Cher journal

Chapitre 21 :

Le chemin de Saint Pantaléon n'aura jamais été aussi difficile. Il a fallu faire attention à chaque bosse et chaque creux pour éviter que Mustang ne souffre un peu plus. Bifurquant le long de la colline, j'aperçois enfin le manoir se dessiner devant nous. Me stoppant devant l'hôpital, je sors rapidement de la voiture et ouvre la porte du noiraud avant de foncer chercher mon père qui sera surement à l'intérieur.

- PAPA ! hurlai-je en courant dans le couloir. PAPA !

- WINRY ? s'exclama sa voix dans l'une des chambres

Me tournant rapidement, j'aperçois la porte de la chambre de M. Adams s'ouvrir en furie et mon père en sortir stupéfait.

- Mais … dans quel état es-tu ? et où étais-tu ? tes amis t'ont cherché hier soir ! nous étions inquiets !

- Pas le temps pour ça, suit moi ! décrétai-je en lui attrapant la manche

- Winry ! je n'ai pas fini de m'occuper d'Adams !

- Mais lui n'a pas le temps d'attendre ! viens vite !

Ressortant de l'hôpital, je le colle devant le siège passager où est toujours assis Mustang, qui je m'en aperçois maintenant, est bien plus pâle qu'habituellement

- Papa, sa jambe !

Glissant un regard à l'atèle de fortune que j'ai faite, je le vois blanchir avant de s'agenouiller rapidement et d'en défaire les bandages.

- Oh bonté divine. Winry va chercher ta mère immédiatement, j'ai besoin de son aide. Mon petit je suis navré mais on va devoir ouvrir. Vous n'auriez jamais dut attendre ! WINRY ! tu es toujours là ? ALLEZ ! ZOU VA CHERCHER SARAH !

- Oui papa !

Terrifiant quand il veut celui-là. Courant jusqu'à l'entrée du manoir, j'aperçois les deux voitures qui se trouvaient hier encore à côté de celle de mes parents vers le château. Alors eux ils ne perdent rien pour attendre.

Ouvrant à la volée la porte du hall, je cours dans la cuisine, avant de me stopper devant la porte du salon. J'entends des voix en provenir. Pénétrant en vitesse dans la pièce, je la couvre du regard avant de trouver ma mère, se tordant les doigts et les yeux gonflés dans un coin de la pièce en train de se faire réconforter par Jean et Riza.

- MAMAN !

- WINRY ? s'exclamèrent les autres en me voyant.

Non pas elle, son fantôme ou le pape vous choisissez. Rhah c'est pas vrai ça. Attrapant ma mère par le bras, je la force à me suivre en courant sous les protestations des autres et de Jean notamment.

- Winry que se passe-t-il ? me demande-t-elle en tentant de me suivre correctement.

- On a eut un problème hier soir et Mustang s'est cassé la jambe. Papa va devoir l'opérer à ce que j'ai compris et il a besoin de toi. Allez maman plus vite !

Les graviers crissent sous notre course avant que nous ne rentrions dans l'hôpital où mon père pousse Mustang dans le couloir, sur un fauteuil roulant. Tournant la tête en entendant la porte s'ouvrir, il nous fait signe de le suivre rapidement.

Pourquoi je me retrouve embarquée la dedans moi aussi ?

- Winry on doit se préparer ! aides le à se lever et à retirer son costume !

- Mais je vais pas le dessaper ! m'offusquai-je

- Désolé mais si, me répliqua mon père d'un ton imposant.

- Je l'ai bien fait pour toi hier, susurre Mustang à mes côtés.

- La ferme, sifflai-je. Bon bah puisqu'on a pas le choix … aides moi allez !

Le soulevant avant de l'aider à trouver son équilibre, je lui retire sa tunique avant de voir la porte s'ouvrir derrière lui sur Jean et Mamie. Les deux nous regardent ébahis, alors que Mustang et moi sommes dans une position délicate.

- Tu …, bafouille Jean.

- La ferme Jean, j'ai pas envie de t'entendre pour l'instant.

- Oh, ça oui on s'en doute, se reprend-t-il en me toisant d'un regard sec. Je croyais que tu pouvais le supporter et je te retrouve en train de le dessaper alors qu'on vous a cherché tous les deux … TOUTE LA NUIT !

