Le Projet A

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Raiponce, Harold, Mérida et Jack. Quatre ados qui ne se ressemblent en rien. Quatre ados qu'un livre écrit par les Maraudeurs va rassembler en un seul projet. Le Projet A.

Note : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films. Il va y avoir des morts, du sang, ect. En bref, tout ce qui justifie le rating T. Tout ce qui sera au-dessus de T (comme les lemons, par exemple), sera publié sur une fic à part. S'ils sont publiés…

Merci à Aangelik pour sa correction !

Merci à Aangelik, Alamane-chan, DeadlyFury, Isis Nephtys, Philou, Emmawh, Paquerette-San, Rafcorail, Flicit et Cya-Siaj pour leur reviews !

Philou : Merci pour ta review ! Oui, la fille qui cherche le crapaud, c'est Hermione. A vri dire, cela vient du tome 1 d'Harry Potter. Pour ce qui est des rendez-vous d'Harold, je me suis rendu-compte de ma bêtise et j'ai été changer cela. Il voit donc toujours Mérida le dimanche et Hermione le samedi ^^. Pour le sombral, se sera expliqué plus tard.

Paquerette-San : Merci pour ta review ! Si Harold avait pris Divination, il aurait eu trop de matières et cela aurait été plus difficile pour moi de créer un moment pour que Raiponce puisse aborder Jack. Donc, SACM et Runes ! Et tes questions trouveront des réponses bientôt.

Rafcorail : Merci pour ta review ! Pour les fautes, je suis entièrement coupable. Pendant les vacances, je vais reprendre les chapitres et essayer de les corriger au maximum. Pour Jack, ne t'inquiètes pas, ça va s'arranger ^^. (PS : je me rends compte que tu vas lire ma réponse dans un bout de temps, mais j'ai pas trop le choix…)

Flicit : Merci pour ta review ettes compliments ! Voilà la suite !

Et maintenant, place à la fiction !

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Chapitre 16 : Piques et Pêche

Le fauteuil gémit quand un corps s'affala sur lui. Enfin, il fit plutôt quelque chose du style « Brouf », mais l'usage veut qu'un fauteuil gémisse, peu importe le bruit qu'il fait réellement.

Mais ça, Jack s'en foutait un peu. Tout ce qui comptait pour le moment, c'était le moelleux du fauteuil. Dieu qu'il haïssait le jeudi. Et ce n'était que le troisième de l'année ! Le pire, c'est qu'en plus des cours, venait maintenant se rajouter une autre calamité : Raiponce Tower.

Cela faisait deux semaines que la jeune fille était venue lui demander de l'aide. Deux semaines que Jack lui avait dit qu'il allait y réfléchir. Deux semaines qu'elle revenait à la charge régulièrement, avançant des arguments parfois intéressants, comme le fait que la potion était ardue et que donc elle allait lui opposer de la résistance, chose que Jack adorait, et parfois des plus étonnants, comme le fait qu'il allait pouvoir passer du temps avec elle et Mérida. Une Serdaigle probablement psychopathe et une rousse agressive. Son rêve absolu, il va sans dire.

Et aujourd'hui, elle avait réattaqué durant le cours de Divination. Jack frissonnait rien qu'à y repenser.

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Assis à une des nombreuses tables rondes de la salle de Divination, Jack buvait son thé. Ajouté au bavardage incessant de sa voisine, il avait vraiment l'impression d'être dans à une réunion de vieilles rombières.

« - Mes enfants, reprit Trelawney, en essayant de rendre sa voix le plus mystique possible, je vous prie de suivre la démarche habituelle et d'échanger vos tasses. »

Jack donna sa tasse à sa voisine et récupéra celle de Mérida. Voyant le professeur arriver sur lui, telle une mante religieuse géante affublée de breloques, il se dépêcha de tourner trois fois la tasse et de la renverser sur la soucoupe. Cela fait, il tenta de de distinguer une forme, puis ouvrit son livre.

« - Tu t'en sors ? demanda une voix à sa droite.

- Pas trop. J'ai beau chercher dans le livre, le truc le plus ressemblant que je trouve est « Chariot à trois roues conduit par un hibou manchot ». Et je doute que ce soit ça.

