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Le prologue de mon histoire bien singulière commença un jour où l'espoir était en son comble….Donc par un jour banal du sanctuaire céleste, mon habitat. Ici, chaque jour respirait l'espoir. Le soleil brillait toujours, ne laissant aucun nuage l'empêcher d'effectuer sa mission. Le paysage ydillique de cet environnement magnifique n'était jamais terni par la pluie ou par la tempête. Ce monde paisible dans lequel nous nous trouvions n'était jamais remis en cause, après tout, les habitants y étaient tous réunis sous un même blason : celui de la paix.
Je regardais ce monde depuis ma salle de classe. Assise sur ma chaise, attablée, je lâchai un baillement avant de reprendre mon excursion au travers des vitres. Si l'on pouvait m'attacher dans une salle de classe, on ne pouvait empêcher mon esprit de parcourir les horizons. Ainsi, je cherchais éternellement l'évasion au-delà de ces terres qu'étaient les miennes. Rêvant d'aventure, de piment dans cette vie, je suivais des yeux cette plume blanche tombée d'un oiseau ou d'un esprit du duel de monstre, la regardant valser et valser au gré du vent, enviant la liberté qu'elle possédait par rapport à moi. C'était un peu ridicule, puisque la plume elle même ne possédait ni âme ni conscience, la vie n'était pas en elle…Mais j'aimais cette liberté que je n'avais pas, moi qui était accablée par cet avenir prometteur dans ce monde d'harmonie et d'amour.
– Sirië ! Encore en train de rêver à autre chose !?
-Sirië- Heh !? Excusez moi monsieur Parshath !
-Parshath- Peux tu me rappeler quel est le rôle d'un esprit du duel , Sirië ? Je suis curieux de voir ce que tu as retenu de tout ça.
-Sirië- Professeur…Je…Un esprit du duel doit rester à sa place et contribuer à son monde. Il doit œuvrer pour garantir la paix entre tout le monde. Nous , gardiens du sanctuaire céleste, avons pour mission de garder l'ordre dans le monde des esprits du duel…
-Parshath- Et rappelle moi quelles sont les règles vis à vis de l'autre monde ?
Devant la question du professeur, je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir, râbachant avec lassitude ce que l'on entendait tous depuis l'école élémentaire.
-Sirië- Nous ne devons pas franchir les portes de ce monde, sous aucun prétexte quel qu'il soit, car certains humains nous veulent du mal pour s'approprier du pouvoir des esprits du duel…Je le sais depuis le temps qu'on me le rabache… …
-Parshath- Bien, tu n'étais donc pas tout à fait dans la lune. Tâche de rester attentive à l'avenir. Tes notes sont très bonnes, cela serait dommage que tu fasses tout planter pour une question d'inattention.
-Sirië- Compris….Mais….Dites , Monsieur Parshath…Je peux vous demander quelque chose ?
-Parshath- Quelle est ta question jeune fille ?
-Sirië- Pourquoi ne pouvons nous pas prendre contact avec les humains ? Je veux dire, nous les esprits du duel sommes présents depuis longtemps, notre population est prospère, nous pouvons regarder le monde des hommes et ils aiment notre monde. Ils ont même imprimés des cartes à notre effigie ! Je suis certaine…Que les hommes ne sont pas si mauvais…Après tout…
Lorsque j'eus prononcé ces mots à l'attention de mon professeur, je sentis une fois de plus le malaise s'installer dans la salle de classe. Mes camarades chuchottèrent entre eux, revenant sûrement le fait que j'avais osé parler du fameux tabou qu'était celui de la communication entre nos deux mondes. Les chuchottements devinrent rapidement un brouhaha dont j'étais l'instigatrice. Parshath fit taire toute la classe en agitant l'épée qu'il portait au niveau de la taille ,avant de reprendre la parole à mon intention d'un ton ironique et hautain.
-Parshath- Vous ne manquez pas de culot pour poser une telle question alors, madame Borutenisu.
-Athéna- Pourquoi ne pouvez-vous pas y répondre ? Vous êtes professeur non ?
