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Voici le chapitre que certaines ont demandé à lire. C'est samedi, je l'ai rédigé cet après-midi, il est maintenant 21h30 et je viens juste de le terminer. J'espère qu'il ne sera pas trop indigeste.
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Bonne lecture et à vos coms pour votre impression.
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Chapitre 20 : Cérémonie privée
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La semaine qui venait de s'écouler avait vu défiler nombre d'agents ou d'employés venus féliciter Tony, ce qui avait grandement McGee et David mais les deux agents n'avaient rien dit après un regard plutôt sévère de la part de Gibbs. Ce dernier n'avait pas reproché une seule fois à son second l'incessant défilé, il semblait fier de l'italien et esquissait souvent un petit sourire en coin de satisfaction tandis que les deux autres grinçaient visiblement des dents.
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Malgré ce cirque, tout s'était passé relativement calmement depuis la visite du SecNav et la remontrance adressée à David. Elle s'était tenue à carreaux et avait évité de s'en prendre à Tony, ce dont il était reconnaissant envers le Secrétaire. Il savait que cet état de fait ne durerait pas longtemps et qu'à la première occasion, elle n'hésiterait pas à recommencer sa campagne de dénigrement.
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Pour l'instant, il n'en avait cure. Le calme avant la tempête était le bienvenu et il lui permettait de réfléchir sans stresser à la suite des évènements qu'il pressentait venir à grands pas. La directrice devenait frénétique et le pressait de faire d'autres missions, cette fois sans renfort. Sa protégée était dans le collimateur du SecNav et elle avait donc évité de la mettre en péril.
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Ce matin était donc la veille de la réunion prévue au Pentagone. Tony reçut au bureau une enveloppe estampillée « Maison Blanche » qui fut déposée par un membre officiel du bureau du Président lui-même. La remise s'effectua en mains propres et Tony fit tourner la missive dans ses mains sans parvenir à l'ouvrir. Il était toujours aussi étonné que le Président lui-même souhaite le décorer, il ne méritait pas un tel honneur selon lui.
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Lorsqu'il vit, du coin de l'œil, David s'approcher de son bureau, il sut qu'elle tenterait de lui arracher le document des mains pour en révéler le contenu. Prestement, il plia la lettre et la fourra dans la poche intérieure de sa veste avant de reprendre place dans son fauteuil.
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David fit la grimace et changea de direction pour se diriger vers le bureau de McGee comme si c'était sa destination première. Son expression dépitée renseigna l'italien sur le véritable objectif de son déplacement. Elle avait vraiment eu envie de lire le courrier qu'il venait de recevoir.
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Jamais elle ne s'arrêterait de se mêler de ses affaires, semblait-il. Il allait devoir prendre des mesures rapidement s'il voulait qu'elle le laisse tranquille. Et il savait que Shepard ne ferait rien pour remettre sa précieuse petite protégée à sa place. Au contraire, elle lui laissait la bride sur le cou et donc, David se comportait comme si elle avait certains droits que son poste de liaison ne devrait pas lui permettre d'avoir.
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Il était partagé entre son désir de rester pour découvrir les plans de Shepard et sa furieuse envie de partir loin d'ici et rejoindre Steve. Il savait que, dans la seconde hypothèse, il n'aurait de cesse de se poser la question obsédante de savoir ce que prévoyait la directrice. Il ne pouvait ignorer cette petite voix qui l'interpellait parfois et lui disait de tenir encore quelques semaines.
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Il n'avait jamais vraiment tourné le dos à des difficultés, ses précédents postes en témoignaient assez même si ce fait n'était pas connu de beaucoup. Il était têtu et tenace lorsque l'enjeu était important, voire primordial. Cette fois, il suspectait son supérieur hiérarchique, en l'occurrence la directrice, de n'être pas honnête et de préparer un mauvais coup. Et sans preuves formelles à produire pour convaincre sa tête de mule de patron, c'est-à-dire Gibbs, il ne dévoilerait pas ses doutes.
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D'ailleurs, il ne pouvait s'ouvrir à Gibbs de ce cas de conscience dans la mesure où Shepard lui avait amplement ordonné de rester silencieux sur le sujet vis-à-vis de l'ancien Marine. Il ignorait également le motif de tout ce déploiement de force et de temps qu'elle mettait à le convaincre de lui obéir. Tant que l'objectif véritable lui resterait inaccessible, il ne pouvait agir.
