Attention ! Ceci est un slash. Vous êtes prévenus !

Vous l'attendiez tous avec impatience : le chapitre 21 de Unforgivable Promises. Au programme, le rapprochement de plus en plus visible de nos deux héros préférés. Bonne lecture à tous !

RaR :

Je suis désolée pour les réponses aux reviews mais je les avais rédigées et elles ont disparu à l'enregistrement... Pardonnez-moi, mais je n'ai pas le courage de toutes les reprendre. Un grand merci à ceux qui m'ont laissé un petit commentaire (ou un roman ^^) et j'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre.

Abgrund : Tu es la seule à qui je fais une réponse individuelle cette fois-ci. Juste pour te dire que je suis contente d'avoir pu te faire lire et apprécier un HPSS. La review que tu m'as écrite est un véritable éloge à mon travail de traduction, et je t'en remercie :-) A bientôt !


Quand sa potion eut refroidi, Harry la mit en bouteille et nettoya, ne sachant pas s'il devait rester. Rogue vint dans son coin du laboratoire et examina les résultats de sa préparation.

« Ça semble correct. Vous pouvez retourner avec ça dans votre dortoir, ou la laisser ici et je verrai à ce que Madame Pomfresh la récupère. En avez-vous appliqué sur votre main ? »

« Oh, » dit Harry, se sentant idiot. « Je suppose que je n'en ai plus vraiment besoin. Tout ce brassage a fait partir les fourmillements. »

Rogue hocha la tête en guise de réponse. « Je vais vous raccompagner, dans ce cas. »

Harry déplaça son poids. Il ne voulait pas encore partir, pas si Rogue avait toujours besoin de sa compagnie. « D'accord. Si vous voulez être seul… »

« Vous êtes hors de votre dortoir bien plus tard que vous ne devriez. Le Professeur McGonagall ne serait pas contente si vous restiez. Vous avez cours demain vous avez sûrement besoin de sommeil. »

« Je suppose. Et vous ? Vous allez dormir ? »

Rogue jeta à Harry un regard prudent avant de répondre. « A la longue. Peut-être. » Avec un geste du Maître des Potions, le mur se transforma en une arche, et Harry se glissa sous sa cape d'invisibilité et retourna dans son dortoir. Alors qu'il courait dans les couloirs, Harry espéra qu'il avait rendu un peu de la force qu'il avait empruntée à l'autre homme plus tôt.

Dans les sept jours suivants, les pensées d'Harry se tournèrent souvent vers son professeur. Même cette première nuit, il n'avait donné aucune indication que quelque chose n'allait pas. Mais Harry savait très bien que l'homme était humain et avait dû être affecté par les nouvelles de la mort de Kletch. Et Harry avait remarqué, cette nuit-là, que quand il avait demandé à Rogue s'il voulait être seul, l'homme n'avait jamais dit qu'il le voulait il avait simplement listé les raisons pour lesquelles Harry devait partir.

Donc Harry continuait de chercher des raisons d'y retourner. En une semaine, il lui avait rendu visite deux fois pour lui poser des questions à propos des sorts sur lesquels ils travaillaient avec le Professeur Jones et une fois pour clarifier quelques problèmes qu'il avait avec un devoir de potions. Chaque fois, Harry prit soin de demander s'il dérangeait. L'homme indiquait toujours à Harry qu'il était le bienvenu, et bien qu'ils discutassent de tout ce pour quoi Harry était venu en longueur, il était inévitablement reconduit une fois que le sujet était couvert. Il ne se disait plus qu'il essayait de fournir à Rogue un peu de réconfort. En vérité, l'homme avait traversé assez d'épreuves dans sa vie pour pouvoir se remettre de la mort de l'autre espion assez rapidement.


La nature presque frivole des visites d'Harry n'échappa pas à Severus. Une autre année, et à vrai dire, avec n'importe quel autre élève cette année, il aurait renvoyé l'intrus avec un sermon sévère sur le fait de gaspiller son temps pour des choses qui pouvaient attendre les cours. Mais il s'était résigné depuis longtemps au fait détestable qu'il appréciait la compagnie du jeune homme. Harry avait fini par apprendre que parfois – la plupart du temps – les silences n'avaient pas besoin d'être comblés. Ça avait sans aucun doute été vrai la nuit où Kletch avait été tué.

