Désolée, désolée et encore désolée…
Je fais mon mea-culpa, mais la santé n'ayant pas suivi dernièrement, et bien l'écriture et la publication de la suite de "La bonne cause" à du attendre un peu et, par la même occasion, vous également.
J'espère que vous ne m'en voudrai pas trop.
Ce chapitre est plus ce que j'appellerais un "bouche-trou" pour atteindre l'apothéose au prochain chapitre.
Je vous remercie par avance pour votre patience, votre présence et votre lecture.
Promis le chapitre prochain sera dans les bacs fin de semaine prochaine.
L'étape suivante concoctée par l'écrivain était tout aussi simple que la première. Il remonta vers le Centre de New-York, bien décidé à passer quelques heures tranquilles avec sa petite-amie. Lorsque la veille en soirée Kate s'était endormie, il avait commencé à tout planifier, jusque dans les moindres détails, allant jusqu'à soudoyer Tony, le portier, pour qu'il emporte le nécessaire pour la suite des événements.
« Tu sais que tu n'es pas obligé, Castle. » Dit soudainement la détective qui enregistrait le paysage qui défilait sous ses yeux. Le bruit de Coney Island n'était plus qu'un doux souvenir à ses oreilles et le gris des immeubles remplaçait tout doucement les maisons unifamiliales de la presqu'île. La réalité revenant la frapper de plein fouet. Rick lui jeta un rapide regard oblique, soulevant un sourcil interrogateur, puis se refixa sur la route. « Tu n'es pas obligé de faire tout ça. » Continua la jeune femme, pivotant sur elle-même pour l'observer. « On aurait aussi bien pu passer la journée au loft. » Finit-elle dans un sourire charmeur mais dans lequel l'écrivain cru discerner de la tristesse. Peu lui importait le lieu, la détective se prenait à apprécier cette journée envers laquelle, tapie au plus profond de son être, une peur irrationnelle s'était ancrée. Kate détestait les surprises, ce n'était pas une nouveauté pour l'écrivain qui, malgré le fait d'en être pertinemment conscient, s'était fait un plaisir immense à préparer en cachette ce qu'il avait secrètement baptisé « opération maman ours ». L'idée de ce nom de code pour le moins particulier, lui était venue en regardant la jeune femme dormir en boule, recroquevillée sur elle-même, enlaçant son oreiller d'une façon telle que l'on aurait dit mère protégeant son enfant. Il aurait pu la comparer à une tigresse, vive et dangereuse, ou à une lionne, à la crinière flamboyante et au regard perçant, mais il avait préféré opter pour l'ourse, cet animal doux, câlin et à la fois dur et téméraire, comme Kate.
Depuis qu'il suivait sur le terrain sa partenaire dans le crime, Rick l'avait vue dans tous ces états. Dès leur rencontre, ce qui le marqua le plus fut son ton solide et sa position ferme lorsqu'elle l'avait interpellé sur le toit de l'immeuble de Black Pawn. Ce jour-là, il aurait mis sa main à couper que la détective qui lui faisait face, malgré sa beauté évidente, ne le laisserait pas sortir indemne de leur entrevue. Elle avait fait face à sa proie, sans jamais la quitter de ses magnifiques yeux verts de jade. Elle ne l'avait pas laissé respirer un quart de seconde et pourtant il avait tenté, vainement, de briser sa peau épaisse pour la toucher en plein cœur, ce qu'il parvenait habituellement à faire sans le moindre problème avec la gente féminine mais pas avec elle, pas avec cette femme au caractère trempé dans l'acier. Non, Kate n'était pas de celle à se laisser berner par le plumage du premier mâle se présentant à elle. Il se remémorait le nombre de fois où il avait dû user de stratagèmes, dont parfois il n'était pas très fier, pour l'atteindre et faire ressortir le côté tendre de la policière au passé difficile.
Comment pouvait-elle lui dire qu'il n'était pas « obligé ». Bien sûr qu'il n'était pas « obligé » de la voir comme la femme parfaite, de la voir comme une personne forte et vulnérable à la fois, de la trouver sexy même dans les pires moments, de la trouver remarquable et frustrante en même temps, de voir en elle une source d'inspiration intarissable et de penser qu'elle méritait une vie faite de bonheur, de rires et de chaleur. Son cœur ne se sentait jamais obligé envers elle. Que du contraire, il se sentait fier d'avoir rencontré cette personne magnifique qui parvenait à voir le meilleur de chacun tout en parvenant à voir le mensonge où il se trouvait, qui se battait pour la justice et la vie des autres en omettant de vivre sa propre existence et il n'échangerait ce sentiment et cette passion contre rien au monde. Alors non, il n'était pas « obligé » mais il aimait faire découvrir de nouvelles choses aux gens qu'il chérissait, passer des moments de complicité avec l'élue de son cœur.
