Bonjour, bonjour !
J'espère que vous allez bien et que la rentrée n'a pas été trop dure xD
Merci à tous les guests pour vos review : Daidaiiro30, adenoide, Eluke, Aventurine-san, K.S, Guest, Bellasidious, Sélènè ! Au plaisir de vous lire encore ! ;)
Vous êtes nombreux à vous demander et à hésiter sur ce que deviendra Harry plus tard. Je dois vous avouer que c'est bien là le but de la fic :D. Harry sera très nuancé, autant dans ses actes que dans ses paroles et il va être difficile de lui prédire un avenir certain. Mais je vous mets au défis d'essayer ! xD
Sur ce, place au chapitre !
Enjoy :)
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Chapitre 19
Bien mal acquis ne profite jamais
La vérité fait rougir le diable
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20 décembre 1990
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Il y avait quelque chose de rassurant, chez Harry, songeait Dumbledore tandis qu'il observait le jeune garçon aider madame Weasley et ses enfants à décorer le sapin de Noël.
Certes, Harry avait été modelé par Voldemort avec une délicatesse et une subtilité qui laissait Dumbledore profondément perplexe. Néanmoins, le jeune garçon n'était pas endoctriné, loin de là. Il était loin du parfait petit Mangemort en devenir rempli de haine et de violence auquel Dumbledore s'était attendu en apprenant que Harry avait passé ces quatre dernières années auprès du mage noir. Il avait simplement été modelé avec délicatesse.
Voldemort avait partagé avec lui ses théories et ses idéologies comme s'il avait en face de lui un jeune homme mature et réfléchi. Harry, avec le temps et à défaut d'avoir d'autres points de vue, avait fini par adopter ceux du mage noir. Il croyait en tout ce qui faisait de Voldemort un monstre sanguinaire aux idées dépassées. Pire que tout, Voldemort avait réussi à persuader le jeune garçon de l'irrévocabilité et de la prépondérance de toutes ses idées, à tel point que Harry avait été persuadé - était persuadé- que le monde magique courait un danger véritable.
Malgré tout cela, ce qui rassurait Dumbledore était toute cette innocence et cette candeur que renvoyait Harry, certainement sans en avoir lui-même conscience. Il y avait, certes, dans le regard du jeune garçon cette lueur sombre et parfois inquiétante que Dumbledore associait aux déboires du jeune garçon dans sa jeune enfance, mais surtout, même si cela le contrariait de se l'avouer, à son enlèvement brutal, quelques mois plus tôt. Mais outre cela, Harry dégageait l'innocence la plus pure. Et surtout, il transpirait la non-violence.
C'était un point capital, aux yeux de Dumbledore. Car si le jeune garçon, dans un avenir plus ou moins proche, restait tourné vers Voldemort, il serait absolument vital qu'il ne porte pas en lui une once de violence. Il semblait mépriser profondément tout ce qui touchait à la torture, et l'idée même de commettre un meurtre, ou des centaines, le rebutait grandement. Et Dumbledore n'avait jamais été plus heureux que lorsqu'il avait constaté cela. Cela ne signifiait évidemment pas que Harry ne représentait aucun danger dans le futur. Le jeune garçon avait déjà, malgré son jeune âge, de solides bases en terme de magie noire et si, au début, il avait réclamé des livres traitant de cette part sombre de la magie, il avait vite compris qu'il n'en était pas question ici. Il était urgent de le couper de tout art obscur, et de toute violence, autant par méfiance que par précaution.
Ce qui restait néanmoins problématique, c'était la colère contenue que transportait le jeune garçon. Il semblait en colère contre tout. Les moldus, pour avoir gâché son enfance, les sorciers dans leur ensemble, qui ne faisaient rien pour sauver leur monde, les nés-moldus, pour mettre en péril le monde sorcier, Ron, qu'il ne jugeait pas digne de lui, Voldemort, qu'il découvrait peu à peu sous un nouveau jour, les Weasley, qui représentaient tout ce qu'il n'avait jamais eu, et lui-même, bien sûr, Dumbledore, pour tout un tas de raisons plus ou moins légitimes.
Dumbledore n'aimait pas cette colère. C'était la même qui avait longtemps rongé le jeune Tom Jedusor, et qui en avait fait le monstre qu'il était aujourd'hui. C'était ce qui l'avait poussé à la haine, au meurtre, à la guerre. Il était capital que Harry, tout prédisposé qu'il soit, ne suive jamais le même chemin que le Seigneur des Ténèbres. C'était déjà bien assez qu'il ait envie de suivre sa voie, même s'il n'avait pas encore totalement conscience de ce que cela impliquait.
