Hello !

Période mouvementée pour moi ; la neige, les cours et tout et tout, raison de mon retard, je suis désolé ^^ Mais la fic n'est pas en pause ni arrêtée, j'ai seulement eus des soucis avec internet et beaucoup de travail.

Merci à Moira-chan pour la correction du chapitre ^^

Merci aussi à Kama-chan59 pour sa review ^^ et à Mayshea également ^^ Je vais de ce pas vous répondre !

Kama-chan59 : Oui, ils sont adorables et assez courageux, même si Sei commence un peu à baiser les bras dans cette lutte. Je pense que ce chapitre va te plaire, il reflète encore une autre facette de leur quotidien.

Mayshea : Merci beaucoup ^^ Tu n'es pas bizarre, c'est super les death-fic ! C'est sombre et torturé... trop bien ! Et bien voilà la suite que tu sembles tellement attendre ^^ Ah, tu n'es pas la première à me dire qu'il manque la GM, mais quand j'ai écrit cette histoire (et ça remonte à il y a un an), je n'ai pas su comment les intégrer, et maintenant la fic est un peu trop avancée pour que je le fasse, mais j'y pense. Et bien non, la fic n'est pas arrêtée ! La preuve ! hihi ^^

Bonne lecture à tous !


S'il te vient l'idée de te suicider, ne le fais pas, car si aux yeux du monde tu n'es rien, aux yeux de quelqu'un tu es le monde entier. (Je ne me souviens plus de l'auteur).

(ça annonce la couleur !)


La pluie battait les carreaux. Le temps n'avait pas changé depuis trois jours. Les routes, les boutiques, les métros et presque toute la ville étaient sous l'eau.

L'eau de la casserole bouillait. Elle, au moins, elle avait été invitée à l'intérieur. Les informations, au loin, rediffusaient les mêmes choses : Kyoto et quasiment toutes les villes aux alentours étaient recouvertes par plusieurs centimètres d'eau.

Je mis les nouilles dans l'eau et ajoutai les ingrédients : carottes, morceaux de bœuf marinés pendant une journée, shiitake et champignons noirs. Il ne restait plus que les sauces et les épices et le repas du soir serait prêt.

Soudain, je sentis un truc s'appuyer contre ma jambe. Un regard et je constatai que c'était la boule de poils.

-Attends deux secondes que ton maître s'endorme et je vais venir te caresser, lui dis-je discrètement.

Il me regarda comme s'il avait compris et partit vers sa gamelle, s'assit devant et attendit. Mais Sei ne semblait pas vouloir s'endormir. Bon, tant pis. Du moment qu'il ne me voyait pas caresser le chat, tout irait bien.

Je quittai mon fourneau et me dirigeai vers l'animal. Il ronronna et commença à manger à peine ma main posée sur son poil. Je le trouvais de plus en plus doux, ce chat. Sa queue se repliait sur le côté, et avec son dos arrondi, on aurait vraiment dit une boule.

Le bruit de ses croquettes me faisait penser aux céréales de Seijuro.

Je ne pus m'empêcher de sourire à la comparaison. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Sei manger ses céréales... Il ne mangeait rien, de toute façon, en ce moment.

Le repas d'Anubis fini, je retournai cuisiner. Je sortis deux bols du placard et les remplis de mon mélange qui sentait fort bon. Je regardai ensuite, fier de moi, mon repas réussi.

Je mis les les bols sur un plateau et les apportai dans le salon.

-Sei, viens manger.

-Je n'ai pas faim.

Je soupirai. Il allait vraiment falloir que je le force à manger, maintenant.

-Sei... Il faut que tu manges.

-Je n'ai pas faim.

Assis devant la fenêtre, il me tournait le dos. Ses yeux vides regardaient la pluie tomber et l'eau envahir les rues. Il était recroquevillé sous sa couverture.

Je me rapprochai de lui et, doucement, me glissai dans son dos. Mes jambes étaient de part et d'autre de son corps. Je l'encerclai dans une étreinte protectrice.

-Tu es gelé, Sei.

-Je sais.

Ma tête reposait près de sa joue, désormais. Je sentais le peu de chaleur qu'il dégageait. Finalement, Sei se laissa aller et s'appuya sur mon torse. Je l'entendis soupirer d'aise.

-Tu as vu, Shuzo, on dirait la fin du monde dehors...

-C'est vrai.

-J'ai presque le sentiment d'être un survivant.

Je souris. Je me sentais bien, en cet instant. La maladie, la mort, semblaient bien loin. Seijuro se collait contre moi, sa tête reposait dans mon cou. Il passa l'une de ses mains en dehors de la couverture et la glissa entre les boutons de ma chemise. Elle cherchait de la chaleur.

