Merci à Cally-sama et MonaYsa pour leurs reviews.

Bonne lecture !

Disclaimer : Les personnes de l'univers de Clash of Titans et Wrath of Titans ne m'appartiennent pas. Tout est la propriété de Warner Bros et cie. Néanmoins, Taylor et Hada sont issues de mon imagination.


Le souhait de Hada

Hada et Agénor regardèrent les deux nouveaux arrivants sans savoir quoi dire.

« Vous pouvez me dire où vous étiez passés, tous les deux ? » dit Persée.

« Où on était passé ? Euh… » dit Hada.

« En fait, on… » dit Agénor.

« Il… me faisait visiter ! »

« Visi… ? Oui ! Oui, c'est vrai, elle n'est jamais venue ici avant. »

« Oui, et puis je viens d'une autre époque, alors… »

« Il faut quelqu'un pour lui expliquer les usages, les gens à qui parler ou à ignorer, tout ça, tout ça, tout ça… »

« Et aussi qui je ne dois pas tuer avec mon sabre. »

Cette dernière phrase les fit bêtement rire. Persée les regarda tour à tour avant de répondre :

« Vous me prenez pour un idiot ? À-quoi-vous-jouez ? »

Avec un soupir, Hada s'avança.

« C'est ma faute. Je voulais mener une enquête sur Phinée. Alors, je lui ai demandé de l'aide. »

« Et j'ai accepté », termina Agénor en la rejoignant.

Persée leva les yeux au ciel.

« Après tout ce qui s'est passé dernièrement, vous trouvez ça intelligent de courir au-devant des ennuis ? » dit-il.

Soudain, le vent se mit à souffler plus fort dans la pièce, puis le froid se fit sentir. Les flammes des torches suspendues aux murs virèrent au bleu, puis Hadès apparut derrière eux dans un nuage de fumée noire.

« Ils ont eu raison de le faire », dit-il.

« Hadès ! Vous êtes revenu », dit Hélios, tout content, en courant vers lui.

Le dieu lui adressa un léger sourire.

« Ravi de te revoir, jeune Hélios. Persée… »

Ce dernier ne dit rien, l'air indéchiffrable.

Hada, elle, regardait le nouveau venu avec des yeux ronds.

Waouh ! Et dire que c'est mon prof d'histoire dans le futur…

Le dieu se tourna vers elle.

« Hada, je présume ? Taylor m'a parlé de vous. »

Ne sachant que répondre, la jeune fille inclina poliment la tête. Hadès lui rendit son salut, puis son regard se posa sur le sabre de la jeune fille, posé sur son lit.

« Vous vous êtes bien battue, face aux gardes de Phinée », dit-il.

« Vous m'avez vue ? » s'étonna la jeune fille.

« Tous les dieux sur l'Olympe ont senti votre venue, à travers le temps et l'espace. Et nous vous avons vu vous battre. Athéna espère vous rencontrer bientôt, elle aimerait faire un petit duel amical avec vous. »

Athéna ! La Japonaise eut un léger sursaut de peur et d'excitation à l'idée de faire face à la grande déesse guerrière.

« Zeus n'est pas venu avec toi ? » demanda Persée.

L'expression de Hadès s'adoucit légèrement.

« Il aurait aimé venir. Poséidon aussi, d'ailleurs. Mais aucun dieu, excepté moi, ne peut venir ici, à Pompéi. »

« Pourquoi ça ? » demanda Agénor.

« Thanatos a créé une barrière qui empêche les dieux et déesses de descendre dans cette cité. J'ai pu la traverser parce que mon pouvoir est assez proche de celui du dieu de la mort, mais… »

Il leva sa main devant lui. Elle émit une légère lueur rouge avant de redevenir normale.

« Cela m'a vidé d'une partie de mes forces. Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour me ressourcer. Si Taylor avait été là, j'aurais retrouvé ma puissance en moins d'une heure. »

« Mais pourquoi es-tu là ? Qu'est-ce qui se passe, ici, pour que les dieux s'inquiètent à ce point ? » demanda Persée, agacé par tous ces mystères.