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Vaille que vaille, il tentait donc de continuer son travail dans des conditions sinon normales, du moins acceptables. Son sommeil pâtissait des heures supplémentaires qu'il devait effectuer en plus de son travail normal, il arborait des cernes sous ses yeux que même Gibbs n'avait pas commenté ! C'était dire si son chef se préoccupait de son bien-être et c'était une pierre de plus dans le jardin de l'ancien Marine.
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Tony ne se faisait plus d'illusion au sujet de leur relation, elle était belle et bien terminée et il n'avait aucun désir de la réactiver. Gibbs ne l'avait pas questionné une seule fois à ce sujet depuis son retour et Tony n'avait aucune envie d'initier une conversation sur ce thème en particulier. De même, il n'avait pas reçu une seule invitation à diner avec lui, ce simple fait voulait tout dire pour Tony.
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Et désormais, il lui importait peu des desiderata de Gibbs, il avait trouvé en Steven McGarrett, un compagnon attentionné et attentif, un partenaire tendre et aimant, un amant passionné et ardent, sachant prendre mais aussi offrir en retour. Des qualificatifs qu'il n'avait jamais pu associés à Gibbs. L'ancien Marine était un homme dominateur, contrôlant la fréquence de leurs ébats, exigeant sans jamais donné.
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Steve traitait Tony en égal dans leur relation, Gibbs avait toujours était le dominant et lui le dominé. Steve lui avait avoué son amour dès le départ, Gibbs ne lui avait jamais fait part de ses sentiments envers lui. Steve l'invitait à partager sa vie, Gibbs l'avait toujours tenu à l'écart de la sienne. Steve souhaitait annoncer leur relation à son équipe, Gibbs avait voulu que la leur soit un secret absolu.
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Comment pouvait-il encore hésiter à unir sa destinée à celle de Steve ? Il souhaitait prendre le temps d'analyser le contenu de son cœur, vérifier si ce qu'il ressentait pouvait être de l'amour. Il ne devait avoir aucun doute sur ses sentiments à son égard. Il devait à Steve d'être certain qu'il pourrait lui offrir rien moins que son AMOUR !
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De jour en jour, il ressentait le besoin d'être près de lui, de le voir, de le toucher et d'être touché, de pouvoir se lover contre lui toute la nuit. C'était tout un ensemble de sensations et de désirs nouveaux qu'il expérimentait et ressentait, toute une palette de sentiments qu'il n'avait jamais connus. Il se languissait de son Seal et il lui tardait de pouvoir l'embrasser à nouveau et de se fondre en lui.
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Curieux de savoir si tout ce qu'il vivait faisait partie du processus de l'amour, il avait décidé de se documenter. Il avait écumé les sites qui en parlaient, de très sérieux comme de moins bons. Il s'était fait une bonne idée et avait analysé ce qu'il ressentait comme était très proche de l'Amour.
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Il lui restait encore quelques doutes mais il était de plus en plus persuadé de tomber vraiment amoureux pour la première fois. Certes, il avait déjà 'aimé' mais d'une manière plutôt superficielle, jamais d'une façon aussi profonde qu'avec Steve. Chaque jour qui passait où il n'était pas en contact avec lui était un jour triste.
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Il aurait tant désiré l'avoir à ses côtés pour la cérémonie, avoir un ami qui comptait vraiment pour lui, pour le soutenir et se réjouir avec lui. C'était un souhait qui ne se réaliserait pas, il ne voulait pas que son équipe se gausse de lui ou le méprise davantage. Il préférait de loin que sa relation avec Steve reste un secret pour eux, qu'elle ne soit pas ternie par leur dédain ou pire, leur haine.
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La fin d'après-midi approchait à grands pas et sans nouvelle enquête, Gibbs le libéra plus tôt non sans leur rappeler leur indispensable présence au Pentagone le lendemain. Tony fut le premier à quitter l'étage, les salua juste d'un signe de tête. McGee maugréa mais ne dit rien de plus avant de partir tandis que David protesta qu'elle avait autre chose à faire que d'assister à cette réunion.
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Gibbs contourna rapidement son bureau et vint se planter sur son passage, l'empêchant de gagner l'ascenseur. Il la toisa froidement et l'israélienne sentit un frisson glacé parcourir son dos. Son inconfort ravit l'ancien Marine qui sourit férocement.
