Miou tout le monde !

J'espère que vous allez bien, et je profite du moment pour vous refaire un immense merci pour tous vos retours, c'est formidable d'en avoir autant et aussi positifs. Donc voilà, j'avais envie de vous remercier et de vous dire que je vous aime et que je vous fais à tous/toutes de gros câlins fluffy.

Réponse à guest : merci pour le j'aime !

Réponse à Freyja Manga : les Kirkland sont badass quand ils veulent, c'est aussi ça qui est cool avec eux. Quant à Al... je n'irais pas jusqu'à dire qu'il va bien, mais il sait évoluer et faire face aux changements quand il le faut, tu verras ça assez vite. Et il n'y a absolument rien de mal à être une maman-poule avec les personnes/personnages qu'on aime (sinon je suis dans la merde). Ah et sinon j'aime les pavés donc merci^^

Bonne lecture !

Disclaimer : on peut passer un pacte avec le diable mais pas avec Himaruya apparemment, donc pas moyen d'obtenir Hetalia en échange de mon âme.


Dans le froid du matin, Alfred courait à une allure régulière. Il espérait que son frère ne se serait pas levé trop tôt et ne devinerait pas combien de temps il avait réellement été courir. Il avait eu besoin de se vider la tête après sa conversation avec Ivan et avait été incapable de dormir plus de trois heures après son dernier message, auquel il n'avait pas répondu. Il avait souri. Souri. Pas un grand sourire comme il avait l'habitude de faire, ou un rassurant à moitié feint, mais un vrai sourire un peu amusé. Comme quand il parlait à Anya. Et ça l'avait perturbé de retrouver ce genre de sensation... dans ces circonstances. Alors il était allé courir partout dans sa ville après avoir laissé un mot à Matthew, en espérant que celui-ci ne se réveille pas trop tôt.

Il rentra à son appartement aux alentours de neuf heures, et trouva le canadien en train de faire cuire des pancakes, son ours dans les jambes. Son frère sourit en le voyant rentrer, un peu essoufflé.

- Tu as fait une bonne balade, non ? lui demanda Matthew.

- Pas mal.

- Tu es parti à quelle heure ? Je t'ai même pas entendu te lever.

- Je sais pas, quelque chose comme sept heures et demi, huit heures, mentit Alfred.

- On s'est pas loupés de beaucoup alors, plaisanta le canadien. Pancakes ?

- Dès que je sors de la douche !

Matthew fut un peu surpris alors que son frère partait dans la salle de bain. En temps normal, Alfred en grignotait au moins un ou deux avant d'aller se rincer quand il rentrait du sport. Toutefois, il se contenta de hausser les épaules et de finir de cuire son bol de pâte. Au moins, il avait toujours l'air d'en avoir envie, c'était déjà ça.

- Tiens, ta pile c'est celle sans sirop d'érable, fit-il en poussant l'assiette quand Alfred sortit de la douche.

- Thanks bro.

- You're welcome. Tu as un programme pour la journée ?

- Je pense que je vais bosser sur quelques-uns des dossiers que j'ai en retard. Et faire un peu de muscu aussi.

- Daddy et papa pensent passer dans l'aprèm, tu veux un peu de temps seul jusque-là ?

L'américain lança un regard reconnaissant à son jumeau. Toujours plein de tact et attentif, son frère avait compris sans rien demander qu'il avait besoin d'un peu de tranquillité.

- Je pense que je survivrai jusqu'à cet après-midi, répondit-il avec un sourire ironique. Merci frangin.

- Je t'en prie. Le temps de finir la bouteille et je te laisse.

Alfred sourit en entendant l'habituelle tournure de phrase de Matthew. Son canadien de frère comptait toujours en bouteille de sirop d'érable et pas en nombre de pancakes. Une quinzaine de minutes plus tard, il partait en lui faisant promettre de l'appeler si jamais il en avait envie. Autrement dit, s'il avait le moindre problème ou le moindre besoin de parler à quelqu'un. Sauf que l'américain avait justement besoin d'être seul pour réfléchir.

Depuis la fin de la guerre froide, il jouait de plus en plus les idiots pour ses différents présidents qui foutaient plus ou moins la merde dans le monde. Quant aux rares qui avaient essayé de faire changer les choses pour aller dans une direction plus responsable, ils en avaient rapidement été empêchés. Et les Etats-Unis avaient plongé dans une spirale infernale d'auto-satisfaction et d'aveuglement. À tel point que lui-même commençait à se prendre au jeu et à se bercer d'illusions.

Il était temps que tout ça change. Le regard dur et sérieux, il attrapa un de ses ordis les mieux sécurisés et se mit au travail, des carnets papiers à côté pour les informations susceptibles de le rendre suspect d'une manière ou d'une autre. L'américain prit une grande inspiration et se mit au travail.

Il avait un pays à remettre sur le droit chemin.

-oOo-

Deux mois plus tard, en plein meeting international à Pékin.

- Alfred aurait quand même pu faire l'effort de venir-aru !

