Bonsoir à tous. Je sais, je suis plus qu'en retard.
Que puis-je vous dire pour ma défense ? Je comptais, dans un premier temps, vous servir le sempiternel "je manque de temps ou des problèmes m'ont empêchées de publier..."
Mais pour être franche, l'anonymat que me confère ce site me pousse à être honnête envers vous. Après tout, je ne suis qu'un auteur parmi des centaines d'autres.
Mon père a eu un accident de moto début octobre et ça a été le début d'une des périodes les plus compliquées que j'ai eu à gérer. Les semaines qui viennent de passer ont été difficiles et les prochaines le seront tout autant. Néanmoins, il est vivant et c'est bien là le principal. Donc je m'excuse pour cette longue attente et pour les prochaines. Mais si ça peut vous rassurer, je n'abandonne pas cette histoire et vous n'aurez pas d'attente de 6 mois ou plus. Seulement, je fais au mieux. Mon père habitant à plusieurs centaines de kilomètres, je multiplie les aller-retours et passe plus de temps dans ma voiture qu'autre chose ;-)
Tout ça pour dire que, même si ça me prend plusieurs semaines, les chapitres arriveront XD
Je m'excuse par avance pour les fautes, ne souhaitant pas vous faire patienter d'avantage, ce chapitre n'est pas passé entre les mains de ma bêta.
Merci à ma chérie d'être là dans les bons comme dans les mauvais moments. Tu sais que je t'aime ;)
En espérant que vous n'avez pas perdu le fil, nous retrouvons nos deux héros en compagnie de leurs amis.
Sur ce, bonne lecture !
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20. DÉTERMINATION
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– N'importe quoi ! C'est le mécano qui avait mal resserré le câble quand il a réparé le camion après notre dernière mission, s'exclama Tom agacé.
Jax se mit à rire à gorge déployée. Cela faisait quinze minute qu'ils se disputaient.
– Mais t'es d'une mauvaise foie impressionnante. Y a prescription maintenant, tu peux dire la vérité, rétorqua-t-il un sourire moqueur pendu à ses lèvres.
– Putain mais c'est la vérité !
– Tu as oublié de mettre le frein à main et tu le sais, continua Jax avec véhémence. Vous pourriez dire quelque chose, nous interpella-t-il.
Steve et moi étions posés sur le lit. Les bras tendus en arrière pour nous maintenir assis. La main de mon ami frôlait la mienne et tandis qu'elles étaient à l'abri des regards, il accentua la caresse me faisant perdre le fil de la discussion. Je me déplaçais imperceptiblement sur ma gauche à la recherche de plus de contact. Ce simple geste me faisait perdre pied avec la réalité. Déjà plusieurs heures que je rêvais d'être seul avec lui. C'est Jax qui me sorti de mes pensées lubriques.
– Oh les gars, vous étiez là, vous pourriez m'aider, nous dit-il désespéré.
Après avoir obtenu les réponses que j'étais venu chercher, nous avions décidé de passer la soirée ensemble. Nous nous remémorions nos souvenir à l'académie. Nos premières missions. Les anecdotes se multipliaient, provoquant souvent l'hilarité générale. Nous avions été de jeunes soldats indiscipliné et insolant, contestant les ordres et refusant de nous plier aux règles. Mais toujours avec humour et désinvolture, jamais de façon agressive.
Je me redressais pour prendre une gorgée de ma bière et les regardais avec nonchalance. Steve en fit de même. Aucun de nous ne souhaitait prendre part à leur querelle stupide, mais si nous voulions passer à autre chose, il fallait y mettre fin.
– Il a raison. Tu as oublié de mettre le frein à main et le camion a dévalé la pente. Je me souviens encore de ta tête quand il a entamé sa descente. Tu savais que tu avais fait une connerie. Ce jour-là tu n'as rien dit, tu n'as parlé du mécanicien que le lendemain. Une nuit, c'est le temps qu'il t'a fallu pour trouver un coupable qui tienne la route, ne pus-je m'empêcher de dire avec un grand sourire.
