Hey hey hey ! Comment vous allez ? J'espère que vous avez bien profité de vos grandes vacances, parce que moi pas assez :( (oui oui arrête de raconter ta vie on s'en fout) Enfin bref... bientôt la rentrée, suuuuuper nouvelle -_-"...
Ca fait longtemps qu'on s'est pas vu(e)s, depuis mai ! :D (congé annuel d'été héhé) Je sais pas si vous apprécierez ce chapitre (faut vraiment que j'arrête de dire ça --"), il y a (encore) un nouveau personnage.. xD J'ai décidé de le rajouter comme ça, en pleine écriture.. et il s'introduit bien dans mon histoire en plus :O Heureusement, vu que c'est mon histoire et mon personnage... Bref... -_-"

Sinon, dans quelques jours, je supprimerai l'autre fic pour en publier une autre à peu près dans le même contexte et avec à peu près les mêmes personnages (voir mon profil)... Et euh je sais pas si j'ai autre chose à dire xD

Donc voilà, je vous souhaite une bonne lecture ! :D

Chapitre 21 : Koto no Hoka -kotoba ga tarizu ni kizutsukete-

Pile.

Bon, je m'y attendais un peu... Je m'attendais à l'un ou l'autre de toute façon. C'est assez prévisible comme genre de choses. Maintenant que le choix est fixé, je peux de nouveau émettre des suppositions sur tout ce qui touche Sasuke de près ou de loin, comme par exemple...

Le choix de cette ville.

Je cherche depuis un mois déjà la raison de son départ, mais rien n'étant sûr, j'ai décidé d'abandonner. Je m'axe à présent sur pourquoi Nagasaki et pas une autre ville, du genre Tokyo ou, pourquoi pas, Séoul, Paris, New York, Dakar, Venise, Kyoto, Lyon, Londres, Ankara, Hiroshima, Rio de Janeiro, Mexico, Phnom Penh, Munich, Oslo, euh... Je pense que vous avez compris où je voulais en venir. J'arrête avec toutes ces villes.

Je me demande, pourquoi n'est-il pas allé à Tokyo ? Je me souviens qu'il m'avait dit que son père y possédait un appartement. Remarque, ça aurait été plus facile pour ses parents de le retrouver s'il avait pris l'appartement de Tokyo. C'est sûrement pour ça qu'il n'y est pas allé.

Bon sang, il faut que j'arrête. Je croyais que je devais tirer une croix sur tout ça. Et pourtant, je suis toujours là à méditer sur toutes sortes de choses tournant autour de Sasuke. C'est pas vrai ça.
Peut-être qu'il faut que je me rende compte qu'il m'est tout simplement impossible de tirer une croix sur Sasuke pour le moment, notamment parce que je sais encore où il se trouve. Mais au fait, je devais tirer une croix sur quoi déjà ?

... J'irai pas très loin si je ne me souviens plus de ce que je dois faire (et ne pas faire).

Ca veut dire quoi si je sais plus sur quoi je dois tirer une croix ? Que tout ça n'est que superficialité ?
Je sais en tout cas que je suis très con et que je mérite des coups. Mais Kamui m'a ouvert les yeux tout à l'heure, au moins je me rends mieux compte de ma bêtise. Enfin, de mon immense bêtise.

Non seulement j'éprouve des sentiments, mais en plus je deviens bête et simplet.

De toute manière, je ne peux en vouloir qu'à moi-même alors...

Si ça se trouve, j'ai toujours été bête et simplet. Il suffisait simplement d'un petit truc pour que je m'en rende compte.

Bref bref, j'ai décidé que je ne ferai plus preuve de bêtise. Du moins, j'essaierai. Je vais commencer par aller faire mon sac et ensuite demander à Akira si je peux aller à Nagasaki ce week-end.

Ou peut-être dans l'autre sens. Oui, ça sera mieux.

Hum. Il vaudrait mieux que je descende voir Akira alors.
Mais je viens de me rappeler qu'Akira n'était pas là vu qu'il était encore au travail. Je vais donc devoir attendre...

Ou pas.

J'ai pas envie de rester comme ça à rien faire, je vais aller chercher Akira au travail. Kamui m'accompagnera peut-être... Même si elle ne vient pas la semaine prochaine, peut-être qu'elle me soutiendra.
Je ne sais même pas pourquoi je redoute d'aller demander à Akira. Il a toujours approuvé ma relation avec -bip- alors il n'y a pas de raison pour qu'il n'accepte pas ; mais je ne peux m'empêcher d'avoir un doute quand même.

Bon, dois-je y aller tout de suite ou pas tout de suite ?

Je sors de la chambre pour aller demander à Kamui si elle veut bien m'accompagner, mais je me ravise au milieu de l'escalier. De quoi j'aurai l'air devant Akira en lui demandant si je peux aller à Nagasaki, avec Kamui pour me donner du courage ?!
Bon vous allez me dire, avec tout ce qu'elle fait pour moi et le nombre de fois où elle me remet les idées en place, ça peut paraître tout à fait normal qu'elle m'accompagne pour faire quelque chose que je redoute.

J'en étais là de mes réflexions lorsque j'ai entendu la porte d'entrée claquer puis la voix d'Akira qui s'écriait "Je suis rentré !".

Voilà où ça m'a conduit. Au moins, je n'ai pas à cogiter sur le fait d'aller à son travail ou pas.

Puisque je suis déjà dans les escaliers, autant les descendre maintenant.

-Salut ! s'exclama Akira en me voyant arriver. Dis-moi, pourquoi laisses-tu Kamui en bas toute seule ?
-Elle est descendue elle-même, ai-je répondu, sur la défensive. Je m'apprêtais à la rejoindre quand tu es arrivé.
-Ahhh... Bon, je meurs de faim, voyons voir ce qu'il y a dans le frigo, j'ai envie d'un truc bien précis...

Et il alla s'enfermer dans la cuisine. Kamui me lança un regard.

-Eh bien qu'est-ce que tu attends ? Vas-y, me pressa-t-elle en me poussant sans ménagement vers la cuisine.

Je lui ai lancé un regard de reproche avant que la porte à battant ne me bouche la vue. Je voyais Akira qui regardait de ça et là dans un placard ou le frigo.

-Qu'est-ce que tu fais ? ai-je demandé.
-Je cherche des tranches de porc, répondit-il. J'ai envie de porc.
-Ah.

Silence.

-Dis, Papa... ai-je commencé d'une voix hésitante.
-Oui ? Roooooh ça suffit ! Il n'y a rien dans cette cuisine. Viens Gaara, on va au resto.
-Je... quoi ?
-J'ai envie de katsu-don, mais il n'y a ni porc, ni chapelure... Ni rien d'ailleurs. Demain, je vais faire les courses.

Voyant que je le regardais d'un air hébété, il ajouta :

-Tu m'as l'air dans la lune, et avec ce qui vient de se passer, tu as besoin d'air. Viens, je t'invite au restaurant... Ah mais Kamui est là aussi, elle n'a qu'à venir ! Allez cherchez vos vestes, on y va !

Et il est sorti d'un pas joyeux de la cuisine. Je l'ai lentement suivi, la même expression d'hébétude sur le visage.

-Il a l'air content dis-donc, tu lui as vraiment dit ? s'étonna Kamui en voyant Akira prendre sa veste d'un geste énergique et filer dans sa chambre chercher son portefeuille.
-Non, il ne m'en a pas laissé le temps. Au fait, tu veux aller manger du katsu-don ?
-Quoi, maintenant ?
-Oui, Akira t'invite à te joindre à nous.
-Euh... Bah oui d'accord... Je dois juste joindre mes parents, ça ne te dérange pas si je les appelle du fixe ?
-Pas du tout vas-y.

Je l'ai regardée composer le numéro, dire à ses parents où elle était et ce qu'elle faisait et enfin raccrocher. C'est seulement là que j'ai ouvert la bouche pour parler.

-Tu penses que c'est le bon moment ? ai-je demandé d'un air anxieux. Peut-être qu'après avoir rempli son ventre de quantités industrielles de katsu-don il sera enclin à m'écouter et tout ça...
-Oui, sûrement, approuva Kamui d'un songeur. Je pense qu'il vaut mieux que tu fasses ça après qu'on ait mangé. Après tout, "le plus tôt sera le mieux", mais il faut pas faire ça trop tôt quand même.

On s'est souris, puis Akira s'est écrié de sa chambre :

-J'ai mon portefeuille ! On peut y aller !

19h et quelques

J'ai l'impression qu'on a traversé tout le Japon en voiture. On a quand même mis une heure à y arriver. Le restaurant ne se trouvait de toute évidence pas en bas de la rue, enfin je l'ai appris à mes dépends et surtout quand Akira s'est écrié "Où sont mes clés de voiture ?!". Bref.

