Dans mon profil sur ffnet, j'ai dit que j'avais prit soin d'inventer une nouvelle Histoire du Monde Magique… en voici les premières informations, pour vous !

XXI) L'histoire d'une Histoire

« L'horreur est Humaine »

Albus Dumbledore.

UHDS

Vingt Septembre mille neuf cent nonante deux. Salle commune secrète de nos amis…

Du fait du jour où tombait le premier septembre, la rentrée des classes avait eue lieu un jeudi, et ce fut le lendemain que le premier cours d'histoire de la magie fut donné. Penché sur ses devoirs, en compagnie de ses studieux compagnons, Harry s'en souvenait parfaitement…

Retour en arrière

- Bien, entrez et asseyez-vous, jeunes gens ! S'exclama le professeur Weasley en ouvrant sa porte de salle de classe.

La décoration y avait grandement changée depuis le professeur Binns. La salle sentait le propre, les peintures avaient été refaites, et des documents neufs et à jour tapissaient les murs.

- Tout d'abord, bonjour à tous, dit le professeur en regardant tous ses élèves et en s'attardant discrètement sur Léonard. Pour ce premier cours, je vais vous présenter mon programme et nous allons tâcher de faire le point sur les connaissances que vous a apportées le professeur Binns. Oui, Mr Léonard ?

Léo avait levée la main, et dit au professeur quand il en eut le droit :

- Professeur, si vous comptez parler des mêmes choses que le professeur Binns, soit. Mais si vous comptez en parler de la même façon, dites le immédiatement au lieu de vous perdre en paroles inutiles, afin que je puisse partir. J'ai autre chose à faire qu'écouter un crétin corrompu comme votre collègue fantôme.

Ces paroles amenèrent instantanément un froid glacial sur la classe. Harry, Hermione, Neville et Blaise n'en revenaient pas. Comment Léo pouvait-il oser parler ainsi à un professeur ?

- Mr Léonard, répondit Arthur Weasley, je pense que faire un séjour tardif à mes côtés vous apprendra la politesse. Vous resterez en retenue durant chaque soir de cette semaine avec moi. Et pour répondre à votre question, je n'ai pas l'intention de vous endormir avec les mêmes méthodes d'enseignement. Je les aie subies moi aussi, et je puis vous dire qu'elles me sont particulièrement efficaces le soir pour mes problèmes d'insomnie.

Un petit rire retentit dans la classe aux propos du professeur. Léo, lui, s'était rassis avec un regard neutre et continuait à attendre le début du cours.

Après un moment, le professeur eut terminé de présenter son programme de l'année -sensiblement le même que son prédécesseur, puis passa encore quelques minutes à se faire présenter les élèves. Enfin, alors qu'il restait environ la moitié du cours à passer, il décida :

- Nous avons été plus rapides que prévu, alors nous pouvons commencer notre premier cours ! Je vais donc vous parler des guerres des Gobelins. Ouvrez votre livre à la page vingt-sept afin d'avoir les illustrations correspondantes.

« La première réelle Guerre opposant les Gobelins aux sorciers eut lieu durant le Moyen âge, de l'an mille cent trente-six à l'an mille cent trente-huit.

Contrairement à la croyance populaire, ce ne furent pas les Gobelins qui nous attaquèrent, mais nous, Sorciers, qui commencèrent les hostilités. Pas parce que nous ne les apprécions pas ou pour une autre raison futile, mais par mesure de sécurité. En effet, les Gobelins avaient commencé depuis deux années à se réunir dans les Alpes magiques. Ils peuplaient à l'époque une grande partie de cet endroit, et en avaient faite leur capitale suite à un véritable génocide dont ils avaient été victimes en Angleterre.

La plupart des Historiens de tous temps pensent qu'ils se réunissaient ici par milliers afin de déclarer la guerre aux sorciers qui les avaient chassés de la plupart de leurs territoires Européens les mois précédents. Mais ils furent pris de vitesse par nos propres armées, et leur révolution fut étouffée dans l'œuf.

Alors que la guerre avait débutée par des escarmouches anodines, elle se termina soudainement au pied du Mont-blanc, en France, par une immense bataille. On estime que les Gobelins avaient réunit là près de quinze milliers de combattants, et qu'environ un millier survécut en parvenant à s'enfuir, gravement blessé. Outre les quatorze milliers de combattants Gobelins occis par les Ministères Anglais, Français, Italien et Allemand réunis, les archives à nôtre disposition estiment à plus de vingt milliers les gobelins non combattants qui périrent durant cette bataille.

Certains pensent que durant cette guerre et les trois années précédentes, le nombre des gobelins dans le monde a été divisé par dix, passant de près d'un demi-million à moins de cinquante mille.

De notre côté, l'effet de surprise nous aida grandement. Sans respecter les règles de guerre qui avaient été établies auparavant, nous eûmes les Gobelins par la malhonnêteté, en contournant leur front et en nous infiltrants par leurs cavernes civiles, ce qui permit de réduire nos pertes totales à seulement cinq cent personnes, alors que nous étions en un incroyable sous nombre avant la bataille.

Après ce combat, les dirigeants Gobelins durent se résigner à accepter nos conditions de paix. Ils nous cédèrent près de quatre-vingt dix pourcent de leurs territoires et nous dédommagèrent nos pertes à hauteur de quelques trois millions de galions, ce qui pour l'époque représentait une fortune sans nom, de quoi financer des entreprises titanesques… ou de quoi enrichir certaines personnes.

Par la suite, les gobelins… »

Une sonnerie retentit soudain, coupant le professeur dans son récit. Revenant un peu à la réalité, il se rendit compte que la totalité de la classe l'écoutait patiemment et ardemment.

Léo fut le premier à partir. Il se leva tel un ressort et sortit en un instant de la salle. Le professeur eut le temps de discerner dans ses yeux une étrange lueur.

Quand les Serpentards passèrent devant lui, la plupart lui lançaient des regards avec une haine accrue, si forte qu'elle se ressentait autour d'eux. Draco Malfoy s'arrêta devant le bureau et regarda de haut le professeur.

- Vous n'allez pas garder votre poste longtemps, Weasley, éructa t'il d'une voix doucereuse lourde de sens. Vous paierez pour ce que vous faites…

- N'hésitez pas à parler à ce cher Lucius, mon cher Mr Malfoy ! S'exclama en souriant Arthur Weasley, avant de continuer d'une voix basse et plus sérieuse. Une visite de sa part sera toujours la bienvenue ! Dites lui, s'il vous plait, que je puis d'ores et déjà lui réserver une cellule à Azkaban ! Mes petits papiers me permettent d'user de vos armes contre vous…

- Vous me le paierez ! Cracha Malfoy avant de s'éloigner.

