Disclamer : Harry Potter appartient à JKR, mais cette histoire est à moi.
Correction chapitre : AnitaBlake93100
RAR:
adenoide: Merci pour le com.
Chapitre 20
Après avoir annoncé que toutes les visites à son fils étaient proscrites, Snape et ses compagnons fendirent la foule et se rendirent devant les portes du château où les attendait la directrice adjointe, Minerva McGonagall. Celle-ci se tenait en haut des escaliers et s'élança à la rencontre de Snape dès qu'elle l'aperçut.
_ Severus, mon enfant ! C'était donc vrai, vous avez réellement retrouvé Potter, mais Albus, qu'en ait-il de lui ?
_ Je pense que nous devrions parler de cela dans un endroit un peu plus discret, Minerva.
_ Oh, je comprends, dit-elle après avoir jeté un regard autour d'elle. Mais qui sont vos amis ? demanda-t-elle ensuite en regardant avec fascination les deux elfes et Voldemort.
_ Des alliés. Je vous expliquerai tout cela plus tard. Mais pour l'instant, j'ai des choses importantes à faire, alors pouvez-vous me laisser passer ?
_ Je vous fais confiance, dit-elle après l'avoir longuement regardé lui puis Harry qui se trouvait dans les bras de Sariour. Elle se poussa ensuite sur le côté pour lui céder le passage.
Snape pénétra dans l'établissement suivi de son fils, de son frère, de Sariour et de Voldemort. Ils traversèrent à grands pas le couloir menant au bureau de Dumbledore. Alors qu'ils marchaient en silence, Harry posa une question à Voldemort.
_ Dites ?
_ Oui, mon petit elfe, que puis-je pour toi ? encouragea Voldemort d'une voix de velours.
_ Pourquoi personne ne vous montre du doigt avant de partir en courant ?
_ Mais pourquoi feraient-ils une telle chose ? demanda Voldemort en jouant l'innocent.
_ Vous le savez très bien ! Vous êtes le grand méchant Voldemort après tout.
_ Oh, ça ! C'est parce que mon petit elfe, au cas où cela ne t'aurait pas encore sauté aux yeux, grâce à ton père ici présent j'ai changé d'apparence. Avoue que personne n'irait s'imaginer que dernier ce magnifique visage et ce physique de dieu grec, se cache le redoutable mage Lord Voldemort, dit-il avec fanfaronnade.
Harry regarda Snape une seconde avant de reporter son attention sur le Lord.
_ Ce n'est pas la modestie qui vous tuera, c'est certain, souffla-t-il de dépit avant de dire : pourtant, moi je vous ai reconnu immédiatement malgré votre changement physique.
_ C'est parce que toi et moi sommes liés, mon petit elfe, lui répondit le mage avec un sourire de satisfaction.
_ En quoi sommes-nous liés, parce que ce n'est pas la première fois que vous dites ça ? Et aussi pendant que nous y sommes, c'est quoi cette histoire de jumeau ?
Avant de répondre, Voldemort regarda Snape comme pour lui demander l'autorisation. Celui-ci hocha positivement la tête après une seconde d'hésitation.
_ De toute façon, il va devoir l'apprendre un jour, dit le père au mage gris.
_ Papa, tu sais de quoi il est question ?
_ Oui, fils. Et je suis navré pour toi, car cela ne va certainement pas te plaire. Et crois-moi, s'il y avait un moyen d'empêcher cela, je l'aurais déjà utilisé.
_ Tu me fais peur, dit Harry avec angoisse.
_ Et tu as raison d'avoir peur, mais si tu parviens à l'accepter, cela pourrait bien être une bonne chose pour toi. En fait, la meilleure chose qui puisse t'arriver.
_ Je ne comprends pas. Dois-je en avoir peur ou pas ?
_ Cela, toi seul peux le décider, lui répondit énigmatiquement Snape.
_ Alors, mon petit elfe, veux-tu savoir maintenant ou bien après ta rencontre avec ton grand-père ?
_ Si ce que vous avez à me dire risque de m'ébranler, je préfère l'apprendre après la rencontre avec mon grand-père, dit Harry après réflexion.
_ Comme tu veux, mon petit elfe.
_ Et arrêtez de m'appeler comme ça ! Je ne suis pas à vous ! Et je ne suis pas petit non plus !
_ C'est ce que tu crois, lui dit Voldemort en étirant ses lèvres malicieusement.
_ Qu'est-ce que ça veut dire, vieille peau ?
_ Que... comment viens-tu de m'appeler, demanda Voldemort sur le point de vomir devant le qualificatif utilisé, alors qu'Ohtar explosait de rire et que Snape et Sariour esquissaient un bref sourire.
_ De vieille peau, lui répondit Harry en souriant avec insolence.
_ Je vais te faire...
_ Potion, fut le seul mot que dit Snape.
Voldemort fulmina et rallongea le pas en maudissant les maîtres de potions sans cœur, trop susceptibles et surprotecteurs. Devant le manège de Voldemort, Harry explosa, lui aussi, de rire. Tout en s'éloignant à grande vitesse et après s'être assuré que personne ne pouvait le voir, Voldemort étira lui aussi ses lèvres dans un sourire niais de satisfaction. Il venait de faire rire son petit elfe. Cela méritait bien un peu de moquerie, non !
Le petit groupe ne tarda pas à se trouver devant l'endroit où était supposée se trouver l'entrée du bureau du directeur. Mais à la place de la gargouille, il n'avait qu'un simple mur vide. Sans s'en étonner, Voldemort dit un mot dans une langue faite de grognement et de sifflement. Était-ce même une langue ? se demanda Harry. Mais quoi qu'il en soit, le mur se fendit en deux et une volée de marches apparues devant eux. Voldemort pénétra dans l'ouverture et les autres le suivirent. Après leur passage, l'entrée se referma dans leur dos. Les escaliers ne les menèrent pas dans le bureau des directeurs de Poudlard, mais dans la salle où avait résidé le cœur de Poudlard.
Comme avec le voleur de corps, Poudlard se matérialisa devant eux, mais cette fois sous l'apparence d'un grand dragon bleu avec de grandes ailes vertes et pourvues de quatre pattes se terminant par des griffes intimidantes. Il avait aussi une corne faite d'or au milieu du front, de grands yeux noirs et un long museau pourvu de crocs acérés. Il était magnifique. Harry éprouva immédiatement le désir de le toucher, de le caresser.
