Etant d'excessivement bonne humeur et grâce à vos encouragements, j'ai essayé de l'écrire plus vite ^^ mais je ne pense pas que j'ai vraiment été plus rapide ^^'

Et aussi je voulais vous dire que c'était mon vingtième chapitre, la plus longue histoire que j'ai jamais écrite jusqu'à maintenant, que j'en suis à 187 pages soit 62 116 mots (sans compter ce chapitre-ci) ! et c'est en très grande partie grâce à vous !

Je ne vous dirais jamais assez combien vos encouragements comptent pour moi :') Merci à tous !

Et d'ailleurs, j'ai rouvert mon compte sur fictionpress, j'me prénomme Lilsansfin là-bas et si vous voulez y faire un tour ben ça me fera super plaisir D

Réponses aux guests :

Miclou : Ouf ! J'ai bien fait de réduire son rôle à elle ! Contente que ma fic te plaise autant :) en tout cas, je te promets qu'Ange se fera beaucoup plus discrète maintenant )

Frodon cailloux : Et c'est un honneur que de voir que tu es toujours là :D

UPDATE après la review de Were-wouf j'ai fait quelques changements... Désolée pour les quelques fautes qui traînent encore sûrement mais je suis claquée et j'ai vraiment trop ramé sur ce chap pour me motiver à le relire dans le détail...


Chapitre 20 : T'es adorable…

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Merida croisa Ange alors qu'elle sortait en début d'après midi. En bonne flemmarde en vacances, la rouquine était restée au lit, sautant petit-déjeuner et déjeuner dans la même foulée. Dans l'entrée, la brune était en train de lacer ses chaussures lorsque Merida débarqua dans le salon, hagarde. Elle partit sans la saluer, visiblement en colère, mais son amie ne s'en formalisa pas et partit s'asseoir près de Raiponce, dans le canapé si confortablement attirant. Elle avait un peu faim mais c'était un sentiment habituel maintenant alors elle repoussa avec facilité l'envie de se jeter sur n'importe quoi de comestible. Elle n'alluma pas la télévision puisque Raiponce avait mis de la musique, et se plongea dans la lecture d'un livre.

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Harold s'ennuyait. Bon, il était passé voir les filles la veille mais il n'avait pas envie de les voir tous les jours. Surtout que lorsqu'il avait appelé Ange pour le lui proposer une demi-heure plus tôt, il s'était clairement fait rembarré.

Pour réfléchir plus au calme, il gribouillait un schéma en réfléchissant à comment aborder Margault. Alors… Stoïck n'avait jamais remarqué à quel point elle ressemblait à Alice (sa mère à lui) parce qu'il s'était tenu à l'écart des bourgeois de la ville pendant quelques temps. Il était donc normal qu'il ait été fasciné par la mère de Jack en réintégrant la sphère des riches. Jack ou son père ne semblait au courant de rien, de ce qu'il avait pu en voir… Gisèle ne voulait rien avoir à faire avec « ce genre de personnes » et lui se retrouvait au milieu, à se poser des tas de questions. Mais maintenant qu'il avait déménagé, il trouverait bien un prétexte pour parler seul à seule avec la mère de Jack non ? Ils étaient voisins à présent alors…

Ayant abandonné son gribouillis informe (dessiner sur un matelas sans support ne donne pas grand chose), il avait roulé sur le dos et hésitait à appeler Jack. Il fallait bien commencer quelque part non ? Et la photo de l'albinos qu'il avait mise en image de contact semblait le narguer…

Il hésita.

Enfin, il tint deux secondes avant de l'appeler.

Il eut le temps de se ronger trois ongles et d'entamer deux doigts le temps que Jack réponde à son appel.

- Harold ? Un problème ?

- Aucun… Juste, je me demandais… Je peux passer te voir un peu ? Je m'ennuie là.

- En fait là… Je suis au parc avec Emma mais si tu veux manger avec nous, tu peux passer. On est près du centre-ville et on mangera là-bas. Tu viens ?

- Pas de problème, j'arrive !

Il raccrocha, les doigts tremblants. Pourquoi se mettre dans des états pareils ? C'était stupide. Il allait juste retrouver un bon pote pour passer du temps avec lui. Il n'avait aucune raison de stresser comme ça !

- Je sors papa ! Je serais rentré ce soir je pense !

