Bonjour :) Et voici le chapitre 21 :)
Réponses aux reviews anonymes :
Jofrench22 : Merci de m'avoir signalé l'erreur, j'ai corrigé ça :) Honte à moi ^^ J'adore lire tes attentes sur la suite de l'histoire, c'est toujours intéressant !
Lilla : C'est vrai que moi aussi j'aimerais bien les pousser pour qu'ils tombent sur les lèvres l'un de l'autre, mais je pense pas que Tina soit très prête pour ça, elle serait plus choquée que contente ^^
Liara : Ça va ? J'ai pas mis trop de temps cette fois ? Dis moi que tu ne vas m'assassiner ? *.* :) En tout cas je suis d'accord, Remus aurait bien besoin d'un coup de pied au derrière ! ^^
Guest (1): Oui c'est dur pour Tina, mais ce n'est pas la première fois que Remus la laisse tomber en quelque sorte. Je pense qu'elle se protège mieux cette fois-ci, comme si elle savait au fond d'elle que ça allait arriver. Et bien qu'elle soit très triste, je crois qu'elle prend plus de recul sur tout ça qu'avant.
Guest (2): Qu'est ce qui te fait croire que Remus va venir s'excuser ? héhé peut-être qu'ils vont finir par s'entretuer ^^
Chapitre 21
Le dimanche soir, lorsque je sortis de la salle-sur-demande après avoir englouti deux romans, je me sentais bien mieux. En arrivant au dortoir, je tombai sur Lily et Alice.
- Je vais rendre ce livre à la bibliothèque, dit cette dernière à Lily en lui brandissant un livre sous le nez. Tu viens ?
- Non, il faut que je range mes affaires.
Elle désigna les deux t-shirts solitaires au pied de son lit. Ça me paraissait plutôt louche, mais Alice acquiesça sans poser de questions et quitta le dortoir. Après son départ, Lily plia méthodiquement ses habits avant de venir vers moi.
Je m'en doutais. J'arborais mon air le plus renfrogné, espérant qu'elle se découragerait. Mais il en fallait plus pour décourager Lily Evans, et ça, James Potter le savait bien.
- En fait je voulais discuter, me dit-elle. Tu n'as pas l'air bien.
- Non, répondis-je. Pas vraiment.
- Le maraudeur dont tu es amoureuse, c'est Remus, n'est-ce pas ?
J'avais vu dans son regard, le lundi dernier, qu'elle savait pour Remus. Je n'avais pas envie de me fatiguer à tenter – en vain – de lui mentir, et puis ses conseils m'avaient aidé la dernière fois. De toute façon si je voulais répondre quelque chose, je n'avais pas le choix.
- Oui, c'est lui.
- C'est ça qui te rend si triste ?
- Qu'est-ce qui te fait dire que je suis triste, rétorquai-je.
- Il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer. Tu as vu la tête de trois pieds de long que tu as ?
Bon, d'accord, elle avait peut-être raison. En attendant, j'avais réussi à éviter sa question. Parce que si je n'avais pas envie de ma fatiguer à jouer sur les mots pour pouvoir mentir, je n'avais pas envie non plus de tout lui déballer comme si on avait gardé les hypogriffes ensemble.
- Il s'est passé quelque chose entre vous, reprit-elle.
C'était une affirmation ou une question ? Je haussai les épaules, regrettant de ne pouvoir démentir.
- Je suis fatiguée, lâchai-je avant de me diriger vers la salle de bain.
Lily n'ajouta rien et je fermai la porte avec soulagement.
Quand j'en sortis, un peu plus tard, Alice était revenue, et Lily me laissa donc tranquille. Je savais qu'elle avait de bonnes intentions, et que je m'étais confié spontanément la dernière fois, mais cette fois-ci je n'en avais pas envie, pas envie qu'elle me rappelle le sujet alors que je venais d'avoir quelques heures de répit dans la Salle-sur-Demande.
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Le lendemain, à mon grand désarroi, Lily me posa à nouveau des questions à propos de Remus.