Et sans en avoir eu conscience, il avait déjà fait cinq pas vers lui et lui caressait l'une de ses pattes. Immédiatement, Harry se sentit apaisé, complètement détendu. Le jeune elfe n'avait pas eu conscience d'être dans un tel état d'énervement, de colère et d'être aussi tendu. Ce fut seulement au moment où ses sentiments le quittèrent qu'il se rendit compte de leur présence. En parallèle à son apaisement, il sentit au fond de lui quelque chose remuer avec désespoir et essayer de s'échapper, mais cela fut très fugace. C'est pourquoi il n'y fit pas attention.
_ Tu dois vite faire l'échange Tommy, il ne tiendra plus très longtemps. La noirceur qui réside en lui est en train de lui ronger le cœur à une vitesse que je n'ai encore jamais vu, dit avec empressement le dragon.
_ C'est si grave que cela ? s'inquiéta Voldemort en se rapprochant du dragon. Pourtant, cela ne fait pas un mois que nous nous sommes reconnus, dit Voldemort avec inquiétude.
_ Je le sais, pourtant, les ténèbres sont sur le point d'engloutir sa magie. Et même si celle-ci lutte vaillamment contre elle, elle ne va pas pouvoir lui résister bien longtemps. Tu dois faire l'échange dans les prochaines quarante-huit heures où elles l'auront. Et si elles gagnent, ce qui est arrivé à ta mère et ton père va se reproduire avec toi et lui.
_ Non ! Je ne le permettrais pas. Je ne vais pas le laisser mourir.
_ Alors, fais ce qu'il faut pour le garder en vie, lui dit Snape durement.
_ Tu en es certains Severus ? Tu connais les risques.
_ Effectivement, mais je connais aussi l'alternative. À deux maux, je préfère choisir le moindre.
_ Il doit me donner son accord, sans cela, ça ne marchera pas.
_ Alors, obtiens-le, car je tiens à le garder saint d'esprit et en vie.
_ De quoi vous parler, demanda à brûle-pourpoint Harry. Qui doit garder l'esprit sain ?
_ Toi, fils.
_ Comment ça fils ? Retentit soudainement une voix dans la pièce.
LDD
Quand Ron avait entendu la nouvelle du retour de son ami, il n'avait pas voulu le croire. Mais quand la rumeur avait prétendu que c'était Snape qui l'avait retrouvé, l'espoir avait gonflé son cœur. Si c'était Snape qui avait ramené Harry, alors cela ne pouvait qu'être la vérité, car lui seul pouvait en être capable. Ron avait alors laissé ses frères, avec qui il se trouvait à ce moment-là, pour partir à la rencontre de son ami. Cependant, comme le jeune homme avait été l'un des derniers à partir, il n'avait pas eu la possibilité d'approcher d'Harry.
Il avait donc attendu patiemment que l'occasion se présente afin de pouvoir l'approcher dans la mesure où personne n'avait voulu le laisser passer. De ce fait, Ron avait attendu près des escaliers de l'école en prenant bien soin de ne pas se faire voir par McGonagall qui l'aurait renvoyé immédiatement si elle l'avait aperçu. Le jeune sorcier avait eu de la chance, car l'animagi chat avait été bien trop distraite pour se rendre compte de sa présence.
Et au moment où Snape et ses compagnons s'étaient approchés de l'entrée et que McGonagall avait quitté son poste pour les rejoindre, Ron en avait profité pour se faufiler discrètement dans le château. Ron ne savait pas comment il était parvenu à déjouer les sortilèges qui empêchaient les élèves de pénétrer dans l'école, mais il y était parvenu. La chance ou bien autre chose, quoi que cela eût pu être, ça avait permis au jeune sorcier de se faufiler à l'intérieur de l'école. Ensuite, le jeune sorcier s'était caché dans une petite pièce près de l'entrée et avait attendu que le groupe passe devant lui.
Pourquoi ne les avait-il pas arrêtés ni fait savoir sa présence, Ron lui-même ne le savait pas. Quand il avait entendu les pas se rapprocher de sa cachette, il ne s'était pas montré. Au lieu de cela, il avait tranquillement attendu que le groupe passe devant lui avant de le suivre discrètement. Et lorsqu'Harry avait demandé à l'un de ses compagnons pourquoi personne ne l'avait-il pointé du doigt avant de partir en courant ? Ron s'était demandé pourquoi les gens auraient dû faire ça, car du peu qu'il avait pu voir de l'homme en question, celui-ci n'avait pas l'air menaçant. Bien au contraire, il dégageait même une certaine prestance qui donnait envie de le suivre. Celui qui faisait peur à Ron, c'était l'homme qui portait Harry dans ses bras. Lui, il filait vraiment les chocottes. Il dégageait des ondes dangereuses qui mettaient mal à l'aise le jeune sorcier.
Quand l'homme à qui Harry avait posé la question lui avait demandé pourquoi les gens devaient-ils avoir une telle réaction à son égard, Ron avait cru s'évanouir à la réponse d'Harry. Voldemort. Cet homme était Voldemort. Le mage noir. Celui qui avait passé des années à vouloir mettre fin à la vie d'Harry. Le monstre qui avait tué les parents d'Harry. Alors, si c'était bien lui, que faisait-il en compagnie d'Harry ? Voilà ce que se demandait Ron quand le groupe était arrivé devant l'endroit où se tenait normalement la gargouille qui gardait l'entrée du bureau de Dumbledore. Le jeune sorcier avait regardé bouche bée, celui qu'Harry avait nommé Voldemort, ouvrir un passage du mur en utilisant une formule étrange faite de grognement et de sifflement. Une langue qui n'était pas le fourchelangue, mais quelque chose d'autre.
Après que le mur se soit scindé en deux pour permettre au groupe de passer, Ron avait vu l'homme qui tenait Harry le poser par terre puis le pousser dans le passage, avant de lui-même le suivre. Avant de franchir le seuil de l'ouverture, l'homme s'était tourné vers Ron et lui avait fait un petit sourire moqueur et un clin d'œil. Ron avait été pétrifié par le geste, mais à l'instant où le passage avait commencé à se refermer, il s'était élancé à toute vitesse et pénétrait dans le passage avant la fermeture de celui-ci. Il avait ensuite monté les escaliers après s'être assuré qu'il n'y avait plus personne sur celui-ci. Arrivé en haut des marches, Ron avait entrouvert la porte pour voir et écouté la discussion qui s'y déroulait.