Il claqua la porte de l'immense et vide demeure dans laquelle ils s'étaient installés. Et eut l'impression que le froid lui brûlait les poumons. Il avait commencé à neiger hier et il espérait vraiment faire un noël blanc. C'était l'ensemble des pensées qui lui traversèrent l'esprit le temps que dura le trajet de bus. Enfin les pensées sur lesquelles il se concentra pour éviter de tergiverser plus longtemps sur le sujet Margault…

En arrivant au parc, il eut la surprise de voir un Jack très différent de celui qu'il avait l'habitude de côtoyer. Il avait eu droit au Jack chiant en cours, au Jack trop sérieux sur des conneries, au Jack bourré et pleurnichard, au Jack presque bourré et racoleur, au Jack agressif, au Jack rieur… Et il avait maintenant devant lui Jack, juste Jack. Le vrai, le frère. Les yeux bleus du jeune homme pétillaient, un sourire flottait sur ses lèvres mais il n'était pas feint. C'était rare que Jack se dévoile ainsi et Harold ne put s'empêcher de rire doucement.

- Qu'est-ce qu'il y a ? grommela Jack

- Rien, t'es adorable quand t'es avec ta sœur c'est tout, se moqua l'autre

Emma sourit et attrapa la main du brun, marchant entre les deux jeunes. Jack était habitué à se promener de cette façon apparemment et n'était absolument pas gêné alors qu'Harold ne put s'empêcher de penser (après le troisième groupe de filles un peu étranges et gloussantes sur leur passage) qu'ils devaient faire vraiment couple. Et que cette idée ne le dérangeait finalement pas tant que ça…

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Le calme régnait depuis un peu plus d'une heure, Raiponce peignant et Merida lisant, quand Ange rentra de sa promenade. Elle claqua la porte avec force, tellement violemment que les deux jeunes femmes qui séjournaient dans son salon sursautèrent. Sans aucune explication, la brune passa derrière le canapé à grandes enjambées boiteuses

- Ange ? appela Merida sans pour autant recevoir de réponse

Son amie l'ignora totalement et ouvrit la baie vitrée (qu'elle claqua aussi derrière elle). Une fois dehors, elle ne vit pas la rousse et la blonde abandonner leurs activités pour l'observer. Raiponce suivit du regard Ange, qui amena au centre du jardin un tronçon d'arbre d'une taille considérable. Rapidement, une petite quantité de buches s'amassa près du morceau de tronc et le dernier voyage de la brune consista au transport d'une hache. Une fois prête, Ange leva haut son arme et l'abattit violemment sur la buche posée à la verticale.

- Ouille, murmura la rouquine

Pendant quelques minutes, les deux jeunes femmes restèrent fascinées par la troisième, dont le mouvement avait pris un rythme régulier, et Raiponce osa demander :

- Mais elle fait quoi exactement ?

- Elle évacue la colère. C'est salvateur dans un sens.

La blonde se tourna vers son amie, qui avait croisé ses bras sur sa poitrine et posé un regard vide sur le déchainement d'Ange. Sans vraiment s'en rendre compte, elle détailla un peu mieux le corps de Merida. Une constatation lui sauta alors au visage.

- T'as un peu perdu non ? la questionna-t-elle

- Quoi ? répondit la rousse sans se tourner vraiment vers elle

- Du poids, précisa Raiponce en s'éloignant. T'as minci, ça te va bien.

Et à ce moment, seul le sourire de la belle blonde compta pour Merida.

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- Alors, Rider… Etonnant comme ton nom est devenu le simple pseudonyme d'un écrivaillon raté…

Eugène releva la tête et fusilla son kidnappeur du regard. Ce dernier le dominait, feuilletant un livre abimé. Le brun se lança en avant en reconnaissant son propre ouvrage. Il revoyait encore Raiponce, heureuse de lui faire la surprise. Elle avait récupéré tous ses brouillons et les avait recopiés, reliés, imprimés. C'était le seul véritable exemplaire des Aventures de Flynn Rider par Flynn Rider.

- Comment t'as eu ça ? marmonna-t-il

- Raiponce l'a donné à Gothel, qui nous l'a passé… Très intéressant. Vraiment.

Un coup dans le bas de son dos fit se plier Eugène, tirant sur les chaines qui retenaient ses poignets. L'autre Stabbington apparut devant lui et récupéra le livre des mains de son frère. Il le feuilleta et ricana en voyant le mot que Raiponce avait écrit elle-même à la toute première page.