- Tina, me dit-elle alors que nous étions comme par hasard, les deux dernières à sortir de la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Que se passe-t-il avec Remus ?
Agacée par son insistance alors que je pensais lui avoir fait comprendre la veille que je n'avais pas très envie d'en parler, je répondis un peu plus sèchement que je n'aurais dû.
- Ce ne sont pas tes affaires.
- Non, en effet. Seulement Remus est mon ami et lui non plus ne va pas bien.
- Et bien si tu veux tout savoir, oui, il se passe quelque chose. Il m'ignore complètement depuis jeudi dernier, et je ne sais pas pourquoi.
J'accélérai le pas, espérant qu'elle me laisserait tranquille, mais peine perdue. J'étais blessée. Bien sur que Lily s'inquiétait pour Remus. Que m'étais-je imaginé ? Un soudain élan de compassion à mon égard ?
- Tu devrais aller le voir, continua-t-elle. Lui demander pourquoi il ne te parle plus. Je suis sure qu'il a une bonne raison.
- Ah oui ? Et pourquoi ça serait à moi de toujours faire le premier pas vers lui ? Et pourquoi tu lui cherches toujours des excuses ? Oui ça me fait souffrir, mais justement, j'en ai marre de souffrir, alors je n'ai pas besoin de tes conseils, surtout si c'est pour le défendre.
- Remus est quelqu'un de bien. Tu as beau être amoureuse, tu ne le connais pas aussi bien que moi.
J'eu subitement envie de l'étrangler. Là au milieu du couloir. J'aurais aimé qu'elle ressente ne serait-ce qu'un dixième de la douleur que ses paroles m'infligeaient. Ce genre de pulsions meurtrières n'étaient pas dans ma nature, mais j'étais un peu sur les nerfs ces derniers jours. Je savais que sa dernière phrase n'était pas faite pour me rendre jalouse, mais elle me faisait mal, et ne me rendit que plus consciente de la fragilité des liens que j'avais avec Remus.
- Vas te faire foutre, Lily Evans.
Dès que j'eus prononcé ces mots, je les regrettai. Ça ne me ressemblait pas, ce n'était pas moi. Lily s'arrêta net, et je sus que j'avais franchi une limite invisible.
- Très bien, dit-elle d'une voie très calme. Si tu n'as pas besoin d'aide, c'est toi qui vois, mais ne compte plus sur moi pour t'écouter où te rendre service, à vrai dire je ne sais même pas pourquoi je te parle, Sanders.
Outch, ça faisait mal. Mais j'étais consciente que je l'avais mérité. Je n'aurais pas du réagir comme ça. Pourtant je la laissai partir, n'essayant même pas de la retenir. Je sentais qu'elle n'accepterait pas d'excuses, et mon honneur Gryffondrien me dictait de laisser les choses ainsi.
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Durant les jours qui suivirent, Lily ne revint pas sur ce qu'elle avait dit, et moi non plus. Nous étions en quelque sorte revenues à l'ignorance qu'il y avait eue entre nous les six années précédentes. Quoi qu'il en soit James Potter n'était pas venu me voir, en furie, dans le seul but de me tuer parce que j'avais dit à sa Lily d'aller se faire foutre. Comme au début de l'année. Comme le premier jour où j'avais parlé à Remus.
En parlant de Remus, j'essayais plus que jamais de ne pas faire attention à lui, mais je l'avais surpris une fois en train de me regarder. Et depuis, évidemment, je croisais souvent son regard, qu'évidemment il ne manquait jamais de détourner, ce qui, évidemment, ne me rendait pas joyeuse-joyeuse. Pas une seule fois il ne me refit ce sourire que j'aimais tant et que j'aurais tout donné pour retrouver. J'étais complètement abattue et la seule chose qui me permettait de tenir le coup était la Salle-sur-Demande.
Cela faisait maintenant neuf jours que Remus m'ignorait, et trois jours que je m'étais disputée avec Lily. Nous étions le 25 octobre, un vendredi, lorsque Peter était venu me parler.
- Oui ? avais-je demandé, curieuse de savoir ce qu'il me voulait.
