*Salve JkRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Le Ministère nomme à Poudlard une femme, Dolores Ombrage, en tant qu'Inquisitrice, avec le pouvoir d'évaluer et de passer des décrets.
Harry entre dans son rôle de Darren Prince, aristocrate, envoyé à Serpentard, mais il se laisse emporter par le plaisir de ne plus être Harry Potter.
Drago et lui décident d'essayer de se séduire plus tranquillement, mais se laissent entraîner dans une escalade de présents et manifestations, qui se termine lorsque Drago s'énerve réellement contre Harry tout en l'aimant plus encore, et lorsqu'Hermione décide que cela suffit.
Ce chapitre se déroule : du vendredi 12 janvier au samedi midi 13 janvier
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DEUXIEME PARTIE
Chapitre 20 – L'Armée Du Phénix
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Hermione se tenait droite devant Harry, les bras croisés, le regardant d'un air furieux. Harry attendit un moment et comme rien ne venait, il ouvrit la bouche avec un air un peu narquois pour prendre la parole.
La gifle monumentale qu'il s'attrapa en retour lui ôta toute envie de parler.
Harry recula sous la violence du coup et mis une main sur sa joue devenue très rouge. Ron hésita à intervenir, s'inquiétant pour son meilleur ami, mais aussi pour lui-même s'il se mettait sa, en ce moment dangereuse, petite amie à dos…
Harry regarda Hermione avec incrédulité.
- Hermione, pourquoi est-ce que…
- Tais-toi ! l'interrompit la jeune femme en colère. Harry James Potter, je ne m'excuserai pas pour t'avoir giflé car tu le méritais !
- Je…
- Tu vas m'écouter maintenant ! Je le savais, je le savais que ce n'était pas une bonne idée ! J'étais sûre que ça allait se passer comme ça. Mais non, Miss Granger, vous vous inquiétez trop, Harry ira très bien… Mais bien sûr Mr le Directeur !
Hermione s'était mise à marcher sans logique en bougeant les bras avec force. Harry et Ron échangèrent un regard d'incompréhension.
Elle le vit et pointa le doigt vers Ron qui se recroquevilla.
- Et toi ! Toi ! Tu es sensé être son meilleur ami ! Et tu oses me dire que tu n'as rien vu ?! Je suis furieuse contre toi aussi, Ronald Weasley !
Ron avait très envie de protester mais il se retint, et eut bien raison pour lui-même puisqu'Hermione se détourna de lui pour se placer à nouveau devant Harry.
- Qui es-tu ? lui demanda-t-elle autoritairement.
- Et bien, Harry Darren, répondit Harry.
- Qui es-tu ?! lui demanda-t-elle plus fort.
- Harry Potter mais fils de Severus Rogue, caché sous le nom de Darren Prince, essaya Harry. Hermione, enfin, je ne comprends pas ce…
- QUI – ES – TU ?
- Harry James Darren Potter Prince ! Voilà tu es contente ?! répliqua Harry en commençant à s'énerver lui aussi de ne pas comprendre où elle voulait en venir.
Hermione sembla se calmer. Elle s'assit dans un fauteuil et soupira d'un air las.
- Harry James Darren Potter Prince… murmura-t-elle.
Elle regarda son ami.
- Tu n'es pas Harry Potter caché sous Darren Prince. Tu es les deux à la fois. Et tu es en train de l'oublier.
Harry fronça les sourcils.
- Bien sûr que non, je sais très bien que je suis Harry, dit-il.
Hermione secoua la tête.
- Tu te caches, tu te caches derrière Darren Prince, le bel aristocrate sûr de lui.
- Oui, mais, c'est le but, non ? répondit Harry peu assuré de ce qu'il fallait répondre.
- Tu dois tromper Voldemort, mais tu ne dois pas disparaître pour de vrai !
- Hermione je t'assure que…
La jeune femme se redressa.
- Harry, parle-moi de ce que tu as fait ces deux dernières semaines, demanda-t-elle.
- Ben, tu le sais, j'ai fait des cadeaux à Drago et j'ai travaillé pour avoir le niveau des autres de ma classe. Bon, oui, les cadeaux ont commencé à être un peu trop excentriques mais…
- Harry, rien ne te choque ?
Harry fronça les sourcils à nouveau.
- Je ne vois pas non, répondit-il.
- Et la lutte contre Voldemort ? Et les entraînements ? As-tu seulement fait les exercices de routine comme Sirius et Remus nous l'ont demandé ? T'es-tu entraîné à l'occlumancie ? As-tu réfléchis à quelque chose pour attirer l'attention de Voldemort hors de Poudlard et pour rappeler aux gens que tu es vivant et que tu cherches à le détruire ?
Harry ne répondit rien.
- Je ne sais pas si à Serpentard on est heureux de ne plus avoir l'ennemi de Voldemort dans les pattes, mais dans toutes les autres Maisons, les gens s'inquiètent ! lui dit Hermione, soucieuse. Pendant que tu t'amusais à être quelqu'un d'autre et à embêter Drago, qui a de plus en plus de mal à éviter les problèmes d'ailleurs à cause de tout ça, pendant que tu te caches, les gens parlent et se demandent où est Harry, et s'il va bien, et pourquoi il a disparu ? Et ils se demandent si tu n'as pas juste fuit parce que Voldemort t'aurait foutu la trouille !
- Eh, oh, je… s'insurgea un peu Harry.
- Les gens commencent à douter de toi, Harry ! le coupa son amie. Alors arrête de fuir et sois toi-même ! C'est pour cette raison uniquement que tu es sous une autre identité ! Pas pour jouer les gamins arrogants !
Harry regarda Hermione. Il était à la fois très en colère contre elle et lui-même. Il savait qu'elle avait raison, mais il ne voulait pas qu'elle dise à voix haute ce qu'il essayait de se cacher chaque matin au réveil.
- Harry, s'il te plaît, il faut que…
- Tais-toi et à ton tour de m'écouter.
Sa voix avait claquée avec une autorité vibrante de pouvoir. Hermione eut une expression de surprise, mais Harry ne remarqua rien. Ron était resté silencieux et en retrait mais cela ne lui plaisait pas.
Il s'avança pour essayer de donner son avis sur la question mais Harry l'en empêcha.
- Ecoutez-moi tous les deux. Je sais, d'accord ? Je sais qu'il y a Voldemort dehors. Je sais tout ce que tu m'as dit.
Harry prononçait ses mots entre ses dents, brûlant d'une colère trop forte pour ce qu'elle aurait dû être.