- N'y… N'y touche pas…

- Comme c'est mignon…

Un coup dans l'estomac. Le bruit d'une page déchirée. Il perdit conscience. Une dernière phrase atteint son esprit alors que son regard se posait sur le livre qui trainait sur le sol…

- Maintenant que ta pote balafrée malade n'est plus là, tu fais moins le malin hein ?

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- Non mais j'veux dire, d'un côté, elle se mêle complètement de ce qui la regarde pas.

Harold se tourna légèrement vers Jack. Ils étaient assis sur un banc, attendant qu'Emma se lasse d'admirer les biches en captivité dans le parc, et en étaient venus sans s'en rendre compte à parler d'Ange. Les yeux de l'albinos ne quittaient pas du regard sa petite sœur et le brun lui en voulait un peu d'avoir balancé cette phrase sans le regarder.

- Oui mais bon, elle a de bonnes raisons de s'en mêler, tenta-t-il de justifier faiblement

- Ah oui, sûrement sûrement, railla Jack. D'excellentes raisons qui la font partir sur la route, sans permis. Je vois tout à fait quel genre de raisons.

- Primo, elle conduit très bien, s'énerva Harold, et deuzio, je ne vois absolument pas ce que tu insinues !

L'albinos ne répondit d'abord rien, attendant que son ami comprenne mais comme ce n'était pas le cas, il lâcha simplement :

- Elle te surprotège. Et elle refuse que tu aies n'importe quelle relation avec n'importe qui si c'est plus que de l'amitié qu'elle perçoit.

- C'est faux, contra sans conviction le brun

Ignorant la rougeur qui avait prit place sur ses joues (Jack avait-il bien dit qu'il y avait plus de l'amitié entre eux ?), Harold le fusilla du regard et Jack sentit qu'il avait touché juste. Posant une main sur l'épaule de son ami, l'albinos le regarda avec une fausse pitié avant de déclarer le plus sérieusement du monde :

- Désolé de te l'apprendre, mais elle te tient par les couilles et tu ne peux même pas te gratter le cul sans son autorisation.

Harold était trop en colère et se leva trop vite pour ne serait-ce qu'entrapercevoir le sourire de son ami. Il s'éloigna donc à grands pas, sans rien dire, et au bout de quelques secondes, Jack paniqua.

- Hé ! Attends ! Attends…

Jack réussit à attraper le poignet d'Harold et lorsque celui-ci se retourna, celui qui était d'un an son ainé sembla se rendre compte pour la première fois que le brun le dépassait légèrement en taille.

- Je suis désolé, je plaisantais, tenta l'albinos

Harold le fusilla du regard, ne voulant visiblement pas lui pardonner si facilement. Il allait se détourner à nouveau mais Jack le retint.

- Merde Harold ! On va pas se disputer à cause d'elle en plus !

- Tu sais Jack, il y a des moments où c'est pas drôle. Maintenant, ce n'est pas drôle.

- Et je peux savoir pourquoi tu nous fais une allergie à l'humour spécialement maintenant ?

- Parce que si elle me tenait tellement par les couilles, je ne serais même pas là en face de toi, cracha le brun

Il se dégagea violemment et attendit que Jack se remette du choc. Car oui, l'albinos semblait en état de choc. Il avait été vulgaire, autant dans ses paroles que dans ses pensées, et Harold le lui avait parfaitement fait comprendre. Mais ce qui le choquait plus encore était que visiblement Ange ne voulait même pas que son cousin ne l'approche. Il baissa la tête et retint quelques larmes qui menaçaient de franchir les digues.

- Pourquoi ne voulait-elle pas que tu me voies ? demanda-t-il, la gorge nouée

- J'en sais rien, soupira Harold, mais elle m'a fortement conseillé de ne pas trop te fréquenter. Elle dit qu'elle a un mauvais pressentiment.

- Quelle conne, ne put s'empêcher de jurer Jack

Harold l'avertit du regard et entama un mouvement de fuite mais l'albinos se rendit compte de son erreur et le maintint près de lui assez rapidement pour qu'il lui pardonne. Et lorsque Jack ne lâcha pas sa main pour le guider à nouveau vers leur banc et des sujets moins houleux, Harold se surprit à vouloir prolonger ce contact. Plus longtemps, encore.