La présence du Dragon l'avait vraiment ébranlé étant donné que ceux-ci avaient depuis longtemps disparu de la surface de la Terre. Il le savait, car son frère ainé, Charlie, qui était passionné par ces créatures légendaires et mystérieuses, s'était spécialisé dans l'étude des Dragons et de l'origine de leur disparition. Cependant, malgré cette incroyable vision, ce ne fut pas le Dragon qui avait le plus secoué Ron. Non, celui qui fut à l'origine de son ébranlement était Harry. En effet, quand le terrible maître des potions s'était adressé à Harry en utilisant le terme ''fils'' et que Harry lui avait répondu en le qualifiant de ''papa'', Ron ne l'avait pas vraiment relevé, car il avait été trop chamboulé d'apprendre que non seulement Voldemort se trouvait à Poudlard en compagnie de Harry, mais qu'il avait aussi troqué sa face hideuse de serpent contre celui d'un des mannequins qui faisaient la Une des magazines de mode sorcier de sa jeune sœur. Ce fut pourquoi il avait laissé son côté Gryffondor agir et avait ouvert brusquement la porte avant de lancer un retentissant :
_ Comment ça, fils ?
Harry se retourna comme tous les occupants de la pièce, dans la direction de Ron. Mais que faisait son ami là ? se demanda le jeune elfe en amorçant un pas vers lui avant de se stopper. Que venait-il de demander au juste ? fut la seconde question que se posa Harry en regardant son ami avec suspicion. Le passé avait appris à Harry à craindre les réactions de Ron quand son ami apprenait quelque chose de nouveau. Et même si son ami semblait avoir changé l'année précédente et que son père lui avait assuré de son inquiétude pour lui, le jeune elfe avait des doutes.
_ Réponds-moi Harry, ordonna Ron en s'avançant dans la pièce.
Le regard du jeune sorcier était fixé sur son camarade de classe et seulement sur lui. Il avait oublié la présence des autres et même celle du dragon. Tout ce qui intéressait Ron, s'était de connaitre la réponse à sa question. Harry était-il réellement le fils de Snape ? Et si cela était le cas, que devait-il faire ? Ron n'avait pas encore de réponse à cette question.
_ Mon pote, es-tu le fils de Snape ou pas ? demanda plus sereinement Ron.
_ Et si c'était le cas, que feras-tu ? demanda Harry à son tour. Me tourneras-tu encore une fois le dos ?
D'entendre sa question intérieure énoncée à voix haute, remua Ron. Si Harry était bien le fils de son horrible et imbuvable maître de potions, est-ce que cela changerait quelque chose à son amitié avec Harry ? Ron prit le temps de réfléchir à la question avant de répondre. Pour une fois dans sa vie, le jeune homme voulut agir autrement qu'en enfant capricieux. Il pesa donc le pour et le contre avant d'ouvrir la bouche. Alors que Ron réfléchissait, Harry lui, s'étonna du temps que prit son ami pour lui répondre. L'ancien Ron lui aurait déjà lancé des horreurs à la figure avant de tourner les talons pour aller bouder dans un coin. Donc, le fait que celui-ci prenne le temps de penser avant quoi que ce soit donna de l'espoir à Harry. Certes faible, mais c'était plus qu'il n'avait attendu de son ami.
_ Non, je ne crois pas. Cela ne me plaira pas sans doute, mais je ne te tournerais pas le dos. Tu es mon ami, c'est tout ce qui importe. Et puis, si Snape est bien ton paternel, je comprends pourquoi il a été le seul à te chercher et à s'inquiéter de ton sort quand tout le monde a cru aux mensonges de Dumbledore, finit Ron en souriant légèrement. Alors, c'est bien vrai ?
_ Oui, fut la courte réponse d'Harry.
Le petit discours de Ron l'avait vraiment touché. Quand Ron lui avait promis après leur réconciliation qu'il ne l'abandonnerait plus jamais, et cela, quelles qu'en soient les circonstances, Harry n'y avait pas réellement donné foi. Et après sa période de captivité, il avait été convaincu que son ami lui avait une nouvelle fois fait faux bond. Même après que son père l'ait rassuré sur les sentiments de Ron, une petite voix en lui n'avait pas cessé de lui dire qu'on allait le décevoir dans le futur. La déclaration de son camarade venait de faire taire celle-ci et Harry en était largement soulagé. Le cœur empli de joie, le jeune elfe alla prendre son ami dans ses bras et le remercia pour sa tolérance.
_ Pas que cela me regarde mon pote, mais comment la chauve-souris... euh, le professeur Snape est-il devenu ton père ? demanda ensuite Ron un peu gêné par la marque d'affection d'Harry.
Harry n'avait jamais été quelqu'un de tactile. Il était même du genre à éviter les contacts physiques avec son entourage et encore plus avec ceux qui ne faisaient pas partie de son cercle amical, comme la peste. Et même si cela était fait très subtilement, Ron et certains de leurs camarades de classe avaient remarqué cela. Et pour ne pas le mettre mal à l'aise, ils faisaient tout leur possible pour éviter de le toucher inutilement. Le jeune sorcier n'avait jamais su si ces amis avaient eux aussi découvert le secret de Harry, car il n'avait jamais osé aborder le sujet avec eux par peur de vendre la mèche sans le vouloir.
Suite à la question de Ron, Harry se détacha de lui avant de lui expliquer rapidement son lien de parenté avec Snape ainsi que pourquoi il faisait équipe avec le plus dangereux des mages noirs de l'histoire après que Ron lui ait demandé ce qu'il faisait en compagnie de Voldemort. Il évita cependant de parler de la partie elfique de la chose, car il n'était pas encore prêt à lui en parler. Ron prit le temps de digérer les informations reçues avant de prendre la parole.
_ Si j'ai bien compris, Dumbledore t'a fait enlever quand tu n'étais encore qu'un enfant et il t'a confié aux Potter, c'est bien ça ?
_ Oui.
_ Ensuite, Snape, enfin le professeur Snape était marié avec la sœur de James Potter, ta mère, ce qui fait de Snape ton père biologique. Toutefois, il n'a jamais su qui tu étais réellement avant cet été, c'est bien ça.
_ Oui, tu as tout compris.
_ Et pour finir, Dumbledore a ordonné à tes Moldus de se débarrasser de toi avant la rentrée et ton oncle t'a vendu à un groupe de malades qui était sur le point de te tuer quand V... euh, Voldemort t'est venu en aide ?
_ Oui, dit une fois de plus Harry.