Même si, évidemment, vouloir sauver le monde sorcier était une cause tout à fait louable. Mais si Voldemort était le sauveur de leur société, alors il valait peut être mieux la laisser sombrer, c'était ce que Harry avait grandement besoin de comprendre. Il était impératif d'ouvrir les yeux du jeune garçon, pour son propre bien. Il était impensable qu'il continue de grandir en adhérent à de telles idées. Harry allait grandir, et ce qui était aujourd'hui le fruit d'un modelage réussi deviendrait bientôt bien plus problématique que des rêves et des fantasmes enfantins.
Derrière tout cela, se cachait une peur irrationnelle d'être renvoyé chez les moldus. Il était donc capital que Harry comprenne que le monde des sorciers n'était pas sur le point de disparaître, bien au contraire. Une fois qu'il aurait éradiqué cette peur instinctive qui rongeait le jeune garçon, Harry pourrait commencer à relativiser et à voir les choses autrement. Et surtout, il pourrait arrêter de penser que Voldemort avait des idées et des intentions nobles et qu'il se contentait d'effacer la mémoire des nés-moldus pour sauver le monde sorcier.
Car cette estime que possédait Harry pour le mage noir, ce regard respectueux qu'il posait sur lui et cette image idyllique qu'il avait de lui étaient grandement problématiques. Il était impératif que Harry se détache de tout cela et fasse la part des choses. Il devait voir le monstre qui se cachait habilement derrière l'image lisse de son mentor. C'était devenu une des priorités du professeur Dumbledore.
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Sous l'insistance de madame Weasley, et au plus grand mécontentement de Harry, le professeur Dumbledore fut invité à rester souper. Il passa le dîner à s'entretenir à demi-mots avec monsieur Weasley, et Harry, l'air mauvais, l'épia du coin de l'œil, insensible aux disputes et rires des frères et sœur.
Le jeune garçon ne décolérait pas. Affirmer, en le regardant droit dans les yeux et avec un sérieux implacable que le Seigneur des Ténèbres, l'homme qui l'avait élevé, qui lui avait tout appris, à qui il devait tout, était un menteur était une offense qu'il ne digérait pas. Il ne l'acceptait pas d'autant plus que Dumbledore était resté campé sur ses positions pendant de longues minutes avant de prendre congé. Il n'avait pas seulement affirmé que Voldemort était un menteur, mais il avait dit qu'il avait menti à Harry. Sur tout ! Les nés-moldus qui avaient volé la magie et qui étaient un danger pour leur société, le monde de la magie sur le point de s'écrouler, les moldus inférieurs et dangereux pour eux, prêts à percer à jour le secret de leur monde. Tout cela, d'après Dumbledore, était des mensonges éhontés.
Harry n'avait pas un seul instant considéré que cela pouvait être vrai. A ses yeux, Voldemort ne pouvait pas lui avoir menti. Quel en aurait été l'intérêt ? Pourquoi l'aurait-il accueilli chez lui, élevé, instruit, protégé, si c'était pour lui mentir ? Dumbledore, par contre, était plus suspect. Il l'avait enlevé, après tout, il était donc également capable de lui mentir. Et Harry était rempli de colère. Il n'était pas seulement en colère parce que Dumbledore avait traité Voldemort de menteur, il était en colère parce que le vieil homme avait tenté de le manipuler.
Il commençait à voir clair dans son jeu, lui semblait-il. Dumbledore et Voldemort étaient opposants. Dumbledore était le chef de l'Ordre du Phénix, cette sorte de secte qui s'opposait aux idées de Voldemort. Pire, les deux n'étaient pas seulement opposants, ils étaient ennemis. Et, pour une raison que Harry n'avait pas encore tirée au clair, il semblait important pour Dumbledore qu'il voit son mentor comme un menteur, une personne à qui on ne peut pas faire confiance. Mais Harry n'était pas dupe, et il ne comptait pas se laisser manipuler aussi aisément.
A la fin du repas, Harry avait pris sa décision. En réalité, il avait pris cette décision depuis quelques semaines déjà. Il avait juste cherché le courage nécessaire pour y faire face. Lorsque madame Weasley se leva pour entreprendre de débarrasser la table, ordonnant à ses enfants de faire de même, Harry bondit sur ses pieds. Timidement, et dans le brouhaha ambiant, il s'avança vers le professeur Dumbledore qui était penché vers monsieur Weasley avec sérieux.
-Monsieur Dumbledore, appela-t-il clairement.
Ce dernier se retourna vivement et lui jeta un regard un peu surpris, qu'éclipsa un sourire éblouissant.
-Harry, que puis-je faire pour toi ?
-J'aimerais vous parler.
Dumbledore retrouva instantanément son sérieux. Un pli soucieux apparut entre ses sourcils et il approuva vivement.
-Bien sûr, dit-il en se levant avec empressement.
-Vous pouvez aller dans le salon, indiqua monsieur Weasley.
