Je n'avais jamais aimé Rogue. À l'époque de ma première et unique année à Poudlard il n'était pas encore directeur mais prof de potion. Un seul cours avec lui et j'avais déjà cerné le personnage du haut de mes onze ans. Il était vile, froid et aimait s'en prendre au plus faible Neville était même sa cible favorite. Et voir cet homme se tenir sur le siège où Dumbledore s'était un jour assit me révulse purement et simplement.
Rogue avance son visage au-dessus de la table qui nous sépare de lui. Il nous dévisage de longues secondes avant de congédier d'un signe de menton les deux hommes du Ministère qui se tenaient de part et d'autre d'Hermione et moi. Nous retrouver seuls avec lui ne me rassure pas le moins du monde.
« Montrez-moi vos poignets, demande brusquement Rogue. »
Je grince des dents. C'est la deuxième fois aujourd'hui que quelqu'un s'intéresse au Serment. Quelque chose ne tourne pas rond. Je songe un instant à présenter mon autre poignet, mais autan jouer franc-jeu tout de suite, ce type ne se laissera pas berner un instant.
D'une même geste Hermione et moi plaçons nos poignets sur la table. Je n'en suis pas sûr mais à l'instant où les yeux de Rogue se sont posés sur nos cicatrices j'ai bien cru voir son visage se crisper.
« Ça commence, marmonne-t-il. »
Qu'est-ce qui commence au juste ? Je n'ai pas le temps de me poser d'autres questions car il enchaine :
« Etes-vous inconscient où simplement d'une stupidité sans bornes ? »
« Pardon ? fait Hermione. »
« Des Weasley ! lâche-t-il d'une voix exaspéré. Croyez-vous vraiment pouvoir survivre ici ? typique des Gryffondor… aveugle, insolent, irrécupérable… Que je ne vois aucun de vous venir me pleurnicher dessus. Je ne sais pas pourquoi vous êtes ici et je ne veux pas le savoir. Mais ne jouer pas aux héros, vous n'êtes que des gamins inconscient et n'apporterez que plus de problème à cette école. »
Je reste muet. Je ne m'attendais pas à ce genre de discours. Je m'attendais à ce qu'il se fiche de nous, qu'il nous ignore. Mais au lieu de ça on dirait qu'il y a une once de pitié dans ses paroles : chose que je n'aurais jamais imaginée possible de sa part.
Derrière nous une porte s'ouvre. Un homme en noir entre d'un pas nonchalant.
« Vous m'avez fait demander Severus ? fait-il d'une voix grinçante. »
« Oui, occupe-toi d'eux, j'ai un hibou urgent à envoyer. »
Rogue se lève, balance sèchement un morceau de tissu sur la table et disparait par la porte dans un bruissement de cape.
Mon attention se porte en premier lieu sur le morceau de tissu. La pointe de nos baguettes en dépasse. Je saisis rapidement la mienne puis tend la sienne à Hermione. Je me sens nettement mieux une fois que m'est revenue la possibilité de me défendre.
Brusquement nos chaises pivotent sur elles-mêmes pour faire face à l'homme en noir. Il nous regarde avec un ennui non dissimulé, visiblement peu satisfait de la tâche qu'on lui a assignée. Où est donc passé l'époque où l'on venait à Poudlard dans un train rouge et accueillit à bras ouvert ?
« Vos uniformes sont dans vos dortoirs, fait l'homme d'une voix monocorde. Vous en êtes dispensé pour le diner de ce soir. Mais en revanche vous devez porter ça en permanence. »
Il nous lance un objet que j'attrape adroitement entre mes mains en piètre état. Je reconnais immédiatement l'espèce de broche que portait l'homme qui nous a interrogé au Ministère : une goutte d'eau rouge sang.
