Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre : Hurt/confort/Amitié.
Lectrice 01 : Arlia Eien.
Acteurs : Duo, Hilde, Heero, Trowa, Relena, Pagan, Wufei, Quatre.
Début d'écriture juillet 2010
Attention dans ce chapitre il y a des scènes qui peuvent heurter la sensibilité des jeunes.
Tout n'est pas permis.
Chapitre 21
Maxwell ferme les yeux pour donner l'impression qu'il dort et se concentre sur les bruits aux alentours. Est-ce que c'est sa nuit blanche qui a eu raison de lui ? Il n'en sait rien. Il n'a pas l'impression de s'être endormi pourtant. Ce qui le réveille, c'est de se faire enfoncer un bâillon dans la bouche.
Le temps qu'il se ressaisisse, il sent à nouveau un coup se faire sous l'aisselle.
En moins de deux minutes, il a les mains ligotées au lit, alors que les mains calleuses passent sous l'élastique du boxer et du pantalon de pyjama. Il se doutait que cette protection supplémentaire ne l'arrêterait pas longtemps, seulement il avait espéré avoir le temps qu'il lui ôte le dessus pour récupérer l'usage de son corps. Il ne pensait pas qu'il lui laisserait. Il avait trop apprécié le caresser pendant l'acte pour lui laisser.
Une fois de plus, il a mal jugé son adversaire et le temps qu'il aurait eu pour lui tenir tête.
Il récupère l'usage de son corps après être complètement entravé comme la veille. Il sent le postérieur dénudé de Yuy s'asseoir sur ses cuisses, ses mains calleuses lui remonter le dessus du pyjama pour le passer au-dessus de sa tête, à la fin de ce geste, il allume la lampe de chevet.
Puis il redescend les mains vers ses reins. La bouche du brun vient l'embrasser dans le cou, les omoplates. Maxwell se dandine pour essayer de se soustraire à cette torture. Le dégoût et les nausées le reprennent. Tant d'attentions lui font monter la bile dans la gorge quand le métis arrive avec sa bouche à la naissance des reins.
Heero descend de ses cuisses pour se coucher à côté de lui. Duo s'étonne de sentir déjà un doigt dans son intimité. Il ne sait pas à quel moment, il l'a introduit.
Le brun le regarde tendrement.
-« J'ai voulu te réchauffer un peu mais tu n'as pas l'air d'apprécier. » Dit-il.
Duo secoue la tête.
-« Tu as vraiment cru qu'un morceau de tissu te protégerait ? Qu'on ne ferait pas l'amour ? Pourtant je t'avais dit que je reviendrai. Ce n'est pas gentil d'avoir été prévenir la police. » Continue Yuy en bougeant le doigt dans son intimité.
Maxwell est partagé dans ses sentiments. Il est heureux de l'entendre tout déballer et dégoûté de se rendre compte qu'il n'échappera pas à son bourreau une nouvelle fois.
On ne pourra même pas l'accuser d'orienter la discussion, il raconte tout totalement seul. Pourtant chaque doigt supplémentaire lui arrache un haut le cœur.
Duo essaye de se détacher de ce qu'on lui fait comme à l'époque des tortures. Son esprit part auprès de Hilde à l'époque où il était heureux, avant qu'il ne sache qu'elle ne l'accompagnerait pas sur Terre. Parce que Camille, il l'a aimée dans le ventre de sa mère, même s'il ne l'a jamais montré. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être expansif au-delà d'un simple geste.
Une douleur plus vive le tire de ses rêveries. Le sexe d'Heero commençant son entrée. Il a l'impression que cela a été beaucoup plus vite qu'hier, d'un autre côté, il a cessé de lutter sachant que cela ne servait à rien.
Seulement cette sensation est pire que le reste. Sentir les mains d'Heero le caresser, la respiration s'accélérer, les baisers sur son cou, sur ses joues dès qu'il tourne la tête, le brun vient de l'autre côté.
C'est pire que les tortures d'Oz, il préfèrerait le fouet à cela.
Le rythme s'accélère jusqu'au moment où le métis s'écrase sur lui satisfait. Duo réalise que ce moment est encore pire, il voudrait qu'il se retire rapidement et non toute cette tendresse excessive. Pourtant avec Hilde, il aimait ces moments d'intimité, comme avec Relena.