Il n'y avait aucun doute que le Mangemort était mort à cause de Rogue. Son corps avait été jeté dans une ruelle à Pré-au-Lard, marqué de l'emblème de la famille Rogue dans le dos. Le message était douloureusement clair et ne visait pas du tout Rogue. C'était un avertissement pour tout Mangemort qui aurait l'idée de se retourner. Si quelqu'un d'autre que Rosmerta avait trouvé le corps, ça aurait fait la une de tous les journaux. La serveuse, cependant, savait qu'avertir Pré-au-Lard qu'un Mangemort avait été jeté par terre serait mauvais pour les affaires, et elle fit en sorte qu'Albus le découvre avant le Ministère.

Rogue se sentait mal pour cette mort, bien sûr, vu que c'était ses propres actions qui y avaient conduit. Mais Kletch aurait pu refuser aussi, donc il n'était pas le seul à blâmer. Quand Harry était venu dans ses appartements cette nuit-là, cependant, la dernière chose qu'il voulait était d'en discuter. Harry l'avait clairement senti, et il lui en était reconnaissant.

Il avait coupé court le séjour, bien sûr, quand la potion d'Harry avait été prête. En tant qu'ancien Mangemort, il vivait dans la suspicion. Ajouté à ça l'examen minutieux dont il était sujet en tant que professeur gay, et il avait toujours eu besoin d'être plus prudent que les autres quand il se retrouvait seul avec des élèves de sexe masculin. A l'exception de la nuit où Harry avait tué Drago, le garçon n'avait jamais passé un moment plus long que nécessaire pour tout besoin médical ou pédagogique qui l'avait amené.

Ainsi, il laissa à Harry le soin de trouver des raisons d'arrêter, et il s'étendit sur ses réponses autant que possible. Et pour la première fois depuis des décennies, il passa du temps avec quelqu'un simplement pour le plaisir de passer du temps avec lui.

Le vendredi soir, Albus convoqua le personnel dans son bureau. Le lendemain aurait lieu le premier weekend à Pré-au-Lard de l'année, et Severus s'attendit à un sermon ennuyeux sur la sécurité des élèves. Les nouvelles d'Albus, cependant, étaient inattendues.

« Une session urgente du Magenmagot a été appelée par le Ministre Bones. Elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas encore divulguer les détails. Je partirai ce soir pour Londres et ne reviendrai pas jusqu'à dimanche au mieux. »

« C'est étrangement pratique, » dit Severus.

« Je suis d'accord, Severus. Autant que je veuille donner une pause dans leurs études aux élèves, je ne peux justifier de les laisser sortir du château quand j'ai été appelé au loin dans des circonstances si mystérieuses. J'espère sincèrement que je suis simplement un vieil homme paranoïaque, mais la sécurité des élèves passe en premier. »

Le reste du personnel approuva. Il valait mieux décevoir les élèves que de les mettre en danger.

« Qu'allons-nous dire aux élèves ? » demanda Minerva.

« La vérité, » dit Severus. Minerva parut atterrée à l'idée d'être si discret. « Pas tous les détails, bien sûr, mais ce n'est pas un secret que l'école est bien protégée alors que Pré-au-Lard ne l'est pas. Et si vous vouliez vraiment leur accorder un weekend à gaspiller dans le village, vous pouvez reprogrammer la sortie pour la semaine prochaine. Mentir aux gamins ou leur cacher la nécessité pour eux de rester dans l'enceinte de l'école ce weekend ne fera que les encourager à trouver un moyen de sortir. »

Albus semblait considérer ses paroles, sûrement une première pour le Directeur. « Je pense que je vais me ranger à l'avis de Severus. Les récents événements ont montré que cacher des choses n'aidait pas les élèves les plus en danger. »

Sur ce, les membres du personnel retournèrent à leurs fonctions. Le lendemain matin, Severus dut supporter les jérémiades des élèves pendant le petit-déjeuner. Après s'être assuré que sa Maison était convenablement menacée de rester à l'école, il quitta la Grande Salle à la recherche d'une échappatoire. Harry le rattrapa à même pas dix pas de la Grande Salle.