« A quoi ça sert au juste ? je demande. »
« A ce que les gens saches à qui ils ont à faire. La vôtre vous donne accès à certain privilège, ce qui n'est pas le cas quand on porte celle-ci. »
Il sort de sa poche un autre badge. Il s'agit d'une goutte mais scindée en deux : un coté est rouge l'autre noirâtre. Quand je comprends je dois utiliser tout mon self-control pour ne pas balancer l'objet contre le mur. La goutte entière est destinée au sang pur, la demie goutte au sang-mêlé. Qui a osé inventer un système si discriminatoire ? Je lis le reflet de mon dégoût sur le visage d'Hermione.
« Je ne porterais pas ça, dit fermement Hermione. »
« Le port est obligatoire. Sans, l'accès à la salle commune vous sera interdite. Et ce n'est pas la seule nouvelle règle. Serpentard étant la seule maison, les Points sont personnels. Si votre compte devient négatif vous serez en retenu jusqu'à ce qu'il devienne positif. Aucun retard n'est toléré : un retard et vous mangerez jusqu'à la fin de l'année sans couvert. Pas de badge sur votre robe ? vous dormez dans le couloir. Vous vous baladez la nuit dans le château ? vous passez la prochaine dans les cachots. Bon tout est clair ? suivez-moi. »
Nous le suivons sans un mot, encore choqués par ces règles injustes et dictatoriales. Derrière la porte : un petit escalier en colimaçon qui descend sans que nous ayons à bouger. Une fois en bas l'homme nous donne une dernière indication : là où se trouve la grande salle où les autres dînent en ce moment même.
« Je suis sûr que vous allez faire bonne impression, fait-il un sourire narquois aux lèvres avant déguerpir. »
Je comprends l'ironie quand je prête enfin attention à notre allure. Nous habits sont crasseux et nos visages exténués. Si quelqu'un daigne nous adressez la parole ça serait un miracle.
Nous marchons lentement vers la grande salle comme pour retarder ce moment fatidique. Comment sont les élèves ? Et les profs ? La guerre a chamboulé toutes les bases du monde magique alors que reste-t-il de ce que j'ai connu ? Marcher dans le château me paraît si étrange… Je me sens à la fois à la maison et comme un étranger. Cinq ans ont passé depuis la dernière fois où mes pieds ont foulé ces dalles usées. C'est en même temps si loin et si proche. Mais une chose persiste en moi au-dessus de tous les autres : le sentiment d'insécurité. Ici, dans ce lieu qui abrite tous mes démons je me sens faible et vulnérable. Les murs ont des milliers d'année mais ils ne suffiront à me protéger de mes peurs. J'aimerais prendre la main d'Hermione, mais à partir de maintenant c'est ma sœur. Et on ne prend pas la main de sa sœur n'est-ce pas ? n'est-ce pas ?
« Comment on fait pour Harry ? demande Hermione à voix basse. »
Harry, c'est vrai. Il avait pour consigne qu'à l'approche du château il se rende à la cabane abandonnée du parc et nous y attende.
« On ira le chercher discrètement après le repas, je réponds alors que nous arrivons devant la grande salle. Prête ? »
Hermione tourne la tête vers moi. Elle a soudainement l'air infiniment triste et je ne saurais dire pourquoi.
« Je suis prête frangin. »
Nous faisons un pas dans la Grande Salle pour devenir frère et sœur.
Je m'attendais à ce qu'il y ai peu d'élèves mais les quatre tables sont toujours là et bondées. L'atmosphère est bruyante sans être spécialement joviale. Quand je vois les assiettes remplie de nourriture je prends conscience de mon état purement affamé. Quand était-ce la dernière fois que l'on a mangé un vrai repas ? Avant que ma maison brûle sans doute. Personne ne nous a encore remarqués tandis que nous avançons timidement vers le banc le plus proche. Si Hermione n'était pas avec moi je serais parti en courant. Cela fait bien trop longtemps que je n'ai pas eu de contact avec des gens de mon âge mis à part ma famille, Owen, Harry et Hermione. Mes années passées dans la campagne me reviennent en pleine figure quand je me retrouve brusquement anxieux parmi cette foule d'ado à l'uniforme noir et vert.
