"Le maire de Storybrooke, Regina Mills." répondit la jeune femme.

"Quoi?!" hurla David.

Impossible qu'il aille la voir. D'après ce que lui avait dit Mary-Margaret cette femme était ignoble, il préférait plutôt mourir que d'aller la voir. Il était choqué par la proposition de Ruby, Mary lui avait répété maintes et maintes fois, de ne surtout pas parler à cette ignoble femme. Elle était mauvaise, froide et égoïste, exactement le type de personne qu'il détestait.

"Bah, oui! Qu'est-ce qui ne va pas?" demanda Ruby.

Elle n'arrivait pas à comprendre la réaction de David. Il était désespérément à la recherche d'un travail, il aurait du être heureux, et certainement pas aussi choqué.

David posa le journal sur la table et prit une grande inspiration.

"Tu veux que j'aille demander de l'aide au maire de Storybrooke? Regina Mills?! Mais t'as perdu la tête ou quoi?!" s'exclama l'homme.

Ruby le regardait comme s'il avait trois têtes. Il était à la recherche d'un travail et lorsqu'elle lui apprend qu'elle a une solution, il refuse.

"David, qu'est-ce que tu racontes? Elle est la seule personne qui puisse t'aider!

-Tu veux que j'aille demander de l'aide à Regina Mills, la femme la plus froide, la plus sévère, la plus arrogante, la plus autoritaire, la plus effrontée de Storybrooke?!"

Ruby explosa de rire, elle n'arrivait plus à respirer. David était quelqu'un de gentil mais bien trop naïf. Certaines personnes à Storybrooke aimaient faire ce genre de choses, exagéré des faits...

"Tu l'imagines comment hein?" demanda-t-elle, un sourire moqueur dessiné sur les lèvres.

David fronça les sourcils, à sa question.

"Une vieille femme avec un nez pointu et des verrues partout sur le visage! s'écria-t-il.

-Tu te fous de moi? Ce n'est pas une sorcière!" se moqua-t-elle.

David se sentait légèrement stupide, en la voyant se moquer de lui. Mais non, il avait raison, elle était une horrible personne, sa personnalité devait sûrement se reflétait sur son physique.

"Eh bien, d'après ce que j'ai entendu, je pense que le mot sorcière lui convient parfaitement.

-Elle n'est pas si mauvaise que ça.

-Ah oui, c'est pour ça que vous avez tous peur d'elle!

-Je t'assure, elle est pas méchante. Tu devrais aller la voir, et tu serais plutôt surpris!"

Ruby se moquait de lui, il imaginait Regina, comme une sorcière. Alors qu'elle n'avait rien de telle. Au contraire, elle était absolument magnifique. Regina était une femme sublime avec le goût des bonnes choses. Elle dégageait quelque chose d'enivrant, quelque chose d'absolument exquis. Quelque chose de doux et sensuel à la fois. C'était une femme ravissante, mais assez franche et froide avec certaines personnes. Certes, elle n'était pas très chaleureuse, mais Ruby savait que ce n'était qu'une façade. Regina devait simplement montrer aux habitants, qui elle était réellement.

David se demandait pourquoi il serait surpris... Il était vraiment intrigué.

"Qu'est-ce que tu veux dire par là? demanda-t-il.

-Eh bien, c'est simple, si tu veux savoir y'a pas trente mille solutions. Tu vas lui demander de l'aide.

-Aller Ruby! Dis-moi!

-Non, je suis déçue par ton attitude. Je ne pensais pas que tu étais comme ça.

-Comment?

-Tu te fais de fausses idées sur des personnes que tu ne connais même pas! Tu dois pas croire tout ce qu'on te dit, attend de la voir et d'avoir ta propre opinion sur elle. Je t'assure que si tu es sympa avec elle, elle le sera avec toi aussi.

-Mais, t'es-t'es sûre? bégaya-t-il.

-Oui, tu vas la voir ou pas?"

Il se mit à réfléchir, Mary-Margaret lui avait dit de ne surtout pas parler avec le maire. Mais maintenant Ruby était déçue par son attitude, alors il décida d'accepter même s'il savait qu'il allait s'en mordre les doigts.

"Ok! Ok! céda-t-il.

-Génial! Dés que tu l'as vu tu viens me raconter! Tu vas quand?, demanda-t-elle en riant.

-Je vais la voir demain..."

Elle s'éloigna de lui et se dirigea vers la cuisine. David s'enfonça dans son siège et passa une main dans ses cheveux...

"Putain de merde..." chuchota-t-il avant d'amener sa main à son front et de se masser les tempes.

Il était vraiment effrayé, cette femme avait l'air ignoble. Il se demandait à quoi elle ressemblait, sûrement à une sorcière... Il avait très peur.


Le lendemain matin...

