Comme je l'avais annoncé, j'ai eu une semaine très chargée, donc je n'ai pas pu écrire... ou presque pas ! Ce week-end j'ai été invitée à une fête, donc je me rattrape aujourd'hui avec ce chapitre de plus de 4000 mots ! Merci à vous tous pour vos marques de sympathie et de soutien, croyez bien qu'elles sont appréciées !
Nda : J'ai trouvé l'idée de travailler sur les portes amusante, j'espère qu'elle vous distraira ! C'est un chapitre qui mélange un peu tout les registres autour des portes qui peuvent être ouvertes ou fermées. Je crois que la dernière sera sans doute une ouverture, un entrebâillement pour Severus, à lui de saisir sa chance !
Deuxième petit point avant de vous laisser dévorer le chapitre : en écoutant des musiques d'HP sur Youtube, j'ai découvert qu'Alexandre Despiat avait composé « The Resurrection Stone », j'ignorais que la pierre de Résurrection avait son propre thème dans la BO... En l'écoutant, j'ai pu constater qu'elle était intimement liée au thème de Lily. Les sensations que j'ai eues en l'écoutant sont multiples (un aspect brillant au début qui traduit l'émerveillement, une joie, mais aussi la sensation de danger, l'idée du sacrifice et l'amour maternel de Lily), elles me confortent dans l'idée que le lien entre Harry et sa mère est puissant et le fait que le thème de Lily est repris dans ce morceau et pour la mort de Severus me donne l'impression d'une forte cohésion entre ces personnages. D'ailleurs, il n'y a pas (à ma connaissance) de thème pour James...
Tout ça pour dire que dans mon histoire, j'espère retranscrire les émotions décrites au-dessus...
RAR :
proki : l'inspiration est encore là ! Je me suis soignée pour les fins sadiques, j'espère que la fin de celui-ci ne te laissera pas trop sur ta faim... Moi, je ne m'en rends pas trop compte parce que j'ai déjà la suite en tête. Mais je comprends ta frustration ! Bisous
Drago'addict : je me range à ton avis, le chapitre précédent ne m'a pas pleinement satisfaite quand je l'ai publié, mais j'ai eu l'impression que je n'arriverais pas à quelque chose de mieux... Bref, la fatigue, les soucis, les cours, on n'est pas toujours au top comme tu dis ! Je suis globalement plus contente de celui-ci. J'ai mis du temps à l'écrire parce que... j'ai manqué de temps, mais dans ma tête c'était plus construit. J'espère qu'il te plaira :)
sissi-72 : merci à toi ! Un début d'évolution dans ce chap' bisous !
Chapitre 21 : Portes ouvertes ou fermées
Une odeur de pommes cuites réveilla l'appétit de Severus, il réajusta sa cape et se rendit dans la cuisine. Depuis la veille, il n'y avait pas eu de nouvelle dispute entre les deux sorciers de la maison. Il regarda le gamin essuyer une poêle et la ranger dans le placard. Ses gestes n'étaient plus hésitants comme durant les premiers jours, désormais il connaissait l'emplacement de chaque ustensile de cuisine. Il constata avec une certaine horreur les habitudes qui s'étaient mises en place, révolutionnant immanquablement sa vie.
- Bonjour, lança-t-il d'un ton dénué de mépris.
Harry se retourna, il n'entendait jamais Rogue arriver, à chaque fois il se faisait surprendre.
- Oh, bonjour, répondit-il.
Severus remarqua encore l'air surpris du garçon, Lily avait un peu la même moue quand elle était petite. Sans parler davantage, il entreprit de mettre le couvert pendant qu'Harry terminait de faire cuire du bacon. Il apporta sur la table tout ce qu'il avait cuisiné, les pommes en dernier. Il attendit que Severus se serve pour en faire de même. Voyant qu'Harry ne prenait que des petites parts, Rogue lui dit :
- Prenez-en davantage, après tout, c'est vous qui avez cuisiné.
- Oui, Professeur, déclara le Survivant avec une docilité inédite.