C'est maladroitement et dans un silence totale que l'on s'assoit tous les deux. Des yeux curieux se tournent vers nous. On fixe nos vêtements avant même de regarder nos visages. Et quand ceux-ci se posent sur nos badges c'est toute la table qui est parcourue de murmure.
« Vous ne pouvez pas vous assoir ici, fait un gars avec un fort accent américain. »
Il parle du coin de la bouche donnant l'impression qu'il n'est pas censé avoir le droit de dire ça.
« Pourquoi ça ? demande Hermione tout aussi bas. »
« Vous êtes nouveau c'est ça ? ici c'est l'une des tables des sangs mêlé. Les vôtres sons là-bas. »
Pendant qu'il indique d'un mouvement discret de tête les tables en question, je note qu'en effet tous ceux assis ici portent le badge rouge et noir. Ce système me met tellement hors de moi que je décide de rester à cette table quoi que l'on dise. Cependant Hermione ne semble pas de cet avis. Elle m'attrape par le poignet me forçant à me lever.
« Merci, répond-t-elle aimablement au type à l'accent. »
Alors qu'elle me traine jusqu'à une autre table je dis tout bas d'une voix furieuse :
« Bon sang mais qu'est-ce que tu fais ? ne me dis pas que tu es d'accord avec ce système révoltant ! »
« Bien sûr que non ! Mais si on ne reste là-bas ça ne va pas seulement nous attirer des problèmes à nous, mais aussi à eux. Et puis on est censé se faire discret. S'opposer dès le premier jour au règlement ne nous aiderait pas franchement dans cette tâche tu ne crois pas ? »
Je me laisse tomber sur le banc de la table des « sang pur » dans un soupir. Quelques têtes se tournent vers nous. On nous fixe cette fois en silence mais je décide de ne pas y prêter attention. Je rempli mon assiette à ras-bord et commence à manger avec empressement. Il faut que je quitte la grande salle rapidement. Je n'aime plus cet endroit comme avant. Plus depuis la boucherie qui a eu lieu ici. Seulement, Hermione mange beaucoup plus lentement que moi du coup je dois l'attendre je suis obligé de voir ce qui m'entoure. Tous me revient en mémoire : les dalles froides, le ciel magique noir, les bougies qui flottent au-dessus de nos tête… Les murs semblent se rétrécir autour de moi et respirer normalement devient difficile. Quand mes yeux se posent sur la table des professeurs mon souffle devient carrément erratique. C'est là qu'ils avaient empilé les corps.
« Ron ? tout va bien ? fait Hermione d'une voix inquiète. »
« Je… je… on se voit plus tard. »
Je me lève et quitte la table avant qu'elle n'ait pu me retenir.
-Hermione POV-
Je regarde tristement Ron sortir de la Grande Salle à toute vitesse. Son expression chamboulée et perdue ne laissait pas de doute sur les raisons de ce départ précipité. L'endroit lui rappelle trop de mauvais souvenirs. D'un coup je n'ai plus faim. Je pousse mon assiette loin de moi. Peut-être que l'on n'aurait pas dû venir ici… c'est trop dur pour Ron et je m'en veux de lui infliger ça. Après tout c'était mon idée alors je dois en assumer les conséquences. Je pense… je pense qu'il faut que j'aille le chercher. Peut-être qu'il…
« Qu'est-ce qu'il lui a pris à ton frère ? fait une voix non loin de moi. »
« Oh il est juste… »
La fin de ma phrase meurt au fond de ma gorge quand je lève les yeux vers mon interlocutrice. Des cheveux châtain, de grands yeux verts, un visage aux courbes nobles et Française… j'étais assise à côté de Bénédicte Durand, ma persécutrice de Beauxbâtons. Cette fille qui avait fait de ma scolarité un enfer, celle qui m'avait donné le surnom de Miss-je-sais-tout. Et qui à présent me regarde… amicalement.
Je reste un instant figée, en proie à une vague de souvenir désagréable, donnant le temps à Bénédicte de m'observer en détails le front plissé.