Tom grogna des paroles inintelligible, mais n'ajouta rien. La soirée pu enfin reprendre son cours.
– Vous vous souvenez cette fille qu'on avait rencontré dans un bar a Tampa, leur demandai-je ne pouvant retenir mon sourire. Devant leur mine interrogative, je continuais. Elle avait tenté de faire un strip-tease en utilisant une des poutres en bois qui maintenait le comptoir comme une barre de Pole Dance et tout s'est effondré, terminai-je en pouffant.
Je ne pouvais m'arrêter de rire en me remémorant cette soirée. Ils me regardèrent comme si un troisième œil me poussait sur le front.
– Mais si, t'avais fini la soirée avec, ajoutai-je en m'adressant à Tom. Comment elle s'appelait déjà ? me demandai-je.
– Sophie, répondis Tom d'un ton bourru.
Je pivotais vers Steve et le trouvais écroulé sur le lit, les larmes aux yeux, se retenant de rire. Je l'interrogeais silencieusement.
– Il...il...oh putain, se tordit-il incapable d'aligner deux mots.
J'essayais de comprendre. Je savais que j'avais dit une connerie, mais laquelle. Jax ne semblait pas plus au courant que moi, ce qui ne m'avançais pas. Tom semblait très intéressée par ses rangers et Steve était...hors d'usage.
– Marié, bafouilla-t-il au bout de quelques minutes qui semblèrent une éternité.
– Marié ? le questionnai-je, mais son rire redoubla. Marié, répétai-je pensif. Merde !
– Ouais ça va ! Tu peux arrêter d'te marrer ? réagit Tom, se réveillant enfin de sa léthargie. Vous ne la connaissez pas, d'accord !
Jax ne disait toujours rien, mais je voyais ses yeux devenir rouges et brillants. Visiblement nous en étions tous au même point. J'essayais du mieux possible de conserver mon calme. Voir la situation d'un autre angle, m'aider. Je me répétais que j'étais mal placer pour juger.
– Tu as raison. Je suis désolé ! Malgré tous mes efforts, je ne pu m'empêcher d'ajouter, mais avoue que c'était mémorable, pouffai-je.
Et devant nos mines écarlates et nos yeux larmoyants, Tom succomba et se mit à s'esclaffer de bon cœur. Pris dans mon fou rire, je fis un mouvement brusque et renversai ma bière sur moi.
– Mais quel con, m'exclamai-je en me levant d'un bond.
Je vérifiai le lit qui apparemment avait été épargner. Contrairement à mon t-shirt que je retirais prestement et parti le nettoyer dans la salle de bain. Je le mis à sécher, me lavais sommairement et rejoignis les autres.
À mon retour dans la chambre, tous les yeux étaient tournés dans ma direction. Tom et Jax me regardèrent avec un air surpris, tandis que Steve me fixait avec un air désolé. Je baissais la tête sur mon torse et m'en voulu immédiatement. Qu'est-ce qui m'avait pris de me déshabiller devant eux ? L'ambiance était tellement décontractée et euphorique, que l'espace de quelques minutes, j'avais tout oublié. Il ne me restait qu'à feinter l'ignorance.
– Qu'est-ce qu'il y a ? Je sais que j'ai une musculature de rêve, mais arrêtez de me fixer comme ça, je vais rougir, plaisantai-je avec un sourire forcé.
Le silence perdura encore un moment avant que Jax ne se racle la gorge et reprenne la parole.
– Tu as de nouveaux tatouages ? me demanda-t-il l'air de rien.
Quelques années avaient passé depuis nos dernière mission ensemble et j'avais bien changé. De nouvelles cicatrices avaient fait leur apparition, mais également quelques tatouages. Steve n'avait jamais vraiment posé de question, il allait être ravi d'en savoir un peu plus. J'opinais du chef et il vint à ma rencontre. Son regard détailla les multiples dessins et durant une fraction de secondes, je me senti mal à l'aise.