Severus resta muet tout le long du petit déjeuner, plongé dans ses pensées. Il mangeait doucement, pas pressé pour une fois de terminer ce repas. Il avait l'impression qu'il devait dire quelque chose, mais il ne voulait pas non trop s'engager sur des chemins dont il ignorait l'issue. Le gosse avait déjà fini, il se tenait à l'autre extrémité de la table, il se leva son assiette à la main.
- Harry, commença lentement Severus.
Harry suspendit son geste, reposa son assiette pour ne pas la laisser tomber. Il se rassit pour entendre ce qu'on avait à lui dire, cela devait être assez important pour que Rogue utilise son prénom.
- Je crois que nous devrions nous appeler par nos prénoms, déclara-t-il d'un ton mesuré, vous n'êtes pas mon élève pendant les vacances et je ne suis pas non plus votre professeur.
Une fois la surprise passée, Harry regarda fixement Severus, il avait l'air mal à l'aise. Severus priait Merlin pour que le gosse n'éclate pas de rire devant cette proposition. Il ferma les yeux, les sourcils froncés, attendant sa sentence.
- Je crois que c'est possible, déclara Harry quand il retrouva enfin sa voix.
Il sentit que son cœur s'emballait, que ses joues se réchauffaient, il ignorait si c'était de la panique ou de la joie.
- Je vais essayer, rajouta-t-il la voix tremblotante.
Severus détacha ses yeux des prunelles émeraudes héritées de Lily, il avait gardé son attitude neutre du mieux qu'il pouvait. Le gosse ignorait tout de l'agitation qui régnait en lui. Quelle était son envie d'aller dans le salon prendre la pierre aux reflets dorés pour dire à Lily ce qu'il venait de faire ! Il aurait bien le temps dans la matinée, il ne devait pas céder tout de suite à la tentation, il était fort, il était capable d'attendre, par Salazar !
- Laissez la vaisselle, je vais la faire, dit-il lentement.
- Bien, Monsieur.
Alors que Severus le fixait avec intensité Harry se corrigea :
- Severus.
Il ne s'attarda pas dans la cuisine, s'engouffrant dans le couloir sans attendre, désireux de cacher la rougeur de ses joues. Son cœur battait fort encore quand il pénétra dans sa chambre. Il se vautra dans un fauteuil près de la fenêtre, les yeux perdus dans le vide, mais le sourire aux lèvres. Il n'arrivait pas à s'expliquer ses réactions. Même s'il était sensé détester Rogue, non seulement pour ses moqueries à Poudlard, mais aussi pour la scène de la veille, son cœur se réjouissait de la nouvelle tournure de leur relation. Il hésitait encore, pouvait-il lui faire confiance ?
La vaisselle fut l'occasion pour Severus de faire le point sur l'entente cordiale qui s'était établie depuis leur précédente discussion. Il était content de voir que le gosse ne posait pas des questions sans cesse, il ne le dérangeait pas trop dans sa vie solitaire. Il ne savait pas encore s'il arriverait à l'appeler par son prénom, le « Potter » dont il avait trop l'habitude lui démangeait la langue à chaque fois qu'il apercevait la tignasse décoiffée du morveux. Il repensait aux discussions avec Lily, mais il était trop difficile d'abandonner le passé pour penser à son avenir. Il se demandait aussi s'il ne fallait pas qu'il passe davantage de temps avec lui. Réfléchissant à des réponses possibles, il se referma un placard et étendit son torchon. Machinalement, il prit le chemin de son bureau.
- Par Salazar ! jura-t-il en tournant en vain la poignée de son bureau.
Il essaya de jeter des sorts pour ouvrir la porte, mais rien ne fit effet, c'était comme si la porte avait été collée avec un puissant maléfice. Il commença à secouer la porte en continuant à se pester contre la porte. Harry, qui avait entendu Rogue crier depuis sa chambre, descendit voir ce qui se passait, n'oubliant pas cette fois sa baguette magique. Il faillit éclater de rire en découvrant Rogue occupé à secouer la porte de son bureau.
- Mais elle va s'ouvrir, cette imbécile de porte ! grognait-il.