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« Soyez ponctuelle, Miss David ou vous pourrez non seulement vous chercher un autre travail mais plus certainement vous serez en route pour Israël plus vite que vous ne le croyez » dit-il sérieusement. « Ne sous-estimez pas l'influence du SecNav auprès du Président, il peut vous faire déporter en un clin d'œil. Soyez donc prudente dans vos actes envers lui et surtout envers DiNozzo. »
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Sur ce, il s'écarta et lui indiqua d'un geste de la main de partir, ce qu'elle fit sans demander son reste. Il allait devoir la surveiller de près s'il ne voulait pas qu'un incident vienne gripper son équipe plus qu'il n'était nécessaire. Déjà, il sentait que l'italien s'éloignait petit à petit, il ne souhaitait pas que les choses s'enveniment.
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Il quitta à son tour l'étage sans se retourner, il sentait un regard peser sur ses épaules et se doutait que Shepard était postée sur la mezzanine et avait sans doute assisté à la réprimande de sa protégée. Il n'en avait cependant que faire, qu'elle en soit ravie ou non lui importait peu à l'heure actuelle.
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Le lendemain, Tony se leva plus tard que d'ordinaire et décida d'aller courir, le jogging était pour lui une manière de se détendre tout comme l'était la musique. Il pouvait se vider l'esprit tandis qu'il avalait les kilomètres. Il avait besoin actuellement de dépenser son trop plein d'énergie avant la soirée.
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Durant une bonne heure, il courut à allure modérée avant de songer à reprendre le chemin de son appartement. Une fois rentré, il fila dans la salle de bains. Une fois ressorti douché, il s'habilla d'un jean et d'un polo avant de se préparer un petit déjeuner qu'il dégusta tranquillement.
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La matinée était bien entamée lorsqu'il entreprit de s'activer pour éviter de penser à la soirée qui s'annonçait. Tony avait adressé un message à son homme lui expliquant qu'il serait indisponible le soir même pour leur habituelle conversation et lui en donner la raison. Steve lui avait envoyé un court texto en retour indiquant qu'il avait une enquête difficile mais qu'il penserait à lui et qu'il le félicitait pour cette récompense méritée.
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Le ménage l'occupa durant deux bonnes heures, sa femme de ménage étant absente pour congés. Il avait maintenu son appartement propre un peu chaque jour pour éviter de passer trop de temps à nettoyer en une fois. Cependant, les placards se vidaient et il était temps de faire les courses.
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Il passa donc chez ses commerçants favoris, des magasins qui disposaient de produits de qualité dont il pouvait disposer pour cuisiner des plats frais qu'il congelait pour un usage ultérieur. Peu de personnes savaient qu'il était bon cuisinier et il entendait surprendre Steve un jour prochain en lui concoctant une de ses spécialités.
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Il débattit un moment pour acheter un costume puis finalement s'en abstint. Il n'allait pas faire de frais supplémentaires sachant que son dressing comportait assez de tenues pour lui permettre de porter une tenue adéquate pour la circonstance sans avoir besoin d'acheter quelque chose de spécifique.
Tony rentra rapidement et rangea ses achats. Il s'installa ensuite devant un film d'aventure qui lui permit de se relaxer. Ensuite, il choisit de faire un peu de cuisine en prévision de la semaine suivante. Il passa deux bonnes heures à cuisiner avant de congeler ses préparations. L'après-midi était bien entamée lorsqu'il fut temps de penser à la sortie.
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Il s'activa pour se préparer pour la soirée. Il se doucha et se rasa avant de se planter devant sa garde-robe. Il ne voulait pas enfiler un smoking, ce n'était pas une soirée mondaine où il fallait paraître. Finalement, il sortit une chemise de soie vert pâle et cravate assortie qu'il n'avait pas encore portées, un costume Armani gris clair plutôt qu'un noir et des mocassins de cuir gris.
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Il lui restait encore du temps avant de prendre le volant, aussi, il s'installa devant son piano et ses doigts coururent sur les touches sans réellement jouer un morceau en particulier. Au bout de quelques minutes, il oublia sa nervosité pour se plonger dans la musique, son refuge pour se détendre totalement.
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Le trajet jusqu'au Pentagone se fit rapidement, la circulation étant fluide en cette fin d'après-midi. Il gagna l'entrée où il fut prié de passer le portique dont l'alarme se déclencha. Il sourit en s'excusant auprès du garde avant de présenter son arme et son badge qu'il avait pris au dernier moment avant de quitter son appartement.
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Le garde lui rendit ses effets et le laissa passer. Il avait à peine fait quelques pas qu'un Marine se présenta à lui et l'invita à le suivre. Il accompagna Tony jusqu'à l'étage puis dans une salle où, à sa grande surprise, il retrouva les différents directeurs des agences gouvernementales, ceux-là même qui avaient assisté à la conférence. Il s'avança vers eux et vint les saluer avant de s'engager dans une conversation polie.