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Merida se laissait bercer par le rythme de la hache tombant sur les buches. Cela faisait presqu'une heure qu'Ange était rentrée et s'acharnait sur les bouts de bois sans qu'elle ni Raiponce n'aient eu droit à la moindre explication. Lorsqu'une sonnerie sortit la rousse de ses pensées, elle grommela et fouilla sans gêne le sac d'Ange pour en extraire le téléphone de la brune.

I loved you, you made me, hate me.

You gave me, hate, see?

It saved me and these tears are deadly.

You feel that?

I rip back, every time you tried to steal that.

You feel bad? you feel sad?

I'm sorry, hell no fuck that!

- Purée mais elle est dans une période violente la fan de dessins animés ! s'exclama la rousse en revenant dans le salon

Raiponce ne fit aucun commentaire, sachant que leur amie changeait de sonnerie/fond d'écran/écran de veille toutes les demi-heures. Merida répondit, de peur qu'Ange ne réagisse pas assez vite et manque son appel :

- Oui ?

- Ange ?

- Et non, c'est Merida.

- Ah salut, tu me passes Ange s'il te plait ?

- J'allais le faire mais elle a décidé de passer sa colère sur des buches alors je sais pas si elle est dispo, je l'appelle.

Couvrant le réceptacle, Merida ouvrit la baie vitrée et hurla le prénom d'Ange. Son amie la fusilla du regard avant d'apercevoir l'appareil dans la main de la rouquine.

- Astrid au téléphone ! Tu prends ou pas ?

- Passes-la moi, grogna Ange

Merida lui donna le téléphone avec un sourire et repartit se caler dans le canapé. Elle était très fatiguée. Elle entendit pourtant rire Ange depuis sa place. Visiblement, l'appel de la blonde tombait à pic. Raiponce rangea son matériel de peinture et allait monter lorsqu'Ange traversa le salon à nouveau.

- Je vais voir Gisèle, je reviens dans une heure.

La brune enfila rapidement chaussures et manteau et disparut. Merida ne put s'empêcher de soupirer. Elle se retrouvait seule avec Raiponce pour la deuxième fois seulement depuis qu'elles squattaient toutes les deux chez Ange. Elle s'en rendit vraiment compte et se retourna pour admirer la blonde. Elle avait fini par monter les escaliers sans prendre cas des agissements d'Ange et lorsqu'elle redescendit, Merida lui demanda :

- Ça te dérange pas qu'elle sorte comme ça tout le temps ?

Raiponce s'arrêta, revint sur ses pas et s'assit près de la rouquine. Celle-ci se redressa rapidement, gênée de leur proximité soudaine. Pour l'instant, Merida passait toujours ses nuits dans le lit d'Ange et Raiponce dormait sur un matelas près de celui-ci. Paradoxalement, la blonde ne voulait ni être seule ni dormir dans le même lit que quelqu'un. Elles n'avaient donc jamais été si proches physiquement.

- Gothel le faisait souvent. Partir. Sans prévenir en plus, rit Raiponce. Alors qu'Ange sorte en prévenant et en donnant à peu près une heure de retour, c'est beaucoup pour moi…

Le sourire de la blonde rassura Merida qui arrêta de se poser des questions stupides et ferma les yeux quelques secondes.

- On fait des cookies ?

La rousse rouvrit les yeux subitement et marmonna quelques mots.

- Bon, JE fais des cookies et tu les goûtes, d'accord ?

Merida ne pouvait résister à un tel sourire et suivit même Raiponce dans la cuisine. Celle-ci prit ses marques dans la petite pièce, sortant tous les ingrédients sous le regard attentif de la rouquine.

- Je compte sur toi pour me dire si c'est bon, menaça-t-elle en pointant une poêle sur Merida

Celle-ci rit et observa son amie ranger son arme et sortir les spatules qu'elle cherchait au départ. Manger quelques gâteaux ne ferait pas de mal à sa ligne… Si ?

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- Un peu de lait dans votre thé ?

- Un nuage, s'il vous plait.

La sonnette retentit et Nord soupira. Ses valises étaient déjà prêtes et il partait le lendemain. Ces derniers instants passés près de son amie étaient donc précieux et il ne voulait pas être dérangé. Il se leva malgré tout après avoir servi Gisèle et alla ouvrir.