_ Eh ben là, mon pote, il n'y a qu'à toi que des choses aussi dingues peuvent arriver. Pas que je trouve cela marrant ou quoi que ce soit, mais il faut reconnaitre que ce n'est pas très commun tout ça.
_ Et depuis quand je fais les choses comme tout le monde ? lui demanda Harry en souriant pauvrement.
_ Ce n'est pas faux non plus, dit Ron. En tout cas, en fin de compte, tu es vraiment un Potter à la fin. Seul ton parent issu de cette branche change, dit ensuite Ron avant de chuchoter à l'oreille d'Harry, même si toutes les personnes présentes dans la pièce l'entendirent à son insu :
_ Tu as un sacré bol d'avoir tout pris du côté de ta mère, parce que vieux, entre nous, ton paternel n'est pas vraiment... tu vois. Harry éclata de rire après la déclaration de Ron. Et, il n'était pas le seul.
Après les explications, Voldemort alla se saisir d'Harry par le bras pour l'éloigner de Ron dont il trouvait le comportement un peu trop familier avec son jumeau. Quand Ron voulut protester et éloigner son ami de l'horrible mage, Sariour lui avait dit de sa belle voix (en fait, c'était plus un ordre qu'autre chose) de ne pas faire l'enfant. Pour le coup, Ron en a été scandalisé. Lui, faire l'enfant ?! N'importe quoi ! Après ce qu'il venait de faire, il osait le traiter d'enfant ! Non, mais pour qui est-ce qu'il se prenait le bellâtre ?! Il ne faisait pas l'enfant ! Il voulait simplement venir en aide à son ami qui venait de se faire kidnapper par un fou furieux qui tuait tout ce qui passait à sa proximité. Et lui, il osait le traiter d'enfant... cela n'allait pas se passer ainsi !
Alors que Ron pestait et maudissait l'elfe noir dans son for intérieur, Sariour qui avait les yeux posés sur le jeune sorcier, ne put retenir un sourire moqueur en voyant la peau de Ron passer de blanche à rouge vif. Vraiment, les sorciers étaient parfois, mais parfois seulement, très amusants, se dit l'elfe. Snape qui n'avait rien manqué du manège de Sariour s'en trouva bien contrarié. Mais allez savoir pourquoi, car lui-même ne le savait pas. Après que Voldemort ait éloigné Harry de Ron, il le ramena auprès de son arrière x fois grand-père.
_ Saurais-tu pourquoi sa magie a si rapidement été ensevelie ? demanda le mage au dragon.
À la question de Voldemort, Snape ainsi qu'Ohtar s'approchèrent du petit groupe.
_ D'après moi, cela est dû à l'accumulation d'épreuves qu'il vient de subir, mais surtout dû au don qu'il a hérité de sa grand-mère maternelle.
_ Hein, de quel don parlez-vous, demanda Harry ?
_ Je pense que ton oncle est le plus à même de répondre à cette question que moi-même, dit le dragon.
_ Oncle Ohtar ? demanda naturellement Harry sans prendre en compte le '' grand-mère maternelle''.
_ Oncle ? Tu as aussi un oncle ? s'étonna Ron qui n'arrivait pas à admettre que son professeur de potion puisse avoir de la famille. Tu ne m'as pas dit que tu avais un oncle, accusa Ron.
_ Oh, j'ai oublié de te le préciser, voilà tout, dit distraitement Harry. Oh ! Et j'ai aussi des grands-parents, parait-il, ajouta-t-il après réflexion avant de se retourner vers Ohtar pendant que Ron digérait les nouvelles informations.
_ Alors oncle Ohtar, de quel don s'agit-il ?
_ Euh, Min Ai Ore, je ne sais absolument pas de quoi il retourne, répondit Ohtar penaud.
_ Mais le dragon vient pourtant de dire que tu le savais, dit Harry d'une petite voix boudeuse.
_ Il s'est simplement trompé.
_ Pas tant que ça, intervient Snape dans la conversation.
_ Comment ça ? Tu es au courant de quelque chose Severus, demanda Voldemort qui était très intéressé par le mystérieux pouvoir de son jumeau ?
_ Je pense que ton grand-père parle de ton autre oncle.
_ Tu as un deuxième frère, papa ! s'exclama Harry avec surprise.
_ Non fils, mais si tu avais été plus attentif aux dires du dragon, tu aurais relevé qu'il a fait référence à un oncle provenant de ta branche maternelle et non de ta branche paternelle.
_ De la famille de maman, demanda Harry avec espoir.
_ Oui en effet, confirma Snape en souriant.
_ Sais-tu où il se trouve à cet instant ?
_ Oui, en effet, lui répondit Snape avec un sourire en coin.
Sourire qui a failli faire avoir une crise cardiaque à Ron.
_ Où est-il ? Pressa alors Harry.
_ Il est là-bas, dit le maître des potions en pointant du doigt Sariour qui n'avait pas bougé de sa place.
_ Où ça, là-bas ? Je ne vois personne, dit Harry qui ne voyait personne d'autre que Sariour à l'endroit où son père pointait de son doigt.
_ En es-tu certains fils ?
_ Oui, père. Mis à part notre ami, je ne vois personne d'autre.
Snape se contenta de fixer son fils avec son sourire en coin, quand soudain la lumière se fit dans le cerveau du jeune elfe.
_ Tu veux dire...
_ En effet, c'est bien lui.
_ Mais comment ?
_ Cela, il va falloir aller le lui demander.
Harry ne se le fit pas dire une seconde fois et se rendit auprès de Sariour.
_ Est-ce vrai, demanda-t-il à l'Exécuteur ?
_ Il semblerait bien, petit elfe.
_ Tu es le frère de ma mère ?
_ Non, j'étais son oncle.
_ Tu es donc le frère de ma grand-mère.
_ Oui, c'est cela.
_ Tu peux m'expliquer comment ma mère s'est retrouvée chez les Potter ?
_ Le jour de la naissance de ta mère, ton oncle, le frère de ton père est parvenu à déjouer la surveillance des gardes et a tué tout le monde avant de lancer une malédiction sur ta mère qui l'a envoyé loin de ton père. Je ne sais pas comment, mais ta mère a par la suite été accueillie par les Potter.
_ C'était quoi son nom ? Je veux dire son vrai nom.
_ Elle se prénommait Lalwendë. C'était la fille du Seigneur et de la Matronne du clan des Exécuteurs.
_ Jeune fille rieuse, dit rêveusement Snape qui s'était approché d'eux. Il lui allait à la perfection. Ma tendre Promesse aimait rire et s'amuser.