- Je fuis ? Peut-être bien ! admit-il. La seule chose qui est censée me préoccuper à mon âge est de séduire, en l'occurrence Drago, et de réussir mon année ! Dumbledore m'a assez répété qu'il voulait que je vive comme un adolescent et c'est pour cette raison qu'il garde toutes ses informations pour lui !
Il serra les poings.
- Peut-être bien que je préfère ne plus avoir à me soucier de tout, peut-être bien que j'ai envie de laisser à d'autres le soin de s'occuper de Voldemort !
Harry voulait continuer encore, son ton était monté au fur et à mesure qu'il parlait.
- Après tout personne n'a dit encore que c'était à moi de le tuer ! termina-t-il en criant presque.
Hermione se précipita alors vers Harry et le serra contre elle en fondant en larmes. Il ne comprenait plus rien.
- Euh… Hermione ? demanda-t-il prudemment.
- Harry… je suis tellement désolée… murmura son amie entre deux sanglots.
- Bon écoute, ce n'est pas grave, essaya-t-il de dire pour la réconforter. Tu as raison quand même un peu, mais…
- Non, tu ne comprends pas !
Hermione se dégagea d'Harry. Ron s'avança et prit la main de la jeune fille.
- Ron, Hermione… qu'est-ce que vous savez que vous ne m'avez pas dit… demanda Harry lentement, d'une voix sourde et grave.
Ron le regarda.
- Désolé, lui dit-il doucement. On aurait du te le dire plus tôt, mais on ne trouvait pas le bon moment. Ce n'est pas comme si on pouvait débarquer un jour et te balancer ça au visage…
- Me dire quoi ? insista Harry, extrêmement tendu.
- Hermione a surpris des conversations entre ton père et quelques membres de l'Ordre pendant les vacances, répondit son ami. Avant, et après que tu sois parti.
- Et qu'a-t-elle entendu… ? dit Harry sur le même ton grave.
Ron laissa passer un silence, comme s'il espérait que quelque chose arrive et l'empêche de dévoiler cette vérité qui leur faisait peur, et qu'ils désiraient tellement être fausse.
Mais il dut se résoudre à parler.
- Harry, tu es le seul qui pourra vaincre Tu-Sais-Qui. Personne d'autre ne le pourra. Ce sera à toi de… de le tuer.
La voix de Ron avait fini en chuchotement et Harry pouvait lire dans ses yeux qu'il appréhendait sa réaction.
Comme Harry ne bougeait ni ne parlait, Ron essaya il ne savait quoi.
- On était complètement abattus quand on a appris ça. Pas parce qu'on pense que tu ne pourrais pas y arriver, mais parce que ça ne te donne pas le choix… On pensait toujours que tu avais de l'importance vu ce que tu avais accomplis, mais on ne pensait pas que tu serais le seul qui…
Harry sortit avec violence de la Salle sur Demande, sans écouter un mot de plus. Hermione, qui avait tenté de se reprendre, fondit en larmes à nouveau.
- Je… je suis tellement… Et… et il ne peut pas… et il ne peut rien faire… Et…
- Je sais, je sais… chuchota Ron en lui caressant les cheveux.
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Harry avançait à grands pas furieux dans les couloirs. Les gens le regardaient passer en se demandant bien ce qui avait pu mettre le si indifférent Darren Prince dans cet état et cela l'énervait encore plus.
Il arriva à la statue qui gardait l'entrée du bureau du Directeur et ordonna :
- Ouvre-toi.
A nouveau sa voix était vibrante d'une puissance inconnue mais il était trop en colère pour s'en rendre compte. La statue pivota et Harry monta les escaliers jusqu'à la porte sur laquelle il frappa avec violence avant de l'ouvrir sans attendre la permission.
Il remarqua son père les bras croisés et le regard furieux qui semblait tout aussi en colère contre Dumbledore que lui, et bien qu'il ne sache pas ce qui les opposait, il fut bien content d'avoir un allié dans la pièce.
Dumbledore était debout vers une fenêtre, les mains croisées dans le dos, et il regardait vers l'extérieur, l'air fatigué. Harry n'en avait rien à faire.
Severus et lui se tournèrent vers Harry à son arrivée fracassante.
- Harry, que se passe-t-il ? demanda Dumbledore avec amabilité.
Harry crut qu'il allait exploser.
- Je viens d'apprendre, professeur, une chose que vous m'avez cachée, et que j'aurais bien aimé savoir plus tôt !
Severus commença à reculer, ne sachant pas trop si sa présence serait une bonne chose ou non. Son fils avait l'air particulièrement furieux, observa-t-il en reculant vers la sortie.
La voix d'Harry claqua.
- Reste ici, papa, s'il te plaît. J'ai besoin d'un témoin, et de quelqu'un qui sera d'accord avec moi, que c'en est vraiment ASSEZ de ces SECRETS A LA CON !
Harry avait terminé sa phrase en hurlant. Dumbledore s'assit derrière son bureau.
- Qu'y a-t-il Harry, qu'as-tu appris ? Mais avant que tu ne répondes, j'aimerais que tu te souviennes que si je t'ai caché des choses, c'était pour ton bien.
Severus prit bien garde à ne pas se faire remarquer. Il n'avait pas encore deviné ce que son fils avait pu découvrir mais ça avait l'air assez important. Très important.
Il sentait la tension de la pièce monter et dévisageant Harry, il remarqua l'aura de pouvoir qui se dégageait du jeune homme. Severus fronça les sourcils. Ce qui se passait n'était pas très bon signe…
- Pour mon bien ?! POUR MON BIEN ?! était en train de hurler Harry à Dumbledore. NON MAIS VOUS VOUS FICHEZ DE MOI ?!
- Harry, dis-moi ce que tu as appris, et laisse-moi une chance de m'expliquer, d'accord ? tenta Dumbledore.
- Il n'y a rien à expliquer ! Vous n'êtes qu'un manipulateur bien content de contrôler ses pions à sa guise !
Severus sentait son cœur se serrer de voir son fils dans cet état. Mais qu'avait-il donc appris…
- Quand, demanda Harry avec colère, quand aviez-vous l'intention de m'apprendre que ce serait à moi, et à moi seul, de tuer Voldemort ?!
Oh.
Severus grimaça. Ce n'était pas bon du tout.
Severus jeta un coup d'œil à Dumbledore et voyant que les traits de celui-ci semblaient s'être figés dans leur expression précédente, il fut confirmé dans son mauvais pressentiment.