« Professeur Rogue, » appela le jeune homme derrière lui qui se dépêcha de le rattraper. « Le Directeur a juste été convoqué ? »

« C'est exact. Bones a convoqué le Magenmagot. Je ne sais pas pourquoi, et cette information n'est pas à disperser. »

Harry acquiesça en signe de compréhension et demanda, « Est-ce que Vol… le Seigneur des Ténèbres prévoit quelque chose ? »

« Nous ne savons pas. Pré-au-Lard a été annulé simplement par précaution. »

« Timing intéressant, cependant. Si ce n'était pas juste un moyen d'éloigner Dumbledore de l'école, pensez-vous qu'il sait qu'il n'est pas là ? »

« C'est fort probable. Le Magenmagot ne peut pas être appelé sans suivre certaines procédures. Même les plus petits employés du Ministère le sauront. Au moins un de ses partisans sera au courant. »

« D'accord, » dit Harry en fronçant les sourcils. « Oh, euh, vous serez dans votre bureau aujourd'hui ? Ou dans vos appartements ? J'aurai peut-être quelques questions sur le devoir que vous avez donné. »

« Je n'ai pas planifié ma journée avec autant de soin. Mais je serai sûrement soit dans l'un soit dans l'autre. »


Comme prévu, Severus passa la matinée dans son bureau à classer des papiers et à répondre aux questions d'Harry. Et des questions, le garçon en avait. Il vint six fois avant le déjeuner. Les questions valaient difficilement la peine d'un voyage entre la bibliothèque et les cachots, mais Severus ménagea le garçon et répondit à toutes, bien que son propre travail exigeât son attention et qu'il ne pût s'engager dans le genre de longues discussions qu'ils avaient dans le passé. Harry ne semblait pas s'en soucier, cependant, vu qu'il faisait probablement le voyage uniquement pour s'assurer de la sécurité du Maître des Potions.

Après le déjeuner, il était encore à son bureau. Presque une heure s'était écoulée depuis le repas quand Harry passa de nouveau la tête dans la salle de classe. Amusé, Severus dit, « Ce ne serait pas plus facile de finir votre devoir ici où vous pouvez garder un œil sur moi ? »

Harry rougit. « Nous les Gryffondor ne sommes pas connus pour notre subtilité. Ça ne vous dérange pas ? »

« Apportez vos livres. Et restez calme. » Harry acquiesça et s'élança hors de la pièce, revenant rapidement avec son devoir et quelques livres. Rien ne fut dit jusqu'à ce que Minerva arrive peu avant le dîner.

« Oh, Mr Potter. Je ne m'attendais pas à vous trouver ici. »

« Mr Potter s'est désigné lui-même comme mon gardien en l'absence du Directeur, » dit Rogue alors qu'Harry bougeait inconfortablement.

« Oh, je vois, » répondit-elle. « Eh bien, je ne vois aucun mal à vous permettre d'entendre ceci. Je viens juste d'avoir des nouvelles du Directeur. Il m'a assuré que le congrès du Magenmagot n'était pas un stratagème de Vous-Savez-Qui. Il s'est mis d'accord avec le Ministre par intérim sur le fait que les détails ne doivent pas être discutés par Cheminette ou par hibou, donc je n'ai aucun détail. Apparemment, nous n'avons pas besoin d'être si suspicieux. »

« Bon, alors, » dit Severus, « allons dîner ? Mr Potter, vous pouvez finir votre travail seul, je suppose, puisque le Seigneur des Ténèbres semble ne pas être impliqué dans les événements de la journée. »

« Oh, ouais, je suppose que je peux, » dit Harry. « Mais le Seigneur des Ténèbres peut toujours essayer quelque chose, vu qu'il sait que Dumbledore n'est pas là. »

« J'imagine qu'il aurait déjà essayé si c'était le cas. Ça ira, j'en suis assez sûr. » Harry semblait déçu, mais Severus mit de côté sa lecture de la réponse du garçon. Il avait passé la journée entière dans son bureau. Harry voulait sûrement passer un peu de temps avec ses amis plutôt que de s'inquiéter inutilement pour lui.