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Quelques minutes plus tard, ce fut le SecDef accompagné du SecNav qui firent leur apparition et vinrent se joindre à leur groupe. Puis, à intervalles réguliers, les autres invités arrivèrent. D'abord Shepard et Gibbs ensemble, puis McGee et Sciuto, Ducky et Palmer, quelques agents et chefs d'équipe du NCIS à la grande surprise de Tony. Ne manquait que David qui arriva presque bonne dernière.
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Puis on approchait de la cérémonie et plus la nervosité de Tony devenait palpable. Gibbs sentait son second sur le point de craquer ou pire de s'enfuir. Il ignorait ce qu'il pouvait faire pour éviter une catastrophe et allait s'en remettre à Ducky lorsqu'il vit Palmer attirer l'italien à l'écart et lui parler.
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Visiblement, ce que l'assistant légiste disait avait un effet apaisant car il vit les épaules de Tony se relâcher et la tension se dissiper. Il constata également que le jeune médecin avait un effet apaisant, l'italien sourit à plusieurs reprises aux propos de son compagnon. Aussi, lorsque le Président fit son entrée dans la salle entouré de ses gardes du corps, DiNozzo n'était plus le paquet de nerfs qu'il était auparavant.
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Le Président échangea des poignées de main avec les différents directeurs, Shepard, Gibbs et son équipe avant de se poster devant Tony qui avala convulsivement sa salive. Le Président lui adressa un sourire chaleureux tandis que les deux hommes se serraient la main.
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Puis le Directeur Morrow invita tout le monde à s'installer et chacun prit place sur les sièges disposés en rang tandis que le Président se dirigeait vers le pupitre dressé sur une petite estrade devant l'assemblée. Il toussota pour demander le silence avant de se lancer dans son discours.
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« Mesdames et messieurs, bienvenue à vous tous » débuta-t-il. « Nous sommes rassemblés ici aujourd'hui pour une cérémonie à caractère privé qui s'explique par le fait que le récipiendaire de la récompense que je vais avoir le plaisir de remettre est un agent fédéral actif spécialiste des missions sous couverture. Il est certes dommage de ne pouvoir rendre publique cette cérémonie et de faire savoir que son geste à non seulement permis de sauver la vie de plusieurs personnes mais également de démanteler une cellule terroriste qui avait pour projet de faire exploser une bombe lors d'une réunion au sommet entre les différentes agences fédérales de notre pays. »
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Des murmures de stupéfaction s'élevèrent interrompant le discours présidentiel durant une minute avant que le silence ne se rétablisse. Le Président laissa la petite assemblée digérer sa révélation avant de poursuivre.
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« Il va sans dire que cette dernière information est, pour le moment, du domaine du secret. Elle ne sera rendue publique que dans quelques jours lorsque l'enquête en cours menée par le FBI sera close. Il n'est nul besoin, je pense, de vous recommander le silence absolu sur le sujet » déclara-t-il en scrutant les visages des personnes présentes. « Cette révélation avait pour but de rendre l'acte de bravoure que j'ai l'insigne honneur de récompenser ce soir encore plus important aux yeux de notre gouvernement et à ceux des personnes directement concernées. »
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Une petite pause permit de tester l'ambiance avant d'arriver au vif du sujet. Ici, Morrow se leva et se plaça aux côtés du Président. Une jeune femme vint lui remettre un coffret qu'il prit avant de se tourner vers le grand homme.
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« Agent DiNozzo, si vous voulez bien vous avancer » pria Morrow en invitant Tony à les rejoindre sur l'estrade.
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Tony se leva, hésita une brève seconde avant de se diriger vers les deux hommes où il se positionna entre le Président et Tom Morrow. Il s'immobilisa et se tint droit comme un I, le regard légèrement voilé. Morrow lui pressa gentiment l'épaule comme pour le rassurer.
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« Mesdames et messieurs, vous avez été sélectionné pour assister à cette cérémonie parce que vous connaissez tous le bénéficiaire de la récompense que je vais décerner dans quelques minutes » annonça le Président. « L'Agent spécial Anthony DiNozzo a mis en pratique le sens de l'observation aigu qu'il possède et a réagi en conséquence en comprenant qu'un acte haïssable était sur le point d'être commis. Sans égard pour sa propre sécurité et sans la moindre appréhension, il a choisi de maîtriser une terroriste qui agissait sous le déguisement d'une serveuse qui devait lui permettre d'accomplir son noir dessein. Sans sa promptitude et son abnégation, nous déplorerions à ce jour plusieurs décès parmi les personnes ici présentes. »
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Ici, Morrow ouvrit le coffret qu'il tenait et le tendit au Président qui prit la médaille reposant sur le velours noir. Il s'avança ensuite devant Tony.