Yuy s'extrait enfin de son corps. Duo le voit retirer le préservatif, faire le nœud et le jeter dans le sac. Il remet son boxer et son short, il vient s'asseoir sur le lit.
Le natté s'attend à recevoir le coup qui va le paralyser. Même pas, Heero se penche pour retirer son ordinateur. La panique prend Duo.
-« Je l'avais repéré au début, le câble le long de la plinthe et la ventilation s'est mise en route à un moment donné. J'avais espéré que croire que tu me piégeais t'aiderait à te relaxer, que tu apprécierais plus. » Commence Yuy en effaçant tout ce qu'il vient d'enregistrer.
Il utilise son t-shirt pour ne pas laisser des traces de doigts.
Puis il se tourne vers Duo et lui sourit. Il lui caresse le dos jusqu'aux reins et vient lui flatter le fessier avant de reprendre.
-« Je trouve que ça met du piquant en plus. Ca me plait que tu cherches à me piéger. Je trouve que le challenge est encore plus agréable et satisfaisant. Je te le laisserai le couper. » Conclut Heero en remettant le portable à sa place sous le lit.
Yuy vient l'embrasser sur le nez.
-« Tu sais que j'ai encore envie de toi. Si j'avais le temps, je te ferai encore l'amour, en plus comme tu es déjà dilaté ça irait vite. »
Maxwell secoue la tête, tire sur ses liens pour s'éloigner. Non, pas deux fois directement, surtout qu'il sait qu'il n'a plus de preuves.
-« Chut, je n'ai pas le temps. Je dois être rentré avant que Trowa ne se réveille. » Avoue-t-il en l'embrassant une nouvelle fois sur le nez.
Heero se lève, passe son t-shirt et assène un coup à Maxwell. Il retire les liens rapidement qu'il jette dans le sac. Il le ramasse et va vers la porte.
-« A demain. » Dit-il avant d'ouvrir.
Les larmes arrivent aux yeux du natté. Non, il ne veut pas une troisième nuit pareille. Il n'aurait pas la force de supporter encore cela. Seulement, il n'y a aucune solution. Il ne voit pas ce qu'il pourrait faire pour le piéger. Il a été idiot de croire qu'il était supérieur au métis.
Demain, il resterait avec Rudy, Heero n'oserait pas venir le chercher là-bas. Il circulerait toujours avec quelqu'un. Sentant qu'il récupère l'usage de ses muscles. Duo se lève pour aller chercher ses affaires de douche. Il n'a aucune preuve à transmettre, on l'accuserait encore de mentir s'il se rend à l'hôpital pour faire constater les faits.
C'est déjà assez humiliant comme cela sans devoir en plus subir les sarcasmes des médecins, des policiers.
Il passe une demi-heure sous la douche à se récurer. Il se rhabille pour se rendre chez Rudy. Il ne saurait pas dormir dans cette chambre.
Peut-être qu'il pourrait demander un autre appartement, le 527 est libre. Il ne veut pas fuir, seulement il a vraiment été stupide de vouloir essayer d'amener d'autres preuves, il aurait mieux fait d'écouter Rudy, il est la sagesse.
C'est dans cet état d'esprit que Duo vient frapper à la porte de l'appartement de son ami. Elle s'ouvre rapidement sur l'homme.
-« Tu viens chercher ma voiture ? » Demande-t-il plein d'espoir.
Maxwell secoue la tête.
-« Il a trouvé le portable, il a tout effacé ! Je suis un imbécile. »
Rudy écarte légèrement les bras et le natté se précipite contre son torse. L'homme le serre contre lui et le pousse vers l'intérieur. Cela ne sert à rien de le réprimander ou lui dire qu'il l'avait prévenu. Il voit bien qu'il est détruit par cette histoire.
-« Tu crois qu'on peut me donner un autre appartement ? » Demande d'une petite voix le natté.
Rudy se sent soulagé, il a cru un moment qu'il allait fuir, cela lui ressemblait pas seulement cela aurait été une attitude plus saine.
-« Je vais m'arranger. Cette fois tu dors ici jusqu'à ce qu'on te déménage. » Ordonne l'homme.