« Kate. Je crois que tu n'as pas tout compris. » Sourit-il en ne quittant pas la route des yeux. « J'adore passer du bon temps avec les gens que j'aime. J'apprécie voir le sourire naître sur tes lèvres lorsque tu regardes le panda dans le rétroviseur en te remémorant notre petite escapade. » La jeune femme continua de l'observer. « Je suis heureux de vivre cette journée à tes côtés et, même si je serais fou de nier avoir envie de passer toute une journée sous les couvertures avec la femme la plus sexy de la planète, je me sens l'homme le plus chanceux de la Terre de pouvoir faire naître un simple sourire sur ton visage. ». Une larme voulut s'échapper des yeux de la détective qui s'empressa de la faire disparaître d'un habile passage de la paume de sa main. L'écrivain s'empara de la main de la jeune femme qu'il porta à ses lèvres et embrassa révérencieusement.
« Je ne mérite pas tant d'attention, Rick, et tu le sais très bien. Je t'ai fait souffrir pendant tellement longtemps que pour moi c'était devenu une habitude dont je n'avais pas pris conscience jusqu'à cette nuit. » Expliqua-t-elle. Rick lui lança un coup d'œil curieux mais la laissa continuer. "Je ne pensais pas te dire ça un jour, Castle, mais tu avais raison." finit-elle par admettre à contre cœur. "Tu avais raison le jour où tu m'as dit que je me jetais dans les bras d'homme que je n'aimais pas." Elle fronça son nez à l'entente de ses propres mots, se rendant soudain compte de ce pour quoi elle avait réellement passé aux yeux de son partenaire. En répétant ces mots se sentait sale et repoussante. La colère la rattrapa, non pas contre l'écrivain, mais contre elle-même. Elle avait tout fait pour le repousser et ses actions avaient blessés plusieurs personnes innocentes comme Tom Demming qui attendait beaucoup de leur relation. Le policier de la brigade des cambriolages voyait un future avec la jeune femme et fut totalement dépité le jour où elle l'avait repoussé, le jour où Castle était parti avec Gina passé l'été dans les Hamptons. Cependant, l'incompréhension qui s'était tout d'abord affichée sur le visage de l'homme délaissé avait rapidement fait place à l'acceptation car il savait depuis longtemps que la relation qu'elle entretenait avec Rick était plus profonde qu'elle ne l'avait avoué et il s'était rendu à l'évidence que leur relation ne pouvait pas les mener où il aurait tellement souhaiter. "Je sais que…"
"Kate!" L'interrompit alors Richard.
"J'ai été une véritable garce."
"Kate!"
"Pire Castle, j'ai été…"
"Kate! Stop!" Insista l'écrivain qui ne supportait pas d'entendre sa compagne se dénigrer de telle façon. Si il respectait totalement Beckett dans sa façon d'être, avec ses qualités et ses défauts, il ne pouvait accepter que très difficilement qu'elle refuse de voir ce qu'elle lui apportait, ce qu'elle valait réellement.
La détective releva les yeux qu'elle posa sur son amant qui semblait tellement sérieux tout à coup. "Quoi?" L'interrogea-t-elle sincèrement dans l'ignorance.
"Arrête ça. Je ne vais pas te mentir, tu m'as horriblement fait souffrir pendant de nombreux mois, tu as écrasé mon cœur, tu as piétiné mes espoirs et, oui, j'ai eu à de nombreuses reprises une seule envie : te laisser au bord de la route et partir en courant mais soyons honnête Kate, comme tu l'as dit hier soir, tout ce qu'on a vécu nous a mené ici et pour rien au monde je ne changerais une seule minute de notre histoire si cela devait nous empêcher d'arriver à ce résultat." Expliqua le jeune homme tentant de faire passer son message. "Je t'aime comme tu es Beckett. Alors non, je n'ai pas oublié que tu m'as brisé à plusieurs reprises mais ce que je n'oublierai jamais, et qui surpasse toute la douleur que j'ai pu éprouver, c'est que là, à l'instant précis tu es à moi… Enfin, non, peut-être pas à moi." S'empressa-t-il d'ajouter en entendant sa partenaire prête à rétorquer à cette affirmation possessive. "Mais on est ensemble Kate, on s'aime, et c'est ça qui est important. Ca ne sert strictement à rien de perdre son temps à regretter le passé et les actes que l'on a pu poser, les paroles que l'on a pu avoir." Finit-il. "Et…" ajouta-t-il avant qu'elle ne puisse lui répondre. "… pour le moment, mon seul objectif est de te faire passer une des meilleures fin de journée que tu n'ais jamais eue."
Beckett observa ses mains, qu'elle avait croisées sur ses jambes, et sentait ses joues se réchauffer en laissant les mots de son romancier envahir son esprit jusqu'à ce qu'elle aperçoive dans son champs de vision la main tendue de son voisin qui attendait simplement un geste lui prouvant qu'elle était sur la même longueur d'onde que lui. Elle réfléchit un court instant, puis sourit et lui saisi la main. "Toujours aussi doué avec les mots, hein?"