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« Agent Spécial Anthony DiNozzo, en mon nom personnel, en celui du peuple américain que je représente, je suis fier et honoré de vous remettre la Médaille du Mérite Civil pour l'acte de bravoure que vous avez accompli » déclara-t-il clairement pour permettre à tous d'entendre.
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Il épingla la médaille sur la veste du costume de Tony avant de l'étreindre et de lui serrer la main. Tony était visiblement ému et se contenta d'incliner la tête en réponse. Un photographe immortalisa l'instant en prenant plusieurs photos des deux hommes, le bras du Président posé sur les épaules de l'italien avant de céder sa place.
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Puis avant qu'il ne puisse faire un geste, Morrow répéta le geste du Président. Le SecNav et le SecDef se joignirent à lui. L'embarras de Tony augmentait au fur et à mesure qu'ils défilaient. Ils furent suivis de chacun des autres directeurs à tour de rôle : Markham d'Interpol, Richard Pierson de la NSA, John Patterson du FBI, Brett Caldwell de la DEA et enfin Shepard.
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L'accolade de la directrice fut brève et guindée, elle s'écarta rapidement et repartit prendre sa place alors que les autres directeurs restaient groupés sur l'estrade. Morrow lui lança un regard désapprobateur, elle montrait par là son dédain envers son agent et c'était définitivement un acte qu'il ne pouvait approuver. Et il ne fut pas le seul dans ce cas.
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« Mme Shepard, cette récompense rejaillit directement sur votre agence et il conviendrait, en cette circonstance particulière, que vous soyez aux côtés de votre agent, il me semble » l'admonesta le Président un peu sèchement. « Un agent qui vous a sauvé la vie au péril de la sienne. La moindre des choses serait de lui prouver votre reconnaissance en montrant votre fierté de le compter parmi votre personnel. »
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Ainsi publiquement réprimandée, Shepard fut forcée de reprendre place parmi le groupe et se plaça donc directement près de l'italien. Sur un geste de la main du Président, le photographe s'avança et prit plusieurs clichés du groupe assemblé sur l'estrade.
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« Maintenant que la partie la plus plaisante est terminée, je vous invite à vous rendre au buffet et à profiter de cette soirée » annonça soudain le Président.
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Il descendit de l'estrade, invita Tony et Morrow à l'accompagner un peu à l'écart.
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« Agent DiNozzo, le Directeur Morrow m'a fait part de sa proposition » commença-t-il. « Sachez que j'adhère entièrement à cette offre et que je suis totalement en accord avec son choix. Vous seriez un formidable chef pour cette équipe, vous auriez la libre responsabilité de recruter les membres qui la composeront. Cependant, quel que soit votre décision, vous aurez le soutien de mon cabinet et de celui du Directeur Morrow si vous décidez d'accepter ou de refuser. Vous pourrez également obtenir tout autre poste qui vous intéresserez si vous envisagez un changement de carrière, d'équipe ou d'agence. Le SecNav et le Directeur Morrow se concerteront pour vous offrir ce qui vous tenterait. »
« C'est beaucoup d'honneur pour si peu, Monsieur le Président » tenta d'objecter Tony.
« Je vous arrête tout de suite, Agent DiNozzo » le contra l'homme politique. « Vous ne mesurez pas l'impact que la mort de tous nos directeurs aurait eu sur la bonne marche de notre pays, il me semble. »
« Je pense que tous les directeurs adjoints auraient joué leur rôle et pris la relève sans souci, Monsieur le Président » nota l'italien avec perplexité.
« La réunion incluait les directeurs adjoints également, Agent DiNozzo » lui révéla Morrow. « Le pays aurait été privé de tous les dirigeants importants et aurait plongé rapidement dans le chaos permettant à ces terroristes d'instaurer une guerre civile et de nous mettre à terre. »
« Dans quel but ? » osa demander Tony.