Akira nous a rapidement dit ce qu'il voulait avant de filer aux toilettes. Kamui et moi nous sommes assis à une petite table contre un mur, près d'une fenêtre. Alors que je récitais à voix basse la commande d'Akira, un serveur à peine plus âgé que nous est arrivé près de nous, un petit bloc notes à la main.

-Hmmm alors ce sera... deux menus C4, ai-je lu sur ma carte, dont un sans salade de choux, sans oignon et avec un supplément de graines de sésame et de concombres ; mais sans sauce soja. Et euh... Kamui, qu'est-ce que tu prends ?

Kamui ne répondit pas tout de suite, trop concentrée à lire chaque ingrédient de chaque menu. En relevant la tête, j'ai vu que le serveur m'observait d'un air curieux. Ses yeux s'attardèrent sur le tatouage que j'avais au front pendant une fraction de seconde et détourna le regard, remarquant que je l'avais surpris. Mais lorsqu'il tourna la tête, j'aurais juré l'avoir vu sourire.

-Je vais prendre le menu B1, finit par dire Kamui en donnant sa carte au serveur qui l'a pris docilement, n'ayant pas remarqué ce qui venait de se passer (Kamui pas le serveur).
-D'accord. Vous prenez autre chose ? Quelques... perles de cocos, par exemple ?

AAARGH pourquoi en parle-t-il d'un coup ?! Il n'y avait pas écrit "mon petit-ami me donnait très souvent des perles à manger mais maintenant, il est parti" sur mon front, quand même ?
Mais en même temps, ça a remué quelque chose dans ma tête. Outre le fait que ce serveur me semblait vaguement familier, surtout ses yeux qui avaient la même couleur ambrée qu'un oiseau.

-Pourquoi parlez-vous de perles de coco seulement ? ai-je demandé d'un air soupçonneux.
-Parce que... tu aimes ça non ? Je veux dire, euh... Tout le monde... Tout le monde aime les perles de cocos, répliqua le serveur, visiblement mal à l'aise. Je vais chercher vos commandes...

Et il s'éloigna d'un pas précipité vers une autre table. Je l'ai regardé, ne comprenant rien du tout à ce qui se passait.

-Il est un peu bizarre, tu ne trouves pas ? fit Kamui en haussant un sourcil. Et pourquoi t'a-t-il tutoyé ? Tu le connais ?
-Je ne sais pas.. ai-je répondu, observant toujours le serveur qui, par deux fois, me lança des regards en biais. Peut-être l'ai-je déjà vu quelque part...
-Lui a l'air de te connaître, en tout cas, insista Kamui en jetant un coup d'oeil au serveur qui allait dans les cuisines. Mais bon. Tu comptes demander à Akira à la fin du repas, c'est ça ?
-Oui, je pense que c'est mieux. Comme je sais qu'il compte me demander comment s'est passée ma journée, il faudra le faire parler de sa propre journée jusqu'à ce qu'il ait finit de manger, comme ça je pourrais lui parler de la mienne et lui dire ce que... ce que j'ai appris.
-OK, on fait comme ça.

Quelques secondes plus tard, Akira est ressorti des toilettes. Il attendait avec impatience son katsu-don.

-Alors, Akira-san, comment s'est passé votre travail, aujourd'hui ? demanda Kamui avant qu'Akira ait eu le temps de dire quoique ce soit.
-Oh, euh... très bien, répondit Akira, légèrement déconcerté. C'était bizarre, il y avait beaucoup de clients aujourd'hui. Nous ne sommes que mercredi pourtant... Enfin bon. Si les gens veulent s'entretuer à cette période de l'année, grand bien leur fasse.
-Tu ne m'avais pas dit que tes armes n'étaient pas tranchantes ? me suis-je étonné.
-Pas toutes. Il y en a qui le sont vraiment, mais la plupart sont inoffensifs. De toute façon, qui m'achète des katanas sans les aiguiser tranquillement chez soi ?

On s'est souris. Je sentais qu'il allait enchaîner sur notre journée, alors j'ai dit :

-Et est-ce que tu as rencontré des clients bizarres, du genre la fille qui avait réussi à se blesser avec un mini-katana alors qu'il était même pas aiguisé ?
-Ouuulala, ça date ça ! Eh bien euh... maintenant que tu en parles, il y avait ce garçon de l'autre jour, les cheveux tout blancs, en costume blanc aussi, qui cherchait un katana blanc bien sûr.... Cette fois, il était moins blanc, par contre. Et il y eu aussi...

Et il a parlé comme ça pendant près de quarante minutes. Entre temps, on est venus nous apporter nos plats, mais ce n'était pas le serveur qui avait pris notre commande, ce que je trouvais bizarre. Enfin bref.
Comme prévu, Akira était d'excellente humeur à la fin du repas. Au moment de sortir, alors que je me préparais mentalement à lui demander, Akira m'a encore coupé dans mon élan (mais ce n'est pas de sa faute).

-Eh, le mec là-bas n'arrête pas de nous regarder depuis tout à l'heure... Dans le restaurant aussi. Vous le connaissez ?

Kamui et moi avons tourné la tête. C'était le serveur de tout à l'heure, qui avait l'air d'avoir fini son service. Il nous regardait en tirant sa cigarette.

-C'est rien, ai-je aussitôt répondu. C'est rien du...

Mais je me suis interrompu en voyant qu'après avoir jeté son mégot de cigarette dans un cendrier, il avançait dans notre direction. Hmm, je commence un peu à avoir peur là.
Il s'est arrêté devant moi et m'a regardé dans les yeux, comme ça. Je tressaillis quelque peu mais je soutins son regard.

-Serais-tu Gaara Sabaku, par hasard ?

J'ai froncé les sourcils (NdA : je viens juste de me rappeler que Gaara n'en avait pas... xD), les yeux toujours fixés sur lui. J'ai acquiescé d'un signe de tête.

-Je savais bien que c'était toi, continua-t-il, difficile de te confondre avec quelqu'un d'autre, avec ce tatouage sur le front.
-Euh, oui...
-Tu ne te rappelles pas, dit-il, souriant devant mon regard perplexe. C'est normal, après dix ans. Avant que tu ne déménages de Suna.

Tilt.

-Tomo... ai-je soufflé dans un murmure.

Il a souri.

-Je ne pensais pas te revoir. Konoha est une ville plutôt vaste, je n'aurais jamais pensé... que je te croiserais un jour ici...
-Mais... qu'est-ce que tu fais à Konoha ? Je veux dire quand est-ce que tu es parti de Suna ? ai-je demandé.

Aussitôt, une petite toux a retenti près de moi. J'ai tourné la tête ; j'avais momentanément oublié la présence de Kamui et d'Akira à côté de moi.

-Oh, désolé. Tomo, je te présente Kamui, une de mes amies, et mon.. euh... père. Akira.

Tomo me lança un regard interrogateur avant de serrer la main à Akira. Il inclina légèrement la tête devant Kamui.

-Et je vous présente Tomo, c'est... on était amis quand... je vivais à Suna.

Au moment où j'ai fait un léger signe vers lui, je l'ai vu lancer un regard d'une fraction de seconde sur mon poignet. D'un geste convulsif, j'ai mis mes mains dans mes poches.

-Vous devez avoir des choses à vous raconter, fit Akira. Tu nous rejoins dans la voiture ?
-Oui oui.
-Ca a été un plaisir de vous rencontrer, Tomo-kun. À bientôt.

J'ai attendu qu'Akira et Kamui soient montés dans la voiture pour réengager la conversation.

-Pourquoi tu l'a regardé ?
-Je ne sais pas, je n'ai pas fait exprès. Désolé.
-Mes poignets vont très bien, si tu veux savoir.
-Je m'en suis rendu compte. Tu as l'air d'aller bien...
-C'est le cas.

Tomo m'a souri, puis il s'est rapproché davantage et m'a serré dans ses bras.
Il était un peu plus grand que moi. Mes yeux étaient au niveau de son nez, et je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire la remarque.

-Tu étais plus petit que moi, avant. C'est triste.
-Tu aurais du manger plus de légumes, répliqua Tomo en posant une main à l'arrière de ma tête.
-Mais tu sais très bien que j'ai horreur des carottes...

Il s'est écarté, me souriant toujours. Moi-même mes lèvres s'étaient étirées en un sourire.

-Il est déjà huit heures passées, il faut que je rentre chez moi... Est-ce que tu as un numéro, une adresse e-mail... bref, quelque chose pour que je puisse te joindre ?
-Bien sûr, ai-je répondu en fouillant dans ma poche à la recherche de mon portable. Vas-y, dicte-moi les deux.
-Toi d'abord...