- Yao, détend-toi, ça fait deux mois qu'il évite tous les meetings à cause du boulot de malade que Trump lui demande, c'est pas contre toi.

Le chinois râla encore un peu avant de se taire. Tout le monde s'accordait à dire que l'américain manquait à ses devoirs internationaux, mais ses parents et son frère garantissaient qu'il avait une dose de travail plus qu'énorme à gérer. Par ailleurs, il était tacitement admis qu'il reviendrait en meeting quand il se sentirait prêt à y retourner. Sauf que l'absence du représentant des Etats-Unis se faisait sentir. Il constituait une des meilleures distractions qui soit, même si c'était pour dire des conneries. Et puis, un meeting international des nations sans Alfred qui hurle qu'il est le héros ou qui balance des inepties... ça donnait l'impression qu'il manquait quelque chose.

Le plus grand changement en dehors de l'absence de l'américain était l'attitude de la totalité des nations vis-à-vis d'Ivan. Tous avaient condamné son acte de cruauté gratuite, à l'exception de Natalya qui était furieuse qu'il ait accordé autant d'attention à Alfred. Pour le russe, la seule différence notable avait été le changement d'attitude de Matthew à son égard. Le reste des représentants évitait déjà de lui parler en temps normal, mais le canadien était l'une des rares personnes qu'il pouvait considérer comme un ami. Alors à la place, il s'ennuyait. La seule exception était les quelques moments où Alfred lui parlait, ce qui arrivait quand l'américain faisait des insomnies. Soit à peu près chaque nuit, de ce qu'il pouvait en juger.

Au début, le russe avait été surpris que son adversaire reprenne contact avec lui, mais maintenant il s'y faisait. Ils échangeaient une vingtaine de messages maximum chaque nuit, puis Alfred arrêtait de répondre jusqu'au lendemain où il abordait un autre sujet. La plupart de ses questions visaient des points de détails du personnage d'Anya, mais parmi les premiers soirs, il lui avait dit qu'il était allé récupérer ses biscuits. Ivan avait traduit son geste comme une façon de marquer le fait qu'il acceptait de tourner la page, et ça l'avait surpris. L'américain semblait avoir gagné en maturité, ou alors laissait tomber ses faux-semblants pour se montrer un peu plus tel qu'il était réellement. Dans tous les cas, le résultat était surprenant.

-oOo-

À Washington, le représentant des Etats-Unis avait été appelé dans le bureau ovale pour discuter avec son président.

- Vous m'avez demandé ? fit-il en entrant.

- Ah oui ! Vous faites un super boulot en ce moment, tous les projets avancent super bien ! Enfin sauf ceux sur lesquels vous bossez pas, mais je pense que je vais virer ceux qui s'en occupent et vous mettre responsable à la place.

- Monsieur, je ne peux pas gérer plus de vingt projets en même temps, répondit Alfred en se retenant d'insulter son président. Il va falloir que vous trouviez quelqu'un d'autre.

- Vous en gérez déjà vingt ?

- Oui.

- Bon sang mais vous êtes trop fort, Jones ! Un vrai exemple pour tous les américains !

- Merci monsieur.

- Enfin ça n'empêche qu'il faudrait quand même que vous preniez en main trois dossiers prioritaires. Vous n'aurez qu'à en déléguer d'autres.

Alfred eut un sourire crispé. Depuis deux mois, il se noyait dans le travail et accomplissait autant de réformes que possible pour remettre son pays dans une meilleure voie. Pour ça, il gérait certains projets impossibles et les modifiait de façon discrète pour les rendre acceptables.

- Quels dossiers ?

- Le mur à la frontière mexicaine, l'expulsion des immigrés et la relance de toute l'industrie du charbon. Ah et trouvez-moi un moyen de virer définitivement l'obamacare aussi. Et si vous avez deux minutes pour gérer la crise des abrutis qui veulent faire interdire les armes aux enfants, ce serait bien. Et balancez-moi des procès à toutes ces organisations écologiques terroristes aussi, ils font que foutre la merde et empêcher les entreprises agricoles de bosser correctement.

Le représentant serra les dents. Chaque dossier demanderait des mois de travail à une équipe complète, et Trump les lui refilait comme s'il voulait que tout soit réglé dans la semaine. Sans compter leur totale absurdité.

- Je vais voir ce que je peux faire, se força-t-il à répondre.

- Parfait ! Heureusement que vous êtes là, Jones. Vous vous rendez compte que la totalité des abrutis de citoyens de ce pays s'attend à ce que je fasse tout le boulot moi-même ? Une vraie plaie d'être au pouvoir, vous avez pas idée.

- J'imagine.

Et il sortit, tous ses muscles tendus à l'extrême. Dans le couloir, il croisa une des secrétaires de la maison blanche, qui avait une pile de dossiers dans les bras. En fait, elle avait largement le niveau d'être secrétaire d'état, mais Trump n'avait même pas voulu envisager sa candidature. Elle s'arrêta quelques instants pour le saluer.

- Ça va Alfred ?

