Bonjour les troubadours (rime pourrie xD)
Voici un chapitre court mais intense où vous allez en prendre pour votre grade. Révélations sur révélations !
Car oui, à côté de mon histoire, Amour, Gloire et Beauté, c'est aussi compliqué qu'un épisode de Franklin !
Bonne lecture, et pardonnez-moi ! ^^'
Sous-chapitre 10 : Mirrors, 2ère partie (Jake)
Après l'enlèvement – j'espérais que c'en était un – de Chloé, Chris et les autres étaient encore plus sur le qui-vive. Enfin, je l'étais aussi, c'était logique. Cette tarée pouvait tomber sur nous à tout moment, comme un monstre de film d'horreur, et je sentais Sherry trembler tout contre moi. Elle était plus courageuse que ça d'habitude, ça cachait quelque chose. Mais ce n'était ni le moment ni l'endroit pour lui tirer les vers du nez.
Nous continuâmes notre ascension vers le toit, où nos infos nous attendaient, tout en étant sur qui-vive. La tension était palpable, c'était carrément lourd. Comme Chloé n'était pas là, c'était Alexis qui fouillait avec Betthany. Je ne trouvais pas que c'était une bonne idée. Pas parce que je m'étais étrangement attaché à lui, non. Parce qu'il était apparemment le seul à voir cette folle de Satan dans le noir. En fait si, c'était un peu aussi parce que je l'aimais bien.
Du coup, en pensant à Alexis, je pensais aussi à Piers. Je me demandais ce qu'il devenait, si sa mission se passait mieux que la nôtre. Je l'espérais sincèrement. En même temps, Satan nous avait donné un bel indice concernant l'asile où il était posté. Non seulement l'asile en lui-même était craignos, selon ce que j'ai appris dans les rapports, mais en plus Satan nous avait dit que pas une mais deux de ses sœurs étaient là-bas. Et étant donné le mal que nous avions avec une seule, je n'osais pas imaginer ce qui se passerait pour Piers et son équipe avec deux de ces écolières démoniaques contre eux.
Je regardai Chris, qui semblait bouillir. Déjà que moi je m'inquiétais, je n'osais même pas imaginer dans quel état lui se trouvait. Sans doute dans le même était que je serais si Sherry n'était pas dans la même équipe que moi. C'est pour ça que je pouvais compatir pour lui sans me forcer. Non seulement parce que j'aimais Piers, moi aussi, mais aussi parce que je comprenais carrément ce qu'il ressentait. J'avais essayé de le rassurer, d'une manière assez hypocrite mais je ne voyais que ça, et ça a semblé marcher. Un peu. Parce que là, il était clairement en train de se ronger les os, encore. Karim était à côté de lui, et me semblait bien con, là. il ne savait pas quoi faire, lui non plus.
Gardant la main de Sherry dans la mienne, j'allai encore le voir. Il était à fond dans sa contemplation du vide, et je me raclai la gorge bruyamment. Ça fonctionna, il se tourna vers moi.
-Qu'y a-t-il Jake ? me demanda-t-il d'un ton neutre
-Je suppose que te répéter que tout ira bien ne changera rien ? tentai-je
-Non. Je ne serai pas tranquille tant que je ne verrai pas Piers.
J'avais une impression de déjà-vu, pour le coup. C'était quasiment mot pour mot ce qu'avait dit Piers avant qu'on aille chercher Chris en Afrique. C'était trop mignon.
-Penser à lui tout le temps ne va pas faciliter tes affaires, mon vieux, lui dis-je d'un ton compatissant. Je… Enfin on comprend ce que tu ressens. On est tous inquiets pour lui. Je ne te demande pas de penser à autre chose, tu n'y arriverais sûrement pas. Mais il faut rester positif.
-Ça me fait mal de l'avouer, mais le sale gosse a raison, Chris, dit Betthany en revenant vers nous. Nous inquiéter outre mesure ne nous avancera à rien. Restez concentré et tout ira pour le mieux.
Sherry, que je n'avais pas entendu depuis un moment, lâcha ma main pour aller prendre Chris dans ses bras. Toujours sans rien dire. Je me demandais ce que voulait dire ce silence. Chris fit une tête surprise, mais serra aussi Sherry dans ses bras. Je crois que si je ne connaissais pas aussi bien Chris, j'aurais pu être jaloux, surtout vu le sourire qui envahissait peu à peu son visage. Sherry le lâcha, toujours sans rien dire, et alla reprendre ma main. Je lui adressai un regard intrigué, et elle me fit un petit sourire. Sale tricheuse, va, comme si je pouvais résister à ça.
-Vous avez trouvé quelque chose ? demanda Chris, qui semblait avoir retrouvé ses esprits
-Bien sûr que non, dit Satan. Je vous ai dit que j'avais toutes les informations. Vous prenez encore votre temps pour que je puisse décimer votre équipe, capitaine Redfield ?
