Manipulé.

Naruto et Sasuke regardèrent les hommes de Naruto paraître à leur tour. C'était un cercle concentrique: eux deux, puis les soldats et finalement les hommes de Naruto. Les armes glissaient des fourreaux quand elle ne cognaient pas entre elles. Bientôt une sorte de grondement naquit de la noirceur de la place. Etait-ce là uniquement les armes ou entendait-on aussi les cœurs battre la chamade? Chacun était prêt à se battre pour celui en qui il croyait : d'un côté les rebelles, ceux suivant le « messie » venu sauvé Konoha et de l'autre, les « protecteurs » de la cité, envoyé du Daimyo.

Tout cela promettait d'être terriblement ennuyeux et Sasuke soupira imperceptiblement. Il n'avait jamais aimé les contre-temps, les discussions inutiles et moins encore les traquenards visant à le dévier de son objectif. De l'autre côté, la situation pour une raison quelconque, semblait amuser Naruto, mais lui s'était toujours amusé d'un rien. Tout son contraire. C'était sans doute pour ça que Sakura s'était éprise de lui, parce qu'il était toujours si positif et si blagueur. Il le savait pertinemment. D'ailleurs, chaque fois qu'il la voyait, il ne pouvait s'empêcher de la revoir dans cette chambre, affalée sur le lit, pleurant toutes les larmes de son corps : le lendemain de leur mariage - et en l'occurrence de leur nuit de noces. Un frisson parcourut sa colonne. C'était la seconde fois où il l'avait vu pleurer. Pas un instant, il n'avait douté qu'il s'était passé quelque chose entre eux. Pas un instant, il avait cru qu'elle l'avait épousé par amour. Il était loin le temps de la fillette et des « Sasuke-kun ». Elle était intelligente et plus encore dévouée à ce maudit village auquel il était attaché par une stupide promesse. Calculatrice? Peut-être pas mais chacun était seul juge de son propre dévouement.

Quelque chose se mit en place tout seul, comme un rouage jusque-là gêné par un grain de sable: savait-elle que Naruto allait revenir? Etait-ce pour ça la demande de divorce? Allait-elle déserter avec lui ou allaient-ils rester et vivre avec elle sous son nez ?

Comme un feu, brûlant, dangereux, vicieux, la colère se mit à le consumer de l'intérieur. C'était surement à lui qu'elle pensait dans ses bras, à lui quand il lui faisait l'amour, quand il la caressait. Que croyait-elle? Qu'il n'avait jamais vu ses vieilles photos cachées dans un tiroir secret? Avec combien d'autre avait-elle oublié le blond? Et Setsuna, était-il réellement son fils? Beaucoup de monde à Konoha à l'époque avaient les cheveux noirs, y compris le propre père de Sakura.

Sa marque – du moins sa cicatrice- lui brûla comme jamais. Jalousie ou danger, seul le destin saurait le dire.

***

Setsuna sentit sa tête bouillir. Quels genres de techniques pouvaient bien utiliser ses types pour lui faire aussi mal ? Sa vue se brouilla. C'était rouge, tout rouge, juste rouge, comme si le pourpre était désormais partie intégrante de la scène. Il avait mal. Ses yeux, eux-même qui lui faisaient tellement ressembler à son père, lui faisaient mal. Une douleur atroce, cuisante, exponentielle. Les quelques secondes qu'il les ouvrit furent des poignards qui traversèrent son pauvre cerveau comme un couteau dans du beurre mou. Exactement, son cerveau n'était qu'une partie molle et inconsistante de son être. Un endroit à part, détaché de lui même...du moins il l'aurait aimé. Il referma de nouveau les paupières mais ce fut plus douloureux encore, comme si tout ce qui faisait cette effroyable souffrance cherchait à sortir de lui. Il les rouvrit et tout fut...différent. Les images n'étaient que des ralentis de la réalité, des calques mal superposés. Un poing vint à sa rencontre – oui il était toujours entrain de se battre- et il recula mais trop tard. Le poing passa à travers lui. L'instant d'après le même poing revint vers lui, plus réel que jamais...mais ne le toucha jamais. Tout ça c'était vraiment trop bizarre.

***

Qu'y avait-il en cet instant de plus frustrant? Rien. Absolument rien. Setsuna avait beau cherché, il ne voyait pas. Cet homme aux allures de loup venait de lui sauver la vie à lui et à Shirin alors qu'il s'était évanouie. Il devait sa -misérable?- vie à un parfait inconnu. Passe encore pour le côté inconnu mais il n'était même pas essoufflé alors que lui pouvait à peine tenir sur ses jambes. Bon d'accord, il n'était qu'un gamin mais n'arrêtait-on pas de lui répéter qu'il était un génie digne de son père? Le coup du « je me pose en héros » il le voyait venir à des kilomètres. Et Shirin qui dormait encore.