_ Tu peux m'expliquer cette histoire de don héréditaire, demanda ensuite Harry ?
_ Morwën, ma jeune sœur avait le don de l'empathie.
_ Empathie, répéta Harry. C'est quoi ? demanda Harry même s'il se faisait déjà une petite idée sur le sujet.
_ Un empathe est un elfe ayant la capacité de faire éprouver ses émotions ou ceux des autres, à qui ils veulent. Les empathes sont rarissimes et hautement dangereux.
_ Pourquoi dangereux ?
_ Comme je te l'ai dit, ils ont la capacité de faire éprouver leurs sentiments et ceux des autres à n'importe qui. Ils peuvent même changer les émotions des gens. Si cette capacité est parfaitement maîtrisée, elle ne représente aucun danger, mais si elle ne l'est pas...
_ Si elle ne l'est pas ? insista Harry.
_ Si elle ne l'est pas, alors, elle peut entrainer la mort de l'entourage proche ou même lointain du possesseur de ce don. Quand ma jeune sœur était sur le point de mourir, elle a perdu le contrôle sur son don. Le résultat a été que sa fin a été vécue par la totalité des clans et elle a entrainé quelques elfes avec elle dans la mort. Ce qui est inquiétant si ce pouvoir n'est pas maîtrisé, c'est qu'il pervertit l'esprit de son détenteur et l'entraine lentement, mais inexorablement dans la folie.
_ C'est de cette folie que toi et le vieux serpent parliez, demanda Harry à son père en essayant de ne pas trop paniquer suite aux révélations de Sariour.
_ Non, cela n'a rien avoir avec ça, lui dit Snape qui était tout aussi inquiet que son fils.
_ Alors, de quoi s'agit-il ? demanda Harry qui se sentait sur le point de perdre pied.
Pourquoi à chaque fois que sa vie commençait à être agréable, fallait-il qu'une merde vienne tout gâcher ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement être comme tout le monde et vivre paisiblement ? Qui lui en voulait autant pour rendre sa vie aussi insupportable, se demanda Harry avec rancune ? Alors même que ces questions lui passaient en tête, un sentiment d'injustice couplé à une haine incontrôlable et inexplicable se rependit dans les cœurs des personnes se trouvant dans la pièce. Le sentiment fut si fort, qu'il poussa les occupants de la salle à en venir aux mains. Ohtar qui fut le plus touché par l'attaque se jeta sur Voldemort l'épée à la main. Le mage parvint à l'éviter de justesse en se laissant tomber sur le sol et en roulant sur le côté. Il se releva ensuite pour recevoir un coup de pied en pleine face. Voldemort retomba sur le sol et fut suivi par Ohtar qui brandissait son épée au-dessus de sa tête.
Pendant ce temps, Snape avait lui aussi engagé le combat avec Sariour. Mais alors que Snape cherchait manifestement à blesser l'elfe noir en usant de sa magie, Sariour lui, se contentait d'esquiver les coups. Le manque de combativité de son adversaire rendit Snape hors de lui, ce qui lui fit augmenter la puissance et la dangerosité de ses maléfices. Sariour n'eut plus d'autre choix que de riposter à son tour. De son côté, Ron qui devait être le moins touché de tous suivit l'éclat soudain avec incrédulité et fascination.
_ Monsieur Weasley, retentit la voix grave du dragon.
_ Euh... mais... oui, parvient à sortir Ron hébété.
_ Je pense que vous devriez essayer de calmer votre ami avant que cela ne soit trop tard.
_ Que ? Mais... je ne comprends pas.
_ Votre camarade est le responsable de ce qui se passe à présent et si vous ne lui faites pas rapidement revenir à lui, cela va se propager jusqu'aux élèves.
_ C'est Harry qui est à l'origine de ça ? demanda Ron avec crainte en jetant des regards inquiets sur son ami.
_ Oui, c'est lui.
_ Comment ?
_ Cela vient de son empathie. Depuis qu'il est entré en possession de son héritage magique, votre compagnon de dortoir a développé la capacité de projeter ses sentiments autour de lui. Il ne le fait pas consciemment, cela dit.
_ Que dois-je faire pour arrêter ça, demanda Ron après un temps réflexion pour digérer le renseignement.
_ Cela mon jeune enfant, je ne le sais pas.
_ Vous ne savez pas ! Mais comment je vais faire ? s'affola Ron.
_ Je vous fais confiance. Hâtez-vous cependant, car je ne vais plus tarder à être moi aussi touché par lui.
_ Me hâter qu'il dit, j'aimerais bien le voir à ma place lui, marmonna Ron qui sentait la colère monter en lui aussi.
Le jeune sorcier prit une grande inspiration et s'avança vers son ami. Il fit une pose à un pas de lui. Ron commença par appeler doucement Harry, mais celui-ci ne semblait pas l'entendre. Il se tenait simplement là, debout, immobile sans qu'un seul de ses membres ne bouge. Après le cinquième appel infructueux, Ron combla la distante restante entre lui et Harry, le saisit par les épaules pour le secouer comme un prunier. Le jeune elfe noir ne sembla pas tellement apprécier le traitement, car il envoya valdinguer le pauvre jeune Weasley loin de lui.
Ron atterrit sur ses fesses en poussant un cri de douleur. Toutefois, il ne tarda pas à se remettre sur ses pieds et chargea en direction d'Harry comme un buffle. Le sommet de son crâne entra directement en contact avec l'estomac d'Harry qui n'avait fait aucun mouvement pour l'éviter. Les deux jeunes gens tombèrent sur le sol alors que leurs jambes et leurs bras s'enchevêtraient dans le désordre. Tant bien que mal, Ron se releva le premier et s'assit sur l'estomac de Harry. Il encadra ensuite le visage de son ami de ses deux mains et l'obligea à le regarder, mais les orbites de celui-ci étaient vides.
_ Mon pote, je sais que tu es là et que tu peux m'entendre, alors reprends-toi et écoute-moi ! Je ne vais pas avoir la prétention de te dire que je comprends ce que tu vis actuellement ni que je sais ce que tu as enduré par le passé, mais je te fais la promesse de tout faire pour t'aider à surmonter ça. Je te promets de tout faire pour que tu puisses enfin avoir une vie à peu près normale. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul à vouloir ça pour toi. Mec, tu as même un père et des oncles sur qui t'appuyer maintenant. Et en plus, pas n'importe quel père, mais Snape. Et si tu veux mon avis, tu n'aurais jamais pu trouver mieux, parce que si on met de côté son fichu caractère, c'est le sorcier le plus dangereux que je connaisse après Voldemort. Et je sais qu'il fera tout pour te maintenir hors du danger. Alors, quel que soit ce qui te fou en rogne comme ça, je ne te demande pas de l'oublier, mais de le mettre de côté pour un temps. Ensuite, quand tu seras redevenu maître de toi, nous allons tous en parler et chercher une solution à ça. Alors, Harry, s'il te plait, reviens.