Je lui ai souri.

-T'as pas changé, hein ?
-Comme tu peux le voir.
-Tu as juste des mèches assorties à tes yeux... tu ressembles encore plus à un oiseau, maintenant...
-C'est sympa de me dire ça !

Silence.

-Bon, tu me le donnes, ce numéro de téléphone, oui ? l'ai-je pressé.

21h et quelques

Arrivé à la maison, enfin. Kamui est rentrée chez elle.

L'arrivée de Tomo a complètement chassé de mon esprit et Sasuke et la demande que je devais faire à Akira.
Heureusement, Akira était toujours de bonne humeur, aussi je lui ai demandé dès qu'on a posé un pied dans la maison.

-Papa.
-Fils.
-Rooh, arrête hein.
-Désolé, je trouvais ça amusant. Qu'est-ce qu'il y a ?

J'ai inspiré un grand coup.

-En fait, aujourd'hui, je... Naruto m'a annoncé quelque chose d'important et...

C'est marrant ça, quelques heures plus tôt, je lui aurais tout dit d'une traite, de mon habituel air blasé. Mais là, j'ai de grandes hésitations et je ne tiens pas en place. C'est chiant.

Et puis merde. Je vais droit au but.

-Sasuke est à Nagasaki et Naruto veut qu'on aille le chercher ce week-end.

J'ai dit ça d'une traite, les yeux au sol. J'attendais une réaction mais, rien ne se produisant, j'ai timidement relevé la tête et ai vu qu'Akira regardait ailleurs en se grattant l'arrière du crâne. Il a soupiré.

-Viens t'asseoir.

Je l'ai suivi jusqu'au canapé du salon. Une fois assis, il s'est mis à parler, les yeux fixés devant lui.

-Euh... tu sais que je t'aime beaucoup. Je prends toujours tes intérêts à coeur. Et... quand j'ai vu comment tu étais quand Sasuke est parti...

Arf, il a prononcé son nom... Je sais que je viens de le prononcer mais j'aime quand même pas...

-... tu étais tellement déprimé, mal... je n'aime pas du tout te voir comme ça. Et depuis deux-trois jours, je sais pas, tu as l'air d'aller mieux. Enfin je ne sais pas si tu vas vraiment mieux... Mais bon... En fait, je ne sais pas si c'est une bonne idée que tu y ailles.

Je suis estomaqué. Dans ma tête, je ne m'attendais même pas à ce qu'Akira dise non. Je sais que j'avais un doute, mais officieusement, je m'attendais seulement à une réponse positive.

-Tu n'aimes pas Sasuke ? ai-je demandé.
-Si, bien sûr ! répondit aussitôt Akira. C'est juste que... je n'aime pas te voir malheureux à cause.. à cause de lui...
-Je comprends.

Silence.

-Mais tu sais, je ne suis même pas sûr que notre relation continue après ça. Je compte le persuader de revenir, mais je ne sais même pas si... lui et moi...

Je me suis arrêté. À côté de moi, Akira hocha la tête.

-Mais donc, tu refuses ? ai-je fini par demander.
-Je ne refuse pas, mais je n'accepte pas non plus. Il faut que j'y réfléchisse, à vrai dire.
-D'accord. Prends ton temps.

Je me suis levé pour aller dans ma chambre, puis Akira a ajouté :

-"Prends ton temps" ?! Il ne me reste que deux jours, je te rappelle !
-Je ne l'ai appris qu'aujourd'hui, ai-je répliqué. Désolé.

Et j'ai monté les escaliers quatre à quatre.

En arrivant dans la chambre, le téléphone fixe à la main, je me suis demandé si j'appelais Kamui tout de suite. C'est vrai, je la voyais demain après tout. Et puis, j'en avais plus que MAAARRE de faire quelque chose qui avait un quelconque rapport avec -bip-. Mais le problème, c'est que j'ai l'impression que, ces derniers temps, tout ce que je dis ou fais me rappelle Sasuke.

Je me suis laissé tomber sur le lit, mes yeux fixés au plafond. J'ai posé le téléphone sur mon chevet et après plusieurs minutes de silence, j'ai senti quelque chose me gêner dans ma poche. J'ai sorti mon portable. Mince, deux messages et un appel en absence.
Tiens, c'est Tomo qui me harcèle déjà.

Son premier message me salue et me demande si il ne s'est pas trompé de numéro, et son deuxième, sûrement écrit après avoir téléphoné, dit finalement qu'il s'est trompé, qu'il s'excuse du dérangement et que sinon, que -je cite- "je suis devenu tête-en-l'air avec le temps puisque je me suis trompé en lui donnant un numéro erroné". J'ai souri.

-Allô ?
-Tomo ?
-Oui ?
-C'est Gaara.
-Ah, enfin. Je me demandais si tu ne filtrais pas les appels.
-Je ne vois pas pourquoi je ferai ça.
-On ne sait jamais. Tu... tu vas bien ?
-Oh je... oui et toi ?
-Très bien très bien. Alors, comment ça se passe pour toi ?
-Ta question est un peu vague, elle me ramènerait dix ans en arrière.
-J'ai tout mon temps.

J'ai souri.

-Haha, je ne suis pas sûr d'avoir tout mon temps, moi.
-Dans ce cas, je te suggère de commencer par le début et de t'arrêter dès que tu le voudras. D'accord ?
-Hmmm... pas vraiment, non... ai-je marmonné après avoir réfléchi. Je n'ai pas envie de raconter tout ça par téléphone et en plus... je préfèrerai parler de ce qui t'est arrivé.
-Moi ? Ah non non non, toi d'abord.
-As-tu jamais arrêté de faire ça en dix-sept ans ?
-Jamais.
-C'est bien ce que je pensais.

Silence.

-On a qu'à parler du présent, alors, proposa Tomo. Euh... voyons voir... le lycée, par exemple ?
-Nase, ai-je aussitôt répondu. Enfin, il ne me reste qu'un an à tenir, espérons que j'y arrive. Et toi ?
-Euh en fait... je ne vais plus au lycée depuis un an...
-Ah ? me suis-je étonné. Pourquoi ça ?
-Pour plusieurs choses, en fait... D'abord, je n'aimais pas mon lycée, ensuite il était beaucoup trop loin, et euh... j'ai eu une altercation avec deux-trois élèves...
-Une altercation ? C'est-à-dire ?
-Disons que... on a été obligés de régler nos comptes par une manière qui dépassait les mots... répondit Tomo qui semblait mal à l'aise.
-Tu t'es fait renvoyé ? Ou bien ces personnes t'ont obligé à ne plus revenir ?
-Ni l'un ni l'autre. Les trois gars se sont fait renvoyés et moi, je n'avais plus le coeur à aller au lycée. Alors j'ai demandé à suivre des cours par correspondance.
-Oh. Et tu as revu ces mecs ?
-Parfois j'en croise, mais ils font comme si ils ne me connaissaient pas. C'est plutôt plaisant.

À nouveau le silence.

-Mais trêve de bavardage, continua Tomo, c'est à ton tour de parler. Raconte-moi ta vie au lycée, j'aimerais savoir si tout va bien pour toi.
-Euh en fait je...

À mon tour d'être mal à l'aise.

-Je préfère parler de ce genre de choses face à face...
-Face à face ? Je vois. Alors, que dirais-tu de se voir dans les jours qui suivent ? Samedi je ne travaille pas, on pourrait se voir si tu le souhaites.
-Ah euh samedi je peux pas... Je dois voir quelqu'un... enfin le week-end. Je ne peux pas du week-end.
-Oh, dommage. Et demain et vendredi ? Tu finis tôt les cours ? Je pourrai euh... je sais pas... venir te chercher après que j'aie fini d'étudier ou quelque chose...
-Je me trompe, ou bien mon lycée est à l'exact opposé de ton lieu d'habitation ?
-Oui, tu as raison. On peut peut-être se rencontrer au centre-ville, sinon. Mais au fait, tu ne sais pas où j'habite, non ? Je ne te l'ai pas dit...
-J'ai supposé que tu habitais près du restaurant... J'ai raison ?
-En effet. Bon, je dois te laisser à présent, on a besoin de moi. Tu me diras à quelle heure tu finis pour qu'on puisse se voir ?
-D'accord.
-À la prochaine, Gaara.
-Salut.

Et j'ai raccroché.