Il lança à la gamine un regard plein d'amertume et de jalousie. Lui aussi il aurait aimé dormir! Y'a pas qu'elle qui fera des cauchemars! Il aurait aimé dormir plutôt que de voir le regard de Yume. Un regard qu'il n'avait jamais vu aussi inquiet et plein de doute. Craintif sans doute aussi. Pourtant elle n'avait pas flanché au moment d'invoquer la technique qui les avaient tous les deux projetés à plusieurs mètres de là. Elle avait à peine une fois tourné la tête dans la direction du jardin sans doute pour voir Gai. Comment pouvaient-ils réellement être ensemble ces deux là? Argh, les goûts ne se discutent pas c'est bien connu.

Il soupira. A quoi bon ruminer tout ça ? Autant s'en prendre aux vrais ennemis -même si ceux-ci font office de géant face à vous.

– Tu dois être le fils de Sasuke c'est sûr avec des techniques pareilles! Tu pourrais quand même dire merci.

D'un « Tss » plus que dédaigneux, il remercia Kiba. Pas son genre d'être impoli mais ce type lui portait réellement sur les nerfs.

– Alors toi, t'es vraiment trop comme ton père! Arrogant, imbu et incapable de dire merci! Vraiment je vois pas...C'est bon, c'est bon, je me dépêche! Oui j'ai compris!

Voilà que l'autre se mettait à parler tout seul. Heureusement que sa mère lui avait appris à pas parler aux inconnus.

Setsuna se mit à ramasser rapidement ses affaires mais la fatigue qu'il avait combattue jusque-là se rappela à lui.

Il perdit connaissance.

***

Karine suffoquait. Était-ce sa technique ou juste l'effet de revoir cet homme ? Souvent dans ses rêves -cauchemars- elle le revoyait. Elle revoyait leur aventure auprès de Sasuke. Elle qui n'avait d'yeux que pour le brun, n'avait ouvert les yeux que trop tard. Il avait fallu que leur dernier coéquipier lui fasse comprendre. C'était un moyen sans retour qu'il avait utilisé, un sacrifice bien inutile qu'elle regrettait plus que tout. Sa vie ne valait pas qu'on meurt pour elle, elle n'avait jamais valu.

Elle se recroquevilla sur elle même tandis que Konohamaru prenait l'ampleur de l'influence de leur ennemi sur la rousse. Elle n'entendait même pas ses appels.

– Alors, comme ça tu m'as oublié Karine ? Je suppose que tu as aussi oublié comment Juugo a donner sa vie pour toi...

– Ne dis pas de bêtises Suigetsu! Je repense à ce jour chaque minute de ma vie! Qu'est-ce que tu crois? Que je me sens pas coupable? Fit-elle avec rage. Je sais parfaitement ce que je lui dois et ce que je te dois.

– Tu ne me dois rien, coupa-t-il sèchement. Nous étions dans la même équipe.

– Mais plus maintenant, souffla-t-elle presque avec regrets. Konohamaru, fit-elle sans le regarder, la mission avant tout. Je m'occupe de lui.

– Mais Karine tu n'es pas en état ?!

– Nous avons des comptes à régler.

Et puis, elle aurait dû mourir il y avait six ans. Ce n'était que juste retour des choses.

Konohamaru ne discuta pas. Il savait qu'elle était une femme secrète et en moins d'une minutes il en avait appris plus que pendant toutes ses années à la côtoyer. Il connaissait aussi la douleur de voir un autre se sacrifier pour soit. Si elle avait des choses à régler avec cet homme, il ne l'en dissuaderait pas. Aussi, il disparut dans un nuage de fumée avec les autres jeunes femmes. Aussitôt, le reste des ANBU disparut laissant les deux ex-compagnons se faire face.

Elle se souvenait de cette journée qui avait somme toute commencée comme habituellement : les disputes entre elle et Suigetsu, les demi-sourires de Sasuke et les phrases plus ou moins philosophiques sur la beauté de la nature de Juugo.

En fait non. La journée n'avait pas commencé tout-à-fait comme ça. Çà s'était plus ou moins la veille ou peut-être l'avant veille, surement avant qu'ils ne reposent le pied aux alentours de Konoha.