« Phinée est le complice de Thanatos. Il lui a promis le pouvoir et le trône de la Grèce s'il arrivait à tous vous tuer. Il compte se servir de vous comme otages pour obliger Taylor à rejoindre les rangs de Thanatos. Et, pour une raison que j'ignore, Thanatos a chargé l'oncle d'Andromède de garder le trident de Poséidon. »

Hada eut un brusque hoquet de surprise en se souvenant que Poséidon était réputé pour être le dieu des tempêtes en mer et des tremblements de terre.

« Je… je crois que je sais ce qu'il compte faire avec le trident », dit la jeune fille.

Tous les regards se braquèrent sur elle.

« Qu'est-ce qu'il a l'intention de faire ? » demanda Persée.

La Japonaise soupira tristement.

« Je… Je ne sais pas si j'ai le droit de vous le dire ou si ça changera quoi que ce soit, mais… Pompéi est censée disparaître. »

« Quoi ?! »

« À mon époque, cette cité n'existe plus. Elle a été détruite à cause d'une éruption du Vésuve. »

Tous regardèrent la jeune fille avec surprise et horreur.

« La cité entière ? Détruite à cause du volcan ?! » dit Agénor en pointant le Vésuve, visible à travers l'ouverture du balcon de la chambre.

« Oui », dit la jeune fille.

Hadès regarda le volcan puis le Trident avec l'air grave.

« Ça paraît logique. Beaucoup de gens mourraient, et cela donnerait de nouvelles âmes blessées qui viendraient renflouer l'armée de spectres de Thanatos », dit-il.

« Mais on peut empêcher ça, non ? » dit Hélios, inquiet.

Hada fit la moue. Logiquement, si elle était au courant de ça dans le futur, cela voulait dire que l'éruption devrait avoir lieu, à un moment ou un autre.

Hadès semblait partager ses pensées, car il affichait le même air grave et empli de doutes qu'elle.

Mais la jeune fille se ressaisit rapidement. Peu importait le futur, en fin de compte. Il fallait d'abord penser au présent, et donc, sauver des vies en faisant ce qu'il y avait de mieux pour tout le monde.

« Bon, attendez, pas de panique ! On se débrouille pour renvoyer le trident sur l'Olympe, Poséidon le récupère et le danger est écarté », dit-elle.

« Oui, mais comment ? » dit Agénor.

« Hadès, vous ne pourriez pas le renvoyer là-haut avec vous ? » dit Hélios.

« Je vous l'ai dit, je n'ai pas assez de forces pour franchir la barrière. »

« Même avec le Trident ? » dit Persée.

« Ce n'est pas ma Fourche. J'ignore où elle est passée depuis le combat contre Cronos. L'arme de mon frère n'est pas vraiment compatible avec mon pouvoir. Ce serait pareil avec la Foudre de Zeus, si on l'avait à disposition. »

« Mais si c'est le fils de Poséidon qui manie le Trident pour briser la barrière, alors ? » dit Hada en regardant Agénor.

Ce dernier comprit où elle voulait en venir et secoua la tête.

« Oh non, pas question ! J'ai déjà utilisé le Trident une fois, pour diriger un bateau vers l'île où Héphaïstos vivait reclus, et j'ai cru que j'allais y rester, tant ça m'a épuisé. »

« Mais si vous ne le faites pas, tout le monde mourra en quelques heures, quand le volcan entrera en éruption ! » s'écria la jeune fille.

Ces quelques mots plongèrent tout le monde dans un silence glacé de peur.

« Désolée… C'est vrai que dit comme ça, c'est un peu effrayant », s'excusa la Japonaise.

Avec un soupir, Agénor se dirigea vers le lit et saisit le Trident. Il regarda ses amis, puis acquiesça.

« D'accord, je vais le faire. »

« On devrait peut-être en profiter pour partir aussi, non ? » dit Hélios. « Si Phinée est le complice de Thanatos, rester ici serait dangereux. »

« Très bien. Je vais prévenir Andromède », dit Persée en se dirigeant vers la sortie de la chambre.

« Faites vos bagages, on part dès que possible », dit Hadès.

Acquiesçant, Hada courut près du lit et prit son sabre. Agénor et Hélios sortirent de la chambre pour aller dans la leur chercher leurs affaires.

Restée seule, la jeune fille lança un regard gêné au dieu des Enfers. Ce dernier la regardait avec curiosité.

« Quelque chose vous tracasse ? » demanda-t-il.