- Oh, Mr Malfoy ! Cinquante points en moins pour vous pour menaces, insultes et tentative d'intimidation avortée sur un professeur. Bonne journée !

Fin du retour en arrière

Voir Draco Malfoy se faire ainsi rabrouer avait fait grand plaisir à Harry. Il n'appréciait décidément pas le garçon blond. La réaction de Léo, bien qu'étonnante, l'avait aussi beaucoup amusée. Son habituelle impatience, et son obsession de ne pas perdre de temps…

Les pensées du jeune Serpentard dérivèrent alors sur son camarade Léo. Un jour, suite à un cours de Métamorphose qu'ils avaient en commun, la professeur, Minerva McGonagall, les avaient interpellés…

Retour en arrière

- Mr Léonard, Miss Granger ! Dit-elle. Venez, je vous prie. J'ai à vous parler.

- Oui, professeur ? Demanda Hermione, en souriant à son enseignante préférée.

- Je souhaiterais savoir si vous avez pensé à vous inscrire sur les listes Animagus du Ministère de la Magie, afin d'être en bons termes avec la loi.

Hermione pâlit immédiatement à l'entente de ces mots. Comment avait-elle put oublier cela ?

- Inutile, professeur, dit Léo en intervenant.

- C'est obligatoire, Mr Léonard, gronda la professeur. Vous n'avez pas le choix.

- C'est obligatoire pour les Sorciers, comme le dit la loi en question. Je cite « Tout Sorcier ou Sorcière ayant réalisée une transformation Animagus doit se rendre à son Ministère de la Magie dans les plus brefs délais, afin d'être enregistré sur les Listes Nationales et Internationales ».

- C'est exactement cela, Mr Léonard, confirma la maîtresse des Métamorphoses. Si vous le souhaitez, je demanderais au directeur une autorisation de sortie, et je vous accompagnerais…

- Vous ne m'avez pas compris, professeur, répondit Léo. La loi dit « Tout Sorcier ou Sorcière ».

- Et c'est ce que vous êtes…

- Non. Lisez la Constitution Nationale Sorcière Britannique, ainsi que la Constitution Internationale de la Confédération Internationales des Mages et Sorciers. Je cite « Définition des termes Sorciers et Sorcières, article premier : Peut-être nommée ainsi, toute personne humaine pouvant prouver ses capacités magiques en présentant son ascendance Sorcière, en personne physique ou par Généalogie certifiée par un Ministère reconnu par la CIMS. »

- Mais… Vous voulez dire que…

- Moi, je rentre dans la catégorie « chose », « aberration », « à éliminer ». De par mon état d'Hybride, et de par l'ascendance Moldue d'Hermione, nous n'avons aucun besoin de nous enregistrer sur vos listes idiotes. De même que Harry, du fait de son ascendance un quart Moldue, et Neville, du fait de sa traîtrise à son sang en côtoyant des Non-Sorciers, et enfin de même que Blaise, du fait de sa couleur de peau, trop foncée au goût des rédacteurs des lois Sorcières.

- Nous ne sommes donc pas Hors-la-loi, soupira Hermione. Pendant un moment, j'ai eu peur…

- Tu es hors-la-loi, Hermione, corrigea son camarade. Tu es Sang de Bourbe -excuse moi l'expression, et cela est suffisant pour te faire condamner à la prison à vie si tu te retrouves par hasard en procès contre un sorcier sang-pur.

Hermione pâlit de nouveau en entendant cela. Mais, quelques instants plus tard, elle prit une teinte colérique, et s'exclama :

- Ah, ça ! C'est vraiment n'importe quoi ! Je comprends pourquoi tu n'apprécies pas le Ministère, Léo ! Je vais moi aussi apprendre les Lois Sorcière, pour pouvoir me défendre au cas ou !

Fin du retour en arrière

Harry sourit de nouveau en pensant à son amie Hermione. Elle était vraiment amusante, avec ses petites mimiques !

Mais pour l'heure, le jeune garçon se devait d'oublier ses souvenirs et de penser en priorité au travail sur lequel il était plongé. Tout le monde connaissait son talent en potionnisme, et personne n'en doutait, pas même leur sévère professeur. Mais Léo l'avait mit au défi de réaliser du Polynectar, une potion de Niveau de Septième année. Mais pas la potion de base efficace une heure, cela aurait été par trop facile ! Une version améliorée, durant au moins deux fois plus de temps.

Harry avait immédiatement relevé le défi, et en avait parlé à son professeur préféré lorsqu'il l'avait rejoint le soir même pour continuer ses cours privés. Celui-ci avait immédiatement accepté.

UHDS

LA GAZETTE DU SORCIER

N°11227 – 20 Septembre 1992

RESTRICTIONS A L'ENCONTRE DES HYBRIDES

Dans le but de mettre justement fin à la tyrannie qu'exercent les Hybrides sur notre société, Dolorès Ombrage, membre du Maggenmagot, a proposé voici trois jours un texte de loi visant à mieux protéger nos enfants et parents. Ce texte prévoit notamment le retrait du droit de vote aux Hybrides, l'impossibilité d'adoption, l'impossibilité de travail rémunéré non contrôlé par le ministère, et l'obligation de renoncer à toute propriété.

Ce texte a immédiatement été voté à la majorité absolue dès le premier tour, par cent vingt-huit voix « pour » et seize « contre ». Albus Dumbledore, Président-sorcier du Maggenmagot, a aussitôt exprimé sa profonde tristesse face à, je cite, « la folie raciste qui s'est emparée de nos dirigeants ». Immédiatement après cela, il a annoncé qu'il quittait son parti politique, le « Conservateur Sorcier », laissant les membres de ce dernier subir les conséquences de ce coup de tonnerre politique.

Aucun commentaire politique supplémentaire n'a encore été offert par Monsieur Dumbledore, mais Miss a déclaré : « Ce très cher Monsieur Dumbledore se fourvoie dans ses décisions, et je pense qu'il est grand temps pour lui de laisser la main dans la direction du Maggenmagot ».

Cette phrase est très révélatrice. L'on sait que Miss Ombrage brigue depuis bien longtemps le poste de Président-sorcier du Maggenmagot, occupé sans interruption par Mr Dumbledore depuis quarante-huit années maintenant.