Il le pousse vers le divan. Il le transforme rapidement en lit et va lui chercher une couverture. Après il repart fermer la porte à clef.
-« Je me demande comment il est entré. » Réalise Rudy en revenant.
-« La première nuit, je n'avais pas fermé. Personne ne ferme à clef. Tout à l'heure j'ai fermé et j'avais laissée la clef. Je tenais à me protéger et espérais qu'il ferait assez du bruit pour que je puisse être sur mes gardes. »
-« Duo ! »
-« On nous a appris à forcer toutes les portes. Je peux entrer chez tout le monde avec deux épingles à cheveux. » Affirme Maxwell.
Rudy lui sourit.
-« Essaye de te reposer, je m'occupe de l'appartement demain. Il y a aussi celui de Ronald qui se libère, tu as le choix. »
-« Celui de Ronald est mieux. Il est moins en retrait. »
-« Je te l'obtiendrai. Il faudra attendre cinq jours, mais tu peux dormir ici. » Propose Rudy.
Le natté se couche en boule pour se réchauffer. Il se sent glacé jusqu'aux os.
µµµ
Heero garde un nœud dans l'estomac. Il agit pourtant de la même façon que tous les jours avec Trowa. Il l'a embrassé sommairement quand ce dernier est parti tenir son rôle de psychologue dans l'école d'Etat.
Il s'est attelé à voir la matière scolaire prévue pour aujourd'hui. Il aime étudier par correspondance. Il renvoie ses devoirs via mail. Il sait que l'année prochaine il aura des stages à effectuer seulement il n'en est pas encore là.
La matinée passe sans encombre, il prépare le repas de midi. Barton revenant dîner avec lui. C'est le moment qu'il redoute.
Est-ce que Duo est allé porter plainte ? Si oui, Trowa aura été convoqué puisqu'il est à sa garde. Il doit subir le brun-roux pour retrouver un semblant de liberté. Seulement ce dernier est tellement confiant qu'il finit toujours par obtenir tout ce qu'il veut. Il n'aura aucun scrupule à l'évincer une fois qu'il aura conquis Duo.
La moto rouge de Barton se parque devant la porte de leur immeuble. Heero respire un grand coup et finit sa préparation.
Son compagnon vient l'embrasser dans le cou et lui sourit. Maintenant, Yuy doit l'interroger subtilement.
-« Cela a été ta journée ? »
-« Oui, juste des tests d'avenir. » Répond Trowa.
-« C'est important ! Sans eux, je n'aurai pas trouvé ma voie. » Rappelle le métis en servant l'assiette du brun-roux.
-« Oui, je sais. Je suis toujours en train de chercher un moyen de bouger. »
-« Bouger ? » Interroge Yuy en s'asseyant.
-« Déménager. Si j'avais su que Duo était revenu ici. » Soupire Barton en coupant son steak haché.
-« Oui, moi aussi. Pourtant j'aime cette région, le soleil, l'accueil des gens. » Enumère le brun en soupirant pour apitoyer Trowa. « Duo m'a encore accusé de n'importe quoi ? » Interroge-t-il.
-« Non, je crois qu'il a compris. Mais je ne veux pas qu'il arrive à faire sauter ta liberté conditionnelle. C'est pour ça que je veux mettre de la distance. » Affirme Barton en caressant la joue du métis.
Ce dernier dépose sa main sur celle de son amant. Il l'effleure deux, trois fois, avant de la prendre pour embrasser l'extrémité des doigts de l'ancien saltimbanque.
Trowa lui sourit avant de déposer un baiser léger sur ses lèvres. Ils reprennent le repas en silence. Heero a obtenu ses réponses, il n'a plus besoin d'entretenir la conversation.
Il est soulagé. Il savait Duo intelligent, il s'est rendu compte que son plan est sans faille. Maintenant il en est sûr, Maxwell va commencer à apprécier. Il y avait toujours une phase d'acceptation après le rejet et on y était. Le natté sait qu'il n'y a que cette direction, qu'il n'y échappera pas. Comme pour une corvée, sa visite allait faire partie de son quotidien. L'étape la plus pénible reste toujours le rejet et la rébellion. Il l'avait vécu plusieurs fois.