- Gueule pas, grogne Mustang en retirant ses bandelettes de ses épaules. J'ai assez mal à la tête comme ça.

- Donnes moi ce bout de tissu Mustang, dis-je en attrapant un pan de toile blanche qui pend de sa ceinture

- Pas question. Je le garde sur moi.

- Non mais tu déconnes ? tu vas pas emmener ça au bloc !

- Au bloc ? répète mamie.

- Eh bah si, Miss Giver, je le prendrais avec moi

- Mais c'est n'importe quoi ! en plus c'est la doublure de la robe ! rends moi ça ou je t'oblige à me le donner !

- Après ! murmure-t-il en se rasseyant rapidement.

- Pardon ?

- EH ! ON EST TOUJOURS LA ! hurle Jean

- Jean ? maman ? s'étonne mon père en revenant avec ses affaires de chirurgien. Ah très bien, il est prêt, tu peux poser ton chiffon s'il te plait ?

- Non, refuse-t-il tout net.

J'y crois pas ! il tient même tête à mon père … mauvais … c'est un militaire dans l'âme mon vieux tu vas être obligé de capituler …

- Non ?

- C'est ça non.

- Et pourquoi ?

- Parce que ça m'a servi toute la nuit alors qu'il n'y avait personne d'autre avec moi. Donc je le garde pour l'opération ! d'ailleurs j'ai horreur des opérations.

- Poule mouillée, susurrais-je à son oreille avec un sourire.

- Peut être oui, mais avoue qu'on a passé un bon moment non ? dit-il en me retenant par le poignet

- Hum … ouais, c'est vrai, admis-je. Allez courage, tu verras ils sont géniaux, et je dis pas ça parce que ce sont mes parents.

- Merci encore Rockbell. A plus tard ! nous salue-t-il avant de partir avec mes parents.

Enfin … c'est fini. Il ira mieux … je vais pouvoir aller dormir et me doucher. Je rêve d'une bonne douche. Fermant les yeux en souriant, je sens un regard lourd de reproche se poser sur moi avant de croiser le regard de Jean en rouvrant les yeux.

- Quoi ? demandai-je d'un ton sec.

- Il s'est passé quoi entre vous ?

- Qu'est ce que ça peut te faire Jean ?

- Ça me fait que … oh bon dieu Winry quoi merde ! ce type tu peux pas le blairer et tu passes la nuit avec lui !

- J'ai pas couché avec lui pauvre tache ! et si vous nous aviez cherché vous nous auriez trouvé lui avec la jambe cassée et moi qui le soignait ! tu veux des détails ou ça te suffit ?

- MAIS ON VOUS A CHERCHE !

- EH BAH PAS ASSEZ ! hurlai-je en levant les bras au ciel. La preuve on a passé la nuit dans une crypte.

- Mais vous avez pourtant l'air de bien vous être amusé.

- Si c'est un reproche tu peux te le garder. Tu t'es fait toutes les filles du village je te rappelle, et même si je m'étais fait Mustang, ça ne regarderait que lui et moi. Personne d'autre. Maintenant tu m'excuses mais je suis fatiguée, j'ai pas dormi de la nuit, j'ai entassé des pierres les unes sur les autres, j'ai soigné Mustang avec les moyens du bord, j'ai gratté de la terre et je me suis sortie seule de ce merdier de château, donc tu me lâches les basques j'ai pas envie de parler pour l'instant.

- Qu'est ce qu'il a ? me demande Mamie en profitant d'un instant de silence dans notre dispute.

- On s'est retrouvé pris dans un éboulement et une pierre lui a cassé la jambe.

- Un éboulement ? pâlit Jean. Et toi ? toi tu n'as rien ?

- Non, grâce à lui d'ailleurs.

Claquant de la langue, je défroisse d'un geste nerveux un pan de la robe avant de lui passer devant pour ressortir. Si tu penses que je veux te parler tu te trompes lourdement.

- Winry ! Winry attend !

- J'ai pas le temps ! cassai-je. Bonne nuit !

Et si avec ça tu ne comprends pas que je ne veux pas parler c'est que t'es bouché et que je ne peux plus rien pour toi !