Une longue minute se passa avant qu'Harry ne cligne des yeux plusieurs fois.
_ Harry ? demanda Ron avec prudence.
_ Oui, c'est bon, je suis là.
_ Ouf, tu ne sais pas la trouille que tu m'as mise ?
_ Désolé, dit Harry d'une petite voix.
_ Tu n'as pas à l'être, puisque ce n'est pas vraiment ta faute, le rassura Ron avant de se laisser choir sur lui.
_ Pour qui te prends-tu Weasley ? Retentit une voix pas très commode derrière les deux adolescents.
_ Hein, eut juste le temps de dire Ron avant qu'il ne se fasse éjecter de sa place.
_ Je ne te permets pas d'être aussi intime avec MON petit elfe, dit ensuite la même voix.
Ron se releva difficilement avant de se tourner vers son agresseur. C'était quoi le problème de ce dégénéré de mage noir ? se demanda Ron en fusillant Voldemort du regard. Le jeune sorcier aurait voulu faire part de sa pensée audit mage, mais il avait trop peur de se faire avadakedavradiser en ouvrant la bouche. Voilà son remerciement pour leur avoir sauvé la vie, se dit tristement Ron.
_ Non, mais t'es qu'un malade le vieux ! Pourquoi lui as-tu fait ça ? s'éleva la voix orageuse de Harry.
_ Toi, contrôle d'abord tes ardeurs avant d'insulter les gens ! répliqua Voldemort sur le même ton. Je n'ai aucune envie de me battre à nouveau avec ton empoté d'oncle, parce que je ne suis pas certain de garantir sa survie si je dois encore le combattre une fois de plus.
_ Je vais te buter, vieux serpent débile ! répliqua Harry alors qu'il amorçait déjà un pas vers le mage.
_ Ce n'est pas en lui parlant ainsi que vous allez parvenir à obtenir son accord, dit Snape en allant prendre son fils dans ses bras pour vérifier qu'il allait bien.
_ C'est lui qui a commen... Voldemort eut l'intelligence de ne pas finir sa phrase, car mis à part le côté très enfantin de celle-ci, les regards combinés du fils et du père le réduisirent au silence.
Le sorcier ayant déjà eu l'occasion de voir les deux elfes à l'œuvre trouva plus prudent de ne pas les pousser à bout. Donc, après avoir fermé sa bouche, il retourna son attention sur Sariour.
_ Sais-tu comment l'aider à contrôler cette chose ?
_ Oui, j'ai eu l'occasion d'assister à quelques séances des entrainements de ma sœur quand on lui a découvert son don.
_ Parfait, tu pourras donc le lui enseigner dans ce cas. Et sans attendre de réponse de la part de l'elfe, Voldemort s'avança vers son grand-père. Que dois-je faire pour l'empêcher de sombrer et de finir comme ma mère ?
_ Je te l'ai déjà dit Tommy, tu dois faire l'échange des cœurs.
_ De quel échange s'agit-il, demanda Harry qui se sépara de son père pour s'approcher d'eux ?
_ Tu ne lui as encore rien dit Tommy, demanda le dragon avec étonnement et désapprobation.
_ L'occasion ne s'est pas encore présentée, mais je vais lui dire dès que son grand-père arrivera ici, répondit Voldemort. En parlant de cela, pourrais-tu baisser tes barrières pour lui ?
_ Oui, je le ferais.
_ Non, s'exclama brusquement Harry !
_ Quoi, non ? s'informa Voldemort.
_ Je veux savoir maintenant, réclama Harry en tapant du pied.
_ Je pensais que tu voulais attendre que la rencontre avec ton grand-père se passe d'abord.
_ Oui, mais j'ai changé d'avis. Je pense que cela devient urgent que j'apprenne les informations nous concernant.
_ C'est bon, tu n'as pas à nous refaire ton numéro ! Une fois a été bien suffisant comme ça. Ton oncle à intérêt à rapidement faire quelque chose pour ton empathie, parce que cela devient de plus en plus dangereux de se tenir dans ton voisinage, dit Voldemort.
_ Si vous ne voulez pas que je recommence, vous n'avez qu'à me dire ce que je dois savoir.
_ C'est bon, j'ai compris ! Ce n'est pas comme si je ne voulais pas te le dire. Et puis, décide-toi une bonne fois toute.
_ Sur quoi, demanda Harry perdu ?
_ Ou tu me vouvoies ou tu me tutoies, pas les deux en même temps.
_ Pff, je fais ce que je veux. Arrêtez de dire des bêtises et dis-moi ce que je veux savoir, dit Harry avec un sourire plein d'effronterie.
_ Quel gamin insolent, rouspéta Voldemort !
_ Quel vieillard insupportable, répliqua Harry à son tour !
Ron regarda l'échange avec fascination. Était-ce vraiment Harry Potter et Voldemort qui se tenaient devant lui ? Ce que les gens pouvaient changer en si peu de temps, alors !
_ Ils sont faits pour s'entendre, dit Ohtar avec réticence après s'être approché de Ron.
L'elfe avait du sang qui coulait de plusieurs petites blessures le long de son corps. Il avait aussi la lèvre fendue et un œil au beurre noir. Sa rencontre avec Voldemort avait laissé des traces. Ron l'observa avec incrédulité. Comment avait-il pu finir ainsi en si peu de temps ? Mais ce qui intriguait le plus Ron, c'était de savoir si le mage noir avait usé de ses poings ou bien de sa magie pour en arriver à ce résultat.
_ Je ne crois pas que ce soit le cas. Regarder comme ils se bouffent le nez. Non, je ne pense qu'ils soient faits pour s'entendre. C'est limite s'ils ne se sautent pas dessus.
_ Ne t'en fait pas, ils vont bientôt finir par le faire, dit énigmatiquement Ohtar.
Pendant ce temps, Sariour s'était approché de Snape.
_ Je ne t'ai pas trop fait mal, demanda-t-il avec un petit sourire en coin ?