-Parshath- Allez poser cette question au directeur pauvre sotte ! Dehors !
Une fois de plus, on m'obligea à sortir de la classe, refusant tout débat sur les intentions qu'avaient les humains à notre égard. Sur ces mots de mon professeur, je me levai, rassemblant mes affaires pour une fois de plus passer dans le bureau du directeur, qui était en fait une directrice. Me levant pour aller dans le bureau d'Iris, la mère de la terre, je fus interrompue par le bruit d'une chaise se traînant sur le sol. L'un de mes camarades s'était levé lui aussi. De on regard azur obstrué par ses cheveux blonds, il prit la parole afin de me soutenir.
-Medraut- Monsieur ! Laissez au moins dame Sirië s'expliquer s'il vous plaît ! Je suis persuadé qu'elle a de bonnes raisons de penser ça sur ces drôles de créatures que sont les humains !
-Parshath- Bien, vous pourrez donc en débattre sur le chemin menant au bureau du directeur. Sortez Medraut.
-Medraut- Vous…Vous avez brisé ce petit cœur de moi….
Medraut , l'un de mes camarades de classe le plus extraverti, subit le même sort que je subis, autrement dit : la porte. Nous fûmes tous les deux congédiés et envoyés dans le bureau de la directrice où nous nous prîmes un savon comme jamais nous n'en avions pris avant. Iris était encore plus rude avec moi puisque selon elle j'avais converti Medraut à ces inepties…Mais elle avait tort, le jeune garçon était simplement parti dans l'optique de me comprendre, moi qui était rejetée de tous, mais il n'y parvenait pas ce qui rendait notre relation à sens unique de ce côté.
Pour ma part, je pensais que nous devions nous rapprocher des humains. Briser la barrière de l'isolement dans laquelle nous nous épanouissions afin de construire une civilisation encore plus grande et harmonieuse qu'elle ne l'était déjà. Mais ces pensées me coutaient cher au quotidien puisque l'on me considérait comme quelqu'un de différent. J'étais toujours sujette aux regards de tous, et rejetée de tout le monde sauf de Medraut. J'étais pour certains une marginale, une dégénérée pour d'autres. J'avais grandi sans parents, ces derniers m'avaient abandonnée il y a bien longtemps, ce qui amplifiait mon sentiment de solitudes puisque je n'avais aucun adulte pour prendre ma défense, et les autres enfants eux, m'évitaient sur conseil de leurs parents afin que je ne déteigne pas sur eux.
J'étais comme la peste pour ce monde, car en mon for intérieur je n'avais que pour seule idée de défier les lois qui y étaient établies. J'étais née comme ça, avec en prime des facultés que d'autres esprits de duel ne possédaient pas. Je ne savais ni voler, ni creuser, ni nager, mais j'étais un esprit du duel qui pouvait comprendre toute sorte de langage, parler, et interagir avec autrui, ce qui me donnait un accès privilégié à la faculté d'apprendre, de communiquer, de comprendre les émotions d'autrui et d'exprimer les miennes. J'étais bien chanceuse de posséder un tel don, et je remerciais tous les jours notre créateur, quel qu'il soit, pour m'avoir donné la chance de pouvoir m'exprimer aux autres et de les comprendre.
Je me retrouvai une fois de plus, sur le toit de l'école. Dans notre monde, le sanctuaire céleste, il n'y avait jamais de conflits d'intérêt ou de délits. C'était un petit coin tranquille préservé de tous les conflits et malheurs du monde des esprits du duel. Notre rôle dans ce monde, le rôle que notre créateur nous avait donné, c'était de maintenir l'ordre et la tranquillité ici, gérer les litiges, et être altruiste , c'était notre travail. Nous étions en quelques sortes l'équivalent des magistrats humains, et nous suivions tous le jugement de notre Doyen, qui de par son vécu avait beaucoup plus de connaissances que nous, Voltanis, le juge était celui qui régit ce royaume.