Cette journée là, ou du moins ce matin là, elle sentait le sang collé souillant toute la longueur de sa jambe. Elle se rappelait les courbatures, l'odeur nauséabonde du champ de bataille. C'était sa première fois par ici et vue toutes les descriptions faites pas Suigetsu, elle ne s'attendait pas vraiment à ça. Et par ça il fallait comprendre les ruines qui s'étalaient même par delà la grande forêt. Elle avait eu ce genre de frisson d'appréhension en arrivant, celui qui vous dit de retourner d'où vous venez sans plus regarder en arrière. Étrangement, ils avaient tous comme accéléré l'allure vers l'inconnu, le danger – à croire qu'ils aimaient ça.

Du reste, elle se souvenait surtout de ses sens en alerte comme incapables de revenir à la normal et du regard de Sasuke. C'était un regard rempli de haine, celle émanant de quelqu'un de trahi. Akatsuki s'était jouée d'eux en les envoyant au loin pour s'occuper du Kyuubi. Ils n'avaient pas plus confiance en cet Uchiwa qu'en l'autre -et on pouvait le comprendre!- Malheureusement pour elle, si ses sens étaient encore en alerte, son corps avait bien trop souffert et bouger le moindre muscle était non seulement un supplice mais aussi d'une lenteur extrême. Quand elle sentit le danger, elle sut qu'il était déjà trop tard. Elle eut juste le temps de se retourner pour voir l'éclair bleu déferler vers elle. Et dire que tout était supposé être fini, que Naruto et Sasuke étaient tous deux venus à bout de l'autre taré! Non il avait fallu que ça tombe encore sur elle!

Et puis tout était allé très vite. Trop vite surement: Juugo s'était interposé. Il avait juste fait comme d'habitude, il s'était juste posé en défenseur, en protection.

Karine regarda le ciel pleine de reproches. Elle ne méritait pas que l'on meurt pour elle. Ses mains pleines de sang, ça aussi elle s'en souvenait. L'odeur acre de la sueur mêlée au vermillon, n'était plus très loin non plus. Elle ne savait plus alors vers qui se tourner. Elle avait demandé à Suigetsu pourquoi s'était Juugo qui était mort et lui avait compris pourquoi ce n'était pas lui qui était mort. Elle avait déversé sur lui tout se qu'elle contenait de rage et de désespoir accumulés en quelques jours. Comme si tout était sa faute, comme s'il avait pu empêcher ça. Et lui, sans réfléchir comme d'habitude avait juste répondu « il voulait juste te protéger » et elle avait compris « ce n'est pas à cause de moi qu'il est mort ». Et là, ça avait été le coup de grâce. Elle était responsable de la mort d'un des leurs. Elle l'avait tué en quelque sorte.

Elle ne se souvenait pas de l'Après : qui l'avait soigné, comment elle s'était retrouvée à la même table que Naruto ou encore quand elle avait définitivement quitté ce groupe de gens trop « joyeux ».

Elle se souvenait seulement que Naruto dégageait la même chose qu'elle, de la culpabilité. Pour les gens comme eux, revenir à Konoha – ou du moins ce qu'il en restait à l'époque- n'était plus envisageable. Et c'est ce qu'elle avait décidé: ne plus revenir à Konoha.

Karine sortit de ses pensées et Suigetsu le sentit. Ils avaient toujours été comme ça : sachant pertinemment la réaction de l'autre, sachant ou frapper et à quel moment mais depuis ce jour quelque chose était différent. Elle émergea lentement et il la laissa faire. Toute la rancune accumulée ou plutôt les non-dits étouffants avaient eu raison du reste.

***

Hinata mordit une nouvelle fois la poussière sans oublier de rendre la pareille à son adversaire. Depuis qu'elle s'était faite érafler par cette garce d'ANBU, elle sentait son chakra filer à une vitesse folle. Elle avait beau se concentrer mais rien n'y faisait. Profitant d'un moment d'inattention, elle avala une fiole de contre poison. Pas sûr que cela suffirait mais c'était tout de même mieux que rien.

Elle restait encore ébranlée par la conversation de Neji et Nasashi Hyuuga. Dans l'oreillette, elle avait entendu le combat de Neji -enfin plus ou moins, étant elle-même assez occupée- et connaissant son amour pour Tenten, elle avait su que toutes ses révélations ne le laisserait pas indifférent. Elle ne la connaissait pas bien mais elle se souvenait que les seules fois où elle voyait un semblant d'espoir dans les yeux de son cousin, s'était en présence de cette jeune fille. Elle même avait été touché quand sa famille et celui qu'elle aimait avait disparut. Elle, elle n'était pas sûre de sa mort. Neji lui, venait de voir l'ensemble de ses espoirs réduits à néant en quelques minutes seulement.

Si elle avait su plus tôt peut-être que...Non, avec des 'Si' on refait le monde et elle donnerait tout pour reconstruire le sien alors pas la peine d'y penser.