-Qu'avez-vous fait de Chloé ? demanda Betthany d'un ton remonté
-Elle va bien, ne vous en faites pas. Je l'ai juste… rangée en attendant de voir lequel de vous arrivera au toit. Et bientôt, l'un de vous ira la rejoindre.
-Donc c'est du pif ? Voilà qui ne va pas arranger nos histoires, râlai-je
-Pas exactement, monsieur Muller. Je prends des risques en fonction des variables. Et elles changent à chaque mouvement que vous faites.
Alexis dégaina encore son arme à la vitesse de l'éclair, et tira vers le plafond. Tout le monde put entendre Satan râler. Apparemment, cette fois il l'avait touchée. Alors qu'il rechargeait, la maîtresse de maison tomba devant Alexis, et lui mit un coup de pied dans l'estomac, le faisant reculer. Betthany et moi lançâmes un coup de pied vers elle en même temps, mais elle para nos deux attaques, chacune d'un bras. Chris et Karim la mirent en joue, et elle se baissa pour esquiver le coup de feu. Elle nous fit un croche-pied, à Betthany et moi, qui fit que nous tombâmes à la renverse. Sherry sembla se réveiller à ce moment-là, et sortit sa matraque électrique pour passer à l'attaque. Elle attrapa la main armée de Sherry avant qu'elle ne l'atteigne, et se servit de la matraque pour parer l'attaque au fusil d'Alexis, qui avait repris ses esprits. Elle fit ensuite une sorte de prise à Karim, qui se retrouva à son tour par terre. Je me relevai, alors que Chris hésitait à faire feu, et Satan se décala juste avant que mon crochet l'atteigne, faisant que je manquais de frapper Sherry, qui faisait une tête étonnée. J'avouai que moi aussi je n'avais pas compris ce qui venait de se passer. Elle récupéra Alexis par terre, et le fit passer par la fenêtre qui était un peu plus loin avec un autre chassé. Chris fit de nouveau feu sur elle, mais elle fit une roulade pour assommer Sherry d'un seul coup de pied sauté. Sherry alla se coller contre le mur de l'autre côté de la pièce par la force du coup, et Satan envoya Betthany la rejoindre. Puis elle disparut de nouveau, alors que je lui tirai dessus. Je me dirigeai vers Betthany, qui vérifiait si Sherry allait bien, quand un mur apparut devant mon nez. Je frappai les deux poings dessus, alors que j'entendais Betthany manifester sa surprise.
-Merde ! m'exclamai-je. Vous allez bien ?
Pas de réponse. Vu le bruit que faisait le mur quand je le frappai, il ne devait pas être très épais, mais c'était comme s'il était insonorisé. Alors que Karim se redressait douloureusement, Chris vint me rejoindre dans le massacre du mur, mais rien n'y faisait. Il était infranchissable pour nous. Dans un bruit sourd, le mur bougea de nouveau, et je vis une lueur d'espoir dans le regard de Chris. D'ailleurs, je dus avoir la même. Mais derrière le mur, il n'y avait que Betthany, qui se tenait le ventre.
-Je suis désolée, dit-elle simplement en me regardant droit dans les yeux
Je laissai partir un bon vieux hurlement de rage, avant de tomber à genoux. J'avais presque envie de pleurer, mais je n'y arrivais pas. Ce n'était pas dans mes habitudes. Ce fut au tour de Chris de tenter de me rassurer en posant une main sur mon épaule. Et bizarrement, ça fonctionna. Un peu. Je me relevai, en me secouant un bon coup. Même s'il n'avait pas pu faire grand-chose, même Karim m'offrait une expression désolée. Un autre jour, je lui aurais mis des claques, mais ce n'était pas de sa faute, à lui non plus.
C'était tellement plus facile de s'en vouloir dans ce genre de situation.
-Bon, on continue, dis-je d'un ton que j'entendais comme mort
-Jake, tenta Karim
-Ta gueule. Il n'y a rien à ajouter, si ce n'est qu'il ne faut plus hésiter à tirer sur cette salope.
-Oui, tu as raison, dit Chris. On continue.
Dans des circonstances pareilles, je m'attendais à ce que Satan fasse une remarque désobligeante, avec un bon timing et tout, mais elle n'en fit rien. Peut-être qu'elle était épuisée à cause du fait d'avoir affronté six personnes en même temps ? Je ne pus m'empêcher de penser, encore, que si les sept frangines étaient aussi lourdes, le combat contre le Patron ne serait pas de tout repos. Et il y avait deux de ces monstres dans l'asile de Mount Massive, où Piers et son équipe étaient.
Penser à autre chose. Ne pas se faire de mouron, ça ralentit.