– Il est différent celui-là ? releva-t-il en désignant l'aigle près de mon pectorale.
Un soir, alors que nous étions sorti de l'académie pour aller boire un verre, nous nous étions arrêté devant une boutique, Tatoo's World, et nous nous sommes tous fait l'emblème des SEAL.
– Oui, j'ai fais ajouté le drapeau en mémoire des prisonniers de guerre ou portés disparus en action, sur le chemin pour rentrer chez moi.
Tous se tuent, comprenant ce que cela signifiait. Je me l'étais fait faire en hommage à mon équipe. J'avais ressenti l'étrange besoin de les garder près de moi, d'une façon ou d'une autre. Alors les faire graver sur ma peau, m'avait paru comme le meilleur moyen.
– Et celui-là ? me demanda Tom en pointant du doigt Le tatouage qui ornait mon biceps droit.
Un sourire fleurit involontairement sur mon visage alors que les souvenirs affluaient, chassant toutes pensées sombres.
– Longue histoire, soupirai-je.
– C'est pas grave, on a toute l a nuit, intervint Steve, jubilant d'en apprendre un peu plus.
Envoyé en mission au moyen orient, j'avais rencontré des légionnaires. Je me suis fait charrier concernant les marines qui avaient tenté de suivre leur entraînement et qui avait vite abandonné. En plaisantant devant le feu, une nuit où nous étions de garde, je leur avais dit qu'ils n'avaient pas rencontré les bons. Ma fierté m'avait poussée à accepter un stupide pari. La légion est l'un des derniers corps d'armé à effectuer le stage de commando en Guyane, l'un des plus dur, si ce n'est le plus dur. Pari qui consistait à rejoindre les troupes aéroportées de la légion étrangère pour dix-sept interminables semaines.
– J'ai alors hérité de ce tatouage pour avoir réussi à suivre leur entraînement, terminai-je fièrement en désignant l'un des dessins qui ornaient ma peau. Un dextrochère emplumé, brandissant une épée. Enfermé dans un triangle et accompagné de l'inscription « Legio Patria Nostra »
– Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? se vexa Steve.
– Parce que je n'étais pas sensé en parler, mais c'est différent maintenant.
– Qu'est-ce qui a changé ? insista-t-il.
– Tout, éludai-je, soudain plus sombre.
La soirée se poursuivit dans cette ambiance bon enfant. Nous rattrapions le temps perdu, heureux d'être à nouveau ensemble. Réunion qui avait des airs de soirée étudiante, à l'époque où nous fréquentions les bancs de l'Académie.
La nuit était déjà bien avancée quand nous nous séparâmes pour dormir.
– Je vais aller faire un tour et je reviens dans quelques minutes. Quand nous serons sûr de ne pas éveiller les soupçons, m'arrêta Steve avant que j'enfonce la clé dans la serrure.
Ses mots me firent l'effet d'une claque. Était-ce ça que je voulais ? Non. Je ne saurais dire si c'était l'alcool, l'ambiance d'un motel perdu au milieu de la forêt ou les souvenirs lugubres qui m'assaillaient, mais c'est déterminé que je fis volte face. J'attrapais les bords de son pull et tirais pour coller mon corps au sien. Mes lèvres s'approprièrent sa bouche que je ravis de ma langue. Ce baiser était tout sauf tendre. L'urgence, me faisait perdre toute inhibition. Nos souffles se percutaient et ses gémissements résonnaient dans mon bas-ventre.
Mon jean me sembla bien étroit tout à coup.
– Viens lui soufflai-je en ouvrant la chambre. Peu intéressé de savoir si quelqu'un nous observait.