De toutes mes forces j'avais réprimé l'étincelle d'espoir qui menaçait de s'embraser en moi.
- Je suis désolé pour Remus. C'est juste que je voulais te dire, ce n'est pas de ta faute s'il ne te parle plus, lâcha-t-il d'une traite.
- Tu sais pourquoi il ne me parle plus ?
Il baissa les yeux, gêné.
- Oui. Mais je ne peux rien te dire, ajouta-t il avec précipitation comme j'ouvrai la bouche.
- Je… pourquoi tu viens me dire tout ça ?
Ses motivations m'intriguaient. La dernière fois qu'il m'avait parlé, j'avais indirectement découvert que c'était Remus qui se cachait sous la cape d'invisibilité. Alors j'appréhendais un peu ses interventions entre Remus et moi. Mais cette fois, la situation pouvait difficilement être aggravée.
- Je ne sais pas. Tu as l'air malheureuse, et Remus n'aime pas te voir comme ça.
Ok. Logique. C'était lui qui m'ignorait et il n'aimait pas me voir triste ?
- Je ne voulais pas que tu crois que c'était de ta faute s'il ne te parlait plus, ajouta-t-il. Remus a des raisons personnelles.
Il ne mentait pas, et en dépit de tout, les paroles de Peter allégèrent un peu mon coeur.
- Merci, dis-je simplement.
- Je suis allé parler à Tina tout à l'heure.
Remus regarda son ami avec de grands yeux. Il n'avait tout de même pas osé faire ça. Lui avait-il dit que…
- Tu lui as dit quoi ?
- Calme-toi, j'ai gardé ton secret.
Remus soupira.
- C'est mieux ainsi, répondit-il. Que je sois loin d'elle.
Peter ouvrit la bouche mais son ami le fit taire d'un simple regard. Tout deux connaissaient déjà la conversation qui menaçait de suivre.
- Pourquoi ne t'éloigne-tu pas de nous non plus, alors ? demanda Peter après un court silence.
Remus fut pris au dépourvu.
- Je… je n'en sais rien, c'est différent ! Vous êtes mes amis…
- Pas elle ?
Si, bien sur que si. Elle était même bien plus que ça. Mais Peter ne pouvait pas comprendre. Ils étaient amis depuis bien plus longtemps, ils étaient au courant de sa lycanthropie et ils avaient des moyens de se protéger de lui. Tina, elle, ne savait pas. Elle était trop fragile, il n'avait pas le droit de rester ami avec elle en lui mentant constamment.
Il expliqua tout cela à Peter qui le regardait d'un air étrange.
- A mon avis, dit-il lorsque Remus eut terminé, tu tiens à elle et tu as peur.
Remus ne trouva rien à répondre. Tout d'abord parce qu'en effet, il tenait à elle, et ensuite parce que l'idée qu'il puisse avoir peur le dérangeait. Il ne voulait pas y penser.
Il haussa donc les épaules et changea de conversation.
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Cela faisait désormais dix jours que Remus évitait Tina. Il avait l'impression de tenir un décompte à l'envers, un décompte infini. Chaque jour lui semblait plus difficile à supporter, surtout lorsqu'il avait cours avec Tina, c'est à dire la majorité du temps. Il ne pouvait s'empêcher de l'observer discrètement, prétextant vérifier qu'elle se remettait de leur amitié rompue. Pourtant, tout au fond de lui, quelque chose lui disait que ce n'était pas la véritable raison. Non, la véritable raison, celle que les mots de Peter n'avaient fait que raviver, il aurait voulu l'oublier.
Tina était triste, et Remus le voyait. Pire, elle se refermait sur elle même. Il l'avait vu sourire, d'un sourire grandissant au fil des jours, il l'avait vu s'épanouir, il l'avait apprivoisée, doucement. Tout ça, tous ces efforts, désormais vains. Elle s'était fanée. Par sa faute.
Il réalisait soudain l'impact qu'il avait eu dans sa vie. Tous ces sourires éphémères, il en était la cause. Lui Remus Lupin. L'espace d'une seconde, il avait rendu une fille heureuse. Et ça l'avait fait se sentir vivant.