- Pourquoi ?

- Quelque chose me dit que, malgré les prédictions du livre, Dunbroch est incapable d'être atteinte de priapisme(1). Quoi que…

- Je t'entends, Overland, intervint la rousse.

- Pas très intéressant, hein, reprit Raiponce, comme si son amie n'était jamais intervenue dans la conversation.

- Dès fois, je me dis que j'aurais dû prendre Arithmancie ou Étude des Runes, plutôt que ce cours.

- Mouais. N'empêche, il y a quand même des choses plus intéressantes à faire que de tripatouiller du thé ou traduire de vieux textes vikings. Faire des potions, par exemple. »

Jack regarda la Serdaigle, légèrement blasé. La délicatesse d'un char d'assaut.

« - Tu n'arrêtes jamais, hein ?

- Oh, allez, ça fait deux semaines que tu réfléchis. Je suis sûre que tu en meurs d'envie mais que tu aimes me faire mariner.

- Pourquoi en aurais-je envie ? Et ne me ressort pas cette histoire de passer du temps avec Dunbroch et toi.

- Que veux-tu que je te dise de plus ? J'ai déjà tenté toutes les approches que je pouvais. Tout ce que je peux dire, c'est que si tu ne nous aides pas, on n'y arrivera pas », dit simplement la jeune fille, en lui lançant un petit regard suppliant.

Le jeune homme prit le temps de réfléchir. Qu'avait-il à perdre ? Rien, s'ils jouaient bien leur jeu et restaient discrets. Par contre, s'ils y arrivaient, c'était le jackpot.

« - Bon, d'accord, je vais vous aider. Mais en échange, je veux que vous me filiez un coup de main.

- Pardon ? s'exclama presque Mérida. Tu veux rire, là ? On va te permettre de réaliser quelque chose que tu n'aurais pas pu imaginer sans nous, et tu as encore le culot d'exiger autre chose ?

- Je ne vois pas en quoi j'exagère. Je vais faire la plus grosse partie du travail, après tout. Et tout ce que je demande, c'est un coup de main dans certaines matières, rien d'autre. »

Mérida allait de nouveau protester, mais son amie la coupa.

« - Entendu. Donc, marché conclu ? »

Jack regarda la main qu'on lui tendait. Une fois serrée, il serait trop tard pour revenir en arrière. Il ne doutait pas un seul instant que la jeune fille avait prévu quelque chose pour le dissuader de revenir sur sa parole. La délicatesse d'un char d'assaut, peut-être, mais probablement piloté par Hannibal Lecteur (2).

Il finit par se décider et attrapa la main de la jeune fille.

« - Marché conclu. »

La blonde sourit. Et sortit un horaire de son sac. Un horaire que Jack reconnut parfaitement.

« - Bien ! J'ai regardé ton horaire et, en le comparant avec le mien et celui de Mérida, j'ai trouvé deux heures de libre le mardi après-midi. J'ai pensé que ce serait le bon moment pour nous rencontrer. Évidemment, il y a aussi les weekends, mais Mérida n'est pas là le dimanche et j'ai Quidditch le samedi matin, ce qui fait que je ne suis pas bonne à grand-chose l'après-midi, alors le mardi serait le mieux, je pense. J'ai déjà récupéré des ustensiles, mais il faudrait lister ce qu'il nous manque, et… »

Hannibal Lecteur était effectivement aux commandes.

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Dans cinq jours, il aurait la recette de cette fameuse potion de chamanisme sous les yeux. Il devait l'avouer, il était intrigué. Il avait affronté la bibliothèque et la terrible Mrs Pince pour essayer de trouver des informations sur cette potion, mais apparemment aucun des livres de la bibliothèque n'en parlait. Tout cela aiguisait sa curiosité.

Mais pour le moment, sa curiosité pouvait aller se faire voir. Et ses devoirs aussi, par la même occasion. Tout ce qu'il voulait, c'était dormir. Et son bon vieux fauteuil moelleux, accompagné des bavardages de Marius comme berceuse, était l'endroit idéal pour une petite sieste.