Le lendemain matin, alors qu'il enfilait ses robes et se préparait à se rendre à la Grande Salle pour le petit-déjeuner, Severus apprit que son assertion envers Harry avait été une erreur. Il fut pris de vertiges alors que la Marque brûlait. La douleur était sourde, moins forte que pour un appel normal, mais la désorientation et les nausées le frappèrent aussi. Ouvrir le mur lui demanda toute sa concentration, et il réussit seulement à faire un pas sous l'arche quand il fut pris d'un vertige et qu'il perdit l'équilibre. Incapable de se stabiliser assez pour se remettre debout, il s'effondra sur le sol, haletant.

Severus se concentra sur la douleur croissante dans son bras, espérant que la brûlure vive chasserait les vertiges, mais sans résultat. Et c'est la fin, pensa-t-il, attendant que la mort vienne. Ses yeux parcoururent la salle et aperçurent l'arche toujours ouverte. Non, Harry viendra. Il maintint son bras brûlant et attendit.

Même s'il semblait s'être passé des heures, il fallut seulement quelques minutes à Harry pour passer l'embrasure de la porte. « Professeur ? » appela-t-il. « Je suis désolé de vous déranger, mais vous n'étiez pas au petit-déjeuner et… » Il vit la silhouette prostrée de Rogue et se précipita. « Pourquoi vous n'êtes pas venu me chercher ? »

« Pouvais pas, » haleta Severus. « Savais que vous… me trouveriez. » Harry ne dit rien alors qu'il faisait courir sa main sur la manche de l'autre homme. Ses doigts froids apaisèrent la brûlure alors qu'ils l'empoignaient désespérément. L'étudiant bascula sur le côté quand il établit le contact, victime, sans aucun doute, de la même désorientation dont souffrait le Maître des Potions. Tout de même, sa poigne restait forte et dès l'instant du premier contact, les sensations s'évanouirent.

Severus libéra son bras de l'emprise d'Harry, conscient que le jeune homme était, pour le moment, piégé dans son esprit et pas maître de son corps. Il se redressa, tremblant, en position assise et se pencha sur le côté de son canapé. Harry était toujours à côté de lui, pâle. Severus tendit une main, mais Harry ferma les yeux et secoua légèrement la tête. Après plusieurs longues respirations profondes, les couleurs revinrent sur le visage d'Harry et il roula sur le dos.

« Cru que j'allais être malade pendant une minute. Il s'est montré créatif. » Les deux restèrent sur le sol. Severus réfléchit à l'indignité d'être trouvé faible et impuissant de cette manière et découvrit que l'idée ne le perturbait pas du tout. Il avait confiance en Harry pour ne pas utiliser l'incident contre lui. Finalement, Harry reprit la parole. « Ça a duré combien de temps ? »

« Je ne suis pas tout à fait sûr. C'est arrivé au moment où je sortais, exactement deux minutes avant que les elfes ne servent en général la nourriture. Je suppose qu'il a ajouté la nausée et les vertiges pour m'empêcher d'aller chercher de l'aide. Depuis combien de temps étiez-vous dans la Grande Salle avant de venir ici ? »

« Pas longtemps, » dit Harry. « Je n'avais fait qu'un ou deux pas dans la Grande Salle quand j'ai vu que vous n'étiez pas là. Je ne sais pas si la nourriture était là ou non. Je suppose que je vais annuler ma partie d'échecs avec Ron. »

« Vous ne ferez rien de tel. Vous avez gâché toute votre journée d'hier avec moi. Le Seigneur des Ténèbres a testé que je suis protégé quand Albus n'est pas là. Il est inutile pour lui de recommencer. »

« Vous pensiez qu'il n'essaierait pas du tout ce weekend, » contra Harry.