D'un coup de pied, je refermais la porte et plaquais Steve contre celle-ci. Ses mains plongèrent dans mon pantalon pour venir caresser mes fesses, tandis que les miennes glissaient de son torse à ses hanches que je pétris avec envie. L'obscurité de la pièce n'était troublée que par les rayons de la lune qui perçaient avec facilité, les voilages bon marché qui couvraient les fenêtres. Je redécouvrais son corps avec l'entrain de la nouveauté. Traçant chaque muscle et chaque veine que je sentais gonfler sous mes doigts. M'attardant sur les irrégularité de sa peau. Je connaissais l'histoire de toutes ses cicatrices et c'était euphorisant. J'étais la personne qui le connaissais le mieux.
Son parfum boisé envahissait mes sens. Ses épaules larges, son torse aux muscles saillants, tous ces détails qui me faisaient tant peur, était en cet instant ce qui m'excitaient. Les muscles de mon dos se contractèrent quand il longea ma colonne vertébrale en une caresse subtile. Je gémis et mon cœur s'emballa. Mon souffle était erratique, tous mes sens étaient en alerte. Mon sexe palpitait dans mon boxer et j'avais chaud.
Il inversa brusquement nos positions et je me retrouvais pris au piège entre lui et le panneau de bois. Je l'aidais à retirer mon t-shirt et grognais quand mon dos rencontra la matière froide. De sa bouche, il suçota le lobe de mon oreille et dessina de sa langue, un chemin jusqu'à mon téton qu'il mordilla avidement. Ma tête partit en arrière pour rejoindre mon dos contre le panneau de bois et je m'abandonnais au plaisir.
Il continua son manège en embrassant chaque parcelle de peau, jusqu'à atteindre ma ceinture qu'il défit avec empressement. J'entendis le bruit d'une braguette que l'on ouvre et senti l'air frais fouetter mon bas-ventre quand il libéra mon sexe fièrement dressé et douloureusement gonflé. Il donna un coup de langue sur le bout de mon gland et ses doigts rugueux touchèrent cette zone si sensible.
Mes mains partirent d'elles-même se perdre dans ses cheveux et j'accompagnais ses mouvements. M'enfonçant un peu plus dans sa bouche, je soupirais en sentant sa langue humide venir titiller mon sexe. Mon ventre se tordait sous ses assauts. Mes jambes me soutenaient avec difficulté. Je ne voulais pas jouir comme ça. Je voulais plus. Je voulais me sentir vivant pendant quelques heures.
C'est pris de cette nouvelle détermination que je passais mes mains sous ses aisselles pour l'aider à se relever. Je pris son visage en coupe pour embrasser ses lèvres si tentantes. Je me goûtais sur sa langue et je fus étonné d'aimer ça.
Je le fis reculer tout en le débarrassant de ses vêtements, devenus gênants. Quand je sentis une résistance, je le poussais de mon corps pour l'allonger sur le lit, mais c'est au sol que nous nous écroulâmes.
– Tu veux me tuer ? rigola Steve, le souffle court.
– Non, je veux te baiser, lui susurrai-je mon hilarité envolée.
C'est un gémissement plaintif qui me répondit. Dans la pénombre ambiante, j'apercevais son corps sculpté alangui sur le parquet. C'était un appel à la luxure. Il fut rapidement débarrassé du peu de tissu qui recouvrait encore sa peau et il s'attela ensuite à me déshabiller avec empressement. À genoux, face à face. Nous nous caressâmes durant de longues minutes. La pièce était empli de nos respirations laborieuses. Dans l'air flottait une odeur de sexe, mélange de parfum et de sueur.
Mon corps au dessus du sien, je pris un de ses tétons en bouche et je le mordillais avec envie. Il se trémoussait sous moi, me demandant d'arrêter de le torturer, mais je voulais faire durer. Apparemment pas du même avis, Steve se déroba et je finis à plat ventre sur le sol irrégulier. Mon sexe coincé entre mon corps et le bois froid.
Je l'entendis ricaner, fier de lui. Mes mots restèrent bloqués dans ma gorge quand je sentis sa langue lécher ma nuque pour ensuite descendre jusqu'à mes reins en longeant ma colonne vertébrale. Sa tignasse désordonnée effleura ma peau et je ne réprimer le frisson qui se répercuta jusque dans mon bas-ventre. Je me cambrais quand cette langue audacieuse vint s'aventurer entre mes fesses. D'abord surpris et tendu, je grognais de contentement quand il lécha avec avidité mon anus. La tête cachée entre mes bras, le souffle court, le poux rapide, je me surpris à aimé cette caresse des plus intime.