Malheureusement pour Harry, un léger gloussement parvint jusqu'aux oreilles de Severus. Il se retourna en un quart de seconde avec une mine contrariée.
- Que voulez-vous ? dit-il avec rudesse.
- Je vous ai entendu et je suis venu voir ce qui se passait, expliqua le Survivant.
Severus garda pour lui la réponse acerbe qu'il s'apprêtait à jeter au visage de son fils. Il reporta toute son attention sur la porte qui bloquait obstinément l'accès à son bureau. Il avait l'impression de se ridiculiser devant le gosse. Qu'allait-il penser de lui s'il n'arrivait même pas à ouvrir une fichue porte ? Et d'ailleurs, depuis quand se préoccupait-il de ce que pensait le Garçon-Qui-A-Survécu ?
Il n'allait pas perdre la face comme ça ! Puisqu'il ne pouvait pas aller dans son bureau pour une raison inconnue, il allait s'enfermer dans son laboratoire ! Mal lui en prit ! La porte ne s'ouvrait pas non plus. Il allait essayer à nouveau, lorsque Fumseck se matérialisa devant lui. Il ne vit qu'un bref éclair rouge et or et une lettre tomber sur le sol. Le phénix disparut de la même façon, ne laissant même pas le temps aux deux sorciers de dire « Quidditch ».
Severus reconnut l'écriture de son supérieur. En réalité, il n'était pas surpris, il n'y avait que le vieux siphonné pour lui envoyer une lettre au moment précis où il s'acharnait sur une porte qui ne voulait pas s'ouvrir. Avant même de lire la lettre, il était persuadé que l'éternel optimiste adorateur du citron sous toutes ses formes était impliqué de près ou de loin dans cette affaire de portes closes.
Severus,
Comme je l'avais prévu, vous essayez d'entrer dans votre bureau ou votre laboratoire. J'ai cru bon,
Justement, cela n'annonce rien de bon, lorsque vous faites quelque chose que vous croyez bon, espèce de sénile glucosé ! pensa Severus avec colère.
Il reprit sa lecture, assez agacé par les babillages inutiles de Dumbledore.
J'ai cru bon, de condamner provisoirement l'accès à ces deux pièces pour que vous ayez plus de temps à consacrer à Harry. Quel dommage de vous enfermer dans vos chaudrons, au lieu de profiter du parc et de la plage pour faire connaissance! J'espère que cette idée vous réjouira !
Albus.
PS :La dernière phrase était de l'ironie pure, Severus, mais je suis persuadé que vous l'aviez compris !
- On n'est même plus tranquille chez soi ! s'époumona Rogue en frappant du pied.
Harry le dévisageait avec des yeux comme des soucoupes. Il recula d'un pas, prévenant une attaque de colère de Rogue. Il osa néanmoins demander à voix basse :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Ce vieux fou veut tout régir comme d'habitude ! Mais là, il se trompe, il n'a rien à faire dans ma maison ! Je suis encore le maître chez moi !
Severus regarda son fils avec colère, c'était énervant de contempler l'air embarrassé du morveux, en plus il ne semblait pas comprendre la raison de sa colère. Il lui tendit le parchemin dans un geste raide. Tandis qu'Harry parcourait les quelques lignes de la lettre, Severus retrouva son air insondable. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour remettre en place son masque d'indifférence.
- C'est Dumbledore, commenta le gamin en lui rendant la lettre. Il n'y a rien à faire pour le faire changer d'avis.
Severus n'avait aucune envie de se résigner comme le Gryffondor le faisait, il n'allait pas se laisser faire ! Il congédia sèchement Harry avant d'appeler Dobby, l'elfe de maison était son seul lien avec le Directeur. Dobby transplana devant Severus. Il semblait gêné de se trouver là, le vieux fou l'avait sans doute prévenu.
- Appelle-moi Dumbledore ! ordonna-t-il.
- Le Professeur Dumbledore n'est pas disponible pour l'instant, annonça faiblement l'elfe.
