Coucou et Joyeuse Pâques à tous !
Merci à tout ceux qui ont posté un commentaire et ont pris le temps de lire le précédent chapitre.
Voici le 21 ème chapitre. Attention celui-ci contient de la violence. Je préfère vous prévenir !
On s'accroche et d'ici qqs chapitres Dean remontera la pente après avoir touché le fond !
Bonne lecture !
Sydney8201
Musique du chapitre :
Butterflies and Hurricanes de Muse
Chapitre 21 : L'agression
Dean n'aimait pas son travail. En fait, il n'aimait pas la clientèle qui fréquentait le café. Et certains de ses collègues étaient des abrutis finis. Mais il aimait le fait d'avoir une raison de se lever le matin. Il aimait savoir qu'il gagnait de l'argent et qu'il pouvait aider Chris à payer les factures. Il se sentait utile et pour la première fois depuis longtemps, il n'avait pas la sensation d'être un poids pour ceux qui l'entouraient.
Il devait tout cela à Jamie. Son tuteur était constamment présent pour lui. Il le conseillait quand il avait besoin et l'écoutait quand il avait juste envie de parler. Leur relation était une véritable bouffée d'oxygène pour le jeune homme.
Il aimait toujours Castiel. Il le savait. Il doutait de pouvoir l'oublier facilement. Mais ce qu'il avait avec Jamie avait pris de l'importance pour lui. Il tenait énormément à son tuteur. Ils n'étaient pas un couple ordinaire. Ils ne sortaient que rarement ensemble en public et ils n'avaient jamais réellement eu de rendez-vous officiel. Mais ils passaient presque tout leur temps libre ensemble. Ils se retrouvaient généralement chez Jamie pour éviter Chris et son enthousiasme débordant pour leur relation. Ils regardaient la télé ensemble, discutaient de tout et de rien ou se contentait de s'allonger ensemble et de regarder les secondes défiler en silence. Pour la première fois de sa vie, Dean n'avait pas une relation uniquement basée sur le sexe. Bien sûr, il couchait avec Jamie. Mais ce n'était pas ce qui les motivait à se voir. Bien au contraire. Ils aimaient simplement leurs présences mutuelles.
Dean pensait encore souvent à Castiel. Il n'avait plus revu son ami depuis le soir où il avait appris pour son départ prochain. Il ne savait pas s'il était déjà parti ou s'il était encore à Los Angeles. Il avait toujours son numéro enregistré dans son téléphone mais il refusait de l'appeler.
Il avait choisi de se rendre à l'évidence. Il était amoureux de Castiel mais rien n'était possible entre eux. Et parce que le jeune homme voulait que son ami soit heureux et qu'il espérait pouvoir l'être aussi complètement à terme, il devait le laisser partir. Ca n'avait pas été facile de l'encourager à le faire. Il aurait préféré le supplier de rester. Mais il avait choisi ce qu'il y avait de mieux pour eux deux. Et cette séparation était ce dont ils avaient besoin. Castiel pour construire son avenir avec Rafael et ne pouvoir se concentrer que sur lui. Dean pour se reconstruire et se libérer de cette dépendance qu'il avait à l'égard de son ami. Ils en sortiraient grandis et probablement guéris. Et qui sait … le Destin finirait peut-être par les réunir. Quelque chose lui disait que leur histoire n'était pas complètement finie. Qu'elle continuerait … différemment sans doute mais ça n'avait aucune importance.
Dean se sentait bien. Ce n'était pas quelque chose qui lui arrivait souvent. Mais depuis quelques jours, il se sentait réellement mieux. Quand il s'était rendu compte qu'il était amoureux de Castiel, il avait cru que tout s'écroulerait autour de lui et qu'il replongerait à nouveau dans l'enfer qu'avait été sa vie avant qu'il ne le rencontre. Mais rien ne s'était passé de cette manière. En prenant conscience de ses sentiments, il avait également réalisé qu'il s'était trompé depuis le début. Il était capable d'aimer. Et s'il était capable d'aimer, alors tout espoir était permis. Il ne finirait peut-être pas sa vie seul. Il voulait être optimiste.
De surcroît, cela l'avait poussé dans les bras de Jamie. Il ne pensait pas être amoureux de son tuteur. Mais il savait qu'il pourrait finir par avoir les mêmes sentiments pour lui que pour Castiel.
L'un dans l'autre, Dean avait enfin la sensation que les choses s'arrangeaient. Il n'était pas sorti de l'auberge, loin de là. Mais il était sur le bon chemin. Et pour la première fois depuis longtemps, il entrapercevait enfin la petite lumière tout au bout du tunnel. Il voulait croire que c'était bon signe. Il voulait réellement le croire.