- Je sors du bureau ovale, ça répond à ta question ?

- Assez bien. Le gymnase est ouvert si tu veux aller te défouler une demi-heure.

- J'aimerais bien mais j'ai trop de boulot.

- Comme nous tous, soupira-t-elle. Tu devrais quand même y aller, trente minutes de retard de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose et je ne suis pas sûre que dans ton état actuel tu avances beaucoup.

- Pas faux. À plus, Alice.

- Bon courage, lui lança-t-elle en s'éloignant.

Alfred se dirigea vers la salle de sport et salua le coach en entrant. Pousser ou soulever des poids pendant un moment ne l'aidait pas vraiment mais lui permettait d'expulser un minimum de tension. Son président était un imbécile et tout le monde avait abandonné l'idée de le destituer. Il allait achever de foutre son pays et la planète en l'air s'il le laissait faire. Et ça le rendait hors de lui de ne rien pouvoir faire de plus marquant que trafiquer des dossiers pour avancer à tout petits pas vers une nation plus juste et responsable. Quant à ces nouveaux dossiers... Il ne pouvait tout simplement pas les gérer en plus. Il ne voulait pas les gérer, et en fait il ne voulait même pas les voir aboutir.

Alfred rentra chez lui à la fin de la journée, épuisé. La secrétaire personnelle de Trump avait fait en sorte que les dossiers dont il avait parlé lui soient officiellement remis dans son bureau. Il n'avait pu que contempler avec exaspération les cartons s'entasser dans son espace de travail déjà surchargé. La jeune femme lui avait lancé un regard d'excuse avant de partir.

Il s'affala dans son canapé, une bière à la main. Dire qu'il était censé ne pas tenir l'alcool. En deux mois, sa résistance s'était singulièrement améliorée. Et s'il mangeait toujours autant, il avait grandement modifié son régime alimentaire. Les féculents simples accompagnés d'une viande remplaçaient de plus en plus souvent les burgers. Et il avait presque complètement arrêté les milkshakes.

En soupirant, il appela son frère pour avoir un compte-rendu rapide du meeting qui avait eu lieu le jour même. Matthew décrocha à la première sonnerie.

- Al' ! Comment tu vas ?

- Trump pense que je suis capable de supporter dix fois plus de boulot que n'importe qui, mais à part ça rien de neuf. Et toi ?

- Le meeting était long, mais en gros on a pu arriver à deux ou trois accords. Je t'envoie un récap par mail dès que je suis rentré.

- Thanks.

- De rien. Tu veux qu'on essaie de se voir ce weekend ?

- Je vais pas avoir le temps. J'ai le mur, les expulsions, le charbon et deux autres trucs en plus maintenant.

- ... WHAT !? Mais il est complètement fou ! Tu as une équipe avec toi ?

- Nope.

- Al', faut vraiment que tu ralentisses, à ce rythme tu vas faire un burnout avant l'été.

- Je sais. Mais t'en fais pas, je bosse sur un gros truc depuis quelques temps, ça devrait calmer un peu l'abruti.

- Quoi comme gros truc ? demanda le canadien curieux.

- Le genre qu'il va forcément comprendre. Mais faut encore que je le peaufine.

- Ok, je te fais confiance. Tu me tiens au courant.

- Comme d'habitude Mattie.

Et il raccrocha. Alfred savait que son frère commençait à se méfier, et dans ces cas-là mieux valait lui donner quelques informations avant qu'il ne vienne les chercher lui-même. Et dans le cas présent, il ne fallait surtout, surtout pas qu'il les trouve. Son idée n'était pas complètement aboutie. Il lui manquait encore un peu de préparation et d'organisation avant de la mettre en oeuvre.

Vers une heure du matin, il envoya un message à Ivan.

„Salut."

La réponse ne tarda pas. Après tout, c'était devenu leur petit rituel.

„Toujours insomniaque ?"

„Faut croire."

„Tu devrais en parler à ta famille, depuis le temps"

„Pourquoi faire ? Ils ne pourraient rien y changer."

„Tu mens."

„Pas du tout"

Chez lui, Ivan sourit. Certains aspects d'Alfred ne changeaient pas. Il avait du mal à voir la vérité en face dès qu'elle le concernait.

„Tes parents pourraient te donner des conseils et t'aider à trouver ce qui t'empêche de dormir"

„J'ai pas besoin d'eux pour ça."

„Mais bien sûr... J'imagine que tu ne leur as toujours pas dit que tu me parlais presque tous les soirs depuis notre rupture ?"

Et la conversation s'arrêta là. Le silence de l'américain équivalait à une réponse parfaitement claire pour les deux.


Je sais, je ne peux pas m'empêcher de dépeindre Trump comme un abruti fini (on se défoule comme on peut). Et promis, Alfred n'est pas vraiment masochiste à reparler comme ça à Ivan (après tout, c'est loin d'être un crétin). J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire sur la couleur de vos chaussettes si jamais vous avez envie.

Plein de pasteis de nata pour vous ! (demande de Heaven-Sama)