Mais alors que je regardais l'horizon depuis mon toit, je réfléchissais une fois de plus à cette pensée singulière qu'était la mienne. Cette vie, je n'arrivais tout simplement pas à m'y faire.
Pourquoi devions-nous n'être que de simples spectateurs ? Pourquoi ne pouvais-je pas m'immerger dans la vie des hommes ? J'observais leur monde depuis quelques années déjà, et j'avoue en être tombée amoureuse. Ils créaient au quotidien, la cuisine , les bâtiments, les écoles, les musées, l'art, la musique. Ils faisaient quelque chose de leur savoir, là où nous nous contentions de suivre ce que nos aînés nous avaient appris sans jamais regarder ailleurs. Je n'avais rien contre mon rôle, mais les hommes avaient ce petit plus, le mélange de cultures et de savoirs. Tout était différent d'un pays à un autre, et cela me fascinait. J'aurais aimé avoir l'occasion de voir ce monde au moins une fois, mais je ne pouvais le voir que depuis l'entrée des couloirs du temps, là où les esprits du duel en contact avec les hommes venaient faire leur rapport aux gérants du temps de ce monde.
Il ne me restait que ce rêve que je me trimballais depuis que j'avais 24 lunes. J'en avais maintenant 80 . Je suppose qu'en âge humain on pouvait parler de 14 ans à peu près, j'étais encore à l'école d'apprentissage, car malgré tout je voulais devenir un esprit du duel qui oeuvrerait pour le royaume, mais on me mettait de côté à cause de ma pensée singulière…
Je suppose que je n'étais pas faite pour ce monde…Moi qui avait toujours pensé différemment. Pourtant , la différence était dure à accepter, mais n'était-ce pas ce qui faisait notre force ? Avais-je bafoué la vie ? Avais-je fait du mal ? Non, je pensais seulement qu'unir nos forces avec une autre espèce était envisageable, rien de plus…Vraiment, mais vraiment personne ne me comprenait alors que je ne voulais que du bien à tout le monde….
-Sirië- Sérieusement…Personne ne me comprend…
-Himiko- Personne ne te comprend ? Tu es sure, onee-chan !? Cela me rend triste que tu dises ça nyaaaah ~
-Sirië- Oui, enfin, PRESQUE personne.
Je me retournai face à cette voix qui venait de derrière. C'était ma petite sœur qui avait fini ses cours, Himiko. Himiko ma sœur n'était que 8 lunes plus jeune que moi, je suppose qu'on pouvait dire qu'elle avait douze ans en âge humain. Elle aussi avait été abandonnée par nos parents à cause de ses pensées sur les hommes. Elle en était tout aussi fascinée que moi, et il nous arrivait souvent de rêver d'aller au moins une fois dans leur monde…C'était notre rêve à moi et cette petite fille aux cheveux blancs et aux yeux couleur saphir qui était ma sœur. C'était peut être parce que notre forme d'esprit du duel était très proche de la forme humaine, à quelques exceptions près nous leur étions vraiment semblables après tout…
-Himiko- Sirië-neechan. Tu vas faire quoi quand tu seras plus grande ?
-Sirië- J'aimerais aller dans le monde des hommes une fois que j'aurai obtenu mon diplôme, j'aimerais rencontrer l'un d'eux.
-Himiko- Voltanis ne veut pas qu'on fasse ça aussi…C'est chiant…Il est toujours grincheux et nous empêche de faire ce qu'on veut….
-Sirië- Je suppose…Que Voltanis n'en saura rien, héhéhé…D'ailleurs, ma petite sœur, tu as choisi quel pseudonyme tu auras lorsque tu seras un esprit de duel en fonction ?
-Himiko- Oui ! J'aimerais qu'on m'appelle Téthys ! Et toi, onee-chan !?
-Sirië- ….J'aimerais m'appeler Athéna. Oui, j'aime ce nom, Athéna. Et si on s'appelait par nos pseudonymes maintenant ? Pour vivre notre rêve dès maintenant ?
-Téthys- D'accord, Athéna-Oneechan !
-Athéna- Je compte sur toi, Tethys.