- Je comprends mieux maintenant, je comprends mieux les : Vis comme un adolescent, Harry… TANT QUE TU LE PEUX ! Fais donc l'imbécile, PARCE QUE TU N'EN AURAS BIENT'T PLUS L'OCCASION ! Oh, et ça tombe bien que tu séduises Drago Malefoy PUISQUE TU N'AS PAS EU LE CHOIX DE TOMBER AMOUREUX DE LUI HISTOIRE DE NE PAS TE LAISSER UNE SEULE DECISON POSSIBLE !
Severus trouvait cela insupportable. Un nouveau coup d'œil à Dumbledore lui appris que le directeur se sentait coupable, et comprenait vraiment la rage d'Harry, ce qu'Harry ne voyait pas du tout, tout à sa colère.
- QU'EST-CE QUE CA VA ÊTRE APRES, HEIN ?! VOUS ALLEZ PRENDRE DES FILS, ET M'ENLEVER LES DERNIERES ILLUSIONS QUE JE POURRAIS AVOIR, SUR LE PEU DE CONTR'LE QUE J'AI DE MA VIE, EN FAISANT DE MOI VOTRE MARIONETTE POUR DE BON ?!
- Harry… tenta Dumbledore.
- NON ! JE NE VEUX RIEN SAVOIR, JE NE VEUX RIEN ENTENDRE DE VOUS ! VOUS VOULIEZ ME PROTEGER DE JE NE SAIS QUOI, MAIS C'EST PIRE MAINTENANT !
Harry arrêta de crier et se laissa tomber dans un fauteuil. Ses coudes sur ses genoux, il prit son visage dans ses mains. Severus l'entendit répéter dans un murmure d'une voix brisée :
- C'est pire maintenant…
- Harry…
La voix de Dumbledore était pleine de regret. Il semblait désemparé. Severus s'approcha de son fils, mu par un besoin de le réconforter, mais il ne savait pas quoi faire. Il avança maladroitement la main et la posa sur l'épaule d'Harry dans une tentative d'apporter un quelconque soutien.
Dumbledore se leva de son fauteuil et de sa baguette, il en approcha un autre d'Harry, dans lequel il s'assit, en face du jeune homme.
- Harry, je te demande très sincèrement pardon, murmura-t-il. Je croyais bien faire, mais je suis un vieil homme, et parfois, j'oublie ce que c'est d'être un garçon de ton âge.
Harry ne répondit rien.
- Tu étais trop jeune pour porter ce destin sur tes épaules, et tu étais encore seul pour cela. Je voulais attendre que tu sois assez grand pour tout comprendre, et pour ne pas t'effondrer devant la réalité de la chose. Je voulais aussi que tu aies quelqu'un avec qui partager ce combat, quelqu'un dont j'aurais été certain qu'il ne t'abandonnerait jamais et qui donnerait tout pour te soutenir.
Harry releva la tête et regarda fixement Dumbledore.
- Harry, oui, tu es celui qui devra tuer Voldemort, et personne d'autre ne pourra le faire à ta place. Ceux qui passeront avant toi pourront l'affaiblir mais ce sera à toi et à toi seul de l'achever, lui confirma Dumbledore doucement.
Harry prit une longue inspiration, qu'il expira lentement. Severus ôta sa main pour que son fils ne sente pas ses propres appréhensions.
- Je devrai le détruire par le biais du Rituel, c'est ça ? demanda Harry d'une voix sourde et basse.
- Oui, Harry, répondit Dumbledore.
Le directeur regarda Harry très sérieusement.
- Ecoute-moi, ce que je vais te dire est extrêmement important.
Harry hocha la tête.
- Tu es l'opposé de Voldemort, tu es le Princeps, le Prince du Pouvoir d'Amour face à Voldemort et la Magie des Ténèbres. C'est donc à toi de tout faire pour que Voldemort ne puisse accomplir le Rituel dans son sens, et de mener ceux qui voudront se battre contre lui et ses serviteurs. C'est à toi d'orienter le Rituel pour que l'énergie convoquée aille contre Voldemort.
Dumbledore se rapprocha d'Harry et le jeune compris qu'il fallait qu'il soit très attentif.
- Mais tu es aussi celui qu'on appelle le Catalyseur. Lorsque les héritiers rassembleront l'immense puissance magique du rituel, ce sera à toi de l'envoyer sur lui. Ton rôle ne s'arrête pas à rassembler des gens pour s'opposer à Voldemort et aux siens, et à influencer les héritiers dans ton sens. Il faudra aussi que tu accomplisses l'acte-même d'envoyer la puissance générée par le Rituel sur Voldemort pour le vaincre à jamais.
Harry respira profondément. Il comprenait, il comprenait ce que l'homme lui expliquait, il comprenait enfin quel était son rôle. Il n'avait toujours pas le choix de le refuser, mais au moins, cette fois, il le comprenait. Enfin.
- Le Catalyseur est censé être neutre, une présence simplement là pour véhiculer l'énergie, la canaliser avant de la renvoyer, sans influencer dessus, expliqua Severus. C'est l'un des sens du mot catalyseur : élément qui favorise une réaction sans la modifier.
Harry fronça les sourcils. Il ne comprenait pas tout, ici, mais une pensée apparut dans son esprit :
- Mais alors, nous avons forcément gagné, non ? fit-il remarquer. Si c'est moi qui envoie sur Voldemort, je ne serai pas neutre, je ne pourrai lui envoyer la puissance du Rituel pour qu'il s'en renforce ! Je vais forcément le faire pour le détruire, et…
- Non, Harry, ce n'est pas forcément gagné, le contredit doucement Dumbledore.
Il regarda le jeune homme et ses lèvres s'étirèrent en un faible sourire.
- Ton cœur est pur, et c'est à la fois ta plus grande force et ta plus grande faiblesse, murmura-t-il.
- Que voulez-vous dire ? demanda Harry.
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La porte s'ouvrit alors dans un grand fracas, et la préfète-en-chef Alicia Spinnet déboula dans le bureau, essoufflée et paniquée.
- Professeur ! Il y a une urgence ! Omb… Mrs Ombrage ! Elle…
- Calmez-vous Miss Spinnet, réagit immédiatement Severus tandis que Dumbledore et Harry se levaient.
- Que se passe-t-il, Miss Spinnet ? demanda le directeur à la jeune femme.
- Mrs Ombrage, elle… elle a demandé à tous les enseignants de se réunir dans la salle des professeurs, et elle est en train de renvoyer ceux qui ne lui conviennent pas !
- Pardon ?! s'exclama Severus.