« La domination pour eux et la déchéance de notre pays pour nous » répondit le Président. « Le monde est régulièrement soumis à des attaques pour des motifs divers et variés mais la prédominance reste les motifs religieux et les groupes islamistes sont les plus virulents à l'heure actuelle » rappela le chef de l'Etat. « Il suffit de voir leur action en Afrique et au Moyen Orient ainsi qu'en Europe pour comprendre que s'attaquer aux Etats-Unis ne leur fait pas peur. Après la folle tentative d'Al Quaida, tout groupuscule émergeant tente de prendre la relève et désorienter le pays le plus puissant serait une victoire phénoménale pour celui qui y parviendrait. »
« L'équilibre mondial serait mis en péril si l'un d'eux parvenait à nous déstabiliser en partie ou en totalité » poursuivit Morrow. « Nous assurons une certaine paix mondiale en collaboration avec d'autres pays et tentons ensemble de contenir l'émergence de ces groupes terroristes qui ne reculent devant rien pour se faire entendre. »
« C'est pourquoi votre acte revêt une importance particulière pour nous, Agent DiNozzo, que vous l'acceptiez ou non » enchaina le Président. « Vous n'avez pas seulement sauver quelques vies mais vous avez, en un sens, préserver une paix menacée de toutes parts par ces terroristes. Il est bien dommage et regrettable que votre geste ne puisse être rendu public de par la restriction due à votre métier et surtout votre spécialité. Montrer votre visage au monde vous exposerait à des représailles certaines et des tentatives d'assassinat. Sachez cependant que ça n'en diminue pas moins la valeur de votre geste, bien au contraire. Il le rend encore plus précieux parce que désintéressé. Et par les temps qui courent, c'est encore plus honorable. »
« Merci, Monsieur le Président » parvint à dire Tony, totalement ému et embarrassé. « Mais n'importe qui aurait pu agir à ma place. »
« Oui, c'est ce que vous avez déclaré au Secrétaire de la Marine, il me semble » nota le chef de l'Etat en souriant. « Pas certain qu'un autre agent aurait eu votre flair et votre clairvoyance. Il ne suffit pas d'observer, il faut aussi extrapoler, n'est-ce pas ? A ce sujet, il parait que l'un de vos collègues a porté des allégations douteuses au sujet de la révélation fait à la presse. J'aimerais rencontrer cette personne, Directeur Morrow » exigea le grand homme en se tournant vers l'ancien directeur du NCIS.
« Sans problème, Monsieur le Président » déclara Morrow. « Si vous souhaitez lui parler, je vous conduis à elle. »
« Accompagnez-nous, s'il vous plait, Agent DiNozzo » le convia le Président. « Vous avez été mis en cause, il convient donc de rétablir la vérité aux yeux de ceux qui doutent. »
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Les trois hommes se dirigèrent donc vers les invités assemblés en petits groupes par affinité dans la salle, discutant et appréciant le buffet. Morrow les guida vers l'équipe de Gibbs qui s'écarta à leur approche.
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« Permettez-moi de vous présenter l'équipe » annonça Morrow. « Agent spécial Leroy Jethro Gibbs, le chef d'équipe de l'Agent DiNozzo ; Agent spécial Timothy McGee ; Miss Abigaïl Sciuto, technicienne analyste, les docteurs Donald Mallard et James Palmer ; Officier de liaison du Mossad, Ziva David » termina-t-il en désignant l'israélienne.
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Chacun serra la main du Président, intimidé par l'évènement. Seule, Ziva David ne parut pas autrement affectée, sans doute parce qu'elle avait déjà rencontrée de hauts dirigeants dans son pays.
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« Qui donc parmi vous a émis la douteuse hypothèque que l'Agent DiNozzo était la source mystérieuse de la presse au sujet de la fuite concernant la tentative d'assassinat lors de la conférence à Miami ? » demanda aussitôt le grand homme.
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La réaction immédiate de l'officier du Mossad le renseigna rapidement. Elle se raidit et ne put masquer sa colère.
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« Laissez-moi vous révéler quelque chose, Miss David » l'apostropha-t-il directement. « Non seulement, comme le SecNav vous l'a déjà indiqué, l'informateur anonyme était une femme mais elle a depuis lors été formellement identifié. J'avoue être fortement intrigué par votre réaction si négative à l'encontre d'un collègue dans la mesure où son geste peut tout aussi bien vous avoir sauver la vie que celle de toute autre personne présente à cette soirée. Rien ne dit que d'autres terroristes n'étaient pas présents, prêts à intervenir. Et il me semble que votre pays subi depuis des années des actes de barbarie extrême, vous devriez être à même de sympathiser au lieu de dénigrer, n'est-ce pas ? »
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Il termina sa phrase en forme de question et attendait une réponse de la part de la jeune femme. Embarrassée, elle ne savait en fait que répondre et elle jeta un regard à Gibbs, un appel à l'aide à peine déguisé. Ce dernier lui renvoya un regard froid mais ne tenta pas de l'aider.