Ce fut à partir de ce moment que plus personne ne m'appela par mon vrai nom, Sirië mais que tout le monde prit mon pseudonyme Athéna comme référence. Moi qui était en quatrième et dernière année au collège, il ne me restait plus grand chose à faire pour obtenir avec succès mon diplôme et ainsi, devenir un esprit de duel stagiaire. J'avais choisi comme registre les terres du temps afin de rencontrer les hommes par le biais des rapports des esprits du duel qui y passaient, mais je pense que tout cela me brûla vite les doigts, si bien que je ne vis pas venir ce fameux jour.
La remise des diplômes arriva, me laissant ainsi moi, la première de ma promotion, choisir mon avenir. Bien évidemment je pris la routes des terres du temps, route que l'on ne pouvait absolument pas me refuser au vu de mes résultats scolaires, malgré cette pensée singulière que j'avais en tête et que j'affichais à quiconque voulait bien me tendre son oreille. Ce jour était pour moi la consécration d'un long travail et le début d'une nouvelle aventure, puisque dès le lendemain, je n'étais plus collégienne, j'étais en formation dans les terres du temps.
J'avais désormais une carte à moi, Athéna. Elle n'était pas bien puissante ma carte, mais elle était quand même jouable, c'était important pour moi de représenter une carte jouable, puisque dans une dizaine d'années j'irai sûrement en incognito participer à des duels…Enfin…Non. Je ne pouvais pas attendre dix ans.
J'aimais beaucoup ce monde, mais je ne pouvais pas attendre dix ans afin de rencontrer ces humais que je voulais tant voir. Je ne pouvais pas attendre de faire partie de l'équipe de rapports , c'est mon impatience qui me poussa à commettre le premier crime de ma vie.
De la frontière, j'observais de par la bulle ce qu'il se passait à l'extérieur. La bulle était une sorte de petit trou similaire à un puis , on y voyait l'extérieur, le monde des humains, et tout ce qu'il fallait faire pour y pénétrer c'était traverser ce trou, le seul soucis c'est qu'il était à sens unique si l'on y partait définitivement, c'est pourquoi nous devions simplement utiliser notre carte afin de nous matérialiser uniquement sous forme de mirage , il était important de conserver notre enveloppe physique ici, sans quoi nous étions perdus à jamais dans le monde des humains.
Ce fut un jour toujours toujours plus agréable que j'eus la révélation de ce que je devais faire. J'avais obtenu les pouvoirs du duel de monstre, comme tout esprit du duel de monstre, je m'estimais donc capable de pouvoir me défendre contre le monde des humains…Alors…Je pris une décision terrible mais excitante, je jetai ma carte au travers le trou d'observation, et je me postai devant pour observer ce qu'il allait en être.
Ma carte mit quelques jours à atterrir dans le monde des humains, je la suivais à la trace, ayant emporté vivres et bouteilles d'eau pour rester devant la bulle. Mes supérieurs étaient satisfaits, pensant que je faisais mon travail avec grande précision, alors qu'en réalité je réalisais la plus odieuse des trahisons que j'aurais pu réaliser, c'était à la fois risible et triste, mais j'avais fait mon choix
Sept jours passèrent sans que ma carte ne fut trouvée. A vrai dire, je n'avais pas eu de chance, puisque ma carte finit non loin d'une flaque de boue. Pourtant, au bout d'un moment, le tournant de ma vie arriva. J'étais en train de regarder, comme à mon habitude, lorsque je vis deux garçons d'à peu près douze ans se battre non loin de la forêt où avait atterrit ma carte. Curieuse de voir ce que cette scène allait donner, je restai face à eux en regardant leur affrontement avec attention.
…
-Soichiro- Retire ce que tu as dit sur ma mère Kyosuke !
-Kyosuke- Jamais ! T'as même pas de père, ta mère est une traînée ! Soichiro le bâtard ! Soichiro le bâtard ! T'es qu'un raté de bâtard !
-Soichiro- Tu vas me le payer ! Je vais te tuer pour ce que tu as dit sur ma mère !