Nous ignorons encore quelle tournure vont prendre les différents évènements de ces derniers jours, mais les journalistes de la Gazette du Sorcier, vos serviteurs, préparent d'ores et déjà leurs plumes pour vous informer justement dans les plus brefs délais.

R. Skeeters.

UHDS

Manoir Malfoy

Confortablement assis dans un des nombreux divans de velours garnissant son immense salon privé, Lucius Malfoy lisait pour la seconde fois l'article de la Gazette du Sorcier. Connaissant Miss Skeeters, elle relevait sa jupe en plus de préparer sa plume ! Non pas qu'il sen plaignait, loin de là. Il était lui-même l'un de ses plus fidèles informateurs nocturnes.

Il pensait à ce plaisir charnel qu'il appréciait tant, quand son parchemin de contact instantané luisit soudain d'une belle couleur bleue, signifiant que quelqu'un tentait de le contacter. Prenant une plume et un encrier, il fit venir la feuille à lui, et put lire le nom de son fils, Draco Lucius Malfoy. Ce système était récent et peu répandu, car encore très coûteux.

Oui, fils ? Ecrivit-il. Comment vas-tu ?

La réponse ne se fit guère attendre, apparaissant en lettres griffonnées à la hâte. Draco raconta à son paternel ce qui s'était passé durant son précédent cours d'Histoire de la Magie. Puis, cela fait, il demanda via sa lettre instantanée:

Quels sont les « petits papiers » dont parlait Weasley, père ?

Lucius réfléchit un moment, puis répondit :

Je l'ignore, Draco. Mais je dois bien avouer que j'ai un étrange pressentiment.

Une chouette entra soudain par la fenêtre, et alla se poser directement sur l'accoudoir du fauteuil de Malfoy senior. Le sceau de Gringotts était visible comme une oasis dans le désert.

- Que me veulent donc ces maudites aberrations ? Ah ! Qu'elles attendent pour voir ! Leur heure ne va pas tarder !

De Ragnok II, Maître de Gringotts et des Gobelins d'Angleterre,

A

Lucius Abraxas Malfoy, Sorcier, notable et avocat.

Mr Malfoy, nous vous communiquons la présente pour vous avertir que, conformément aux accords Gobelino-sorciers de l'an Mille neuf cent nonante deux, nous appliquons à votre encontre notre droit de saisir les possessions déposées en nos coffres au cas où leurs propriétaires sont suspectés de malversations à notre encontre

Vos dix-huit millions de galions, huit Mornilles et une noise, vous seront rendus après enquête, si vous êtes déclaré innocent des accusations portées contre vous par Mr Weasley Arthur Lawrence.

Dans votre intérêt, nous vous conseillons d'accueillir comme il se doit les envoyés conjoints de Gringotts et du Ministère de la Magie Anglais chargés d'inspecter vos comptes, sans quoi vos biens confisqués seront saisis sans délai, que vous fûtes innocent ou non. La liste des accusations dont vous faites l'objet suit la présente lettre.

Veuillez agréer, Mr Malfoy, nos plus polies insultes.

RII

Un hurlement de rage déchirant retentit alors dans l'ensemble du manoir Malfoy, terrorisant les Elfes de Maison, qui savaient par habitude qu'ils allaient souffrir… heureusement qu'ils bénéficiaient secrètement de sortilèges d'anti-douleur…

UHDS

Non loin de là…

Inconfortablement assis sur l'unique fauteuil en piètre état qui meublait son salon miteux, Remus Lupin était en train de pleurer ses larmes de douleur. La gazette du sorcier gisait déchiquetée à ses pieds.

Il avait cru qu'il pourrait adopter le fils de ses amis, Harry Potter, et lui offrir un véritable amour familial. Il s'était si souvent imaginé, ces derniers temps, réconfortant Harry tel un père, lors de ses moments de détresse. Quand il se regardait dans le miroir, le matin, il voyait Harry dans ses bras, riant en tentant de lui infliger les chatouilles qu'il redoutait…

Mais tout cela ne pourrait avoir lieu. Harry ne goûterait jamais sa fameuse cuisine, réputée dans tout son petit village Moldu. Habitué à user de peu, il transformait aisément le plus frugal des repas en un excellent festin…

Tout cela à cause de politiciens racistes et bornés, mille fois maudits !

Mais pester seul dans son coin ne l'aiderait pas. Il avait besoin d'aide, et dans un tel cas, il retrouvait un vieux réflexe datant de la dernière guerre : Il allait voir Albus Dumbledore.

UHDS

Siège de la Gazette du Sorcier. Bureau de Rita Skeeters…

- Mon cher Monsieur Rookwood, comment vous portez-vous ? Dit la voix roucoulante de la journaliste sorcière la plus pulpeuse et célèbre d'Angleterre.

De longs cheveux blonds comme les blés ornaient gracieusement la tête de la personne qui avait dit cela. Elle était habillée d'une minijupe moulante et d'une minirobe sorcière serrée qui s'arrêtait au niveau des hanches. Un décolleté impressionnant était réalisé à l'aide de celle-ci, permettant aux plus audacieux de découvrir l'entière absence de soutien-gorge de la femme. Grâce au ravalement magique réalisé, cette absence n'empêchait malgré tout pas un maintient et une taille impressionnants.

- Mon cher Monsieur Fudge, comment vous portez-vous ? J'avais une telle hâte de vous revoir !

Un sourire radieux mais aussi faux que la voix d'une casserole s'installa alors sur le visage charmeur de la voluptueuse femme. Ses lèvres avaient la forme si reconnaissable des personnes habituées aux sucettes humaines…

- Oh, je vous en prie ! Ne me regardez pas ainsi, Monsieur Avery, avec cet air si scrutateur ! J'ai l'impression que vous tentez de voir sous mes vêtements !

En disant cela, elle se dandina devant l'immense miroir qui recouvrait tout un mur de son bureau.

- Vraiment ? Que vous êtes formidable, Mr Malfoy ! Oh, oui ! OUI ! Plus f…

Quelqu'un toqua soudain à la porte, obligeant la journaliste à remettre en urgence des vêtements plus décents, et à cacher tout son attirail d'interviews très « sexcial », comme elle le nommait elle-même.

En quelques secondes, elle ouvrit son bureau, un air affairé sur le visage, comme si elle se trouvait en pleine rédaction d'un merveilleux article.

- Monsieur le Directeur ! Que puis-je donc faire pour vous ? S'exclama t'elle en souriant.

Le directeur de la Gazette était un homme d'une soixantaine d'année en pleine force de l'âge. Après tout, pour les Sorciers, soixante années n'était pas un grand âge, l'équivalent d'à peine quarante printemps Moldus.