« Non, enfin… C'est juste que vous n'avez pas la même tête qu'à mon époque. »

« Vraiment ? On s'est rencontré dans le futur ? »

« Oui. Taylor aussi vous a connu à cette époque. »

« De quoi ai-je l'air ? »

Les lèvres serrées, la Japonaise fit de son mieux pour étouffer son rire. Face à sa réaction, Hadès fronça des sourcils.

« Quoi ? » demanda-t-il.

« Ben… vos cheveux sont plus courts et… vous vous êtes rasé la barbe. »

Devant une telle description, la tête qu'afficha Hadès fut si comique que la jeune fille dut faire un effort pour ne pas sortir son téléphone et le prendre en photo.

« Le monde à votre époque doit être très… spécial ! » lâcha-t-il au bout d'un moment.

« Vous n'avez pas idée », dit la jeune fille. « Mais, vous en faites pas, vous êtes très bien dans le futur. Certaines filles de ma classe vous trouvent séduisant. »

« Ah, vraiment ? »

« Oui ! Je crois que Taylor aussi. »

En entendant ça, le visage de Hadès ne changea pas d'expression, mais elle vit ses yeux briller d'un intérêt nouveau, et aussi comme une lueur… d'espoir ?

« D'ailleurs, j'aimerais autant mettre les choses au clair dès maintenant : si vous brisez le cœur de ma meilleure amie, je vous jure que je vous le ferai payer, dieu des Enfers ou pas », dit Hada en prenant son sabre sur le lit, pour se le passer en bandoulière.

« Je n'ai jamais eu l'intention de la blesser de quelque manière que ce soit ! »

« Ah oui ? Vous vous êtes pourtant disputé avec elle, après qu'elle vous ait protégé face au capricorne. »

En comprenant qu'elle avait parlé de ce souvenir à la Japonaise, le dieu afficha un air contrarié.

« Restez en dehors de ça, mortelle. C'est entre elle et moi, et nous avions déjà réglé ce malentendu, il me semble. »

Secouant négativement la tête, Hada se planta face à lui. Elle était consciente qu'elle prenait un risque énorme, mais il s'agissait de Taylor.

« C'est ma meilleure amie, ma sœur de cœur, ma confidente depuis toujours, et elle m'a sauvé d'une mort atroce en se sacrifiant. Alors j'ai bien l'intention de payer ma dette, peu importe les risques. »

Hadès fixa la jeune fille avec l'air menaçant. L'air se fit plus glacial dans la pièce. La silhouette du dieu parut légèrement grandir et l'obscurité s'épaissir autour de lui… avant de finalement se dissiper.

Hada sentit aussitôt la tension dans tout son corps se dissiper.

« Taylor a de la chance d'avoir une amie aussi fidèle et courageuse », dit Hadès en reprenant une expression neutre.

La jeune fille allait lui demander le sens de ces mots, quand la porte s'ouvrit. Persée, Agénor, Andromède et Hélios entrèrent dans la pièce.

En voyant la jeune fille et le dieu se faire face, avec la sensation que l'ambiance avait été tendue en leur absence, tous leur lancèrent un regard indécis.

« Est-ce que tout va bien ? » demanda Andromède.

« Oui, nous discutions juste de la marche à suivre pour sortir d'ici sans nous faire repérer », dit Hadès.

« On ne peut pas descendre par la fenêtre ? » demanda Hélios.

« On est au troisième étage ! » dit Agénor.

« Et je doute qu'on ait de quoi improviser une corde », dit Hada en regardant le drap et la fourrure d'ours qui recouvrait le lit.

Soudain, on frappa à la porte. Lentement, sur la pointe des pieds, Agénor s'approcha et regarda par la serrure.

Il aperçut Phinée, encadré de deux hommes dont l'armure dorée luisait à la lumière des torches. Soudain, une truffe noire entourée de moustaches apparut devant la serrure, puis un œil doré.

« C'est Phinée, avec son petit chat ! » souffla le jeune homme aux autres.

« Oh non ! Pas déjà », gémit Andromède.

Des éclats de voix et des coups plus forts résonnèrent derrière la porte.

« Ouvrez ! Ouvrez, par Hestia ! Je sais que vous êtes là. Vous m'avez volé quelque chose », dit Phinée.

