de cintres avec à chaque fois une tenue différente. Une de sport, une pour dormir, des vêtements de tous les jours, une de protection et un uniforme noir. Le même uniforme que les pions de l'Homme portaient. A part cet uniforme noir, tout ses autres vêtements étaient gris, même sa serviette de bain ! Au- dessus des cintres se trouvait une petite étagère sur laquelle était disposé tout le nécessaire pour pouvoir se laver, et quelques ustensiles indispensables pour faire sa toilette. En bas du placard se trouvaient plusieurs paires de chaussures destinées à différentes utilisations, chacune étant précisée devant la paire. Sur la porte intérieure, un petit miroir était attaché. Il n'osa pas regarder son reflet et ferma la porte violemment. Sur la porte du placard, accrochée à la poignée, se trouvait sa carte magnétique, comme promis.

Il souffla, et s'assit sur son lit, laissant ses pensées divaguer. En tout cas, il était au moins sûr d'une chose. Il était royalement foutu.

OOO

« Weavers n'avait plus d'autre choix. Il a emmené son fils dans un hôpital spécialisé. Il l'a laissé là-bas, et il n'est jamais allé le voir. Il avait trop peur de son fils, à chaque fois qu'il le voyait, il revoyait le visage de sa femme morte, livide, les yeux écarquillés d'horreur, baignant dans une mare de sang. Il se sentait tellement coupable pour son fils et sa femme qu'il a décidé de faire quelque chose de bien pour une fois. Il a donc quitté son travail, et a créé le HOPH.

-On connaît la suite … murmura Danny

-Et Adam ? Comment a-t-il fait pour enlever son père et pour récupérer son organisation ? demanda Lydia

-Adam s'est échappé de l'hôpital quand il avait 17 ans. Etant donné que son père ne donnait plus signe de vie et qu'il ne venait plus le voir, il était considéré comme orphelin par l'administration de l'établissement. Il n'y avait donc aucune famille à prévenir quand Adam s'est échappé.

-Comment a-t-il pu s'échapper ? questionna Isaac

-Les fous sont paradoxalement des êtres très intelligents. Mais à l'heure d'aujourd'hui, nous n' avons encore aucune idée de la manière dont il a pu procéder, lui répondit Emilie

-Il a survécu tout ce temps seul, dans la nature ? »

Emilie hocha la tête.

« Petit à petit, il a commencé à retourner la tête des plus faibles. Il les convainquait qu'il était le leader parfait. Jeune, en pleine santé, avec des idées révolutionnaires. En moins d'un an, il avait plus d'une centaine de personnes sous son contrôle qui le renseignaient et lui donnaient un nombre impressionnant d'informations top secret. Une année plus tard, il détruisait le HOPH et enlevait son père.

-Comment personne dans les services secrets n'a pu le repérer ?

-Car personne ne connaissait son identité. Jonathan n'a jamais parlé de son fils à personne,continua Emilie. Durant cinq ans, Adam a eu le temps de se construire sa propre armée qui consistait à faire exactement l'inverse de ce que son père s'était efforcé de faire. Détruire le monde. Et il y a deux ans, il a commencé à recruter de façon, disons, peu commune. Il a enlevé des gens, des adolescents pour la plupart, et les a entraînés et instrumentalisés pour qu'ils deviennent ses pions.

-Attendez ! Attendez ! Si le centre psychiatrique croyait que Weavers était mort, comment Adam a-t-il réussi à savoir qui il était ? Et à le retrouver ? demanda Derek

-Je vous l'ai déjà dit. Ce sont les fous, qui ont la mémoire la plus surprenante, parce que ce sont souvent des obsessionnels.

-Il s'est souvenu de lui, murmura Lydia

-Je ne comprends pas… intervint Scott. Si vous êtes des camps militaires 'clandestins', comment ça se fait que vous soyez au courant de tout ça ? De toute cette histoire ?

-Qui vous a dit que nous étions clandestins ? s'étonna Emilie. Au contraire, nous ne sommes pas clandestins, nous tous, nous sommes des camps militaires top secret qui travaillons pour l'Etat. Nous dirigeons secrètement l'état de la Californie. Nous ne sommes pas des délinquants. Nous sommes les camps militaires les plus forts de notre Etat, Monsieur Mc Call. »


Le chapitre corrigé est enfin posté! Ma bêta la corrigé depuis un moment déjà mais le problème est que j'ai eu problème d'internet (37 jours sans wifi -_-) et que ne pas avoir internet ne m'a pas donné envie d'écrire. J'ai mes petites habitudes quand j'écris et là elles étaient "coupés".. bref! Je vous poste enfin le corrigé et bientôt le chapitre 22

Balounette: Oui, le lycée -_- Elle s'est bien passé, merci! :D

lydiamartin33430: Hello! Jamais! Tête de chèvre? Pas mal! Pas mal! :D

MissLemon: Oh c'est vrai? OH TA WUUUU *-* Oui, c'est exacteuh! RIP papa Weavers! Stiles bad ass ça gère de ouf! ;) Tu as ta suite d'explication, heureuse? :) Ton hypothèse est possible, mais non, ce n'était pas ça, désolé:) OUI HYPOTHESE JUSTEUHHH, OH UNE ECOLE D ART TROP BIIIEN, oh... pas d'internet... je suis triste pour toi à distance... Ce n'est pas grave, maître pomme de terre t'excuse de ton retard BISOUS BAVEUX AUSSIIIIIIIIII *keur* *keur*

Oui, j'adoooooooooore les pavés :DDD *clin d'oeil pas discret*

Amiedespatates: Et bah je l'ai pas écrit en cours ce chapitre là! Nah! ;)

Merci pour vos commentaires, *IMMENSE KEUR* et surtout, n'oubliez pas... REMEMBER

REMEMBER THAT HE LOVES HER... so does she