- Rita, Ma chère ! S'exclama t'il en entrant sans attendre dans le bureau de son employée. J'ai une mission pour vous ! J'ai pus enfin vous obtenir une place à la prochaine réunion privée du Parti Sang Pur Sang ! Vous vous y rendez dès ce soir, vingt heures, et vous restez jusqu'à la fin ! Je veux un article parfait pour demain matin, cinq heures, sous presses ! C'est bien compris ? Et pondez-nous encore un scoop, comme vous savez s'y bien vous y prendre !

Le terme « comme vous savez si bien vous faire prendre » aurait été mille fois plus approprié.

- Parfaitement, Mr Le Directeur ! Merci infiniment, Mr Le Directeur ! Au revoir, Mr Le Directeur ! s'exclama alors Rita.

Elle referma immédiatement la porte après le départ de son supérieur. Cela fait et ses habituels sortilèges de verrouillage lancés, elle se mit à sauter de joie partout dans son bureau.

Son employeur ignorait qu'elle faisait partie du parti politique Sang Pur Sang, et qu'elle assistait pour cela à chacune de ses réunions « tardives ». Elle les adorait, du fait de la présence de nombreux hommes du haut de l'échelle. Ou de nombreux hommes, tout simplement…

- Mon cher Monsieur, je vous en prie ! Ne restez pas habillé ! Nous avons toute la soirée devant nous, après tout ! J'ai été opérée à St Mangouste ! Ils font d'excellentes poses de prothèses mammaires magiques ! Allez-y, je vous en prie, touchez, vous verrez ! Dites-moi, je sens quelque chose de fort dur, sous votre robe, mon cher Monsieur ! Est-ce votre baguette ? Puis-je ?

Elle s'entraîna ainsi à jouer son rôle préféré pendant une dizaine de minutes, et se rhabilla finalement afin de se rendre au studio de maquillage de la rédaction… non pas que celui-ci serait très utile, il disparaîtrait vite, mais il lui permettrait de se mettre physiquement plus en valeur…

UHDS

Poudlard, bureau du citronné.

L'illustre directeur de l'école était en train d'arroser son citronnier, aimablement offert par Léo au Noël précédent. Il était jeune, et il faudrait encore quelques années pour qu'il donne ces merveilleux fruits dont Dumbledore raffolait. Au fond de lui, il en était certain, ce n'était pas une pomme, qui avait tenté Eve, c'était un citron.

Mais le vieil homme laissa là ses pensées théologiques en entendant de rudes coups être donnés tout contre sa porte.

- Entrez ! S'exclama t'il.

Il vit avec surprise entrer son ancien élève Remus Lupin. Il n'y avait pourtant pas de réunion de l'Ordre de prévue…

- Mon cher Remus, que puis-je faire pour vous ? Demanda t'il en arborant son célèbre sourire de grand-père.

- Il m'arrive une chose horrible, Albus, répondit d'entrée de jeu Remus du Club des Us.

- Quoi donc ? Questionna le président du Club des Us en prenant place sur son fauteuil, et en invitant son visiteur à s'asseoir en face de lui.

- Vous n'avez pas lue la gazette du sorcier ?

- Je dois vous avouer que non. Les articles sur ma personne commencent à me fatiguer, voyez-vous…

- Alors tenez, lisez, soupira tristement Remus en tendant à Dumbledore un nouvel exemplaire du quotidien Sorcier.

Le vieux citronné acidifié et drogué au saccharose lut pendant quelques minutes l'article de couverture, et dit enfin à son ancien élève :

- Je ne voie pas quel problème cela vous pose. Il s'agit d'une bien triste affaire, un pas de plus vers le racisme, certes, mais quel est le rapport avec vous ?

- N'avez-vous pas fait attention, Albus ? « Impossibilité d'adoption » ! Je voulais adopter Harry Potter, et…

Il ne termina pas sa phrase, et laissa couler une larme.

- Mon cher Remus. Les listes du Ministère lui-même mentionnent les Loups-garous comme étant des Êtres, je cite « souffrant d'une maladie contagieuse endiguable et incurable ». Il n'est jamais dit que vous étiez hybride ou non humain. Donc, l'on peut en conclure que vous êtes Sorcier.

- Ce qui veut dire, s'exclama Remus, soudainement transporté de joie.

- Ce qui veut dire que vous avez parfaitement le droit d'adopter Harry Potter.

- Vous me sauvez, Albus ! Je vous doit tant ! Je ne sais pas ce que j'aurais bien put faire sans vous !

Remus en avait les larmes aux yeux, de joie cette fois ci.

- Vous seriez allé voir un certain volatile de nos connaissances communes, répondit mystérieusement Dumbledore en arborant son sourire de grand-père.

- Ce qui signifie ? Gronda immédiatement Remus en se tendant et en perdant toute gaieté.

- Ce qui signifie que je sais qui vous êtes, mon cher LG1, Loup-garou numéro un. Je vous connais suffisement bien pour vous identifier rien qu'à la voix.

Remus réfléchit quelques instants, l'air impénétrable, et dit doucement :

- Vous êtes donc le fameux S1, Sorcier numéro un ?

- Non, répondit Dumbledore, je suis S2. A vrai dire, vous êtes le seul dont j'ai devinée l'identité réelle.

- Et j'espère bien que je serais le seul ! J'ai été par trop imprudent, j'aurais dût réellement faire bien plus attention… J'espère que vous n'avez pas l'intention de le révéler à qui que ce soit ?

- Rassurez-vous, Remus, je connais parfaitement les enjeux de nos missions respectives. Vous pouvez compter sur ma parole ! Et n'hésitez pas à venir me demander de l'aide pour vos missions, si vous en avez besoin.

- Pareillement pour vous, Albus, répondit alors le loup-garou, rassuré. Au revoir.

Et il quitta le bureau directorial sans même laisser le temps à son interlocuteur de lui répondre.

UHDS

Bureau du professeur d'Histoire Sorcière, Arthur Weasley, le soir venu…

Alors que le professeur roux était en train de rédiger ses cours, un tambourinement assourdissant s'éleva soudain, en provenance de sa porte. Se levant tel un ressort, il parcourut en trois pas les quelques mètres qui le séparaient de l'huis, et sortit sa baguette sans attendre.

D'un mouvement précis et rapide, il ouvrit le passage à son visiteur, et pointa immédiatement sa baguette sur le nez de celui-ci, le sortilège de stupéfixion sur le bord des lèvres. Il se stoppa néanmoins en voyant une autre baguette, pointée sur sa personne.