Dumbledore approuva et se dirigea vers le salon, entrainant un Harry à la gorge nouée derrière lui. Le vieil homme referma la porte derrière eux et alla s'installer confortablement dans l'un des fauteuils rembourrés du salon, près de la cheminée où un feu ronflait doucement. Harry resta planté debout près de la porte, un peu embarrassé, le regard sombre et l'air déterminé. Dumbledore lui fit un sourire encourageant et répéta:
-Que puis-je pour toi, mon garçon ?
Harry croisa les mains dans son dos et leva le menton, se donnant l'air sûr de lui. Dumbledore plissa légèrement les yeux, un peu inquiet par son attitude sans comprendre réellement pourquoi. Harry, dans sa façon de faire ou d'agir, lui faisait parfois penser à un jeune sang pur élevé par ses parents pour faire un jour parti de l'aristocratie anglaise. Il évoluait avec nonchalance et détermination, et possédait une certaine prestance que les enfants Weasley, par exemple, ne possédaient pas. Dumbledore se demandait s'il n'avait pas côtoyé certains sangs purs dont il s'était inspiré.
-J'ai pris une décision, affirma Harry.
Dumbledore haussa un sourcil en souriant doucement. Harry était tellement imprévisible. Il était renfermé sur lui-même, impassible, souvent silencieux et pensif. Il était extrêmement difficile de le cerner, et c'était ce qui le rendait si dangereux.
-Je t'écoute, répondit poliment Dumbledore en lui faisant un sourire encourageant.
Le cœur de Harry battait à vive allure dans sa poitrine. Des mèches de cheveux tombaient devant ses yeux d'un vert profond, et il les dégagea du plat de la main, un brin fébrile.
-Je veux rentrer chez moi. Je vais rentrer chez moi, rectifia-t-il rapidement.
Dumbledore ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Comme prévu, il ne s'attendait absolument pas à une telle affirmation, et il fut un instant pris de court. Il sourit doucement à Harry, qui arborait un regard suffisamment menaçant pour le déstabiliser le temps d'une seconde.
-Tu sais bien que je ne peux pas permettre cela, Harry, affirma-t-il doucement pour ne pas brusquer le jeune garçon à l'air déterminé.
Harry approuva docilement.
-Mais je ne vous pose pas la question, cette fois-ci. Les Weasley sont tous très gentils, mais je ne veux plus rester chez eux. Je veux retourner avec lui. Vous n'êtes ni mon père, ni mon tuteur légal pour m'en empêcher. Je m'en vais.
Dumbledore se pinça l'arête du nez pendant quelques secondes. Le ton sûr de lui et déterminé du jeune garçon aurait pu le tromper, mais il savait pertinemment que Harry n'avait pas les moyens de mettre en œuvre son plan. Pour peu qu'il sache où trouver le manoir Jedusor, il n'avait aucun moyen de transports. Mais là n'était pas le problème principal. Le véritable problème était cette envie qu'avait Harry de retourner auprès du mage noir. C'était contre nature, et ce n'était pas bien.
-Je t'ai déjà expliqué les raisons pour lesquelles tu ne peux pas retourner là-bas, Harry.
-Et je les ai entendues. Mais j'ai pris ma décision. Je me fiche qu'il ne soit pas mon père, qu'il n'ait pas réellement pris soin de moi, qu'il n'ait eu aucun droit de me prendre avec lui, qu'il m'ait autorisé à étudier la magie noire alors que c'est interdit et que ce soit un mage noir. Je veux juste retourner avec lui parce que je l'apprécie et que c'est avec lui que j'ai envie d'être.
Dumbledore était intérieurement accablé et sidéré. Il n'avait jamais avoué à Harry que Voldemort était un mage noir. Jamais. Or, il avait déduit, d'après ses observations et ses discussions avec le jeune garçon, qu'il n'avait pas conscience du véritable visage de Voldemort. Il le voyait comme un ange gardien de la population magique. Pas comme un tueur. Pas comme un mage noir.
Dumbledore n'était plus sûr de comprendre et il envisageait la possibilité qu'il se soit trompé. Harry en savait peut être plus qu'il ne l'avait pensé au premier abord. A moins, encore une fois, que Voldemort ne l'ait trompé sur la signification de ces deux mots, lourds de sens. Si Harry connaissait déjà toute la noirceur de Voldemort, qu'est-ce qui le poussait alors à vouloir revenir auprès de lui ? Voldemort avait-il la capacité d'agir en tueur violent et sanguinaire la journée pour se transformer en père modèle le soir ? Dumbledore en doutait fortement.
Avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit, cependant, le jeune garçon ajouta:
-Etre avec lui ne veut pas dire que je vais devenir comme lui.
Dumbledore, surpris, approuva doucement. Harry plissait les yeux face à son sourire immuable et il savait que cela avait tendance à agacer le jeune garçon sans qu'il ne comprenne pourquoi.
-Un mage noir, veux-tu dire? J'espère grandement, Harry, que tu ne choisiras pas de prendre cette voie.
Harry haussa nonchalamment les épaules.