« - C'est toi Jack Overland ? »

Du moins, tant qu'on ne venait pas l'ennuyer. Peut-être que s'il ne répondait pas, l'autre s'en irait.

« -Je te parle. C'est toi, Overland ? »

Il allait partir. Encore cinq minutes et il allait partir.

« - Réveillez-le. »

Ou pas. Jack ouvrit précipitamment les yeux alors que des mains deux fois comme les siennes l'attrapaient.

« - C'est bon, je suis réveillé. Qu'est-ce que tu veux ?

- Draco Malfoy, Prince des deux premières années. Et eux, ce sont Crabbe et Goyles. »

Le troisième année regarda les trois « gamins » qui lui faisaient face. Le seul qui faisait son âge, c'était le jeune Malfoy, au centre, qui se dressait de toute la hauteur que lui offrait son mètre cinquante. De part et d'autre de sa personne, deux autres garçons, qui semblaient avoir fait l'expérience des stéroïdes. Crabbe et Goyles, probablement.

« - Jack Overland, se contenta de répondre Jack.

- Je sais. Je sais aussi que tu es le Prince des Troisièmes. Et je te défie.

- Pardon ? Je suis le Prince de personne, moi. Et tu me quoi ?

- Je te défie, dans un duel de Verbe. Si tu perds, tu me cèderas ton titre.

- Tu es bouché ou quoi ? Je te dis que ce n'est pas moi le Prince des troisièmes. Qui voudrait d'un titre pareil ?

- Pourtant, c'est ton nom qui ressort quand j'interroge les autres. »

Jack soupira. Ça sentait la blague de Marius à plein nez, ce truc-là. Il était passé où, d'ailleurs ?

« - Je suppose que tu n'en démordras pas. Et j'y gagne quoi, moi ?

- Le droit de garder ton titre, si tu gagnes. Si tu perds, rien. »

Le petit blond c'était apparemment gardé une porte de sortie. Il ne l'avait peut-être pas dit textuellement, mais ses omissions suggéraient que lui ne perdrait pas ses « titres » en cas de défaite. Il était plus malin qu'il n'en avait l'air.

« - Je suppose que tu reviendras à la charge si je refuse ?

- Tu supposes bien.

- Très bien. Alors finissons-en. »

Malfoy fit un geste de la main et ses deux « amis » s'empressèrent de créer une sorte de ring au centre de la salle. La rumeur du duel langagier se répandit rapidement et même ceux qui étaient partis dans leur dortoir ressortirent, histoire de voir l'humiliation que subirait le perdant.

« - Les règles sont simples, énonça Malfoy, une fois qu'ils eurent pris place dans le cercle. Nous échangeons des piques, le premier à court d'idées perd. Si tu gagnes, tu auras le droit de garder ton titre. Si je gagne, je deviens le Prince des Troisième. Entendu ? »

Jack soupira. Dans quoi s'était-il embarqué ?

« - Entendu.

- Dixon, si tu veux bien. »

Marius, qui était réapparu soudainement, se plaça entre les deux adversaires.

« - À trois. Un, deux, trois… Que le combat commence ! »

Malfoy ne perdit pas une seconde.

« - Comment se porte ton grand-père, Overland ? Toujours aussi faible que depuis la perte de ses pouvoirs ? »

Il attaquait sa famille. Le jeu était fini.

« - Et le tien ? Oh, oui, c'est vrai, il n'a pas survécu au service militaire de Tu-Sais-Qui. »

Malfoy grimaça. Il n'était pas le seul à connaître la famille de l'autre.

« - Le mien au moins est mort dans la dignité. Pas comme ton père. »

Jack résista à l'envie d'attraper sa baguette.

« - Mon père avait un honneur, lui. Chose qu'il manque aux Malfoy depuis la naissance de leur lignée, i peine trois cents ans. Une des plus jeunes familles de Sang-Pur, non ?

- L'âge ne fait pas tout. Les deux ans que j'ai en moins que toi ne m'empêchent pas de voir à quel point tes cheveux sont ridicules.

- Aurait-on épuisé ses connaissances sur ma famille ? Pauvre petit, si c'est tout ce que tu connais, tu en sais bien peu.