« Je… je te connais non ? fait-elle pensive. Tu as déjà habité en France ? on s'est peut-être déjà… »
« Je dois aller chercher mon frère ! je l'interromps brusquement en me levant. »
Je me fraye un passage entre les élèves et prend la fuite par le même chemin que Ron. Je marche à grandes enjambées dans un couloir désert où je peux enfin respirer normalement. Bénédicte ici ! C'est le pompon ! Ron ne sera visiblement pas le seul à être troublé dans ce chateau. Ce lieu nous fait-il office de Purgatoire ? C'est comme si le passé prenait un malin plaisir à nous tourmenté tous les deux.
Je marche sans but pendant plusieurs minutes. Je ne connais que ce que j'ai lu sur Poudlard et cela n'incluait pas le plan de l'école. Les couloirs sont longs, obscures, parcourus d'armures médiévales ou de tableaux animés. Rien de ceci ne ressemble à Beauxbâton. C'est austère mais très « britannique » dans un sens. Je monte un escalier de pierre, passe plusieurs portes avant de me rendre compte que je n'ai aucune idée de là où je vais. Quand j'aperçois une fille seule au fond du couloir je saisis immédiatement ma chance. Je trottine jusqu'à elle les muscles en compote. Elle m'accueille avec un sourire franc :
« Bonjour ! fait-elle gaiement. Tu es nouvelle ? tu es perdue ? ou somnambule peut-être ? »
« Oui, oui et non je ne suis pas somnambule. Her-Ginny Weasley, enchantée. »
Je m'avance pour lui faire la bise mais me recule quand je me rappelle qu'ici c'est déplacé. Je tends finalement la main qu'elle saisit avec enthousiasme.
« Luna Lovegood, enchantée aussi ! alors comme ça tu es perdue ? moi ça m'arrive constamment du coup je mange sans couvert depuis ma première année. Mais tu sais les animaux mangent sans couvert alors pourquoi pas nous ? Mon père disait souvent… »
Elle continu à débiter des choses étranges pendant une minutes. Je l'écoute d'une oreille distraite, trop occupé à la détailler. Elle a des cheveux d'un blond sale, de grand yeux bleu et une large cicatrice qui part de son oreille gauche jusqu'à la commissure de ses lèvres. J'ai bien l'impression que les cicatrices de Ginny vont se fondre dans le décor ici. Je finis tous de même par l'interrompre :
« Je euh… je cherche mon frère. »
« Oh ! tu as un frère ? c'est formidable ! où pense tu qu'il soit allé ? »
« Je ne sais pas mais… attend, où sont les quartiers de Gryffondor ? »
« La salle commune de Gryffondor tu veux dire ? elle est au septième étage, cachée derrière le tableau d'une dame qui porte une robe rose. »
« un tableau et une dame en rose, je répète pour m'en rappeler clairement. Très bien, merci beaucoup. »
Je pars en trottinant puis grimpe une nouvelle volée de marches. Le septième étage s'avère aussi désert que les autres. Cependant il semble que peu de personne y mettent les pieds même en dehors des repas. En effet la poussière s'accumule sur les tapis usés ainsi que les toiles d'araignée dans les coins des fenêtres.
Je trouve plus rapidement que je ne l'aurait cru le tableau de la dame en rose. Comme si je connaissais depuis toujours le chemin pour y aller. Il est aussi large qu'une porte.
« Bonjour, je suis la Grosse Dame, fait la femme peinte avec un sourire triste. Vous cherchez le garçon n'est-ce pas ? »
J'hoche la tête. J'ai vu juste, Ron est bien ici.
« Faites quelque chose pour ce pauvre petit, murmure-t-elle en pivotant pour laisser apparaitre un large trou dans la pierre. »
Derrière l'entrée m'attend un spectacle désolant. Des fenêtres à moitié barricadées par des planches de bois, un sol recouvert de débris, de chandeliers, de verre et de poussière. Les fauteuils et les tables sont renversés le bois brisé à divers endroit. Quant à la tapisserie rouge qui parcourt les murs, elle est non seulement éventrée mais on peut aussi y lire en grosse lettre : « Gryffondor : maison des traitres à leur sang » « Sang-de-bourbe ! » « Pariât ! » « Rentrez chez vous ! ».