Il était onze heures quand il quitta enfin son travail. Il était épuisé et il avait affreusement mal au dos. Il avait passé toute l'après-midi à entendre des étudiants se plaindre de leur professeur, de leurs petits ou petites amis, de leurs parents ou même du temps qu'il faisait. Il avait envie de leur dire qu'ils avaient sacrément de la chance. Car de toute évidence, leurs problèmes n'avaient rien de vraiment graves. Dean aurait voulu les prendre par la main et les conduire aux réunions de son groupe de soutien. Il aurait voulu qu'ils entendent des gamins leur raconter comme leur père les avait violé ou comment il avait un jour décidé de se trancher les veines. Peut-être arrêteraient-ils de se plaindre pour tout et n'importe quoi ? Ou peut-être continueraient-ils simplement parce qu'ils n'avaient rien de mieux à faire ?
Dean fut soulagé quand son patron ferma enfin le café et les renvoya chez eux. Il était en colère contre tout et tout le monde quand il sortit par la porte de derrière et il fut content d'avoir le trajet jusqu'à chez lui à faire à pieds pour se calmer un peu.
Jamie n'était pas disponible ce soir. Il avait un inventaire à terminer au magasin et Dean avait prévu de passer la soirée avec Chris et Steve. Il les avait quelque peu négligé ces derniers temps et il avait envie de se rattraper.
La pluie avait enfin cessé après une journée entière à tomber drue. L'air était encore humide mais Dean adorait sentir l'odeur du béton et de l'herbe mouillés. C'était un parfum qui lui rappelait les après-midis passées à jouer avec Sam. Cela le rendait nostalgique.
Les rues étaient quasiment désertes à cette heure-là. Mais Dean ne s'en souciait pas réellement. Il n'avait jamais eu peur. Il avait beau entendre parler de l'insécurité dans les rues de Los Angeles, il continuait de croire que cela n'arrivait qu'aux autres. Et puis il estimait avoir eu son lot de problèmes pour au moins plusieurs décennies. Il voulait croire que le sort s'était suffisamment acharné sur lui pour ne pas en rajouter.
Il marchait d'un pas rapide, ses mains enfoncées dans ses poches et ses yeux fixés sur les rares voitures qui passaient. Il repensait souvent à son accident. Il se souvenait parfaitement de ce qu'il avait ressenti au moment où la voiture l'avait heurté. Il en rêvait parfois. Mais c'était le bruit qui était le plus fermement ancré dans son esprit. Il savait qu'il s'en souviendrait jusqu'à la fin de ses jours. A chaque fois qu'il traversait la rue, il se remémorait ce moment de son existence. Celui qui avait tout changé. Et celui qu'il ne pourrait jamais regretter.
Il avait marqué le début d'une nouvelle vie pour le jeune homme. C'était indiscutable.
Au dessus de lui, les nuages couvraient entièrement la lune et malgré les éclairages publics, la rue était incroyablement sombre. Dean accéléra sensiblement le pas. Il avait envie de retrouver ses amis et de passer le reste de la soirée avec eux. Il savait bien qu'ils seraient probablement fatigués de l'avoir attendu aussi tard. Mais ils ne disaient jamais non à ce genre de proposition. Dean espérait simplement qu'ils n'avaient pas eu la bonne idée de passer le temps en couchant ensemble dans le salon. Et qu'il ne risquait pas de tomber sur eux en plein acte. Il n'était pas sûr qu'il pourrait s'en remettre.
Le jeune homme soupira puis s'arrêta pour sortir une cigarette du paquet dans sa poche. Il n'avait toujours pas arrêté de fumer malgré les conseils de Jamie à ce sujet. Il savait bien que c'était une mauvaise habitude. Mais il en avait besoin. Et il savait également qu'il n'arriverait jamais à s'arrêter s'il n'en avait pas réellement la volonté.
Et pour être parfaitement honnête, il n'en avait pas envie. Il aimait bien trop la sensation que lui procurait la nicotine pour tirer un trait dessus. Et tant pis si tout le monde lui disait que c'était mauvais pour sa santé. Il était encore jeune. Il avait le temps de voir venir.
Dean était toujours étonné quand il se surprenait à penser sur le long terme. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais réellement fait avant. Il avait planifié la vie de Sam et envisagé l'avenir de Chris et de Steve. Mais jamais avant, il n'avait pensé qu'il pourrait en avoir un lui aussi.
Ces derniers temps pourtant, il lui arrivait de faire des plans pour le futur. Il pensait à ce qu'il ferait quand il aurait repris les cours ou si son histoire avec Jamie durerait dans le temps. Il réfléchissait à ce que sa relation avec Castiel deviendrait dans le futur. Il faisait des plans pour l'avenir et il adorait ça.
Il avait conscience que sa situation était encore fragile. Il ne doutait pas qu'il risquait de nouveau de connaître des moments de doute. Mais il aimait à penser qu'il allait définitivement mieux.