-Je me fiche de ce qu'il fait. S'il commet des actes barbares ou je ne sais quoi, affirma-t-il en reprenant les mots que Dumbledore avait prononcés quelques mois auparavant. Je veux juste...
-Que Voldemort soit un tueur barbare et sanguinaire, qui a assassiné, sinon des dizaines, des centaines de personnes, ne te fait ni chaud ni froid ? releva Dumbledore d'un air sceptique. Pardonne-moi, Harry, mais j'ai du mal à le croire. Tu es un jeune garçon intelligent et bon, je ne pense pas que cela te soit égal.
Harry marqua une courte pause, visiblement déstabilisé. Puis, au plus grand étonnement de Dumbledore, il affirma:
-Vous avez raison. Cela ne m'ait pas égal. Mais il fait cela pour sauver le monde sorcier. C'est une cause louable, bien plus que d'essayer de l'empêcher de mener à bien ses projets.
-Ses projets ne sont peut être pas aussi louables que tu le penses, affirma, pour la énième fois, lui semblait-il, Dumbledore.
Harry comprendrait-il un jour ? Accepterait-il de comprendre, de voir Voldemort tel qu'il était vraiment ? Ou resterait-il éternellement pris au piège de cette image élogieuse qu'il avait construite depuis quelques années ?
-Peu importe les projets que l'on nourrit, la violence, le meurtre, ne sont guère la solution. Ne cherche pas à trouver des excuses à Voldemort. Il est profondément mauvais et il se complaît dans le chaos et la tristesse qu'il sème autour de lui. Il est temps que tu t'en rendes compte. Qu'il ne t'ait pas violenté, toi, ne peut pas l'excuser de violenter les autres.
Harry avait la bouche entre-ouverte, et il ne disait rien. Il semblait que le jeune garçon se battait entre cette image idéalisée qu'il avait de Voldemort et celle, moins respectable, que Dumbledore lui dressait. Il savait que le vieil homme ne mentait pas, pour avoir été lui-même confronté à cette réalité-là, mais il ne pouvait se résoudre à admettre que son mentor, son modèle, soit profondément mauvais. Il lui cherchait des excuses, mais Dumbledore était certain que le jeune garçon savait qu'il n'y en avait aucunes.
Finalement, au bout de quelques minutes, et en balayant l'air de sa main, comme pour chasser des pensées importunes, Harry reprit :
-Je veux être avec lui, parce que je suis bien quand je suis avec lui. J'aime être avec lui. J'aime quand il me parle, quand il m'apprend des choses. Vous n'avez pas le droit de m'empêcher de le voir. Vous n'avez pas de raisons valables.
Dumbledore se redressa dans son fauteuil. Entendre Harry dire de telles choses lui serrait le cœur. Il avait conscience que c'était un jeune orphelin désespérément en quête d'attention et d'amour. Savoir qu'il était autant attaché à Voldemort l'horrifiait, mais devoir le priver de la seule figure paternelle, si s'en était une, qu'il s'était jamais construite le contrariait également. Il aurait aimé pouvoir procurer à Harry une sorte de stabilité dans sa vie qui puisse l'épanouir et lui faire oublier les années traumatisantes de sa petite enfance, mais il en était bien incapable. Le jeune garçon refusait les Weasley, et ne demandait qu'après un mage noir qui ne pouvait en aucun cas avoir une place de père auprès de lui.
Dumbledore n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas laisser Harry entre les mains habiles de Voldemort. C'était malsain et c'était dangereux.
-J'ai des raisons valables, Harry, tu le sais bien. Voldemort est un criminel. Il a commis et commet encore des actes barbares. Il propage des idées décadentes et violentes.
-Je me fiche de ses idées, s'exclama Harry avec fougue. Il peut bien penser ce qu'il veut, je m'en fiche.
Dumbledore soupira devant tant d'entêtement. Il comprenait en un sens que le jeune garçon s'accroche ainsi à Voldemort, qui représentait dans son monde tout ce qu'il n'avait jamais eu et qu'il avait espéré avoir toute son enfance. Il s'y accrochait désespérément et refusait catégoriquement d'admettre que celui qu'il considérait comme son mentor puisse être aussi mauvais.
-Admettons, accorda-t-il doucement. Et pour les meurtres, que dis-tu ? Cela ne te dérange-t-il pas, de t'asseoir autour d'une tasse de thé avec un homme qui vient d'en tuer un autre ?
Harry ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Dumbledore plissa les yeux, secrètement ravi. Il aimait constater que l'idée de meurtre révoltait Harry. Qu'il n'était pas insensible à la douleur des autres, à l'idée de commettre un meurtre ou d'infliger la douleur. Harry n'était pas mauvais, il en avait la certitude, et c'était un soulagement que d'en avoir à nouveau la preuve flagrante.