- Oh, alors tu souhaiterais parler de ta mère. Cette demi-sorcière ? Quoi, pourquoi un tel air stupéfait ? Tu croyais que sa faiblesse magique ne se savait pas ? »

Le sale petit… Il n'épargnait personne. Il fallait que Jack trouve quelque chose. Son grand-père et son oncle lui avait enseigné tout cela, mais il n'avait pas été très attentif. Soudain, une vieille phrase ressurgit.

« La pureté de sang n'est pas sans conséquence. »

« - Et dis-moi, Draco, comment se porte ta vielle tante Abigaël ? Toujours libraire dans le Londres moldu ? »

Jack vit la respiration du blond se couper. Abigaël Malfoy, la honte de la famille. Une petite fille née sans pouvoir. Malfoy chercha ses mots, mais…

« - Et le temps est… écoulé ! C'est donc Jack Overland qui remporte le duel. »

Perdu, Jack regarda Marius. Il avait gagné. Il était officiellement le Prince des Troisièmes Années.

Dans quelle galère s'était-il encore fourré ?

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« - Et donc, le cha-cha-cha-chaporouge attire ses vi, ses vivi, ses victimes pour les tuer et teindre son cha-chapeau avec leur s-s-s-s-s-sang. »

Ainsi parlait le Professeur Quirrel, nouveau titulaire de la Défense Contre les Forces du Mal. Et encore, aujourd'hui était un bon jour, il bégayait assez peu.

Mérida, quant à elle, semblait être en train de dépérir. Et Harold, à ses côtés, n'essayait même pas de l'aider, occupé qu'il était à consciencieusement noter tout ce que disait le professeur.

« - Je ne te comprendrais jamais, dit-elle au garçon. Comment arrives-tu à t'intéresser à ce que dit un gars pareil ? Il est encore moins intéressant que Smith ! Et en plus, il est bizarre.

- Il est intéressant ! Je te l'accorde, il bégaye à la limite de l'incompréhensible. Mais ce qu'il dit est intéressant. Toi qui aimes tant les créatures magiques, tu devrais l'écouter. Essaye, au moins.

- Mais j'ai essayé ! Seulement, il m'énerve en quelques secondes à peine, à mettre dix minutes à prononcer « Chaporouge ».

- Mi-Miss Dunb… Dunbroch ! Que, que-que, qu'est-ce que je vi-viens de di, de di, de dire ? éructa difficilement le professeur Quirrel.

- Euh…

- Je, je vois. Si vous n'écoutez pas, veu-veuilliez vous t-t-t-taire et laisser vo-votre voisin sui-sui-suivre !

- Oui monsieur », se contenta de répondre la jeune fille, avant de remettre sa tête sur ses bras. Qu'est-ce qu'elle pouvait s'ennuyer !

Et comme tout élève qui s'ennuie et dispose d'un banc ayant un bac et un couvercle rabattable, elle ouvrit ce dernier.

Sur le bois à l'intérieur du bac, de nombreux élèves avaient marqué leur passage au fil des ans. Là, un « B+A » dans un cœur. À côté, un dessin qui devait sûrement représenter le professeur de Défense de l'époque. Probablement un peu caricatural, car les professeurs possédant deux paires de cornes n'étaient pas légion. Quoi que, à Poudlard, …

Mais les diverses gravures n'étaient pas la seule chose intéressante à trouver dans ce type de banc. Parfois, des vieux copions prenaient la poussière. Ou des petits mots précipitamment cachés et oubliés là. Ou encore…

« - Chouette, un journal ! »

Usant de la technique estudiantine ancestrale qui consiste à cacher plus ou moins discrètement un magazine dans son livre de cours, technique à l'efficacité toute relative, Mérida se mit à lire.

Le journal que la jeune fille avait trouvé titré fièrement « La Gazette du Sorcier ». Mérida grogna quand elle constata que le périodique était vieux de presque trois semaines. Vive les nouvelles fraîches. Bien que rien ne pourrait jamais être pire que l'édition datant de 1953. À croire que personne n'avait osé lire en classe depuis la nomination de la vieille Mcgonagall, qui devait probablement s'être faite dans ces eaux-là.