-Tu es bouillant, Shuzo.

-C'est toi qui es tout froid.

Il ferma doucement les yeux et se laissa transporter par ce moment de confort.

-Tu ne vas quand même pas dormir encore ?

-Le sommeil permet de lutter.

Je voulais encore protester mais un doigt fin et froid se posa sur mes lèvres. Sei me chuchota quelque chose, mais je ne l'entendis pas. L'instant d'après, il s'endormait déjà. Je le serrai encore un peu plus contre moi.

La pluie continua à tomber – c'était le plus gros orage sur Kyoto depuis vingt ans. Les gens se défendaient tant bien que mal à coups d'imperméables, de parapluies et de journaux pour certains. C'était un peu comme si une partie du monde s'effondrait. C'était presque une vision apocalyptique.

Dans mes bras, je tenais une âme qui se débattait pour survivre malgré son enveloppe corporelle qui semblait vouloir la chasser. C'était ma petite âme.

Elle aussi, elle se battait, contre autre chose que la pluie. Mais c'était sans doute plus violent sur le long terme – et elle était sûre de perdre cette guerre.

Je n'avais pas su la protéger.

Anubis s'approcha de nous, s'assit à côté et regarda comme moi la pluie dévaster les rues.

Son regard bicolore fixait tout, analysait. Il était vraiment l'écho de son maître. Mais avec des poils.

Il vint se frotter contre ma main quand je la tendis vers lui. Depuis déjà quelque temps, il ne me griffait plus, et Akashi commençait d'ailleurs à comprendre que nous avions fait une alliance, tous les deux. Elle reposait sur une confiance mutuelle : s'il ne me griffait pas, je lui donnais à manger. C'était le deal. Et notre paix semblait faire plaisir à Sei.

Le chat changea de place : il passa sous mes genoux et alla se rouler en boule sur les pieds de Seijuro.

-Il va te manquer quand il ne sera plus là, n'est-ce pas, Anubis ?

Il me regarda avec ses yeux toujours indifférents et bâilla avant de s'endormir.

Sans Sei, il aurait un coussin en moins, et pas des moindres. Et surtout, il perdrait son repère, son maître de toujours. Même si on disait que les chats n'avaient pas de liens d'affection avec les hommes comme les chiens, j'avais bien remarqué un changement chez lui quand Sei était à l'hôpital.

Au bout d'un moment, je sentis Sei bouger et il ouvrit les yeux. Il était adorable avec son air à moitié éveillé.

-Déjà fini ta sieste ?

-Faut croire.

Il sourit en remarquant Anubis sur ses pieds. Il le caressa légèrement et le chat se retourna pour avoir plus de caresses encore. Sei lui grattouilla le ventre et Anubis ronronna.

-Vous êtes mignons, tous les deux.

-Tiens donc, tu as fini de le haïr ?

-Disons qu'il y a des moments où je le supporte.

Un éclair. Puis le tonnerre. Anubis partit en courant se protéger dans son couffin.

-Quelqu'un se déchaîne vraiment aujourd'hui.

-Il y a un jour où on doit tous payer.

-Dédramatise, Sei, ce n'est pas encore la fin du monde.

Il se lova contre moi et enfouit sa tête dans mon cou. C'était rare qu'il réclame autant de câlins. Je n'allais certainement pas l'en empêcher, mais... je commençais à avoir faim.

-Sei, je vais devoir...

Il s'était rendormi.

Je soupirai. Bon, j'allais devoir le porter jusqu'à la chambre. Je le pris délicatement dans mes bras et le portai jusque dans notre lit. Comme d'habitude, il se replia aussitôt sur lui-même. Tellement adorable. Je déposai mes lèvres sur son front et je descendis enfin manger.

Mais maintenant, c'était trop froid.


Je l'entendis descendre les escaliers. Il se tenait comme toujours au rebord. Normalement, je devais l'aider à descendre, mais il ne m'écoutait jamais et préférait le faire tout seul.

-Bonjour, Seijuro.

Il ne me répondit pas et s'installa au bar. Il posa sa tête dessus, sans doute parce que le marbre était froid et que cela l'aidait à supporter la douleur qui lui fendait le crâne en deux tous les matins.

Je mis sur le bar son médicament et un verre d'eau.

-Tiens, Sei.

-C'est quoi ?

-Ton médicament.

-J'en veux pas.

Je fronçai les sourcils.

-Sei, prends-le.

-Non.

-Sei !

-J'ai pas envie.

-Ce n'est pas une question d'envie !

-Pourquoi vous vous acharnez, les médecins et toi ?

Je restai quelque peu indécis face à sa réaction.

-Parce qu'on t'aime.