J'ai gardé le téléphone plusieurs minutes dans ma main sans m'en rendre compte, puis je l'ai posé à côté du téléphone fixe. Ca me faisait bizarre mais, en même temps de me sentir le coeur plus léger, je ressentais une légère appréhension.
Tomo est la seule personne vivante à m'avoir connu avant l'âge de sept ans, ce qui implique un grand nombre de choses. Et je dois dire que ça fait environ sept-huit ans que je n'avais pas pensé à lui. Pour moi, il était à Suna, mes secrets avec. Mais maintenant qu'il est à Konoha, ça change un peu tout.
Mais... je peux avoir confiance en lui non ? Il n'irait pas tout balancer aux autres, encore faudrait-il qu'il puisse 1) les identifier 2) les retrouver et 3) réussir à leur parler en toute confiance (bah oui, personne ne le connaît, Tomo). Mais bon. De toute manière, il est à l'autre bout de la ville. Je ne vois pas pourquoi les autres iraient s'aventurer là-bas.

De toute manière, si besoin est, je dirai à Tomo de ne rien dire à personne, ce genre de choses on évite que ça s'ébruite. Personne ne doit être au courant pour le moment, surtout pas...

GRRRR encore lui. Mon coeur est redevenu "lourd", pour contraster avec le fait qu'il ait été léger quelques minutes plus tôt.

Il vaut mieux que je pense à autre chose, de toute manière je ne sais même pas si je pars à Nagasaki étant donné qu'Akira "réfléchit". Si ça se trouve, il va trancher par la négative et je resterai là, dans l'horrible attente de savoir si oui ou non Sasuke reviendra parmi nous.

Mais bon, tout ce que j'ai à faire pour le moment, c'est attendre... Sans une réponse claire d'Akira, je ne peux même pas émettre des suppositions sur ce que je vais faire ou non à Nagasaki...
Enfin, je ne dois pas émettre de suppositions. Mais je ne peux pas m'en empêcher. C'est plus fort que moi, il faut que j'en fasse.

J'espère au moins qu'il restera poli avec moi si il ne veut plus de moi. Si il n'est pas poli, je ne répondrais plus de mes actes. Enfin bon.
Moi-même je ne sais pas comment je vais réagir en le voyant. Serai-je en colère, heureux... ? Sera-t-il en colère, heureux... Aura-t-il envie de nous sauter dans les bras, de nous donner des coups de pied ou bien de s'enfuir à toutes jambes ? Ca me ferait bien rire ça, qu'il s'enfuit à toutes jambes. Mais ça me foutrait bien en rogne, et je me verrai dans l'obligation de le poursuivre.

Une petite course à Nagasaki, pourquoi pas.

Oh, il peut aussi faire semblant de ne pas nous connaître. Ce qui serait débile puisqu'on ne l'a pas vu depuis seulement un mois. 35 jours précisément, si on oublie le fameux coup de téléphone du 26 avril. De toute manière, je lui sortirai toutes les preuves possibles que j'aurai sur moi pour lui montrer qu'on a tous fait parti de sa vie à un moment donné.
Bon, d'accord, je ne vais pas prendre un album photo datant de 5000 ans juste pour lui montrer qu'il connaissait Naruto et Sakura quand il était petit. Et je ne compte pas non plus ramener des souvenirs comme "preuves".

C'est sur ces conneries que je me suis endormi, tout habillé.

Jeudi 24 mai - 9h et quelques

Et merde, je me suis pas réveillé. C'est dingue ce que j'ai pu dormir, j'ai du m'assoupir vers 22h quand même.
Bon c'est pas grave, je vais m'habiller et aller en cours vers midi. Après le déjeuner, comme ça je mangerai mieux.

Aussitôt, mon portable se met à vibrer sur mon chevet, un message. C'est Tomo.

"Si tu lis ce message, c'est que tu ne suis pas convenablement le cours."

J'ai ri. Puis j'ai composé son numéro pour l'appeler.

-Allô ?
-Salut, tu n'es pas en cours ? s'étonna Tomo.
-Non, je ne me suis pas réveillé, ai-je répondu en étouffant un bâillement. C'est très gentil à toi de m'envoyer ce genre de messages, mais tu apprendras très vite que je ne suis pas un étudiant modèle et que par conséquent, je dors dans les cours qui ne m'intéressent pas.
-C'est bien ce que je pensais. Je voulais te téléphoner un peu plus tard, mais bon... Ca va ?
-Très bien, et toi ?

Mensonge.

-Oui, ça va. Alors, à quelle heure finis-tu les cours aujourd'hui ? voulut savoir Tomo. Normalement, je suis libre à 14h, moi.
-À vrai dire, je ne sais pas...

J'ai un soudain une idée.

-Dis-moi, est-ce que tu es libre pour déjeuner ?
-Déjeuner ? Euh voyons... Peut-être, à quelle heure ?
-Je ne sais pas, avant treize heures, c'est la que je suis censé reprendre les cours.
-Censé ?
-Bah oui, je suis encore dans mon lit là...
-Oui, logique... Euh... je pense qu'on pourrait se voir vers 11h-12h... Dans le centre ville, ça te dit ?
-Mon père travaille dans le centre-ville, et je ne pense pas qu'il apprécierait de me voir manger tranquillement dans un restaurant au lieu d'être en cours.
-Le centre-ville est grand. Mais si tu préfères, on peut aller quelque part proche de ton lycée, comme ça...
-Ca ne me dérange pas d'être en retard.
-... tu n'aurais pas de problèmes pour aller en cours, acheva Tomo (et je suis sûr qu'il souriait).

Il y eut un silence.

-Bon, alors... où est-ce qu'on se retrouve ? ai-je fini par demander.
-Je ne sais pas, je ne connais pas ce coin de Konoha. Dis-moi juste s'il y a un bus qui passe pas loin, et si il y a des restaurants potables.

11h et quelques

Pendant ma conversation avec Tomo, j'avais de nouveau le coeur léger. Là il est lourd, mais dans quelques minutes il sera de nouveau léger.

Il faudrait peut-être que j'arrête de parler du poids de mon coeur, ça ira mieux pour tout le monde.

Pendant un instant j'ai hésité à mettre mon uniforme, mais je me suis dit que si je ne le faisais pas, les profs ne seraient pas très contents de me voir débarquer en jean, baskets et T-shirt. C'est aussi pour cette raison que j'ai hésité ; sans mon uniforme, on ne m'aurait pas laissé rentrer et j'aurais passé une après-midi tranquille à ne rien faire.

Bref.

J'attends Tomo à l'arrêt de bus. Je suis d'ailleurs à un arrêt où je ne suis jamais descendu de ma vie, et je ne reconnais rien du tout aux alentours. Bon si de loin, je vois le lycée. Mais c'est tout.

Ah, un bus qui arrive. En descendra-t-il, n'en descendra-t-il pas... ?
Il en descend ! ... pas.
Non c'est une blague, il est là. Très classe, tout de noir vêtu. Faut dire qu'hier, je l'ai vu avec sa tenue de serveur.

-Yo, me salue-t-il en sortant du bus. Tu es à l'heure.
-Oui, mais tu es en retard.
-Faute du bus.

On s'est regardés quelques secondes en silence, puis je me suis tourné vers la rue qui nous faisait face.

-Alors, de quoi as-tu envie ? ai-je demandé. Fast-food, traditionnel, boulangerie, traiteur ?
-Le meilleur rapport qualité prix, a répondu Tomo du tac-au-tac.
-Haha, d'accord. Alors euh.. ce marchand de hot-dogs est pas mal, 300 yens le hot-dog et la boisson, euh...
-Bah ça m'a l'air parfait ! Allons-y !

Légèrement déconcerté, j'ai suivi Tomo qui avançait d'un pas joyeux vers le marchand de hot-dogs, un peu plus loin sur le trottoir.
Après les avoir payés, nous nous sommes assis sur les marches d'une petite place. Je souriais tout seul.

-Qu'y a-t-il ? s'est étonné Tomo.
-Nan rien c'est juste que... On arrive à se parler comme si on s'était quittés deux semaines, alors qu'en réalité...
-Ca fait dix ans, oui. Moi aussi, ça m'étonne.

Silence.
Mon coeur se fait déjà moins léger.

-Alors Gaara, je t'écoute, maintenant. Tout ce dont tu ne voulais pas me parler au téléphone, tu peux me les dire puisqu'on est face à face. Vas-y, parle.
-Hein ?
-Allez, s'il te plaît. J'aimerais savoir ce que tu es devenu, ce qu'est ton présent.

Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser sortir un rire ironique.

-Je trouve que tu parles bizarrement. Mais bon, on passe. Tu veux que je parle de mon présent, hein ? Eh bien... Si tu veux tout savoir...
-Je veux tout savoir...
-... je ne vais pas très bien en ce moment.
-Ah ?
-Oui... la raison de cette mauvaise humeur tient en six lettres. Ou trois syllabes. Bref.