Plus vite on aura vaincu cette pouffiasse, plus vite on retrouvera les gens qu'on aime.
Du coup, Chris, Betthany, Karim et moi nous précipitâmes dans l'escalier qui menait au toit. Plus on montait, et plus le rire de Satan était fort. Chris était devant, bien entendu, suivi par Karim. Ensuite, il y avait Betthany, et je faisais l'arrière garde. J'étais plus déterminé que jamais à piquer cette tarée dès que je la verrai essayer de nous prendre à revers. Même si, en y réfléchissant bien, il aurait été plus logique, pour le coup, qu'elle essaye de nous affronter de face. Et dans ce cas-là, c'est monsieur capitaine tank Redfield qui la retiendrait.
Pourquoi il a fallu qu'on tombe sur des écolières qui étaient formées au close combat contre des adversaires en supériorité numérique ?
Il faut que j'arrête de voir le mauvais côté des choses, sinon notre combat contre le Patron sera perdu d'avance. J'avais envie de le faire payer, moi aussi. Pas pour des raisons familiales, évidemment, mais… Enfin si, d'une certaine manière. Parce qu'il s'en était pris à ma nouvelle famille.
En plein milieu de l'escalier, alors que nous montions toujours aussi vite, Betthany poussa un hurlement.
-Tu as marché sur un clou ? lui demandai-je
Elle tomba en arrière, et je la rattrapai par réflexe, juste pour voir l'écolière se faufiler derrière Chris.
-Capitaine ! déclamai-je
Je ne sais pas pourquoi je l'ai appelé comme ça à ce moment précis, mais ça eut l'effet escompté. Il se retourna brutalement, son flingue à la main, et tira un coup de feu, qui passa entre Karim et moi, alors que Satan se faufilait encore et toujours entre nous. Elle mit sa main devant mon visage, je me sentis soudain plus léger, et j'entendis Chris beugler. La main de Satan s'enleva de mon visage, et je vis que Betthany venait de disparaître à son tour. Putain ! Le rire sardonique de Satan retentit encore, alors que la porte qui amenait à l'escalier qui menait sur le toit était visible, malgré la pénombre, car elle était entrouverte. Chris l'enfonça de toute sa puissance de gros bourrin, et quelques marches nous séparaient du toit. Etonnamment, la cinglée se fit silencieuse et invisible, et Chris, Karim et moi arrivâmes sur le toit.
Je vis, au grand H blanc qui était par terre, que c'était une piste d'atterrissage. Enfin, je le vis dans un second temps. En premier, je vis Sherry, Alexis, Betthany et Chloé ligotés en plein cœur du H.
-Hé ! Vous allez bien ? déclara Chris en avançant vers eux
Cependant, il dut ralentir, car des coups de feu s'abattirent devant lui. Satan arriva de derrière nous, en frôlant mon menton du bout des doigts en passant – ne pas réagir, ne pas réagir, elle te provoque – et passa entre nous pour aller rejoindre les otages, alors qu'une autre pouffiasse en uniforme atterrissait, avec ce qui ressemblait vachement au fusil d'Alexis. Celle-ci avait de grandes couettes blondes, qui lui arrivaient quasiment aux cuisses. Elle largua le fusil par terre, alors que le parachute s'écrasait, et tapota sa jupe, avant de faire une jolie courbette en nous souriant de toutes ses dents.
-Asmodée de la Luxure, pour vous desservir, dit-elle d'une voix aiguë. Les jolis hommes que voilà, j'en suis toute émoustillée, ajouta-t-elle en se trémoussant
-Du calme, Asmo, dit Satan en arrivant à côté de sa petite sœur (Je le devinai, car c'était la seule dont Satan n'avait pas dit le nom. Donc ça devait être la dernière). Ils sont arrivés sur le toit, nous sommes censés leur donner les infos.
-Mais j'ai envie de m'amuser avec eux, moi ! chouina Asmodée. Ils sont trop délicieux !
-Deux d'entre eux sont en couple, Asmo, soupira Satan. Et nous ne devons pas toucher au troisième.
-Ah oui, c'est vrai.
J'allais demander pourquoi elles n'étaient pas censées toucher Karim, surtout que Satan ne s'était pas gênée pour le mettre à terre deux fois déjà, mais Chris prit la parole avant moi.
- Venez-en au fait ! gronda le capitaine. Dites-nous ce que vous avez à nous dire et relâchez nos amis !
-Ouh, qu'il fait peur le vilain Chris Redfield, ricana Satan. Très bien, je vais me mettre à table.
-Il est encore plus beau quand il s'énerve, gémit Asmodée
Satan soupira, et commença son récit. Après un geste évasif de son aînée, Asmodée, quant à elle, alla s'asseoir près des otages, comme si elle allait écouter, comme une gamine, l'histoire que sa grande sœur allait raconter. Ce qui était sans doute le cas.