« Cette fois, on n'a pas le choix. On sort nos armes et on se bat », dit Agénor.

Hada hésita, puis porta la main au manche de son sabre, quand Hadès s'avança.

« Inutile, j'ai mieux. Attention… »

Fermant les yeux, il fit apparaître un nuage de ténèbres autour de lui, qui s'étendit jusqu'à tous les envelopper.

La masse de ténèbres s'éleva dans les airs, puis sortit de la chambre par la fenêtre et survola Pompéi, avant d'atteindre la bordure de la cité, de l'autre côté de la muraille de pierres.

Le nuage heurta un champ de force invisible, provoquant des éclairs.

Aussitôt, la masse de ténèbres se rétracta et disparut, laissant apparaître Hadès encadré des cinq mortels.

Le dieu fit une légère grimace et porta la main à son bras.

« Ce champ de forces est vraiment puissant… » dit-il.

Persée tendit la main devant lui. Ses doigts entrèrent en contact avec le barrage d'énergie, provoquant de nouveaux éclairs.

« Bon, reculez ! » dit Agénor.

Le Trident s'étira dans sa main, apparaissant dans toute sa splendeur.

Le jeune homme inspira à fond. Le manche de l'arme se mit à luire autour de ses mains. Fléchissant les genoux, il projeta l'arme en avant et frappa contre le champ de forces.

De formidables rais de lumière jaillirent sous l'impact, mais la barrière ne se brisa pas pour autant.

Soudain, des éclats de voix et des bruits d'armes retentirent en direction de la cité.

« Des gardes approchent ! » dit Andromède, en regardant derrière eux, vers les habitations.

« Agénor ! » dit Persée.

Le fils de Poséidon inspira un bon coup puis, avec un rugissement guerrier, frappa une deuxième fois.

Cette fois, une fissure apparut dans la barrière, avant de brusquement se refermer.

Fatigué, le jeune homme tomba à genoux et s'appuya au Trident de toutes ses forces.

« Oh non… » gémit Hélios.

Hada regarda Agénor, puis en direction des gardes et se sentit prise d'un terrible doute.

Et s'ils n'y arrivaient pas ? Et si Phinée les capturait, qu'il reprenait le Trident et provoquait la fin de Pompéi en les tuant sur le coup ?

Et Taylor qui est dehors, loin de la cité, seule… Pourquoi Chronos m'a envoyée ici, si je ne peux aider personne ?

Prise d'un brusque élan de tristesse et de peur, la jeune fille prit son sablier entre ses mains et baissa les yeux.

« Taylor… Où que tu sois, quel que soit le moment où l'époque où Chronos t'a envoyée, je veux que tu saches que je suis désolée. »

Tous se tournèrent vers la jeune fille. Celle-ci, les yeux dans le vide, continua de parler.

« Tu as réussi à vaincre Thanatos et à accomplir l'impossible, alors que moi… moi, je n'ai pas de pouvoirs. Et je ne peux pas aider tes amis à quitter cet endroit. Je voudrais juste… je voudrais te revoir une dernière fois avant de mourir, c'est tout ce que je souhaite ! »

Andromède s'approcha de la jeune fille et posa une main sur son épaule.

« Viens, il faut qu'on se cache… » dit-elle.

Hada leva la tête pour lui répondre, quand le sablier dans ses mains jointes se mit à luire.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Persée.

Surprise, Hada ouvrit les mains et regarda le sablier, qui brillait de plus en plus fort. Un puissant rayon de lumière dorée en jaillit et les enveloppa tous, brouillant l'espace autour d'eux.

Les gardes, qui venaient juste d'arriver à leur niveau, s'arrêtèrent face à ce spectacle et portèrent la main à leur visage pour couvrir leurs yeux face à cette puissante lumière.

Lorsque la lumière se dissipa, les soldats virent qu'ils avaient disparu. Il ne restait plus aucune trace des fuyards.

XxXxXxXxXxXxX

Taylor sortit de la maison avec Cerbère et chercha des yeux le chef du village.

Elle l'aperçut à l'entrée d'une autre maison. Elle se dirigea vers lui pour lui parler, lui annoncer qu'elle avait repartir, quand le vent se leva soudainement.

Sentant que quelque chose changeait dans l'atmosphère, tous les habitants du village stoppèrent net leur activité et regardèrent autour d'eux sans comprendre.