Silence.

-Est-ce que c'est un de ces jeux où il faut deviner le mot dans un laps de temps ? Ou bien dans le genre pendu ?
-Ha ha non, je doute que tu puisses trouver la réponse. C'est un prénom qui tient en six lettres.
-Ahhh... alors la source de tes problèmes, c'est quelqu'un. Quelqu'un dont tu es amoureux, je suppose.
-Tu supposes bien.
-C'est quoi son nom ?
-Euh.. Sasuke, ai-je fini par dire après quelques secondes d'hésitation.

Tomo mordit dans son hot-dog avec une telle hargne qu'une des saucisses jaillit de moitié du hot-dog et restait hors de sa bouche. Mais ce que je venais de dire ne semblait même pas provoquer de réaction chez lui.

-Ahh... rupture ? marmonna Tomo avec toute la dignité dont il était capable, ce qui était difficile avec une énorme bout de saucisse qui pendait de sa bouche.
-Euh.. pas vraiment non. C'est... compliqué.

Il y eut un autre silence.

-Si tu n'as pas envie de m'en parler, on peut toujours-
-Ca va bientôt faire cinq semaines -que dis-je, ça fait cinq semaines- qu'il est parti à Nagasaki pour on ne sait quelle raison et je vais aller le voir avec deux autres personnes samedi parce que j'ai appris seulement hier qu'il était à Nagasaki, l'ai-je interrompu sans reprendre mon souffle une seule fois.
-Oh. Et je suppose que tu ne sais pas pourquoi il est parti, puisque tu ne savais pas où il était.

J'ai hoché la tête en signe de dénégation, respirant profondément.

-Et tu l'as rencontré comment ? demanda Tomo.
-On est dans la même classe depuis 2 ans, enfin depuis mon arrivée au collège... Non ça fait plus longtemps alors.. ça doit faire 3-4 ans. Mais je ne lui ai parlé que l'année dernière.
-Tu as mis le temps.
-Oui... mais il ne m'intéressait pas du tout, je voyais pas pourquoi j'allais aller lui parler.
-Qu'est-ce qui a fait que vous vous soyez parlés ?
-On était collés au même moment...

Va-t-il me forcer à raconter de nouveau l'histoire depuis le début ?

-Typique, commenta simplement Tomo.

Encore une fois le silence. J'ai fini mon hot-dog et ai commencé à boire mon soda à la cerise (ce n'est pas de ma faute, Tomo a pris le dernier Sprite). Tomo m'a regardé en souriant, puis il a bu une gorgée de sa canette.

-Je vois que ça te met mal à l'aise, tu peux t'arrêter. On peut parler d'autre chose si tu veux...
-N-non...

J'ai donné cette réponse presque malgré moi.
Moi qui voulait m'empêcher de parler de Sasuke, voilà que je le fais contre mon gré maintenant.
Oui parce que moi, je suis d'accord avec Tomo sur le fait de parler d'autre chose, mais ma bouche dit "non".

-Tu es sûr ?

Une véritable lutte s'insinuait en moi. Finalement, j'ai fini par me dire que ça suffisait et ma bouche a levé le drapeau blanc (phrase que je ne redirai sûrement jamais de ma vie).

-Non. Parle-moi plutôt de toi et de ta vie.

13h et quelques

Ouf, j'ai réussi à me faufiler discrètement dans la classe sans que la prof ne me remarque. Enfin c'est normal, je suis passé par la fenêtre pendant qu'elle avait les yeux rivés sur la feuille d'appel. Une chance que le cours soit au rez-de-chaussée.

-Mais tu es malade ! me souffle Kamui, visiblement effarée.
-Oui, peut-être. Mais je ne suis pas d'humeur à supporter des heures de colle, alors je préfère faire comme si je n'étais pas en retard.
-Moui d'accord... Tu as parlé à Akira à propos de Nagasaki ?
-Ouais, il a dit qu'il devait y réfléchir. J'aimerais tout de même qu'il se décide avant samedi. Ca m'éviterait de prendre le train en trombe en ayant emporter n'importe quoi.
-Mr Sabaku, s'il vous plaît, veuillez stopper immédiatement ces bavardages, dit la prof, les yeux toujours rivés sur sa feuille d'appel.

On s'est regardés avec Kamui, puis on a tous les deux sorti des feuilles de papier afin de communiquer sans avoir à parler.

-Et ne sortez que les affaires dont vous avez besoin pour ce cours, et non des feuilles inutiles destinées à vous servir de messagerie instantanée, continua la prof en se tournant vers le tableau.

Quelques élèves ont ri. On s'est de nouveau regardés en souriant, puis nous avons rangé nos feuilles à contre-coeur dans nos sacs.

J'ai regardé au-dehors. Le ciel était sans nuage... En temps normal, j'aurais silencieusement menacé Sasuke avec ma bouteille d'eau dans mon sac, et lui m'aurait répondu par des mêmes menaces mais tout aussi silencieusement...

C'est dingue ce que mon humeur a pu être changeante ces dernières vingt-quatre heures... Un coup je suis heureux, je parle comme d'habitude, et un autre coup je me voile la face, un peu comme maintenant. En plus d'être bête, simplet et tout ça, je suis aussi lunatique. Ca c'est le comble...

Je suis aussi schizophrène, ne l'oublions pas.

Je ne pensais pas qu'en voyant simplement le ciel bleu s'étendre devant moi je recommencerais à démoraliser. Tout à l'heure, avec Tomo, je me fichais totalement de la météo.
En même temps, je ne suis pas amoureux de Tomo et voir un ciel clair ne me fait pas penser directement à lui. D'autres choses me font penser à Tomo quand je les vois, comme euh...

Je viens de m'en souvenir. Les perles de coco, c'était lui. Lui qui m'en a fait goûter pour la première fois... Voilà pourquoi il m'en a proposé au restaurant hier soir... Il attendait une réaction de ma part, peut-être une confirmation comme quoi j'étais bien "moi". Certes, je n'ai pas eu la bonne réaction, mais au moins j'en ai eu une. De toute manière, il l'a dit lui-même, il m'a reconnu grâce à mon tatouage au front.

Bref, tout ça pour dire, il n'y a que les perles de coco qui me font penser à Tomo, alors que pour Sasuke...

Peut-être pas tout ce qui m'entoure. Heureusement. Mais une quantité de choses... une quantité assez importante, comme par exemple...

Non. Je ne vais pas énumérer tout ce qui me fait penser à Sasuke, ça me prendrait une grosse part de mon temps et surtout, quand j'aurai fini, il sera l'heure pour moi de dire adieu à mes petits-enfants. Et si ça se trouve, j'aurais même pas encore terminé sur mon lit de mort. BREF.
Je n'ai pas envie de me morfondre sur tout ce qui me fait penser à Sasuke, je ne sais d'ailleurs même pas si je vais le revoir ou pas.

Akira a intérêt à prendre une décision rapidement. Non, je reformule : Akira a intérêt à accepter rapidement. Je me rends rapidement compte que si je n'ai pas de réponse très vite, je peux sombrer dans une crise de nerfs intense. Ca vaut d'ailleurs aussi pour une réponse négative.

Bon allez, je vais essayer de dormir...

14h moins quelque chose

-La semaine prochaine, quinze heures trente dans cette salle.

Merde. Si je me réveille, c'est que j'ai réussi et qu'en plus, je me suis fait prendre. Avec .. une heure de colle en prime ! Chouette !

-Mais c'est inutile, une heure de retenue ça sert strictement à rien, je vais dormir pendant une heure et ça m'empêchera pas de continuer à dormir dans vos cours, ai-je répliqué d'une voix ensommeillée.

Oups, c'est sorti tout seul. Voilà, je suis collé toute la semaine maintenant.

Et elle en rajoute en plus ! De corvée de nettoyage !

-Rooh mais arrêtez madame, je n'ai pas fait exprès de vous répondre comme ça... ai-je marmonné d'une voix lasse. Si vos cours n'étaient pas aussi ennuyeux...
-Comment ? Qu'avez-vous dit ? demanda sèchement la prof en se retournant vers moi.

Je l'ai regardée dans les yeux. Je brûlais d'envie de lui balancer "Et sourde en plus de ça ! Et ça prétend être prof !" mais je me suis ravisé.

-Riiiiiien madaaame...

Elle m'a lancé un dernier regard, puis elle est retournée à ses occupations (c'est-à-dire le cours) tandis que moi je commençais déjà à ranger mes affaires. J'en avais déjà marre même si, en étant conscient, je n'avais assisté qu'à environ cinq minutes de cours.