"On m'a déjà dit que je ne me débrouillais pas mal, effectivement." Sourit-il en réponse. "Puisque ce sujet est clôt, accepterais-tu de te laisser enfin traiter en muse digne de ce nom et me donner une chance de te montrer la suite de mon plan?"
"Une muse digne de ce nom?" S'étonna Kate. "Tu pourrais me dire ce que c'est exactement?"
"Euh… peut-être un peu plus-tard." Répondit-il en décochant un clin d'œil et donnant une petite secousse à sa main.
Et à nouveau la détective sentit ses joues s'empourprer. Elle ne pouvait s'empêcher d'agir comme une adolescente à un premier rendez-vous. Sans doute étais-ce le résultat d'être la muse, l'amante et l'âme sœur d'un homme enfant. C'est ce moment que choisi l'estomac de Kate pour se rappeler au bon souvenir de la détective qui pris conscience du fait qu'une simple barbe à papa n'était pas suffisamment nourrissante.
"Waw, serais-je en train d'échouer à ma mission de maître de cérémonie."
"Non, pas du tout mais je dois t'avouer que je passe une très belle journée et qu'elle passe trop vite pour que je perde une seconde à penser à de la nourriture."
"Dans ce cas, notre prochaine étape devrait te ravir. D'ailleurs, on n'est plus très loin." Annonça-t-il fièrement en désignant du doigt l'entrée de Central Park, sous le regard interrogateur de la jeune femme.
"Dois-je m'inquiéter?" S'enquit-elle suspicieusement avec le sourcil arqué.
Pour toute réponse elle n'eut qu'un sourire énigmatique de son compagnon.
"Richard Edgard Alexander Rodgers Castle! Mais à quoi pensais-tu? Est-ce que tu as perdu la tête?" S'exclama Beckett lorsqu'elle comprit dans quel manège s'était embarqué son écrivain. Elle croyait qu'il ne pouvait plus la surprendre car elle ne le connaissait que trop bien et était préparée à tout venant de ce personnage attachant mais tellement extravagant qu'était le "Maître du Macabre". Cependant, elle devait reconnaître que pour l'occasion il s'était surpassé. Kate ne savait trop que penser de ce qui lui faisait face à l'instant précis. Devait-elle rire? Pleurer? Le recadrer ou l'embrasser? Elle ne savait à quel sentiment donner la priorité. Le soleil se couchait paisiblement sur Manhattan et les couleurs orangées du ciel donnaient un sens tellement poétique à ce qu'elle voyait devant elle qu'elle ne pouvait se permettre d'élever la voix contre lui. Il l'aimait, il avait certainement passé plusieurs heures à préparer ce rendez-vous, ce qui expliquait les nombreux coups de fils qu'il avait reçu et passé durant tout l'après-midi, comment pouvait-elle lui en vouloir? Impossible.
Kate se tourna vers Rick qui souriait comme un innocent en observant les réactions contrastées de sa compagne. Il appréciait parler d'elle en ces termes : sa compagne. Il attendait ça depuis si longtemps. Elle semblait tiraillée, perdue dans ses pensées et, malgré sa réaction primaire, il savait que la surprise lui plaisait, ses yeux pétillants, son regard amusé ne trompait pas. "Katherine Houghton Beckett!" Imita-t-il alors le ton qu'elle venait d'utiliser. "Je n'ai jamais eu la tête sur les épaules, tu devrais le savoir." Le sourire ne quittait pas le visage de l'écrivain qui vint se placer dans le dos de la policière et l'entoura de ses bras musclés, la serrant contre lui. Il sentit les mains de sa partenaire encercler les siennes, il rapprocha sa bouche de son oreille qu'il mordilla quelques instants, faisant émettre à Beckett un doux grognement de plaisir, puis lui murmura : "Alors tu aimes?" Elle tourna la tête vers lui et leurs regards se fixèrent l'un dans l'autre.
"C'est magnifique Rick." Lui répondit-elle. "Je t'aime.". Kate riva ses yeux sur les lèvres si douces de son amant, une seule envie à l'instant présent envahi son esprit, elle voulait tant le ravir là, maintenant, sur place, mais elle ne pouvait pas, elle devrait se retenir jusqu'à la prochaine étape du plan du grand Richard Castle. Anticipant cette fin de soirée, Kate frissonna.
"Tu as froid?" Demanda-t-il en s'écartant d'elle prêt à ôter sa veste pour lui tendre.
"Non." Répondit-elle en déposant délicatement sa main sur son avant-bras pour stopper son mouvement. Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa sur la joue.
Alors où sont-ils? Qu'est-ce que Rick a bien pu lui préparer? Bonne question.
Réponse la semaine prochaine … Promis, plus de retard ;-)