Replongée dans son combat, elle remarqua un détail troublant. Elle était certaine de ne pas avoir touché à la tête cette femme et c'était pourtant là qu'elle se tenait comme si une migraine insoutenable l'assaillait. Pendant tout le combat son adversaire s'était montrée d'une résistance effrayante, ne reculant devant aucune attaque, risquant même les blessures mortelles. Quelque chose n'allait pas.

L'ANBU se redressa aussi vite qu'il s'était stoppée et fonça droit sur elle. Il n'y avait rien à faire. Si elle n'employait pas les grands moyens, Hinata finirait par perdre et faire rater la mission.

***

Karine repoussa une nouvelle attaque d'un coup de Kunai. Elle savait depuis longtemps que ce n'était pas la taille de l'arme qui en faisait le danger mais comment on s'en servait. Elle avait assez joué et d'un accord commun, ils passèrent aux choses plus sérieuses. Elle sortit d'un parchemin d'invocation un fouet, cadeau de Konohamaru, qui avait trouvé qu'il lui irait bien puisqu'elle « pouvait dresser les chiens même enragés ». Loin de se démonter, elle avait appris à s'en servir comme d'une arme. Elle n'avait pas vraiment compris le sens de ses paroles et s'en fichait. C'était juste « des trucs de mecs » comme disait Kiba.

Suigetsu fit un large sourire. Elle était « bandante » comme ça. Quelque soit le dieu qui avait mit cet objet sur sa route, il l'en remerciait grandement.

Le fouet claqua trop près de lui et lui égratigna la joue. Recouvert de chakra, il était une arme redoutable. Ca lui apprendrait à la trouver « bandante ». C'était carrément du délire!

***

Il avait beau daté de plus de six ans, son bras greffé était parfois encore bien trop douloureux. Même si la douleur ne le gênait plus outre mesure, sa signification il la connaissait par cœur: quelqu'un qu'il aimait était en danger. Discuter avec Tsunade n'avait pas que de bon côté. Bien sûr qu'ils avaient ouvert une – cinq mais ce n'est qu'un détail- bonne bouteille et avaient parlé du bon vieux temps mais tout cela l'avait fait se remettre en question et remettre en question ses choix. Il avait revu ce sentiment d'amertume et de peine dans ses yeux. Elle ne s'en était jamais débarrassé depuis la mort de Dan. Elle ne semblait même être que lui. Il avait essayé pourtant. Dieu qu'il avait essayé de faire disparaitre cette ombre dans ses yeux et dans son coeur. Mais elle revenait toujours plus forte et vivace à chaque fois. Aussi cette fois la décision serait radicale et sans appel. Il resterait auprès d'elle. Peu importe ce que dirait le reste du monde, il avait toujours vécu à sa guise et le ferait toujours. Yume lui en voudrait surement mais rien ne l'empêchait désormais de vivre à Konoha. Et Gai saurait surement la convaincre. A défaut, il ne la priverait jamais de Shirin, peu importe ce que disait Tsunade ou Sakura à propos de la petite.

Marchant d'un pas tranquille, il mit enfin pied sur les dernières collines avant Konoha. Il avait hâte de rapporter ses informations à Naruto. Son espion de Suna avait été pessimiste sur la situation. Il connaissait assez bien Ino pour savoir qu'elle ne se laisserait pas influencer par quelques conseillers mal avisés ou véreux. La question majeure étant combien de temps tiendrait-elle au pouvoir avant d'être évincée ?

La vue le sidéra. De larges colonnes de fumées s'échappaient de part et d'autre de la ville, les cris, les hurlements, la panique. Il n'était parti que quelques jours et déjà la situation avait complètement tournée au drame. Une lumière aveuglante traversa le ciel. Non, non, non! Hinata. Il l'avait formé, moulé, il la connaissait par coeur alors autant dire qu'il était certain que ce soit elle. Ses jambes se mirent d'elles-même en mouvement. Cette sotte avait utilisé une technique à haut risque. Elle n'avait rien appris ou quoi ?! Il grimaça en entrant dans le village. Un Henge de sa composition lui permis d'éviter de se faire arrêter par on ne sait quel ami ou ennemi. Le plus court chemin restait encore le quartier Hyuuga. Il se faufila entre les murs écroulés mais se stoppa rapidement.