- Ange ?

La jeune femme avait les larmes aux yeux et une hache au bout de son bras. Les lèvres tremblantes, elle se laissa guider jusqu'au salon. Gisèle la regarda, l'interrogeant du regard et la jeune femme sembla se rendre compte qu'elle avait toujours sa hache à la main. Elle la posa délicatement près d'elle avant de s'effondrer dans les bras de sa grand-mère. Nord comprit entre les reniflements et les hoquets de la jeune femme que son copain l'avait quittée. Bon, ça méritait un chocolat chaud et une crème pour soigner les ampoules tout ça.

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- Merida ? Tout va bien ?

Seul un souffle erratique lui répondit et Ange croqua avec curiosité dans le gâteau que venait de lui donner Raiponce à son retour de la maison de Nord. Et voilà, elle les laissait un peu plus d'une heure toutes seules et Merida gergobillait dans ses toilettes.

- C'est ma faute si elle est malade ? Ce sont mes gâteaux ? s'inquiéta la blonde qui entortillait ses cheveux près d'elle

Ange la rassura d'un regard et Merida appuya la remarque de la brune à travers la cloison. Raiponce ne parut pas convaincue et descendit immédiatement pour jeter tout ce qu'elle avait cuisiné dans l'après-midi. Ange attendit patiemment que Merida sorte de la salle de bain et lui redemanda si elle allait bien.

- Oui, je vais mieux maintenant… Je vais pas manger ce soir par contre…

Son amie ne put s'empêcher de froncer les sourcils mais Raiponce, qui était revenue, confirma que ce serait mieux en effet. Ange mangea donc en tête à tête avec la squatteuse fugueuse et lorsqu'elles montèrent, Merida s'était déjà endormie dans le lit d'Ange. Celle-ci ne retint pas son sourire et alla faire un tour quelques minutes, ayant un appel important à passer. Elle espérait juste qu'Harold ne lui raccrocherait pas au nez.

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- Harold ?

Le brun avait décroché par réflexe, sortant d'une conversation pas très joyeuse avec sa cousine, et sursauta en reconnaissant la voix de Jack.

- Mh.

- Ah ben dis-le que je te dérange ! se moqua l'albinos à l'autre bout du fil

- C'est pas ça, rit Harold. C'est Ange qui m'a assombri l'humeur.

- Qu'est-ce qu'il lui arrive encore ?

- Jack…

- Roh ça va, tu voudrais pas que je la plaigne non plus, maintenant. Qu'est-ce qu'il lui arrive ?

Le changement de ton de son ami était bien trop rapide pour être crédible mais l'effort était sincère alors Harold lâcha le morceau :

- Sandy l'a plaquée.

Un long silence retentit et il s'inquiéta de savoir si Jack n'avait pas tout simplement raccroché.

- Allo ?

- Ouais, je suis là ! Tout s'explique donc ! Bon, je viens te chercher dans une demi-heure ça te va ?

- Euh… pour aller où ?

- J'ai un pote déprimé et un énervé dans mon salon, je vais avoir besoin de soutien pour les supporter toute la soirée ! Tu viens avec nous ?

Un sourire s'épanouit sur le visage d'Harold. A toute chose malheur est bon : la rupture d'Ange lui permettait de passer toute une soirée avec Jack !

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Assis sur le siège passager, Harold se demanda si c'était vraiment une bonne idée. Il avait traversé plusieurs phases dans sa vie : enfant timide et victime, ado loser allergique aux soirées et aux autres, puis jeune adulte enfin sûr de lui-même qui avait été traîné avant de traîner une adolescente à peine plus jeune que lui dans diverses soirées (évitant quand même de fréquenter certaines personnes), et enfin mec mal dans sa peau et à nouveau victime.

Il coula un regard vers Jack qui regardait à peine la route, occupé avec Bunny à dérider le quatrième de la bande. Sandy. Le blond était peu souriant et l'engouement que mettaient ses amis dans cette sortie semblait l'exaspérer plus qu'autre chose.

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- La Mort Verte ?

Bunny se retourna vers Harold qui avait, sans même le savoir, exprimer à voix haute les signes de Sandy. Le regard franchement étonné de l'australien, loin de déstabiliser le brun, lui fit hausser un sourcil. Jack lança un regard rapide à ses deux potes, histoire de voir lequel il avait envie d'aider. Mais Bunny se débrouilla très bien tout seul :

- Il faut combattre les mauvais souvenirs en en créant des meilleurs aux mêmes endroits. Let's go !