- Elle renvoie tous ceux qui ne sont pas dans sa norme, professeur. Elle a même sorti un mètre pour mesurer le professeur Flitwick, rapporta Alicia affolée.
- Severus, descendez rejoindre vos collègues, je vous rejoins dans une seconde, prononça Dumbledore d'une voix dure qui trahissait son profond désaccord et mécontentement.
Severus jeta un regard à Harry qui semblait avoir retrouvé sa vitalité à en juger par les traits crispés de colère sur son visage, et sortit.
Dumbledore se tourna vers Harry.
- Mr Prince, allez rejoindre vos amis. Je suis désolé, mais nous devrons reprendre notre conversation une autre fois. Miss Spinnet, donnez-moi un instant et allons-y.
Harry hocha la tête et partit. Une fois dans le couloir il se mit à courir vers la salle commune des Gryffondors avant de se souvenir qu'il était sous les traits de Darren.
Mais un coup de chance fit que Ron et Hermione en sortaient.
- Harry, que se passe-t-il ? demanda Hermione en le voyant courir vers eux.
- Suivez-moi ! Vite ! leur lança-t-il.
Il courut jusqu'à son nouveau dortoir, ses deux amis sur ses talons, et en ressortit sa Cape d'invisibilité et la Carte du Maraudeur sur lui. Il était déjà tard pour la soirée et ils n'avaient croisés personne dans les couloirs, à leur grand soulagement.
Harry vérifia qu'il n'y avait personne à la sortie des cachots et mit la Cape sur eux. Ils disparurent, et Harry les mena à la salle des professeurs en marchant à grands pas rapides.
- Harry ! Chuchota Ron.
- Ombrage a commencé son attaque de Poudlard, répondit Harry entre ses dents.
- Que s'est-il passé ? demanda Hermione à voix basse.
- Elle renvoie les professeurs qui ne sont pas assez normaux pour elle…
- Oh Merlin Tout-puissant ! s'exclama Hermione sans élever la voix.
- On arrive, ne faites plus de bruit, dit Ron.
La porte de la salle des professeurs était grande ouverte désormais, sûrement sous l'action de Dumbledore et de Rogue.
Ombrage et le directeur se tenaient à l'entrée face à face, et la femme toute habillée de rose ne semblait nullement se sentir inférieure malgré la grande différence de taille qui se manifestait entre Dumbledore et elle, et on aurait même pu dire, au contraire.
Harry aperçut derrière eux que les professeurs étaient rassemblés et la plupart en colère. Mais quelques uns n'avaient pas l'air à l'aise du tout, et Harry vit que le professeur Trelawney était sur le point de pleurer. McGonagall semblait tenter de la réconforter.
- Madame, disait Dumbledore, énervé. Cessez de me répéter que vous êtes ici sur l'ordre du Ministre lui-même. Vous n'avez aucun droit de renvoyer les enseignants sur le simple fait qu'ils vous déplaisent !
- J'ai ici, par ce parchemin écrit, et signé du MINISTRE lui-même, le droit de disposer du corps enseignant comme je l'entends ! répondit Ombrage, comme si c'était une phrase apprise par cœur et répétée.
D'ailleurs, d'après le soupir exaspéré à peine poliment déguisé de Dumbledore, ce n'était pas la première fois qu'elle le lui rabâchait.
- Madame, vous ne pouvez renvoyer un enseignant qu'après une inspection dont vous aurez pris note et que vous aurez soumise au Conseil d'Administration, qui ensuite prendra une décision en fonction des preuves que vous aurez pu apporter de la non-capacité à l'enseignant concerné d'occuper son poste convenablement.
Harry et Ron échangèrent un regard impressionné mais Hermione hocha la tête simplement, au courant bien sûr de ce type de procédure.
- Dumbledore, je connais parfaitement le règlement de l'école ! Toutefois, j'ai ici, par ce parchemin écrit et signé du MINI…
- Madame, je refuse de vous laisser renvoyer mes enseignants sans une raison valable, écrite, et prouvée ! l'interrompit sèchement Dumbledore, à la surprise de la plupart des spectateurs.
- Et bien attendez-vous à recevoir ces rapports très bientôt ! répondit Ombrage avec une voix qui devenait plus aigue tandis qu'elle commençait à s'emporter.
- Très bien, je les attends dans mon bureau ! répliqua Dumbledore qui commençait aussi à perdre son sang-froid.
Ombrage tourna les talons, sortit de la salle, et s'éloigna en criant presque :
- Vous n'avez pas fini d'en entendre parler !
Le silence se fit et la tension ne se relâcha que lorsqu'Ombrage eut disparu au détour d'un couloir. La plupart des professeurs et Dumbledore lâchèrent de longs soupirs fatigués et soulagés.
Le directeur adressa quelques mots aux enseignants, rassura ceux qui avaient vu leur renvoi s'approcher d'un peu trop près, et confia à McGonagall le soin de raccompagner Trelawney dans ses appartements.
Il sortit ensuite et regarda Harry dans les yeux un instant avant de continuer son chemin. Ron s'inquiéta une seconde mais Harry rappela que ce n'était pas la première fois que Dumbledore les voyait sous la Cape d'Invisibilité.
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Les trois jeunes sorciers se dirigèrent vers la Salle sur Demande en silence, plongés dans leurs pensées, perturbés par la scène à laquelle ils avaient assisté.
- Croyez-vous qu'elle réussira à renvoyer des professeurs ? demanda Harry après qu'ils se soient assis dans leurs fauteuils près de la cheminée.
- J'aimerais répondre qu'elle ne trouvera rien, mais j'ai bien peur qu'elle ne réussisse à créer des excuses et des raisons qui justifieraient des renvois, répondit Hermione.
Ron et Hermione se mirent à échanger sur les différents enseignants, essayant d'estimer lesquels avaient le plus à craindre des agissements d'Ombrage mais Harry cessa de les écouter.
Il réfléchissait à ses actions, à son attitude. Il réfléchissait à ce qu'Hermione lui avait dit, à ce qu'il avait découvert, il réfléchissait aux implications et responsabilités de son rôle. Il se leva soudainement et salua Ron et Hermione distraitement en leur disant qu'il fallait qu'il voie quelqu'un.
Il se dirigea vers les appartements de Sirius et Remus et frappa à la porte. Il était tard mais il ne doutait pas qu'ils soient réveillés. Il y eut du bruit et du mouvement à l'intérieur, et Remus ouvrit.
- Ah, bonsoir Darren ! salua Remus en souriant. Que nous vaut le plaisir de ta visite ?