- Bien, Mr Léonard, dit-il en se détendant. Vous avez de bons réflexes.

- Vous de même, professeur, répondit froidement Léo en entrant dans le bureau.

- Bien, inutile de nous perdre en politesses futiles ! Allons droit au but !

- J'espère que vous ne tenterez pas de me faire apprendre des inepties, comme votre prédécesseur !

- Vous en jugerez par vous-même, Mr Léonard. Asseyez-vous donc, et écoutez plutôt ce que j'ai à vous raconter…

Léo se renfrogna, mais ouï malgré tout son professeur, son instinct lui signifiant qu'il pourrait bien apprendre des choses intéressantes…

Il y a bien longtemps de cela, dans un royaume fort lointain, vivait un roi aimé de tous. Ce roi était bon et puissant, juste et généreux. Marié à la plus belle et gentille des reines, ils régnaient pour la plus grande joie de tous, sujets directs et vassaux lointains.

Mais un jour, un Ennemi jaloux se dressa face à cette réussite. Dressant de monstrueuses armées face à ce roi, il l'obligea à s'endurcir et à faire souffrir son peuple pour pouvoir le faire survivre. Des armées furent levées, les plus belles et les plus puissantes jamais vues. Des alliances furent concluent, des héros se dressèrent, et l'Ennemi fut vaincu.

Mais ce que personne ne savait, c'est que l'Ennemi n'était pas le seul souverain maléfique à vouloir la disparition du royaume vainqueur. Cet être maudit avait des frères et des sœurs, aussi maléfiques et puissants sorciers que lui. Ensemble, ils usèrent de rituels ténébreux et parvinrent à tuer le roi et la reine. Ils enlevèrent par la suite son unique héritier, un jeune bébé né peu auparavant.

Pendant quelques années, ils tentèrent d'élever cet enfant en lui inculquant l'obéissance, et en lui faisant croire qu'ils étaient les êtres les plus merveilleux qui soit, et qu'ils étaient supérieurs à Tout et Tous.

Mais l'enfant avait été protégé par l'amour de ses parents, et il résista secrètement à cette constante propagande, apprenant la vérité par les sujets niais et aveugles des assassins de ses parents.

Un jour, les êtres maudits envoyèrent cet enfant âgé de onze ans dans un pays lointain, qui n'était pas le sien. Il ne parlait pas la langue du lieu, ne connaissait personne, et n'avait que ses seuls vêtements pour uniques possessions.

Sa mission était d'apprendre la plus puissante des magies, afin d'espérer un jour pouvoir devenir l'égal de ses esclavagistes. Parmi ceux de ce pays qui honoraient les Maudits comme des dieux, l'ont eut grande joie de cette venue, et l'on appela l'enfant le « second envoyé » (cf C16).

Ils l'accueillirent comme un dieu, lui apprirent une partie de ce qu'il devait savoir pour survivre ici bas, et lui montrèrent la façon dont ils honoraient leurs Pères et leurs Mères.

Dégoûté par tant de sang, de débauche et de souffrance, l'enfant parvint à s'enfuir, puis gagna une école de magie, où il serait en sécurité, complotant afin de renverser ceux qu'il honnissait…

- TAISEZ-VOUS ! Hurla soudain Léo, ivre de rage, la baguette pointée sur son professeur, le sort de mort sur le bout des lèvres. COMMENT AVEZ-VOUS SUT TOUT CELA ? ETES-VOUS…

- Je ne suis pas un des Fidèles, Mr Léonard, rassura le professeur en montrant patte blanche, et en souriant. Bien que je sois sang-pur, je n'honore point mes ascendants, et je les déteste autant que vous, bien que je n'eusse pas souffert à votre point.

- Comment connaissez-vous la vérité ? Eructa Léo en faisant apparaître son épée, prêt à tuer son professeur de sang froid.

- J'ai des relations, répondit Arthur Weasley. Mais nous avons toute la semaine pour parler de cela, alors inutile de nous presser, n'est-il pas vrai ? Je vous dis donc à Lundi ! Passez une bonne nuit !

Et il chassa proprement Léo, à la plus grande rage de celui-ci, qui pesta une heure durant contre, je cite, les « maudits profs de bip et rebip que vais décabip ».

UHDS

Bureau de Severus Snape

- Touillez un peu plus vite, Monsieur Potter… Voilà, parfait. Laissez maintenant reposer vingt minutes.

Le professeur fanatique des chauve-souris et son élève prodigue étaient une nouvelle fois en train de partager des cours privés de potionnisme. Depuis maintenant quelques jours, ils réalisaient une potion de Polynectar, tentant de l'améliorer en passant, afin d'augmenter son effet au-delà d'une heure de temps.

- Professeur, demanda Harry après mûre réflexion, que pensez-vous de la possibilité de mettre de l'essence de Murlap ?

- Essence de Murlap, dites-vous ?

Severus réfléchit un moment à la proposition de son élève. Celui-ci ajouta :

- Cette essence a une stabilité de moins deux virgule huit. Elle permettrait d'amener la stabilité de la potion à ce stade à un virgule sept, plutôt qu'à quatre virgule cinq. Cela serait fort utile, en sachant que l'on ajoute par la suite deux ingrédients instables d'affilée. Les risques d'explosion sont énormes…

- Ce n'est effectivement pas une mauvaise idée, Monsieur Potter. Il ne coûte rien de tenter l'opération ! Mais prélevez néanmoins juste une partie de la potion, et allons faire le mélange dans la salle sécurisée. Mieux vaut prendre des mesures de sécurité doubles.

Grâce à Severus, Poudlard était en effet équipé d'une importante installation pour les Potions. La salle sécurisée était en fait une simple petite pièce à l'intérieur de laquelle le maître des potions avait installé une chambre de tests rendue stérile et invulnérable par une succession de sortilèges de sécurité. Il suffisait d'installer les produits à tester dans cette chambre, de lancer le sortilège de stérilité microbienne, puis d'user de grands gants de peau de dragon imperméablement accrochés à la paroi de l'objet afin de réaliser sans risques les mélanges les plus audacieux.

C'est cette invention et une multitude d'autres innovations qui avaient rendues Severus célèbre dans le monde entier, comme l'un des meilleurs potionnistes de tous les temps.