Sachant que c'était peine perdue, Severus décida d'un compromis. Il ne voulait pas qu'Harry se sente obligé de passer chaque moment avec lui. Invoquant un bouchon de son laboratoire, il lui lança un simple sort. Le petit morceau de bois se divisa en deux moitiés égales. Il en tendit un à Harry.

« Gardez-le dans votre poche. Si j'ai besoin de vous, j'activerai ma moitié et la vôtre répondra en essayant de rejoindre son autre moitié. Ce n'est pas assez fort pour vous faire bouger, mais le tiraillement devrait être assez facile à sentir. » Harry fronça les sourcils en regardant le morceau de bois. « J'ensorcèlerai le mien pour s'activer si je souffre d'un manière ou d'une autre, » dit Severus. Harry semblait toujours sur le point de protester. « N'avez-vous pas confiance en ma capacité à ensorceler un simple morceau de bois ? Si j'ai des ennuis, vous le saurez immédiatement. »

« J'ai confiance en vous, » dit Harry. Mais il paraissait toujours sceptique.

« Alors quel est le problème ? »

Harry ouvrit la bouche, puis la referma. Après une pause, il dit, « Rien, j'imagine. Je suppose que je suis bon pour retourner à la tour. Pouvez-vous vous lever ? »

En réponse, Severus se leva sans aide. « Merci pour votre hâte à venir ici. » Il offrit sa main à Harry et le tira du sol.

Après le petit-déjeuner – pris dans ses appartements – Severus alla à son bureau et s'assit devant une pile de papiers. Des devoirs nécessitant des notes se tenaient devant lui, mais ses pensées s'égaraient trop souvent de son bureau en direction de la Tour de Gryffondor et du garçon à l'intérieur. Hier, apprécier simplement sa compagnie avait semblé être une étape étrange. Mais de retour dans ses appartements, allongé là alors que la mort planait au-dessus de lui, il avait compté sur Harry d'une manière qu'il n'avait jamais compté sur personne.

Severus ne travailla pas de la journée comme il étudiait la réaction d'Harry ce matin. Il aurait dû être satisfait du fait qu'il saurait si l'homme avait mal. Se pouvait-il qu'il veuille simplement passer la journée avec lui ? La veille avait sûrement été incitée par le départ du Directeur, mais les visites plus tôt dans la semaine n'avaient rien à voir avec la Marque des Ténèbres.

Ses pensées se tournèrent aussi vers son futur, sa vie, maintenant qu'il pouvait recommencer à penser en ces termes. Sa propre mort était toujours très probable, si non par la Marque, alors par le combat qui se déroulerait sûrement sur les terres de Poudlard. Mais il pouvait gérer ça. La possibilité de mourir n'était pas nouvelle, et était en fait bien plus loin maintenant que ces dernières années. L'avenir d'Harry était tout aussi incertain, cependant, et Severus ne savait pas comment traiter ça.

Finalement, mettant fin à des heures de débat silencieux, il se leva de son bureau et retourna dans ses appartements. Avec quelques préparations très simples, il s'engagea dans une voie qu'il avait longtemps pensé qu'elle resterait inexplorée pour lui. En fait, ça resterait peut-être ainsi, et il n'avait aucune idée d'où ça mènerait par ailleurs.


Après le déjeuner, Severus se plongea dans sa lecture. Avoir pris une décision ne l'aidait pas à savoir quelle forme sa prochaine action devrait prendre. En effet, il ne savait pas s'il y avait une action appropriée. Donc il se résigna à une simple acceptation. Il resterait ouvert à tout ce qui arriverait par la suite.

