Chapitre 20 : Le défaut du plan

Première partie : Flagrant délit

POV d'Hermione

Ce petit stratagème dura environ un mois. Hermione et Draco se voyaient régulièrement, tout autant que Ron et Astoria. Si les deux premiers ne partageaient que de bons moments entre amis, les deux autres ne cessaient de redoubler d'intensité dans leur jeu de rôle si bien qu'on y aurait presque cru.

C'est justement cette réflexion que se faisait Hermione en voyant son ex-mari en train d'embrasser passionnément la femme de Draco en plein milieu du parc. Oui, si elle ne savait pas qu'ils jouaient la comédie uniquement dans le but de mettre Draco hors de lui, Hermione aurait cru que ces deux là étaient en train de tomber amoureux. Pour une raison qu'elle ignorait, Draco restait totalement impassible face au pathétique spectacle qu'offrait sa femme et son pire ennemi. Chaque fois qu'il les voyait ensemble, il se contentait de lancer un rire moqueur et repartait dans l'une des longues conversations qu'il avait avec Hermione, comme si de rien était.

« Rose et Scorpius ne sont toujours pas réconcilier, annonça Hermione, détournant les yeux des deux autres, enlacés devant.

J'ai envoyé plusieurs lettres à Scorpius mais il refuse de me répondre. Je suis navrée, Hermione.

Ça n'est pas de ta faute…

Bien sûr que si, c'est parce que je délaisse Astoria pour toi et Rose qu'il réagit comme ça. S'il savait ce que sa chère mère est en train de faire en ce moment, ricana Draco.

On ne peut pas lui en vouloir de prendre la partie de sa mère mais Rose souffre beaucoup.

Je vais arranger ça, ne t'en fais pas.

Tu devrais plutôt t'occuper de ton couple, on dirait que ta femme est en train de se faire avaler par le calmar géant.

Ils ne gagneront pas. Je ne perdrais pas mon sang-froid, c'est ce qu'ils veulent. Allons plutôt faire un tour, cette vision d'horreur me donne la nausée. »

Hermione suivit Draco dans les rues de Londres pendant plusieurs heures. Elle avait appris à le connaitre et à l'apprécier pour ce qu'il était vraiment. Il se révélait tellement loin de l'image du méchant mangemort qu'il avait à Poudlard.

Lorsqu'ils furent épuisés, Draco leva les yeux vers Hermione, un sourire étrange collé aux lèvres.

«Ça te dis de venir faire un tour au Manoir ? Je suppose que nos deux amis sont en train de nous chercher dans la ville. Ils ne viendront pas nous déranger.

Pourquoi pas, répondit Hermione, suspicieuse. »

Draco retrouva son sourire charmeur et transplana, suivit de près par Hermione.

Encore hilare d'une histoire qu'elle lui avait raconté, il poussa la porte du salon et s'arrêta brusquement. Hermione le percuta de plein fouet. Elle s'apprêtait à répliquer lorsqu'elle vit ce qui avait stoppé Draco.

***

POV de Rose

« Scorpius Hyperion Malfoy, pour l'amour du ciel !

Qu'est-ce que tu veux encore, Weasley ?

On est censé travailler ensemble alors fait un petit effort, s'il-te-plait. Tu es en train de ruiner notre potion !

Je suis simplement la consigne.

Ne mets pas cet ingrédient dans le chaudron ! »

Scorpius lança un regard de défit à sa voisine mais laissa tombé l'ingrédient qu'il tenait à côté du chaudron. Rose, exaspérée, secoua la tête avant de se replonger dans son livre. Ils ne s'adressaient pratiquement plus la parole depuis leur retour à Poudlard, seulement lorsque le professeur de potions les y obligeait comme présentement.

« Scorpius, je t'en pris…

Quoi ? Je n'ai rien touché cette fois !

Quand vas-tu cessé de me faire la tête ?