Pour toute réponse, Snape le toisa de toute sa hauteur avant de lui tourner le dos et de rejoindre son fils et Voldemort qui jouaient à qui avait le plus beau regard assassin. Après trois secondes passées à les observer, Snape se mit entre les deux et demanda ''poliment'' à Voldemort d'expliquer son lien avec son fils, au concerné.
_ Allons-nous asseoir dans ce cas, je n'ai aucune envie d'avoir cette conversation en étant debout.
Après avoir dit cela, le mage demande à son grand-père de faire apparaitre des chaises. Le dragon fit ce qu'on lui demandait en y ajoutant des tasses de thé pour tout le monde. Avant de prendre place sur les chaises, Snape prit son fils à l'écart et lui demanda s'il devait oui ou non faire sortir Ron de la pièce avant les explications.
_ Non, c'est bon. Je pense qu'il a le droit de savoir lui aussi, lui dit Harry après réflexion. Et puis, s'il ne peut pas supporter ce qu'il va être dit, je saurais à quoi m'en tenir une bonne fois pour tout avec lui.
_ Tu es sûr de ça, parce que ce que tu vas apprendre ne va pas être facile à entendre et encore moins à comprendre.
_ Je commence à le saisir, mais oui, je suis certain de ce que j'ai dit. Je veux que Ron reste.
_ Bien, allons-y maintenant, dit Snape après avoir passé ses doigts dans les cheveux de son fils.
Le père et le fils prirent ainsi place sur les chaises. Quand tous se furent installés, Voldemort prit la parole.
_ Avant toute chose, je dois te parler des dragons, dit le mage en s'adressant directement et uniquement à Harry. Peux-tu me dire ce que tu sais sur eux pour commencer, demanda-t-il ensuite ?
_ Avant de rencontrer celui-ci, dit Harry en pointant le seul dragon du groupe du doigt, je croyais que ce n'était qu'une légende.
_ Eh bien, ce n'en est pas une. Les dragons existent réellement.
_ Vous voulez dire qu'à part lui, il y en a d'autres encore en vie dans ce monde, demanda Ron avec excitation ?
Voldemort lança un regard noir au jeune sorcier avant de faire comme s'il n'existait pas. Ensuite, il reprit ses explications à l'intention d'Harry.
_ Je voudrais bien connaitre la réponse à cette question, l'interrompit pourtant Harry qui n'a pas trop apprécié la manière dont le mage s'était conduit avec son ami.
_ Très peu ont survécu à la chasse aux dragons, mais oui, il y en a d'autres, répondit Voldemort à contrecœur.
Même si le mage savait qu'il allait devoir en parler, il n'aimait pas évoquer cette partie-là de son héritage. Surtout avec des inconnus.
_ De quelles chasses s'agit-il ? ne put se retenir d'intervenir Ron une nouvelle fois.
Voldemort le fixa méchamment avant de lui indiquer Sariour du doigt :
_ Demande-lui, si tu tiens tant à le savoir, lui répondit Voldemort avant de se retourner vers Harry. Qu'est-ce que je disais déjà ?
_ En plus d'être vieux, vous êtes sénile, ne put s'empêcher de faire remarquer Harry sous les ricanements de Ohtar.
_ Je vais faire comme si je n'avais pas entendu cette réplique, dit Voldemort en serrant fortement les poings et les dents.
Si Harry n'avait pas été qui il était, le mage en aurait déjà fait de la pâtée pour son familier.
_ Tu veux savoir ce qui nous lie oui ou non ? demanda ensuite le mage qui commençait à perdre sa patience.
Comment avait-il fait pour trouver ce petit morveux mignon et adorable, se demanda-t-il en scrutant le visage de Potter qui n'avait plus rien avoir avec celui du magnifique elfe noir. Ah, au moins, je peux penser logiquement quand il est sous cette apparence, se dit le mage pour se réconforter. Bon, même si le désir instinctif qu'il avait de le prendre dans ses bras pour un gros câlin ne s'était pas dissipé, c'était mieux que rien.
_ C'est bon, je t'écoute, dit Harry légèrement boudeur.
Même s'il avait très envie d'être informé sur son lien avec Voldemort, Harry avait aussi très peur de le découvrir, voilà pourquoi il agissait aussi puérilement et utilisait tous les prétextes pour provoquer le mage.
_ Pour bien saisir ce qui nous lie tous les deux, il faut comprendre ce que sont les dragons.
_ Pourquoi ça ? Qu'ont-ils avoir là-dedans ?
_ C'est parce que je suis l'enfant d'une demi-dragonne que nos destins sont liés ensemble.
_ Ta mère était à moitié dragon, demanda Harry incrédule ?
_ À ton avis, pourquoi j'appelle ce vieux fossile grand-père, demanda Voldemort ?
_ Je pensais que c'était juste une marque d'affection ou un truc du genre.
_ Eh bien non, tu avais tort. Ce dragon est le père de Salazar Serpentard, et comme tu le sais, je suis l'héritier de Salazar. Je te laisse faire les déductions qui s'imposent.
_ Par le caleçon de Merlin, si je m'attendais à ça ! s'exclama Ron.
_ Donc, tu es une sorte de dragon, dit Harry calmement, un peu trop calmement même.
_ Oui.
_ Qu'est-ce que cela a de particulier ?
_ Comme je te disais, pour le comprendre, il faut d'abord que je te parle de l'histoire des dragons.
_ Je t'écoute, dit Harry en se rapprochant inconsciemment de son père.
Snape se saisit de sa main et l'emprisonna dans la sienne. Le contact de son père soulagea Harry de la pression qui avait commencé à s'accumuler en lui. Son apaisement rendit l'atmosphère un peu moins lourde et oppressante.
_ Quand Gaïa, notre mère à tous a créé ce monde et les créatures qui la composent, elle a fait en sorte que les dragons ne puissent pas se reproduire entre eux.
_ Attendez, c'est quoi cette histoire de Gaïa, c'est bien la première fois que j'en attends parler ! dit Harry.
_ Je me demande bien ce que cette école vous apprend, dit Voldemort avec désespoir. Je te donnerais des ouvrages sur le sujet quand nous retournerons au manoir.
_ Merci, c'est très aimable de ta part. Vous pouvez continuer, dit ensuite Harry.
_ Il serait vraiment temps de te décider sur le vouvoiement ou le tutoiement, dit le mage.
_ Je ne vois pas pourquoi je devrais le faire, cela me convient parfaitement, lui dit Harry en esquissant un sourire. J'attends, dit-il après cela.
