Auteur : AlyNiki

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Angst/Romance

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à AlyNiki. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : omoi yume...Merci Apolline!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 21: Épilogue -

~ 7 ans plus tard ~

Ça avait été difficile pour moi au début - de résister à la tentation du sang humain. L'ironie de cette situation ne m'avait pas échappé non plus. Toute ma vie humaine, j'avais été dégoûtée par le sang et maintenant, je le désirais de tout mon corps. Presque autant que je désirais les caresses d'Emmett. Bien que ça ait été difficile, ça n'avait pas été complètement impossible. Emmett m'avait incroyablement soutenu. Il m'avait ramené des objets touchés par les humains pour que je puisse apprendre à tolérer leurs odeurs sans prendre le risque de les attaquer. Je me sentais presque mal de réduire mon mari à un cleptomane pour apprendre à contrôler ma soif, mais ensuite, je me rappelais qu'il valait mieux que les humains perdent une chemise plutôt que leur vie.

Moins d'un an après ma transformation, je commençai à interagir avec des humains. On avait déjà quitté Forks pour emménager dans le New Hampshire, commodément près de Dartmouth. Je savais qu'Edward avait toujours secrètement espéré que j'y aille un jour. Emmett était tout aussi enchanté cependant. Il avait autant hâte de commencer sa carrière de scientifique fou que j'avais hâte de commencer mes propres études. Avec tout le temps que j'avais pour étudier chaque jour, suivre un cursus complet ne me posait pas le moindre problème. Étonnamment, Emmett était un excellent tuteur pour les classes qui étaient un peu plus difficile pour moi. C'était une nouvelle part de lui que je ne pouvais pas m'empêcher d'adorer.

Comme je l'avais prévu, je finis mes études de Langues et Littérature Classique en moins de trois ans. Il faut bien admettre que ça aide de pouvoir étudier plus que n'importe quel autre étudiant - sans avoir besoin de pause pour dormir ou manger. J'avais aussi appris à accepter l'aspect financier de ma nouvelle vie et le fait qu'Emmett adorait me gâter. Pour une fois, je n'objectais pas. C'était mon rêve et il avait les ressources pour le rendre réel.

Tout de suite après avoir obtenu ma licence, je m'attelai à passer mon Master à Dartmouth. J'avais gagné l'attention de plusieurs professeurs grâce à ma détermination et mon excellence académique. Ils avaient été plus qu'heureux de m'offrir une opportunité d'assistante professeur. Bien sûr, j'avais accepté. J'obtins mon Master exactement deux ans après.

J'acceptai ensuite un temps plein à l'université. Ils firent une exception en me permettant d'enseigner en niveau licence alors que je préparai mon Doctorat en Littérature Britannique du XVIe et XVIIe siècle, avec une attention toute particulière sur les œuvres de Shakespeare bien sûr.

La vie ne pouvait pas être plus belle que ça pour moi. J'étais amoureuse et mariée à mon meilleur ami, j'étais bien partie pour obtenir le job de mes rêves même si ce ne serait que temporaire, et je contrôlai parfaitement ma soif. J'étais devenue incroyablement insensible à l'odeur du sang vu que je passai tellement de temps à étudier avec les humains. Bien sûr, j'étais très prudente aussi; je ne passai jamais plus de deux jours sans chasser.


J'entrai dans ma première classe du semestre. C'était la première classe qui était vraiment à moi. J'avais le contrôle. L'éducation future de ces étudiants reposait dans mes mains. C'était mon travail de les former pour l'avenir, de les inspirer, de les...drainer.

Qui était-ce? Il fallait que je sache. Je devais découvrir l'origine de cette odeur. J'avais chassé il y a quelques heures à peine mais il me fallait cette personne. Maintenant! Qui c'était? Lui. Grand, cheveux noirs, musclé, yeux marrons. Il devait être en forme. Peut-être que je pourrais le faire courir, remplir ses veines d'adrénaline pour qu'il ait encore meilleur goût. Je pouvais l'entraîner dehors et le drainer lentement, pour savourer chacune des gouttes de ce délicieux sang.