Dean tourna à gauche à la prochaine intersection. Il avait choisi de prendre un raccourci pour rentrer plus rapidement chez lui. Il espérait pouvoir profiter de ses amis pensant une bonne heure avant d'aller se coucher. Il dormait nettement mieux depuis quelques temps.
Il s'était parfaitement adapté à sa nouvelle routine. Il l'adorait d'ailleurs. Elle lui donnait l'impression d'être quelqu'un d'ordinaire. Quelqu'un de normal. C'était tout ce qu'il avait toujours voulu. Il ne demandait pas à connaître un destin extraordinaire. Juste une vie banale. Une vie comme celle que tous les jeunes de son âge connaissaient. Il en rêvait et il avait la sensation de ne plus en être très loin.
Il avait fini sa cigarette et jeta le mégot dans une flaque devant lui. Il remit ensuite ses mains dans ses poches et enfonça sa tête dans ses épaules. Il entendit des bruits de pas dans son dos mais il n'y prêta pas réellement attention. Ce fut sa première erreur.
Quand une main se referma sur son épaule, il se retourna en un bond et ne prit pas immédiatement la fuite. Ce fut sa seconde erreur.
Il se retrouva nez à nez avec un homme d'une trentaine d'année. Un homme plus grand que lui et plus musclé. Un homme qui le dévisageait comme un prédateur le ferait avec sa prochaine proie.
- Eh t'aurais pas une cigarette pour moi ?
Dean sut presque aussitôt que quelque chose clochait. Il le lut sur le visage de son interlocuteur. Il le devina dans son regard qui l'étudiait avec quelque chose comme de l'excitation. Il aurait du prendre ses jambes à son cou. Mais le temps que son corps réponde enfin aux commandes de son cerveau, un autre homme avait rejoint le premier. Il se tenait dans le dos de Dean et avait les mains posées sur ses épaules également. Le jeune homme ne pouvait plus fuir. Il était pris au piège.
- Si tu recules, je pourrais peut-être t'en donner une, jeta Dean en gardant les yeux rivés sur l'homme qui se trouvait devant lui.
Il commençait à paniquer. Mais il ne devait surtout pas le laisser voir. Il devait garder le contrôle de ses nerfs et se montrer confiant. Ne pas donner à ses agresseurs la sensation qu'il avait peur d'eux. Même s'il avait toutes les raisons d'être effrayé. Parce qu'il était seul contre deux hommes et qu'il n'avait strictement aucune chance s'ils décidaient de l'attaquer.
- Ou peut-être que tu pourrais me dire où tu les caches et je les prendrais moi-même, suggéra l'homme devant lui.
Dean secoua la tête.
- Et te laisser me toucher, hors de question.
- J'ai pourtant entendu dire que tu aimais qu'on te touche … que tu n'étais pas un garçon difficile. Et je te rassure, je ferais en sorte que ça te plaise.
Dean sentit son cœur s'accélérer. Il craignait d'avoir compris les intentions de ces deux hommes. Et le fait qu'ils en sachent autant sur lui ne le réconfortait absolument pas. Il garda ses yeux rivés sur ceux de l'homme qui le dévisageait toujours. Il commençait à transpirer et il savait que ses agresseurs pouvaient le voir.
- OK, assez joué, qu'est-ce que vous voulez vraiment ? Demanda finalement le jeune homme.
Il savait qu'il n'était pas uniquement question de cigarettes. Et il avait besoin de savoir. Même s'il avait déjà sa petite idée.
- Qu'est-ce qui te fait croire qu'on veut quelque chose ? Demanda l'homme derrière Dean.
Le jeune homme sentit ses mains se refermer un plus fortement sur ses épaules et il ne put s'empêcher de grimacer. Il ne parvenait pas à réfléchir suffisamment pour trouver une solution. Il ne pensait qu'à une seule chose. Ce que ces hommes allaient lui faire. Ce que leurs sous-entendus révélaient de leurs intentions le concernant.
- Si vous ne voulez rien, autant me laisser partir, avança t-il.
- Oh non joli cœur, je crains que ce ne soit pas possible pour le moment, répliqua l'homme devant lui.
Dean sut alors qu'il devait tenter quelque chose. Même s'il n'avait aucune chance. Il ne pouvait pas attendre plus longtemps et laisser le champ libre à ces hommes. Il devait se battre. Il n'en aurait bientôt plus l'occasion. Il tenta de se remémorer ce que Chris lui avait appris sur la meilleure manière de se battre mais ses idées étaient trop embrouillées pour parvenir à faire le tri. Il prit finalement une grande inspiration et, aussi rapidement qu'il le put, il attrapa le tee-shirt de l'homme devant lui et le repoussa aussi loin qu'il le put. Il dut bénéficier de l'effet de surprise puisque son assaillant lâcha aussitôt son épaule et bascula en arrière avant de tomber sur les fesses. Dean se tourna alors vers son autre agresseur et lança son poing dans la direction de son visage. Malheureusement pour lui, l'homme derrière lui était visiblement plus entraîné ou mieux préparé que son ami. Il esquiva le coup sans trop de difficultés puis lui attrapa le poignet et le tourna entre ses mains. Dean cria quand une douleur violente transperça son articulation et remonta le long de son bras. Il tomba à genoux et tenta d'envoyer son deuxième poing dans la direction de son agresseur. Il eut plus de chance cette fois. Il atteignit l'homme dans l'estomac et parvint à se dégager de son étreinte. Il se remit aussitôt sur ses pieds et prit la fuite. Il n'avait pas parcouru plus de quelques mètres avant que deux mains ne se referment de nouveau autour de ses épaules.