Il levait ses yeux globuleux vers Severus, espérant que le sombre professeur ne lui lance pas un maléfice cuisant.
- Je t'ai dit d'aller le chercher ! dit Severus plus fort.
- Le Professeur Dumbledore n'est pas disponible pour l'instant, récita-t-il à nouveau.
- Je me fiche de savoir s'il est disponible ou non ! Je t'ai demandé de l'appeler ! fit-il agacé de la tournure que prenait la conversation.
- Dobby est désolé, mais Dobby ne peut rien faire de plus pour vous aider.
L'elfe s'excusa en courbant l'échine d'une manière misérable et tranplana dans un pop sonore.
Severus resta immobile le temps de réaliser que l'elfe avait pris la fuite sans lui apporter de solution. Dumbledore ne viendrait pas ! C'était une certitude, le vieux fou n'en faisait qu'à sa tête et une fois encore, il n'avait pas d'emprise sur la situation. Faire connaissance sur une plage avec Potter, non avec Harry, lui semblait stupide. Il n'avait pas envie de salir sa maison avec le sable de la plage ! Et il n'allait à la plage qu'avec Lily !
De rage, il passa la matinée dans le salon à feuilleter de vieux ouvrages sur les potions. Le retour dans la demeure familiale lui permettait d'accéder à l'ancienne bibliothèque, qui n'avait rien à envier à celle de Poudlard. La collection de livres de sa famille était si vaste que les murs de la bibliothèque avaient dû être étirés magiquement. Severus avait trouvé dans la petite bibliothèque du salon des livres passionnants qu'il n'avait plus consultés depuis bien longtemps. La lecture l'occupa toute la matinée, jusqu'à l'heure de préparer le repas, il en avait même oublié d'utiliser la Pierre de Résurrection.
Harry avait éclaté de rire en se barricadant dans sa chambre, Rogue était ridicule en train de s'acharner sur cette pauvre porte. Il gloussa encore en repensant à la lettre de Dumbledore, il fallait croire que le Directeur était complètement fou pour s'adresser ainsi à Rogue. Quoiqu'il ne risquait pas grand chose vu qu'il n'était pas en face de la terreur des cachots.
J'espère que cette idée vous réjouira !
Il fallait être fou pour dire ça à Rogue, pensa Harry. Il se dit aussi qu'il devrait le raconter à Ron, il était sûr que cela le ferait rire.
Ron, rien que le fait d'évoquer son nom, rappelait à Harry tous les bons moments passés ensembles, les parties d'échec, les aventures sous la cape d'invisibilité. Ron lui manquait, Hermione lui manquait, Poudlard, sa vraie maison, était trop loin. Il ferma les yeux, concentré sur le visage de ses amis, de la famille Weasley. Ils étaient comme sa famille, comment réagiraient-ils quand ils apprendraient que Rogue était son père ? La réaction de Ron l'effrayait, il ne savait pas comme il pourrait faire, si Ron l'abandonnait. Une partie de lui voulait être égoïste, toute sa vie il avait cherché à avoir une famille, il avait maintenant Rogue et même s'il n'était pas le père de ses rêves, il était bien forcé de l'accepter. Enfant, si on lui avait proposé Rogue comme père, il aurait accepté, il aurait accepté n'importe qui du moment qu'on le sorte de chez les Dursley, qu'on lui offre un foyer. Aujourd'hui, il savait que Rogue était son père et c'était dur à avaler. Dans un an, il serait majeur, il n'aurait plus besoin de personne. Pourquoi avoir un père pour un an ? se disait-il. Rogue avait autant envie de le voir, que lui avait envie de prendre le thé avec Voldemort et il était sûr qu'une fois qu'il aurait 17 ans, Rogue le laisserait sur le carreau. Harry se sentait déchiré par toutes ces pensées contradictoires.