Je patiente, je patiente... Ouf, la sonnerie libératrice. J'adore cette sonnerie.
Je suis déjà sorti de la salle avant même que les autres élèves aient le temps de se rendre compte que le cours est fini. Pfiouuuu.

Hmmm, ça ne m'arrive pas souvent de m'énerver de la sorte. Enfin, plus maintenant. C'est pas de ma faute si je suis fatigué... Il fallait que je digère, pas de ma faute non plus si j'ai cet emploi du temps-là.
Et comme chez moi tout est lié, je vous parie que c'est parce que l'autre est plus là que je me comporte de la sorte. Fais chier.

Tiens, Kamui me court après. Comme je l'aime bien, j'ai envie de m'arrêter, mais comme je suis à peu près sûr qu'elle va me sermonner sur la manière dont je me suis adressé à la prof, j'ai envie de continuer à marcher.

Bon, de toute manière, elle m'a rattrapé. Ce serait méchant de courir maintenant.

-Dis-donc, ça va toi ? me demande-t-elle, inquiète.
-Quelle question.
-Oui, je sais... mais tu n'avais pas à t'adresser à la prof de cette manière quand même...

Qu'est-ce que je disais. Je suis devin.

-Rooh, oui je sais... Mais évitons d'en parler, s'il te plaît. J'ai dit non, ai-je ajouté d'une voix un peu plus sèche en voyant Kamui ouvrir la bouche.
-Bon d'accord. Euh.. au fait, pourquoi tu n'arrives qu'à cette heure ? demanda-t-elle, hésitante.
-Je ne me suis levé que vers neuf heures...
-Mais tu aurais pu venir au cours de dix heures, non ? Quel flemmard...
-Oui mais...

Je me suis arrêté. Bizarrement je n'avais pas envie de parler de Tomo.

-J'avais vraiment la flemme d'aller en Japonais... tu comprends, ça m'endort... Et en plus, une jolie pizza m'attendait dans mon congélateur, à la raclette qui plus est...
-C'est bon c'est bon... Si Akira-san apprend que tu as séché les cours pour une pizza...
-À la raclette, s'il te plaît. Et il a bien du se rendre compte que j'avais raté les cours en voyant qu'à neuf heures j'étais encore là.
-Il ne sera quand même pas très content.
-Oui oui.. on verra ça plus tard hein.

C'est donc avec un manque total de volonté que je me suis rendu au cours suivant en compagnie de Kamui.

15h et quelques

Mais merde à la fin ! Si je continue de m'endormir et de répondre à chaque prof, je vais finir par avoir besoin d'un agenda spécial heures de colle et les profs eux-mêmes auront du mal à me coller. Il faudra qu'ils s'arrangent entre eux après.

Remarque, ils le faisaient déjà avant.

Mais c'était pas avec autant de fréquence. Là, j'ai assisté à deux cours et aux deux cours j'ai réussi à me faire coller pendant une semaine. Je pense que c'est inné chez moi ce genre de choses.
Bref. Il faut que je rentre chez moi, j'ai besoin de me changer les idées... pourquoi pas quelques jeux vidéos tiens...

Ah d'abord, je vais faire un petit tour au café où j'avais l'habitude d'aller avec -bip-, ça fait quelques temps quand même.

En arrivant finalement devant ledit café, j'ai un léger pincement au coeur, mais j'arrive à me contenir et justifie le fait de rester planté devant la porte par une "lecture" des affiches sur la porte. Mais comme j'ai les yeux dans le vague, je ne les lis pas et je finis donc par entrer.

-Gaara ! s'exclame le gérant du café, Jirou, avec un grand sourire, une fois arrivé au comptoir. Ca fait longtemps, tu vas bien ?
-Euh.. oui oui.
-Tu as une petite mine. Tu n'es pas avec Sasuke ?

La question inévitable apparemment.

-Non.. en fait, je ne sais pas où il est...
-Ah ? s'étonna Jirou. Comment ça ?
-Disons que... qu'il a disparu sans laisser de traces... ça fait un mois.
-Aïe aïe aïe... désolé, je ne savais pas. C'est pour ça que je ne vous ai pas vus ces derniers temps.

Silence. Jirou nettoie distraitement un verre et passe de ça et là un chiffon sur le comptoir.

-Sinon ! Tu as vu l'affiche sur la porte ? me demande Jirou en souriant.
-Euh... non ?

J'aurais mieux fait de les lire.

-Eh bien on cherche un serveur.. je n'allais pas te demander personnellement parce que ça faisait un peu favoritisme, mais... Si tu veux te faire un peu d'argent, surtout pour un lycéen, ça peut t'être utile !
-Oh, euh... merci, mais... je n'ai pas vraiment le temps et en plus, servir les gens c'est pas trop mon truc... ai-je répondu, quelque peu gêné.
-Comment ça, "pas trop ton truc" ? Il suffit d'arriver à une table, d'écrire les commandes et de repartir ! s'étonna Jirou.
-Hm, pas faux..
-Evidemment que c'est vrai ! Pff ! Bon... tu y réfléchiras hein ? C'est pas que je fais du favoritisme mais comme je te connais déjà un p'tit peu, ce serait plus facile pour t'embaucher...
-Oui je comprends. Je passerai pour te donner une réponse, OK ?
-Pas de problème ! Au fait, tiens.

Il mit quelques tartelettes au chocolat dans un sachet et me le tendit. Je l'ai regardé avec des yeux ronds.

-Bah qu'est-ce que c'est que ces yeux de merlan frit ? Prends-les ! s'impatienta Jirou.
-Mais... Jirou-san, vous n'avez pas le droit de faire ça ! ai-je chuchoté.
-Et alors ? C'est moi le patron, non ? Prends-les vite.

J'ai finalement pris le sachet d'un geste hésitant puis suis parti en saluant Jirou.

16h et quelques

C'est dingue ce que ma vie peut être passionnante.

En train de grignoter mes tartelettes, allongé sur mon lit. Je laisse mes pensées vagabonder, les yeux fixés au plafond.
Je repense à ce que Tomo m'a appris sur lui aujourd'hui. Apparemment, il vit à Konoha parce que son père y faisait régulièrement des déplacements et il a finit par y vivre. Et comme il suit des cours par correspondance, il peut travailler tranquille... En fait c'est comme si il vivait seul sauf que c'est pas lui qui paye son loyer.
Ah, et il s'est découvert l'existence d'une soeur pas plus tard qu'il y a deux mois, parce que sa mère s'était remariée et ne le lui avait pas dit. Fun comme nouvelle je trouve.

Enfin bref. Je ne vais pas passer mon temps à raconter la vie de Tomo depuis de ses sept ans. Je vais plutôt rester là à manger mes tartelettes.

Grrrr quand est-ce qu'il rentre ce baka d'Akira ?! J'aimerais avoir sa confirmation. Je dis ça comme si c'était évident qu'il allait dire oui, ce qui n'est pas le cas. Je me demande quand même ce que je vais faire si il refuse.
Je pense que là, je pourrais tenter de tirer une croix sur tout ça et il se peut même que -bip- tire lui aussi une croix sur "tout ça" (c'est-à-dire moi). Remarque, ça peut avoir ses bons côtés. Là tout de suite je n'en trouve pas mais je suis sûr que si je creuse un peu...

18h et quelques

Il a fallu que je creuse beaucoup pour enfin trouver un "bon côté". Je pense même être arrivé au fond. Passons.

Voilà ce que j'ai trouvé : si tous les deux on arrive à tirer une croix l'un sur l'autre, eh bah on arrêtera de dépenser de l'argent inutilement !

... Merde, ça paraît nettement plus débile maintenant que c'est formulé.

Et puis ces derniers temps on dépensait nettement moins d'argent. Faut dire que ça, c'était plus quand on était amis. Evidemment, maintenant que notre relation a "changé"... Ce n'est plus la même chose. Il y a des choses qu'on ne fait pas avec son meilleur ami (l'amour, entre autres).

Bon ! J'attaque la dernière tartelette !

19h et quelques

Vibration tout près de mon oreille... mais qu'est-ce que c'est que ça encore, ça m'a réveillé...
(Ah tiens, je dormais.)
SMS d'Akira : "je ne rentre pas ce soir, j'ai quelque chose de très important à faire... je viens demain dans l'après-midi. Désolé"

PFFFF il le fait exprès cet abruti ! Il sait très bien que j'attends...

J'ai supprimé le message en re-tournant mes yeux vers le plafond.

Au risque de me répéter, c'est dingue ce que ma vie peut être passionnante. Je passe mes après-midi et mes soirées à regarder mon plafond. Et je le fais tellement souvent que je trouve que mon plafond a perdu tout son charme.