Il s'agita pour essayer de se libérer mais il était une nouvelle fois pris au piège. Il fut poussé en avant et tomba une nouvelle fois à genoux. Il n'eut pas le temps de se relever. L'un des hommes le força à se retourner et il se retrouva assis sur le sol mouillé, la pluie recommençant à tomber au dessus de sa tête.
Devant lui se trouvaient les deux hommes, côte à côte. Il les dévisagea avec tout le courage dont il était capable mais ne bougea pas.
- Tu sais que tu vas payer lourdement ton petit acte d'héroïsme, jeta l'homme qui avait jusque là adressé la parole à Dean.
Il était plus grand que son compagnon et avait le crâne rasé. Son visage était carré et dur. Ses yeux froids. L'homme à côté de lui était plus jeune mais nettement plus musclé. Il avait un physique de boxeur. Son nez semblait avoir été cassé plusieurs fois et il avait une vilaine cicatrice qui lui barrait le front. Il avait les poings serrés et semblait absolument furieux. Son acolyte semblait un peu plus calme et de toute évidence, c'était lui qui était en charge de faire la conversation.
- Alors quoi, tu ne trouves plus rien à dire ? Demanda le plus vieux de deux hommes.
Dean avait la respiration saccadée et le cœur qui battait dans ses tempes et dans sa gorge. Ses cheveux étaient plaqués sur son front par la pluie et il était complètement gelé. Il tenta de se relever mais le deuxième homme s'avança d'un pas et lui fit signe de rester assis.
- A quoi bon parler ? Je ne voudrais surtout pas vous faire perdre votre temps. Alors faites ce que vous voulez de moi et laissez-moi tranquille, lança t-il en les dévisageant.
Le plus vieux des deux hommes sourit alors dévoilant une dentition qui aurait fait pâlir même le plus chevronné des dentistes. Dean grimaça malgré lui.
- Tu peux jouer les durs tant que tu le souhaites … je sais que tu es mort de trouille ! Répliqua t-il.
Dean détourna alors les yeux. Ce fut sa troisième erreur. Il ne vit pas le poing qui se dirigeait en direction de son visage. Il n'eut pas le temps de se préparer au coup qu'il allait recevoir. Et quand le poing du plus jeune des deux hommes s'écrasa sur sa joue, il bascula sur le côté avec la force de l'impact. Il porta aussitôt une main à son visage et ferma les yeux. Il n'avait jamais été frappé de sa vie. Il s'était rarement battu et les seules fois où il avait été mêlé à des disputes dans les bars, il avait toujours réussi à éviter les coups. Il n'avait pas imaginé que la douleur puisse être aussi forte. Pendant une seconde, il crut que sa pommette était fracturée. Mais il n'avait pas le temps de se poser la question. Il se redressa péniblement alors qu'un deuxième coup était déjà dirigé dans sa direction. Il l'atteignit cette fois au niveau de la tempe et il ne put retenir un cri de douleur. Il sentit son arcade sourcilière s'ouvrir et presque aussitôt du liquide chaud lui coller sur la paupière. Du sang. Dean serra les dents.
- C'est tout ce que vous avez ? S'écria t-il.
Il jouait avec le feu. Mais il s'en fichait. Il ne comprenait pas ce que ces deux hommes pouvaient lui vouloir. Il ne voyait pas ce qu'il pouvait avoir fait pour mériter un tel traitement. Mais il préférait de loin se faire passer à tabac que ce qu'il avait craint qu'il lui fasse. De toute évidence, ils n'avaient pas l'intention de le violer.
- Oh mais rassure-toi, ce n'est que le début, assura le plus vieux de ses agresseurs.
Dean s'essuya l'oeil d'une main qui tremblait. Il la regarda ensuite et constata qu'il y avait effectivement du sang dessus. Il releva les yeux vers les deux hommes qui le toisaient et fronça les sourcils.
- Pourquoi est-ce que vous faites ça ? Ca vous excite de vous acharner à deux sur un seul homme ? Demanda t-il.
Le plus jeune de deux hommes secoua la tête et le frappa une nouvelle fois à la joue. Cette fois, il s'agissait plus d'une claque que d'un coup de poing. Mais le fait qu'il tape à nouveau au même endroit lui arracha un nouveau cri de douleur.