-Tu m'aimes, nuance.

-Je veux t'aider.

Il ferma les yeux quelques secondes. Ils étaient vides. On aurait dit que Sei renonçait complètement – cela lui arrivait certains jours. Je me mis en face de lui et voulus poser ma main sur sa chevelure pour le réconforter, mais il la repoussa.

-Si tu veux vraiment m'être utile, aide-moi à en finir.

Je restai choqué. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine alors que je réalisais, lentement, la portée des paroles de Seijuro.

-Comment peux-tu dire cela ? Sei...

-Je n'en peux plus ! Tout est devenu insupportable !

-Je... Je ne peux pas te permettre de faire cela.

Il eut un rire nerveux. Je ne le reconnaissais plus.

-Shuzo. J'aimerais choisir comment mourir. Et j'ai décidé de ne pas mourir comme un faible dans un lit d'hôpital.

-Parce que tu penses que te suicider te fera passer pour un héros ?

-Non.

Il semblait perdu, maintenant. Comme si son propre raisonnement lui paraissait désormais absurde. La tête toujours posée sur le bar, il se mit à pleurer. Je voulus le réconforter et passer mes bras autour de lui, mais il me repoussa à nouveau. Conscient de mon inutilité, je rapprochai tout de même son médicament et son verre d'eau de lui.

Ensuite, je partis dans le salon avec ma tasse de café et mes tartines de beurre.

Anubis vint me voir avec ses grands yeux. Je posai furtivement ma main sur son pelage et lui fis une petite caresse. Il sauta sur le canapé et le se roula en boule pour dormir à côté de moi.

Soudain, j'entendis un bruit de verre se brisant sur le sol. Anubis se réveilla d'un coup et partit s'abriter sous une armoire. Seijuro venait simplement de balancer son verre. Puis il monta à l'étage et j'entendis la porte de la chambre claquer.

Je reposai ma tasse et partis nettoyer sa bêtise. Au moins, le médicament avait disparu et le verre était vide. Je n'avais plus qu'à ramasser les bouts de verre.

Je montai ensuite dans la chambre voir comme allait Sei.

Il était assis sur le rebord de la fenêtre. C'était un endroit où Anubis aimait dormir, normalement, mais depuis que Seijuro était revenu de l'hôpital, il aimait s'y loger à la place de son chat.

La pluie avait cessé. Nous avions survécu au déluge. Il n'y avait pas eu de mort : la catastrophe avait été bien anticipée et toute la population connaissait les règles de sécurité.

Nous, de toute manière, ce n'était pas au sixième étage que l'on allait prendre l'eau.

Quand je m'approchai de lui, son visage était fermé, mais mélancolique. Il semblait songeur. Je m'avançai doucement – son regard resta tourné vers l'oiseau noir qui passait et repassait devant la fenêtre.

-Tu crois qu'il va venir me chercher ?

Je continuai d'avancer vers lui et m'accroupis à ses côtés pour mieux voir l'oiseau. Il ressemblait à un corbeau.

-Je ne sais pas, Sei. Mais ne le tente pas.

Le rouge décroisa les bras et laissa l'une de ses mains prendre la mienne. D'habitude, c'était plutôt moi qui prenais sa main.

-Pardon pour ce que j'ai dit tout à l'heure, murmura-t-il.

-Ce n'est rien, je peux comprendre que cette situation te soit difficilement supportable.

Il esquissa l'un de ses doux sourires, les yeux toujours dirigés vers l'extérieur.

-Je veux rester avec toi, dit-il d'une voix faible mais douce.

-Tu seras toujours avec moi.

-Comment peux-tu en être sûr ? Si cela se trouve, mon âme disparaîtra.

Quand je me relevai et le serrai contre moi, sa main tenait toujours la mienne. C'était presque devenu un réflexe pour nous maintenant de tenir la main de l'autre, pour être sûr qu'il reste là.

-J'ai réfléchi à ce que tu m'as dit : à ce qu'il y a après la mort.

-Eh bien ?

-Je pense que l'âme se divise. Elle va protéger ceux qu'elle aime et qui l'aiment en retour.

-C'est possible, oui...

Doucement, je le pris dans mes bras et l'allongeai sur le lit. Je l'embrassai avec cette même douceur et le serrai contre moi. En quelques minutes, nous dormions tous les deux.

Jusqu'à ce qu'une boule poilue ne nous réveille en sautant sur le lit avec énergie.


J'espère que ce chapitre n'était pas trop sombre (surtout la fin) et qu'il vous à plu ^^

Je compte également poster le chapitre 4 de mon autre fic Déchiré, si cela vous intéresse. Elle est un peu plus sombre et torturé que celle-ci ^^

Reviews ?

à plus !