Ah bordel! Qu'est-ce qu'Alice fait là? Elle va gâcher tout mon plaisir! Attends...non. Méchante Bella! Méchante! On ne draine pas les innocents humains. Bien que sentir aussi bon devrait être un crime. Peut-être que c'est un criminel. Serait-ce si mal que ça de débarrasser le monde d'une mauvaise personne? Je ne pense pas. Oui, je sauverais définitivement des humains en me débarrassant de celui-ci, qui sentait si bon. C'était définitivement un criminel.

Alice s'approcha. Que faire, que faire? Je pouvais l'attraper et courir. Je ne pourrais pas le savourer lentement mais au moins je l'aurais. Ce feu serait apaisé par son délicieux sang. Ça ne me dérangerait pas de devoir porter des lentilles de contact pendant quelques temps pour dissimuler la couleur traîtresse de mes yeux.

Alice feula. "Arrête ça!" me chuchota-t-elle. "Réfléchis-y, Bella," me supplia-t-elle.

Elle connaissait ma détermination. J'y avais pensé plus d'une fois. J'avais été loyale au mode de vie de Carlisle depuis sept ans sans la moindre difficulté, mais je n'avais jamais rencontré quelqu'un dont l'odeur m'attirait autant. Il pourrait certainement me pardonner un accident. Au moins, le reste de la population ne sentait pas aussi bon.

Emmett se tenait sur le pas de la porte, même pas une seconde derrière elle. Je grognai intérieurement. J'avais oublié qu'il s'était dit que ce serait une bonne idée de s'inscrire à mon cours pour s'assurer qu'aucun 'stupide humain' essayerait de me draguer. Oh quelle délicieuse ironie! Qui aurait cru qu'ils seraient plus en danger à cause de moi que je ne l'étais à cause de leurs tentatives d'accouplement stupide? Oubliez ça - je suis sûre que plein de monde l'aurait cru.

Son regard puissant se plongea dans le mien. À en juger par l'inquiétude qui infusait ses traits, il était clair que soit mon expression était complètement sauvage, soit il avait entendu l'avertissement d'Alice et il savait que quelque chose d'horrible allait arriver. Je ne savais pas non plus si elle lui avait déjà parlé. Je devrais être rapide. Il faudrait que j'agisse et vole le garçon avant qu'Emmett puisse enrouler ses bras autour de moi; bien qu'il bloquait ma meilleure issue. Il faudrait que je me contente de la fenêtre. La peau du garçon serait déchirée par le verre mais ça me faciliterait la tâche. Ce serait mieux pour lui de toute façon. Rapide et pratiquement sans douleur. Je le drainerais sans le savourer. Je pourrais le savourer plus tard, en me rappelant du goût de son sang sur mes lèvres.

"Bella," me chuchota Emmett. "Tu ne veux pas faire ça, Bella." Je fis une fraction de pas en direction de la source de ma soif. "Bella," me prévint sa voix. "Je vais t'arrêter, Bella. Tu le regretteras si tu le tues. Tu ne te pardonneras jamais une fois que ce sera fait. Arrête, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard."

Je lui grognai dessus. Il ne s'immiscerait pas entre ma proie et moi. Le garçon était à moi. Il ne pouvait pas l'avoir et il ne m'arrêterait pas.

"Mon chou," m'appela doucement Emmett, réveillant ma nature humaine. "Le regret et la honte n'en valent pas la peine. Partons, maintenant. Ça n'en vaut pas la peine."

Je grognai de défaite alors que mon monstre intérieur commençait à battre en retraite. Il avait raison, comme d'habitude. Bien que je ne l'admettrais jamais. Emmett m'avait promis qu'il m'empêcherait de prendre une vie humaine, quoi qu'il en coûte. Je voulais être végétarienne et je ne faiblirais pas. Personne ne pourrait me faire changer d'avis, pas même ce garçon au sang délicieusement alléchant.

Mes yeux se posèrent involontairement sur le garçon. Il regardait une jeune fille à l'autre bout de la pièce. Elle était petite et brune, avec une ressemblance flagrante avec une version plus jeune et humaine de moi. Ses yeux étaient d'un vert brillant cependant. Elle était silencieusement assise et gribouillait nerveusement sur son cahier, clairement inconsciente de l'admiration secrète du garçon. Il la regardait avec une tendresse indéniable. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander s'ils s'étaient même jamais parlé, s'il connaissait même son nom.