- Hum… je suis désolé si je vous dérange, mais…
- Tu ne nous déranges pas, entre !
Harry pénétra dans les appartements des deux Maraudeurs et Remus ferma la porte derrière lui après avoir jeté un œil alentours pour vérifier que personne n'avait vu Harry entrer.
Sirius sortit de la chambre au fond et étreignit affectueusement Harry.
- Bonsoir, Harry, je suis bien content de te voir ! Tu nous as manqué, tu étais parti chez Rogue, et après on n'a pas eu l'occasion de se croiser, alors…
Harry baissa les yeux. Sirius n'avait pas voulu lui reprocher quoi que ce soit, mais ses paroles avaient rappelé à Harry ce qu'Hermione lui avait dit plus tôt dans la soirée, et il se sentait mal.
Il marmonna des excuses que les deux Maraudeurs entendirent et ils échangèrent un regard.
- Qu'y a-t-il Harry, demanda Remus, pourquoi t'excuses-tu ?
Harry évoqua alors les reproches d'Hermione et s'excusa à nouveau avec une petite voix. Sirius lui ébouriffa alors les cheveux et éclata de son rire si particulier.
- Ah, mais je ne t'en veux pas le moins du monde, personnellement ! J'ai tellement ri cette semaine, à te voir sortir des idées de plus en plus extravagantes ! C'était un vrai spectacle, hahaha !
- Ce que Sirius essaie de dire, ajouta Remus en levant les yeux au ciel, c'est que tu n'as pas à te sentir désolé, et que nous comprenons tout à fait que tu aies eu envie de consacrer du temps à ta vie sentimentale, même si tu l'as fait de façon… inattendue.
Harry les regarda tous les deux avec gratitude.
Ils s'installèrent dans le canapé et Remus prépara à boire pour tous les trois. Ils restèrent silencieux un instant, et puis Harry se lança.
Il leur raconta ce qu'il avait découvert, ses doutes, des questionnements, ses envies, ses peurs. Il essaya de leur dire ce qu'il ressentait. Et eux l'écoutèrent, et essayèrent de le conseiller et de lui apporter le réconfort dont il avait besoin à ce moment.
Quand il repartit, ils étaient heureux qu'Harry ait eu envie de se confier à eux, et soit venu les voir, mais, s'ils ne l'avaient pas montré, l'inquiétude les prit tout de même, et ils espérèrent que les choses évolueraient pour le mieux.
Mais l'horizon ne semblait pas très éclairé, en particulier avec cette première action d'Ombrage, qui ne serait sûrement pas la dernière...
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La nuit était déjà bien entamée quand Harry retourna au dortoir des Serpentards après avoir parlé avec Ron et Hermione pour s'excuser auprès d'eux et leur promettre de se reprendre.
Drago ne dormait pas et semblait attendre de le voir rentrer pour se détendre. Le jeune homme était assis devant la cheminée, un livre à la main, élégant comme toujours. Il releva la tête à l'arrivée d'Harry et jeta un coup d'œil rapide autour de lui, avant de lui adresser un regard teinté du soulagement de le voir enfin.
Il n'y avait personne dans la salle commune et Harry s'approcha de lui. Se penchant, il appuya ses coudes sur le dossier du fauteuil et regarda ce que Drago lisait.
- Un livre Moldu ? S'étonna Harry à voix basse en découvrant que Drago Malefoy lisait une pièce de Shakespeare, en l'occurrence,Macbeth.
- Shakespeare n'était pas un Moldu, inculte, répondit Drago sans méchanceté. Et de toute manière, l'éducation d'un aristocrate passe aussi par des éléments de la culture et des activités Moldues, même si on ne s'en vante pas, étant donné nos avis tranchés sur la question du sang…
Harry crut entendre une pointe de rancœur et de cynisme dans sa voix.
- Tu m'attendais ? demanda Harry en chuchotant.
- Pff, tu n'es pas le centre du monde ! Je lisais c'est tout, répliqua immédiatement Drago en haussant les épaules d'un air faussement décontracté.
Harry attendit sans ajouter quoi que ce soit, et sourit en voyant Drago fermer son livre, soupirer, et détourner son visage en murmurant :
- Bien sûr que je t'attendais. Je n'aime pas ne pas savoir où tu es, surtout quand il est tard. Et on a besoin de parler.
Harry haussa les sourcils, surpris que Drago, de lui-même, déclare qu'il voulait une conversation sérieuse avec lui.
- Oh, ça va ! réagit Drago fasse à cette surprise non déguisée. C'est à propos de ce qu'il s'est passé ces derniers temps.
- Moi aussi je voulais en parler avec toi. Hermione m'a sérieusement engueulé ce soir à propos de mon attitude depuis la rentrée.
- Bien fait. Granger serait bien plus douée pour diriger que toi. Mais si tu lui répètes que je t'ai dit ça, je te tue.
- C'est ça, répondit Harry amusé.
Harry se sentait mieux d'avoir parlé avec Sirius et Remus, il se sentait plus apaisé. Et puis, il était avec Drago, et cela allait toujours mieux lorsqu'il était près de lui. Surtout lorsque Drago laissait de côté son orgueil démesuré et qu'il s'ouvrait à la discussion.
- Ne rigole pas, je suis sérieux. J'ai ma fierté, et après avoir balancé tout ce que j'ai pu lui balancer, je ne peux décemment pas dire à Granger quelque chose de positif sans me couvrir de ridicule.
- Mais pas du tout, enfin… répondit Harry en levant les yeux au ciel, sans se départir de son sourire.
Ils étaient bien. Ils étaient calmes et légers. Harry sentit que s'ils parvenaient à garder cette atmosphère, la discussion qu'ils devaient avoir pourrait très bien se passer.
- Je suis désolé de m'être comporté comme un idiot ces deux dernières semaines… murmura Harry, toujours appuyé contre le dossier du fauteuil dans lequel était assis Drago.
- Je ne t'ai pas vraiment aidé à arrêter, alors je propose qu'on oublie et qu'on avance.
- Merci. J'ai bien aimé tes cadeaux tu sais, ajouta Harry.
- Moi aussi. Même les plus fous des derniers jours, répondit Drago en esquissant un sourire.
- Tu as gardé l'animal bizarre que je t'avais trouvé dans la Forêt Interdite ? demanda Harry en se retenant de rigoler.
- Tu es allé jusque là-bas ? Et non je ne l'ai pas gardé, sans vouloir te vexer, mais il m'a sauté au visage et j'ai bien eu peur qu'il ne me défigure à jamais. Ce truc avait des griffes au bout de ses pattes bizarres je te signale !