Heero est persuadé que s'il rencontrait Amory ici, il suffirait qu'il lui fasse un signe pour qu'il accepte de le suivre et de se déshabiller, preuve qu'il y prenait plaisir également.
Cependant, il donne deux mois à Duo pour changer d'opinion, pour apprécier. Si au bout de cette période, rien n'y fait, il le laisserait tranquille, c'est qu'il ne doit pas devenir son âme sœur. Il se contenterait de Trowa.
Si lui ne peut pas avoir celui qu'il désire, il peut au moins combler le brun-roux pour son soutien, et puis il aura besoin de son affection pour oublier Maxwell.
Des lèvres viennent se mettre sur les siennes, cela le sort de sa rêverie.
-« A ce soir ? »
-« Oui, Trowa. »
Son homme parti, Heero a dix minutes, le temps de son trajet jusqu'au travail, pour pirater sa boite mail et voir s'il n'a pas reçu des offres d'emploi ou s'il n'en a pas envoyé de manière à les annuler, si c'est trop tard, il envoie un courrier pour s'excuser mais qu'il a déjà trouvé une autre place.
Il fait cette étape quatre fois par jour. C'est énervant mais nécessaire à la survie de son plan. Dire qu'il y aurait encore la soirée à passer avant de pouvoir aller retrouver Duo, le caresser tendrement, l'aimer, le cajoler, lui susurrer des mots d'amours au creux de l'oreille.
Rien que de penser à sa peau satinée, au goût de sa peau, à son corps qui épouse si parfaitement le sien, il commence à se sentir à l'étroit dans son Jeans. Il l'a vraiment dans la peau. Aucun de ses autres partenaires n'a réussi l'exploit de ne pas le satisfaire. Il n'est jamais repu de l'odeur du natté, de son corps. Il serait capable de l'aimer toute la nuit, s'il en avait le temps. Il rêvait de pouvoir le sentir venir en lui, de pouvoir goûter d'autres parcelles de son corps.
C'est avec ses pensées en tête qu'il va se coucher, il faut bien qu'il fasse une petite sieste l'après-midi pour tenir le coup de ses courtes nuits.
µµµ
Comme tous les soirs depuis sa mise en ménage, Heero prépare les cacaos chauds qu'ils vont déguster au lit.
Une petite attention que Yuy a instaurée pour remercier le brun-roux de ce qu'il fait pour lui. Dans la tasse de son amant, Heero tourne pour faire fondre le somnifère. Puis il se dirige avec les deux tasses fumantes vers la chambre à coucher. Il est presque 23h, ils la consomment en se souriant. Puis ils se souhaitent bonne nuit.
Heero vient se blottir dans les bras de Trowa. Ce dernier le caresse et l'embrasse dans le cou. Au bout de cinq minutes, les mouvements se ralentissent. Yuy lui laisse encore cinq minutes avant de le pincer légèrement pour s'assurer que Barton dort profondément.
Il enlève d'un geste brusque la main du saltimbanque de son ventre et s'extrait de la chaleur de ses bras. Il passe un short à même la peau, son t-shirt qu'il ramasse sur le sol de la salle de bain. Il ramasse le sac avec son nécessaire, il ouvre le double fond de sa table de nuit et prend un préservatif à l'intérieur de sa réserve.
D'un pas décidé, il quitte l'appartement. Arrivé dans la rue, il cherche du regard la petite voiture rouge de leur voisin. Heero s'y rend, sort deux tiges de fer et en un rien de temps ouvre la portière. Avec la même astuce, il démarre la vieille voiture. L'homme rentre bourré tous les soirs, même si Heero ne sait pas la remettre au même endroit, il est fort probable qu'il croit qu'il s'est trompé.
Il conduit jusqu'au Sauna Club, parque la voiture sous un arbre qu'on ne la repère pas trop. Il se faufile dans l'enceinte en faisant attention de ne pas se faire surprendre.
Arrivé au baraquement de Duo qu'il a découvert en venant fouiller les dossiers du directeur deux jours après son arrivée à Gemlik, à partir de 19 heures les bureaux sont fermés, il y a toujours moyen d'y entrer en faisant très attention. Le brun s'avance sur la pointe des pieds vers l'appartement du natté. Il sort ses deux petits morceaux de fer et ouvre la porte en un temps record.