-Par ailleurs, reprit-il, qu'est-ce qui te fait croire que Voldemort veut de toi auprès de lui ? Excuse-moi d'être aussi franc, mais Voldemort n'a pas cherché à te retrouver, depuis neuf mois que tu es ici.
Quand il avisa l'air horrifié du jeune garçon, Dumbledore s'en voulut un peu de l'avoir mis face à cette réalité. Harry semblait profondément choqué par cette révélation et, la bouche entre-ouverte, il le fixait de ses grands yeux verts. Il resta silencieux pendant de longues secondes, cherchant vraisemblablement à remettre ses idées en place.
-Il ne sait pas où je suis, dit-il doucement en hochant la tête, comme s'il cherchait à s'en convaincre lui-même.
L'air peiné du jeune garçon empêcha Dumbledore de pousser plus en avant ses accusations. Il hocha doucement de la tête en se caressant la barbe, puis reprit :
-Il n'a aucun droit d'élever ou de garder un enfant. C'est la loi. Tu es sous ma responsabilité.
-Qui a dit ça ? s'exclama Harry avec véhémence. Les incapables qui dirigent notre ministère ?
Dumbledore observa intensément les sourcils froncés et l'air mécontent de Harry avant de répondre:
-Tes parents. Ils m'ont fait promettre de prendre soin de toi si par malheur il leur arrivait quelque chose. C'est ce qui est malheureusement arrivé, et j'essaye de tenir une vieille promesse, Harry. Ils n'auraient jamais voulu te voir entre les mains de Voldemort, crois-moi.
Harry était de plus en plus agacé, et Dumbledore ne souriait plus. Tous deux se fixaient intensément, tentant de percer l'autre à jour.
-Qu'est-ce que vous en savez ? Mes parents sont morts.
Dumbledore baissa brièvement les yeux sur ses doigts croisés. Il laissa passer quelques secondes, songeur, avant de répondre doucement :
-Malheureusement, oui, ils le sont. Nous ne serions pas là à nous fixer en chien de faïence et à débattre de ton retour ou non auprès d'un mage noir si ce n'était pas le cas.
Il fit un petit sourire censé réconforter le jeune garçon blessé qu'il avait devant lui, mais ce dernier resta si impassible qu'il ne sut pas si cela avait eu l'effet escompté. Pendant un instant, il s'inquiéta de savoir si Voldemort avait aussi réussi à ôter à Harry l'amour qu'il portait à ses parents et cette idée l'horrifia. Mais la lueur peinée et douloureuse qu'il discerna dans le regard émeraude si semblable à celui de Lily le réconforta quelque peu.
-On ne peut pas faire revenir les morts à la vie, affirma sèchement Harry, comme si Dumbledore avait insinué le contraire.
Le vieil homme haussa les sourcils, un peu surpris par cette affirmation. Voldemort avait-il aussi appris cela au jeune garçon ? Cela semblait un peu déplacé venant de sa part quand on savait son propre parcours, mais Dumbledore était néanmoins soulagé de savoir qu'il n'avait pas cherché à donner de faux espoirs à Harry. Quel intérêt aurait-il eu, de toute façon, que de faire croire à Harry que ses parents pourraient revenir à la vie ? Aucun, sans aucun doute.
-Je sais bien, Harry, et j'en suis parfaitement conscient, murmura-t-il doucement.
Harry lui jeta un regard noir un brin effrayant qui ne dissipa néanmoins pas son sourire aimable. Il attendit patiemment que le garçon reprenne de lui-même la conversation, et fut surpris par sa question inattendue :
-Vous les connaissiez ?
-Tes parents ? Bien entendu. Nous étions de très proches amis. Tu ne t'en souviens certainement pas, mais nous nous étions rencontrés alors que tu n'étais qu'un bébé.
Harry fronça les sourcils, comme si cette idée le contrariait, tout en approuvant doucement.
-Ils faisaient partis de votre ordre, pas vrai ? Votre secte.
Dumbledore haussa les sourcils, perplexe. Non seulement Harry avait déjà entendu parler de l'Ordre, mais en plus il pensait que c'était une secte. C'était une drôle de façon de voir les choses. Dumbledore s'inquiéta de ce que Voldemort avait pu dire à Harry sur l'Ordre du Phénix. Que des mauvaises choses, très certainement.
-Oui, dit-il, un peu méfiant. Et l'Ordre du Phénix n'est pas une secte. C'est un groupe de personnes libres et indépendantes qui défendent les intérêts qu'elles croient nobles.
-Les nés-moldus, affirma posément le jeune garçon en hochant la tête d'un air entendu.
Dumbledore sourit.
-Entre autres, oui.
-Je ne trouve pas cela très noble.
-Ha non ? Pourquoi pas ?
Harry s'humidifia nonchalamment les lèvres avant de répondre sous le regard intéressé du vieil homme :
-Les nés-moldus sont des voleurs qui ont mis notre monde en danger. Ils ne méritent pas qu'on les défende.