A mdi, il descendit prendre le repas. Autant Rogue était un potionniste émérite, autant il était mauvais cuisinier. A chaque fois qu'il faisait à manger, Harry avait le droit à des pâtes et du rôti presque desséché. Depuis qu'il était arrivé, il n'avait fait aucun commentaire sur la nourriture, bien content d'avoir de quoi manger. De son côté, Severus faisait une moue dégoûtée chaque fois qu'il goûtait ce qu'il préparait. L'Elu se débrouillait mieux que lui derrière les fourneaux, mais il ne partagerait pas cette réflexion.
- Je voulais vous demander, se lança enfin Harry, si je peux écrire à Hermione, si vous avez un hibou, bien entendu. Mais si vous ne voulez pas, ce n'est pas grave, je comprendrai.
Harry se détesta pour son manque d'éloquence, il ne comprenait pas pourquoi devant Rogue il perdait à ce point ses moyens. Severus eut un rictus moqueur.
- Je vous montrerai la volière et Carbone portera votre lettre, accorda Severus sans s'attarder sur la phrase embrouillée de son fils.
- Oh, s'exclama Harry surpris de cette autorisation, c'est vraiment... vraiment super !
- Ce n'est pas grand chose.
- Si, je suis tellement content ! Merci, Monsieur.
Severus hocha la tête, il était un peu déçu que le gosse ne l'appelle pas par son prénom. On ne pouvait pas effacer en une journée les vieilles habitudes...
La fin du repas se poursuivit dans un silence inconfortable. Quand Harry sortit de la cuisine, Severus soupira de soulagement, comprenant à quel point les semaines à venir seraient difficiles à vivre avec une telle tension entre eux. Son enfant n'avait pas confiance en lui et sa perte de contrôle n'avait rien arrangé. Il ignorait combien de temps il faudrait pour que leurs relations s'améliorent et surtout comment faire. Dans ce tableau noir, il y avait un point positif. Etrangement, depuis que le gosse avait décrété qu'il reprendrait son apparence quand il le voudrait, il se sentait moins importuné par le physique d'Harry. La situation était désormais claire et il lui fallait attendre que ce moment vienne.
Harry avait terminé d'écrire sa lettre, il la relut une fois avant de la glisser dans une enveloppe.
Hermione,
J'espère que les retrouvailles avec tes parents se sont bien passées. J'ai transplané avec Rogue dans un manoir dont j'ignore la position, il m'a donné une grande chambre avec vue sur le parc, elle est vraiment immense par rapport à celle que j'avais chez les Dursley ! A part ça, je ne vois pas beaucoup Rogue, il passe la plupart de son temps dans son labo ou dans son bureau. Mais ça, c'était jusqu'à aujourd'hui ! Dumby a jeté un sort sur les portes de son bureau et de son laboratoire pour qu'il n'y aille plus. Bref, une idée de notre cher directeur pour qu'on passe plus de temps ensemble. Je ne te raconte même pas la tête qu'il a fait quand il a appris qu'il ne pourrait plus faire de potions...
Depuis mon arrivée, il avait un comportement bizarre et hier j'ai découvert qu'il utilisait la Pierre de Résurrection à longueur de journée pour parler avec ma mère. Quand je lui ai dit d'arrêter ça, il est devenu fou, j'ai cru qu'il allait me tuer. Heureusement, ma mère l'a calmé, je n'ose même pas imaginer ce qui se serait passé si elle n'avait pas été là... Aujourd'hui il semble normal, même s'il est en colère à cause de Dumbledore.
Sinon, je n'ai pas le droit d'aller dehors, interdiction formelle de Rogue. Je ne sais même pas pourquoi je lui obéis ! Je passe donc mes journées dans ma chambre, à étudier mes cours et à faire les devoirs de vacances... tu serais hyper fière de moi ! Et toi, que fais-tu ?
Aurais-tu une idée pour sauver Sirius ? Ne me dis pas que c'est impossible ou insensé ! J'ai besoin de mon parrain !
Amitiés,
Harry.
PS : Rogue m'a dit de l'appeler par son prénom, c'est trop étrange !
Il reprit sa plume pour écrire l'adresse, il souffla doucement pour faire sécher l'encre. Il descendit l'escalier, pressé de faire partir son courrier, il trouva Rogue dans le salon. Il regarda l'épais volume sur les genoux du maître de potions avec une moue dégoûtée. Il toussota pour attirer son attention.