En feuilletant la gazette, Mérida finit par arriver au dossier du jour, qui était l'article central. Un article assez étonnant pour qui connaissait le Monde Sorcier et ses institutions.

« Gringott's cambriolée !

Les Gobelins perplexes face à cette première. »

Gringott's, banque du monde sorcier et l'un des endroits les plus sûrs au monde. Une banque que l'on disait impénétrable et même gardée par des dragons dans les dédales les plus profonds.

En lisant la suite de l'article, la jeune fille apprit que le coffre cambriolé était le 713, que le vol avait eu lieu quelques semaines après que le contenu du coffre soit retiré par ses propriétaires et que rien n'avait donc été emporté et que d'après les briseurs de sorts, la magie noire avait été utilisée.

S'en suivait une interview de Ragnok « Pattes-de-poule », le directeur de la banque et de Bill Weasley, briseur de sort et ainé de la nombreuse fratrie Weasley.

Mérida allait tourner la page, quand un évènement quelque peu inhabituel arriva : un hameçon vola à toute vitesse depuis le fond de la salle vers le professeur, en frôlant Mérida.

L'hameçon continua sa route et s'accrocha dans un des nombreux plis du turban du Professeur Quirrel. Là, comme dans toute partie de pêche normale, la proie commença à essayer de se défaire du crochet et la ligne se tendit. Á un tel point que tout le monde sembla réaliser que s'il y avait un hameçon et un fil, il y avait sûrement une canne à pêche. Et donc un pêcheur.

Ou plutôt deux : tranquillement assis, les jumeaux Weasley remontaient leur prise, moulinant férocement. Et ce qui devait arriver arriva. Le turban céda.

Le long morceau de tissus commença à se dérouler, se dérouler, au point que les jumeaux maléfiques lâchèrent leur canne et continuèrent à tirer sur le tissu à mains nues. Et dans sa panique légèrement incompréhensible, le professeur Quirrel ne parvint pas à le retenir, et se retrouva donc la crâne à découvert devant ses élèves.

Un crâne sur lequel de nombreuses rumeurs avaient couru. Le turban du Professeur Quirrel fascinait. Pourquoi toujours le porter, même durant les vagues de chaleur qu'avait connu le début du mois de septembre ? Certains disaient qu'il était rempli d'ail, pour éloigner les vampires que l'homme avait rencontré en Albanie. D'autres que le turban lui avait été offert par un Prince de l'est, en remerciement de services. Et certains, beaucoup moins nombreux, pariaient sur le fait que le tissu cachait un crâne difforme.

Une hypothèse qui allait probablement perdre de nombreux adeptes, étant donné la boite crânienne parfaitement normale qui s'offrait au regard des troisièmes années de Gryffondor et de Poufsouffle.

Blanc de rage, Quirrel s'approcha à grands pas des deux fauteurs de trouble. Arrachant son turban défait de leurs mains, il dit :

« - Messieurs Weasley, deux heures de retenue. Chacun. Maintenant, le cours est terminé. »

Tout cela sans bégayer. Dire que Mérida avait toujours été convaincue que ce genre de tics s'aggravaient avec la colère.

En rangeant ses affaires, elle regarda l'homme tenter de remettre son couvre-chef. C'était étrange. Son crâne était parfaitement normal et pourtant… Pourtant la jeune fille avait l'impression qu'il se modifiait sans cesse, comme si quelque chose essayait d'y apparaître. Perturbée, elle resta statique, fixant son professeur.

« - Mérida ? demanda Harold. Ça va ?

- Hein, quoi ? Euh, oui, ne t'inquiète pas, je réfléchissais. Bon, je te laisse, je dois aller retrouver Raiponce. Tu as cours, toi, non ?

- Oui, Runes. À plus tard.

- À plus ! »

Mérida, toujours pensive, regarda son ami partir sans réellement le voir. Du moins, jusqu'à ce qu'elle aperçoive une sorte de lézard sortir de son sac et grimper sur son épaule. Un lézard qui disparut sitôt qu'elle eut cligné des yeux.