Le bruit de son réveil résonna dans toute sa chambre. La lumière entrait par la fenêtre en face du lit dans lequel elle se trouvait. Elle remua avant d'ouvrir les yeux et d'éteindre le réveil. Elle retira les couvertures et s'étira rapidement. La jeune femme brune passa ses mains dans ses cheveux tout en fermant les yeux. Elle se leva de son lit, se dirigea vers la salle de bain et fit un brin de toilette. Elle brossa ses cheveux, lava ses dents et son visage.

Ensuite, la brune se dirigea vers son dressing et choisit une tenue. Elle réfléchit durant quelques secondes, avant d'en sortir une robe rouge sang qui lui arrivait mi-cuisse munit d'un léger décolleté. Elle s'habilla rapidement et retourna dans la salle de bain où elle appliqua son rouge à lèvres, et son maquillage habituel. Elle lissa quelques mèches de ses cheveux et sortit de la salle de bain.

Elle enfila ses bottes noires à talons et sortit de sa chambre. Elle se dirigea vers la chambre de son fils, et y entra. Elle embrassa son front, et caressa sa joue, elle le réveilla doucement.

"Henry, lève-toi. Il est l'heure."

Le jeune homme marmonna quelque chose d'incompréhensible et ouvrit lentement les yeux.

"Habille-toi et viens déjeuner."

Elle l'embrassa une dernière fois et sortit de la chambre.

Elle descendit les escaliers, entra dans la cuisine et prépara le petit-déjeuner.

Henry arriva quelques minutes plus tard et tous deux mangèrent dans un silence total. C'était quelque chose de désagréable et froid. Il ne préférait pas adresser la parole à Regina. Henry ne la considérait pas comme sa mère, en tout cas plus depuis qu'il avait ramené Emma.

Cela brisait le cœur de Regina de voir son fils s'éloigner d'elle de plus en plus. Elle l'aimait plus que tout et elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il la traitait ainsi.

Le bruit d'un klaxon résonna dans la maison et brisa le long silence.

Henry attrapa son sac et enfila son manteau.

"Qu'est-ce que tu fais?" demanda Regina.

Henry mit son écharpe et répondit:

"Emma va me déposer à l'école.

-Quoi? Non! Je ne l'ai pas autorisé à te prendre, elle sait que si elle veut faire ça, elle doit m'en parler d'abord.

-Elle a pas besoin de ton autorisation, c'est elle ma vraie mère.

-Henry!"

Il courut jusqu'à la porte d'entrée et sortit de la maison aussi vite qu'il le pouvait.

Il laissa une Regina au bord des larmes derrière lui, elle essaya tant bien que mal de ne pas y penser mais c'était trop dur. Son fils, l'enfant qu'elle avait élevé durant des années la haïssait. Et le pire c'était qu'elle ne savait même pas pourquoi il la détestait autant.

Elle prit une fragile inspiration, et sortit de la cuisine. Elle enfila son manteau et sortit de chez elle. Elle préférait se vider la tête au travail.

Elle marcha le long de l'allée quand un étincellement attira son regard. Elle s'abaissa et le ramassa... C'était ce qu'elle avait offert à Henry quand il avait gagné un concours de dessin. Il avait été tellement heureux le jour de sa victoire. Elle était fière de lui, son fils grandissait très vite.

C'était un porte-clés sur lequel se trouvait un étalon au galop, fait de cristal.

Elle avait perdu Henry à jamais, la seule personne qui prêtait attention à elle, ne le faisait plus. Regina se sentait seule, terriblement seule. Elle n'avait pas beaucoup d'amis et encore moins un petit-ami, tous les habitants de Storybrooke voyaient en elle, une femme sans cœur.

Au contraire, elle en avait un et il lui faisait atrocement mal. Chaque moment que Henry passé avec Emma, l'éloignait d'elle. Bien sûr qu'elle était jalouse de la relation entre Henry et Emma. Cette femme débarquait du jour au lendemain et se déclarer sa véritable mère.

Regina était la mère de Henry, c'était elle qui l'avait encouragé lorsqu'il était jeune, c'était elle qui le soignait lorsqu'il était malade, c'était elle qui lui avait donné tout son amour. Elle était sa mère.

Cette pimbêche, pouvait dire tout ce qu'elle voulait, elle était et restera la mère de Henry.

Elle regrettait les moments où Henry l'aimait plus que tout. Elle avait perdu son fils, sa seule et unique raison de vivre la haïssait. Elle cherchait en vain un moyen de se rapprocher de lui, mais à chaque fois c'était pareil, il restait aussi froid et la solitude s'emparait un peu plus d'elle...

Elle se sentait isolé du monde extérieur. Elle était désespérément en manque d'amour et d'attention, son cœur se brisait en y pensant. Elle espérait juste qu'un jour, Henry puisse l'aimer comme il le faisait avant. Qu'elle puisse de nouveau se sentir aimer.

Une larme s'échappa de son œil, et coula le long de sa joue. Elle mit le porte-clés dans sa poche et essuya sa larme.

"N'y pense pas." se dit-elle à haute voix.