- J'ai terminé ma lettre, déclara-t-il.
- Bien, je vais vous montrer Carbone.
Ils montèrent jusqu'au grenier, jusqu'à présent, Harry n'avait pas réalisé à quel point la maison était grande ! Les elfes avaient particulièrement bien nettoyé la bâtisse, même le grenier semblait propre. Ils entrèrent dans une petite pièce, il y avait de nombreux casiers, tous étaient vides sauf un. Un petit hibou aussi noir que les cheveux de Rogue battait des ailes dans son casier.
- Carbone ! appela Severus.
- Et si la lettre part à Poudlard ? demanda Harry.
Il venait de penser à cette hypothèse, elle lui figea le sang.
- Il n'y a pas de raison que cela arrive, déclara Severus avec confiance.
Le hibou vola jusqu'à lui et le regarda avec ses petits yeux onyx. Harry trouva que la ressemblance entre Severus et l'animal était troublante.
- Porte cette lettre à Miss Granger, à Londres !
L'oiseaux hulula joyeusement avant de prendre son envol. Harry le regarda s'éloigner du domaine, il plissa les yeux jusqu'à ce qu'il ne distingue plus le petit point couleur charbon dans le ciel. Rogue partit dans un bruissement de cape, Harry resta accoudé la la fenêtre de longues minutes.
Le soir venu, Harry prépara la dîner pour éviter un nouveau désastre culinaire de la part de Rogue. Ils s'assirent face à face, Harry jetait des coups d'oeil à la dérobée, étudiant chaque fait et geste de son père qui pourrait trahir une ouverture. Rogue s'aperçut des regards insistants que le gosse pensait discrets. Agacé à la fin par toutes ces oeillades, il lui lança :
- Avez-vous un problème ?
- Non, non, balbutia-t-il.
Alors que l'imprononçable Severus ne franchit pas les barrières de ses lèvres, Harry put noter une fois encore qu'ils évitaient soigneusement de recourir aux prénoms. Cela lui paraissait aussi improbable que d'appeler Mc Ginagall, Minerva ou Dumbledore, Albus. Il ne s'imaginait pas du tout dire au directeur : « Eh bien, Albus, un petit biscuit au citron ? ».
L'idée aurait pu le faire rire s'il n'avait pas été gêné par la situation. Il s'accabla mentalement de reproches, pourquoi ne pouvait-il pas dire ce qu'il avait besoin de dire ? Ce n'était pourtant pas sorcier ! se répétait-il.
Pourtant il ne parvint pas à se persuader d'ouvrir la bouche. Severus, quant à lui, n'ignora pas l'étrange comportement du Gryffondor. Mais que pouvait-il faire de plus ? Il lui avait demandé ce qu'il avait et il n'avait rien dit. Une partie de lui était intimement convaincue que c'était important, alors que sa mauvaise foi se réfugiait derrière le silence réconfortant de l'enfant. Harry, bien qu'oppressé par le calme pesant qui régnait dans la cuisine, vit le moment de débarrasser la table arriver à une vitesse folle. Il se proposa pour essuyer la vaisselle, trouvant par la même occasion une excuse pour rester dans la cuisine, les assiettes défilèrent les unes après les autres sans qu'il s'en rende compte. Il plongea sa main dans le bac à vaisselle qui était vide, ce fut comme une chute, il n'avait plus aucun raison de prolonger sa présence avec son aîné.
Après avoir marmonné un bonsoir fort peu enthousiaste, il regagna sa chambre sans entrain. Les livres qu'il feuilleta ne parvinrent pas vraiment à le tirer de sa mélancolie. Vers dix heures, il décida d'aller se brosser les dents, cela l'empêcherait de tourner dans sa chambre comme un lion en cage. Il s'observa longuement dans le miroir au dessus du lavabo. Il passa une main sur son visage fatigué, s'arrêtant sur les cernes qui entouraient ses yeux verts. Il se sentait épuisé, la longue sieste de la veille n'avait pas été suffisante pour lui permettre de reprendre des forces. Son reflet l'exaspéra, il plongea dans son lit encore contrarié. Il se releva pour ouvrir les rideaux de sa chambre, l'éclat de la nouvelle lune lui permettait de ne pas dormir dans le noir complet. Il entoura son lit d'un sort de silence comme il avait pris l'habitude de le faire à Poudlard et lutta longtemps pour ne pas s'endormir.