- Tu te souviens de Michael ? Demanda le plus vieux des deux agresseurs.
Dean sentit son cœur s'accélérer un peu alors que tout son visage était atrocement douloureux. Bien sûr qu'il se souvenait de Michael. Comment pouvait-il oublier l'homme qui avait tenté de le violer ? Il finit par hocher la tête, incapable de trouver une réponse à donner.
- Il t'envoie le bonjour … il aurait vraiment aimé être là mais il était occupé ce soir. Il a pensé que tu méritais une petite leçon après ce que tu lui as fait.
- Ce que je lui ai fait ? Non mais laissez-moi rire ! Répliqua Dean.
Sauf qu'il n'avait absolument pas envie de rire. Il avait envie de pleurer. Il n'avait plus repensé à cet homme depuis un moment. Mais il s'en souvenait parfaitement. Et il aurait du se douter qu'il n'en resterait pas là. Il aurait du savoir qu'il chercherait à se venger. C'était le genre d'homme qui n'acceptait pas de perdre.
- Est-ce que vous savez au moins ce que lui a essayé de me faire ? Ce qu'il a failli me faire ? Jeta t-il, furieux.
Ses deux agresseurs ricanèrent pendant une seconde avant que le plus vieux ne prenne à nouveau la parole.
- Oh je t'en prie … il s'est peut-être montré un peu trop rude à ton goût mais c'est toi qui l'as allumé. Tu ne peux pas chauffer les hommes, te conduire comme une chienne en chaleur et espérer ensuite pouvoir t'en sortir sans avoir à donner un peu de ta personne.
- Il a essayé de me violer, protesta Dean dont les yeux se remplissaient de larmes.
- Les hommes comme toi ne se font pas violer … ils récoltent ce qu'ils sèment. Tu mériterais qu'on te remette un peu à ta place … qu'on te montre ce qu'on obtient quand on s'en prend à un vrai mec mais … dommage pour toi, je n'ai pas envie de choper une saloperie. Je ne donne pas dans les putes usagées.
Dean en avait assez entendu. Il savait qu'il n'avait aucune chance et qu'il ne ferait qu'aggraver les choses en se rebellant. Mais il ne pouvait pas se laisser insulter pour quelque chose dont il était victime. Michael avait failli le détruire pour de bon. Il avait réussi à lui échapper. Il n'avait pas l'intention de laisser ses sbires finir le travail. Il baissa les yeux une seconde puis prit appui derrière lui sur ses mains et se jeta en avant. Il entra en collision avec le plus jeune des agresseurs, sa tête le heurtant au niveau du ventre. Il sentit son assaillant basculer et il tomba avec lui. Quand l'homme fut sur le dos, Dean lui abattit son poing dans le visage. Il enchaîna aussitôt avec un autre coup dans le torse puis un dans le front. Quand le deuxième homme l'attrapa par derrière, il sut qu'il allait payer cher son petit acte de bravoure. Il se débattit autant que possible, satisfait de voir l'autre homme immobile au sol. Il avait de toute évidence réussi à le mettre KO. C'était une petite victoire.
- Michael nous avait dit de nous méfier de toi … que tu ne payais pas de mine. Il avait raison. Et je vais t'avouer quelque chose … j'adore quand les hommes se débattent … souffla l'homme quand il eut réussi à l'immobiliser dans ses bras puissants.
Dean tenta de lui donner un coup de tête mais il échoua. Il continua de se débattre sans résultat. Il perdait des forces et il n'était pas suffisamment entraîné. C'était perdu d'avance. Quand son agresseur laissa sa main glisser de son ventre à son entrejambe, Dean se mit à hurler. Il ne pouvait peut-être pas se défendre mais il pouvait au moins essayer d'alerter quelqu'un. Son assaillant du sentir le danger puisqu'il le relâcha aussitôt. Le jeune homme tenta alors de s'enfuir mais un coup de pied dans l'arrière de son genou droit le fit à nouveau tomber en avant.
- Tu vas me payer ça … et tu vas payer pour tout ce que tu as fait jusque là, le menaça l'homme derrière lui.
Son acolyte était toujours immobile au sol et pendant une seconde, Dean espérait qu'il avait réussi à le tuer. Il aurait voulu que les deux hommes soient morts. Il était en colère et il était frustré. Parce qu'il aurait voulu savoir se défendre comme Chris. Il aurait voulu être plus fort. Il se contenta toutefois de rester à quatre pattes sur le sol mouillé pendant que son agresseur approchait de lui. Il ne parvenait plus à respirer et les larmes débordaient de ses yeux. Il avait perdu. Il le savait.
- Tu sais ce qu'on fait aux mecs comme toi en prison ? Demanda l'homme en posant son pied dans le bas du dos de Dean pour le forcer à se coucher.
Le jeune homme se laissa faire. Il n'avait plus la force de lutter.