Soudain, alors qu'Harry allait commencer la réalisation pratique de son idée, Severus entendit venir de la porte de son bureau une frappe très singulière, pleine de bonté. Laissant son apprenti travailler seul, il se rendit chauvesourisment jusqu'à l'huis, afin d'enguirlander celui qui osait venir le déranger en pleine crise de génie…

- Bonjour, Severus, dit alors la voix de Remus.

- Lupin, salua le maître des potions en oubliant d'afficher son rictus méfiant. Qu'est-ce qui t'amène ?

- Pourrais-je voir Harry, je te prie ? J'imagine qu'il doit être là…

- Tu imagines bien. Entre. Mais dépêches toi, nous avons du travail !

- Qu'êtes-vous en train de faire ? demanda poliment le loup-garou.

- Une tentative d'amélioration du Polynectar.

- Polynectar ? Mais… n'est-ce pas là un travail du niveau des facultés ?

- Si, acquiesça Severus. Mais j'ai déjà fait voir à Harry le programme des sept années de Poudlard. Il apprend à une vitesse impressionnante. Suis-moi, tu verras.

Sans attendre, le maître des potions regagna la salle sécurisée où Harry était en train de travailler. Il y entra chauvesourisment, suivit par Remus, qui n'osait faire un bruit pour ne pas déranger la concentration du travailleur.

- Où en êtes-vous, Mr Potter ? Demanda Severus en s'approchant d'Harry.

- J'ai réussi à établir la quantité précise d'essence de Murlap requise, professeur. Elle permet effectivement bien de stabiliser la potion si elle est mise à la même température que celle-ci et à hauteur de deux virgule trois pourcents.

Tout en disant cela, Harry, qui n'avait pas remarqué Remus, montra à son professeur un grand parchemin rempli de calculs qui impressionnèrent le Loup-garou. Mais… qu'était-ce que cela ? De l'arithmancie ?

- Excellent, Mr Potter, félicita franchement Severus, en observant les calculs.

- J'ai aussi calculé l'homogénéité, professeur. Il faut tourner six fois de plus dans le sens des aiguilles d'une montre afin que la potion soit bien frasée (mélangée). L'épaisseur augmente de douze pourcents, et il faut ajouter un poids d'eau pure stérile stable correspondant à dix pourcents du poids d'origine afin de compenser cela.

- Vous avez mise l'essence de Murlap par goûtes ou en une fois ?

- J'ai dupliqués les bols et j'ai testé goutte par goutte pour le premier, tout pour le second, et en deux fois pour le dernier. Le premier reste presque identique du point de vue de l'épaisseur, tandis que le second devient presque impossible à fraser, et que le troisième épaissit à quarante-six pourcents.

- Excellent travail, Mr Potter. Nous allons maintenant laisser reposer ces tests jusqu'à demain soir, et revenir au chaudron basique. Mais auparavant, quelqu'un veut vous voir.

Harry se retourna soudainement, et put voir à sa grande joie que Remus l'attendait là en souriant.

- Mr Lupin ! S'exclama t'il en se précipitant pour serrer chaleureusement la main de son futur père adoptif. Comment allez vous ?

- Très bien, et toi-même, Harry ? Demanda le loup-garou. Severus ne t'use pas de trop ?

- Tout va bien. Oh non, ne vous inquiétez pas ! A vrai dire, je pense qu'il souhaiterait bien pouvoir se reposer un peu plus, le pauvre ! Mais il faut que l'on avance dans notre travail après tout !

Harry avait dit cela sur un ton extrêmement sérieux, qui fit éclater Remus de rire, et arracha même un pouffement de la part de… Severus ?

Cela calma immédiatement le loup-garou, qui regarda le maître des potions avec des yeux exorbités. Il dit :

- Euh… Severus, es tu sûr de ne pas vouloir aller t'aliter ? Tu me sembles malade…

- Je me sens parfaitement bien, Lupin, répondit Severus en souriant narquoisement. N'ai-je pas le droit de rire ?

- Si, si ! S'empressa de répondre Remus. C'est juste que… cela est fort surprenant, il faut l'avouer ! Nous n'en avons guère l'habitude.

- En ce cas, il va falloir que tu la prennes ! Prévint mystérieusement la chauve-souris infernale des cachots ténébreux. Je sens que je suis en train de tomber malade…

- Vous souhaitiez me parler de quelque chose, Mr Lupin ? Questionna Harry.

- Non, rien de particulier, répondit le lycanthrope. Je passais juste pour voir comment tu allais. Et puis tu peux m'appeler Remus et me tutoyer, tu sais.

- Et c'est pour cela que tu nous déranges ? Eructa soudain Severus. Tu ne crois pas que nous avons autre chose à faire ?

- Euh… mais je…

- Mon bureau n'est pas un lieu de rencontre ! Tu discuteras avec Harry lorsque nous aurons achevé notre travail ! DEHORS !

Et, sans pouvoir rien faire face à la terrifiante colère de la chauve-souris infernale des cachots maléfiques et ténébreux, Remus se retrouva les quatre fers en l'air dans le froid couloir jouxtant le bureau du maître des potions…

UHDS

Salle commune des Poufsouffles…

C'est ivre de colère que Léo était revenu dans sa salle commune, au rez-de-chaussée. La nuit était tombée depuis un moment, et il espérait la trouver vierge de tous occupants, à cette heure fort tardive où les boulangers commencent leur travail. Mais, à sa grande surprise, une personne se trouvait encore à être éveillée.

Assise sur l'une des tables d'étude se trouvant là, Susan Bones épluchait avec grande attention de nombreux manuscrits et grimoires d'aspect usagé, grattant à grande vitesse sur un parchemin déjà noir d'encre. Elle ne semblait pas avoir remarqué Léo.

- Hum !

Celui-ci toussota pour faire remarquer sa présence à sa camarade d'année. Sursautant soudainement, Susan sortit de son étude avec les yeux emplis de peur. Dès qu'elle aperçu Léo, elle s'empressa de ranger ses documents.

- Bonsoir, Susan, dit-il. Tu n'es pas encore couchée ?

- J'y allais, Léo, répondit la jeune fille avec des gestes saccadés trahissant sa surprise. Bonne nuit.

- Permet moi de douter de tes dires, dit Léo en se saisissant d'un parchemin avant qu'il ne put être rangé par sa propriétaire. Tiens donc… La vérité sur les Guerres Lìdalk, par Ragnok I, rédigé en Lìdalkevden (1). Ce n'est pas ce genre d'information que l'on trouve à la bibliothèque de l'école, dis moi.

- Rends-moi ça ! S'exclama Susan, en tentant de se saisir de son parchemin, sans succès, Léo le conservant hors de portée de sa camarade.