-Je pensais que nous avions mis les choses au clair concernant le danger invisible qui court sur notre merveilleux monde ?
Harry, agacé, haussa les épaules. Dumbledore le fixa longuement par dessus ses lunettes en demi-lune, le mettant mal à l'aise, avant de reprendre :
-Quant aux nés-moldus étant des voleurs, peux-tu développer ? D'où sort cette idée, à nouveau ?
Dumbledore souriait à nouveau, mais Harry se sentait comme un enfant ayant fait une bêtise particulièrement affligeante. Il se balança d'avant en arrière sur ses talons, intimidé.
-Ils ont volé la magie, expliqua doucement, un peu à contrecœur.
-Ha oui, bien sûr. Voldemort croit évidemment en cette théorie loufoque. Personnellement, je n'en crois rien. Les nés-moldus doivent être des êtres particulièrement purs, puissants et chanceux pour se voir honorer d'un don aussi merveilleux.
Harry fit la moue, mais ne dit rien. Il haussa à nouveau les épaules, réfléchit quelques secondes à cette affirmation, puis répliqua, un brin acerbe :
-C'est sûr qu'ils sont chanceux.
Dumbledore sourit d'un air entendu, mais n'ajouta rien. Il laissa le jeune garçon se dépêtrer de toutes ses pensées, le fixant d'un regard perçant, un léger sourire au coin des lèvres. Ce n'est qu'au bout de longues minutes d'un silence tendu qu'Harry reprit :
-Ils ne pensaient pas comme Lui, mes parents. Ils étaient même contre Lui. Sur les nés-moldus, tout ça. C'est pour ça que mon père a épousé ma mère alors qu'elle était née-moldue.
Dumbledore fronça brièvement les sourcils. Harry ne semblait pas particulièrement révolté ou contrarié par le fait que son père ait épousé une née-moldue, et à cet instant, Dumbledore aurait payé cher pour avoir été là, le jour où Voldemort lui avait parlé de tout cela. Visiblement, le mage noir n'avait pas fait des parents de Harry un sujet tabou entre eux, ce qui était hautement surprenant.
Mieux encore, il avait parlé à Harry de ses parents, sans lui cacher qu'ils s'étaient un jour opposés à lui. Comme s'il ne craignait pas de voir Harry le regarder différemment après avoir appris la position de ses parents. C'était étrange, comme beaucoup de choses quand il en allait de la relation entre Harry et Voldemort.
-En effet.
Dumbledore n'ajouta rien, et Harry, les sourcils froncés, s'abîma pendant de longues secondes dans ses pensées embrouillées. Ses conversations avec Dumbledore, bien qu'il n'en ait pas souvent, avaient tendance à grandement l'embrouiller. Le vieil homme, sur quelque sujet que ce soit, affirmait irrévocablement l'exact inverse de ce que lui avait un jour affirmé Voldemort. Il avait bien sûr plus tendance à croire Voldemort, car il avait appris à lui faire confiance, mais il était quand même dérangeant de se voir ainsi affirmer avec une telle conviction les idées opposées.
Il avait du mal à faire le tri dans ses pensées et tout se confondait dans son esprit. Les nés-moldus dangereux, les nés-moldus voleurs, le monde des sorciers en sécurité, le monde magique en danger, l'Ordre du Phénix, ses parents, la magie noire, la magie blanche, les moldus, son oncle et sa tante, le mépris qu'il éprouvait pour Dumbledore, son agacement envers Voldemort qui ne faisait rien pour le sortir de là, les tortures du Maître, ses actes soit disant barbares, ses enseignements patients, le regard bleu de Dumbledore.
Harry ne savait plus réellement où il en était. Il leur en voulait un peu de l'embrouiller ainsi de toutes leurs idées et leurs opinions et avait du mal à se forger la sienne, à travers toutes ces conspirations. En fonction des affirmations des uns et des autres, il changeait d'avis ici ou là, et s'en retrouvait que plus perdu.
Il aurait aimé avoir devant lui des personnes qui faisaient front commun sur leurs opinions, tout aurait été plus facile pour son apprentissage. Mais entre les idées des uns, les mensonges des autres, les manipulations de certains et les contradictions, il ne savait plus où donner de la tête et cela avait tendance à l'agacer profondément.
Les adultes lui semblaient instables et immatures, incapables de se mettre d'accord sur un sujet aussi banal que les nés-moldus, ou aussi gros que la sécurité ou non du monde magique. Ce n'était pas compliqué de savoir s'il y avait danger ou pas, non ? Même sur cela, ils ne pouvaient se mettre d'accord. C'était exaspérant.
Il ne comprenait pas pourquoi il était si capital pour Dumbledore qu'il se range à son avis. Harry avait la ferme conviction qu'il devait se forger sa propre opinion, indépendamment des avis des uns et des autres. Si les adultes ne pouvaient pas se mettre d'accord entre eux, alors il prendrait sa propre décision.