Ce qui vint, pas plus d'une heure après que Severus ait quitté la Grande Salle, fut Harry. Severus le sentit taper légèrement la pierre qui servait d'alarme dans le couloir et ouvrit le mur pour lui. Le garçon entra, l'air grognon. « Je suis désolé, Professeur, » dit rapidement Harry, sortant le bouchon de sa poche, « mais j'ai essayé d'arrêter de m'inquiéter. Et je sais que cette chose me dira si vous avez mal, donc au lieu de m'inquiéter pour vous, j'ai passé toute la matinée à bondir à chaque fois que le vent soufflait, pensant que c'était le bouchon qui bougeait. Je sais que ça n'a pas de sens, mais vous ne m'avez jamais accusé d'être rationnel. Donc ça n'a aucun sens pour moi d'essayer de jouer aux échecs avec Ron si je ne peux pas me rappeler quelle pièce fait quoi. Je suis sûr que vous en avez marre de me voir, mais je promets de rester calme et de me tenir en dehors de votre chemin si vous me laissez rester ici, au moins jusqu'à ce que le Directeur revienne. »

Severus se rassit simplement et laissa le jeune homme mener une bataille qu'il avait déjà gagnée. Quand Harry eut fini, il resta debout, bras croisés, attendant la réponse du Maître des Potions. « Appelle-moi Severus, » dit-il. C'était clairement la dernière chose qu'Harry s'attendait à entendre. « Etant donné le nombre de fois où c'est arrivé… » Il indiqua l'endroit au sol où les deux s'étaient évanouis plus tôt. « Ça me semble insignifiant de te demander d'utiliser un titre honorifique quand nous sommes seuls. »

« Hum, si vous le dites. Severus. »

« C'est le cas. Je comptais passer la journée avec quelque lecture légère. Il y a un livre de Sortilèges de votre niveau sur cette étagère là-bas. Si tu passes la journée à me protéger d'une attaque qui n'arrivera sûrement pas, tu pourrais tout aussi bien terminer tes devoirs. » Harry acquiesça, et trouva le livre en question. Il s'installa sur le canapé, appuyé contre le bras du côté opposé au Maître des Potions. Severus prit son exemplaire de la revue trimestrielle des Potions Internationales.


Harry effaça quelques notes et fut interrompu par la voix de Severus. « Harry, tu te rappelles quand tu m'as posé des questions sur les usages de la muqueuse séchée d'escargot ? Des chercheurs en Finlande ont découvert que les muqueuses séchées congelées se comportent assez différemment si elles restent à décongeler pendant que le reste de la potion bout. Ça nécessite un sort de rafraîchissement, bien sûr, et demanderait sans doute une bonne dose de compétences… » Sa voix mourut tandis que ses yeux suivaient l'article. Harry émit simplement un bruit évasif et retourna à sa lecture.

Dix minutes plus tard, Harry avait rempli cinq centimètres de plus quand Severus reprit la parole. « Le nouveau Maître des Potions de Beauxbâtons travaille sur une forme plus stable de la potion Tue-Loup qui peut être stockée pour une durée allant jusqu'à deux ans. » Harry leva les yeux avec intérêt cette fois, mais Severus tourna la page et dit, « Ah, ce n'est pas encore perfectionné. Apparemment, la douleur qu'elle cause est problématique. » Il se rendit à la page suivante, marmonnant après le rédacteur du journal pour avoir gaspillé son temps avec des potions non achevées. Harry retourna à son devoir.

Harry avait rempli une page complète de notes avant que Severus ne l'interrompe à nouveau. « Les prix du sang de dragon augmentent. Mais c'est toujours le cas à cette époque de l'année. » Il n'avait pas levé les yeux de la page, et Harry leva les yeux vers lui pour voir qu'il lisait toujours et n'attendait apparemment aucune réponse. Harry comptait répondre, cependant, et ça n'avait rien à voir avec le prix du dragon machin-chose. Il ouvrit la bouche, mais la referma rapidement quand une sensation de déjà-vu s'imposa à lui. Il se rendit compte que c'était exactement ce dont il avait parlé avec Hermione. Exactement. Il n'était pas assez naïf pour croire que c'était une coïncidence.

« Ce n'est pas la même chose si ce n'est pas réel, » dit Harry.

Severus leva la tête. « Qu'est-ce qui n'est pas réel ? La pénurie de sang de dragon ? Je suis sûr que c'est vrai, bien que possiblement exagéré. Beaucoup d'espèces de dragon hibernent, et du coup… »

« Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je parle de… ça. » Harry agita vaguement un bras vers lui. « Vous nous avez entendu, Hermione et moi, n'est-ce pas ? C'est très gentil de votre part de faire ça, mais ça ne compte pas vraiment si vous faites ça juste à cause de ce matin. »

« Ah, je vois, » répondit Severus. Il posa son livre et se leva. Il prit la plume d'Harry et la mit dans l'encrier, puis prit la main d'Harry dans la sienne. « Viens avec moi, » murmura-t-il.