Le garçon brun regarda l'autre d'un œil mauvais. Il retroussa les manches de son pull rouge avant de se jeter sur son camarade d'une violence que je n'avais jamais vue jusqu'alors. C'était donc ça…Se battre ? Oui, c'était ça. Les deux garçons se battaient. Chacun donnait des coups à l'autre en affichant une mine assez mauvaise qui me fit frissonner. Pourtant, celui au pull et au short rouge semblait se battre pour défendre sa mère, ce qui me fit me poser des questions sur ses agissements. Etait-ce mal de se battre pour défendre l'honneur de quelqu'un, ou par amour ? Je ne savais pas vraiment quoi penser, mais quelque chose m'attirait vraiment chez celui qui défendait ses opinions et l'honneur de celle qui semblait l'élever seule.
Je ne savais plus quoi penser, tandis que les jeunes garçons se battaient. Le garçon au short rouge semblait mal en point, il était beaucoup plus frêle que l'autre, et il fut rapidement maîtrisé. La bagarre était à sens unique au bout d'un moment, si bien que l'autre garçon jeta le petit dans la flaque de boue juste à côté de ma carte, avant de repartir d'un air satisfait en se moquant de lui de toutes les manières possibles.
Je regardais attentivement la scène, le jeune garçon en short éclata en sanglots tandis qu'il était couvert de boue, et je l'avoue qu'il me faisait vraiment de la peine. Il pleurait, s'excusant à sa mère de ne pas être assez fort pour la défendre, maudissant son père qui semblait être parti, et au final je me pris d'affection pour lui qui se maudissait d'être faible et seul face à cette situation.
…..
-Soichiro- Putain…Je lui ferai payer à ce Kyosuke…Maman…Un jour je serai assez fort pour te protéger….Je te le promets, je te le promets maman…
Alors que le garçon se relevait, je le regardais encore sans qu'il ne s'en aperçoive. Il était couvert de boue, couvert de larmes, et pour être honnête, l'image qu'il renvoyait actuellement me fit vraiment de l'effet à l'intérieur. Les sentiments qui étaient en lui semblaient aussi purs que ceux que nous autres avions, au sanctuaire céleste. Il était un humain, mais il semblait avoir en lui bien plus que quelques sentiments négatifs que tout le monde décrivait chez nous. Peut-être était-il celui qui allait pouvoir dire à notre monde que tous les humains n'étaient pas identiques…. ?
-Soichiro- Eh…?C'est quoi ça là-bas ?…Une carte…De duel de monstre ?
Je fus surprise par le fait que ce garçon qui s'appelait Soichiro me remarqua au sol. Il s'approcha de ma carte avec prudence, craignant je ne sais quoi venant de moi. Lorsqu'il arriva enfin face à moi, il s'abaissa alors et me ramassa, s'interrogeant lui-même à voix haute. Sa voix déclenchait quelque chose en moi…
…
-Soichiro- Athéna… ?
….Elle…Elle est magnifique…Vraiment magnifique…
-Athéna- Toi aussi…Toi aussi tu es magnifique, Soichiro…Emmène ma carte avec toi…..S'il vous plaît, faites qu'il prenne ma carte, faites qu'il la prenne, je veux que ce soit lui qui devienne mon propriétaire, s'il vous plaît…
J'attendais la décision du jeune garçon, allait-il emporter ma carte avec lui ? Je n'osais pas imaginer le contraire, car j'avais vraiment envie de faire un bout de route avec lui. Au final, j'attendais devant cette bulle, et je le vis ranger ma carte dans sa poche.J'étais tellement heureuse que j'en pleurai presque. Ce garçon m'avait touchée, et rien qu'en le regardant, je savais qu'il avait quelque chose en plus par rapport aux autres garçons que j'avais eu l'occasion de connaître ici, dans le monde des esprits, ou même par rapport aux autres humains que j'avais vu de cette petite bulle qu'était la mienne.