Duo ne fait pas grand-chose pour l'empêcher de rentrer. Il doit espérer sa venue inconsciemment. Cela le rassure, c'est la preuve qu'un jour, ils seront un couple.
Arrivé dans le salon, Heero dépose son sac sur la table basse, il en retire les quatre cordes et le bâillon qu'il dépose de tout son long en travers du sac. Il ôte son t-shirt et son short.
Cette petite préparation le rend fébrile, de l'autre côté de la porte se trouve l'homme de sa vie. Bientôt, ils ne feront à nouveau qu'un. Rien qu'à l'idée, le brun est plus qu'en forme.
Il prend le sac et ouvre tout doucement la porte de la chambre du natté. Il la ferme encore plus doucement. Quand il se retourne, Yuy fronce des sourcils. Il y a quelque chose d'étrange. Il bloque sa respiration et attend en écoutant.
Il sait ce qui cloche, il relâche sa respiration sans faire attention, d'un pas énervé, il se rend à l'interrupteur.
C'est bien ce qu'il pensait, Duo n'est pas là. C'est pour ça qu'il a eu si facile d'entrer, que la porte n'était même pas fermée à clef comme hier.
Du même pas rapide, il se rend à la commode, il y a toujours ses affaires de travail. Cela ne le calme pas, il se baisse pour regarder sous le lit et sourit, ses deux sacs sont toujours là, il n'a donc pas fui.
Mais où est-ce qu'il peut bien être ? Heero rassemble ses souvenirs, il pense aux discussions qu'il a eues avec le natté au moment où celui-ci travaillait pour Relena.
Il préfère penser à cette période comme étant celle d'un travail pour Duo et non qu'il les a surpris enlacés en train de baiser. Il secoue l'échine pour chasser ces mauvaises images de son esprit.
Duo lui parlait tout le temps d'un certain Rudy, c'est l'homme qui s'est fait passer pour le masseur de Relena, s'il n'a pas déménagé, Duo a dû se réfugier chez lui. Il se rappelle très bien avoir vu le numéro de son bungalow lors de ses recherches.
Heero dépose le sac, range les cordes et le bâillon à l'intérieur. Il ressort son short et son t-shirt pour les passer prestement.
En longeant les murs, Yuy s'enfonce le long des bungalows. Il s'arrête devant un bâtiment en dehors du cercle, l'appartement 3 doit se trouver à l'arrière. Il regarde par la fenêtre. Duo est là, il dort sur le divan du salon.
Est-ce qu'il peut prendre le risque d'y entrer ? Il aura dur d'attacher Duo. Il ne sait pas si l'autre homme a le sommeil léger. Il est déjà rassuré de ne pas le trouver dans le lit de ce dernier. Il aurait eu difficile de se contenir.
Tout en rentrant vers l'appartement de Barton, Heero réalise que la situation est provisoire. Il va devoir surveiller l'attribution des appartements car le natté n'a rien déménagé.
Il va arrêter de donner un somnifère à Trowa. Il ne faudrait pas que son amant devienne résistant au médicament. Dans trois jours, Barton a une réunion en soirée, il pourra revenir voir dans les bureaux du directeur. Dès que Duo reprendrait un appartement, il irait le retrouver. Son attitude est logique, il est toujours en phase de rejet et rébellion, il croit ne pas encore avoir fait le tour des possibilités.
µµµ
Quand Rudy se lève, il fait le plus doucement possible. Cependant, il doit passer dans le salon pour se rendre à la salle de bain.
Duo se redresse en sursaut, saisissant l'homme de stupeur devant les traits durcis du natté et le couteau de cuisine acéré qu'il a à la main.
-« Duo, calme-toi, c'est moi ! »
-« Rudy, excuse-moi, tu aurais dû faire plus de bruit. J'ai cru que c'était lui. » Avoue le châtain en déposant le couteau sur le sol.
-« Tu es en sécurité ici. » Rassure Rudy.
-« Je crois que je ne suis en sécurité que pendant la journée. Là, il n'osera rien tenter. Il y aurait trop de témoins. » Soupire Maxwell en passant sa main sur son visage.