Bon bah ... je vais rester comme ça jusqu'à ce que mort s'en suive...

X

Vendredi 25 mai. Journée ennuyeuse, comme celles qui ont précédé d'ailleurs... C'est d'un passionnant...

Je me suis encore endormi avant huit heures. Ca c'est vraiment n'importe quoi. En comptant, je me suis rendu compte que j'avais fait treize heures de sommeil en une seule nuit. Ca rattrape le nombre d'heures que j'ai perdu le mois dernier.

Je me suis encore une fois réveillé à neuf heures, mais je n'avais pas d'excuse pour arriver l'après-midi et je suis donc allé en cours...

Mais la seule chose à retenir de cette journée, c'est qu'Akira est d'accord pour que j'aille à Nagasaki.

X

Samedi 26 mai - 12h

Pour contraster avec les deux nuits précédentes, je n'ai pas fermé l'oeil. Pour changer, j'ai gardé les yeux fixés au plafond, et ce pendant près de sept heures, puis je me suis décidé à faire mon sac ; un boxer, un vieux pantalon qui fera office de pyjama et de l'argent. Plus mon portable et mon mp3, que je ne compte pas tellement c'est évident.

Je n'ai donc strictement rien fait de ma matinée, à part zieuter mon plafond chéri et me lever et m'allonger sur mon lit afin d'éviter que mes membres ne s'engourdissent trop (ce qui m'arrive souvent malheureusement).

Je suis censé retrouver Naruto et Sakura à l'arrêt de bus devant le lycée, comme lorsqu'on est partis à Sendai... Waw, ça va bientôt faire un an...

Ah, les voilà. Sans un mot, ils montent dans le bus où je suis déjà et s'assoient à côté de moi.

Je n'ai pas osé dire moi-même à Naruto que je venais finalement. J'ai laissé Kamui s'en charger. Faut dire, comme il croyait que j'avais "abandonné" (ce qui n'est pas totalement faux) et que j'ai ma fierté (ce qui n'est pas totalement vrai), je me voyais pas arriver en face de lui et dire un truc du genre "tout compte fait, l'idée d'aller voir Sasuke à Nagasaki ne me déplaît pas".

Finalement, on arrive à la gare... j'achète mon billet (bien sûr, les deux autres ont déjà le leur, moi je ne l'ai pas en raison de mon départ.. précipité), et c'est seulement là qu'on m'informe de la durée du trajet ; sept heures.

-QUOIIIII ? me suis-je exclamé, les yeux ronds. Y'a pas de Shinkansen ?!
-Non, ça n'existe pas encore à Nagasaki, me répond Sakura en baissant les yeux. Tu devrais sortir de ta tanière parfois, tu vas trop à Tokyo.
-Rooh c'est bon... Zut, j'aurais du prévoir les sudokus.
-Moi j'en ai si tu veux ! s'écrie Naruto avec un sourire, sortant un petit cahier de son sac à dos.
-Ouais, on verra ça plus tard hein...

L'heure de monter dans le train arrive. Naruto me tend son petit cahier de sudokus avec un crayon. Je refuse, et me met à regarder le paysage pour le moment immobile.

-J'arrive pas à croire que dans un peu plus de sept heures, on verra Sasuke !! dit joyeusement Naruto en tapant d'un geste énergique sur ses genoux.
-Oui c'est vrai... Je suis contente, ajouta Sakura en souriant. Ca fait tellement longtemps, un mois...
-37 jours exactement, ai-je balancé d'une voix morne.

J'ai vu les reflets de Naruto et de Sakura échanger un regard dans la vitre. J'y ai collé mon front et j'ai alors fait ce que je me suis interdit de faire au cours de la nuit dernière ; penser à ce que je ferai en voyant Sasuke.

J'avais catégoriquement refusé, mais maintenant que je suis dans le train et que je ne peux plus aller en arrière (oui le train vient de démarrer), il faut bien que je fasse quelque chose...
Quelle sera ma réaction quand je le verrai ? Est-ce que je serai content, énervé ? Ou même, indifférent ? Si ça se trouve ça sera ça.

Mais ma réaction importe peu. Qu'est-ce que je vais dire à Sasuke quand je serai en face de lui ?

J'ai beau retourner cette question dans tous les sens, je n'arrive pas à trouver la moindre réponse à cette question. Peut-être que si je ne m'en étais pas empêché, j'aurais pu y réfléchir...

Tiens, d'un seul coup, sept heures me paraît bien court.

GRRR ça m'énerve et ça me fait chiiiiiiiier de pas savoir et de pas y avoir pensé plus tôt... Pourquoi au lieu de me rendre compte que je suis bête toutes les 30 secondes j'arrive pas à trouver des semblants de solutions à mes problèmes ?! J'suis naze.
Et débile.

Passons.

En fait, c'est tout con, mais j'ai zappé la possibilité qui s'offre à nous en cas de problème : demander conseil. Et ça tombe bien, il y a justement deux personnes assises en face et à côté de moi...

... mais je n'ai pas envie d'utiliser cette possibilité. Haha, c'est tout moi ça.

Me mettre dans la merde tout seul et m'en sortir seul, tout à fait ça.
(je ne prends évidemment pas en compte toutes les fois où j'ai demandé conseil à Kamui pour diverses choses et machins.)

... Ouais, eh bah, non seulement je suis con et débile, mais en plus je m'éloigne du sujet en disant des.. débilités et des conneries... Mais MERDE fais chier, bordel !
Ca suffit ! Je fais une grille de sudoku diabolique et je dors ! Il paraît que la nuit porte conseil mais pour moi c'est plutôt dormir qui porte conseil et pas la nuit, la preuve cette nuit j'ai rien foutu. BREF, je dormirai et quand je me réveillerai -au bout de deux ou trois heures- j'aurai trouvé la solution en béton et je saurai exactement ce que je dirai en voyant Sasuke tout à l'heure.

Allez hop, c'est parti pour le diabolique.

15h et quelques

Mais c'est qu'il était long ce sudoku.

Heure indéterminée

-Gaara ?

Casse-toi putain, je dors !

-Gaara, réveille-toi, on est arrivés.

Quoi quoi ?
Et merde, le piège de dormir. J'aurais du mettre mon réveil.

J'ouvre les yeux et rencontre ceux de Sakura. Elle me sourit, me dit de prendre de mon sac et de me dépêcher. Elle ajoute d'autres trucs mais mon cerveau embrumé ne retient rien et est incapable de penser à autre chose qu'au rêve que j'ai fait (mon père qui nageait dans un pot de Nutella avec Tomo et Kiba).

Je prends mon sac dans la soute au-dessus de ma tête comme me l'a dit Sakura et la suit elle et Naruto dehors. Purée, mais c'est qu'il fait déjà chaud à Nagasaki...

Nagasaki...

Merde, mon cerveau a enfin fait le lien après environ cinq minutes ; on est arrivés à Nagasaki, donc ça signifie qu'on va revoir Machin dans peu de temps, et ça veut aussi dire que comme je suis endormi, je n'ai strictement rien trouvé à lui dire à part "Ng".
Merde. Il ne me reste que peu de temps avant qu'on ne retrouve Sasuke... enfin j'en sais rien.

-Naruto ? l'ai-je appelé d'une voix ensommeillée, le suivant à travers la gare.
-Ouais ?
-Il est à combien de temps d'ici, Sasuke ?
-Je ne sais pas... peut-être une heure ?

Une heure. Une heure c'est pas suffisant pour un petit esprit tel que le mien.

Si vous voulez mon avis, j'aurais du y cogiter dès l'instant où il a arrêté de venir en cours le matin.
(Mais je ne pouvais pas étant donné qu'à ce moment-là je savais pas qu'il allait partir et qu'en plus, par la suite, j'avais "abandonné". Je ne pensais donc pas le revoir.)

-Ah, voilà le bus qui nous y conduira...

Je m'assois à l'arrêt tandis que Naruto et Sakura regardent les horaires. Apparemment, on vient d'en rater un et le prochain n'arrive pas avant 20h34 (et il est 19h38).
Je pense que "bordel de merde" est la bonne réaction face à cette nouvelle.

-Bon bah, on attendra !! s'exclame Naruto avec un grand sourire en s'asseyant à côté de moi. Je pense que je vais piquer un petit somme, je n'ai pas assez dormi dans le train..
-Rooh, tu ne vas tout de même pas dormir ici, marmonna Sakura avec un regard dédaigneux. Et puis j'ai une minuscule question : on va dormir , cette nuit ?!