Mais était-ce une bonne chose ? A ce moment là, il aurait voulu dire que non, que jamais il n'aurait dû se rapprocher d'elle. Et pourtant, l'image de ses yeux pétillants lui soufflait le contraire.
Remus étouffa ces pensées. Il avait fait le bon choix, il ne reviendrait pas dessus. Quoi que puisse lui dire ses amis.
Quoi que puisse lui dire son cœur.
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Aujourd'hui, en ce dernier samedi d'octobre, une sortie à Pré-au-Lard était prévue. Remus avait bien tenté d'y échapper en prétextant qu'il avait du travail, mais ses amis n'étaient pas des personnes à accorder du crédit à ce genre de préoccupations. Il avait ajouté qu'ils pouvaient se rendre à Pré-au-Lard quand bon leur semblait, mais ils l'avaient fait taire et l'avaient emmené de force, tels les amis ingrats qu'ils étaient, selon les mots de Sirius.
La journée était froide, on était toujours en automne, mais on sentait déjà arriver la fraicheur de l'hiver. La rosée matinale donnait à la nature quelque chose d'indéfinissable. Remus aimait profiter du spectacle offert par les premières lueurs du jours et fut reconnaissant à ses amis de l'avoir sorti de son lit.
Les quatre garçons avaient pris l'habitude de partir à Pré-au-Lard le plus tôt possible, les jours de sorties officielles. Au petit matin, dès que Rusard était posté aux portes de l'école, avec sa longue liste de noms, ils étaient les premiers à se présenter devant lui. Ils pouvaient profiter du calme du village et se promener seuls dans les rues, avant que les autres élèves n'envahissent les lieux. Et contrairement à leur sorties secrètes, ils n'avaient pas à se cacher.
Plus tard, ils s'installèrent aux trois balais. A cette heure-ci, le pub était raisonnablement rempli. Les autres élèves commençaient généralement par faire leur achats, puis mangeaient quelque part, et ensuite il y avait ceux qui se posaient au pub et les autres, souvent des filles, qui continuaient à faire les magasins toute l'après-midi. Ce qui en soi était un exploit quand on connaissait le nombre réduit de boutiques présentes à Pré-au-Lard.
Remus remarqua avec étonnement à quel point le magasin d'en face était pris d'assaut par des hordes de filles, avant de se rappeler le festin d'Halloween qui arrivait. Si la plupart des garçons ne faisaient pas d'effort pour l'occasion, beaucoup de filles voyaient là l'occasion de se mettre sur leur trente-et-un – c'était le cas de le dire. Encore une fois, Remus pensa à Tina. Il aurait aimé la voir sur son trente-et-un, elle aussi. A vrai dire, elle ne portait jamais rien d'autre que l'uniforme un peu trop ample de l'école, même le week-end. Remus ne regarda même pas si elle se trouvait parmi les filles d'en face, sachant qu'elle ne viendrait pas au festin d'Halloween.
Pourtant dans cette atmosphère joyeuse, quelque chose dénotait. Plusieurs boutiques avaient fermé leur portes, leurs vitrines recouvertes d'affiches du ministère, d'avis de recherche ou encore d'obscurs prospectus qui donnaient des frissons à Remus. Ici et là, on voyait les regards fuir ces enseignes, les visages s'assombrir, et quelques yeux brillant de larmes contenues. Mais bien vite, les rires résonnaient à nouveau, la joie reprenait le pas sur ces morceaux de guerre qui trahissait le monde extérieur. Remus et beaucoup d'autres étaient conscients du statut de privilégiés qu'ils avaient à Poudlard, en sécurité, loin de ces atrocités. Mais la peur était là, la peur qu'un jour ce soit vous que McGonagall vienne chercher au milieu d'un cours, la peur de lire un nom familier dans le journal, la peur de faire face à cette réalité.
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Ce fut James qui attaqua le deuxième, après Peter et la discussion qu'ils avaient eut la veille. Ils étaient toujours aux trois balais et Remus venait de finir sa deuxième bièraubeurre.