- Je crois que nous devrions avoir une petite discussion, auparavant, Miss Bones, dit-il. A moins que tu ne préfères un séjour prolongé chez Mr Rusard ?

La pâleur soudaine sur le visage de sa camarade fit sourire Léo. C'était d'ores et déjà gagné. Susan savait bien que si elle était prise en possession de tels documents, ce ne serait pas la simple retenue avec Rusard, qu'elle aurait… mais le rendez-vous sans retour avec McNair, le bourreau du Ministère. La Censure du Ministère était sans appel ou exception.

Elle le savait parfaitement, et maudissait son imprudence, quand Léo lui murmura :

- Rassures-toi, Susan. Je suis dans le même cas que toi. Moi aussi, je m'intéresse à l'Histoire, et moi aussi ma vie ne tient qu'à un fil.

Seul un regard sceptique lui répondit. Que pouvait bien dire Susan, après tout ?

- Ne penses-tu pas qu'il serait profitable pour nous deux que nous partagions nos documents et découvertes ? Proposa soudainement Léo, en reposant le parchemin face à sa camarade.

- …et qui me dit que tu n'es pas un menteur, Léo ? Murmura la jeune fille, l'appréhension la rendant aussi pâle que la mort.

- Peut-être ceci ? Répondit-il en soulevant ses cheveux, et en montrant la forme significative de ses oreilles.

Elles n'avaient pas de lobe, l'unique anneau d'or était serti directement dans les pavillons, et le haut de ceux-ci formait une mignonne petite pointe.

Ouvrant de grands yeux, Susan s'exclama, omettant de faire le silence :

- Tu es un Elfe !

- Oui, mais chut ! Et je ne suis pas entièrement Elfe, seulement un Hybride ! Seul mon père était un Elfe.

- Excuse moi, dit Susan en rougissant, cette fois-ci. C'est juste que… je ne pensais pas rencontrer un jour un Elfe. Je croyais qu'ils étaient tous…

- En étude sur les tables d'expérience du Ministère, oui, répondit Léo en s'assombrissant. Je suis l'exception.

- Assieds-toi, proposa Susan en montrant une chaise juste à côté d'elle. Et dis m'en plus…

- Puis-je auparavant savoir comment tu t'es fourni de tels documents ? J'en cherche depuis l'année dernière, sans résultats !

- Ma tante, Amélia Bones, en a découverts pas hasard, répondit-elle. Connaissant ma passion pour l'histoire, elle me les a fait parvenir.

- Et… tu t'intéresses à une période particulière de l'histoire ? Quémanda Léo.

- J'étudie tout, répondit Susan. Mais je dois bien avouer que le Trou m'intrigue énormément.

Le Trou. Qu'étais-ce donc que cela ?

Dans tous les livres d'Histoire édités par les Sorciers, la période allant de l'an Grégorien 987 -l'année de la fondation de Poudlard, à l'an 1135 -l'année précédente la première Guerre Gobelino-sorcière, était entièrement vierge. Un trou béant, mais sur lequel personne ne semblait s'interroger.

- J'espère trouver quelques réponses dans les documents de ma tante, dit-elle. Les seules choses connues publiquement datant de cette période sont les exploits de Merlin, relatant sa monte en puissance et l'âge d'or des Sorciers lorsqu'il a été décidé de se cacher des Moldus.

- En ce qui me concerne, dit Léo, j'ai plus d'informations sur cette période que sur le reste. Les livres d'Histoire de la Bibliothèque, comme tous ceux que j'ai achetés, sont remplis d'incohérences et de contradictions.

- Ils sont remplis de mensonges, répondit Susan. Mais comment as-tu put faire pour obtenir des infos sur le Trou ?

- J'ai des relations, dit Léo en souriant. Je peux t'en révéler plus, si tu veux.

- Ok, mais maintenant !

- Très bien. Alors range tes affaires et suis moi.

Il se leva soudain, surprenant Susan.

- Te suivre, mais pour aller où ? Demanda t'elle, encore un peu méfiante malgré tout.

- Là où je garde mes documents « compromettants », répondit Léo. Et ne t'avise point d'en parler à qui ce fut. Je puis me vanter de maîtriser particulièrement bien le sortilège d'amnésie.

Dans quoi me suis-je embarqué ? Pensa Susan en rangeant ses affaires. Il m'est trop tard pour reculer, désormais…

Une fois prête, elle suivit Léo en dehors de la salle commune des Blaireaux, en direction de l'étage inférieur, les cachots…

- Tu es sûr de vouloir sortir dehors maintenant ? Demanda t'elle, surprise. Le couvre-feu est largement passé, il est bien plus de minuit…

- Je te rappelle le règlement, en ce cas. Il dit précisément : Les élèves en sorcellerie n'ont pas le droit de sortir de leur salle commune respective de vingt-et-une heure trente à sept heures du matin, exception faite jusqu'à vingt-trois heures pour ceux ayant cours d'astronomie.

- Oui, mais nous…

- Nous ne sommes pas des élèves en sorcellerie, mais en Vérité. Nuance, Susan, répondit Léo.

Un sourire naquit sur les lèvres de sa camarade.

- De ce point de vue là, c'est vrai…

Ils firent alors silence, se dirigeant vers le grand Hall. Traversant celui-ci avec le moins de bruit possible, ils aperçurent Rusard passer au loin. Fort heureusement, l'ombre d'une armure les cachait de la lumière offerte par une des torches éclairant l'endroit.

En un rien de temps, ils furent en train de dévaler les escaliers de marbre blanc qui s'enfonçaient dans le sol en direction des cachots. Quittant immédiatement le niveau supérieur de celui-ci, ils gagnèrent le second, celui où se trouvait la salle commune des Serpentards.

L'appréhension gagna immédiatement Susan. Les Serpents étaient tous ou presque membres d'une famille de Sangs-purs. Autrement dit, de ceux qui versaient les Pots de vins au Ministère afin de cacher la vérité Historique. C'était ce que sa tante lui avait dit.

- Où vas t'on, Léo ? Demanda t'elle en tirant sur la manche de son camarade, le forçant à se stopper. Si c'est un piège…

- Ce n'en est pas un, rassures-toi, répondit Léo. Continue à me suivre.

Au grand soulagement de la jeune fille, Léo bifurqua rapidement dans la direction opposée à celle de la salle commune des Serpents. Susan fut rassurée, mais elle savait bien que cela ne signifiait rien. Poudlard était si grand, muni d'un tel enchevêtrement de couloirs, salles communicatives et passages secrets, qu'il était possible de se retrouver en face de votre but en allant dans la direction opposée à celui-ci plus vite qu'en s'y dirigeant tout droit.