Bon. Cette question mérite elle aussi un "bordel de merde". Je suis beaucoup trop vulgaire en ce moment, ça doit s'arrêter.
Comment ai-je pu ne pas y penser ?! C'est vrai que je suis bête et simplet (et lunatique et schizo), mais quand même ! De là à oublier où dormir, moi, Gaara Sabaku !!

-Mais ne te focalise pas là-dessus, Sakura-chan ! Sasuke nous laissera dormir chez lui, assura Naruto avec un grand sourire.

Ouais, ou pas.
J'ai un mauvais pressentiment là-dessus. J'aurais du prendre mon sac de couchage (même si je n'en ai pas).

21h et quelques

Purée, le trajet ne fut pas si long. On a mis trente minutes.

Et j'ai trouvé ce que j'allais faire aussi. Après plus de 40 ans de cogitage, j'ai décidé... d'improviser !!!
(Avouez-le, vous êtes aussi déçus que moi.)

De toute manière, il ne nous reste sûrement que quelques mètres à parcourir et j'ai bien prouvé au cours des derniers jours que j'étais incapable de trouver la solution adéquate à mon propre problème. Alors je laisserai faire mon impulsivité faire les choses.

Naruto demande de quel côté est la rue machin à un passant, qui lui indique qu'il faut juste prendre la première à droite. Oh non, à peine vingts secondes de marche ? Mais je n'ai pas eu le temps de me préparer psychologiquement... Je n'avais pas pensé à l'éventualité que j'allais revoir Sasuke aujourd'hui...

Et hop ! Un troisième "bordel de merde" bien mérité.

Mes cogitations faites, nous finissons, à mon plus grand désarroi, par arriver dans la rue puis devant la maison. Style japonais, classique, pour ne pas changer.
Mon coeur bat la chamade. Je commence à paniquer et l'envie de prendre mes jambes à mon cou me saisit. Mais je me retiens. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour repartir en sprint.

Oh non ! Naruto a sonné à la porte ! Mais quel baka celui-là ! On ne peut plus retourner en arrière maintenant.

Des bruits de pas. Naruto et Sakura se font de grands sourires en disant silencieusement "On va revoir Sasuke !".

La porte s'ouvre. Un grand homme, d'une quarantaine d'années environ, se tient devant nous. Il a les mêmes cheveux noirs, les mêmes traits et le même regard profond que tous les Uchiwa que j'ai rencontré. Mais lui, je ne l'ai jamais vu.

Naruto parle le premier.

-Bonjour ! Vous êtes bien l'oncle de Sasuke ?
-Euh, oui.. Et vous êtes.. ?
-Ses amis, monsieur. Voici Sakura Haruna et Gaara Sabaku. Je m'appelle Naruto Uzumaki. Enchanté.

On s'est légèrement inclinés et il a fait de même.

-On aimerait voir Sasuke. Il est là ? poursuivit Naruto.
-Non désolé, il s'est absenté pour le moment.

Silence.

-Vous pourriez nous dire où il se trouve, s'il vous plaît ? ai-je demandé (tiens, ça faisait longtemps que j'avais pas parlé).

L'oncle de Sasuke se tourne vers moi comme s'il ne m'avait pas vu avant.

-Il est au parc avec sa jeune cousine, répondit-il en me regardant droit dans les yeux. Vous prenez à gauche et il faudra longer la rue quelques minutes.
-Euh... d'accord merci, ai-je dit en soutenant plus ou moins son regard.
-Allons-y !! s'exclamèrent d'une même voix Sakura et Naruto.

Ils se sont rapidement inclinés et ont filé telle la fusée. J'ai salué l'oncle de Sasuke un peu plus poliment et je les ai suivis.

-Gaara-kun ?

Me suis retourné.

-Oui ?
-Est-ce vous, sur la photo ?
-La photo ?
-Sasuke a une photo de lui et de quelqu'un qui vous ressemble étrangement, qui a été prise à la plage.
-(ohoh.) Oui.. oui c'est bien moi je pense.
-Ah. Je n'étais pas sûr, vous avez.. les cheveux nettement plus longs, aujourd'hui.

J'ai acquiescé sans rien dire, puis j'ai rattrapé les deux autres qui couraient comme des dératés au loin.

21h30

Purée, son parc ne bosse pas dans la catégorie petit gabarit. C'est le genre immense, dans le genre "Ohoh, il va me falloir 40 ans pour retrouver un mec et une fille aux cheveux et yeux noirs" (et je vous rappelle qu'on est au Japon).

-Après "Où est Charlie"... marmonna Sakura.

Mes lèvres se sont étirées en un sourire. Aïe, une crampe.

-Bon, on se sépare ? proposa-t-elle.
-Non, après ça sera galère pour retrouver les autres d'autant que, je ne sais pas pour vous mais moi, je n'ai plus de batterie sur mon portable.
-Je suis d'accord avec Naruto.
-OK OK, ça ira plus lentement mais cherchons ensemble.

(Il aurait pas pu se trouver dans un café ? Un parc qui ferme pas avant 22h, non mais franchement.)

Je m'occupe de la droite, Sakura de la gauche et Naruto du milieu. Ce n'est pas chose aisée, il y a pas mal de monde.
Ah, un endroit où il y a moins de monde.

-Peut-être devrions-nous voir du côté du petit lac là-bas ? ai-je suggéré. Sasuke n'aime pas les mondanités.
-Pas faux. Allons-y.

On a marché vers ledit lac en silence. Heureusement pour nous, les gens commençaient à partir.

-Et si on l'avait raté ? Si ça se trouve, il est parti par une autre sortie, et nous on est là à attendre comme des imbéciles... marmonna Sakura.
-Mais non, je suis sûr qu'il y est encore, assura Naruto.
-J'ai le pressentiment qu'on cherche ici pour rien... À mon avis on devrait-

Mais je n'entendis jamais la fin de la phrase de Sakura car à ce moment précis, je suis devenu sourd. Je n'entendais plus rien autour de moi, à part mon coeur qui battait la chamade.

(Haha, devinez pourquoi.)

Sasuke, en personne, était assis dans l'herbe en compagnie d'une jeune fille qui devait être sa cousine. Il souriait tout en la prenant en photo avec son appareil photo numérique.
Mes jambes ont arrêté de marcher. Mes yeux restaient fixés sur lui. Les deux autres n'avaient au début pas remarqué mais quand ils m'ont vu paralysé, ils ont du capter. Mais je n'entendais toujours pas ce qu'ils disaient (sûrement "regarde, il est là ! Trop bien !" ou un truc niais dans le genre).

Lui et sa cousine se lèvent. Ils se mettent pile en face de nous (enfin sa cousine nous fait dos) et il s'apprête à prendre une autre photo. Mais je vois son sourire s'effacer peu à peu pour faire place à une franche surprise.

Il nous a vus.
(Pas trop tôt.)

L'immense envie de prendre mes jambes à mon cou me saisit de nouveau, mais je suis pétrifié. Le désir de courir jusqu'à Konoha me prend mais vu comme je cours, ça ne donnera pas forcément un bon résultat.

Bon... c'est un de ces moments de la vie où une multitude d'options s'offrent à vous sans que vous ne puissiez en saisir aucune.

0o0 Owari 0o0

ENFIN ! :O Je me suis couchée deux soirs de suite super tard (4h et 3h) pour finir et relire ce chapitre ! Ca faisait longtemps que j'en avais pas fait un aussi long x) Il était même pas censé être long à la base, mais c'est pas grave. Finalement, je me suis dit "pourquoi pas !"..

Comment l'avez-vous trouvé ? Dites-moi ce que vous pensez de Tomo :s Il restera même si vous l'aimez pas hein xD Moi je l'aime bien en tout cas :) Il restera looooongtemps parmi nous :D
Mais c'est que j'ai galéré pour trouver le titre ! :O J'ai été obligée de mettre ça (ce sont des paroles de chanson et... des mots xD) parce que je ne trouvais aucune chanson.. Quelle débile d'avoir vouli mettre que des titres de chanson quand même ! Enfin bref xD Je trouvais ça classe mais quand on cherche pendant un mois entier, c'est moins classe... Haha xD

Et comme je l'ai dit au début, je supprimerai Snow, Fuuin Ai sous peu parce que j'aime plus cette fic et que j'en écrit une autre dans le même style (sans voyage xD) :) Donc voilà.

Je vous dis maintenant à très bientôt ! Septembre ou Octobre, je ne sais pas encore, parce que ma connexion sera bientôt coupée pour un laps de temps pour l'instant inconnu x) Par contre là le titre est déjà trouvé, même s'il n'est pas très bien xD

Allez je vous laisse! À la prochaine :)