Inquiète, elle se mit en route. Devenait-elle folle ? Cela faisait maintenant quelques temps qu'elle voyait des choses qui n'existaient pas. Depuis ses… Non, ça n'avait sûrement aucun rapport.

Avisant l'heure, elle allongea le pas. Elle n'avait plus que dix minutes pour se rendre à son rendez-vous et si elle avait le malheur d'arriver ne serait-ce que deux minutes en retard, elle en entendrait parler pendant les trois années à venir.

Tout en continuant à réfléchir à ses visions, elle descendit en escalier, se retrouvant au Premier Étage, se dirigea vers l'aile Nord, emprunta un passage secret qui la conduisit au quatrième, tourna deux fois à droite et monta un dernier escalier pour se retrouver devant.

« - Miss Dunbroch ! Quel plaisir de vous revoir. »

La Reine Maéva, reine d'Irlande et Sorcière d'Écosse sur ses vieux jours. Ainsi que la gardienne de la salle n°27, où Mérida avait rendez-vous avec Raiponce et Jack Overland.

« - Bonjour, Reine Maëva. Comment allez-vous ?

- Bien, bien. Je commençais à m'inquiéter de ne pas vous avoir vu, vous et la jeune Miss Tower, depuis le début d'année, alors que vous étiez si assidues l'année dernière. Votre projet n'est pas abandonné, dites-moi ?

- Non, non, ne vous inquiétez pas, il tient toujours.

- Tant mieux, tant mieux. Ah, je pense que vos amis arrivent. Qui est donc ce jeune homme ? »

En effet, à l'autre bout du couloir, Mérida pouvait repérer les longs cheveux blonds de Raiponce et la tignasse blanche d'Overland. D'ici, rien ne pouvait permettre d'affirmer si c'était des filles ou des garçons, mais dans la tête d'une femme de plus ou moins 1000 ans, il devait être impensable qu'une fille ait les cheveux cours et un homme les cheveux longs.

« - Oh, et bien c'est quelqu'un qui va nous aider. Il y a certaines parties du projet qui nous posent quelques problèmes et même si cela me fait mal de le reconnaître, il est le plus apte à nous aider, dit-elle au tableau. Vous voilà enfin ! s'exclama-t-elle en s'adressant cette fois aux deux autres élèves.

- Flitwick nous a retenu, répondit Jack, sans même s'excuser.

- Le Professeur Flitwick, corrigea Raiponce.

- Ouais, ouais, si tu le dis. Bon, qu'est-ce que l'on fait ici ?

- Jack, je te présente la reine Maëva. Reine Maëva, Jack Overland.

- Overland ? Un membre du Clan Frost, donc ?

- Euh, oui.

- Un manipulateur de glace. Je me souviens en avoir assommé un qui s'amusait à geler mes fleurs, de mon vivant. Lui aussi s'appelait Jack. Un sale gamin.

- Ah.

- La Reine Maëva est le tableau qui garde l'entrée de la salle n°27, l'endroit où Mérida et moi travaillons sur notre projet. Comme la salle est peu connue, c'est une très bonne cachette. Et il faut ajouter à cela que la Reine est une excellente gardienne.

- Miss Tower ! Vous allez me faire rougir. Bien, je suppose que vous voulez entrer, maintenant que tout le monde est là ?

- Exactement.

- Je me vois dans l'obligation de vous demander le mot de passe. Simple formalité, mais je le dois.

- C'est normal. Le mot de passe est « Cuchulain ». »

À ces mots, le tableau pivota sur ses gonds invisibles, laissant apparaître la salle secrète. Salle où une belle couche de poussière avait élu domicile depuis l'année passée.

« - Ne me dis pas que l'on va encore devoir la nettoyer ? râla Mérida

- J'ai bien peur que si. Bon, tu t'en occupes pendant que je vais chercher les livres. »

Sortant sa baguette, la Gryffondor fit disparaître la poussière et la saleté, révélant le carrelage bleu et la baie vitrée qui donnait sur le parc. Comment une pièce fermée pouvait se retrouver dans un tel état après seulement trois mois ? À croire que les elfes étaient payés à salir les locaux censés être inoccupés.