- On les coince dans les douches et on en fait notre pute … quand on en a fini avec eux, ils finissent par oublier qui ils sont … leurs proches ne les reconnaissent plus … s'ils survivent … parce que la plupart du temps, ils préfèrent en finir.
Dean commença à sangloter alors que le pied dans son dos bougeait pour reposer sur l'arrière de sa cuisse droite.
- Les types comme toi ne sont bons qu'à une chose : écarter les jambes et attendre qu'on en ait fini … Tu n'es rien de plus qu'une pute bon marché. Tu le sais n'est-ce-pas ?
Dean secoua faiblement la tête et tenta de ramper. Une nouvelle fois, l'homme le coupa dans son élan en abattant son pied dans sa jambe.
- Tu soulagerais tout le monde si tu avais la bonne idée de mourir.
- Ferme-la ! Supplia Dean qui ne pouvait pas entendre ces mots.
Il aurait préféré être inconscient. Il n'était pas suffisamment fort pour entendre ce que son agresseur disait. Ses paroles faisaient échos à tellement de ses doutes et à tellement de ses interrogations. Il voulait que l'homme se taise. Il voulait qu'il arrête de parler. Il préférait encore les coups.
- Oh non je ne vais pas la fermer joli cœur … j'ai encore tellement de choses à te dire … Michael nous a longuement parlé de toi. Il nous a décrit quel genre d'homme tu étais parce qu'il croyait qu'il avait besoin de me convaincre. Mais je n'avais pas besoin qu'il le fasse. J'adore remettre les types de ton genre à leur place. J'adore leur montrer qu'ils ne valent rien. Rassure-toi, je ne te violerais pas … je ne suis pas une sale pédale dans ton genre. Mais tu mériterais que je trouve quelqu'un qui accepterait de le faire … peut-être une prochaine fois. Parce que j'aime autant te prévenir. Ce n'est pas la dernière fois qu'on se voit toi et moi. On va beaucoup s'amuser tous les deux.
Dean parvint à se remettre sur le dos et dévisagea son agresseur.
- J'irais voir la police, jeta t-il.
L'homme au dessus de lui secoua la tête.
- Oh non, tu ne le feras pas. Sans quoi j'irais trouver Sammy et je lui ferais tout ce que je ne peux pas te faire à toi. Ensuite, je rendrais une petite visite à Chris et Steve … peut-être à ton petit ami. Jamie ? Ils payeront tous pour toi.
- Si tu les touches, je te tue.
- Tu crois vraiment en être capable ? Tu es prêt à prendre le risque de les savoir entre mes mains simplement parce que tu as voulu jouer aux héros ?
Dean n'avait pas imaginé que ses assaillants pouvaient en savoir autant sur lui. Ils avaient fait des recherches. Ou Michael s'en était chargé pour eux. Ce n'était pas uniquement une vengeance. Michael était décidé à le détruire. Et il ne voyait aucune issue. Les larmes roulaient de ses yeux à ses tempes et il ne put contenir un sanglot.
- Tu vas pleurer pédale ? Tu ne crois pas t'être suffisamment ridiculisé comme ça ?
Dean savait qu'il donnait à son agresseur exactement ce qu'il voulait. Mais c'était plus fort que lui. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il ne pouvait pas mettre son frère et ses amis en danger. Il ne pouvait pas accepter que ses propres erreurs leur nuisent. Il était pris au piège et à la merci de son agresseur. Il savait qu'il lui donnerait exactement ce qu'il voulait si cela pouvait permettre à ses proches d'être en sécurité.
- Je ferais ce que tu veux … mais s'il te plait … s'il te plait … ne leur fais pas de mal. C'est après moi que tu en as … pas après eux, supplia t-il.
L'homme au dessus de lui sourit de plus belle et croisa ses bras sur son torse. Il donna un léger coup de pied dans la jambe de Dean puis finit par hocher la tête.
- Je ne leur ferais rien du moment que tu gardes tout ceci pour toi. Michael n'est pas un monstre et moi non plus. Si tu acceptes ton châtiment gentiment, tes proches seront sains et saufs. En définitive, tout tient entièrement à toi.
- Je … je vais … je suis … je suis désolé, bafouilla Dean.
Il ne s'adressait pas à son agresseur mais à son frère et à ses amis. Peut-être un peu à lui-même également. Il n'en revenait pas de ce qui lui arrivait. Il aurait du se douter que les choses ne pourraient jamais aller bien. Il avait un passif trop lourd. Il ne parviendrait jamais à s'en sortir.
- Arrête ça et sois un homme pour une fois dans ta vie, lui lança son agresseur.
Dean ne put retenir un nouveau sanglot. Il secoua la tête avant de se redresser en appuyant ses coudes par terre de chaque côté de son torse.
- Si être un homme, c'est se comporter comme toi alors je préfère ne pas en être un, confia t-il en foudroyant son agresseur du regard.