Il me pénétra de cette organe chaud et humide et je hoquetais. Bien vite je n'étais plus que grognement et gémissement. Mon corps réclamait plus. Je repliais ma jambe droite sur le côté pour lui facilité l'accès.
– Prends-moi !
Cette envie fut aussi soudaine que ma demande, mais à ce moment précis, c'est tout ce que je voulais.
– Quoi ? hoqueta-t-il choqué, en se relevant d'un bond.
Je me contorsionnais pour le regarder.
– J'ai dit « prends-moi » ça me paraît clair, répétai-je dans un sourire crispé.
– Tu...tu es sûr ?
– Si tu attends que je te supplie, on est mal barré, soupirai-je. T'inquiètes pas, mes plans n'ont pas changés. Je compte toujours te faire l'amour sauvagement, mais là, j'ai envie de toi...comme ça, terminai-je mal à l'aise.
Estimant avoir perdu assez de temps et être assez préparé, je me rallongeais et l'invitais à venir me rejoindre. Il reprit sa place et attrapa mes hanches. L'une de ses mains glissa sous moi pour venir cajoler mon sexe douloureusement abandonné. Involontairement je relevais mon bassin pour accentuer la caresse et je sentis son membre se placer à mon entrée.
Il exerça une douce pression et l'appréhension fit son apparition. Je me contractais sans pouvoir m'en empêcher. Il était inhabituel pour moi d'être passif. L'espace d'un instant, j'eus des doutes. Je détestais me sentir vulnérable et en position d'infériorité. Pouvais-je faire ça ? Il profita de mon inattention pour s'enfoncer. La douleur me sortit de mes pensées. C'était supportable, mais gênant. La sensation était pour le moins désagréable.
Steve continua de masturber mon membre qui ramollissait de plus en plus. Je le sentis se retirer et revenir lentement. Il resta un moment immobile, puis recommença. La sensation de gêne diminuait et mon sexe reprenait de la vigueur. Ses vas et viens devenaient plus rapide sans pour autant devenir brusque.
– Hmm, grondai-je en sentant son sexe titiller ma prostate.
Le souffle coupé, j'eus du mal à reprendre une respiration régulière. Il réitéra et je gémis fortement. Oubliée la douleur, la gêne, les questions. Il ne restait plus que son corps qui reposait sur le mien et l'épousait à la perfection. Je le sentais partout autour de moi. Ses mains qui me caressaient, sa peau qui chauffait la mienne, ses lèvres qui picoraient ma nuque. Et son odeur qui emplissait mes narines. Le silence qui régnait dans la chambre était seulement troublé par nos respirations laborieuses, nos peau moites qui s'entrechoquaient. Le bruit de son bassin qui claquait contre mes fesses m'excitait et exacerbait mes sens.
Ses coups de reins étaient puissants et j'en réclamais plus. Plus vite, plus fort ! Tous mes muscles se contractèrent, mon ventre se crispa et mes ongles griffèrent le parquet quand, dans un râle profond, je jouis, éjaculant dans sa main. Je ressentis cet orgasme dans tout mon corps, me laissant haletant. Il jouit quelques secondes plus tard en s'écroulant sur moi.
De sa main il traçait des lignes imaginaires sur mon épaule et je frissonnais. J'étais à fleur de peau. Chaque effleurement m'électrisait. Mes nerfs étaient d'une sensibilité inhabituelle.
C'est allongés côte à côte sur le sol réchauffé par nos ébats, que nous profitions de l'euphorie post-orgasmique. Je m'étais levé pour récupérer le couvre lit. La chambre aux allures de chalet, était maintenant éclairée par le feu qui crépitait dans la cheminée -seul chauffage présent par ici- qu'on avait tout de même pris le temps d'allumer. Nos épaules soudées, nous contemplions le plafond. Pas qu'il soit d'un intérêt particulier, mais nous laissions les flammes réchauffer notre peau et la chaleur détendre nos muscles.