J'entendis de nouveau le garçon parler tout seul,. Cette fois, il parlait à ma carte. Je voulais lui répondre, mais j'étais certaine qu'il n'allait rien entendre, après tout, il n'était pas possible pour nous de communiquer entre nos mondes.…Quoi de plus normal après tout.
-Soichiro- Que fais-tu ici tout seule ? T'u es perdue ?
-Athéna- Je t'attendais. J'attendais ta venue…
-Soichiro- Ahhh…Tu es couverte de boue, je vais te nettoyer. Tu seras plus belle sans ce truc cradingue.
–Athéna- Toi aussi tu es couvert de boue….Mais tu es mignon comme ça.
-Soichiro- Je ne sais pas pourquoi, mais te voir et te tenir me calme…C'est fou ça, tu es une simple carte que j'ai ramassé par terre, et j'ai vraiment une drôle d'impression.
-Athena– Moi aussi j'ai une drôle d'impression, une impression étrange. Comme si….
-Soichiro- Ce sentiment bizarre à l'intérieur de moi ne me quitte pas…C'est comme ci…
-Athena et Soichiro- Comme si l'on était fais l'un pour l'autre.
…
Les yeux du garçon s'écarquillèrent après que nous ayions parlé ensemble. Comme pour dissiper ses doutes et se rassurer lui même, il bégaya quelques mots à mon intention, s'adressant toujours à ma carte.
-Soichiro- Tu…Tu m'as parlé !? J'ai entendu une voix féminine parler en même temps que moi. Tu…Non…Je m'imagine des choses…Je parle à une carte… ?
-Athéna- Si tu savais, Soichiro, bien au dela de ta vision, il y a des choses que tu ne peux voir…
-Soichiro- Je le sais…Je n'ai jamais pu voir le chagrin de ma mère…Eh…Mais tu as encore parlé !?
A ce moment j'eus un conflit avec moi même, devais-je prendre la décision de passer cette bulle qui me séparait de Soichiro ? Devais-je prendre le risque de transgresser le règlement de Voltanis ? Je…Je ne savais vraiment pas quoi faire. D'un côté, je savais que passer cette barrière serait un point de non retour vis à vis de Voltanis, de l'autre côté, je ne pouvais pas laisser passer ma chance, je voulais voir ce qu'était la vie d'un homme, la vie aux côtés de ce garçon…
-Téthys- Tu devrais y aller, Athéna.
-Athéna- T…Téthys ? Mais…Que fais-tu ici ?
-Téthys- J'ai ressenti de drôles d'émotions, nee-chan, donc je suis venue te voir. Je te couvrirai auprès de Voltanis, fonce voir ce garçon, ne laisse pas passer cette chance dans ta vie, je suis certaine qu'il a un rôle à jouer dans ton avenir.
-Athéna- D'a…D'accord. Je fonce.
Avec hésitation, je passai ma main dans la bulle me séparant du garçon pour lequel je m'étais prise d'affection. Lorsque ma main toucha la substance, cela me fit tout un froid dans le corps. J'avançai quelque peu ma main malgré ça, et une fois immergée, elle m'aspira complètement dans la bulle, me faisant voyager dans le monde des humains une bonne fois pour toutes. J'étais libre dans ce monde, mais j'avais commis la pire des erreurs dans le mien. C'était paradoxal en soi quand on y réfléchissait bien.
Je tombai au sol, faisant un bruit immense dans ce parc. Cela attira l'attention du jeune garçon qui était déjà parti avec ma carte, il se retourna, et sembla me distinguer, puisque son regard fut marqué subitement d'une profonde surprise, comme si tout cela n'était pas réel à ses yeux. Abasourdi par cette révélation soudaine, il s'approcha de moi avec prudence. Il me scruta avant de reposer ses yeux sur sa carte, pour poser de nouveau son regard sur moi juste après ça…Et il répéta ce procédé cinq ou six fois avant de finalement bégayer la réalité des choses.
-Soichiro- A…Athéna… ? C'est toi ?
-Athéna- Oui…Je suis Athéna…Je vous regardais de mon monde, jeune maître.