Taylor sentit son sablier remuer sous son T-shirt. Elle le sortit et le regarda.

Il brillait !

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda le chef en s'approchant d'elle.

« Je… je n'en sais rien ! » dit Taylor.

Le sablier se mit à briller de plus en plus fort, avant d'émettre un flash qui aveugla tout le monde un bref instant.

Lorsque le vent se calma et que la lumière se dissipa, tous virent qu'un petit groupe de personnes se tenait au centre du village, face à Taylor et le chef médusés.

La jeune fille regarda les nouveaux venus sans y croire. Il y avait Persée, Agénor, Andromède, Hélios, Hadès et Hada.

Plus prompt que Taylor, Cerbère aboya gaiement et courut près de Hadès pour quémander une caresse.

« Les gars ?! » dit la jeune fille, incrédule.

Tous se tournèrent vers elle et la regardèrent avec l'air incrédule.

« Taylor ?! » dit Hada.

« Oh… Tu… Vous êtes tous là ! » s'écria Taylor en courant vers eux.

Hada fut la première à la serrer dans ses bras, suivie d'Andromède, puis Persée, Hélios et Agénor. Taylor les saisit tous dans un câlin général.

S'écartant enfin un peu, ils se mirent tous à parler en même temps.

« Tu es vivante ! » dit Persée.

« On t'a vue brûler », dit Agénor.

« Tu es revenue ! » dit Andromède.

« J'ai cru ne jamais te revoir », dit Hélios.

« J'ai cru que tu me laisserais seule ici », dit Hada.

« J'ai cru que je ne vous reverrais jamais, tous ! » dit Taylor.

Plus réservé, Hadès regarda le groupe puis le sablier de Hada.

« C'est comme si quelqu'un avait choisi d'exaucer votre souhait… » dit-il.

Hada se tourna vers lui, puis regarda son sablier. Elle s'aperçut qu'il était tendu dans le vide, vers celui de Taylor qui semblait aussi essayer de le toucher, comme si les deux étaient aimantés.

« Nos sabliers… C'était comme s'ils nous avaient téléportés jusqu'ici », dit Hada.

Taylor se détacha des autres et s'approcha du dieu des Enfers. Ce dernier lui sourit.

« Le rêve que j'ai eu… Vous êtes vraiment venu me parler ? » demanda Taylor.

« Oui, je voulais vous prévenir pour Arès, d'ailleurs il… »

Il ne put achever sa phrase. Taylor venait de franchir les quelques mètres qui la séparaient de lui et le serrait à présent dans ses bras.

« Je suis contente de vous en vie, pour de vrai », dit-elle.

D'abord surpris, le dieu des Enfers finit par timidement poser ses mains sur ses épaules, pour lui rendre doucement son étreinte.

« Est-ce qu'elle a le droit de faire ça ? » demanda Agénor à Persée.

Ce dernier fit la moue, quoique ses yeux exprimaient une légère lueur de désapprobation. Andromède et Hélios haussèrent des épaules, tandis que Hada s'autorisa un sourire attendri.

« Comme c'est touchant ! » grinça une voix moqueuse au-dessus d'eux.

Levant tous la tête de concert, ils virent un homme en armure avec une cape en fourrure, qui les regardait depuis le toit d'une maison. Une énorme massue à la main, il dégageait une aura de destruction et de violence étouffante.

En le voyant, Cerbère montra les dents et se mit à grogner férocement.

« Arès ! » siffla Persée, d'une voix emplie de colère.

« Je t'ai manqué, mon cher frère ? » ricana le dieu.

Hélios sentit la peur l'envahir. D'instinct, il recula jusque près de Hadès. Ce dernier s'avança de manière à les protéger, lui et Taylor, en faisant barrage de son corps.

« Qu'est-ce que tu viens faire ici ? » dit Andromède.

« Trêve de bavardages ! Je suis venu chercher la Flamme. »

« Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Je suppose qu'après Cronos, tu as choisi de devenir le petit chien-chien de Thanatos », dit Hadès.

Le dieu de la guerre fusilla son oncle du regard.

« Je suis seul maître de mon destin. »

« Franchement, on ne dirait pas ! » dit Agénor.

Ignorant le sarcasme, Arès posa ses yeux sur Taylor.