-Je ne sais pas pourquoi, mais le Patron veut que vous sachiez que la Routine du Massacre n'est pas morte avec Juliet Brewster. Elle a un héritier, qui a pris sa place après sa mort.
-Quoi ? s'estomaqua Karim
-Qui est-ce ? demanda Chris
-Doucement, j'y viens, dit Satan. Le Patron veut aussi que vous sachiez quelque chose à propos d'Alice Wesley. Le vrai nom d'Andrew Wesley, son père biologique, était Albert Wesker.
J'avalai ma salive de travers, et Karim me tapota dans le dos. Cette Alice était donc ma sœur ? Je ne l'avais encore jamais vue, alors je ne savais pas à quoi m'en tenir, mais c'était une sacrée révélation, en tous cas. En fait, ça devait plutôt être ma demi-sœur, je pense que ma mère m'aurait parlé de ma sœur, aînée ou cadette, sur son lit de mort, comme elle m'a parlé de mon père.
-Wesker a eu deux enfants ? dit Chris d'un ton franchement étonné. C'est quoi cette histoire ?
-Nous n'en savons rien non plus, mais le Patron l'a appris en travaillant avec l'homme qui disait s'appeler Andrew Wesley. Il est également le responsable de la perte de mémoire d'Alice, et si elle découvre ses origines dans l'asile qui appartient à Murkoff, elle retrouvera son essence.
-Que voulez-vous dire ? demandai-je
-Que son amnésie l'a disons… adoucie. Si elle vous a semblé courtoise, monsieur Redfield, elle le sera beaucoup moins dans le futur, avec le meurtrier de son père.
Chris tourna le regard. Il ne pensait sans doute pas ressentir cette honte, une fois que nous étions tous les deux passés outre cette histoire, mais si cette Alice avait vraiment tenu de mon père, comme le sous-entendait Satan, elle ne serait pas aussi gentille que moi avec ce cher Chris.
Autant dire que ça puait carrément pour lui.
-Quel est le rapport avec l'héritier de Brewster ? demandai-je
-Oh mais le rapport, c'est qu'il est parmi nous. N'est-ce pas monsieur Denzel ? Ou devrais-je dire… Malik Brewster ? ajouta Satan d'un ton sournois
Chris et moi nous retournâmes en même temps vers le supposé imposteur, qui regardait ailleurs.
-Karim ? bégaya Chris
Ce dernier tourna seulement les yeux vers nous, et sortit son flingue pour le pointer sur le front de Chris. Je sautai devant lui par réflexe, et je me pris la balle dans l'épaule, alors que Chris vacillait sous mon poids.
-Jake ! beugla-t-il
Satan s'approcha de nous, et me shoota dans les côtes pour écraser mon épaule blessée pour m'immobiliser. Face contre terre, je vis à peine Karim, ou plutôt Malik, se diriger vers Chris.
-Pourquoi ? demanda le Redfield alors que son lieutenant l'approchait
-Même si je vous l'expliquais, vous ne comprendriez pas, dit "Malik", d'une voix qui était similaire à celle de "Karim", mais bien plus froide. Et je n'aime pas faire les choses pour rien.
-Vous pourriez au moins essayer, tenta Chris d'un ton plus conciliant
Karim ne répondit pas, et j'entendis un coup de feu. Merde merde merde. Voyant que j'essayais de bouger, Satan mit ses deux pieds sur ma blessure, et je grimaçai. J'entendais Malik qui approchait, et Satan recula. Ce fut lui qui me retourna sur le dos. Maintenant, je comprenais tout. Envoyant ses yeux.
La première fois que j'avais vu Karim, du moins je pensais que c'était lui, ses yeux verts étaient neutres, comme ceux de celui qui était devant moi. Alors que quand je cherchais Sherry au centre commercial, je crus voir que ses yeux étaient différents. En réalité, j'avais vu juste. Si Malik avait les yeux plus pâles que Karim, en réalité, la seule fois où j'avais vu Karim, c'était ce jour là, au centre commercial.
-A quoi vous jouez, Karim et toi ? tentai-je à mon tour. Pourquoi faire tourner le monde en bourrique ?
-Ça ne te regarde pas, dit Malik, toujours aussi froid
Sans autre commentaire, il me colla une balle en plein milieu de la poitrine, et je crus entendre Satan rire. Ma vue devenait floue, et, alors qu'Asmodée se rapprochait à son tour, Malik me remit un coup de pied pour que je me vide de mon sang plus vite, sur le ventre. Mes yeux se fermèrent tous seuls.
-Je te dirais bien que je suis désolé, mais ce serait un mensonge.
Puis ce fut le noir.