– Tu as l'air pensif, me dit soudain Steve.
Je soupirais. Que pouvais-je bien lui répondre ?
– Pourquoi ? Tu as eu l'impression que je n'étais pas vraiment là, souris-je. Il me donna un coup de coude.
– Arrêtes, tu sais très bien que ce n'est pas de ça que je parle.
Je me tournais enfin vers lui et l'espace d'un instant, j'eus le sentiment qu'il pouvait deviner ce qui se tramait dans mon esprit tordu.
– Je suis juste bien, ici, avec toi, soufflai-je sincère.
Je m'avançais pour l'embrasser. Et encore un peu pour approfondir le baiser. Mais il était toujours trop loin. Alors je le fis rouler et me retrouver étendu sur son corps.
– Tu m'avais pas promis quelque chose tout à l'heure, me susurra-t-il en mordillant mon cou.
– Dépravé !
– Obsédé, répliqua-t-il alors que je m'attelais déjà à réveiller son sexe.
Cette nuit-là, je lui fis l'amour, comme je ne l'avais jamais fait. Dans tous mes gestes, tous mes baisers et tous mes coups de reins, je faisais passer mes sentiments. Cette amour, qu'il eut été fraternel ou autre, que je ne parvenais pas à exprimer. Il n'y avait aucun empressement. J'essayais de graver chaque courbe de son corps dans ma mémoire. Incertain sur le fait de pouvoir le toucher de nouveau.
L'aube approchait à grand pas, Steve dormait sur le couvre lit étalé au sol et le feu était vif dans la cheminée. Je m'arrachais à la contemplation de la lueur des flammes qui dansait sur sa peau et m'habillais sans faire le moindre bruit.
Le moment tant redouté arriva et je me retrouvais bloqué devant cette page blanche, incapable de mettre de l'ordre dans mes idées. Par quoi commencer ?
Je suis désolé ? Nan.
Pardonnes-moi ? Non plus.
« Je sais que tu te poses tout un tas de questions et que tu m'en veux, mais il fallait que je parte.
J'ai repoussé l'échéance bien trop longtemps. Cette histoire doit se terminer. Mon incapacité à te dire au revoir m'a retenu près de toi, mais maintenant...Enfin, cette soirée passée avec vous m'a fait réaliser que j'avais eu, contrairement à mes hommes, la chance de revoir les gens que j'aime.
La nuit dernière a été l'une des meilleures. Si ce n'est la meilleure. Comment pourrais-je te remercier pour ces semaines passées avec toi. Tu as réussi l'exploit de me faire oublier ce pourquoi j'avais survécu.
Merci tout simplement. Ça fait déjà bien trop longtemps que je te mets en danger et je suis désolé pour ça.
Dis à ma famille que je les aime et que je suis désolé de les décevoir encore une fois.
Que puis-je te dire d'autre ? À part que je ne suis pas certain de te revoir un jour alors...
Je t'aime. »
Je déposais ce mot sur le lit sans le relire. Peut-être par peur de regretter et de finir par le jeter à la poubelle. Je pris les clés de la voiture. Jax et Tom, je savais que les gars le ramèneraient.
À travers le rétroviseur intérieur de ma voiture, je voyais le motel s'éloigner. Je fis taire la boule qui grossissait dans ma gorge. C'était la seule solution pour en finir sans mettre qui que ce soit en danger. La vengeance, voilà ce qui m'avait tenu en vie. J'aurais du mourir là-bas, mais le destin en avait décidé autrement.
Il était temps de régler ma dette avec la mort
Une vie pour une vie
La sienne pour la mienne
J'attends vos avis avec encore plus d'impatience que d'habitude
Dites-moi si j'ai perdu la main
Bisous
Sarah