-« Duo ! »
-« Je ne suis pas paranoïaque. » Coupe le natté.
-« Tu veux prendre une douche pour te calmer ? » Interroge l'homme.
-« Non, Rudy vas-y le premier. Je prépare le déjeuner et fais du café. »
-« Duo, tu ne crois pas que tu ferais mieux de prendre un appartement avec Magali ? »
Maxwell écarquille des yeux.
-« Rudy, je ne vais pas répondre à ses avances pour me protéger, pour qui me prends-tu ? » S'indigne-t-il.
-« Tu lui expliques les raisons. »
Le châtain se secoue l'échine.
-« J'ai deux raisons qui m'en empêche. Je ne pourrais jamais lui avouer ça et puis si jamais ça arrive aux oreilles de Hilde que je me suis mis en ménage, je la perds définitivement. »
Rudy soupire et il met sa main sur l'épaule du jeune homme avant de partir vers la salle de bain. Qu'est-ce qu'il pouvait dire et faire contre des arguments pareils ? Il trouve un peu dément que Duo espère encore se remettre avec Hilde mais il n'a jamais aimé comme celui qu'il considère depuis cette nuit d'agression comme son gamin. Il n'a jamais traversé les mêmes épreuves que lui.
De toute façon, c'est certain que le jeune homme est tout en extrêmes. Il n'aurait jamais imaginé avoir devant lui un des pilotes de Gundam, rien dans sa façon d'être au quotidien ne pouvait le présager. C'était sûrement cela sa force.
Après avoir déjeuné avec Rudy, Duo fonce à la cantine pour prendre le repas de midi. Afin de ne pas envahir l'homme, Maxwell décide de le prendre chez lui, c'est donc là qu'il va le déposer.
Dès qu'il ouvre la porte, il sait qu'Heero est passé. Ce n'est pas une preuve en soi, seulement la porte de sa chambre qu'il laisse toujours fermée est ouverte. Cela ne sert à rien qu'il demande qu'on vienne vérifier les empreintes, on ne le croit déjà pas en temps normal. La police n'allait pas se baser sur un si petit détail.
Ainsi, il avait eu raison de quitter son appartement la nuit dernière. Mais pourquoi n'aurait-il pas eu raison ? Heero est déterminé, il lui a dit qu'il reviendrait, il lui a prouvé qu'il revenait, alors pourquoi ne serait-il pas venu une troisième fois ?
Enfin dans la journée, il savait qu'il ne risquait rien, cela le soulageait et lui permettait de vivre quasi normalement et surtout de travailler sans arrière pensée c'est mieux pour les clients.
Dans le nouvel appartement, il mettrait une chaine en plus pour être certain. Il ne voulait pas se leurrer, il savait pertinemment que Heero trouverait son prochain logement. Ce n'était pas que fuir Yuy qu'il visait en déménageant mais surtout fuir les souvenirs.
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Trowa ne rentrerait pas avant 21 heures, Heero part de l'appartement à 18h30 pour se rendre au « Sauna Club », il a pris un journal afin de pouvoir observer aux alentours sans être reconnu.
Il s'assied sur un banc face à l'entrée des bâtiments, et attend pour voir sortir le directeur, il n'y a pas trop de mouvements dans l'entrée et puis c'est aussi le moment où les clients se rendent au restaurant, il va pouvoir circuler dans les couloirs sans attirer l'attention.
A 19h tapante, le directeur s'en va. Yuy plie son journal et se dirige d'un pas nonchalant vers le restaurant, il tourne dans le couloir quasi vide pour se rendre vers le bureau de la direction. Il peut très bien demander un rendez-vous. Il frappe à la porte par acquit de conscience et comme il n'a pas de réponse, il sort sa carte de banque pour ouvrir la porte. Il n'aura qu'à mettre la sécurité et refermer la porte pour la verrouiller quand il partira.
Le brun s'installe devant le bureau et allume l'ordinateur. Il ne faut pas une demi-heure pour trouver la demande de déménagement ainsi que la date. Dans deux jours, Duo sera dans son nouvel logement et il pourra venir le retrouver.
A Suivre…