Je pouvais faire ça pour eux. Je pouvais créer un projet et leur ordonner de travailler ensemble. Quelque chose me disait qu'ils s'entendraient sans soucis. La façon dont elle se tournait naturellement vers lui sans même s'en rendre compte m'indiquait qu'elle ne protesterait pas en apprenant ce devoir. Je pouvais faire ça. J'allais faire ça. Ils me rappelaient vaguement Emmett et moi d'une certaine façon. Je ne détruirais pas leur relation avant même qu'elle ait une chance. Ce serait comme de détruire ce qu'Emmett et moi avons et je ne pouvais pas faire ça. Rien que cette idée était trop douloureuse. Je ne pourrais jamais lui infliger cette douleur, même si elle ne saurait jamais ce qu'elle manquait.

Alice sourit alors que je continuai à les regarder, clairement satisfaite par mon changement d'avis. Emmett me fit un large sourire lorsque je hochai la tête. Il traversa la pièce aussi rapidement qu'humainement possible et me prit dans ses bras. Je m'avachis contre son torse et inspirai profondément. Bien que son odeur m'entourait et m'apaisait, l'odeur du garçon était toujours aussi forte et m'invitait à céder. Je geignis et Emmett me serra dans ses bras pour me rassurer.

"Est-ce que tu as besoin de partir?" me demanda-t-il doucement.

"Je pense que je peux tenir," répondis-je, loin d'être sûre de moi. "Je respirerais juste aussi peu que possible."

Il hocha la tête bien que je pouvais clairement voir son scepticisme. "Je te fais confiance, Bella. Si tu me dis que ça va, je te crois. Si tu me dis que ça ne va pas, je suis là pour t'aider. Dis-moi ce dont tu as besoin," me supplia-t-il presque.

J'hésitai un instant. Quel était mon besoin ? Le sang du garçon, évidemment. Le besoin voulait que je le draine. Le monstre en moi exigeait que je prenne ce qui était notre véritable nourriture. Mais de quoi j'avais besoin moi? J'avais besoin de surmonter ça. Si je voulais vivre des siècles sans boire du sang humain, sans prendre de vie humaine, alors j'avais besoin de surmonter ça. Je venais de réaliser mon rêve. Je ne me permettrais pas de céder à la tentation et de tout gâcher.

Tout mon dur travail serait pour rien. Personne ne me blâmerait. Emmett me soutiendrait quoi qu'il arrive. Ça j'en étais sûre. Mais je ne prendrais pas le risque d'exposer ma famille; je ne succomberais pas à ce désir. Je combattrai ce démon et j'enseignerai ce cours comme je l'avais prévu. Et je réunirais ce couple pour pouvoir les voir tomber amoureux et me donner une bonne raison de plus de le garder en vie.

"J'ai besoin de rester. Je veux rester." Emmett hocha la tête. "Regarde-les," chuchotai-je. "Ils te font pas penser à quelqu'un?"

Il jeta un coup d'œil discret au garçon que je fixais, celui qui me captivait par son odeur. Ses yeux voyagèrent de lui à la fille. Il se retourna ensuite vers moi avec un petit sourire sur ses lèvres parfaites. "C'est comme ça que j'aurais dû te rencontrer," me dit-il.

J'approuvai d'un hochement de tête. "Je ne sais pas si j'aurais été séduite par un scientifique fou," le taquinai-je.

Il renifla. "Tu m'aimerais même si j'étais un croque-mort," me défia-t-il.

"Pourquoi tu vires dans le morbide?" lui demandai-je, moqueuse. "Les morts ne sentent même pas bon."

"Hmm...C'est pas faux." Il se pencha et fit courir son nez sur mes veines vides, inspirant profondément au passage. "Il y a des odeurs bien plus agréable à sentir."

Je le repoussai à contrecœur. Je devais garder les apparences après tout. "Vas-y doucement, Emmy Bear." Il plissa les yeux à mon attention. "Tu sais, je ne pense pas que tu vas pouvoir être un de mes étudiants." Il devint suspicieux, se disant sans doute que j'en avais toujours après le garçon. "Après avoir frotté ton nez contre mon cou, je doute que les autres étudiants pensent que tu ais mérité les notes que je te donnerais."