Harry laissa échapper son rire.
- Ce n'est absolument pas drôle. Non mais quelle idée aussi… On n'offre pas un monstre dangereux à son petit ami !
Le silence s'imposa soudainement.
- Alors, tu veux bien sortir avec moi ? demanda Harry en exagérant le ton timide qu'il employait alors pour détendre l'atmosphère qui s'était tendue un instant.
Drago ne répondit pas tout de suite et Harry se mordit la lèvre.
- Bien sûr que oui, idiot… répondit Drago d'une voix si basse qu'il se demanda si Harry l'avait entendue.
Mais Harry avait très bien entendu. Il se pencha et déposa un doux baiser sur la joue de Drago qui rosit tandis qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres sans qu'il ne s'en rende compte. Harry eut un petit rire et Drago détourna le visage ostensiblement en boudant, ce qui ne fit qu'accentuer l'hilarité d'Harry.
Un instant passa en silence à nouveau, tranquillement.
- Et si on sortait ensembles en secret ? dit Drago doucement.
Harry ne répondit pas tout de suite, réfléchissant aux raisons qui motivaient la demande de Drago. Celui-ci les lui donna sans qu'il n'ait le temps de demander.
- Je ne voudrais pas que mes parents soient au courant.
- D'accord, ne t'inquiète pas, je comprends.
- Et je pense que ce ne serait pas une bonne chose que le Seigneur des Ténèbres l'apprenne également.
- Heu, pourquoi ? Enfin, je ne dis pas que j'ai particulièrement envie de lui raconter ma vie mais…
- On ne sait jamais, il ne vaut mieux pas trop qu'il soit au courant je crois…
- Oui, tu as raison, gardons ça pour nous. …Et puis… c'est excitant le secret…
Harry avait susurré ces derniers mots en rapprochant son visage de celui de Drago. Celui-ci tourna la tête en s'apprêtant à faire une remarque mais il n'eut rien le temps de dire, car Harry l'embrassait furtivement, un sourire malicieux aux lèvres. Drago fit une fausse grimace mais sourit à son tour.
Harry caressa délicatement la joue du Serpentard et se releva avant de retourner dans sa chambre. Drago resta immobile un instant, les yeux dans le vague. Puis il se leva et alla dans sa propre chambre.
Il était couché depuis peu quand il sentit une présence, et en l'espace d'un court instant, il se retrouva dans les bras d'un corps au contact agréable. Souriant d'aise, Drago ferma les yeux et se laissa aller contre Harry qui s'était glissé dans son lit et dont la main caressait tendrement son bras.
Juste avant qu'ils ne s'endorment, Harry murmura d'une voie un peu ensommeillée :
- Tu ne viendras pas à Pré-au-Lard demain, alors, j'imagine ?
Drago ne répondit rien, endormi.
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Harry passa la meilleure nuit qu'il ait eue depuis le mois de juin dernier, mais il se réveilla quand même à l'aube, par habitude sûrement, estima-t-il.
Il se leva silencieusement sans réveiller Drago toujours plongé dans un sommeil profond, et le regarda longuement. Il fit glisser tendrement sa main sur le visage du Serpentard endormi et quitta la chambre.
On était samedi, et ni Théodore ni Blaise n'étaient réveillés. Harry mit de quoi écrire dans son sac et y mit aussi sa Carte et sa Cape avant de sortir du dortoir, puis de la salle commune, déserte.
Il monta à la bibliothèque et s'installa à une table au fond, près des livres d'Histoire. Harry avait décidé de chercher par lui-même, et pour de bon cette fois. C'était fini de faire semblant.
Il passa un bon moment à prendre en note les passages qui parlaient des Fondateurs et de leur Rituel, et ceux qui relataient les grandes périodes noires de l'Histoire des Sorciers.
Apparemment, cela se passait toujours plus ou moins de la même manière : une manifestation de magie noire apparaissait, mais il fallait apparemment qu'elle se soit montrée vraiment dangereuse et qu'on ait essayé sans succès de la détruire pour qu'apparaisse une manifestation opposée destinée à détruire la première.
D'après ses découvertes, Harry découvrit que cela ne s'était jamais vu d'avoir l'un des camps être impliqué aussi dans le Rituel lui-même, comme c'était apparemment le cas pour lui.
Le Catalyseur, comme Dumbledore l'avait nommé, était neutre d'habitude, et complètement impossible à influencer. Il était juste là pour recentrer la magie et la véhiculer, comme l'avait dit le directeur.
Donc, une fois encore, conclut Harry en posant sa plume et relisant ses notes, je ne fais pas les choses comme tout le monde.
Hermione arriva bientôt à la bibliothèque, comme elle en avait l'habitude, mais elle avait traîné Ron avec elle, ayant reçu la note qu'Harry lui avait envoyée à une heure décente.
Ils s'installèrent ensembles en faisant attention aux éventuels arrivants et en jetant des sorts d'insonorisation autour d'eux.
- Alors, tu as trouvé quelque chose ? demanda Hermione.
Harry leur fit un résumé, de ce que Dumbledore lui avait expliqué la veille et de ce qu'il avait trouvé, et Hermione se chargea de compléter et de répondre aux questions auxquelles elle pouvait apporter une réponse.
Mais ils furent interrompus par l'arrivée d'une bande de Serpentards de sixième année qui avaient décidé de fouiner vers la Réserve. Harry ne voulant pas être vu en compagnie de Ron et Hermione se cacha rapidement sous sa Cape avec ses affaires. Hermione lui glissa qu'il y avait une réunion avec Sirius et Remus dans la Salle sur Demande en fin de matinée, et il partit.
Une fois dans le couloir, il ôta sa cape. Il décida alors d'aller dans le parc, même s'il faisait encore froid dehors. Il avait besoin de se changer un peu les idées.
Il était content de la réunion qui aurait lieu dans quelques heures et inspira profondément l'air frais tandis qu'il décidait fermement de se reprendre en main, et de déclarer pour de bon la guerre à Voldemort.
L'heure d'aller à ladite réunion dans la Salle sur Demande arriva assez vite, et Harry s'y rendit en faisant attention de ne pas se faire remarquer. Il était à l'heure, mais plusieurs personnes étaient déjà présentes, dont Ron et Hermione, et Sirius et Remus.
Il salua Ginny et Neville, appuyés contre un mur main dans la main, salua aussi les jumeaux Weasley qui discutaient un peu à côté, et aperçut Luna au fond de la salle, apparemment absorbée dans l'admiration d'une créature invisible.