« Tu ferais mieux de me suivre. Thanatos veut te parler. »

« Me parler ? Me tuer, vous voulez dire ! »

Le dieu de la guerre haussa les sourcils avec l'air surpris, puis éclata de rire.

« Te tuer ? Oh non, loin de là ! Même s'il le voulait, il ne pourrait pas. »

« Comment ça ? » demanda Taylor.

« Ne perds pas ton temps à l'écouter, il n'en vaut pas la peine ! » l'interrompit Hadès.

Son intervention fit s'élargir le sourire narquois du dieu de la guerre.

« Tu ne lui as donc rien dit ? Oh, Hadès, tu me déçois ! Toi qui as toujours eu la réputation de dire la vérité, même la plus dure qui soit ! Dans ce cas… »

Soudain, avec une rapidité surhumaine, il sortit un couteau d'une poche de sa tunique et le lança vers le bas.

Le projectile partit si vite que personne n'eut le temps de le voir, à peine purent-ils bouger pour tenter de l'esquiver.

Tous se regardèrent, cherchant qui était blessé, personne n'avait rien…

« Taylor ?! » balbutia Persée.

La jeune fille baissa les yeux et vit le manche de l'arme qui dépassait de sa poitrine.

Soudain, comme si ce simple constat avait suffi à le déclencher, l'arme fut réduite à un tas de cendres. Un jet de lumière et de feu jaillit de la plaie dans la poitrine de la jeune fille, obligeant tout le monde à reculer tandis qu'elle tomba au sol en criant de douleur.

« Taylor ! » cria Hélios, horrifié.

D'un geste de la main, Hadès écarta les flammes et s'agenouilla au chevet de Taylor.

Persée et Hada vers Arès en dégainant leurs armes, mais le dieu avait disparu.

Ils reportèrent alors leur attention sur Taylor. La plaie de la jeune fille se referma. D'un geste de la main, Hadès fit disparaître la déchirure dans le T-shirt de la jeune fille.

Celle-ci ouvrit les yeux et gémit.

« Holà… »

« Taylor ? Ça va, tu te sens bien ? » demanda Hada en s'agenouillant près d'elle, suivie d'Andromède et Hélios.

Indécise, Taylor regarda l'endroit où elle avait été touchée, puis Hadès.

Cerbère s'approcha pour lui lécher doucement la joue en gémissant.

« Vous ne m'avez pas soignée… Je n'ai rien senti », dit Taylor à Hadès, les sourcils froncés.

« Non, en effet. Vous vous êtes régénérée seule. »

« Comment c'est possible, ça ? Un mortel serait mort après un coup pareil ! » dit Agénor, stupéfait.

Avec un soupir, Hadès prit la main de la jeune fille et l'aida à se relever.

« Un mortel, oui, mais pas la Flamme de l'Olympe », dit le dieu des Enfers.

« Que… quoi ? Comment ça ? Vous êtes en train de me dire que… que je suis immortelle ?! »

« Exact. »

« QUOI ? » s'écria tout le monde en chœur.

« Non… Non, impossible ! Mes parents sont humains, et je… je ressens toujours la fatigue, la faim, le froid, la douleur… Ça m'a fait un mal de chien quand il m'a lancé ce couteau ! »

« Vous étiez mortelle autrefois, c'est vrai. Mais à l'instant où vous avez choisi de brûler vive, vous avez sacrifié l'humaine qui était en vous pour nous ramener à la vie, nous, les dieux de l'Olympe. Pour ce qui est de la fatigue, c'est parce que vous ne savez encore bien canaliser l'énergie qui est en vous, mais elle se régénère d'instinct pour éviter que vous soyez trop vulnérable. La douleur, nous la ressentons tous, mais notre puissance nous permet de la surmonter plus vite, cela nous affecte donc moins que les mortels. Quant au froid, je crois que c'est parce que toute votre vie, vous avez eu l'habitude de le ressentir, c'est donc une sorte d'habitude, de réflexe machinal. Je suis désolé, Taylor, je sais que c'est un moment difficile pour vous, mais il faut vous y faire : vous êtes une déesse, à présent. »

Les derniers mots de Hadès se mirent à résonner en boucle dans sa tête : elle était une déesse.

C'en fut trop pour elle.

Taylor perdit connaissance.