Il rigola doucement. "Je suppose que t'as raison."

"En général, oui," répliquai-je.

"Je serais dehors," promit-il. "Pour observer le cours."

Je n'avais pas besoin d'être télépathe pour entendre l'avertissement dans ses mots. Tout le monde serait en alerte et me surveillerait attentivement aujourd'hui. Pour être honnête, ce n'était pas aussi impressionnant que quelqu'un d'aussi petit qu'Alice aurait pu l'espérer. Je voulais être surveillée. Je voulais que la famille s'assure que je n'échoue jamais, que je ne tue jamais un humain.

Je pris une profonde inspiration pour me relaxer. L'odeur était toujours aussi forte mais ma résolution augmentait à chaque seconde. J'attirai l'attention des étudiants et me présentai. Les entendre marmonner leurs doutes quant à ma capacité à leur enseigner quelque chose au vu de mon âge fut une légère distraction de ma soif et je me forçai à concentrer toute mon attention sur leur prouver qu'ils avaient tort au lieu de graviter vers l'odeur du sang frais qui pulsait dans son corps.

Le projet d'équipe ne fut pas difficile à créer. Il y eut plus d'un grognement lorsque j'annonçai aussi que ce serait moi qui déciderais des équipes. J'appris rapidement que le couple que je voulais former s'appelait Isabel Swenson et Everett Matthews. Les similarités entre leurs noms et les nôtres ne me surprirent pas autant que j'aurais cru. Ça semblait être le destin. On aurait dit que j'avais été placée ici, tentée par son sang, et assez responsable pour résister pour voir que ce couple devait se rapprocher. Et j'étais la seule qui pouvait faire ça.

À la fin du cours, j'étais assise près d'un coin de mon bureau, et j'agrippai mon siège si fort que je menaçai de le détruire. J'avais réussi à m'abstenir mais mon self-control était à sa limite. Heureusement, Emmett n'était pas très loin et il m'entraîna prendre l'air.

"Tu as été géniale," me félicita-t-il. "Tu avais l'air parfaitement à l'aise, au vu de la situation. Et bordel, mon chou, cette jupe est sexy sur toi!"

Il remonta ma jupe, joueur, et fit courir sa main sur l'arrière de mes cuisses. Ça fit naître un désir complètement différent en moi, un que je pouvais facilement satisfaire. Emmett sembla reconnaître le feu dans mes yeux et sourit avant de me prendre dans ses bras pour retourner à la maison en courant.

Avec le temps, j'avais appris à ignorer les bruits des autres couples. Ça ne me mettait pas plus à l'aise à l'idée de leur donner un show cependant. Aujourd'hui, cependant, j'avais besoin de cette connexion avec Emmett. J'avais besoin de sentir l'amour que nous avions l'un pour l'autre. J'avais besoin de sentir ce que ce couple en classe connaîtrait peut-être un jour. J'avais besoin de savoir que ce sentiment si puissant était suffisant pour m'empêcher de devenir un monstre et le voler à quelqu'un d'autre. Presque autant que j'avais tout simplement besoin d'Emmett.

Cette vie avait été mon choix. Pas une seule fois avais-je regretté ce choix et j'étais sûre que je ne le regretterais jamais. Bien sûr, il y avait des bas, que je commençais seulement à expérimenter, et d'autres que j'expérimenterais probablement plus tard. Je n'aurais jamais souhaité vivre une autre vie. Malgré le fait que je verrais chaque personne dont je ferais la connaissance vieillir et mourir, que je vivrais avec la douleur de mes deuils, que ma gorge me brûlerait constamment en présence d'humains, je vivrais. Aucune de ces douleurs n'approcherait de la souffrance que je devrais endurer si jamais je perdais Emmett. Il avait été mon soleil dans une existence nuageuse. Il avait été mon ami dans un monde surnaturel. Maintenant, il était mon amant pour l'éternité. Il était tout ce que mon cœur glacé avait jamais désiré, et désirerait jamais.


Prochain chapitre : La transformation de Bella, vu par Emmett

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