- Tiens Lunard, dit James, ça fait longtemps que tu n'as pas aidé Tina pour les cours, non ?
Dix jours. Dans sa tête la réponse avait fusé et Remus ignora les émotions qui le traversaient. Il répondit du ton le plus désinvolte possible :
- Non, tu as raison, ça fait un moment.
- Ah, c'est dommage, tu ne trouves pas ?
Remus se retint de lever les yeux au ciel et se contenta d'hausser les épaules.
- Tu l'aidais pour quel cours déjà ?
- Défenses contre les forces du mal. James, tu veux bien arrêter ça s'il te plait.
Les deux garçons échangèrent un simple regard, et Remus vit dans les yeux de James tous les reproches qu'il aurait voulu lui faire, mais qu'ils savaient tous les deux inutiles.
- Désolé… c'est-
- « Pour mon bien », je sais. Mais rien de ce que vous ne me direz, toi, Peter ou Sirius, ne me fera changer d'avis.
James n'ajouta rien et Remus lui en fut reconnaissant. Ne restait plus que Sirius, et Remus savait qu'il ne tarderait pas à lui parler aussi. Il connaissait ses amis sur le bout des doigts.
Toute la journée, je me promenai dans les couloirs du château vidé de ses élèves. Nous étions samedi et une sortie à Pré-au-Lard était organisée. J'aimais beaucoup ces sorties mais pas pour la même raison que les autres élèves. D'une part j'allais rarement à Pré-au-Lard, seulement lorsque je manquais de quelque chose, et j'y restais le moins de temps possible. Si j'aimais autant ces sorties, c'était parce qu'elles me laissaient le château pour moi toute seule. Bien plus que les autres jours, je me promenais au hasard des couloirs, sans la crainte de tomber sur un Serpentard ou tout autre élève malveillant. Et chaque fois, j'en découvrais un peu plus. Ça n'aurait pas du m'étonner : Poudlard était immense, mais j'aimais cette sensation d'excitation chaque fois que je poussais la porte d'une salle un peu plus poussiéreuse que les autres.
Aujourd'hui cependant, j'avais été plus déçue qu'autre chose, et je regrettai presque de ne pas avoir passé la journée dans la Salle-sur-demande dont je n'avais exploré qu'un centième des secrets, mais me dégourdir les jambes m'avait fait du bien. Pas que je fus une grande sportive, mais marcher faisait toujours du bien.
En fin d'après-midi, je pris la route de la Salle-sur-demande, rêvant d'un bon bain chaud dans une grande baignoire. La plupart des élèves étaient rentrés de Pré-au-Lard et je croisai bon nombre de filles surchargées de sacs aux noms des boutiques du village. Le 31 octobre était dans quelques jours, et, par la même occasion, le festin d'Halloween. Je n'y avais assisté que les pendant mes trois premières années avant que je ne connaisse l'existence des cuisines, d'où je pouvais profiter du traditionnel banquet au calme. Je n'aurais manqué une telle quantité de plats aussi délicieux les uns que les autres pour rien au monde ! Je me serais retrouvé au milieu d'une foule en délire, s'il l'avait fallu. Ou pas, les foules en délire c'était pas vraiment mon truc. Mais bon, quand même. Parce que le repas d'Halloween à Poudlard, c'était sacrément mon truc.
Bref, c'était pour moi l'un des meilleurs repas de l'année, mais pour les autres élèves, c'était d'abord un jour de fête. Les filles, parce qu'elles attendaient la première occasion pour sortir la petite robe que l'uniforme les empêchait d'arborer les autres jours de l'année. Les garçons, parce qu'ils avaient devant eux une foule minettes qui n'attendaient rien d'autre qu'on vienne leur dire des mots doux.
Moi cynique ? Pas du tout. Juste réaliste.
Pour l'occasion, le couvre-feu était repoussé de deux heures, et tous les élèves restaient dans la grande salle après le festin pour discuter et s'amuser, du moins au début puisque je m'étais toujours éclipsée à la fin du repas. Ça n'avait rien d'un bal au sens où je me l'imaginais, mais cette soirée était pour Poudlard une sorte de tradition.