C'est la première fois que je viens ici. Pourtant je suis aussi bouleversée que si on s'en était pris à quelque chose qui m'était cher. Un immense sentiment d'injustice me brûle de l'intérieur. Comment on-t-il pu ? De telle chose de devrait pas pouvoir se produire. C'est injuste ! C'est… mal ! Cette école devrait être un foyer, une deuxième maison pour les élèves. Au lieu de ça c'est un endroit où règne discrimination, haine et règles honteuses.
D'un geste vif j'essuie mes larmes de rage pour ensuite traverser d'un pas raide la salle commune jusqu'à un petit escalier qui me mène au dortoir. Toutes les portes sont fermées à l'exception d'une. Je pousse doucement celle-ci.
La pièce est un peu moins dévastée qu'en bas. Un rayon de lune travers la vitre sale. Ron est assis dos à moi sur un lit à baldaquin dont les rideaux semblent avoir violemment été arraché. Je m'approche et m'assois à ses côtés. Il ne bouge pas. Il ne me regarde pas.
« C'est ici que l'on aurait dû être Hermione, murmure-t-il d'une voix brisée. Ici… à rire, à faire de la magie, à parler de chose inutile et sans importance. Ni toi, ni moi, n'a eu le droit à l'enfance que l'on aurait dû avoir, qui nous était dû. On est des gens bien non ? alors pourquoi c'est nous qui souffrons ? »
Je le regarde tristement. Je ne dis rien, parce qu'il n'y a rien à dire. Rien à faire.
« Je le sais, au fond de moi, que j'aurais été à Gryffondor comme toute ma famille, continue Ron. C'est un truc de Weasley : on est bon au Quidditch et va à Gryffondor. J'ai été le premier… le seul… à aller chez ces traitres ! Et toi aussi Hermione tu y serais allée à Gryffondor. Tu as beau être intelligente, tu es bien trop courageuse pour aller à Serdaigle. Pareil pour Harry. On aurait dû être tous les trois ici, à vivre et nous soucier de rien. Et… »
Ron se met à pleurer. De lourdes larmes viennent couler sur son visage tordu par le chagrin. Sans un mot j'entoure de mes bras son torse secoué par les sanglots. Et je serre Ron contre moi, aussi fort que possible. Comme si mon étreinte pouvait aspirer à jamais sa douleur.
Les sanglots de Ron se calment petit à petit. Il enfouit son visage dans mon cou, je frissonne. Je sais que je ne devrais pas mais je ne peux pas m'empêcher d'aimer Ron. C'est irrémédiable, rien ne pourra changer ça. Je ferme les yeux, chassant les ultimes larmes qui emplissaient mes yeux.
« Ne part pas, murmure-t-il contre ma peau. »
Je ne vais nulle-part, je souffle.
Dans un silence absolu, nous restons ainsi plusieurs minutes. Des minutes volées, des minutes interdites, où nous sommes Ron et Hermione peut-être pour la dernière fois avant un long moment.
Quand à contre cœur on se détache l'un de l'autre, nous ne pleurons plus. Cependant je sens mon visage s'enflammer. Ginny rougit bien plus facilement que moi on dirait… mes pensées s'embrouillent un peu plus avec l'odeur de son frère à présent imprégné sur mes habits. Quant à Ron il fixe intensément le mur derrière moi.
« On… On devrait aller chercher Harry, dit-il maladroitement. »
J'acquiesce. Il a raison. On a assez fait attendre le pauvre Harry. Nous traversons la salle commune en regardant droit devant nous. On ne peut plus faire de faux-pas à présent, ni nous laisser porter par l'émotion. Et quand au niveau du trou derrière le tableau Ron me dit « après-toi Ginny », je sais que notre mission commence maintenant.