Harry vit alors Drago arriver, et en fut ravi, et Blaise, Théodore, entrèrent avec lui, ainsi que Daphné pour les Serpentards, ce qui le surprit. Il découvrit ensuite avec étonnement qu'Ernie et Justin de Poufsouffle et Anthony de Serdaigle avaient aussi été conviés.
Hermione avoua alors à son ami ce qu'elle avait comploté dans son dos, et que chaque personne présente savait à peu près tout, excepté sa parenté avec Severus Rogue, qui était la seule chose que la jeune fille ne se permettait pas de révéler.
Harry voulut lui reprocher tout de même ce qu'elle avait fait, mais il n'en eut pas le temps. Sirius demanda le silence et l'attention de tous ceux présents, et prit la parole.
- Bonjour et bienvenue à tous. Toutes les personnes ici connaissent la localisation exacte de notre héros national, Harry Potter, lança-t-il d'un air goguenard.
Il y eut des sourires entendus et des regards se tournèrent vers Harry qui leva les yeux au ciel, d'une façon tout à fait élégante, d'après Blaise.
- Miss Hermione Granger ici présente, a été l'investigatrice de notre petit groupe qui s'est appelé au départ pour rire, l'Armée de Potter. Mais le nom semble être resté, et…
- On ne pourrait pas le changer ? intervint Harry. Sérieusement, vous voulez vraiment vous appeler l'Armée de Potter ?!
Il venait d'apprendre que c'était le nom qu'ils s'étaient donnés, et détestait déjà.
- Oui, c'est vrai, c'est vraiment nul comme nom, ajouta Fred.
- On n'a pas envie d'avoir pour chef un petit binoclard, renchérit Georges.
- La question se pose du nom, pas du chef, parce que le chef, c'est Harry et c'est tout, ajouta Ron comme si c'était une évidence absolue.
- Euh… fut la seule chose qu'Harry pour répondre à tout cela.
- On peut avancer ? demanda Hermione en s'agaçant un peu.
Elle n'avait pas prévu de s'attirer ainsi des remarques moqueuses mais montra qu'elle n'en avait rien à faire en haussant les épaules avec un air d'indifférence.
Remus reprit la direction de la conversation.
- Harry, tu as une autre idée de nom à proposer ?
- Tout d'abord, pourquoi tenez-vous à ce point à avoir un nom ?
- Parce qu'on est une organisation, une association, un groupe, et qu'il nous faut une identité, répondit Hermione.
- Mais on est un groupe de quoi ? demanda Harry.
- Ben, de défense et de réplique contre Voldemort, répondit Ron.
Harry le regarda soudainement. C'était la première fois qu'il entendait Ron dire le nom de Voldemort sans frémir. Ron eut un sourire un peu gêné.
- Je me suis entraîné, avoua le jeune homme.
Un immense sourire s'étira sur le visage d'Harry.
- Si tu veux, Harry, on est un peu comme l'Ordre du Phoenix, mais en plus jeune, donc plus actifs et plus efficaces, dit Ginny en lançant une grimace moqueuse à Sirius.
Sirius fit mine d'être théâtralement blessé par sa remarque et les gens rirent.
- Et bien, on pourrait s'appeler l'Armée du Phoenix, alors, intervint Neville.
Tout le monde le regarda.
- Enfin, je dis ça, je…
- Mais c'est une très bonne idée ça, Neville, réagit aussitôt Harry, qui avait surtout envie qu'on arrête d'utiliser son nom.
- Oui, je trouve aussi, renchérit Hermione plus sérieusement. Je propose qu'on vote : qui est d'accord ?
Tout le monde leva la main. Hermione sortit son parchemin et changea le nom dessus. Elle jeta un œil aux noms inscrits dessus et le tendit avec la plume à Ginny à côté d'elle.
- Je propose que l'on signe tous, dit-elle, et qu'ensuite on applique un sortilège qui nous empêchera de révéler quoi que ce soit.
- Tu ne nous fais pas confiance ? dit Ernie, un peu outré.
- Ce n'est pas ça, c'est au cas où, expliqua Hermione. Je ferai en sorte que vous ne puissiez rien dévoiler même si vous êtes forcés à le faire.
- Attends, si tu as l'intention de nous tuer si on tente de dire quoi que ce soit, Hermione… commença Fred.
- Non, je ne veux pas vous tuer, enfin ! répondit la jeune femme.
- … On a de très bons produits pour ça, termina Georges, hilare, tout comme son frère.
- C'est malin, dit Ginny en levant les yeux au ciel.
Sirius et Blaise trouvaient la blague particulièrement drôle, mais ils furent les seuls à ne pas la trouver débile.
Tout le monde signa, et Hermione annonça qu'elle aurait mis le sortilège le soir même. Harry se sentit tout de même rassuré. Il trouvait que de mettre autant de monde au courant était une prise de risque, mais si Hermione enchantait le parchemin pour assurer le silence de tous, il se faisait moins de souci.
Sirius et Remus leurs donnèrent quelques conseils, et annoncèrent qu'ils commenceraient des entraînements secrets dès le mercredi soir suivant, après l'entraînement de Quidditch des Poufsouffles. Tout le monde fut ravi du projet, et ils discutèrent un instant de la façon de partager l'information sans risquer que cela parvienne aux oreilles d'Ombrage.
Les deux Maraudeurs partirent ensuite en leur souhaitant bonne chance et bon courage. Harry s'étonna de les voir s'en aller. Le voyant, Hermione répondit à sa question muette :
- Ils sont d'accords pour nous laisser nous débrouiller, ils trouvent même que c'est mieux pour nous, expliqua-t-elle, et ils ont été d'accord pour nous laisser tranquilles avec nos projets, à condition qu'on leur dise lorsqu'on voulait faire quelque chose de dangereux ou hors de Poudlard.
Harry sourit, ravi qu'ils soient pris sérieusement.
- Bien, enchaîna-t-il en prenant la tête des opérations sans s'en rendre compte. Alors, si nous sommes une sorte d'Ordre du Phoenix, ça veut dire qu'il va nous falloir rassembler des informations et mettre au point des plans d'actions. Je suggère que l'on commence par agir à Poudlard avant de chercher à agir dehors. Nous sommes trop peu nombreux encore, et nous avons besoin de davantage d'entraînements et de monde entraîné.
Ron et Hermione échangèrent un regard, très heureux de le voir ainsi déterminé, et appuyèrent ses propos.
L'heure suivante se passa à établir ce qu'ils avaient besoin de faire, et leurs capacités.