Et j'étais bien contente de pouvoir y échapper sans pour autant faire une croix sur le repas.
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Lorsque je rentrai dans l'eau chaude de la grande baignoire de la Salle-sur-Demande, tout mon corps en frissonna de bien-être. Nous n'avions que des douches dans les dortoirs et c'était la première fois que je prenais un bain depuis la rentrée, deux mois plus tôt. Il ne manquait plus que Remus pour que tout soit parfait – je sentis mes joues se colorer à cette simple pensée.
Seulement deux mois, et pourtant j'avais l'impression qu'il s'en était écoulé bien plus. Les choses me semblaient avoir tellement changé. Non seulement ma nouvelle amitié avec Remus – bien qu'elle sembla depuis plusieurs jours bien compromise – mais aussi moi. J'avais l'impression d'avoir changé. Je n'étais plus la Tina renfermée, passant ses journées perdue dans son imagination, évitant le monde extérieur tant qu'elle le pouvait. Bon, je l'étais peut-être encore beaucoup, asociale, mais je sentais une différence en moi, comme si une barrière s'était rompue, et quels que soient les efforts que je ferais pour me murer à nouveau dans mon monde, les choses ne redeviendraient jamais vraiment comme avant.
Hum. Les introspections ça ne me réussissait pas. J'allais finir par me faire pleurer sur mon propre sort si je continuais.
Et pour enchaîner sur un sujet plus joyeux et agréable, la conversation que j'avais eu avec Peter me revint. J'aimais bien me torturer l'esprit alors que j'aurais pu profiter tranquillement de mon bain.
Si ce n'était pas de ma faute comme l'avait affirmé Peter, je pouvais éliminer la raison qui me paraissait pourtant tout expliquer, à savoir que Remus s'était éloigné de moi parce qu'il ne voulait pas me donner de faux espoirs après avoir découvert que j'étais amoureuse de lui. Dans un sens, ça me rassurait, mais ça ne m'éclairait pas vraiment.
Des raisons personnelles donc. Peut-être qu'il avait ses règles ?
Hum, très crédible Tina...
Alors était-ce en rapport avec ses amis ? Ce n'était pas que je ne voyais pas James ou Sirius dire à Remus qu'il méritait mieux que moi, au contraire, mais je ne pensais pas que Remus était du genre à se laisser dicter sa conduite par ses amis. Peut-être que je ne le connaissais pas assez bien pour affirmer ça, mais je doutais que son soudain éloignement soit dû à ses amis.
Sa famille alors ? Je réalisai que mis à part la mystérieuse maladie de sa mère je ne connaissais rien de la famille. Avait-il des frères et sœurs ? Ses parents étaient-ils sorciers ou moldus ?
J'aurais pu aller lui demander sur le champs, mais je ne pensais pas qu'il apprécie, surtout vu l'état de notre relation actuelle. Et puis quitte à aller lui poser des questions, autant demander directement ce qui lui prenait de ne plus me parler.
Quant à sa mère, je ne savais même pas si elle était réellement malade. Peut-être avait-ce un lien avec son éloignement, surtout quand je repensais à la façon dont il s'était énervé lorsque j'avais insisté sur le sujet. Cela dit, je ne souhaitais pas vraiment l'aborder à nouveau, ce sujet, pour le coup.
Ou bien peut-être concernant seulement lui ? Dans cette catégorie, je ne voyais que la possibilité qu'il soit devenu fou pour qu'il m'ignore ainsi sans me donner de raison. Pourtant Peter avait dit que Remus était quelqu'un de bien. Je ne voyais pas ce qui aurait bien pu lui faire soudainement réaliser qu'il était mieux loin de moi que près de moi.
Bref, Peter avait beau m'avoir parlé, je n'étais pas plus avancée. Bon d'accord j'étais rassurée, mais aussi frustrée : si le problème était venu de mon côté j'aurais pu le régler, faire quelque chose. Là je me sentais soudain totalement impuissante.