Il était néanmoins difficile de savoir que ses propres parents avaient été contre Voldemort, il fut un temps. Devait-il penser comme ses parents, juste parce qu'ils avaient un jour été ses parents ? Devait-il penser comme Voldemort, parce qu'il était celui qui l'avait élevé ? Devait-il penser comme Dumbledore, parce qu'il semblait si sûr de lui ?
Tout cela agaçait profondément Harry.
-Mais vous les avez trahis, dit-il sèchement au bout de plusieurs minutes de silence.
Dumbledore, qui était plongé dans la contemplation du jardin enneigé par la fenêtre, se tourna vers lui, les sourcils haussés.
-Je te demande pardon ?
-Vous avez trahi mes parents.
-Comment cela ?
Harry fronçait les sourcils et levait le menton.
-Vous n'avez pas respecté leur désir. Vous leur aviez promis de prendre soin de moi, et qu'est-ce que vous avez fait ? Vous vous êtes empressé de vous débarrasser de moi en me laissant chez les moldus sans même savoir s'ils s'occuperaient convenablement de moi.
Dumbledore resta brièvement sans voix face à cette brusque colère et à ces accusations.
-Je n'ai cherché qu'à te protéger, Harry.
-Me protéger ? Vous vouliez me protéger quand vous m'avez abandonné chez les Dursley? Quand vous n'avez jamais cherché à m'enlever de chez eux alors qu'ils me maltraitaient ? s'exclama le jeune garçon, profondément agacé. C'est ça qu'ils voulaient pour moi mes parents ? Ils voulaient que je sois maltraité, affamé ? Que je dorme dans un placard ? Que je lave la salle de bain de mon oncle et ma tante ?
Dumbledore pinça les lèvres face à cette soudain colère. Elle était légitime, évidemment, et il déplorait de ne pouvoir parler à Harry de la raison pour laquelle il avait du rester chez les Dursley. Harry était trop jeune pour entendre parler de Prophétie, trop attaché à Voldemort pour l'entendre désigner comme ennemi mortel, trop instable pour s'entendre nommer Sauveur. Il était trop jeune, et Dumbledore espérait encore sauver cette fragile innocence et joie de vivre qu'il avait quelques fois entre-aperçues chez le jeune garçon.
-Lui est venu me chercher là-bas! reprit Harry, exalté. Lui m'a avoué la vérité sur le monde de la magie. Il m'a fait découvrir le Chemin de Traverse, la magie, la société sorcière. Il m'a appris à lire, à écrire, il m'a fait lire mes premiers livres, il m'a fait découvrir le Quidditch. Il a répondu à toutes les questions que je me posais. Il m'a donné à manger, lui, il m'a donné une vraie chambre. Et pendant ce temps, vous étiez où, vous?
Harry s'humidifia les lèvres. Ses yeux émeraudes semblaient lancer des éclairs tandis qu'il foudroyait un Dumbledore impassible du regard. Il s'était avancé dans sa direction pendant sa tirade enflammée et le vieil homme était raide dans son fauteuil, touché de plein fouet par les mots durs de ce jeune garçon meurtri. Il acceptait tous ses torts, et il en avait quelques uns.
-Vous étiez où ? répéta Harry en élevant la voix. Vous vous en fichiez de ce que je devenais, et c'est maintenant que vous arrivez ? Maintenant que j'ai trouvé quelqu'un qui peut prendre soin de moi et qui s'intéresse à moi, vous venez et vous m'enlevez à lui ? De quoi vous vous mêlez, maintenant ?
Harry était furieux, et il avait du mal à contenir sa colère. Toute sa rancœur et sa colère accumulée depuis son enlèvement brutal quelques mois plus tôt semblaient sortir par vagues entières hors de lui. Il se fichait qu'on puisse l'entendre dans toute la maison. Il ne demandait pas grand chose. Il voulait juste rentrer chez lui. Il voulait juste que Dumbledore comprenne qu'il ne voulait pas de lui.
-Je n'ai plus besoin de vous maintenant. C'était avant que j'avais besoin de vous, quand je me faisais maltraiter par mon oncle et ma tante. Maintenant, c'est trop tard !
L'air attristé et coupable de Dumbledore ne l'influençait pas. Il savait que le vieux sorcier l'avait laissé en toute connaissance de cause chez les Dursley, et il n'était pas prêt à lui pardonner cela. C'était sa faute s'il avait passé de sombres années chez les Dursley, et il gardait envers lui une rancœur tenace qui n'était pas prête de s'atténuer.
-C'est trop tard, hurla-t-il avant de se taire brusquement.
Le silence qui suivit sa longue tirade enflammée sembla extrêmement bruyant. Seul le feu crépitant dans la cheminée se faisait entendre. Aucuns bruits ne parvenaient de la cuisine attenante. Harry posait sur son interlocuteur un regard sombre et menaçant. Dumbledore ne souriait plus depuis longtemps déjà. Il arborait un air sérieux et grave et avait supporté le long discours accusateur du jeune garçon sans broncher.