Harry se leva et suivit l'homme jusqu'au mur nu alors que la porte scintillait. Avec un rapide coup d'œil dans le couloir pour repérer les oreilles indiscrètes, Severus plaça Harry devant le buste de Serpentard. « Mon gardien, » dit Severus, faisant un signe de tête au buste, « a déjà reçu l'ordre de te laisser entrer chaque fois que tu le demanderas. Si tu es invisible, tu devras demander l'accès en Fourchelang vu que tu ne peux pas être identifié à vue dans ce cas. Je prendrai le risque avec tout autre Fourchelang muni d'une cape d'invisibilité qui erre dans les cachots. » Harry cligna simplement des yeux de surprise. Ils retournèrent dans les quartiers de Severus, le Maître des Potions le tenant toujours par la main. Cette fois, ils s'arrêtèrent devant une des étagères. Severus désigna l'étagère de laquelle Harry avait pris son livre.

« Tous tes livres sont là. J'ai des exemplaires de tous les livres utilisés dans l'école, bien sûr, mais les autres sont rangés dans une malle. J'ai seulement sorti ceux que j'ai pensé que tu voudrais. Et pour les interruptions pendant que tu essayais de travailler, honnêtement, ce n'était pas fait exprès. La muqueuse d'escargot, tu m'avais posé des questions dessus une fois, et la potion Tue-Loup nous intéresse visiblement tous les deux. J'ai simplement fait un commentaire sur le sang de dragon. Pensé tout haut, comme on dit.

« Une nouvelle fois, j'apprécie, » dit Harry. « Mais je ne comprends pas pourquoi… »

« Parce que je sais comment tu prends ton thé. » Sa voix était douce à nouveau et plus sincère que ce qu'Harry n'avait jamais entendu. « Il y a une bouteille de crème dans le garde-manger là-bas, ensorcelée pour rester fraîche. Et les elfes de maison ont reçu l'ordre de la garder pleine. »

« Vous détestez la crème, » dit Harry.

« Oui. Mais toi non, et tu es le bienvenu pour prendre le thé ici quand tu veux. Tu es le bienvenu pour étudier ici quand tu veux. Tu es le bienvenu pour venir parler quand tu veux, et tout aussi important, tu es le bienvenu pour venir t'asseoir et ne rien dire du tout quand tu veux. »

Harry se sentait ému. Il ne savait pas quoi dire, alors il se concentra sur la sensation de sa main dans celle de Severus. De temps en temps, le pouce de l'homme traçait un cercle lent sur sa chair. Finalement, Severus brisa le silence en se raclant la gorge.

« En parlant de thé, une tasse ça te dirait ? »

« Oui. » Harry se dirigea vers la petite cuisine avec un sourire. « Je vais le faire. »

Quelques minutes plus tard, Harry revint dans le salon avec deux tasses. Posant la sienne sur la table devant le canapé, il tendit l'autre à Severus. Le livre en main, Harry déplaça sa plume et son parchemin du côté de Severus et sans un mot, s'assit à côté de son enseignant. Il posa confortablement son épaule contre celle de l'autre homme et ouvrit son livre.

« Est-ce que c'est bon pour le thé ? » demanda Harry. « Un sucre, c'est ça ? »

Severus posa sa tasse et déplaça son corps, mettant son flanc en contact avec celui d'Harry et son bras sur le dossier du canapé. C'était sans doute le contact le plus intime qu'Harry avait eu avec une autre personne depuis qu'il avait quinze mois. C'était suffisant.

« Le thé est parfait, » dit Severus. « Juste comme je l'aime. »


A suivre

A bientôt pour la suite et pour un chapitre de A Veela and his mate (pour ceux que ça intéresse !)

Une review svp ?