Il fallait que je fasse quelque chose. Je ne sais pas si c'est le bain qui m'avait détendue ou bien l'intervention de Peter, mais je pris la résolution d'aller de l'avant. Je n'allais pas me laisser abattre sous prétexte que mon premier et seul ami m'avait laissée tomber – je me retins d'ajouter « comme une vieille chaussette », je doutais que ce soit bon pour mon morale. Non, j'allais me relever et me battre pour retrouver ma bonne humeur ! Moi, Tina Sanders, j'allais être forte !
Fin de la musique épique. Un peu plus et je finissais debout au milieu de la baignoire, un poing en l'air.
Restait plus qu'à la tenir, cette résolution.
Remus et Sirius étaient à la bibliothèque. Remus s'avançait sur un devoir de métamorphose pour le lundi suivant et Sirius rattrapait son retard sur un devoir qu'il aurait du rendre la veille.
- On devrait échanger nos devoirs, fit remarquer Sirius. Comme ça on serait dans les temps.
- Mais je suis dans les temps, moi, répondit Remus en riant. C'est toi qui es en retard à chaque fois.
- Faux, tu fais toujours tout une semaine à l'avance, ça ne sert à rien ! Si tu finissais mes devoirs, tu serais à l'heure.
Sirius afficha un air assuré, comme s'il détenait une vérité incontestable.
- Dis-moi que j'ai mal compris, Patmol, parce que là tout ce que je retiens, c'est que je ferais tout et que tu ne ferais rien.
Remus savait qu'il ne le ferait pas entendre raison. Sinon, Sirius n'aurait pas été Sirius.
Une demi-heure plus tard, Remus avait terminé son devoir et il en nota le dernier point avec satisfaction. Il releva la tête et vit Sirius en pleine concentration, les yeux dans le vide, les sourcils froncés. Mais avant qu'il n'ait pu lui demandé ce qu'il se passait, celui-ci sortit de ses réflexions et prit la parole.
- T'es vraiment un idiot, Lunard.
Sa voix était pleine de reproches qui prirent Remus au dépourvu. Sirius parlait-il de son attitude envers Tina ? C'était la seule chose qu'il trouvait à se reprocher, et puis il s'attendait à ce que Sirius aborde le sujet, après James et Peter.
- Tu te crois plus sage que James et moi, repris Sirius, mais t'es encore plus abruti que nous deux réunis.
- Eh, je ne te permets pas !
Sirius lui lança un long regard, contrastant avec le ton léger que Remus avait tenté de redonner à la conversation. Venant de Sirius c'était inhabituel et Remus se tassa devant la froideur de son ami.
- T'as vraiment aucune excuse, mec.
Long silence.
- T'as l'occasion d'être heureux, vas-y fonce, bouge-toi !
- Mais de quoi tu parles ? feignit Remus pour reprendre contenance.
Sirius afficha un air innocent et dit après quelque secondes :
- Comment ça, de quoi je parle ? Mais de rien du tout. S'il y avait quelque chose de particulier, tu nous en aurais parlé, non ?
Remus était pris au piège. Il savait que Sirius aurait plus de ressources que Peter ou James, mais pour le coup il était douché.
Et sans prévenir, son ami plia plumes et parchemin avant de quitter la bibliothèques à grandes enjambées.
Après la gentillesse de Peter et la subtilité de James, il avait eu droit à la sournoiserie et l'intransigeance de Sirius. C'était celui des quatre garçons qui se confiait le moins, mais aussi celui que Remus craignait le plus quand il savait qu'il avait fait quelque chose que les autres réprouvaient.
Et le seul dont les paroles firent leur chemin dans l'inconscient de Remus.
Je tiens une fois de plus à vous remercier pour toutes vos reviews, c'est ce qui me permet d'avancer et de ne pas laisser d'autres préoccupations prendre le pas sur l'écriture. Je crois qu'il n'y a pas de mots pour exprimer à quel point lire vos retours sur cette histoire, sur les personnages me fait plaisir! Donc merci, merci, merci :)