Qu'y avait-il de plus inquiétant: savoir qu'Hinata était épuisée et peut-être à la merci de son ennemi ou voir un homme encapuchonné porter Shirin sur son épaule? - Il n'y avait pas beaucoup de petites filles aux cheveux blancs dans tout Konoha. Il ne savait pas et n'eut pas le temps de faire un choix de toute façon. Il se posa devant eux et vit que les réflexes de cet homme étaient aussi bon que les siens. Un ninja et pas un simple Gennin. Il reconnu presque instantanément cette crinière: un Inuzuka et il n'en connaissait que deux de vivants.

– Qu'est-ce que vous faites par ici ? Et pourquoi est-ce que tu portes Shirin?

– Qui ? Ha! la petite. Elle allait de paire avec celui-là, fit-il en sortant Setsuna de dessous son manteau.

– Setsuna? Qu'est-ce que tu fais là?

« Du tourisme » fut-il tenté de répondre alors qu'on le secouait pour le réveiller.

– Jiraiya-sama? Fit l'homme. Vous connaissez ce garnement?

– Question garnement, tu en connais en rayon pas vrai?

Kiba se permit un sourire. La situation n'était pas à sourire mais peu importait.

– Pourquoi est-ce que tu es avec Kiba?

– J'ai pensé qu'il serait plus en sécurité avec moi.

– Question de point de vue...murmura Setsuna.

– Je repose ma question, Setsuna pourquoi est-ce que tu n'es pas avec...

Un frisson glacé le parcourut. Un vertige digne des plus hautes montagnes. Yume n'aurait pas permis que Shirin parte sans elle connaissant la fragilité psychologique de cette petite et Tsunade...Non impossible.

– Où sont-elle?

C'est à ce moment que Shirin se réveilla.

Comme un mauvais pressentiment, un goût amer, une voix dans sa tête. Jiraiya se tendit.

– Elle est où Okaa-san? Demanda Shirin en se frottant les yeux. Et t'es qui toi? Fit-elle à Kiba.

Elle n'attendit pas les réponses et sauta de l'épaule de Kiba.

– Jiji-sama! Tu es revenu! Alors ? Elle est où Okaa-san?

La réponse était évidente tant il avait sentit la puissance du genjutsu de Yume sur Shirin se briser. Il avait presque pu voir les particules de chaines invisibles éclater dans les airs. Il n'y avait aucun doute sur l'avenir – ou le non avenir – de Yume. Pourtant, contrairement à toutes les autres fois, Shirin n'avait pas ressenti l'absence du chakra de cet être cher. Avait-elle finalement réussit à finir son sceau ? Quand Shirin se retourna vers la direction de la maison de Tsunade, il sut que non. Avant même que la petite eut fait un mouvement, il l'assomma. Il valait mieux régler un problème à la fois. Et si tout ce qu'il savait sur cette gosse était vrai, ils en auraient des problèmes...

***

Hinata fixa son adversaire encore à bout de souffle. La jeune femme ne s'était pas relevée. Elle plia genou à terre. Si cette fille n'avait pas dévié son attaque par un bouclier remplit de chakra, elle serait en morceau à l'heure actuelle. Sa technique n'était vraiment pas au point. Il faudrait vraiment travaillé sur le manque de chakra. Le vieil ermite avait raison pour une fois. Même avec tous les entrainements de Neji et Naruto, elle était complètement à plat. Elle se releva tout de même. Il fallait rejoindre le point de ralliement. Elle ne savait pas vraiment si elle serait capable d'y faire quoique ce soit mais Konohamaru avait dit que se serait un point de ralliement assez sûr. Il la retrouverait là-bas avec la soeur du Kazekage. Le reste n'était pas de son ressort.

Elle tituba encore sur quelques mètres. Tout cela tournait au véritable fiasco. Elle devait être le soutient de Karine et de Konohamaru et voilà que c'était elle qui avait besoin d'aide. Elle était sensé être devenue plus forte non? Elle était l'Ange. Elle reprit ses esprits. Neji avait besoin d'elle. La fin du combat, elle ne l'avait pas entendu, son oreillette ayant volée trois mètres plus loin après un coup de poing -trop- bien placé. Elle devait avant tout rejoindre le manoir Hyuuga. Elle marcha encore, mettant toutes ses forces dans ce but presque impossible.

***

Tout cela prenait une ampleur qui allait au delà de leur petit duel fratricide. Ils entrainaient leurs amis, leur famille. Comment en étaient-ils arrivés là ? Si Temari n'avait pas été emprisonné et Gaara à la merci de Konoha, personne n'aurait eut à revenir, chacun vivrait encore dans son petit monde respectif. Les deux légendaires Ninja n'auraient pas eut à se battre et entrainer le monde ninja derrière eux pour une lutte à mort. Tout ça à cause du massacre de Naoru.

Encore une fois Shikamaru, tu as bien tort d'être si intelligent...

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