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« Vous n'avez rien à répondre à ma réflexion, Officier David ? » insista l'homme. « Il me semble qu'en tant que fille du Directeur du Mossad, vous devriez être un peu plus concernée que cela. Votre silence ne lui fait pas honneur. »
« Je ne suis pas certaine que cette terroriste avait d'autres cibles potentielles autres que les directeurs, Monsieur le Président » finit-elle par dire.
« Voilà une assertion erronée, Miss David » la contredit sans ménagement le chef de l'Etat. « Elle a avoué, lors de son interrogatoire, avoir bien l'intention de tuer autant de personnes qu'elle pouvait avant d'être arrêtée ou plus probablement tuée. Mais ce n'était pas la question qui attendait réponse. Avez-vous un grief particulier envers l'Agent DiNozzo pour vous comporter de manière aussi hostile envers lui ? » précisa-t-il.
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Ziva se mordit la lèvre, elle ne savait comment répondre sans mentir mais sans se dévoiler aussi. Et comme si cela ne suffisait pas, tout le groupe la scrutait dans l'attente de sa réponse.
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« Je… » commença-t-elle sans pouvoir continuer.
« Hum… Je vois que vous ne savez pas comment me faire une réponse appropriée sans véritablement mentir mais sans révéler pour autant votre véritable raison, n'est-ce pas ? » supputa le grand homme.
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La rougeur qui envahit le visage de l'israélienne était une réponse à elle seule. Elle était mortifiée d'avoir été ainsi devinée, elle pensait avoir masqué ses sentiments mieux que ça.
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« N'ayez aucune honte d'avoir été découverte, je suis un bon juge de caractère et le vôtre n'est pas des plus complexes à comprendre ou à lire » jeta le chef de l'Etat au grand dam de la jeune femme. « L'arrogance de certaines personnes finit par être leur perte. Bien dommage que vous ne puissiez apprécier l'Agent DiNozzo à sa juste valeur, vous manquez quelque chose mais c'est votre choix après tout. »
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A cet instant, l'un des gardes du corps s'approcha et murmura quelques mots à l'oreille du Président qui opina.
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« Le devoir m'appelle ailleurs, je vais donc devoir vous quitter » annonça-t-il ensuite. « Ravi d'avoir pu vous rencontrer et vous remercier, Agent DiNozzo. Il faudrait des agents comme vous en plus grand nombre dans toutes nos agences, le travail en serait bien facilité. »
« Un peu d'entrainement pourrait améliorer les choses, Monsieur » répondit Tony presque automatiquement.
« Si c'était aussi simple, ce serait un exercice à ajouter à l'entrainement des postulants, j'imagine » lui sourit le Président. « Ne diminuez pas votre exploit de cette manière, jeune homme » l'admonesta-t-il gentiment. « Directeur, Agent DiNozzo, je vous souhaite de passer une bonne fin de soirée. Et n'oubliez pas nos propos, Agent DiNozzo. »
« Promis, Monsieur le Président » répliqua Tony en lui rendant sa poignée de mains.
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Le Président se dirigea ensuite vers le groupe de directeurs qu'il salua avant de prendre le chemin de la sortie. Avant de franchir la porte, il se tourna vers les invités une dernière fois.
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« Mesdames, messieurs, bonne soirée à tous » lança-t-il en faisant un geste de la main en guise d'au-revoir général.
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Il tourna les talons et s'en fut, entouré par ses gardes du corps. Il avait à peine disparu que Morrow agrippa gentiment Tony et l'entraîna avec lui vers les directeurs, il avait présumé que David chercherait à engager l'italien dans une dispute inappropriée. Il voulait éviter à son ancien agent l'affront probable qu'elle souhaitait lui infliger en représailles de sa réprimande par le Président.
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Les deux hommes s'intégrèrent dans le groupe et la discussion qui s'engagea entre eux fit froncer les sourcils de Shepard. Tout d'abord, à tour de rôle, ils renouvelèrent leur remerciement à l'italien pour son courage et pour avoir ainsi épargner leur vie. Ensuite, il reçut leurs félicitations avec grâce tout en semblant embarrassé par tant de démonstrations chaleureuses, sa propre équipe n'avait même pas songé à le faire.