Lorsque Severus monta se coucher, Harry ne dormait toujours pas. Il avait passé la soirée à lire, installé confortablement dans un fauteuil du salon. Il avait pensé que le gosse redescendrait lire ou travailler un peu dans le salon, il s'était même surpris à regarder sa montre plusieurs fois. Quand il avait entendu la porte de la salle de bain grincer pour le deuxième fois, il avait compris qu'il terminerait sa soirée comme elle avait commencé. Quand ses yeux commencèrent à piquer, il se leva péniblement, certain que s'il restait un peu plus, il passerait sa nuit dans un fauteuil, loin d'être agréable comme son lit. Il jeta un rapide coup d'oeil au livre qu'Albus lui avait donné avant d'éteindre la lumière.
Alors que Severus dormait paisiblement, Harry parvint à se réveiller, la respiration haletante, le corps couvert de sueur. Il avait la bouche horriblement sèche, il osa enfin se lever, il dut s'appuyer au mur tant ses jambes étaient fragiles. Toute sa force était concentrée dans sa main droite qui agrippait avec fermeté sa baguette. Il se sentait prêt à riposter en cas d'attaque. Il marcha à tâtons jusqu'à la salle de bain, il ouvrit le robinet sans allumer la lumière, il s'abreuva comme s'il venait de traverser le désert. Le liquide glacé coulait dans sa gorge, apaisant le feu qui l'habitait, il tombait avec rudesse dans son estomac encore tourmenté, qui menaçait de rendre son contenu d'un instant à l'autre. Il forma un récipient de fortune avec ses mains, et lorsque le petit bol fut rempli, il jeta l'eau sur son visage. Il recommença, se fichant de mouiller son haut de pyjama, l'eau glaciale lui rendait ses esprits. Peu à peu, il comprenait qu'il n'y avait ni Détraqueur ni Mangemort dans la maison.
Il aurait voulu y croire.
A Poudlard, c'était tellement plus facile, il suffisait de regarder les garçons qui dormaient paisiblement dans le dortoir et de retourner sur son lit. Bien sûr, il ne dormait plus de la nuit, mais son angoisse diminuait.
Il quitta la salle de bain, le corps encore tremblant. Il regarda la porte fermée de la chambre de Rogue. Devait-il le réveiller ?
- Tu délires, mon vieux, murmura-t-il.
Il regarda la porte avec convoitise, il s'avança vers elle, posa la main sur la poignée. Rogue le saurait-il, s'il était introduit en douce dans sa chambre ? Paranoïaque comme il est, pensa-t-il, c'est sûr que demain il serait transformé en ingrédient pour potions !
Il envisagea toutes les solutions imaginables et pesant le pour et le contre, il s'assit contre la porte, la tête reposée sur les genoux, la baguette à la main. Il ne dormirait plus, mais la moquette du couloir était encore préférable à ses draps humides. Contrairement à ce qu'il pensait, l'angoisse le quitta peu à peu, ses paupières devinrent lourdes. Plusieurs fois, il secoua la tête pour repousser le sommeil qui s'offrait à lui, bientôt il cessa de lutter, croyant qu'il pourrait profiter de quelques heures de sommeil et se réveiller avant Severus.
A suivre...
Voilà ! C'est tout … pour le moment !
A votre avis, Harry va-t-il se réveiller avant son cher papa ?
Prochain chapitre quand je peux... J'ai repris les cours et la charge de travail qui m'attend est un peu désespérante :(
J'ai déjà des idées pour le prochain chapitre, la réponse d'Hermione, etc.
Chut ! Il ne faut rien dévoiler *secret défense*
Bisous,
C.