Ce n'est qu'au bout de longues secondes interminables qu'il se décida à rompre le silence:
-Je suppose que tu as raison, oui. J'arrive trop tard. Tu as grandi, tu es devenu indépendant. Mais cela ne signifie pas que tu dois me rejeter. Je comprends que tu sois en colère contre moi, et je l'accepte.
-Je me fiche de cela, s'exclama sèchement Harry. Je m'en fiche, répéta-t-il en détachant chacun de ses mots. Je veux rentrer chez moi. Maintenant.
Dumbledore se pinça à nouveau l'arête du nez. Il semblait particulièrement épuisé, tout à coup, et c'était la première fois que Harry le voyait ainsi. Mais plein de colère et de rancœur, cela ne lui fit ni chaud ni froid.
-Je voulais te protéger, Harry. J'ai toujours agi dans ton seul intérêt. J'espère que tu le comprendras un jour.
Harry souffla. Il laissa échapper un son entre le rire moqueur et le grognement de rage.
-Me protéger de quoi ? s'exclama-t-il sèchement. C'est des Dursley dont j'avais besoin de protection quand j'étais petit et qu'on m'enfermait dans mon placard parce que j'avais oublié une miette sur la table à manger.
Dumbledore remonta ses lunettes sur son nez. Il releva la tête et croisa le regard enflammé du jeune garçon. Il semblait avoir repris contenance et malgré ses yeux bleus emplis de gravité, il souriait à nouveau doucement au jeune garçon qui lui faisait face.
-Je voulais te protéger de lui, Harry. De Voldemort. Il est tellement dangereux pour toi. Il faut que tu comprennes. Ce n'est pas un homme bien.
Harry se passa la main dans les cheveux, exaspéré. Ils revenaient toujours au même point. Voldemort le méchant. Agacé, son ton monta à nouveau quand il répliqua:
-Je sais! Vous allez me le répéter combien de fois, à la fin ? Oui, je sais que c'est un mage noir. Je sais qu'il pratique la magie noire. Je sais qu'il torture ses opposants dans ses cachots. Mais je m'en fiche! Il a pris soin de moi, c'est ce qui compte. Vous n'avez pas besoin de me protéger de lui!
Pour la énième fois ce soir-là, Dumbledore tombait des nues. Harry était au courant. Il savait que Voldemort torturait ses opposants et des nés-moldus dans les cachots. Dumbledore ne comprenait plus, c'était une certitude. Il avait été persuadé que Harry n'était pas violent et qu'il idolâtrait Voldemort justement parce qu'il ignorait son vrai visage. Qu'en était-il, cependant, si le jeune garçon, en réalité, savait ? Cautionnait-il cela? Avait-il assisté à la torture ?
-Tu ne peux pas rester près de lui, reprit Dumbledore en tentant de dissimuler son trouble. Il pourrait te faire tellement de mal.
-Mais il ne l'a pas fait! s'exclama Harry. Il avait quatre ans pour me faire du mal, il ne l'a jamais fait, bien au contraire. Vous voulez quoi comme preuve ?
Dumbledore se caressa doucement sa barbe argenté, fixant Harry de son regard bleu perçant. Il répondit au jeune garçon en murmurant doucement:
-Il l'a déjà fait, Harry.
Harry, la bouche entre-ouverte, fronça les sourcils. Il tiqua légèrement, comme s'il essayait de chasser cette dernière phrase de son esprit.
-Non, affirma-t-il catégoriquement. Il ne m'a jamais fait de mal. Il a pris soin de moi. Bien, bien mieux que vous. Vous parliez de mes parents, mais je suis sûr qu'ils lui seraient reconnaissants d'avoir pris soin de moi, de m'avoir arraché de chez les Dursley. Lui, au moins, a respecté leur dernier souhait.
Dumbledore resta impassible et silencieux pendant quelques secondes. Ces paroles le touchaient profondément, mais il essayait de ne pas le montrer. Qu'auraient dit Lily et James Potter s'ils avaient vu leur jeune fils entre les bras de Voldemort ?
Il préférait ne pas y penser, tellement cela était effroyable.
-James et Lily auraient été horrifiés de te savoir entre les mains de Voldemort, Harry. S'il y a bien une chose dont je suis absolument certain, c'est de cela.
Le ton sec et irrévocable de Dumbledore eut le mérite de faire taire Harry. Le jeune garçon, l'air calculateur, le fixa longuement, sans un mot, se repassant mentalement les dernières paroles du vieil homme.
-Qu'est-ce que vous en savez ? demanda-t-il finalement en levant le menton avec défis.
Cette fois-ci, Dumbledore n'hésita pas.
-C'est lui qui les a tués.