-Soichiro- Qu…Qu'es-tu… ? Et qui est-tu….. ?
-Athéna- Je suis un esprit du duel de monstre, jeune maître. Je suis venue pour faire de vous mon propriétaire.
-Soichiro- Un esprit…Du duel ? Qu'est-ce que c'est ?
-Athéna- Nous sommes des créatures vivant dans un monde parralèle au votre. Certains esprits du duel sont amenés à venir ici choisir quelqu'un à qui se lier, et je vous ai choisi, vous avez ramassé ma carte, m'avez vous choisie également ?
–Soichiro- Je…C'est fou, c'est surréaliste, tu n'es pas réelle !? Ce n'est pas possible, je ne crois plus aux fées et aux lutins !
-Athéna- Si vous en êtes si convaincu, déchirez la carte, et rentrez chez vous la tête froide.
-Soichiro- Je…
Le jeune garçon ressortit la carte qu'il avait ramassé quelques minutes plus tôt, il la fit passer entre ses doigts, mimant le déchirement de ma carte. Il tenta plusieurs fois de le faire, mais n'arrivait pas à se convaincre de le faire une bonne fois pour toutes. Au final, il rangea la carte dans sa poche, me regardant sur le côté, comme pour voir si j'étais réelle. Il s'approcha de moi, et d'une main timide tenta de me toucher, sans succès. Sa main traversa mon corps, je n'étais qu'un hologramme ici, il ne pouvait pas me saisir, me toucher, il pouvait simplement me percevoir. Ca l'effraya un peu sur le coup, mais il fit vite avec cette réalité.
-Soichiro- Tu es venue…Pour moi… ? Tu es un ange gardien ?
-Athéna- Je ne suis pas un ange gardien, je suis un esprit du duel de monstre, nous avons notre monde, et nous n'avons pas le droit d'en sortir, j'espérais juste passer du temps avec vous, jeune maître.
-Soichiro- N'as-tu pas violé les règles en venant ici ?
-Athéna- Cela ne m'importe que peu. Me prendrez vous avec vous , jeune maître ?
-Soichiro- O…oui…Mais….Ne m'appelle pas jeune maître….Ca me rend mal à l'aise…
Ce fut ainsi que Soichiro mon jeune maître et moi nous rencontrâmes il y a des années de cela, autant être honnête. J'eus le coup de foudre immédiat pour le garçon, mais je savais bien qu'être un esprit du duel et être liée sentimentalement à un humain n'était pas possible, alors je gardai en mémoire un objectif à partir de ce jour. Je voulais être sa servante, être son esprit de duel qui l'accompagnerait dans tous ses combats. Je voulais découvrir le monde à ses côtés, lui qui m'a sortie de mon monde, qui m'a fait faire le premier pas, mais c'était aussi lui qui m'avait montré quelque chose de vraiment joli, se battre par amour. Je ne pensais pas qu'un tel enchaînement de sentiments existait alors que j'étais encore dans mon monde du sanctuaire céleste. Je l'avoue que Soichiro, mon jeune maître, m'avait énormément appris cette après-midi là.
….
Lorsque je rejoignis Soichiro, lorsqu'il accepta que je devienne sa partenaire, je n'avais aucune idée de ce que ce voyage allait réserver, autant à lui qu'à moi, moi qui était devenue la plus heureuse des esprits du duel de monstre, mais qui était également devenue une fugitive aux yeux de Voltanis. Ce fut à partir de ce moment, de cette rencontre, que je suis officiellement devenue un esprit de duel marginal, moi, Sirië connue sous le nom d'Athéna, moi qui avait donné mon cœur à un humain au prix de mon sens de la neutralité que je cultivais depuis tant d'années. J'aurais pu paraître folle pour pas mal de monde, je devais d'ailleurs le paraître pour tous excepté pour ma sœur Téthys, mais je savais au fond de moi que je faisais le bon choix. La nature des humains telle que l'on la voyait, n'était que la partie émergée de l'iceberg, et j'allais le prouver en restant avec Soichiro mon maître.