… »

***

POV de Draco

Tout d'abord il ne distingua rien d'autre que des corps, nus, enlacés. Puis une chevelure rousse, et une blonde puis l'inverse. Il se stoppa net et son sourire disparut. Ensuite, il entendit. Des gémissements, des respirations saccadées. Ses yeux, écarquillés, ne parvenaient plus à se détacher de ce spectacle. Il sentit le corps d'Hermione se plaquer contre le sien mais c'était comme si une feuille venait de lui tomber sur l'épaule. Il était à peine conscient du monde autour de lui, seul cette image existait. Il sur qu'Hermione était tout aussi choquée que lui en sentant la chaleur de son corps contre le sien, preuve qu'elle n'avait pas bougé. Draco croisa alors les yeux bleus d'Astoria qui se figea à son tour. Elle tapota l'épaule de Ron pour qu'il cesse ses activités et il fixa à son tour son regard sur les nouveaux venus.

Attrapant sa chemise à la vitesse de l'éclair, il la fourra dans les mains d'Astoria pour qu'elle se couvre et enfila lui-même son pantalon sans obligé Draco à en voir plus qu'il n'en avait déjà vu sur son anatomie. Puis il se posta droit comme un i devant son amante tandis que celle-ci se rhabillait rapidement.

Le visage de Draco prit une teinte rouge qu'aucunes des personnes présentes dans la pièce ne lui connaissaient. Il brandit sa baguette, obligeant Ron à en faire de même.

« Cette fois-ci tu as été trop loin, Weasley !

Tu t'es tapé ma femme toi aussi, non ?

Je ne l'ai pas fait pour te faire payer quoique se soit, je l'ai fait parce que je l'aimais.

Tu m'aimais ? s'exclama Hermione à qui personne ne prêta attention.

Il n'y a aucune différence.

Tu n'aime pas Astoria, tu te sers d'elle pour m'atteindre.

Mais ça ne marche pas, n'est-ce pas ? Cela dit, tu te trompes, je l'aime. »

S'en fut trop pour Draco qui leva sa baguette et lança silencieusement un sort à Ron. Par chance, celui-ci avait vu le coup venir et manqua le sortilège de quelques millimètres. Un duel s'engagea alors entre les deux hommes. Ron, qui ne maitrisait pas bien les sortilèges informulés, se retrouva désarmé en premier. Il fonça alors sur Draco pour lui arracher sa baguette et la briser en deux.

Dans un combat à mains nues, ils étaient à peu près à égalité, si bien qu'on ne savait plus très bien qui avait l'avantage. Ils roulaient d'un bout à l'autre de la pièce dans un mélange de cris et de sang.

Pour souffler une minute, Ron repoussa Draco au loin et se remit debout. Il essuya sa lèvre ensanglantée d'un revers de main. Avant qu'il n'ait terminé son geste, Draco se jeta sur le rouquin, les envoyant tous les deux en plein dans la bibliothèque qui s'effondra sur eux. Le silence se fit tandis que la poussière envahissait la pièce. Sous la montagne de livre, de bois et de verre, rien ne bougeait. Les deux femmes attendaient, inquiètes, n'osant pas s'approcher trop près de peur que le combat reprenne de plus belle. Mais le silence et l'immobilité perdura quelques minutes. Enfin, alors qu'il leur sembla que tout était calme depuis une heure, une main s'échappa de sous la pile de débris et remua faiblement, tentant vainement de se dégager. L'autre semblait définitivement hors-jeu. Hermione se précipita sur les débris de la bibliothèque et commença à dégager la place pour sauver les deux hommes.

Lorsqu'elle eut libéré les deux corps, elle poussa un cri d'horreur. L'un des deux hommes avait un morceau de verre planté dans le bas du dos et il ne bougeait plus. Le sang formait une grande flaque écarlate autour de lui. L'autre semblait en meilleur état, il parvenait encore à bouger ses membres mais il ne pouvait ni parler ni ouvrir les yeux, souffrant le martyre. Une profonde entaille sur sa jambe agrandissait la marre de sang créée par l'autre.