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Enfin et à la stupéfaction de la directrice, chacun des directeurs offrit un poste dans son agence à son agent qui remercia sans pour autant décliner les offres comme il l'aurait fait auparavant en rappelant qu'il avait déjà un emploi. Cette nouvelle attitude déplut à Shepard, son agent ne réagissait pas comme elle l'espérait et elle ne savait comment interpréter ce changement.
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La directrice pressentit alors qu'à la moindre occasion, il pouvait lui présenter sa démission. Elle allait devoir intensifier ses recherches pour enclencher son projet bien avant la date qu'elle avait arrêtée. Il devenait extrêmement urgent de mettre son plan en action avant de perdre le principal pion qu'elle détenait.
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Morrow l'observait attentivement et comprit qu'elle réalisait enfin que la perte de son agent pouvait être à l'ordre du jour. Elle allait certainement agir dans la précipitation et commettre une erreur qui signerait son déclin. Son équipe allait devoir assurer la protection de l'italien plus tôt que prévu semblait-il.
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Le reste de la soirée se passa sans incident, Gibbs s'assura que David n'approche pas Tony. Il avait pressenti également qu'elle pourrait vouloir passer sa frustration sur l'italien. Sans le soutien de Shepard, elle tenta de rallier l'ancien Marine à sa cause mais sans succès. Elle passa donc les heures suivantes dans le sillage de McGee et Abby, les seuls autres invités qui la supportaient.
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Finalement, l'heure du départ sonna et son équipe s'empressa de quitter le bâtiment après un salut rapide mais surtout sans lui. Shepard le rejoignit et l'enrôla d'office pour lui servir d'escorte qu'il ne put décliner. Il prit le temps d'aller saluer Morrow et DiNozzo avant de partir à son tour.
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Morrow vit Tony se détendre instantanément et poursuivre sa discussion avec quelques agents du NCIS avant le départ de ceux-ci. Puis les deux médecins le félicitèrent chaleureusement avant de prendre congé à leur tour. Ne restait alors que les directeurs, Morrow et Tony qui choisirent de s'installer tranquillement près du buffet pour se restaurer tout en bavardant amicalement.
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Ce fut deux bonnes heures après le départ du Président que le reste des invités se décida à se séparer, Morrow fit le trajet jusqu'au parking avec Tony et deux Marines comme gardes du corps. Les deux hommes décidèrent de se retrouver quelques jours plus tard pour diner puis se saluèrent avant de reprendre leur véhicule.
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Avant de laisser partir l'italien, Morrow lui remit une clé USB.
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« C'est l'enregistrement de la cérémonie, Tony » lui dit-il en la lui offrant. « Ce n'est pas tous les jours que l'on est récompensé par le Président pour service rendu et le SecNav et moi avons pensé que vous aimeriez en avoir un souvenir. Vous pourrez le montrer au Commander McGarrett, il sera fier de vous, j'en suis sûr. »
« Merci, Monsieur, c'est vraiment sympa d'y avoir pensé » répliqua Tony, ému par le geste du directeur. « Je suis certain que Steve sera heureux de le visionner, il était désolé de ne pouvoir assister à la cérémonie. »
« Passez-lui le bonjour de ma part la prochaine fois que vous serez en contact » proposa Tom.
« Je n'y manquerai pas, Monsieur et encore merci pour tout. »
« De rien, mon garçon, vous l'avez largement mérité » souligna le directeur. « Sans vous, je ne serais sans doute plus de ce monde. Et quelques autres avec moi. Rentrez bien et à bientôt. »
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Ils quittèrent le Pentagone l'un derrière l'autre et prirent chacun la route pour rentrer. Le trajet s'effectua rapidement, la nuit étant avancée, le trafic était réduit.
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La soirée avait été sobre mais intensément émouvante pour Tony qui n'aspirait qu'à s'allonger. Cependant, il décida de charger l'enregistrement sur son ordinateur et de l'envoyer à Steve sur la ligne sécurisée que son technicien informatique avait recommandée. Il accompagna l'envoi d'un petit message et assura son compagnon qu'il le recontacterait le lendemain.
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Le transfert lui prit quelques minutes que Tony mit à profit pour se déshabiller, se rafraichir un peu avant de se brosser les dents puis de vérifier la réception de son message. Une fois rassuré, il bailla irrésistiblement. Il se mit au lit et en quelques minutes, il était endormi.
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Rendez-vous pour le prochain chapitre la semaine prochaine.
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A bientôt
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Chtimi