_ Quel manque d'éducation ! dit le mage en poussant un soupir.
_ C'est normal, je n'ai pas eu d'éducation. Enfin, une éducation dans les normes attendues, cela va s'en dire, dit Harry avec aigreur.
Un silence pesant suivit sa déclaration.
_ Bon, elle vient cette explication ou quoi ? finit par dire Harry agacé par le silence.
_ Comme dit plus haut, quand Gaïa a donnée naissance à ce monde, elle a privé du droit de reproduction aux dragons.
_ Mais alors, comment ce dragon peut-il être le père de Salazar s'il ne pouvait pas enfanter, interrogea Ron avant que Harry ne puisse le faire ?
Voldemort le fusilla une énième fois du regard, mais consentit toutefois à répondre à la question.
_ En fait, Gaïa à fait en sorte que les dragons ne puissent pas se reproduire entre eux, mais par contre, ils pouvaient le faire avec toutes les créatures de ce monde, hormis les sorciers et les Moldus.
_ Pourquoi pas les sorciers et les Moldus ? demanda Harry en voyant que Ron mourait d'envie de demander, mais qu'il avait un peu peur de le faire.
_ Personne ne le sait. Pour compenser l'injustice faite aux dragons, Gaïa a offert à ceux-ci le pouvoir de prédire l'avenir et même celui de le changer ainsi qu'une magie bien plus puissante et l'immortalité.
_ Elle ne sait pas foutu d'eux, mais cela ne remplacera jamais ce qu'elle leur a pris, dit tristement Harry.
_ En effet, acquiesça Voldemort.
_ Donc, la mère de Salazar était quoi ?
_ Une sorcière.
_ Mais je pensais que cela leur avait été interdit, s'étonna Harry.
_ C'est exact.
_ Alors, pourquoi, voulu savoir Harry ?
_ Afin de mettre fin aux chasses des dragons.
_ Tu peux m'en dire plus sur ces chasses, pria Harry ?
Voldemort expliqua donc comment un elfe noir était parvenu à duper un dragon avant de lui arracher le secret qui entourait son cœur. Il relata ensuite, comment cet elfe avait trahi le dragon en s'enfuyant avec le cœur de celui-ci. Pour finir, il leur conta comment le même elfe avait rependu le secret des dragons ce qui avait provoqué les chasses et la mise en esclavage de ces derniers.
_ Mais c'est ignoble ! s'exclama Ron outré.
_ Comment les chasses ont-elles pris fin, demanda Harry ?
_ Quand tous les dragons capturés ou presque se sont laissés mourir de chagrin. Mais aussi, après que Salazar eu trouvé un moyen d'empêcher le vol des cœurs.
_ Comment ?
_ Quand les dragons ont commencé à se laisser mourir, un dragon prophète à eut une vision de Salazar. Dans cette vision, Salazar découvrait le moyen de sauver le peu d'entre eux qui restaient encore en vie. Voilà pourquoi il a envoyé mon grand-père à la rencontre de ma grand-mère sans tenir compte des interdits de notre mère à tous. Et c'est comme ça que Salazar est né.
_ Quelle était la solution trouvée par Salazar pour protéger les cœurs ?
_ Des jumeaux magiques.
_ Explique-toi. C'est quoi exactement un jumeau magique ?
_ C'est celui qui garde le cœur du dragon.
_ Comment ?
_ En donnant sa vie au dragon.
_ Comment ? demanda encore Harry d'une voix tremblante.
_ En acceptant librement de mourir pour que le dragon puisse vivre.
_ Quoi ? Mais c'est du délire ! s'exclama Ron dans le silence qui suivit la déclaration de Voldemort.
LDD
Dans les sous-sols d'une maison abandonnée côté moldu.
Lucius était attaché de tout son long sur une table en bois massif. Le mangemort se trouvait dans un piteux état. Pour ne rien arranger à sa situation précaire, le noble sorcier était aussi nu que le jour de sa naissance. Il était aussi parsemé de sang, de lésions et d'hématomes de la tête au pied. Penché au-dessus de lui, l'un des deux elfes noirs s'amusait avec son corps. Contrairement à ce que l'on aurait pu attendre d'un être magique, celui-ci n'avait en aucun cas fait usage de magie afin de torturer le sang pur. Non, l'elfe en question avait préféré faire usage de méthodes moldues pour parvenir à ses fins. Mais Lucius était un être très orgueilleux et en plus de cela, il se disait que s'il leur donnait ce qu'ils attendaient de lui, il pouvait faire une croix sur sa précieuse vie.
Voilà pourquoi le noble sorcier n'avait rien dit malgré toutes les souffrances dont il a été victime. Et même si l'envie de dire quelque chose lui était venue en tête, il n'aurait rien eu à avouer, car il ne savait pas ce qu'était un Drow. Dans son malheur, le Mangemort avait de la chance dirions-nous, car il fallait avouer qu'être au service d'un mage gris qui avait la fâcheuse habitude de lancer tous sorts de maléfices sur ses partisans à la moindre contrariété l'avait grandement aidé à développer un seuil de tolérance à la douleur supérieure à la moyenne. Mais comme vous devez le savoir déjà, tout être normalement constitué aussi résistant soit-il, arrive toujours à un moment ou à un autre au bout de ses limites. Et ce fut le cas du courageux Malfoy. Cependant et pour sa défense, il faut reconnaitre que les deux elfes noirs étaient très imaginatifs et avaient fini par ajouter la magie aux méthodes moldues.
Et après près de trois heures de tortures, Lucius, plus mort que vif, leur conta un mensonge si réaliste que les elfes le crurent sans hésitation. Satisfaits des réponses obtenues, les deux elfes envoyèrent une note à leurs seigneurs respectifs avant de reprendre leur première mission. À savoir, partir à la poursuite de Sariour pour l'éliminer. Se disant que le sorcier n'en avait plus pour longtemps à vivre, ses bourreaux le laissèrent sur place sans prendre la peine de cacher les traces de leur passage. Suite à leur départ, Lucius, dans un état de faiblesse extrême et presque inconscient, usa du peu de magie qu'il avait pour lancer un appel à l'aide. Et rassemblant toutes ses forces, il lança le sortilège du Patronus. Pour parvenir à maîtriser ce sortilège, Lucius avait passé des années à s'entrainer d'arrache-pied, mais cela en avait valu le temps et l'effort fourni. Et ce fut qu'après le départ de son Patronus que le vaniteux Malfoy se permit de perdre complètement conscience.