Il ne savait pas pourquoi il continuait à chercher cet homme. Il savait qu'il finirait inévitablement par le payer. Mais c'était plus fort que lui. Il avait besoin de lui répondre.
- Etre un homme c'est commencer par ne pas écarter les cuisses pour un inconnu … c'est éviter de le faire tout court d'ailleurs. Mais je suppose que tu le sais déjà non ?
- J'ai du manquer ce cours-là à l'école, riposta Dean.
- Ou alors tes parents ne t'ont pas élevé comme il le fallait.
- Laisse-les en dehors de ça.
Dean n'aimait pas parler de son père et de sa mère. C'était un sujet délicat. Un qui le ramenait plusieurs semaines en arrière quand sa mère s'était suicidée. Quand son père était venu le voir à l'hôpital pour lui redire une nouvelle fois à quel point il était déçu par lui et qu'il ne serait plus jamais son fils. Il ne voulait plus penser à eux. Il voulait pouvoir les rayer de sa vie. Car il avait fini par comprendre – et une nouvelle fois Jamie y était pour beaucoup – qu'ils étaient fautifs pour tout ce que le jeune homme avait vécu depuis son départ. Qu'ils étaient responsables de son mal être.
- C'est un sujet sensible n'est-ce-pas joli cœur ? Tu n'aimes pas qu'on te rappelle à quel point ton cher papa te déteste et à quel point ta salope de mère a été lâche.
- Je croyais que tu étais ici pour me casser la gueule … pas pour faire la conversation !
Dean ne comprenait pas à quel jeu jouait son agresseur. Il semblait particulièrement amusé par leur discussion. Mais ce n'était pas son but premier. Et il prenait un risque en continuant à lui parler. Parce que quelqu'un risquait de les surprendre.
- Parfois les mots sont plus durs à supporter que les coups … et j'ai l'intuition qu'en disant les bonnes choses je pourrais te détruire plus facilement encore qu'en te fracassant le crâne avec mes poings, avança l'homme.
Dean détourna alors les yeux. Son agresseur avait vu juste. Ses mots le touchaient plus encore que les coups qu'il lui avait donné. Car s'il pouvait se remettre des blessures physiques, il avait plus de difficulté à surmonter les blessures morales et psychologiques. Son cœur était couvert de cicatrices qu'il continuait de soigner. Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour que les plaies se rouvrent.
- Mais tu as raison joli cœur … je suis en train de perdre du temps et j'ai des choses plus intéressantes à faire que parler avec toi.
L'homme s'agenouilla jusqu'à ce que son poids repose sur le ventre de Dean. Il avait les genoux serrés de chaque côté de son torse pour l'empêcher de bouger. Le jeune homme reporta son attention sur lui.
- Normalement, c'est le moment où je dis à ma victime d'éviter de se débattre mais on sait toi et moi que tu ne tenteras rien. Parce que tu n'as pas envie de voir tes proches en payer le prix, jeta l'homme en souriant.
Dean garda ses yeux rivés sur lui. Il le vit reculer son bras et serrer son poing. Il le vit le lancer dans sa direction. Et quand il le frappa au menton, il ne cria pas. Il ne lui donna pas ce plaisir. Il le laissa lui asséner plusieurs autres coups au torse sans le quitter des yeux. C'était la seule chose qu'il pouvait faire. Quand les coups cessèrent enfin, il avait la lèvre ouverte et sa poitrine le faisait atrocement souffrir. Mais il savait que son agresseur n'avait pas frappé suffisamment fort pour le blesser sérieusement. Il devait rester en vie pour que sa punition ait tout son sens. Michael ne voulait pas uniquement le voir souffrir physiquement. Il voulait le savoir terrifié. Il se réjouissait probablement de la peur qui l'habiterait constamment à compter de ce soir. Celle de voir son agresseur débarquer au moment où il ne l'attendrait pas. Celle de le savoir regardant constamment par-dessus son épaule. Ce serait sans aucun doute une immense victoire pour lui.
- Alors joli cœur, satisfait du résultat ? demanda l'homme en se redressant.
Dean cracha à côté de lui et constata que sa salive était tachée de sang. C'était probablement du à sa lèvre. Il préféra ne pas s'en inquiéter. Il avait mal partout et il savait qu'il aurait les pires difficultés du monde à rentrer chez lui dans cet état. Chris et Steve seraient probablement fous de rage en le voyant. Il allait devoir trouver une excuse à leur fournir. Une qui tiendrait la route.
- Tu as avalé ta langue ?
Dean secoua la tête et défia une nouvelle fois son agresseur du regard.
- Je veux rentrer chez moi, répliqua t-il.
L'homme qui était toujours agenouillé sur son ventre acquiesça avant de se relever.
- J'aimerais être une souris pour voir comment tes précieux amis vont réagir … tu ne leur diras rien hein ?