Quand Raiponce revint avec les livres, les deux autres membres du groupe s'étaient assis, chacun à un bout de table et se regardaient en chiens de faïence. Elle soupira. Ça n'allait pas être facile.

Histoire de les forcer à se rapprocher, elle se plaça au centre.

« - Comment veux-tu que l'on voit quoique ce soit si tu te mets là ? dit Mérida.

- Ca me fait mal de l'avouer, mais elle a raison.

- Et bien venez vous mettre à côté de moi, alors. »

Doucement, comme s'ils approchaient un fauve, les deux autres se rapprochèrent et finirent par s'asseoir.

« - Bien. On peut commencer.

- Encore une chose, intervint Jack. Que je sois certain : je vous aide à faire la potion, et en échange vous m'apprenez à être animagus et vous m'aidez dans les cours ?

- Oui. Il me semble que l'on te l'a promis, non ?

- Je voulais juste être sûr. Bon, montre-moi cette potion. »

Raiponce tendit le livre au Serpentard, qui parcourut la recette.

« - Vous l'avez trouvé où ?

- Eh bien, j'ai trouvé des notes dans une cachette et avec Mérida, on les a remises dans l'ordre.

- Vous avez trouvé ça dans une cachette ? Rassurez-moi, elle avait été recopiée d'un livre ?

- Euh, rien ne l'indiquait. On ne sait pas trop, en fait.

- Vous ne savez pas trop ? Chouette. Sinon, vous avez bien vérifié les balances ?

- Les balances ? Qu'est-ce que c'est ? »

Jack se retint de prendre sa tête dans ses mains.

« - Je vois au moins quatre ingrédients toxiques, sans parler de ceux que je ne connais pas ! Vous vouliez vraiment boire ça avant même de vérifier s'ils sont contrebalancés par des antipoisons efficaces ?

- Et comment on fait, par vérifier ça ?

- On cherche dans des livres. »

Les deux filles s'entre-regardèrent. Elles n'étaient pas prêtes de se transformer, à ce rythme-là.

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(1) Le priapisme est un problème purement masculin. Je vous laisse le soin de chercher ce que c'est si le cœur vous en dit.

(2) J'ai choisi Hannibal Lecteur pour le côté à la fois génie et psychopathe, pas pour le cannibalisme. Si vous ne connaissez pas les films ou les livres, je vous les conseille, à condition que votre estomac ne soit pas trop fragile.

À la base, Harold et Raiponce devaient eux aussi avoir leur partie mais ça aurait été trop long, donc ce sera la semaine prochaine. Ce qui a donné un chapitre plus petit (enfin, « petit », c'est vite dit. Je vous assure que j'ai eu un mal de chien à l'écrire), mais avec de bonnes nouvelles en fin !

D'abord, merci à tous pour vos défis. Certains m'ont bien inspiré, d'autres moins, mais tous ont été pris en compte. Celui que j'ai choisi de faire est celui d'Aangelik : « Once Upon A Dream » . Je garde les autres sous le coude, alors ils finiront peut-être par donner naissance à un OS (et pourquoi pas à une fic ?)

Ensuite, ça avance ! Vous remarquerez que les parties sont moins distinctes et que les personnages se retrouvent ensemble (ou presque) assez souvent.

Enfin, après réflexion, j'ai décidé de repasser à un rythme hebdomadaire à partir du mois d'août. J'avais pensé le faire dès juillet, mais par manque de temps, je n'ai pas su écrire des chapitres de réserve et je ne veux pas prendre le risque de ne pas savoir publier un lundi à cause de ça.

Cependant, ce changement de rythme provoquera probablement une diminution de la taille des chapitres. Disons que nous allons sûrement passer de chapitres de 6000 mots à des chapitres du style de celui-ci, soit environ 4000 mots.

On se retrouve la semaine prochaine, pour le chapitre 17 : Troll et Trappe (oui, je donne dans les allitérations en ce moment.)

PS : Petite annonce purement dictée par l'orgueil : apparemment, la Porjet A est devenue la fic la pls longue (au niveau du nombre de mots) du fandom français « HTTYD/ROTG », mais aussi la plus reviewée. Alors, voilà. Merci.

3933 mots.