Sandy leva les bras au ciel, se dégagea violemment de la poigne du jeune et signa furieusement une phrase avant de se détourner.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda Bunny totalement à l'ouest

Jack hésita à traduire puis se vit forcé de répondre :

- Qu'on l'emmerdait avec nos conneries que c'était vraiment pas la bonne boite et que ça le faisait chier, qu'il préférait rentrer chez lui.

L'autre murmura un "Ah oui quand même", encore totalement désorienté puis se tourna vers Jack et Harold, soudain de mauvaise humeur :

- Bon ben tant pis pour sa pomme, moi j'avais pas non plus envie de bouger. J'me casse.

Et il s'en alla aussi, laissant sur le trottoir un brun et un albinos estomaqués. Jack grommela contre la mauvaise humeur de son ami et demanda à Harold si lui aussi allait l'abandonner comme un con. Le premier vrai sourire de la soirée apparut alors sur les lèvres du brun qui passa un bras autour des épaules de Jack.

- Honnêtement, je commence à penser que c'était plus toi qui voulais sortir qu'autre chose, se moqua-t-il. Mais maintenant qu'on est là… Par contre on peut aller ailleurs ? Parce qu'avec ma patte…

Ils sourirent tous les deux et Jack lui promit une belle tournée des bars en posant son bras sur les épaules du brun.

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Deux heures plus tard, ils étaient finalement rentrés chez Harold, Jack ne voulant surtout pas qu'Emma le voie ivre, et étaient étalés sur le lit du brun. Dans un effort incommensurable, Jack se retourna et fixa le brun. Harold se releva légèrement pour croiser son regard.

- Tu comptes me regarder longtemps ?

L'albinos haussa les épaules.

- Tu comptes faire comment si tu veux plus danser ?

Harold se demanda le pourquoi du comment Jack était arrivé à cette question. Avant de se souvenir qu'à ce stade les pensées de son ami ne devaient plus être très claires. Alors il se contenta d'hausser les épaules, imitant Jack sans s'en rendre compte.

- Tu sais que y a un bal prévu après les vacances. A l'école d'art.

- Ah, se contenta de répondre le brun. J'ai l'impression que ça fait tellement longtemps que j'y suis pas allé tellement il s'y passe presque rien.

- Ouais mais c'est pas la question. Tu vas faire comment ?

- Je danserai pas.

Jack se leva et, sans laisser le choix à Harold, le mit debout aussi. Ils titubèrent un peu et l'albinos gloussa. Sans lâcher le brun, il enlaça sa taille d'une main et commença à le guider, juste comme ça, sans musique. Leurs pas étaient légèrement hésitants et Harold essaya de se dégager. Mais Jack posa le bras du brun sur son épaule à lui et les rapprocha légèrement.

- Tu sais que plus personne ne danse comme ça ? demanda Harold, embarrassé autant par la proximité soudaine de Jack que par sa prothèse

- Je sais.

- Alors ça suffit ! rit-il en les faisant tomber sur le lit

Ils s'effondrèrent sur le matelas sans cesser de rire. Leurs bras se touchaient encore. Jack se recroquevilla légèrement contre Harold et noua leurs mains. Le brun roula aussi sur le flanc pour faire face à Jack. Lorsqu'il aperçut les yeux brillants de l'albinos, il se releva subitement et lui tourna le dos. Il avait eu un frisson, comme si Jack était parti dans un autre univers pour y rencontrer un fantôme.

- Je peux rester ici cette nuit ?

Harold acquiesça silencieusement et trembla en sentant les bras de Jack se nouer autour de sa taille.

- Merci, souffla l'albinos dans son cou

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Dix minutes après qu'ils se soient tous les deux glissés sous la couverture, Jack dormait déjà. Harold observa le dos laiteux du jeune homme et passa une main dans les cheveux blancs. Dans un soupir, il se serra un peu plus contre le jeune homme. Ça n'allait plus du tout du tout du tout…


Voilà, j'espère que ça vous a plu, laissez un commentaire pour me dire tout ça ;)

et normalement je vais prendre un rythme de publication plus régulier maintenant :D

A bientôt,

Biiz ;)