- Je ne leur dirais rien.
- Parfait.
Dean regarda son agresseur jeter un coup d'œil à son acolyte qui était toujours dans les vapes. Le jeune homme commençait à se demander s'il ne l'avait pas réellement tuer. Il aurait probablement du se réveiller maintenant. Mais il ne se sentait pas coupable. Bien au contraire. Il était fier de lui. Il n'avait pas pu éviter la punition infligée par le sbire de Michael. Mais il avait prouvé qu'il ne tomberait pas sans se battre. Même si cela ne changeait pas grand-chose en définitive. Car il avait perdu.
- Rassure-toi, il respire toujours, assura son agresseur en reportant son attention sur lui.
Dean recula sur le dos maintenant qu'il était libre. Son jean et sa veste étaient entièrement trempés et il était mort de froid. Mais il ne voulait pas prendre le risque de se relever.
- Je préfèrerais qu'il soit mort, avoua t-il.
- Oh ne sois pas aussi méchant joli cœur. Toi et moi, nous savons que tu n'es pas un tueur. Il faut avoir des couilles pour ça. Et ça fait longtemps que tu as égaré les tiennes. Non. Moi je suis un tueur … ne l'oublie surtout pas.
Dean doutait de pouvoir l'oublier. Il recula à nouveau alors que son agresseur lui souriait affichant une nouvelle fois sa dentition.
- Tu peux y aller maintenant … mais nous nous reverrons très bientôt. J'ai hâte.
Dean ne demanda pas son reste. Il se remit péniblement debout. Son corps protesta lourdement contre le changement de position mais il l'ignora pour le moment. Il agrippa un lampadaire à sa gauche pour éviter de tomber à nouveau puis fit volte face et s'éloigna de son agresseur. Il l'entendit rire dans son dos et le son lui glaça le sang. Il savait qu'il entendrait ce rire à nouveau. Il savait qu'il reverrait le visage de cet homme. Il continua d'avancer, ignorant la douleur dans son torse et dans son visage. Quand il quitta la ruelle, il tourna aussitôt à droite et commença à remonter la rue.
La pluie tombait toujours abondamment sur lui, transperçant ses vêtements mouillés et le faisant frissonner. Il avait le goût du sang dans la bouche et tout son visage le lançait. Il imaginait que Chris et Steve allaient paniquer en le voyant. Il pourrait leur dire qu'il avait été agressé. Qu'un inconnu avait essayé de lui voler son portefeuille. Il était hors de question de leur dire la vérité. Dean ne voulait surtout pas les mettre en danger.
Le jeune homme était surpris de voir à quel point il était résigné. Une heure plus tôt, il se croyait sur la bonne voie. Il se croyait presque guéri. Mais en quelques minutes, Michael et ses sbires lui avaient rappelé qu'on n'échappait pas à son passé. Il payait pour ses erreurs et pour le genre de vie qu'il avait mené jusque là. Il avait été idiot de croire qu'il pourrait tirer un trait sur ses erreurs. Qu'il pourrait un jour avoir une vie normale. Car il savait à présent que ce ne serait jamais le cas. Il ne serait jamais l'un de ces types qui ne trouvent qu'à se plaindre de leur travail, de leur histoire de cœur ou de la météo. Il serait toujours celui que la plupart des gens considère comme inutile et jetable. Celui qui attire les ennuis sur ceux qui tiennent à lui. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Il pouvait lutter contre tout et tout le monde. Il pouvait essayer d'oublier. La réalité finirait toujours par le rattraper. Il était un poids pour les autres. Et un danger. Non seulement il empêchait ses proches de mener la vie qu'ils méritaient mais il risquait également de leur coûter beaucoup plus cher. Sam, Chris, Steve et Jamie étaient en danger à cause de lui. Il n'avait pas le droit de l'oublier.
N'importe qui d'autre à sa place aurait sans doute refusé ce destin apocalyptique. Un type normal aurait probablement été voir la police pour dénoncer ses agresseurs. Il aurait sans nul doute essayé de se battre.
Mais Dean n'était pas un garçon comme les autres. Il était résigné. Il était vaincu. Il ne se battrait pas parce qu'il n'en voyait pas l'intérêt. Quel intérêt pouvait avoir sa vie ? Il avait cru pouvoir trouver une réponse à cette question mais ils avaient à présent qu'il n'en existait aucune.
Il allait devoir accepter ce châtiment. Parce qu'au fond de lui, il commençait à croire qu'il le méritait sans doute. Il était prêt à subir n'importe quoi pour préserver ceux qu'il aimait.
Son agresseur avait raison. Il ne valait rien. Et il était plus que temps pour lui de se rendre à l'évidence. Sa vie ne serait jamais celle d'un type normal. Soit il l'acceptait soit il en finissait. Il n'était plus vraiment sûr de savoir laquelle des options lui semblait la moins difficile à accepter.