Le bureau du professeur Snape apparut à la vue de la Poufsouffle, une lueur vampirique apparaissant sous la porte. Mais Léo ne s'y dirigea pas, et s'engouffra dans un petit couloir presque insignifiant, qu'elle n'aurait jamais remarqué elle-même, elle en était sûre…

En seulement quelques enjambées dans l'ombre, ils passèrent un tournant, et un superbe tableau apparut à la vue de Susan.

Il représentait un paysage merveilleux et d'une incroyable luminosité qui éclairait agréablement l'endroit. Mais ce qui retint le regard de la jeune Poufsouffle, ce fut l'occupant endormit du tableau. Vêtu entièrement de gris, un bourdon blanc à la main, il s'ornait d'une barbe et de buissons sourciliers eux aussi gris. Elle avait là la représentation de…

- Merlin ? S'exclama t'elle, soufflée. Mais… comment est-ce donc possible ?

- Je te le dirais à l'intérieur, répondit Léo. Puissance de l'amitié.

La porte dissimulée par le grand cadre s'ouvrit alors, révélant une grande salle plongée entièrement dans le noir. Le son de calmes respirations se fit entendre, et Susan comprit qu'elle se trouvait là où Léo passait ses nuits, quand il ne se trouvait pas dans la salle commune des Poufsouffles.

- Qui est-ce, Léo ? Demanda t'elle en murmurant à l'oreille de son camarade.

- Mes amis, répondit le jeune homme. Hermione Granger, Harry Potter, Neville Londubat, Blaise Zabini…

Il s'agissait effectivement là de ceux en compagnie de qui Léo passait le plus clair de son temps.

S'aidant d'un faible lumos, afin de ne pas réveiller ses camarades, Léo se dirigea droit vers une porte au fond de la salle. Hors du regard de Susan, il ouvrit les différentes serrures, et poussa enfin la porte.

La jeune Poufsouffle entra à sa suite, et se retrouva à nouveau dans le noir complet quand la porte fut refermée. Un petit clic se fit entendre, et aussitôt, une puissante lumière envahit la salle. Regardant au plafond, Susan put voir une partie de ce qu'elle avait appris en cours d'Etude des Moldus, de nombreux spots électriques.

Regardant autour d'elle, elle put voir l'un des murs recouvert d'une immense carte du monde, sur laquelle de nombreux papiers recouverts de griffonnements étaient punaisés. Les autres murs étaient recouverts d'étagères remplies de livres et de feuilles volantes. Les seuls autres objets se trouvant là étaient un bureau en chêne massif, un confortable fauteuil de soie et un cadre semblable à celui qui scellait l'entrée du dortoir. Aussitôt, un personnage apparut.

- Merlin ! S'exclama Susan, impressionnée à nouveau.

- Que puis-je pour toi, Léo ? Demanda Merlin en baillant. Ouaf, j'ai envie de dodo…

- Il y a bien autre chose à faire, Olòrin, sermonna Léo. Miss Bones ici présente aimerait quelques renseignements en histoire, principalement sur la période du Trou. Pourrais-tu la renseigner ? Tu as tenu le premier rôle, à cette époque, semblerait t'il.

- Oui, répondit durement Merlin, parfaitement réveillé. Mais je t'ai déjà dit que je ne pouvais absolument rien révéler, à toi comme à qui que ce fut.

- Et pourquoi, je te prie ? Quémanda Léo pour ce qui semblait être l'énième fois.

- Impossible de te répondre sur ce sujet, Léonard ! Répondit Merlin en haussant la voix. En revanche, je peux vous dire tout ce que vous voulez à partir de l'an mille cent trente six…

- Ce sera mieux que rien, dit Léo. Allons, vas-y Susan, demande tout ce que tu veux demander. Ce cher Merlin peut bien passer une nuit blanche, non ? Après tout, demain, c'est Samedi…

UHDS

Petite description de la Politique sorcière

Un certain nombre de partis politiques fictifs ont déjà été aperçus dans la présente histoire. Pour vous permettre de mieux comprendre la trame sans vous embrouiller les idées, voici une petite aide…

« Conservateur Sorcier » Parti majoritaire dans la société sorcière anglaise au début de l'histoire. Cornélius Fudge et Albus Dumbledore l'on créé suite à la défaite de Voldy, en 1981. Dumbledore le quitte actuellement, car le jugeant par trop conservateur.

« Sang Pur Sang » Parti qui, comme son nom ne l'indique pas, semble être constitué de cent membres… c'est du moins la conclusion de la Gazette du Sorcier. Lucius Malfoy et Dolorès Ombrage, entre autre, en font parti. Il s'est séparé du « Conservateur Sorcier » au début 1992, car ne le jugeant pas assez drastique quand aux impurs.

« Pot de Vin » Ce système d'échange d'argent à titre d'œuvre de charité est un véritable parti à lui seul, dominant la politique sorcière en étant représenté par 99% de ses Politiciens (dans ses périodes de faiblesse).

Début 1991, le Conservateur Sorcier était ultra majoritaire.

En 1992, session, donc, de ce parti, et création du Sang Pur Sang. Celui-ci devient immédiatement majoritaire au Maggenmagot. Le Conservateur Sorcier est affaibli une seconde fois par le départ de son co-fondateur, Albus Dumbledore.

UHDS

Lexique

(1) Lìdalk : Nom que se donne le Peuple Gobelin. Prononcez « l'1-dalk ».

Lìdalkevden : Langage du Peuple Gobelin, aussi nommé par certains « Gobelbabil ». Prononcez « l'1-dalk-ève-dène ».

UHDS

Certains d'entre vous se demande sans doute pourquoi je ne réponds pas aux diverses questions qui me sont posées dans mes rarissimes commentaires.

C'est tout simplement pour ménager mon scénario ! Je préfère vous forcer à remuer vos méninges, plutôt que vous donner les explications directement.

Mais en revanche, je réponds à tous les commentaires que je reçois, que cela fusse sur fanfictionnet ou sur fanficfr ! Alors, si vous m'envoyez un message identifié, n'hésitez pas à surveillez votre boîte aux lettres ! Il y en aura sûrement un de ma part… et sans retard postal !

Rappel : Cette histoire est entièrement fictive, et n'a absolument aucun rapport avec une quelconque religion Moldue, ou avec un des politiciens du monde réel.