Ils étaient tous d'accord sur le fait qu'il allait falloir rapidement contrer Ombrage, et Harry leur relata la scène à laquelle il avait assisté avec ses deux meilleurs amis la veille.
Théodore suggéra alors que, comme toutes les Maisons étaient représentées, chacun s'arrange pour faire passer le message au sein de la sienne, que lorsqu'Ombrage inspectait les professeurs, il fallait être impeccable pour que le « Crapaud Rose », comme ils se mirent tous à l'appeler, n'ait rien à reprocher à l'enseignant concerné.
La proposition fut adoptée par tout le monde et on passa aux idées pour faire de la vie d'Ombrage un enfer en espérant qu'elle parte d'elle-même, même si personne n'y croyait vraiment.
Les jumeaux furent chargés de mener cette opération sur le long terme grâce à leurs farces et attrapes, et Harry les enjoignit de se défouler sur leurs produits en leur promettant de leur fournir les fonds nécessaires.
Luna, qui observait tout différemment de tout le monde, fut chargée de rapporter des informations en tous genres, et les préfets présents : Ernie, Hermione, et Daphné, furent chargés d'obtenir des informations au sujet des professeurs et des éventuelles décisions et actions administratives.
Théodore, qui répétait régulièrement aux fils de Mangemorts qu'il faisait semblant d'être ami avec les autres Maisons, proposa de se tenir au courant de leurs actions et de celles de leurs parents.
Harry déclara alors qu'il fallait s'infiltrer dans leur groupe plus qu'ils ne l'avaient fait jusque-là, et Drago suggéra qu'il le fasse. En tant que nouvel élève, et déjà en position de pouvoir, il était bien placé pour s'imposer à la tête de ces futurs partisans de Voldemort.
Avec Théodore faisant mine d'espionner les amis d'Harry Potter pour eux, et Harry en prenant le contrôle, ils estimèrent qu'ils réussiraient ainsi non seulement à glaner assez d'informations, mais aussi à empêcher de se laisser surprendre par ce petit groupe de Serpentards.
Justin et Blaise s'entendaient bien avec les gens, et ils furent chargés de récolter les rumeurs et les conversations des élèves les plus âgés, tandis que Ginny s'occuperait des plus jeunes, dont elle était plutôt appréciée.
Anthony et Neville se proposèrent pour trouver des moyens de communication discrets et connus d'eux seuls, ainsi que pour créer des codes et signaux.
Une autre tâche attendait la plupart d'entre eux. Avec l'aide de Luna, ils décidèrent de convaincre le père de cette dernière de leur consacrer des premières pages du Chicaneur lorsqu'ils le demanderaient, et pour y écrire et faire passer des articles.
Hermione estimait que, non seulement tous les élèves, mais aussi de nombreux sorciers, se mettraient à lire le Chicaneur s'il était le seul journal à parler d'Harry Potter et de la lutte contre Voldemort, surtout si les articles se mettaient à sonner plus réalistes que ce à quoi on avait l'habitude.
L'heure du repas arrivant, ils se séparèrent, dans l'enthousiasme de leurs projets, et de cette mise en marche d'actions concrètes. Ils voulaient tous lutter contre Voldemort, et étaient ravis et satisfaits de pouvoir enfin prendre leurs vies en main, et de pouvoir enfin agir.
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Explication du titre [L'Armée du Phénix] :
Le chapitre voit la formation réelle et la mise en route de ce groupe de jeunes qui veulent s'engager contre Voldemort, et prennent leur nom. C'est assez important pour mériter d'être en titre de chapitre.
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Remarques sur ce chapitre :
Je ne me souviens plus où j'ai entendu le mot « Catalyseur » pour la première fois, ni pourquoi je l'avais choisi au départ. Cela me perturbait, parce que j'ai réalisé que je ne savais pas ce qu'il voulait dire. En cherchant, je me suis aperçue que même si ce n'était pas ce que j'avais en tête, le mot correspondait tout de même au concept, alors je l'ai gardé.
Harry réalise qu'il ne peut échapper à son destin, et à devoir se battre contre Voldemort, et prend les choses en main. L'action d'Ombrage est présente dans ce chapitre pour le ramener aussi à la réalité, et l'empêcher de prendre le temps dont il aurait plus eu besoin pour réfléchir. Mais il n'en a pas le luxe ou le loisir, et il l'accepte.
Il l'accepte assez facilement, finalement : parce que même s'il ne connaît pas encore les raisons de son rôle, il sait désormais quel il est, et ce qu'il doit faire, et cela non seulement le réconforte et permet d'être moins perdu dans des questions sans réponses, mais aussi lui donne un but, une direction, et cela rend les choses plus faciles. Aussi parce qu'il réalise qu'il le savait finalement déjà, et parce qu'il sait qu'il est fait pour cela et que les choses n'auraient pu être autrement.
De plus, sa réaction face à Dumbledore lui permit de tout évacuer, et d'ôter le poids de sa colère. Il voulait des réponses, il en a enfin, et maintenant, il va pouvoir agir. Et il est d'accord avec ça.
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Questions de fin de chapitre :
Les jeunes sorciers vont-ils réussir à chasser ou stopper Ombrage ? Comment ? Sirius et Remus parviendront-ils à monter leurs entraînements sans qu'Ombrage ne s'en aperçoivent ?
Harry va-t-il pouvoir prendre le contrôle des fils de Mangemorts et partisans de Voldemort de Poudlard ?
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Remarques références :
*Harry Potter et l'Ordre du Phénix (Tome 5) :
Dumbledore s'excuse d'avoir voulu accorder à Harry du temps à vivre sans se soucier du destin qui pèse sur ses épaules, et s'excuse d'avoir trop attendu avant de lui parler
Ombrage s'en prend aux professeurs qui ne sont pas assez dans la norme â son goût (mesurer Flitwick, tentative de renvoi de Trelawney, opposition de Dumbledore)
Entraînements secrets pour se préparer à l'extérieur, à l'insu d'Ombrage
Réplique de Ginny donnée à Ron : affirmation d'Harry à leur tête
Réplique de Ginny : passer de l'Armée de Dumbledore à Association de Défense, mêmes initiales mais moins provocateur, donnée à Neville : passer de l'Armée de Potter à l'Armée du Phénix, même principe. (Pour compenser, réplique donnée à Ginny : lien entre l'Armée du Phénix et l'Ordre du Phénix)
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Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Les Malefoy], les jeunes sorciers continueront d'essayer de mettre leurs projets en place, et prépareront leurs premières actions, mais une vision de Voldemort viendra perturber les choses…
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